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L’ARROSEUR ARROSÉ, suite et fin (espérons).

Publié le par Cositas de toros

L’ARROSEUR ARROSÉ, suite et fin (espérons).

Horrosco referens*

     Le Libron ( encore de l’eau), ce ruisseau impétueux est à l’image de Toros y Campo, inconséquent, sortant de son lit avec fracas.

Il est annoncé une feria 100 % Saltillo :

« un encaste qui… et terrorise les hommes en piste. » Qui terrorise ! Ouverture aux cauchemars, à l’épouvante !

« Des Toros durs, malicieux... » Malicieux ! Curieux qualificatif : mauvais, méchant ou farceur, voire taquin ?

« … présentera avec beaucoup de fierté... » Fierté ! Orgueil, vanité… satisfaction sonnerait avec plus de modestie.

« … le retour très attendu des novillos de Miguel Zaballos, un des derniers ganaderos romantiques du Campo Charro... » Romantiques !  100 % Saltillo – 100 % romantique, doux week-end dans la portative !

 

Les novilladas éprouvent beaucoup de difficulté pour garnir les tendidos. Faut-il de tels cartels pour attirer le chaland ?

Francisco Montero a fait 9 paseos sur le tard lors de la dernière temporada ; Alberto Pozo, 5 ; Abel Robles, 3.

Quant à Carlos Enrique Carmona, né à Madrid en 1998, il ne signe aucune novillada en 2019, plus absorbé aujourd’hui par sa vie amoureuse. Il est le nouveau petit ami de Chabelita, la fille d’Isabel Pantoja, la chanteuse et actrice sévillane.

(Veuillez me pardonner pour cette échappée people même pas digne de « Voici », mais que dire d’autre ?).

José Ibañez, apodéré depuis peu par le Biterrois Cayetano Ortiz, a débuté avec picadors le 13 mai 2018 à Los Barrios. Depuis, aucune information, si ce n’est qu’il parcourt le Pérou où il aurait triomphé !...

17 paseos pour 5 novilleros, moyenne : 3,4 par novillero ! Aucun dans les 20 premiers de l’escalafón.

D’un côté, les forces vives, brutales et « malicieuses », de l’autre, outre le courage de Montero, le désert novilleril ! De la chair tendre, inexpérimentée.

 

Affligeant et consternant.

La connerie, ça s’étudie ? Bien sûr !

Mais la combattre, c’est être vaincu d’avance.

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » écrivait Descartes.

Et la connerie, non ?

Se déguiserait-elle sous des formes narcissiques signalant l’excès de confiance en soi du crétin, laissant tomber la prudence et la rigueur. On n’écoute que celui qui hurle.

Je n’irai pas hurler avec les loups !

 

* "Je frémis en le racontant" (Enéide II, 204) Virgile.

 

                                                                                                    

Gilbert Lamarque

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L’ARROSEUR ARROSÉ

Publié le par Cositas de toros

L’ARROSEUR ARROSÉ

 

« … aucun français, actuellement en novillada piquée, n’a manifesté auprès de l’organisation, son envie de toréer cette feria 2020 ! »

 

     De quoi se plaignent-ils ? Ils ne récoltent que la mauvaise herbe qu’ils ont semée !

Maxime Solera sera torero le 13 avril, alternative à Arles. Lui seul aurait pu répondre à l’invitation.

Qui d’autre ?

El Rafi triomphe en arènes de 1ère catégorie, 9 paseos et 7 oreilles coupées, l’année passée. Il prendra l'alternative le vendredi des Vendanges nîmoises.

Carlos Olsina, le voisin de Béziers, présent en Arles, Béziers et Las Ventas en 2019, ne souhaite probablement pas le mauvais coup comme à Pedrajas de San Esteban.

Yon Lamothe, trop tendre et peu volontaire, ne mettra pas ses zapatillas en Enfer, ni Adam Samira, auteur d’une seule tarde à Tarascon, tout comme Solalito, tout frais novillero à Nîmes le 14 septembre dernier.

 

Campos y Ruedo se donne bonne conscience dans le genre : « Voyez, on leur offre une opportunité, ils n’en veulent pas... » Mais, ce n’est pas le genre à vous parler du soupir des fleurs quand on les coupe !

Boujan ne fait pas dans la dentelle : souvent des présentations diverses aux armures plus que douteuses ( l’annonce au micro de l’état des armures est récurrente), au trapío impressionnant, inapproprié dans un tel ruedo.

Souvenons-nous des pupilles de Dolores Aguirre  - des erales ! - semant la terreur sur le sable avec la carrure d’un orque et la férocité des piranhas ; les novillos de Los Maños aux cornes abîmées (imaginons la cogida) ; le lot inédit d’Antonio Silva qui a, semble-t’il fait réfléchir Manuel Ponce déclarant forfait, remplacé fissa par le mort de faim Francisco Montero !

Une présentation abusive (je me répète) dans de telles arènes portatives. Sortir des sentiers battus, c’est bien et courageux, faire du hors piste, c’est aléatoire, très incertain. Les novilleros présents sont, pour la plupart, trop inexpérimentés, le courage dans ces circonstances, ne suffisant pas.

Je polémique, dirons certains. Certes, mais je trouve un peu excessive l’aversion de certains contre tout ce qui s’appelle polémique ou paraît l’être. On semble oublier combien de questions importantes n’ont pu être éclaircies que grâce aux contradicteurs, et que les hommes ne seraient d’accord sur quoique ce fût, s’ils ne s’étaient querellés sur rien.

Alors que le cercle, au Moyen Âge, symbolise le divin, ce qui vient du ciel, le carré, lui, avec ses quatre côtés, fait référence à la terre. Ainsi, on trouve les quatre éléments (air, feu, terre, eau), les quatre saisons, les quatre évangiles (Marc, Luc, Jean, Mathieu), les quatre fleuves de la Bible (Gihon, Pishon, Tigre, Euphrate), et aujourd’hui, les quatre qualificatifs propres à l’enfer de Boujan (démesuré, inconscient, improductif, brutal).

L’important est que la « fête » continue, qu’un certain public s’amuse, ce public plus brutal et plus sauvage que l’animal ( je pense en écrivant ceci à certains comportements du public cérétan).

«  Dans la tauromachie, ce qui est vraiment dur, c’est le toro. Et beaucoup plus encore, le public. » notait Joselito (Miguel Arroyo) décrivant sa jeunesse et ses années d’apprentissage.

Nous ne demandons pas aux gentils organisateurs d’être des philanthropes mais de faire preuve d’une pincée de bienveillance, d’empathie qui serait tout à leur honneur ; un peu de panache aux services des apprentis toreros plutôt que de privilégier le retentissement médiatique. C’est de l’égoïsme pur, plus bête que méchant, qui ne provoque que désistement, tant du côté novilleril que du côté d’une partie du public. Et se priver de cette partie d’aficionados par les temps qui courent, c’est se planter une banderille dans le pied.

Il en est de Boujan comme de Céret, quant à Parentis, le chemin semble à l’identique.

« La beauté sauvera le monde », écrivait Dostoïevski. Ne la cherchez pas à Boujan.

Pour ces « pleutres » novilleros français, abundans cautela non nocet, l’excès de prudence ne peut nuire !

 

                                                                                    Gilbert Lamarque

 

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QUAND L’HISTOIRE BÉGAYE

Publié le par Cositas de toros

QUAND  L’HISTOIRE BÉGAYE

    La défense des corridas, article rédigé dans Toros-Revue, n° du 27 janvier 1900.

 

    Un projet de loi est déposé le 15 janvier 1900. Ici, projet tendant tout bonnement à supprimer les courses de taureaux dans l’Hexagone ; projet bien « descendu » par le revistero J. d’Estoc avec conviction et une belle pointe d’humour !

Rafraîchissant malgré la date éloignée, la dlc est consommée !

 

    Toros-Revue a paru du 18 avril 1897 jusqu’en 1905. Les bureaux se situaient 6, Place Puy-Paulin à Bordeaux. Hebdomadaire de 8 pages paraissant le jeudi, H. Tarride en était le directeur et Ferdinand Parent "Mosca", le rédacteur en chef. Selon l’excellent critique Marcel Grand "Don Severo", la revue jouissait d’un grand crédit.

 

Paul Bertrand

 

    Sous la Troisième République, Paul Bertrand (1847-1936) était député de la Marne de 1899 à 1910 ; période traitée ici, la IXe législature. Il rédigea un certain nombre de rapports sur des problèmes particuliers. Il prit la parole en séance publique dans des discussions concernant le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels (1899), les mauvais traitements exercés contre les animaux : course de taureaux, tir aux pigeons… (1900). Plus tard encore, il devint membre de diverses commissions notamment, bien sûr, les cruautés envers les animaux (1909).

 

Voici l’article signé J.d’Estoc :

   « En cet an de grâce 1900, qui clôture si glorieusement un siècle d’universelle liberté, le 15 janvier, a été déposé à la Chambre un projet de loi tendant à supprimer les courses de taureaux en France. Ce n’est pas la première fois que cette étrange proposition est formulée.

    Déjà en 1897, quelques ambitieux avides d’une popularité facile, avaient entonné un hymne pleurard sur leurs mirlitons d’un sou ; ils voyaient l’attention se détourner de leur faiblesse pour aller vers le courage et vers la force ; geignant et trépignant ils demandèrent qu’on chassât Hercule du territoire et qu’on instaurât sur le trône Rosa la Rosse* et le pari mutuel ! Pour le coup, les aficionados se fâchèrent, et bien qu’ils ne fussent alors qu’une poignée, le cri de colère par lequel ils répondirent aux pasquinades* de ces plaisantins falots suffit à mettre ceux-ci en déroute. Malheureusement les aficionados crurent la victoire définitive ; ils consentirent à l’inaction, et les baladins sont revenus enveloppés dans leurs oripeaux comiques qu’ils étalent comme un manteau de pudeur et de vertu.

    Conspués et méprisés par les gens d’esprit, ils se sont réfugiés au second plan, mettant à l’avant-garde de pauvres bonshommes dont ils ont surpris la bonne foi par leurs mensonges éhontés. Car tous les moyens leur sont bons, et leur vertu papelarde ne répugne ni aux mesures iniques ni aux inventions les plus extravagantes.

    Savez-vous ce qu’ils avaient fait croire à Monsieur le Conseiller Dumas, rapporteur de la Commission chargée en 1897 de préparer la révision de la loi de 1850 ? Écoutez ce qu’il dit en son rapport :

    "… Le but non avoué, mais véritable, que poursuivent les amateurs de ces spectacles, c’est de satisfaire leur passion pour le jeu !"

    Voyons, Monsieur, où avez-vous pris cela !

    Et parlez-vous sérieusement ? Vous devez-être un homme intelligent, car un sot ne saurait occuper le poste auquel vous êtes arrivé. Comment avez-vous bien pu, alors, admettre et répéter un propos aussi ridicule et aussi mensonger ? Quand on est chargé d’éclairer la religion d’un gouvernement sur un point quelconque et que l’on accepte cette mission, l’on ne saurait y apporter assez de prudence et d’esprit critique…

    Mais l’esprit critique ne paraît pas être l’apanage de nos adversaires. Voici le projet de loi que M. Bertrand a soumis à l’approbation des Chambres :

    ART. 1er. - Sera puni d’une amende de 5 fr. à 15 fr. et pourra l’être d’un emprisonnement de un à cinq jours, quiconque aura exercé publiquement et abusivement de mauvais traitements envers des animaux domestiques lui appartenant ou appartenant à autrui.

    En cas de récidive dans les conditions prévues par l’article 483 du code pénal, la peine d’emprisonnement sera toujours prononcée.

    ART. 2. - Les courses de taureaux avec mise à mort, et généralement tous combats, jeux ou spectacles dans lesquels des animaux domestiques sont destinés à être tués ou blessés, demeurent interdits sur la voie publique ou dans les locaux ouverts au public.

    Quiconque aura participé comme entrepreneur, organisateur ou auteur, à un des jeux ou spectacles de la nature ci-dessus spécifiée sera puni d’une amende de 100 fr. à 5.000 fr. et d’un emprisonnement de quinze jours à trois mois.

    ART. 3. - Le fait d’annoncer pour un jour déterminé par affiche ou tout autre moyen de publication, un de ces jeux ou spectacles comportera contre les auteurs ou complices de l’annonce, une peine de 50 fr. à 2.000 fr. d’amende.

    ART. 4. - L’article 463 du code pénal est applicable à toutes les infractions prévues par la présente loi.

    ART. 5. - La loi du 2 juillet 1850, relative aux mauvais traitements exercés envers les animaux domestiques est abrogée.

 

    Oh ! Là ! Là ! Quelle cuisine.

    Monsieur Bertrand met tout le monde dans le même poêle et il fait sauter ensemble amis et adversaires.

    Mais, malheureux, ne voyez-vous pas qu’en demandant par l’article 5, l’abrogation de la loi Grammont dont vous limitez l’action aux "combats, jeux ou spectacles où les animaux domestiques sont destinés à être tués ou blessés", vous allez vous aliéner la sympathie de vos amis de la S.P.D.A. que vous privez ainsi d’un de leurs passe-temps favori. Eh ! Quoi ! Ils ne pourront plus faire verbaliser contre un automédon* qui accompagnerait le traditionnel "hue ! Cocotte !" de deux ou trois coups de fouet bien sentis ; et le propriétaire légitime d’un toutou hargneux pourra administrer audit toutou autant de coups de pied qu’il voudra au vu et au su d’un de ces aimables philanthropes… pardon, zoophiles ! Sans que celui-ci ait le droit de protester ? Vous plaisantez, je présume, et vous n’infligerez point un pareil supplice aux membres de la S.P.D.A. On peut en mourir de ces choses là ; et Pasteur, - encore un barbare ! - n’est plus en ce monde pour découvrir le vaccin de cette rage spéciale.

    Vous n’avez certainement pas songé à tout cela, pas plus, je gage, que vous n’avez songé aux conséquences de l’article 2 de votre projet.

    Comment pourriez-vous en effet, concilier cet article avec la tolérance accordée par le gouvernement aux courses de chevaux où l’on voit ces malheureuses bêtes s’écraser à la banquette irlandaise* dans de hideux panaches, et les combats de coqs, et les concours d’oiseaux chanteurs auxquels on crève les yeux afin que leur attention ne soit point distraite, et les chasses de Rambouillet elles-mêmes, tueries décoratives où sur les domaines propres de l’État, des milliers de bêtes sont sacrifiées au plaisir d’un petit nombre.

    Quant à l’article 3, c’est tout simplement une monstruosité juridique. La loi française punit le délit, mais non l’intention ; or, l’annonce d’une course est un fait d’intention, non un délit. Demander qu’on punisse ce fait, c’est aller contre l’esprit même de la loi, c’est faire œuvre de sectaire et rien de plus. J’espère qu’il se trouvera à la Chambre, un député de nos régions, versé dans la connaissance du droit, qui protestera énergiquement contre ce projet bizarre. J’espère qu’il saura repousser victorieusement les attaques saugrenues de quelques adversaires ignorants ; qu’il enseignera à Bertrand que c’est une sottise d’intervertir les rôles tracés par le fabuliste, et qu’il aurait grand tort de se brûler les doigts pour retirer du feu les marrons dont Raton* veut faire son profit… pour varier. »

                                                                                  J. d’Estoc

 

    Et page 5  de cette même revue, ces quelques lignes :

      Grand meeting de protestation.

 

    « Le Comité de défense tauromachique, dans sa séance du lundi 22 janvier, a décidé d’organiser un grand meeting de protestation contre le projet de loi Bertrand. Ce meeting aura lieu dimanche 28 janvier, au cirque Plège, à trois heures de l’après-midi. Divers orateurs prendront la parole. Les membres des corps élus seront invités à y assister. »

 

 

    Comme vous le constatez, l’adresse du cirque n’est pas mentionnée. Mais le Comité a choisi fort judicieusement cet endroit. En effet, c’est à cette époque un endroit très couru.

    Ce cirque, dirigé par Antoine Plège, fut, de l’avis général, le cirque le plus populaire de France durant la deuxième partie du XIXe siècle.

    Antoine Plège fit ériger des constructions en bois, un peu partout sur le territoire. Il s’établit dès 1882 à Roubaix, Amiens, Besançon… Il fit construire à Bordeaux, aux Quinconces, endroit très prisé, en 1893, un cirque en bois de trente mètres de diamètre, avec des écuries pouvant abriter cinquante chevaux. (même type de construction que le cirque de Troyes-photo).

 

 

    À l’aube du XXe siècle, les aficionados réagissaient rapidement et vivement, invités par voie de presse exclusivement.

 

    Voilà que la suppression de ces courses, en vue de donner satisfaction à la sensiblerie affectée et au snobisme de certains cerveaux embrumés du Nord, blesserait profondément une grande partie de nos populations méridionales.

 

… Et l’Histoire toujours recommencée.

 

* Pour éclaircir quelques mots du vocabulaire de notre revistero qui nous démontre que outre l’humour, J. d’Estoc était aussi un fin lettré.

- Rosa la Rosse : clin d’œil à l’une des filles publiques de la nouvelle de Maupassant, La Maison Tellier (1881). Œuvre contemporaine au critique taurin de Toros-Revue.

- Pasquinade, synonyme de pamphlet.

- Automédon : conducteur du char d’Achille lors de la guerre de Troie. Le nom est passé dans le langage courant, c’est un conducteur d’attelage. Sachant que la loi Grammont avait été votée afin de lutter contre la maltraitance des cochers envers les chevaux.

- Banquette irlandaise : c’est un obstacle, un long talus figurant dans les courses de steeple-chase.

- Raton. Fable de La Fontaine, Le Singe et le Chat. Livre IX, fable 17. « Bertrand avec Raton, l’un Singe, et l’autre Chat… ». Le singe Bertrand use de persuasion pour duper le chat Raton ! Bien vu.

 

                                                                                 

Gilbert Lamarque

 

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ANNONCES MONTOISES

Publié le par Cositas de toros

Photo Mathieu Saubion, Vuelta a los toros

Photo Mathieu Saubion, Vuelta a los toros

    Centre d’Art contemporain, jeudi 19h30, après le traditionnel quart d’heure landais et toujours sous la houlette de notre incontournable P.A.B., Mr Charles Dayot ouvrait la réunion de présentation des vœux de la CTEM montoise. Il était, pour la circonstance, accompagné de son président, Christophe Andiné et des deux prestataires que sont J.B. Jalabert et Alain Lartigue.

 

Mr Dayot rappelle le quand, le comment et le pourquoi de la situation (resserrer les liens avec l’afición montoise) et nous précise que quelques annonces nous seront faites ce soir afin de partager la progression du travail de la dite commission.

 

Photo Mathieu Saubion, Vuelta a los toros

 

Christophe Andiné prend ensuite la parole et, après les remerciements habituels, il nous explique leur méthode de travail. Il nous apprend que, pour le bétail, ils recherchent le toro montois. Diantre, fichtre bleu, pour une nouvelle… Le toro montois existerait donc ? En développant un peu, nous nous apercevons qu’il s’agit d’un toro sérieux, harmonieux, de belles hechuras, avec du tamaño et bien dans le type de l’"encaste". En fait ce n’est ni plus ni moins que le toro idéal, quête de tout organisateur.

Vient ensuite le temps des annonces.

On nous rappelle les trois ganaderias annoncées lors de la rencontre du mois de décembre : Alcurrucén (encaste Carlos Nuñez), Celestino Cuadri (encaste propre) et Pedraza de Yeltes (encaste Domecq/Aldeanueva). Une bonne nouvelle, le maintien de la novillada piquée et sa nouvelle programmation au samedi matin 11h.

Les ganaderias pour les autres spectacles sont :

Corrida portugaise : ganaderia de Fano (encaste Murube).

Novillada piquée : Ganaderia de Philippe Cuillé (encaste Domecq/Miranda de Pericalvo).

Et pour terminer, les deux ganaderias restantes sont : Jandilla (encaste Domecq Diez) et Adolfo Martín (encaste Saltillo), affrontée en solo par Sébastien Castella.

 

Photo Mathieu Saubion, Vuelta a los toros

Pour ces deux dernières, il faut avouer que ce n’était pas un scoop, vu que le coin du voile avait été levé depuis pas mal de temps laissant circuler quelques informations.

 

Sur l’annonce de la soirée était écrit : «Annoncer d’autres surprises pour la feria !», elles arrivent…

 

Nous sommes très «surpris» que pour ses trente ans d’alternative, S.A.S Enrique Ponce nous fasse l'honneur de passer par le ruedo montois. Dieu du ciel, comment aurions nous pu faire sans lui !, autre nouvelle, il a accepté de se confronter aux Alcurucén… (Événement, roulement de tambour !).

L’encerrona de Sébastien Castella face aux Adolfo Martín pour ses vingt ans d’alternative était déjà connue.

La vraie surprise de la soirée fut l’annonce du cartel d’ouverture. Après Arles (tiens, tiens) Talavante fera sont retour dans les arènes. Avec Andrés Roca Rey, ils donneront l’alternative au jeune torero prometteur, le tolédan Tomás Rufo, devant les toros de Jandilla. Cartelazo !, qui fera dire à Christophe Andiné lors de cette annonce que : « Tout le monde de la tauromachie aura les yeux fixés sur Mont-de-Marsan » (!!!)

 

Si je résume, nous avons donc un cartelazo pour l’ouverture, un évènement et une encerrona. Cela ne vous fait penser à rien ? Mais bon sang, mais c’est bien sûr !

Vous avez dit amalgame ?

Photo Mathieu Saubion, Vuelta a los toros

 

Pour tout dire, cette programmation a tout de même un peu «de gueule», même si elle reste un peu «bling- bling» et racoleuse, effet d’annonce oblige.

Soudain, il revient à ma mémoire l’impression positive que nous avions l’an passé après la présentation des carteles montois…

 

Alors, patience.

 

Et comme le dit le bon sens paysan : « c’est à la fin du marché que l’on compte les sous »

 

Patrick Soux

 

 

 

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LA COURSE AU BUZZ

Publié le par Cositas de toros

LA COURSE AU BUZZ

    Faudra-t’il qu’un jour, les comités organisateurs de corridas ou novilladas intègrent dans leurs staffs des spécialistes de l’évènementiel tels que scénaristes, publicitaires, diplômés d’école de commerce, chœurs et autres sopranos ?

 

A l’annonce des premiers carteles de 2020, il semblerait que certains organisateurs, à l’instar des réseaux sociaux, fassent la course au « buzz »…

La tendance a été donnée dans une ville du quart Sud-Est de notre hexagone avec une corrida en tenue de soirée et quelques affiches racoleuses. Cette année, sa voisine organise sa feria en annonçant des «corridas évènement» :

     - Un seul contre six toros de ganaderias différentes (à cheval).

    - Un mamo a mano avec le retour d’une vedette face à un jeune du terroir, un valiente. Cette opposition de style peut être intéressante, reste à savoir quelles seront les ganaderias choisies, ou imposées…

    - Une alternative inédite face à des toros de Miura, pour un torero qui sera le premier de l'histoire à  la prendre avec ce fer en France. En Espagne, il faut remonter au 21 Avril 1957 et l'alternative de Fermín Murillo à Saragosse face à "Bonito" colorado ojo de perdiz pour trouver trace de ce défi.

    - Une dernière «corrida évènement» avec cartelazo de lujo, mise en scène, chœurs, soprano, et toros collaborateurs, bref, un spectacle musico-taurin.

Les montages de ces carteles autour de mano a mano ou de solo sensés rendre l’affiche «attractive» ont l’inconvénient de supprimer autant de postes à d’autres toreros qui ne demandent qu’à s’exprimer. Nous n’avons jamais eu autant de toreros français en exercice et, paradoxalement, force est de constater qu’ils sont bien trop souvent absents de ces ferias. Seraient-ils considérés comme insuffisamment taquileros pour ces empresas ?

Certains de ces organisateurs ont en charge de la feria montoise. Si la commission taurine et notamment les représentants des peñas montoises n’arrivent pas à se faire entendre, nous avons quelques motifs d’être raisonnablement inquiets.

Comme le jeune becceriste copie son torero vedette, l’exemple donné par ces grandes empresas, est suivi par les petites. Et l’on voit, dans notre quart Sud-Ouest, certaines arènes de troisième catégorie y aller de leurs cartelazo de lujo, voir même des corridas concours ! Dans le même temps, d’autres restent fidèles à leur éthique et sont à la limite de la rupture financière.

En est-on rendu au stade où il faut faire le « buzz » pour que l’aficionado, pardon, le spectateur vienne poser son séant sur les tendidos ? Je ne veux pas le croire. Il en résulte que, de plus en plus, nous sont proposées deux versions de la tauromachie, (corridas toristas ou toreristas), nous obligeant à effectuer le grand écart ce qui, vous l’avouerez, n’est plus tout à fait de nos âges ! D’un côté, des spectacles artistiques pour vedettes, et de l’autre, des novilladas «terrorifiques» pour des gamins en manque de métier.

La corrida, dans son esprit, est une et indivisible, un toro, un vrai, face à un torero. Le reste n’est qu’interprétation opportuniste.

Comme souvent, la vérité est au milieu.

 

En cette année 2020, 100ème anniversaire de la mort de "Gallito", je ne résiste pas à l’envie de soumettre à votre connaissance et à votre réflexion, l’introduction de l’éditorial de la revue Toros n° 2112 du 17 janvier 2020, sous la plume de Francis Fabre.

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« Le 16 mai 1920, il va donc y avoir cent ans, à Talavera de la Reina, le toro « Bailaor » de la veuve Ortega infligeait, à celui que beaucoup considèrent comme le plus grand torero de l’Histoire, une cornada mortelle. A vingt-cinq ans, José Miguel Isidro del Sagrado Corazón de Jesus Gomez Ortega, "Joselito el Gallo",  "Gallito", entrait dans la légende.

Neuf ans après son alternative, à vingt-cinq ans, il avait déjà toréé 680 corridas !

Et, contrairement à nos figuras actuelles, il se faisait un honneur de combattre les élevages les plus réputés car les plus craints : Miura, Pablo Romero, Veragua…

"Gallito" fut un torero complet, d’un grand répertoire à la cape, dominateur à la muleta grâce à une connaissance incomparable du toro et des terrains. Et c’est à lui que l’on doit cette liaison entre les passes qui allait faire changer le toreo d’ère. »

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L’honneur aurait-il disparu ?

Autres temps, autres mœurs.

 

 

Patrick Soux

 

 

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