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Sommeil paradoxal ?

Publié le par Cositas de toros

 

 

Rainer Maria Rilke, acrylique d'après photo de Frédéric Reverte (2018)

         

              Le grand poète Rainer Maria Rilke, né à Prague en Bohème le 4 décembre 1875, a écrit en 1907, un troublant poème intitulé Corrida, alors qu’à cette époque, il n’avait jamais vu un tel spectacle. Il ne franchira les Pyrénées que quelques années plus tard.

Ce poème décrit la lutte et l’union du torero avec le toro où l’on voit celui-ci comme fasciné par l’homme. Il a dédié ces vers à Francisco Montes "Paquiro" né à Chiclana plus de cent ans auparavant, en janvier 1805 qui meurt dans la misère le 4 avril 1851. Rilke a composé ce poème, résultante d’un rêve éveillé après, certainement, les lectures des souvenirs de certains écrivains. Le poète n’était peut être pas partisan de la corrida, il est même dit qu’il n’aurait jamais assisté à ce spectacle. Par contre, lors d’un voyage à travers l’Espagne, Rainer Maria Rilke s’est arrêté à Ronda à la mi-décembre 1912 et y resta beaucoup plus longtemps que prévu. Il ne repartit que le 19 février 1913. Il passa donc tout un hiver dans le sud de l’Andalousie. Très prolifique, de nombreux poèmes y ont été écrits.

 

Corrida

     In memoriam. Montes 1830

 

Depuis qu’il s’est, presque petit, hors du toril,

précipité, l’œil et l’oreille effarouchés,

considérant les fantaisies du picador

et les crochets des banderilles comme un jeu,

 

sa forme a pris, tempétueuse, de l’ampleur

- regarde : devenue une masse amassée,

énorme, résultant de vieille haine noire,

et la tête, compacte, est un poing qui se serre,

 

qui ne veut plus jouer contre n’importe qui,

non : redressant les dards qui saignent sur sa nuque,

derrière le baisser de ses cornes, sachant

de toute éternité devoir charger celui-ci

 

qui dans son habit d’or, de rose mauve soie,

tout à coup se retourne et, comme il le ferait

d’abeilles en essaim, comme s’il eût pitié,

laisse aller sous son bras l’animal éperdu

 

qui y passe, - pendant que ses regards, brûlants,

s’élèvent derechef, légèrement obliques,

comme si au-dehors se déposait ce cercle

que leur éclat compose et leur obscurité

avec chacun des battements de ses paupières,

 

avant qu’imperturbable et sans rien d’une haine,

à lui-même appuyé, placide, nonchalant,

parmi la houle forte et venant de nouveau

s’enrouler au-dessus de la vaine poussée,

il plonge son épée, avec presque douceur.

 

     Lettres à un jeune poète d’où est issu ces vers est un recueil publié pour la première fois en 1929, un peu moins de trois ans après sa mort, recueil riche de lumineuses leçons de vie.

Il meurt après une vie de voyages et de nombreux séjours parisiens, en Suisse à Montreux, où il soignait une leucémie, le 29 décembre 1926.

 

Francisco Montes "Paquiro"

     Rilke a probablement lu Théophile Gautier qui trouvait Paquiro « souple » et qui écrivait « seuls ses yeux semblaient vivre dans son masque impassible ». Gautier, dès 1840, eut l’occasion d’assister à des corridas à Madrid puis Malaga. Et il se souviendra surtout des prestations de Francisco Montes "Paquiro". Ses premiers textes taurins parurent en 1843 et en 1845, ils prirent leur titre définitif : Voyage en Espagne (après Tra los montes).

     Prosper Mérimée, lui, dit : « Tous les toros lui sont bons. Il les fascine, il les transforme et il les tue quand et comme il veut ». Il découvrait la tauromachie à Madrid en 1830 et écrivit Les courses de toros. Grand amoureux de l’Espagne, l’auteur de Carmen explique dans ses lettres écrites entre 1830 et 1840, divers aspects de la vie espagnole ; outre les corridas, nous trouvons : les femmes, la peinture, les métiers, les sorcières,…

 

     Rilke écrivait : « Au fond, le seul courage qui nous est demandé est de faire face à l’étrange, au merveilleux, à l’inexplicable que nous rencontrons ».

     Pour le poète, la tauromachie qu’il "rêva", lui, né sur les bords de la Vltava, portait quelques caractères relevant de l’étrange, de l’inexplicable. Était-ce vraiment un "rêve éveillé", le fameux sommeil paradoxal ?

                                                                    Gilbert Lamarque

 

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NOËL 2021

Publié le par Cositas de toros

 

Béjar, mardi 23 novembre 2021

          Dans la province de Salamanque, Béjar possède l'une des arènes les plus anciennes d'Espagne, les premières pierres datant de plus de trois siècles (1711-1714), plaza remodelée dans la seconde partie du XIXe siècle. Perchée à 1 000 m d'altitude, cette ville de plus de 13 000 habitants s'est reconvertie dans le tourisme comme en témoigne la station de ski "La Covatilla", la moins chère du pays. Une corrida y est donnée chaque 8 septembre.

Nous trouvons, également, de très vieilles arènes à Campofrío (Huelva) datée de 1718, et la plaza de toros de la Ermita de Belén à Puebla de Sancho Pérez dans la province de Badajoz "pourrait" remonter au XIVe siècle.

                           Et,

                            ... fossoyeurs, vegans, anti... 

                                                        G L

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Garlin

Publié le par Cositas de toros

 

 

 

COMMUNIQUE :

 

La Peña Taurine Garlinoise a le plaisir de vous communiquer la date de la 20ème Novillada de Printemps de GARLIN.

 

Elle se déroulera le DIMANCHE 3 AVRIL 2022, dans les arènes de la Porte du Béarn.

 

Dans la continuité des succès précédents, les toros-novillos retenus, porteront le fer de la ganaderia de PEDRAZA DE YELTEStant pour la Novillada formelle de 16h30, que pour la Fiesta campera « qualificative » de 11h, et qui désignera le troisième novillero de l'après-midi, après vote du public.

 

Et de souhaiter à tous les aficionados, les meilleures fêtes de fin d'année possible !



 

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Des pelles et des grues

Publié le par Cositas de toros

  Lorca


     Le conseil d’administration de la mairie de Lorca avait approuvé au début de l’année 2020, l’attribution des travaux de réhabilitation des arènes de Sutullena, fermées depuis les tremblements de terre du 11 mai 2011 et qui auraient dû ouvrir leurs portes en tant que nouvel espace polyvalent lors du premier semestre 2021. 
Il avait été rappelé en février 2020 que le budget de l’appel d’offres s’élevait à 1,8 million d’euros et que le délai d’exécution des travaux prévus serait de 12 mois. L’année 2022 pointe son nez et toujours aucune nouvelle de la fin des travaux.

Avant


     Le projet prévoit une capacité d’accueil de 4 500 spectateurs, environ 800 en loge. Il disposera également d’une zone commerciale ainsi qu’un musée de la tauromachie et du siège du club taurin de Lorca. Ces installations polyvalentes et les différents nouveaux espaces feront donc tomber la capacité qui était de 8 000 places. La mairie, à travers le plan pour la récupération du patrimoine historique avait dû acquérir pendant la dernière législature, cette arène de ses propriétaires précédents.

Après ?


     Les travaux avaient été bloqués par la suite, fin janvier 2011 suite à la modification du projet après avoir constaté de la nécessité à consolider davantage les structures à cause de son très mauvais état.
Et il faut savoir que l’affaire a pris des couleurs politiques. Le PSOE ayant  repris les affaires municipales au Parti Popular, la gestion administrative a multiplié les complications, les investissements ont été bloqués. Le PP de Lorca avait parfaitement préparé le financement versé par le gouvernement régional géré par le Parti Popular. Mais, l’arrivée du PSOE aux affaires de la ville a signifié les retards des travaux, et ce, pendant plusieurs mois.
     Les Lorquinos pourront-ils fêter les 130 ans de leurs arènes l’année prochaine ?

  Barbastro

8 septembre 2018. © G. Lamarque


     Les arènes de Barbastro ont commencé dans le courant de novembre, leur cure de rajeunissement, soit la reconstruction totale de ses tendidos de sol. Cette zone était en ruines et interdite au public. Les travaux comprennent la démolition de ce secteur afin de rendre la plaza dans son intégralité aux habitants afin d’y célébrer sans réserve des évènements culturels et, bien sûr, sa traditionnelle corrida, le 8 septembre.
Les tendidos construits en grès en 1892 vont disparaître ainsi que cette partie de callejón et la porte des cuadrillas qui ont vu leurs premiers spectacles le 5 et Le 6 septembre 1892.


     Le coso n’a connu aucune activité taurine en 2019 et 2020 en raison de la pandémie. Sachez qu’à l’intérieur de l’édifice se trouve le seul musée de la tauromachie qui existe dans la province de Huesca depuis septembre 2008 à l’initiative de l’Association des amis des arènes.
     Souhaitons que la plaza retrouve les toros en septembre 2022. 

  Ciudad Real


     Il n’y aura pas de toros non plus à Ciudad Real (Communauté autonome de Castille-La Manche) en 2022 car la réhabilitation des arènes ne sera pas achevée avant l’été. Les travaux commenceraient en février et devraient durer un an. Cela fera une troisième temporada sans toros et en raison de l’abandon de ces dernières années, la détérioration s’est aggravée, augmentant par conséquent le budget initial.
Comme l’a souligné le maire, la plaza sera disponible pour célébrer d’autres évènements au-delà de la seule tauromachie.
     Construite en 1843, elle a été inaugurée la même année et remaniée en 1873. Elle peut contenir 7 700 spectateurs. Lors de l’inauguration, Antonio Carmona "Gordillo" et José de Lara "Chicorro" combattirent des toros du duc de Veragua. La Feria se déroule en août, à l’occasion des fêtes de la Virgen del Prado.

     Que ces trois arènes, les tendidos bien garnis et colorés, retentissent à nouveau des ¡Ole!


     Me revient en mémoire, cette anecdote au sujet d’une colonie de manchots pygmées – 30 cm pour 1 kilo –, une des dernières d’Australie, qui chaque année retourne nicher dans le port de Sydney. Elle y revient alors même que le lieu, de plus en plus habité, lui est de plus en plus hostile ; de nombreux œufs sont perdus du fait, notamment, de la présence de chiens domestiques. Elle revient par "fidélité au site", et s’éteint pour la même cause.
     Il en serait de même de l’inclination de l’aficionado fidèle à ses arènes,  revenant malgré tout sur les ruines, pétrifié, pour s’y éteindre à son tour. 
¡Feliz Navidad!
                                                        Gilbert Lamarque

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TOROS

Publié le par Cositas de toros

 

 

 

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