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LA RAÇO DI BIÓU - 3

Publié le par Cositas de toros

LA RAÇO DI BIÓU - 3

Partie III, suite et fin.

 

     En parallèle, avec l’élevage de taureaux croisés, s’est développée depuis la fin du XIXe siècle, dans le Languedoc et l’ouest de la Provence, la tradition de la course libre. Dans les rues, un jeu prend naissance :

l’abrivado. Il s’agit pour les autochtones d’essayer par tous les moyens de faire échapper les bêtes au contrôle des gardians lors de la traversée du village. Or, ces taureaux croisés ont assez vite mauvaise réputation du fait de leur excessive combativité, quelques razeteurs célèbres sont tués.

Peu à peu, l’élevage du "pur Camargue" reprend le dessus pour répondre à une demande qui commence à s’étendre. En effet, sous l’impulsion du marquis-poète-éleveur Falco de Baroncelli-Javon,

qui en codifie tous les aspects en créant la "Nacioun Gardiano" en 1904, cette activité taurine devient très vite dans l’imagerie populaire l’art de vivre traditionnel et unique en Camargue.

Ces taureaux seront élevés, sélectionnés pour leur combativité, leur intelligence et leur rapidité et non pas pour leur agressivité. Ces cocardiers (mâles castrés) ont un caractère adapté à la course à la cocarde et autres jeux taurins (abrivados, bandidos… ferrades).

À la fin de la dernière guerre, le phénomène touristique et la véhiculation massive de ce "western provençal" par les médias, accentuent l’aspect tertiaire de cette activité.

Les ferrades deviennent objet de commercialisation.

Vers les années 1980, quelques manadiers se sont adaptés à la situation et transforment toute la manade en vaste entreprise de spectacle.

Avant la dernière guerre, les règles des spectacles taurins n’étaient pas complètement fixées. Course portugaise, course provençale, corrida à pied ou à cheval, course landaise ou spectacle comico-taurin pouvaient alterner.

Aujourd’hui deux traditions nettement différenciées se côtoient : d’une part, la course provençale dite libre avec des razeteurs et les taureaux de race Camargue

et d’autre part la corrida avec mise à mort de taureaux de race espagnole, novillada, tienta et festival.

Les taureaux qui ne sont pas conservés pour les courses ont toujours été vendus pour la boucherie. Ceux qui ont participé à des jeux taurins, par contre, sont exclus de la filière viande.

Cette viande qui bénéficie d’une AOC depuis 1996 et d’une AOP, reconnaissance européenne depuis 2011.

"Voir disparaître les taureaux avec l’éventuelle disparition des jeux taurins auxquels ils sont destinés, serait une perte considérable, d’un point de vue économique, pour de nombreuses filières qui dépendent de cette saisonnalité.

Mais elle le serait également en termes d’environnement. En ces temps où l’extinction de nombreuses espèces est due aux activités humaines (urbanisation non contrôlée, pollutions diverses…) elle entraînerait une régression des habitats et la disparition d’importantes ressources génétiques. Ce point touche à l’un des aspects trop souvent négligé du développement durable et de son lien avec les territoires ruraux, à savoir l’équité sociale : ces élevages sont à même de permettre le maintien sur le territoire d’exploitants ruraux, dont le poids économique est d’autant plus à considérer qu’il faut aussi y inclure les retombées en termes de spectacles et d’animation des villes et villages du sud de la France." Association des Éleveurs Français de Toros de Combat. 2017.

Il en va de même pour les éleveurs de la Raço di Bióu.

En 2015, l’effectif total de la race bovine Camargue sur l’ensemble de la zone Camargue est d’environ de 20.000 bovins répartis sur plus d’une centaine de manades.

Pour faire une comparaison, 39 ganaderias où est élevé le toro bravo se situent dans le Sud-Est, représentant 85 % des élevages français et 8 dans le Sud-Ouest. Ces 47 éleveurs comptent environ un effectif de plus de 8.000 têtes.

                                                                                      

                                                                                        Gilbert LAMARQUE

 

LA RAÇO DI BIÓU - 3

Commenter cet article

christian 30300 28/01/2019 19:45

petite rectification au sujet des abrivado
c est devenu un jeu apres l arrivee des vehicules motorises dit chars a taureaux pour le transport pour la course camarguaise et un remake du passé a eu lieu au cailar depart des pres manade traversé village arrivé aux arenes soit 18 taureaux camargue pour la course de l am encadre au pas des gardians en 2017