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Silence, on vote !

Publié le par Cositas de toros

                Vous n’êtes pas sans savoir que nous irons aux urnes les 20 et 27 juin prochains dans le cadre des élections régionales et départementales. Soyez rassurés, ce ne sera pas la bousculade et la distanciation physique sera aisément respectée.

 

Dans le cadre de la région Nouvelle-Aquitaine, voici la liste des prétendants à la présidence de la région : Alain Rousset (PS), Nicolas Florian (LR), Geneviève Darrieussecq (MoDem-LREM), Edwige Diaz (RN), Nicolas Thierry (EELV), Clémence Guetté (LFI-NPA), Eddie Puyjalon (Le Mouvement de la Ruralité-Résistons) et Guillaume Perchet (Lutte Ouvrière).

 

Nous avons tous reçus, il y a quelques jours, dans notre boîte aux lettres, le courrier réunissant les têtes de liste de ces élections dans nos régions respectives. La substance : les bulletins et le programme succinct de chaque force en présence.

 

     

      À quelques jours d’intervalle, le programme exhaustif de Mme Darrieussecq se morfondait dans ma boîte verte. Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants et donc, tête de liste Modem-LREM, « L’Union fait la Région » aux élections régionales en Nouvelle-Aquitaine, se présente comme « la seule à pouvoir porter une alternance à Alain Rousset ».

En double-page, le programme complet, les propositions sur la région : la Santé, la Planète, les Transports, les Emplois et les Jeunes, et face à chaque thème : Protéger +, Être + proche, + de Progrès. En quatrième et dernière page, les propositions pour le département des Landes – Mme Darrieussecq visant la présidence de la région et à défaut le département. Ces propositions concernent, l’aménagement, la coopération, le très haut débit, l’agriculture, la sylviculture, l’emploi, les mobilités et le trait de côte du littoral.

Ne manquerait-il pas la culture et par conséquent la tauromachie ? Pas un mot sur les traditions, l’art de vivre… Le progrès, toujours le progrès et les « forces progressistes ». À souhaiter se diriger dans la voie du progrès à outrance, on en oublie l’élémentaire, l’indispensable, le nécessaire qui font le ciment de l’identité, l’équilibre de nos petits pays.

La cheffe de file de la majorité présidentielle aux régionales en Nouvelle-Aquitaine, centriste, entrée tardivement en politique était parvenue en 2008 à briser l’hégémonie PS dans les Landes en ravissant aux socialistes endormis la mairie de Mont-de-Marsan, à gauche depuis 46 ans, son seul exploit !

En tant que maire de la préfecture landaise (2008-2017) et lanceuse de clés depuis le palco présidentiel, elle fut présidente de l’Union des villes taurines de France (UVTF) en 2012 et 2013, et déclarait en 2013 à Céret : « La tauromachie fait partie de la culture et du patrimoine français ». Elle s’est aussi opposée en octobre 2019 à l’interdiction de l’accès des mineurs aux corridas : « Il est important de défendre notre culture. Cette action est légitime, j’en suis solidaire ». Sud Ouest 12/10/2019.

Tout ceci "s’était avant". Difficile de prendre l’engagement public de défendre la corrida même dans ce département des Landes où la corrida est fortement implantée sachant malgré tout que les forces aficionadas se délitent. Alors pensez donc, en Nouvelle-Aquitaine, porter la bonne parole à Guéret, Niort, Limoges ou Angoulême, c’est se faire hara-kiri ! Mme Darrieussecq ne craint rien, cette forme rituelle de suicide est purement masculin. Pas de samouraïs en Nouvelle -Aquitaine, ce n'est pas dans nos traditions.

Encore un bel exemple de frilosité en politique. Est-il si difficile de s’engager, l’entreprise est-elle si risquée ? Il semble bien que oui, le siège si aisément éjectable.

Je tire à boulets rouges sur une candidate mais il est clair qu’il en est de même pour ses adversaires, l’étiquette n’apportant rien de plus ou de moins, mais Mme Darrieussecq défendait la cause, il y a encore peu de temps.

La tauromachie, fille honteuse de la République mais pourtant légitime.

                                                                              Gilbert Lamarque

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La clé des champs...

Publié le par Cositas de toros

       … passe par la ville.

 

        Diego Mazquiarán "Fortuna" était connu déjà depuis plusieurs années ayant acquis une certaine notoriété comme novillero. D. Mazquiarán Torrontegui est né en Vizcaye, à Sestao en 1895 et dès l’âge de quinze ans, il débute comme espontaneo lors des corridas à Bilbao… terminant l’après-midi en prison. Après 1933, il fut admis dans diverses cliniques spécialisées en raison de problèmes de santé mentale dont il mourra à Lima, le 2 juin 1940.

 

 

     On avait craint pour sa santé après avoir été encorné en 1915 puis acclamé pour son excellent travail en 1924, mais son "œuvre" la plus célèbre, Fortuna ne l’a pas signée dans le ruedo, mais sur la Gran Vía de Madrid devant les passants effrayés.

C’était le 23 janvier 1928 par une froide matinée comme Madrid nous en offre l’hiver. Un toro bravo s’échappa alors qu’il était mené par une vache le long de la route d’Estrémadure vers l’abattoir. Selon les chroniques, il était « noir, grand et le frontal développé », il causa la panique du pont Segovia à la Gran Vía.

Bien que le vacher ait essayé par tous les moyens d’arrêter l’animal, il n’a pu l’empêcher de parcourir la pente de San Vicente pour déboucher sur la Plaza de España où quelques espontaneos essayèrent de le gérer tandis que la foule s’enfuyait précipitamment.

De la Plaza de España, il passa à celle de El Conde de Toreno et de là, à la rue de Leganitos où Juana López, une femme de 63 ans, ne trouvant pas d’abris, fut blessée gravement ayant été soulevée plusieurs fois par le toro. En tentant d’arracher cette femme aux cornes, l’infirmier Anastasio Martín a également été blessé et un autre passant, Andrés Domínguez, 67 ans, a dû être évacué par les services d’urgence avec pronostic réservé.

Panique au marché.

     Après ces volteretas, la bête qui appartenait à l’éleveur Luis Hernández, continua à travers la Corredera Alta de San Pablo et entra dans le marché de San Ildefonso, au moment de la grande affluence, bien sûr. Tous se planquèrent derrière les étals, le cornu renversant quelques étals, brisa quelques supports d’auvents, goûta quelques bananes et apprécia l’excellence des choux et autres légumes… Rassasié, les emplettes terminées, il contempla calmement la foule effrayée.

 

 

     Puis il repartit dans la rue Corredera, et de là, il emprunta la Gran Vía où les scènes de terreur se répétèrent. Les passants disparurent dans les rues adjacentes et les plus courageux, quand ils se trouvèrent à proximité, changèrent d’avis et confièrent leur salut à leurs jambes !

 

 

     Heureusement, le populaire torero Diego Mazquiarán qui accompagnait sa femme chez sa belle-famille – il faut toujours accompagner sa femme chez les beaux-parents – passait par la Gran Vía. Le diestro ôta son manteau – comment fait-on en plein été ? –, et essaya de l’intéresser. Depuis le casino militaire, on lui envoya un sabre mais il fut d’aucune utilité. Alors Fortuna envoya un garçon en voiture, chez lui, au 40 rue Valverde, pour lui rapporter son épée. Durant les minutes suivantes, il continua à combattre au milieu des ovations d’une foule grandissante, les balcons alentour bien garnis. La scène se déroulait devant le n°13 de la rue, et les forces de sécurité, à pied, à cheval, appelées en renfort, n’ont pas pu contenir l’avalanche de curieux. Une ovation annonça l’arrivée de l’arpète avec l’épée. Fortuna procéda selon les règles classiques, dixit la chronique. Après avoir effectué une faena "de abrigo" – une faena au manteau –, il entra a matar, croisant les bras et sans dévier, donna une demie plutôt acceptable, recevant les applaudissements chaleureux du public.

 

 

     Le diestro effectua deux ou trois autres passes avant de s’élancer une nouvelle fois avec la rapière. Le toro roula sur le pavé. La foule agita les mouchoirs demandant l’oreille, tandis que Fortuna saluait, ému. Plusieurs hommes le portèrent sur les épaules dans un café de la rue Alcalá pour célébrer son actuación.

 

Fortuna marqué d'une croix

 

     La vache accompagnatrice qui s’était fait "la belle", elle aussi, avait été bien vite immobilisée, une corde nouée autour son cou.

Quelques jours plus tard, à la demande des commerçants de la Gran Vía et des témoins, Fortuna reçut la Croix de la Charité des mains de Nicanor Villalta durant la corrida de l’Association de la presse…

… Quarante cinq ans plus tard, la scène se répéta sur la Plaza de España. Le matador, Luis Segura tua un toro qui s’était échappé lorsqu’il a été transporté par camion vers Vista Alegre… même si, à cette occasion, l’apparition immédiate du torero, équipé d’une muleta et d’une épée, éveilla les soupçons.

 

     Diego Mazquiarán, un jour de grand froid vers les 11h, inaugura la temporada 1928 sur la Gran Vía de Madrid !

                                                            Gilbert Lamarque

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Pour entretenir la polémique

Publié le par Cositas de toros

                Causeur, magazine d’actualité de droite, voire de l’extrême qui suscite régulièrement la polémique est à ranger aux côtés de Valeurs actuelles. Pour sa directrice, la très agaçante Élisabeth Lévy, c’est « un espace de confrontation et de liberté avec une pluralité des points de vue. »

Réac et anticonformiste, Causeur se résume dans son slogan qui trône en couverture : « Surtout si vous n’êtes pas d’accord. »

Certain que ce n° 91 de juin 2021 va semer la zizanie avec à la une « Viva la corrida ! », titre racoleur pour interloquer, déranger, provoquer, irritant plus d’un lecteur.

 

     

     Le côté positif est de parler de la tauromachie, rare aujourd’hui dans les médias – la maison de la presse que je fréquente l’a bien compris mettant le magazine en bonne place et ce, dès ce 2 juin, jour de parution du magazine. Pour Élisabeth Lévy, aimer la corrida, c’est entrer en religion, la combattre, c’est vouloir sa disparition.

La corrida évolue plus mal que bien dans une époque qui refuse le tragique, ses jours sont sûrement comptés.

Yannis Ezziadi raconte sa passion soudaine pour la tauromachie, devenant un aficionado engagé. Pour l’inévitable Michel Onfray, "causeur" invétéré, il faut en finir avec la mythologie du combat à mort entre l’homme et la bête, et voir la corrida pour ce qu’elle est : une pure démonstration de sadisme, une mise en scène de la maltraitance animale. Le volubile Simon Casas voit une quête identitaire, un rituel qui nous lie au passé – et certainement beaucoup d’"espèces sonnantes et trébuchantes" !

Pour Frédéric Ferney, membre de la rédaction, il n’y a pas réconciliation possible entre le profane, pour qui la corrida est une boucherie, et l’aficionado, pour ce qu’elle est et ce par quoi tout devient vrai.

Quelques références : Jean Cau, Montherlant et sa lettre à Gaston Doumergue, alors président de la République. Un court calendrier des prochaines corridas en France côtoie un article sur Carlos Olsina et la boucle est bouclée par Nicolas Klein, agrégé d’espagnol qui termine ce dossier sur la politique espagnole et la corrida : « Elle périra, car elle est espagnole. »

Le soleil se couche.

28 pages sur ce dossier brûlant dans un magazine qui en compte 100 : plus du quart ! 5,90 euros mis chez le diable, le dieu Toro me pardonnera. Le diable, ici nous voulant plutôt du bien, mais ne soyons pas dupes, juste pour entretenir la polémique, le sang stimulant de la revue.

                                                                        Gilbert Lamarque

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