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UNE BRAVOURE RECUPERABLE

Publié le par Cositas de toros

Publication parue dans la revue Toros N° 2053-54 du 28 juillet 2017 dans la rubrique CHRONIQUE DU TEMPS, sous la plume de Manolillo.

Il n’est plus contesté ni contestable que la bravoure du toro bravo n’est plus ce qu’elle était, la partie la plus visible du phénomène étant le manque chronique d’enthousiasme manifesté par le bovin dans sa rencontre avec l’équidé. L’aficionado, qui considère à juste titre la bravoure comme fondamentale, se désespère, isolé dans un environnement insensible à ce signe de décadence. Cela étant acté, qu’est-il possible de faire ? Existe-t-il une solution au problème, ou faut-il considérer la situation irrémédiablement compromise comme on le dit d’une activité commerciale au bord de la faillite ? Sans attendre la fin des sanfermines, dans un article paru le 7 juillet, jour symbolique de San Fermin, le docteur agronome Antonio PURROY, professeur à l’université publique de Navarre (UPNA) de Pamplona, tente de répondre à la question. Il apporte en tout cas, du haut de sa compétence technique, des éléments capitaux pour nourrir le débat.

Non, la situation actuelle du toro de combat n’est pas irrémédiablement compromise. Antonio PURROY est formel : "Beaucoup d’éleveurs actuels pourraient retrouver le chemin de la bravoure et de la noblesse "encastée" en peu de générations de leur élevage, parce qu’ils ont des connaissances suffisantes pour le faire. Il est plus facile de passer de la noblesse –plus ou moins "encastée"- à la bravoure, que le contraire. Prétendre maintenir seulement la noblesse est très difficile et peut dériver en sourde et dangereuse mansedumbre, comme on l’a vu dans suffisamment d’élevages".  Un plan de sauvetage est donc envisageable. La bravoure du toro n’est pas définitivement perdue. Ne serait-ce que parce qu’elle "se transmet de père en fils, plus rapidement que la noblesse, ayant un fort coefficient d’héritabilité".

De là, l’inévitable conflit, ou présumé tel, entre la bravoure et la noblesse, entre toristas présumés exclusivement attachés à la bravoure, tandis que les toreristas ne s’intéresseraient qu’à la noblesse. Ce sont moins les connaissances d’Antonio PURROY, que sa qualité d’aficionado, qui le conduit à répondre sans tomber dans le piège simpliste. Non les aficionados ne sont pas contre la noblesse du toro de lidia. Ils demandent "d’obtenir une  nouvelle dose de bravoure, sans pour autant perdre l’essence de la noblesse", permettant la récupération d’un toro qui n’aurait jamais dû perdre sa capacité "d’affronter les trois tiers équilibrés de la lidia." "Un toro brave doit défier le cheval, se grandir dans le châtiment, montrer son envie de charger ; ensuite réagir aux banderilles ; une fois arrivé à la muleta, il doit répéter la charge avec une noblesse "encastée", qui transmette l’émotion dans les tendidos, et qui exige être dominé par le torero pour ensuite créer de l’art avec émotion", écrit Antonio PURROY. On ne saurait dire juste mieux, et il est réconfortant de penser que, nonobstant les susceptibilités et les disputes, les moyens techniques d’y parvenir existent encore.

On s’en doutait un peu, on l’avait deviné au-delà des polémiques : ce n’est pas le défaut de moyens qui empêche le retour de la bravoure du toro de combat, plutôt les sensibilités. De plusieurs ordres. La sensibilité du public qui a changée avec le temps. La sensibilité des éleveurs, des taurins, qui cherchent à s’adapter. A n’importe quel prix. Avec raison, Antonio PURROY pointe la responsabilité collective du monde taurin, et donc celle des aficionados et des médias taurins, dans "l’éducation erronée du public", aboutissant à la désaffection du  tercio de varas  et à la création d’un art sans émotion. Il écrit : "Les responsables d’éduquer le grand public dans la bonne direction sont les aficionados, étant donné que, sauf rares exceptions, il y a peu à attendre des médias généralistes". A condition, comme on l’a vu, que la zizanie ne règne pas à l’intérieur. Il est certain que si ce n’est pas l’ensemble des aficionados, toutes chapelles confondues, qui réclament "un toro véritablement brave, avec une noblesse "encastée" générant émotion et beauté durant la lidia" puisque c’est possible, aucun changement ne se produira.

Et les éleveurs, les fabricants de toros dans tout ça, que pensent-ils, que font-ils ? Doit-on faire leur procès ? Peut-être. Soumis à une obligation de plus en plus pressante de rentabilité, ils se sont inclinés, outre l’éducation erronée du public, devant "l' affairisme taurin", avec au premier rang l’exigence des toreros. Lucide, Antonio PURROY ne demande pas que l’on raye d’un trait de plume l’encaste Domecq "qui inonde tous les coins de l’élevage brave espagnol", "une démarche difficile, voire impossible", mais que l’on demande, exige des éleveurs propriétaires de cet encaste dans ses différentes variantes,  "qu’ils reviennent sur le chemin de la bravoure, afin de récupérer une bravoure intégrale qui n’aurait jamais dû se perdre", leur responsabilité étant particulièrement grande dans l’avenir de la Tauromachie . A l’occasion des pèlerinages au campo qu’ils affectionnent tant, il est de celle des aficionados, entre deux tapas, de le leur rappeler fermement. Puisque c’est possible.

Restituer la bravoure au toro bravo paraît être la moindre des choses.

...

CQFD

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SAMADET. Dimanche 29 Octobre. 16h.

Publié le par Cositas de toros

SAMADET. Dimanche 29 Octobre. 16h.

Festival au bénéfice de l’Association du service de pédiatrie de l’hôpital Layné de Mont de Marsan.

2e édition dans les arènes couvertes de la cité du Tursan devant des tendidos garnis au tiers. Dommage. C’était pour une noble cause et nous avons vu des détails intéressants.

Insistons sur le fait que chaque acteur, toreros, piqueros, peones, alguazils… sont venus bénévolement et que les 5 ganaderos ont offert leurs pupilles.

 Le chèque  à l’association pour 2016 se montait à 4075 euros, et oui, chers antis : nous sommes des sauvages au grand cœur !

Les fauves furent lâchés après un émouvant hommage à Philippe CUILLE en présence de son épouse.

Morenito de MARACAY (silence poli), 62 ans, spécialiste banderillero de la pose al quiebro à son firmament qui prit l’alternative un beau jour de 1978 à Barcelone, nous peina.

Devant un fort bon Las Hermanas qui rématait copieusement, muleta en mains peu sûres, le vénézuélien hésita, recula. Il fut pathétique. Quant à la suerte suprême !… Dommage car le toro offert se montra intéressant.

Deuxième, un costaud de Virgen Maria fut applaudi à sa sortie ainsi que Marc SERRANO au capeo par chicuelinas. Sous le peto, l’animal secoua le chef et ne poussa guère. Le nîmois l’entreprit par de nombreuses séries de la droite avec temple, le toro s’avérant noble après avoir cessé sa défense par hachazos. Marc se régala malgré une musique sirupeuse, voire dégoulinante. Bref. Quelques belles naturelles, le tout avec goût. Le noble se coucha après 2/3 d’acier au second envoi. Oreille et vuelta fêtée. Arrastre applaudi.

Quand je vois Marc, je déplore son absence des ruedos.

Octavio CHACON a hérité d’une bête comme il sait les aborder, difficile, compliquée. Le Lartet reçoit la mono-pique, il est faible malgré sa belle présentation. Le manso ne permet qu’une faena bagarreuse dans tous les coins du rectangle. Octave crie, demande la musique pour peu d’effet. Aujourd’hui de la technique quant à l’art, ce sera pour une prochaine fois. Entière après pinchazo. Oreille.

Le Cuillé (le 1er) échut à Eduardo GALLO qui sera sur le fil du rasoir toute la faena. Le toro faiblard (une vilaine pique) est noble mais le salmantin a des difficultés pour lier ses derechazos… Et se fait durement secouer. Il reprend plus ou moins le contrôle et coupe une oreille après une entière de côté.

André LAGRAVERE « El GALO » hérite du Casanueva, bel exemplaire bien armé, au port de tête fier, fin et musclé : un jeune athlète. Laurent Langlois officie sur le canasson et le cornu va s’avérer brave sur la première rencontre où il met les reins puis part avec beaucoup d’alegria pour une deuxième moins soutenue. Les meilleurs moments de la tarde. El GALO partage les palos avec B. VALENCIA. Quatre paires, c’est trop ! 7 banderilles restent  accrochées solidement. Début de lidia un peu trop explosive. Parrandero* est noble, répond avec ardeur et générosité. André superficiel, passe à côté de la classe de son adversaire, la faute à la jeunesse. Dommage, ce novillo avait plus à nous faire découvrir. Mais il y eut du plaisir pour chacun car je ne doute pas que le novillo en éprouva lui aussi.

Malheureux à l’épée, El GALO fit la vuelta, accompagné des heureux ganaderos, José et Guillaume BATS, les voisins de Montsoué. Auparavant, Parrandero fut honoré de la vuelta posthume.

L’étoile, à son zénith, brille toujours sur les terres landaises.

Et nous terminons par un eral de Cuillé (pas de pique) pour un jeune novillero apodéré par Didier CABANIS : Bernardo VALENCIA qui le reçut fort bien de cape. Aie, les banderilles ! Bouillant, très bouillant le Bernardo devant le noble sujet. Une épée entière avec beaucoup d’engagement. Oreille.

Cavalerie BONIJOL

Musique, Al Violin

Présidence, Pascal DARQUIE

Merci à toute l’organisation avec mention à Marc SERRANO pour sa noblesse et ses valeurs.

Venez nombreux l’année prochaine.

*Parrandero en castellano se traduit par noceur, fêtard (bullanguero). Que nous aurait-il démontré avec quelques mois de plus !

Sur les hauteurs de « Maisonnave » , les propriétaires favorisent le sens de la fête. Et ceci, nous le savons !

                                                                                      Gilbert LAMARQUE

 

 

SAMADET. Dimanche 29 Octobre. 16h.
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L’APOCALYPSE EST POUR DEMAIN

Publié le par Cositas de toros

 

Par Gilbert LAMARQUE

 

Non pas une catastrophe massive et violente mais une douce disparition. Car ce genre prophétique est caractérisé ici non pas par une réalité spirituelle invisible et inaccessible mais simplement par une expérience humaine insidieuse. Ici, la ligne de partage entre l’ancien monde arrivé à son terme et du nouveau près à s’accomplir n’est point marquée par une quelconque intervention divine qui jugerait les impies et récompenserait les élus. Non, ici les aficionados de verdad sont condamnés au profit d’heureux élus de la nouvelle société soft, édulcorée.

Mais que sont-ce ces élucubrations, ces divagations ?

 

Istres, 19 juin 2016, Toros de JP Domecq

Non pas. Tout ceci m’est venu depuis Bilbao, le 25 et 26 Août lors des corridas où officiait un certain PONCE (non, PONCE PILATE est connu pour avoir exécuté JESUS sur la croix, Enrique, lui, a parfois exécuté des taureaux dans la croix, nuances).

J’écrivais dans La Gacetilla que je me suis coltiné des ersatz de bovidés notamment avec PONCE dans un vide sidéral.

Mr Ponce est un fossoyeur, couvert d’or et de gloire. Que recherche t’il aujourd’hui, que veut-il prouver demain ? C’est un excellent technicien, un artiste, nous en sommes convaincus. Mais actuellement, il met ses compétences au service de ses amis du mundillo et des organisateurs sans vergogne. Tout comme PONCE PILATE, il s’avère être un traître.

Souvenez-vous de l’Apo…. théose en Istres en 2016 comme l’écrivit une certaine presse, huit oreilles et deux queues. 

Un torero d’époque, soit. Vingt sept années d’alternative, oui, une dizaine en haut de l’escalafon, également. Et ce jour-là : ruedo décoré, musique spéciale adaptée aux futures (le comble!) faenas, un baryton, des choeurs, enfin un spectacle grandiose … noeud papillon et souliers vernis !

Et le 17 Août  cette année à Malaga, la « corrida » Picassiana-Crisol avec un scénario écrit par PONCE, décoré par LOREN, orchestré par Michel CLOUP, plus une partie vocale et l’ensemble (mantille sur la sévillane) « savamment » coordonné, par l’autre montois Guillaume FRANCOIS, en fait, directeur artistique ! Ouais.

En aparté, voici ce que Manolo SANLUCAR, guitariste et compositeur de flamenco a déclaré, il y a déjà quelques temps : « La tauromachie et le flamenco naissent et se manifestent à l’intérieur de la même spiritualité artistique… [Pour autant] la tauromachie la plus belle, c’est dans le silence qu’elle doit s’accomplir parce que la tauromachie à sa propre musique. Moi, musicien, je suis gêné lorsque le public dans une arène demande à la musique de jouer. Ca me gêne parce que ça transforme la corrida en fête alors que c’est un rite. » A méditer.

PONCE mit le feu à Malaga. Toujours de la maîtrise, du grand art, etc

Pour ces deux spectacles, il y eut des toros « artistiques », « artistes », cela va de soi.

J’ai bien noté « spectacles ». Danger, ne les classons pas dans corridas ; les goyesques prenant le chemin des premiers cités.

Et attention à l’ambiance environnante qui provoque chez nous une intense émotion. Les dés sont pipés.

Que tout ceci reste exceptionnel et donc en marge de la corrida … comme le Bombero Torero où les nains (il faut écrire : les gens de petite taille) remplacent les géants de la tauromachie. Mais ici, rien de pris au sérieux, de précieux mais pathétique, peut-être.

Alors Mr PONCE, il est temps certainement d’aller recenser vos oliviers, et nous vous en prions, n’enterrez pas la corrida, celle qui vous a nourri et qui engraisse des individus indignes, au profit de spectacles insipides sans affrontements véritables tel que l’exhale la vraie tauromachie.

J’y vois aussi un certain égoïsme, ce faire plaisir et par ce fait, la figura mettant de la distance entre son monde et celui des belluaires.

Il est temps pour nous, de garder de vous le souvenir d’un Maestro qui aura marqué son époque comme peu le firent.

Je ne fais pas ici, injure aux « poncistes » qui sont respectables, je comprends leur admiration sans fin, mais ne soyons pas candides, naïfs. Cela ne nous empêchera pas de vivre avec notre temps en défendant nos valeurs. L’avenir de la corrida dépend plus que jamais du choix que nous, public, ferons.

Nous savons par ailleurs, outre PONCE, que le mundillo, certaines empresas ont déjà choisi ce spectacle édulcoré, plus rentable, invitant la génération future à pousser vers les ténèbres les « vieux » aficionados vociférateurs et exigeants que nous sommes : les gardiens de la Fiesta. Le monde végan et animaliste se battent les flancs, ils n’auront pas besoin de pousser bien loin leurs argumentations débiles.

Et si les clarines n’étaient que les lointaines trompettes de l’Apocalypse ?

Sept anges sonnèrent les sept trompettes : … « Le premier sonna de la trompette et de la grêle et du feu mêlés de sang s’abattirent sur la terre. Le tiers de la terre fut brûlé, le tiers des arbres fut brûlé et toute herbe verte fut brûlée. »

Comment voulez-vous élever des taureaux dans ce contexte ?

 

PS. J’ai été grand admirateur d’Enrique. Je me souviens, entre autres, de grandes tardes dacquoises.

Clin d’œil. J’ai emprunté le titre de ce sujet à Jean YANNE qui sur France Inter en 1977, défraya la chronique avec son feuilleton sur les aventures de Robinson CRUSO, feuilleton apocalyptique.

                          Gilbert LAMARQUE

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NE METTEZ PAS A MORT LA CORRIDA

Publié le par Cositas de toros

Publication de Francis Wolff

Né en 1950 à Ivry-sur-Seine Francis WOLFF est un philosophe français. Il est professeur émérite à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Paris.Spécialiste de philosophie antique, membre du centre Léon-Robin, il a publié des travaux sur la sophistique, sur Socrate et le socratisme, sur Platon, sur l’épicurisme et surtout sur Aristote.

Aficionado reconnu, il a également publié sur le thème de la corrida :

- Codirection (avec P.CORDOBA) de "Éthique et esthétique de la corrida" numéro spécial Critique, éd.Minuit, 723724, août-septembre 2007.

- 50 raisons de défendre la corrida, éditions Mille et une nuits, coll. "les petits libres", n°74, Paris, 2010, 103p. (ISBN 9782-7555-0576-4)

- Philosophie de la corrida, éditions Fayard, coll. "Histoire de la pensée",2007, reed.avec une préface inédite, Hachette Pluriel, 2011.

- L’appel de Séville. Discours de philosophie taurine à l’usage de tous, éd Au Diable Vauvert, 2011.

 

...

Il a suffi qu’une vidéo anti corrida sponsorisée par le chanteur Renaud soit interdite par le BVP et qu’une soixantaine de militants abolitionnistes (chiffre des organisateurs) manifestent pendant la récente feria de Dax, où les cinq corridas se déroulaient à guichets fermés, pour que Libération, après d’autres, en fasse «l’événement» de l’été. Soit. Qu’on n’aime pas la corrida, qu’on préfère une vie de porc à celle du taureau de combat (toro bravo) et la mort d’un bœuf dans le silence des abattoirs à celle d’un taureau dans la lumière d’un dernier combat, c’est le droit de chacun. Mais qu’on ose qualifier de "torture" le périlleux face-à-face de l’arène, c’est une insulte à tous les suppliciés de la terre. C’est aussi un piètre service rendu aux défenseurs de la condition animale qui luttent contre certaines formes d’expérimentation menées sur des bêtes impuissantes. C’est enfin une pierre dans le jardin des écologistes : car il faudrait bientôt, si l’on écoutait les abolitionnistes, compter les taureaux de combat au nombre des espèces menacées et remplacer les vastes territoires où ils grandissent, sauvages et insoumis, par des usines d’élevage industriel. Qu’il faille s’indigner de la marchandisation du vivant, lutter pour une amélioration des conditions de vie, de transport et d’abattage de certaines espèces, on en conviendra aisément : aucun animal n’est une chose. Mais si la corrida devait être un jour interdite là où elle est aujourd’hui autorisée, ce serait bien sûr une perte culturelle pour toutes ces régions de France - et du monde - qui en ont fait une part déterminante de leur humanité ; ce serait aussi une perte esthétique (qu’on songe seulement à tous ces artistes, écrivains, penseurs qui, en deux siècles d’existence de la corrida, y ont puisé une part essentielle de leur inspiration), mais ce serait peut-être surtout une perte morale. Doublement : une dimension essentielle de "l’être-homme" et de "l’être-animal" disparaîtraient avec la corrida. L’interdire, ce serait non seulement condamner à l’extinction immédiate l’espèce animale qui en est le protagoniste, ce serait aussi priver les hommes de la forme la plus universelle de tauromachie - qui est elle-même une constante anthropologique. Ce serait enfin céder à un dangereux appauvrissement du raisonnement moral : réduction de toutes les espèces animales à l’"animal", réduction de l’animal à la victime (et de l’homme au bourreau), réduction de l’animalité à sa disneylandisation, réduction de la "nature" au règne de l’harmonie des peuples et de la tranquillité bourgeoise, réduction des sentiments moraux à la pitié, réduction de la valeur de la vie pour le vivant à l’absence de douleur, assimilation de la douleur de l’animal, essentielle à sa survie, à la souffrance humaine et au mal absolu dans la nature. Et pourtant, oui, nous avons des devoirs vis-à-vis des espèces animales, et d’abord celui de ne pas les confondre sous un nom cache-misère d’animal, qui ne fait qu’entretenir la confusion : qui voudrait traiter son chien comme la vipère, qui voudrait qu’on réserve aux dauphins le sort promis aux criquets pèlerins qui ravagent les récoltes africaines, qui voudrait qu’on traite les taureaux de combat comme les paisibles ruminants qui peuplent nos campagnes ? Mais nous avons aussi bien d’autres devoirs vis-à-vis des animaux, et la corrida, loin de les transgresser, en est la démonstration par excellence. Le premier est de les respecter comme l’"autre" de l’homme mais non comme son semblable. La corrida montre le toro comme un être qu’on honore en le combattant et non comme un être qu’on avilit en l’abattant ; mais en même temps elle ne traite pas le toro en égal de l’homme, et c’est pourquoi celui-ci doit en triompher - à condition d’avoir le courage et l’intelligence d’en affronter la redoutable puissance. Un autre devoir que nous avons vis-à-vis des animaux est de respecter leur nature propre : considérer le chat comme un animal affectueux, le chien comme un compagnon fidèle, et le toro bravo comme un être- bravo, c’est-à-dire comme un être qui doit vivre librement et mourir en combattant, parce qu’il est naturellement agressif et indomptable. L’éthique à laquelle répond la mort du toro bravo se résume donc à la formule : "mieux vaut mourir en combattant que de ­vivre à genoux". C’est la formule de la bravura - celle du toro donc, même si c’est aussi celle que le ­torero doit, d’une certaine façon, faire ­sienne pour avoir le droit de l’affronter. Le troisième devoir est de respecter les relations affectives et contractuelles que l’homme a vis-à-vis des différentes espèces. Lorsqu’il n’y en a pas (dans le cas des espèces "sauvages"), nous avons un devoir de protection des espèces menacées, dans le respect des équilibres écologiques. Lorsqu’il y en a (dans le cas des espèces "domestiques"), nous devons respecter loyalement ces rapports, par exemple respecter dans le chien le "meilleur ami de l’homme" ou dans le mouton la relation d’échange, pâturage contre laine, nourriture aujourd’hui contre nourriture demain. L’espèce "taureau de combat" n’est ni domestique ni sauvage, mais entretenu dans une sorte d’"hostilité familière". Ni ami puisqu’on le combat ni ennemi puisque l’homme se mesure à lui : c’est l’adversaire. Cette ambiguïté de la personnalité du toro bravo pour l’homme (à la fois son meilleur ami et son meilleur ennemi) révèle le double sens de l’éthique de la corrida : d’un côté lutte tragique avec l’antagoniste, d’un autre côté duel ludique avec le partenaire. Car enfin, les autoproclamés défenseurs des animaux compatissent peut-être aux souffrances de certains, mais aiment-ils vraiment ce que sont les animaux, ce qu’ils font, ce qu’ils incarnent ? Qui aime les chiens sait qu’ils n’"aiment" pas la liberté individuelle, au sens humain du terme, mais l’obéissance à un maître. Qui aime les taureaux de combat sait qu’ils n’"aiment" guère qu’on les cajole comme des bêtes de compagnie ; il sait aussi que, plus encore que d’autres espèces "sauvages", le pire mal pour eux est le stress lié à la contention ou à la menace, plus que la "douleur", qui est anesthésiée par le combat et transformée en combativité : le soldat - ou le torero ! - "oublie" ses blessures dans l’ardeur de la bataille, elles sont absorbées par l’action et transformées en actes. Et puisque, défenseurs ou adversaires de la corrida, il faut forcément que nous puisions notre argumentation dans notre identification au taureau, faisons en commun cette expérience de pensée. Que préférons-nous ? Une vie enchaînée de boeuf de labour qui s’achève passivement à l’abattoir ou une vie libre de taureau qui se prolonge en vingt minutes de combat vaillant ? Peut-être hésitez-vous ... Mais alors, si seulement vous hésitez, ne jetez pas l’opprobre sur ceux qui préfèrent la vie, le combat et la mort du toro bravo, ceux qui pensent qu’il a un des sorts les plus enviables de toutes les espèces animales que l’homme s’est appropriées pour servir ses fins et qui peuplent son imagination. Ne mettez pas à mort la corrida et les taureaux de combat, respectez ceux qui les aiment.

Francis Wolff

 

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ARNEDO. XLIV ème ZAPATO DE ORO (ép-2)

Publié le par Cositas de toros

DU MERCREDI 27 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 1er OCTOBRE

ARNEDO. XLIV ème ZAPATO DE ORO (ép-2)

  Samedi 30. 4e de feria. Un franchute dans le vacarme.

17h30. 1/3 d’arène, le dôme est fermé.

6 José Escolar (Lanzahita – Avila) à la présentation irréprochable, encastés, exigeants, au jeu varié mais aux cornes courtoises. Le 6e, Pajarito reçut le mouchoir bleu.

El ADOUREÑO remplaçant Tibo GARCIA fut le plus en vue, perdant les trophées faute de réussite aux aciers (rare lorsqu’on lit les résultats) pour Juan MIGUEL : silence et vuelta, M.A. PACHECO : salut avec avis et silence et Yanis El ADOUREÑO : vuelta et vuelta.

J. MIGUEL se laissa vite déborder, recula et ramassa la muleta sur le sable. Entière, descabello. La faena uniquement droitière. Commotionné après une voltereta, nous avons eu droit à la tauromachie d’un désespéré, sin zapatillas (ça ira beaucoup mieux!). Musique, désarmé, un avis et entière concluante. Ce garçon a débuté en piquée le 15 Août 2011. Il transpira aujourd’hui avec le lot le plus difficile.

PACHECO remplaçait Adrien SALENC, il hérita d’un lot moyen. Après un bon capoteo, une pique et des séries déterminées des deux bords, il pincha avant une entière tendida. Avec son second, cardeno bragado qui prit deux vilaines piques, il visita le ruedo. Epée en place, descabello.

Après brindis à J. ESCOLAR et El FUNDI (comme ses collègues) Yanis servit une faena sur un bon novillo qui se laissa toréer sur les deux cornes, écoutant les premiers  « OLE »  de la tarde. Il sut en profiter avec temple. Une épée contraire après un raté. La présidence de marbre ne cédant pas devant une forte pétition, put savourer une belle bronca malgré le vacarme ambiant. L’ultime, Pajarito né en avril 2014 est brave et encasté. Il prendra une grosse et unique pique bien administrée par Laurent LANGLOIS (ovation). Brindis au public. Derechazos chaudement applaudis. Il cite de plus loin le cornu qui déboule mais Yanis est court devant la classe du bicho qui dirigea les débats. Le français ne fut qu’un élève appliqué et Pajarito lui permit la vuelta après un nouvel échec aux aciers : deux pinchazos, une bonne demie.

Le « Petit Oiseau » ne permit pas l’envol de Yanis qui sut par contre ne pas allonger la faena.

Cancion de cuna : « Pajarito chino de color añil, canta que mi niña no quiere dormir. Pajarito chino de color punzo, calla que mi niña ya se duermio ».

Non pas de berceuse dans l’Arena ! Impossible. Heureux les sourds et les mal entendants !

 

Le XLIVe Zapato de Oro est revenu à Yanis El ADOUREÑO sans couper un trophée. Il a laissé une bonne impression. Quant à moi, il m’a laissé sur ma faim. A revoir certes, en France assurément. Sympa et bouillant, il communique bien.

Prix du meilleur piquero, Laurent LANGLOIS qui piquait donc en second pour Yanis, l’Escolar au doux nom de Pajarito. Vuelta al ruedo en associant  les cinq autres.

Le prix à la ganaderia la plus complète à Escolar Gil, et Pajarito celui du novillo le plus bravo (qui succède à Bastonito de Baltasar Ibàn). L’année dernière, le 30 Septembre, les deux premiers Escolar étaient rentrés vivant aux corrales !

Meilleure estocade à J.E. COLOMBO.

Meilleure paire de banderilles : Raul CERVANTES.

Meilleur toreo de cape : J.E. COLOMBO.

Meilleure série de naturelles : Carlos OCHOA.

El ADOUREÑO succède à Leo VALADEZ et il peut remercier CARALEGRE (3e) et Pajarito (6e).

Au 1er Octobre, il est 8e de l’escalafon avec 18 novilladas, 35 novillos tués, 32 oreilles, 2 queues car le lendemain à Mojados (Valladolid) il a coupé 2 oreilles (1+1).

 

                                                                                                Gilbert LAMARQUE

 

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Les photos sont de Fred Martinez.
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