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LE CHEVAL DE CORRIDA - 8

Publié le par Cositas de toros

    

    L’animal à l’origine du Covid-19 ainsi que la patient 0, ne sont toujours pas officiellement confirmés. Cependant, les conclusions des scientifiques de tous bords sont unanimes sur une transmission de l’animal à l’homme.

Le commerce illégal de la faune est considéré comme un facteur aggravant car les contacts entre l’animal et l’humain sont, par définition, faits sans contrôle vétérinaire. Lorsqu’on pratique un trafic et un recel illégal d’animaux, lorsqu’on pratique la chasse sans contrôle, lorsqu’on détruit les écosystèmes et pénètre dans des endroits infestés, on prend des risques. Comment s’est transmis Ebola en Afrique Centrale et en Afrique de l’Ouest ?, à travers la chasse illégale. En d’autres termes, les animaux qui nous ont infectés ne sont pas venus chez nous, nous sommes allés les chercher !

D’après un certain nombre de chercheurs, c’est en fait la destruction de la biodiversité par l’humanité qui crée les conditions d’apparition de nouveaux virus (Ebola, VIH et la dengue).

Donc avant de soigner l’humain, soignons la planète.

Et plutôt que d’écouter les politiques et leur système déplorable, espérons qu’à l’avenir, nous écouterons enfin, sur tous les sujets importants, comme le climat, par exemple, la voix des scientifiques.

 

L'animal est un homme comme les autres

     L’animal aujourd’hui se venge. L’humain confiné, l’animal, lui, profite et prend un grand bol d’air. Il retrouve ses territoires actuellement abandonnés par nous, pauvres cloîtrés. Le voici reconquérant de nouveaux territoires, de nouveaux espaces. Mais sait-il que ses jours sont comptés et qu’au bout du confinement, il lui faudra fuir et regagner ses contrées restreintes.

Chers animaux de tous poils, de toutes plumes, de toutes écailles, profitez mais, profitez vite et goulûment, le retour de l’égoïste est programmé pour une date non communiquée.

 

« L’homme est le seul animal qui rougisse ; c’est d’ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose. » George Bernard Shaw.

 

 

                       LE CHEVAL DE CORRIDA

 

8e partie : le cheval de corrida dans l’art. Chapitre II. Les artistes les plus représentatifs.

 

     Eugenio Luces Velazquez (Madrid 1817-1870) – et non Diego – est l’auteur d’une grande production picturale dont la moitié se rapporte à la tauromachie. Mais dans son œuvre taurine, la partie la plus importante concerne la fête a los toros et los majos ( les beaux et forts garçons du peuple) et les capeas de village.

 

 

     Peu de chevaux en sont les objets si ce n’est La Plaza partida de 1853, son œuvre clé, où se déroulent diverses scènes simultanées de la lidia et surtout le descriptif des chevaux étripés, disséminés dans l’arène, morts ou agonisants.

Manuel de la Cruz, Torero avec cheval et longue pique, 1777. Dessin à la plume, pinceau et aquarelle. Musée municipal de Madrid.

Le Picador, (portrait) vers 1786 de Francisco de Goya, petit format d’une grande beauté où se révèle une certaine volonté de grandeur, de style très "velazquien".

 

Tauromaquia 11. El Cid Campeador

 

Tauromaquia 34. Un seigneur espagnol brise une lance

 

 

      Goya très prolifique en matière taurine n’a pas consacré d’œuvres mettant en scène directement le cheval. Dans La Tauromachique (1816) riche de 33 eaux-fortes plus 7 complémentaires, il montrait les exploits des toreros les plus célèbres de son temps : Pedro Romero, Ceballos, Martincho et Pepe Hillo. Il prenait aussi son inspiration dans les suertes les plus captivantes.

 

Eugène Delacroix, Le Picador, 26 mai 1832

    Eugène Delacroix peint une aquarelle de petit format, Le Picador, 26 mai 1832. Cabinet des dessins du Musée du Louvre, représentant quasiment  la totalité de ses compositions taurines avec quelques autres croquis. Il fit un bref voyage en Andalousie et pour Alvaro Martínez-Novillo, « Il est étonnant que Delacroix n’ait jamais peint la violence de la corrida ». 

 

   

      Gustave Doré (1832-1883) a illustré un voyage en Espagne effectué en 1861 et 1862 avec le baron J.-C. Davillier. Le récit en sera publié dans la revue Le Tour du monde, avec des gravures, véritables documents sur la vie quotidienne dans ce pays, ainsi que les corridas.

 

Edouard Manet, Corrida, 1865. Getty Museum

     Au Getty Museum, on peut admirer, Corrida, 1865 d’ Édouard Manet

 

 

J.L. Gérôme, La fin de la corrida, 1870. Musée G.- Garret, Vesoul

 

     et au Musée Georges-Garret de Vesoul (ville natale de l’artiste), La fin de la corrida réalisée par Jean-Léon Gérôme en 1870.

 

Mario de Regoyos, hostile à la corrida avec son célèbre Toros en Pasajes, 1898, a choisi de montrer les conséquences les plus funestes pour le cheval. Il montre une vision sombre qui correspondait au titre de l’ouvrage, dans lequel il relatait son voyage dans l’Espagne du Nord (Pampelune) : España negra. (pas de reproduction possible).

 

 

Henri-Achille Zo, Scène de tauromachie

     Henri-Achille Zo (1873-1933), peintre et illustrateur bayonnais signait souvent ses tableaux sous le nom d'Henri Zo. Il est l'auteur de nombreuses scènes d'Espagne et de tauromachie.

 

Ignacio Zuloaga, La victime de la fiesta, 1919. Hispanic Society, New York

Ignacio Zuloaga, La victime de la fiesta, 1910. Hispanic Society, New York. Le peintre basque né à Eibar en 1870 a créé cette huile sur toile gigantesque, 284×334. Le tableau nous montre un picador ahuri, l’arrière taché de sang de son cheval blanc et le ciel gris et noir habituel. Tout ceci nous invite à un après-midi de corrida qui a été une « tragédie » pour l’homme et l’animal. L’équidé s’est sauvé jusqu’à la prochaine tarde ! La peinture taurine de Zuloaga représente le cinquième de son œuvre mais principalement des portraits et, rares sont les scènes de corridas proprement dites.

Le populaire Joaquín Sorolla (1863-1923) n’est l’auteur que de peu de sujets taurins, pas de cheval. Mariano Fortuny (1838-1874), le catalan admirateur de Goya qui a passé la majeure partie de son existence à Rome ainsi que Pharamond Blanchard, prolifique créateur de lithographies et d’estampes n’ont pas consacré d’œuvres au cheval.

Les peintres et célèbres affichistes

 

Roberto Domingo

 

Roberto Domingo (1883-1956)

 

Carlos Ruano Llopis

 

     et Carlos Ruano Llopis, ce dernier collaborateur artistique de plusieurs revues taurines qu’il illustrait comme El Pueblo, El Clarín, El Ruedo… Également Antonio Casero, Andres Martínez de Leon et Santos Saavedra, tous occultant le cheval.

 

Mariano Benluire, Una buena vara, bronze

     Le fécond sculpteur taurin Mariano Benlluire (1862-1947) auteur du bronze Una buena vara, pleine de force et de mouvement. Le cheval chargé par le taureau renverse sa tête pour essayer de mordre son assaillant.

 

 

Yves Brayer, Scène de corrida, Madrid, 1929

 

     Yves Brayer, né à Versailles en 1907, mort à Paris en 1990, Scène de corrida, Madrid 1929. Au pied du tendido 6… un cheval mort abandonné, la corrida suit son déroulement. A cette époque, il est certain que la foule aurait hurlé à la moindre cornada du matador, et probablement frémit devant la lente agonie d’un taureau mal estoqué, sans se soucier du cheval éventré à quelques mètres de là. Notons que ce cheval est sans protection. C'est par décret du 7 février 1928 que Miguel Primo de Rivera imposa le peto en Espagne. Brayer continuera à reproduire des chevaux sans caparaçon par la suite, bien après cette date. Ce cheval solitaire, mort, tripes au soleil, saignant sur le sable de l’arène ; au-dessus de lui, le public, ombrelles et chapeaux de paille, hommes et femmes certainement aux visages extasiés : la rosse morte dans l’indifférence.

Cet artiste, ancien cavalier, grand amoureux des chevaux, chevaux de course, chevaux de corrida, chevaux de Camargue nous le témoigne dans cette peinture tragique et émouvante.

 

… à suivre

                                                                           

                   Gilbert Lamarque

 

 

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LE CHEVAL DE CORRIDA - 7

Publié le par Cositas de toros

      La propagation du virus a été facilitée par l’intensité de nos échanges modernes née de la « mondialisation libérale ». Mais la mondialisation a bon dos, un seul malade suffit à contaminer un pays, un continent à la vitesse de la lumière. Et par le passé, en absence de « mondialisation », les virus se propageaient aussi, avec des pertes humaines très supérieures ; la Grande Peste ou Peste Noire qui tua 30 à 50 % des Européens en cinq ans (1347-1352), environ 25 millions de victimes, une bagatelle ; autre futilité, la Grippe Espagnole en 1918 qui, venant des États-Unis prit le qualificatif d’« espagnole », logique – ces Ricains qui n’assument pas – , emporta 20 à 50 millions d’humains, large fourchette.

 

 

     Tous ces disparus par la faute de gouvernements irresponsables qui n’avaient pas anticipé les stocks ni de gants, ni de masques, ni de tests, ni de solutions hydroalcooliques !

 

"N'oublions pas que le nombre de morts à ce jour, dûs au Covid-19 pour la totalité de la planète, est égal au nombre de morts fait, en 2 jours, par la faim et la pollution en temps normal..." Aurélien Barrau, astrophysicien.

Alors de quoi nous plaignons-nous ?

 

Mais avant l’Apocalypse, nous vous proposons la fameuse fable du non moins fameux Jean de La Fontaine, Les animaux malades de la peste que vous retrouverez à la fin de ce premier chapitre consacré au cheval de corrida dans l’art.

 

 

                         LE CHEVAL DE CORRIDA

 

7e partie : le cheval de corrida dans l’art. Chapitre 1 : généralités.

 

     Il n’est pas surprenant que l’introduction du caparaçon ait été suivie de près par le retour de la corrida de rejón dans les arènes espagnoles comme s’il s’agissait de redonner un rôle essentiel au cheval et de combler l’absence relative de mouvement dans la corrida à pied. Les peintres pourtant n’en voulurent rien savoir, et ils s’obstinèrent à confondre art tauromachique et tercio de pique effectué sans peto, confortés par le fait que le filtre de la représentation graphique évacue en grande partie les conséquences répugnantes de l’action véritable.

Les artistes semblent jeter le voile sur l’armure protectrice qu’ils tiennent peut-être pour une insulte à la fête des toros.

C’est le cas de Picasso, de Braque et de bien d’autres.

 

 

     On ne trouverait à la rigueur qu’une exception avec Botero, mais il faut admettre que le peintre colombien trouve en la circonstance l’occasion rêvée d’ajouter un peu plus d’embonpoint à son habituel système stylistique.

C’est depuis l’avènement des Bourbons que les œuvres plastiques consacrées à la tauromachie commencèrent à représenter de façon quasi obsessionnelle le  picador plébéien monté sur sa pauvre haridelle et les tourments qu’il endure. Alors que le rejoneo en mouvement des nobles cavaliers n’avait pratiquement fait l’objet que de gravures à caractère plus ou moins informatif, le travail du varilarguero devenait un thème récurrent pour des plasticiens soucieux de toucher les amateurs d’art. Ils trouvaient ainsi l’occasion d’agrandir leur palette, eux qui s’étaient limités jusqu’alors à faire le portrait statique des couples cavalier/cheval.

 

Le thème de la corrida a attiré plusieurs artistes, mais c’est souvent dans le but d’illustrer l’ambiance d’une arène ou d’une place de village à l’occasion d’une capea, la mort du torero, la préparation du taureau à la mort, et bien sûr l’inévitable confrontation avec le picador.

Alors que les portraits de toreros sont légion, la figuration des passes de cape ou de muleta n’a trouvé sa voie que récemment, sans doute parce que l’art pictural tend à se conceptualiser toujours davantage. La représentation du cheval reste le parent pauvre. Le cheval et le taureau sont le plus souvent pensés en termes d’opposition, et le taureau reste le « roi » de l’arène, le cheval, l’outil.

 

J. Gutiérrez de la Vega, El rejoneador en la Plaza de Seville. 1850.

 

     La peinture de Gutiérrez de la Vega exalte le rejoneador paradant dans les arènes de Séville, et non en train de toréer. L’artiste ne songe nullement à valoriser un élément du couple plus que l’autre. Avec l’arrivée de la corrida à pied, s’il est vrai que les nouveaux héros, matadors ou picadors, vont faire l’objet de portraits, dont certains très célèbres, il ne sera plus fait la moindre allusion au cheval. Celui-ci ne sera paradoxalement représenté qu’en action, sorte d’hommage ultime pour l’animal voué à mourir sans faire d’éclat.

Les corridas royales connurent leur apogée sous le règne de Philippe IV (1621-1665), au moment même où le Sévillan Diego Velázquez est peintre du roi : il n’a cependant, à notre connaissance, représenté aucune scène de tauromachie, par contre beaucoup de scènes de chasse. On ne peut expliquer cette absence de thèmes taurins que par une certaine répugnance envers les spectacles sanglants qui furent célébrés sur la Plaza Mayor mais aussi à l’Alcazar et dans le Buen Retiro, le palais de délassement des monarques aux environs de Madrid.

 

… à suivre

                                                                                        Gilbert Lamarque

 

… et pour ceux qui le souhaitent…

 

 

               Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Âne vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

 

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LE CHEVAL DE CORRIDA - 6

Publié le par Cositas de toros

 

     Avant de monter de nouveau sur notre canasson, quelques lignes imbibées de ressentiment et d’exaspération, sujet n’ayant rien à voir avec nos sujets tauromachiques.

 

                                                        A bas les masques !

 

     Car dans ce contexte troublé et assombri, on ne peut pas rester muet bien longtemps. Paroles souvent négligeables voire médiocres, les suivantes ne faisant pas exception, je me lance, tant pis !

Mais il existe aussi des commentaires pertinents noyés dans la masse de messages.

Nous sommes dans l’ère des comptes, le monde des chiffres.

Nous sommes condamnés à longueur de journée à subir, outre les discours ambigus et les incessants rétropédalages, les chiffres du nombre de malades, de morts, ici et ailleurs, les quantités de masques commandés et livrés ou pas… Cela se nomme la frénésie des chiffres et tout l’art de survivre même confinés tient à ces calculs.

Nous qui sommes vulnérables, avons-nous encore le sentiment de compter ?

A propos de compte, il sera nécessaire que nos chers gouvernants se penchent sur la réévaluation des salaires de ceux qui servent le plus et qui gagnent le moins. Applaudir tous les soirs à 20 h nourrit le cœur mais pas l’estomac. Et il n’y a pas que les soignants en première ligne pour affronter la tempête !

En ces temps de virus opiniâtre, les parasites inutiles qui nous bousculent dans notre quotidien, comme par exemple (bel exemple), par hasard (mais oui), notre affligeante porte parole si bête, Sibeth (?) d’un gouvernement aux choix hasardeux et fluctuants qui donne le ton alourdi de propos maladroits et lourdauds provoquant un gros cafouillage, nous amène à poser la question : à quoi sert-elle ?

 

 

     A rien. Uniquement à nous inonder de mensonges suggérés par ses supérieurs, nous couvrir de mépris avec arrogance et nous prendre pour des perdreaux de l’année. Sa crasse nous inonde plus vite que le virus n’évolue. Cette ignorante à l’aplomb monstre, ne peut pas comprendre que des femmes et des hommes aient fait le choix de gagner moins pour servir plus, sauver même. Elle n’est plus à une bourde près.

Ils y a parmi nous, des concitoyens stupides pour le préfet de police de Paris, idiots pour le ministre de l’Intérieur – restez à l’intérieur ! – qui  nous précise que les forces de police auront « à proximité » des masques au cas où ! Avec une telle utilisation « à proximité », ne seront-ils pas inutiles ? Qui est l’idiot ? Et toujours ce préfet qui annone des excuses plates et aussi spartiates que sa personne, triste sire.

 

 

     « Laissez dire les sots, le savoir a son prix. », J. de La Fontaine, L’Avantage de la Science (VIII, 19).

A bas les médiocres ! Ils ont tiré sur l’ambulance maintes fois et veulent, aujourd’hui nous donner des leçons de solidarité ! Ah, si cette pandémie pouvait nous exonérer de tous ces maudits qui font soi-disant la « guerre » - le terme de combat serait plus judicieux – mais quelle « guerre » par la suite, la lutte de certaines classes et la répression des mouvements sociaux ?

Nous ne pouvons fermer les yeux sur les errements. Heureusement que depuis le début de la crise, certains garde-fous ont amené le gouvernement à modifier sa stratégie.

Notre père de la Nation, chef des armées, Jupiter, est en "guerre" et par ce mot, il nous confirme ainsi que dans l’armée on obéit aux ordres et on ferme sa gueule. Il a troqué son doux prénom d’Emmanuel pour celui plus herculéen de Martial. L’armée de Martial est composée des 1ères lignes de front, les soignants et tous ceux travaillant dans les milieux hospitaliers, puis les éboueurs, caissières, routiers… Les héros. Ses propos qualifiant les soignants de "héros" me semblent particulièrement mal venus. Cette qualification est perverse parce qu’elle raye les raisons de la crise sanitaire. Outre qu’elle oubliait les autres professions - quelques unes citées plus haut -, qui continuent à travailler pour rendre notre vie moins difficile, elle met les soignants dans une position incommode. Un héros, il ne demande pas une augmentation de salaire, une prime, etc. Un héros, il ne revendique pas des conditions de travail convenables.

Le héros reste dans le discours de la "guerre" macronniène, un complément logique. Mais seulement en temps de guerre !

Et ensuite, dans cette "guerre" il y a les autres, ceux de l’arrière, l’armée des confinés, l’armée des ombres en quelque sorte qui rendent un meilleur service en restant at home. Ces derniers amenés à lutter contre les dangers domestiques mais tous héroïques, et chacun expert en épidémiologie.

Puisque "guerre" il y a, un "effort de guerre" doit suivre pour notre économie faiblissante et là, avec indécence, les "précieux" du MEDEF ne souhaitent pas, mais exigent que les travailleurs redoublent d'activité ; qu'ont-ils fait jusqu'à présent les corvéables ?

Et l'ISF ne doit-elle pas être inclue dans cet effort  ?

... 

    Dernière allocution, le guerrier arrogant s'est fait humble, empathique et reconnaissant. Toute l'équipe a été remerciée de la 1ère à la 3ème ligne, le pack, les gros en quelque sorte. J'ai surpris une larme glisser le long de ma joue.

Macron II se "réinvente". Les premiers de "corvée", tous invisibles il y a peu, sont devenus essentiels. 

Alleluia !

 

     J'ai l'impression que nous avons fait collectivement plus preuve de responsabilité et de sérieux que ces gouvernants au discours guerrier et culpabilisateur.

La situation n'est certes pas facile mais le gouvernement nous a imposé ses choix comme les seuls possibles ; vous parlez d'une idée démocratique, alors que chez nos voisins allemands et suisses, s'est instauré un débat démocratique. Résultat des courses : moins de sévérité dans ses formes et moins policier dans sa gestion. L'exemple chez nous des contrôles d'attestations qui s'exercent de manière très inégale, dépourvue d'humanité. Le cas d'un individu voulant se rendre au chevet de son père mourant, refoulé. Il retrouvera son père quelques jours plus tard muni du certificat de décès.

Macron le libéraliste conservateur privilégiant l'impératif d'ordre public avant les libertés, ne gardant que le libéralisme économique, of course. Le promoteur des idées d'un autre temps, dangereuses aujourd'hui. Donc, les risques d'un renforcement de l'autoritarisme gouvernemental et policier. Vous avez-dit démocratie ?

La dernière en date, le confinement prolongé des seniors sans autre distinction, étouffé par la vindicte populaire.

...

     Attention, les opérateurs téléphoniques recueillent déjà les données tirées de nos smartphones et le suivi numérique, le traçage pour accompagner le déconfinement est dans l'air vicié du temps. Le 24 mars, le ministre de la Santé s'y disait hostile, au nom de la défense des "libertés publiques et fondamentales". Quant au kéké de la République, ministre de l’Intérieur, il nous rassurait deux jours plus tard : « Le traçage des données personnelles n’est pas dans la culture française. »... avant d'opérer une volte-face, le 5 avril, en s'y disant finalement favorable. Pourquoi pas si cette action ne va pas au-delà de la crise sanitaire.  Mais tout le monde ne possède pas de téléphone mobile, alors optons pour le bracelet électronique pour tous !

Oui, la crise actuelle ouvre la porte à de possibles dérives. Nous avons les caméras de surveillance pour notre sécurité et bientôt peut-être la reconnaissance faciale grâce aux drones qui parcourront le ciel de nos villes et campagnes en lieu et place de nos passereaux. Des drôles d’oiseaux, une "drone" d’idée.

 

     Le Jeudi Saint, un homme seul, le pape François, sur les marches de la basilique, place Saint-Pierre, sous la pluie, prêchant dans le désert en rupture de stock de fidèles, comme le paracétamol en pharmacie et les coquillettes à la supérette au tout début du confinement. C’est l’état du Saint Siège, historique !

 

Au Nigeria, les forces de sécurité ont tué 18 personnes accusées de ne pas avoir respecté les mesures de confinement, selon un décompte de la Commission nationale des droits de l'homme. La répression a fait plus de morts que le virus qui a tué 12 personnes.

Au Brésil, Jair Bolsonaro, qui a parlé de coronavirus comme d'une "petite grippe", est de plus en plus lâché par les gouverneurs et sa cote de popularité est en baisse. A chaque pays son boulet.

Douce France !

 

Et demain, une fois la bataille terminée, on ne vous parlera plus que de l’urgence économique. Voilà, retour à la case départ et de l’individu à son triste sort. Le monde d’aujourd’hui porte à son paroxysme  notre désarroi.

Comptons sur Manu II pour bâtir le monde d'après... comme avant. A t'il joué Tartuffe dans sa jeunesse pas si lointaine, sachant que la comédie de Molière porte comme titre complet : Tartuffe ou l'Imposteur ?...

Accessoire de la fourberie au XVIIe siècle

     Masques et bergamasques… Nous n’avons pas le cœur à danser la vive et sautillante bergamasque à la mode au XVIIe siècle.

     « … Que vont charmant masques et bergamasques

     Jouant du luth et dansant et quasi

     Tristes sous leurs déguisements fantasques... »  extrait de Clair de lune de Paul Verlaine.

 

     Au secours, Batman, sauve-nous !

 

Si ce maudit virus pouvait remettre les pendules à l’heure, il nous le doit bien.

...

La vie continue et la camarde fauche anonymes et célébrités. Christophe et sa voix haut perchée, est allé encore plus haut, rejoindre ses paradis perdus nous laissant, pauvres marionnettes sur cette terre meurtrie ; l'écrivain chilien, Luis Sepúlveda, emprisonné sous Pinochet, exilé en Espagne à Gijón, est parti retrouver le vieux qui lisait des romans d'amour, et son dernier roman en 2017, relançait dans un Chili contemporain son détective au nom de torero, Belmonte ; quant au légendaire Lee Konitz, l'ange du saxophone alto, il a emporté son instrument, rejoignant Miles Davis et Stan Getz pour les dernières notes bleues.

Requiescant in pace.

 

     Fuyons. Remontons donc à cheval faire de l’équithérapie. Le cheval notre meilleur médiateur se chargera d’apaiser les conflits.

 

 

                         LE CHEVAL DE CORRIDA

 

 

6e partie : l’importance du caparaçon, un nouveau destin pour le cheval.

 

     Il est indéniable que le caparaçon constitue un tournant primordial dans l’histoire de la tauromachie. Du point de vue du cheval, il marque son entrée dans l’arène en tant qu’acteur du spectacle.

Le caparaçon s’est imposé pour des raisons économiques car les chevaux de réforme se sont faits rares à une époque où, les voitures inondent les rues aux dépends des fiacres tirés par les chevaux. Le surplus des chevaux de trait est vite épuisé.

 

Protection P. Heyral

 

         Aussi pour des raisons tauromachiques car ces vieux chevaux sacrifiés à la sortie du toril, ne font plus guère avancer la lidia, le déséquilibre des forces est trop inégal.

Enfin, pour des raisons éthiques. C’est la raison principale d’ordre moral. En effet, depuis le XIXe siècle, c’est le sort fait aux chevaux qui est le plus critiqué par les opposants de la corrida, plus encore que le sort du taureau lui même. Les aficionados eux même, des deux côtés des Pyrénées sont conscients de la cruauté du premier tiers. Pour que le spectacle soit conforme aux exigences sensibles de ce nouveau public, il est urgent de supprimer le massacre des chevaux de picadors. Primo de Rivera prendra la décision nécessaire.

Avant l’invention du peto, les chevaux étant de toute façon condamnés, Louis Heyral décrit le procédé par lequel certains piqueros s’assuraient du calme de leur monture. Ce que l’on appelait « l’opération » consistait à planter une petite puntilla dans le dos du cheval, derrière la selle, de telle sorte que le moindre mouvement brusque de sa part lui provoquait une douleur terrible ; le cheval était « calmé »…

 

Yves Brayer (1907-1990)

   

     Les qualités d’un cheval de piques sont avant tout, morales. Il faut un cheval calme et serein, qui ne soit pas craintif ; en fait, qui ait un moral d’acier pour résister aux chocs, ne pas se laisser « aller au tapis » et repartir en piste après une chute, et grande confiance en les divers cavaliers qui le chevauchent. Un cheval qui apprend vite sera toujours plus satisfaisant. Dans cette optique, il vaut mieux un jeune cheval, entre trois et cinq ans.

 

Cuadra Bonijol. Photos Fred Martinez

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Le cheval de picador est aujourd’hui, un cheval-torero, son nom est parfois cité dans les reseñas. Les picadors le savent et confient leur vie à ces montures, sans tergiversations.

Le cheval, la plus belle conquête de l’homme, ici, réhabilité.

 

 

Et aussi, le cheval de paseo, ceux de l’arrastre ou de vuelta.

 

... à suivre

                                                                                                 

                                        Gilbert Lamarque

 

 

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LE CHEVAL DE CORRIDA - 5

Publié le par Cositas de toros

 

     «Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » Pascal.

C’est par cette citation que s’ouvre cet excellent livre de Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur, lu à l’automne 1998 et qui m’est revenu à la mémoire comme une évidence. Voici un livre d’actualité. La lenteur exige que nous donnions au temps toutes ses chances et laissions respirer notre âme à travers la flânerie, l’écriture, l’écoute et le repos.

Pierre Sansot donne, dans cet essai, quelques conseils concernant une politique de la ville, un certain emploi de la culture et un certain usage des sens.

… « Des arbres centenaires accomplissaient leur destinée siècle après siècle et une telle lenteur avoisinait l’éternité. »

"Moderato cantabile"… aujourd’hui, plus de mesure que de modération, subtil.

 

 

                          LE CHEVAL DE CORRIDA

 

5e partie : les différents règlements.

 

     Dans le règlement de 1848, « Au moins trente chevaux doivent être présenté la veille de la course. Ils doivent être de taille et de force suffisante. Les chevaux et surtout les harnais doivent être en bon état. Tout défaut constaté est passible d’une amende. Si un cheval n’est pas jugé conforme, le fournisseur de chevaux a jusqu’au matin de la course pour en présenter un autre. Jusqu’à la fin de la course, il devra y avoir en permanence, six chevaux sellés dans le patio de caballos. » Règlement combien de fois bafoué ?

Dans les différents règlements suivants, ne sont traités que les articles concernant les chevaux

 

Manuel Castellano, Patio de la cuadra de caballos de la plaza de toros, antes de una corrida. 1853

 

Le règlement de 1930, le premier après la mise en service du peto, stipule :

- Quatre chevaux par taureau sont nécessaires (deux de moins qu’en 1917. On peut penser que le caparaçon fait son office). La taille minimale du coursier est remontée à 1,74 m et on instaure un poids minimal de 450 kilos. Cette augmentation de "format" du cheval est nécessaire pour supporter l’importante protection. En 1953, la présence d’une bascule devient d’ailleurs obligatoire dans les plazas de Madrid, Barcelone et Séville.

- Le contrôle des chevaux portant sur la résistance, la docilité et la maniabilité, est affectée par les deux vétérinaires de service. Les chevaux retenus se verront remettre un collier rouge portant un scellé métallique, ôté à la fin du spectacle.

- Le bandage des yeux est interdit, le bandage de l’œil droit est ordonné.

 

Non !

- Les picadors (qui ne peuvent refuser un cheval préalablement accepté par les vétérinaires) choisissent par ordre d’ancienneté, quatre chevaux : deux qui leur sont propres et deux pour la communauté des picadors.

- Dans le patio, en permanence, douze chevaux doivent être prêts, sellés et bridés.

- Si un cheval est touché à l’abdomen ou si ses blessures sont répugnantes pour le public, il sera conduit dans le patio où il sera "puntillé" sur ordre des vétérinaires.

 

Las Ventas

 

Le règlement de 1962 :

- Huit chevaux pour toute la course. Taille minimale de 1, 47 m, poids minimum, 450 kilos en corrida et 400 en novillada.

- L’article 47 précise que seul l’œil droit du cheval doit être bandé, mesure jamais appliquée.

- Poids maximal du peto, 25 kilos, avec une tolérance de 5 kilos.

 

Le règlement de 1992 :

- Sept chevaux doivent être présentés 24 heures avant la course. Taille minimale, 1, 45 m au garrot et poids égal à 450 kilos.

- Poids maximal du caparaçon, 40 kilos (il y a inflation !).

- Si un cheval est gravement blessé, il sera retiré et soigné en urgence.

 

Le règlement de 1996 :

- Six chevaux pour les arènes de première catégorie et seulement quatre pour les autres arènes et pour les novilladas.

- Les chevaux doivent être présentés avant 10 heures le matin de la course, seulement trois heures avant le début pour les arènes démontables.

- L’efficacité du caparaçon a fait ses preuves, on instaure un poids maximum : le cheval doit peser entre 500 et 600 kilos que l’on soit face à des toros ou des novillos. On vérifie également la docilité et pour la première fois, la mobilité.

- Le poids maximal du peto passe quant à lui à 30 kilos (on se résonne).

- Seul le bandage de l’œil droit est autorisé.

Ce règlement est le premier à prohiber « toute mesure visant à modifier artificiellement le comportement des chevaux de piques ». L’Ordre Royal du 7 juillet 1997, en précise les modalités de répression. Sur conseil des vétérinaires de service, le Président pourra ordonner le contrôle d’un ou plusieurs chevaux dont l’attitude aurait été « suspecte » durant l’office. Ce contrôle antidopage, réalisé immédiatement après la fin de la course, vise à détecter la présence de molécules médicamenteuses sur échantillons de sang et d’urine prélevés en double exemplaires au cas où une contre-analyse serait nécessaire.

Puis vient le règlement de 2005, encore en application aujourd’hui qui fait l’objet de constantes mises à jour.

 

Le règlement andalou, en 2005, novateur tente de résoudre certains points sensibles. Il se démarque sur :

- Le poids du groupe équestre : les chevaux pèseront désormais entre 450 et 600 kilos en corrida et entre 450 et 500 en novillada. Cette disposition a cependant été menacée par la suite : face à des toros de plus de 600 kilos, les chevaux pourront eux aussi dépasser les 600 kilos. Ce sont les picadors à l’origine de cet amendement. Le poids du peto est réduit de 5 kilos.

 

Le règlement taurin municipal français de 2005 (mis à jour en 2007) reprend, concernant le cheval, les différents points du règlement espagnol.

 

… à suivre

                                                                                                     Gilbert lamarque

 

 

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LE CHEVAL DE CORRIDA - 4

Publié le par Cositas de toros

 

                                          Dimanche et lundi opaques .

 

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C'était le jeudi 9 avril

 

     Bonjour les cloches revenues ! (non, pas vous). Elles nous restituent un petit air de fête, et malgré le confinement, égayez-vous dans votre jardin - enclos serait mal venu - ou sur votre balcon pour les moins chanceux, à la recherche du Graal, les œufs, cocotes, lapins et autres fritures en chocolat.

 

 

 

Noël au balcon, Pâques à la maison.

 

     Mais pour l’heure, ce sont bien nous, pauvres créatures, qui sommes "chocolat" !

Notre petite famille ne sera pas autour de nous, confinement oblige. Nous serons sans oeufs, pardon, sans eux.

Ressaisissons-nous. « Ne laissons jamais les ombres d’hier, obscurcir la lumière de demain ».

Joyeuses Pâques.

 

 

                       LE CHEVAL DE CORRIDA

 

4e partie : la transition et la déplorable condition du cheval.

 

     Revenons un peu en arrière.

Une fois la noblesse retirée de l’arène, la corrida va entrer dans une période de transition durant laquelle, l’homme à pied et le cavalier vont se disputer la vedette face au toro.

 

 

     Si le grand seigneur n’intervenait plus, apparaît alors, à cheval lui aussi, un personnage charnière dont le rôle est méconnu. C’est l’hidalgo, "hijo de algo", soit "fils de quelque chose". Cadet de petite noblesse, il a laissé titre et fortune à l’aîné et s’est engagé dans la carrière : le clergé ou l’armée. Plus qu’un cavalier rompu aux combats les plus durs, c’est un homme de cheval, qui, souvent, prête la main à son suzerain lorsque celui-ci le lui demande pour, par exemple déplacer ses troupeaux ou sélectionner ses toros.

Désœuvré dans une Espagne qui ne guerroie pas, l’arène va lui offrir le terrain naturel de conquête qui fait défaut à son rang. La présence des Grands auxquels il ne pouvait se mesurer le maintenait dans l’ombre. Eux retirés, il investit l’arène.

 

José Gutierrez de la Vega, El rejoneador en Plaza se Sevilla, 1850

 

     Et dans le courant du XVIIe siècle, la fête du taureau se déroulait comme suit : un rejoneador qui   « rompt les lances au poignard », suivi du picador qui « combat à la pique d’arrêt », puis ceux-ci retirés, « les combattants à pied feront voir leur dextérité par plusieurs sortes de tours d’adresse qui amuseront le public ».

A cette époque, les picadors ne portent plus le prestigieux costume. Ceux qui combattent avec la lance en poignard sont habillés à la façon de la noblesse espagnole au siècle passé, en revanche, « celui de la pique d’arrêt » est simplement vêtu à la castillane ou à l’andalouse. C’était donc le mélange des tauromachies, la populaire et l’aristocratique.

Le picador ne tue plus, d’où la perte de sa popularité. La pique est reléguée au rang de suerte. L’alternative des picadors tombe, elle aussi, en désuétude et bientôt, les cartels font apparaître le nom des piqueros en retrait de ceux des maestros.

A cette perte de fonction, s’ajoute la piètre image de l’homme qui ne monte plus que des chevaux de réforme. Il n’a, à sa disposition que de véritables rosses, accablées par l’âge et le travail et que leur inutilité condamne à l’équarrissage. De là vient qu’il en périt un très grand nombre dans les courses. Manquant des forces et de l’agilité nécessaires pour soutenir la charge rude des taureaux, incapables même d’obéir au frein, ils ne se prêtent pas à une défense convenable ni aux mouvements nécessaires pour éviter des blessures mortelles ; mais le picador, qui les monte sans les connaître, doit être bon cavalier pour sortir sain et sauf du combat.

Et c’est ainsi le triomphe final du torero à pied sur le torero à cheval.

 

Antonio Cavanna, Portrait de Francisco Montes Paquiro

 

     Dans sa conception du tercio de piques, Paquiro ordonne clairement aux picadors de protéger leurs montures mais il reconnaît que cela est peu aisé. Les chevaux paieront ainsi un lourd tribut à la corrida jusqu’en 1928.

Le cheval devient un "consommable" de la corrida, au service de la bravoure et pour le plaisir des aficionados. Sans protection, les chevaux sont livrés au toro. On achève d’un coup de puntilla dans le tronc cérébral, ceux que l’on ne parvient pas à remettre sur pied. Les autres sont poussés en avant, viscères pendantes jusqu’au sabot, pour être "opérés" dans le patio de caballos, avant de retourner en piste se faire achever par le prochain toro. Les fournisseurs sont payés à la pièce. De nombreux témoignages rapportent même que, s’il venait à manquer de chevaux, le fournisseur, pour éviter d’être pris à partie par la foule qui hurle, achète à la hâte, et au prix fort, ceux des fiacres qui circulent devant les arènes ; témoignages souvent démentis par certains. 

 

Jean-Léon Gérôme, La fin de la corrida, 1870. Musée Georges-Garret, Vesoul

 

     Emmanuel Witz note : « J’en ai vu fréquemment qui étaient si maltraités que les boyaux leur traînaient par terre et que je croyais absolument perdus, qui néanmoins ont été parfaitement guéris et les ai vus quelques temps après combattre de nouveau. » Chose qui paraît étonnante au vétérinaire du XXIe siècle lorsque nous connaissons les taux de réussite des chirurgies digestives avec tous les moyens mis en œuvre de nos jours.

La bravoure du toro se mesure au nombre de chevaux tués et le public s’en délecte, moins sensible et avide de spectacle.

La mort du cheval n’émeut pas. Hemingway disait : « La raison fondamentale est peut-être que la mort du cheval tend à être comique, tandis que celle du taureau est tragique. » …

De plus, le massacre se masque derrière une vocation caritative puisqu’en 1785, notamment, les bénéfices tirés de la vente des queues de chevaux, dont on utilisait les crins, étaient reversés à l’association religieuse Cristo de los Traperos.

 

… à suivre

                                                                            

                                                                                               Gilbert Lamarque

 

 

    

 

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