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Espartinas Acte II

Publié le par Cositas de toros

 

          Plus de 300 personnes se sont rassemblées et ont crié « Liberté ». Un acte simple souligné par la tentative de la police locale d’Espartinas de retirer la banderole : « La tauromachie est la culture » comme dans les rues de Séville lors de la grande marche taurine tenue en juin dernier. Hier, on pouvait déjà constater un certain abandon des arènes avec des fenêtres cassées et des marques de vandalisme sur les murs.

 

Photo ABC. Juan José Ubeda

   

       La manifestation surveillée par un drone, était dirigée par Juan Antonio Ruiz "Espartaco" accompagné d’Andrés Roca Rey, Pablo Aguado, Pepe Moral, Victor Puerto, Javier et Borja Jiménez, Tomás Campuzano… ainsi que les leaders du Parti Populaire de Séville, avec Virginia Pérez, Beltrán Pérez et Rafael Belmonte, de nombreux membres des cuadrillas, des novilleros, l’empresa des arènes de Séville, Ramón Valencia, José María Garzón et des aficionados. Certains toreros ont justifié leurs absences à cause de la fermeture du périmètre de leurs communes.

 

Photo ABC. Juan José Ubeda

     

       Ramón Valencia plaisantant : «  La seule bonne chose de l’attitude de M. Colado, est d’avoir mobilisé les aficionados et la ville d’Espartinas. »

     Le Péruvien A. Roca Rey qui vit dans la ville voisine de Gerena, dénonçait : «  Parfois les politiciens sont confus et croient qu’ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent. Ils gouvernent pour un peuple et ne peuvent pas modifier les choses selon leurs souhaits. »

     Le porte-parole du Parti Populaire à la mairie de Séville, Beltrán Pérez, a reconnu : « La liberté de s’exprimer et la liberté de développer une activité culturelle comme la corrida. Il faut défendre le pain, le salaire, le travail et la vocation de dizaines de milliers de personnes qui vivent et travaillent pour le monde taurin. Des personnes sans emploi et que personne n’aide. »

 

À suivre 

                                                                  Gilbert Lamarque

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Tristes perspectives

Publié le par Cositas de toros

                  Les fêtes de Bayonne auront-elles lieu ? Imaginez un million de personnes dans les rues. A l’heure actuelle, ce ne serait pas d’une grande responsabilité.

 

Photo G. Lamarque

       Quant à l’autre rendez-vous festif d’envergure, les San Fermines (6-14 juillet) auront-elles lieu et comment ? Vous n’êtes pas sans ignorer le duel que se livre déjà, à ma gauche la Présidente de la Communauté forale de Navarre qui a d’ores et déjà pris les devants et annoncé leur annulation cette année encore, et à ma droite, le Maire de Pampelune, Enrique Maya, très "torero", qui a rétorqué aussitôt que la décision finale appartient à la municipalité. En lieu et place des grands rassemblements de centaines de milliers de personne jour et nuit durant une semaine, « pourraient être maintenues certaines manifestations telles que les courses de taureaux dans les arènes, parties de pelote, concerts... » Il n'y a que les naïfs pour y croire. Nous ne pouvons que redouter une nouvelle annulation des fêtes. Comment penser s'agglutiner  au comptoir, courir l'encierro, partager sa gourde... de clarete, bien sûr ! etc. Et combien d'aficionados aux arènes après le calcul de la distanciation physique ?

Difficile d’imaginer la San Fermín sans les encierros et les rues et places débordant de festayres de blanc et de rouge vêtus… 

 

     Et pendant ce temps là, à Nîmes, le maire Jean-Paul Fournier réaffirme sa volonté de maintenir la Feria de Pentecôte du 20 au 24 mai. En lien avec la préfecture du Gard, la ville travaille activement à la mise en place de l'ensemble de la manifestation et à l'adaptation de sa programmation, autant avec son délégataire SCP France (Simon Casas Productions) pour les spectacles taurins que les évènements et manifestations sur le domaine public avec son service de festivités. Pour preuve, l'affiche de la Feria 2021 est d'ores et déjà choisie. Mais chacun se prépare aussi à toute éventualité. Quel sera le taux de remplissage des arènes ? Cet évènement de grande notoriété est inscrit dans l'ADN nîmoise depuis 1952. Il est vrai que la feria apporte plus qu'une fête populaire et culturelle car elle booste l'économie locale comme chaque feria des villes intéressées. Simon Casas ne manque pas de souligner qu'en 2020, Nîmes est " la seule feria au monde produite dans son intégralité avec cinq spectacles majeurs."

     Que répliquer à cela ? Souhaitons que d'autres villes taurines en fassent de même sachant que chaque site est un cas particulier : volonté municipale, véto de la préfecture, etc.

      La santé mentale est aussi affectée par les confinements et autres couvre-feux. Cependant, il faudra bien maintenir la soupape de sécurité dans des conditions acceptables et permettre un retour du lien social car on ne peut pas tout interdire infiniment. Il faut aussi trouver un moyen terme entre la priorité des règles sanitaires et entendre les souhaits des populations.
Tristes perspectives malgré tout.

 

Clin d’œil 


Samedi 6 février 2021, le lauréat du concours de création du logo pour les arènes de Parentis-en-Born, Quentin Selaquet, était invité par Mme la Maire à une visite du chantier de restructuration de la placita.

Voici le logo officiel :

Cositas aurait pu concourir, non ?

Alors ?


300 euros attribués au gagnant mais nous ne sommes pas corrompus.

 

Polémique

      La maire d'Espartinas, 16 000 habitants à l'Est de Séville, la socialiste Cristina Los Arcos a évité de prendre position sur la polémique soulevée par les déclarations de son deuxième adjoint, José María Calado, qui avait déclaré que tant que son mandat durerait, aucun genre d'activités taurines ne serait autorisé dans la ville et les arènes inaugurées en 2005 par Espartaco, Francisco Rivera Ordoñez et Morante de la Puebla.

Comme prévu, la maire a reçu les toreros Agustín de Espartinas et Juan Leal, qui avaient demandé cette entrevue. La municipalité a préféré ne pas commenter la question notant que "ce sont des questions personnelles du conseiller" (!). Et les toreros ont demandé à la maire si, une fois la plaza réhabilitée, les activités taurines, les entraînements pourraient avoir lieu ; elle n'a pas voulu clarifier sa position en faisant valoir qu'il s'agit d'une question distincte (?!).

Le conseiller reste sur sa position et l'hermétisme de la maire suscitent toujours une grande polémique. D'où la colère d'Espartaco référence taurine de l'Aljarafe - division (comarca) territoriale proche de Séville - et les frères Javier et Borja Jiménez souhaitent porter plainte pour discrimination.

La Fondation Toro de Lidia a réagi et averti que "cela aura une conséquence juridique, la gravité de cette discrimination doit être appréciée." Elle sollicite également la concession de la plaza afin d'organiser des spectacles taurins. Quelle sera la réponse de la municipalité et de son deuxième adjoint ?

Le conseiller de la Real Plaza de Toros de la Mairie d'El Puerto de Santa María, Alvaro González, offre à Espartinas et à toute la région sévillane de l'Aljarafe, la possibilité d'utiliser l'arène pour l'entraînement ou toute activité tauromachique.

Une manifestation est prévue devant la porte des arènes d'Espartinas ce lundi 15 février à 18h.

 

                                                                    Gilbert Lamarque

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"Tras los montes"

Publié le par Cositas de toros

      La pandémie a aggravé les faiblesses de la tauromachie, telles que la désunion, l’individualisme, le mépris de l’aficionado, l’absence de planification et d’autocritique. La temporada 2021 apparaît complexe mais décisive. C’est une inconnue qu’il faut résoudre avec une certaine révision et un objectif prioritaire : les arènes importantes devraient ouvrir leurs portes et proposer des ferias.

 

     Six aficionados et non des moindres ont été consultés et ont donné leurs impressions sur le blog d’El País. Deux femmes, Araceli Guillaume Alonso, professeur émérite d’histoire de l’Espagne et Anabel Álvarez, présidente des arènes de Grenade, et quatre hommes : Juan Antonio Carrillo, professeur de droit et avocat, Jorge Fajardo, président de l’Union des Fédérations Taurines des Aficionados d’Espagne (UFTAE), Fran Pérez, co-directeur du magazine taurin El Muletazo, et Gonzalo Santonja, professeur à l’Université Complutense de Madrid.

    Ils ont chacun répondu à deux questions. (Toutes les réflexions suivantes sont teintées d'énormes inquiétudes et de réalisme, mais aussi d'espoir - peu). 

 

El País, 17 janvier 2021, par Antonio Lorca

Quelle leçon la pandémie a-t’elle offerte au monde de la tauromachie ?

 

A. Guillaume Alonso

     « La tauromachie a survécu à de nombreuses crises de l’histoire grâce à sa capacité à s’adapter à la société, à évoluer avec elle », explique A. Guillaume Alonso, la Bilbaína. Elle rajoute que dans le secteur taurin « il y a un manque d’unité et une volonté de changer les structures trop conservatrices, souvent archaïques et que les tentatives de le faire se heurtent à une réaction peu favorable – non solidaire – sans que l’aficionado puisse faire grand-chose d’une manière ou d’une autre. »

   

Jorge Fajardo

      Jorge Fajardo estime que « la pandémie a révélé un manque de cohésion et de planification pour proposer un projet solide, et a livré un sentiment de faiblesse devant un gouvernement dont il n’est sorti que de longs échanges. »

     « L’unité du milieu taurin est essentielle pour faire face aux difficultés qui sont apparues et celles qui vont surgir », souligne Anabel Álvarez, rajoutant « les aficionados – le public – se sont mis à la hauteur des circonstances, car malgré les difficultés économiques et les restrictions sanitaires, ils se sont rendus aux arènes où se sont déroulées des spectacles » et « le travail inestimable que la Fundación del Toro de Lidia a accompli pour que l’année ne soit pas une année blanche offrant un écart encore plus grand entre la société et la tauromachie. »

     Fran Pérez considère que « le secteur vivait dans une bulle et ne pensait pas à l’avenir malgré le fait que différents groupements d’aficionados lui montraient que la Fiesta regardait au-dessus du peuple. La critique constructive ne va pas avec la tauromachie, mais la pandémie est arrivée et nous a remis les pieds sur terre ; il est vrai que la Fiesta peut s’achever. » « Maintenant c’est le coronavirus » conclut-il, « il y a une seconde chance, mais que se passera-t’il si une loi d’interdiction de la Fiesta survient ? »

 

Gonzalo Santonja

       Gonzalo Santonja, écrivain et critique littéraire, dépasse le monde des toros et affirme que le virus nous a appris que « nous sommes très fragiles, que toute réalité humaine manque de cohérence face aux démons déchaînés par la pandémie. » « En ce moment » poursuit-il, « comme l’a écrit Pedro Salinas (poète taurin), " nous avons la vie en suspens, et il ne peut y avoir qu’une réponse mondiale pour mettre fin au développementalisme incontrôlé qui nous a conduit ici" . »

     Le Sévillan Juan Antonio Carrillo, juriste renommé et aficionado engagé, fait la réflexion suivante : « Je crois que la pandémie a accéléré et aggravé les faiblesses de la corrida. Il est symptomatique que la majorité des travailleurs et des entreprises de l’industrie culturelle aient été soutenus par des mesures compensatoires pendant la pandémie, et qu’il ait été refusé de le faire en ce qui concerne le monde taurin. C’est un déni implicite quand il n’exprime pas le caractère culturel de la corrida. On pourrait dire que la position de la Cour constitutionnelle dans la défense de la tauromachie en tant que manifestation culturelle n’a pas imprégné l’exécutif. Ce qui, pour la Droite aujourd’hui, est la culture, ne l’est pas pour la majorité au Parlement. »

 

Quelles sont les perspectives pour la temporada 2021 ?

 

     J.A. Carrillo souligne que « la seule façon que j’envisage pour maintenir la tauromachie en Espagne est de prendre conscience de l’intérieur que nous sommes une minorité culturelle très remise en question, et de défendre notre droit contre l’abolition à partir de là, c’est la position du droit des minorités. Sur le plan juridique, c’est un point de départ beaucoup plus solide que la revendication d’élargir la déclaration des biens culturels immatériels à partir des lois nationales ou de l’UNESCO, qui ne reconnaîtra pas la tauromachie en tant que telle. »

     Araceli Gullaume Alonso : « L’avenir est une grande inconnue, mais j’aimerais imaginer que l’expérience traumatisante de cette année peut servir à moderniser les esprits et les usages. Vous n’avez pas à regarder en arrière, et nous devons rester plus fermes que jamais dans notre afición, sans complexes ni victimisation. »

     Jorge Fajardo, pour sa part, soulève ce qu’il appelle « un renouveau sérieux qui mise sur le soutien de la tauromachie de base et renouvelle l’escalafón ; encourager les novilladas, rechercher l’intégrité du toro et, bien sûr, compter sur l’opinion des aficionados. Des temps difficiles arrivent, mais la continuité de cette grande fête est entre les mains des instances taurines. »

     « Je suis optimiste, même si ce sera une saison complexe, et je pense aussi qu’elle sera décisive pour la tauromachie » déclare la présidente des arènes de Grenade, Anabel Álvarez qui se montre une fervente partisane de l’organisation de spectacles taurins. « Et que tous les protagonistes s’engagent à un objectif au-dessus de leurs propres intérêts. »

     « Soit les questions urgentes sont résolues, soit il n’y aura pas d’avenir » déclare Gonzalo Santonja. Selon lui, « les plazas ne peuvent rester fermées et encore moins celles de référence, les administrations publiques doivent renoncer à des spécifications inabordables, certains impresarios parlent plus qu’ils n’agissent, les toreros du haut de l’escalafón doivent être mesurés, et il est essentiel que les cuadrillas adaptent leurs revendications vers une réalité décroissante. »

      Fran Pérez convient qu’il est essentiel de réactiver la Fiesta, que les grandes arènes offrent à nouveau des toros et proposent des nouveautés. « Si 2020 nous a appris quelque chose, c’est qu’il y a des toreros appelés à renouveler les rangs "vintage" actuels – il y a les cas de Juan Ortega ou Gómez del Pilar, par exemple – et, en plus, il est nécessaire pour ressusciter la Fiesta dans les villes, d’organiser des spectacles selon le niveau de leurs arènes. » Il préconise aussi que les prix des places soient raisonnables et que la Fiesta revienne "modérément" à la télévision. Mais il conclut : « Malheureusement, j’ai peu confiance dans le milieu taurin, et d’après ce que nous apprenons, il semble qu’il y aura peu de changement. Il y a l’exemple de la Plaza de Grenade : ils ont accordé l’exploitation à une puissante famille d’éleveurs et d’hommes d’affaires qui, il y a quelques années, ont été condamnés à une amende pour avoir "afeité" les toros présentés dans cette même arène. »

 

   

      C’est bien, lucide et avisé. La balle est sur le terrain des responsables taurins. Comme on dit chez les écolos : « Passer du rôle de lanceurs d’alerte à celui de lanceurs d’avenir. » Le soleil ne semble guère vouloir se lever, rien de nouveau "tras los montes" (et chez nous ?).  On a plutôt l’impression désagréable que le statu quo va perdurer.

 

    Et pour en rajouter, l’ancien torero, banderillero, Luis Miguel Calvo, président de l’Association syndicale des professionnels de la tauromachie (ASPROT… et la douleur s’en va… pas sûr...) créée en 2011, rassemblant picadors, banderilleros, mozos de espadas et ayudas (environ 160 membres) a publié une déclaration adressée à la Fondation Toro de Lidia, montrant son désaccord pour ne pas être « convoquée aux commissions de suivi hebdomadaires convenues dans le contrat » signé le 21 septembre 2020 dans le cadre de l’accord cadre et du comité de crise.

… Déjà que cette corporation est dure à manœuvrer, un véritable monolithe.

Bienvenue dans l’univers confus, brumeux, hermétique du mundillo !

     Et que fait l’ANOET, l’Asociación Nacional de Organizadores de Espectáculos Taurinos créée il y a plus de 40 ans ?

J’ai tendance à voir dans cette association, une association plutôt internationale puisque trois arènes françaises y adhèrent : Nîmes, Arles et Béziers, et Simon Casas en est le président.

En insistant dans l’inaction, le temps précieux s’écoule. Que font les empresas, les organisateurs professionnels ?

¡Nada! Mais qu’ils réfléchissent, travaillent, fassent pression, inventent, se risquent, se plantent… mais qu’ils bougent ! Et collectivement et non pas en franc-tireur.

Donner un coup de pied dans la fourmilière et réduire ces foutus budgets sans programmer des spectacles médiocres. C’est cela que nous souhaitons quand le rideau s’ouvrira à nouveau, en… ou en…

Avaler l’instant, le boire et le respirer, s’en nourrir, l’engloutir jusqu’au fond de l’estomac jusqu’à la nausée.

 

                                                             Gilbert Lamarque

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Et vive la liberté !

Publié le par Cositas de toros

Lu dans Le Progrès (Lyon), le 09/02/21.

 

           Sandrine Runel se défend : « La corrida est une passion familiale ».

 

Photo Progrès/Norbert Grisay

            Interrogée sur le plateau de BFM Lyon sur la corrida, Sandrine Runel, adjointe aux Affaires sociales au Conseil municipal de la ville de Lyon, n’a pas caché son attrait, hérité de sa famille, pour cette forme de spectacle fortement controversée. Cette annonce n’a pas échappé à la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas qui a réagi.

 

     Le 4 février dernier, sur le plateau de BFM Lyon, Sandrine Runel était donc interrogée sur sa passion pour la corrida et son engagement politique auprès des écologistes. « Ce n’est pas un problème. C’est une passion familiale et on parle très peu des sujets personnels. J’ai eu l’occasion d’échanger avec certains camarades animalistes et il n’y a pas de tabou là-dessus », a répondu l’adjointe socialiste.

 

     Cette annonce n’ayant pas échappé à la FLAC, celle-ci a aussitôt réagi, affirmant que « la Fédération interpellera la Fédération socialiste du Rhône » sur ce sujet, lors des futures élections régionales où Najat Vallaud-Belkacem, qui bénéficie du soutien de l’adjointe, sera probablement la tête de liste de la gauche à la région.

 

     Ce n’est pas la première fois que Sandrine Runel s’illustre sur son désaccord avec les écologistes concernant la cause animale. Déjà au moment des campagnes municipales, quand elle était tête de liste pour la Gauche unie face à Grégory Doucet (nouveau maire EELV de Lyon), elle défendait la présence des animaux dans le zoo du Parc de la Tête-d’Or, « où le bien être des animaux est respecté » et mettait en avant la gratuité pour les familles de cet équipement public.

 

 

     Sandrine Runel droit dans ses escarpins, montrant courage et faisant fi du chantage à venir.

Souhaitons que cette élue traverse la tempête prochaine sans prendre l’eau. Ne se sentira-t’elle pas isolée ?

La liberté de jouir de ses passions, la liberté de vivre en paix tout simplement.

Le doigt du rédempteur toujours pointé vers les minorités dérangeantes s’abstenant de racheter nos fautes. Quelles fautes ?

La FLAC, une flaque boueuse… Que le diable l’assèche !

Et je vous dispense des 24 "commentaires" qui suivent, tous autant abjects les uns que les autres.

La lâcheté reine, la bassesse sa cousine.

 

                                                            Gilbert Lamarque

 

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MALTRAITANCE ANIMALE

Publié le par Cositas de toros

Pour info. HuffPost du 26/01/2021

 

           Maltraitance animale: la corrida, un tabou politique

 

Une très large partie de l'opinion est favorable à l'interdiction de la corrida. Mais la classe politique peine encore à se saisir du sujet.

Par Lucie Oriol

Un matador touchant un taureau lors des férias de Dax, le 15 août 2019. Photo Iroz Gaizka / AFP

   

       BIEN-ÊTRE ANIMAL - “J’ai été choqué. Je ne m’explique pas cette absence dans le texte”, confie d’emblée au HuffPost le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Pauget. Comme l’ensemble de ses collègues de l’Assemblée nationale, il étudiera jusqu’à vendredi dans l’hémicycle une proposition de loi sur la maltraitance animale portée par les députés LREM Loïc Dombreval et Laëtitia Romeiro Dias. Sauf “qu’à aucun moment le texte n’aborde ou ne fait mention de la corrida”. 

Il y est bien question de stériliser les chats errants, de durcir les sanctions contre la maltraitance, d’interdire progressivement les animaux sauvages dans les cirques itinérants... Mais, la corrida -comme la chasse à courre ou l’élevage intensif- est une grande absente alors que les enquêtes d’opinions montrent qu’une large majorité de Français est toujours plus favorable à son interdiction.

Selon un baromètre réalisé par l’Ifop pour la Fondation 30 millions d’amis et dont les résultats ont été dévoilés ce mardi 26 janvier, 75% des Français souhaitent son interdiction.

Une progression de 25 points par rapport à 2007, et une proportion plus grande que le nombre de Français souhaitant l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques. 

Eric Pauget a bien tenté de remettre le sujet sur la table par le biais d’amendements, mais tous ont été jugés irrecevables. Celui qui demandait d’interdire les spectacles de corrida aux moins de 16 ans, comme celui qui visait à supprimer l’exception dont bénéficie la corrida dans le Code pénal. Actuellement, l’article 521-1 réprime les actes de cruauté contre les animaux, sauf pour “les courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée”. Aujourd’hui, un peu moins d’une cinquantaine de communes sont adhérentes de l’Union des villes taurines françaises, une association qui veille à l’application du règlement taurin municipal, destiné à assurer la défense et la sauvegarde des courses de taureaux avec mise à mort. 

Cela veut dire que le gouvernement et la majorité ne veulent même pas aborder le sujet, alors que pourtant on parle d’une pratique où il est question de torturer un animal dans une arène. Je ne comprends même pas le calcul politique puisque les enquêtes d’opinions montrent une véritable prise de conscience de la population”, déplore le député tout en rappelant que la Catalogne a interdit la corrida depuis 2010.

La corrida n’est ni de gauche ni de droite

     La corrida est-elle un sujet inflammable sur le plan politique? Selon L’Opinion, elle l’est en tout cas dans la majorité. Le quotidien se fait ainsi l’écho de larges dissensus au sein de LREM. Ainsi si Loïc Dombreval et Aurore Bergé, en charge du texte pour la majorité, se sont plusieurs fois dans le passé montrés favorables à l’interdiction de la corrida aux moins de 16 ans, ce n’est pas du tout le cas d’autres poids lourds de la majorité et notamment du ministre de la Justice. Éric Dupont-Moretti est un fervent défenseur de la corrida. En 2019, il avait signé une tribune avec de nombreuses personnalités, dont Pierre Arditi, Charles Berling, ou encore Jean Reno, intitulée: “La corrida est un art, et nul ne doit en être exclu”.

Si ces dissensions touchent aussi évidemment les autres formations politiques, au sein de la majorité elles ne se limitent pas à la corrida et ont ainsi également empêché d’inscrire l’interdiction de la chasse à courre dans le texte, a expliqué Aurore Bergé sur franceinfo. “Il faut un consensus pour inscrire un texte à l’ordre du jour”, a-t-elle notamment rappelé. 

Son collège Loïc Dombreval, abonde lui aussi dans L’Opinion sur la nécessité de pouvoir in fine voter le texte: “Malheureusement, le sujet de l’animal est tout de suite passionnel et manque de raison. Si on ajoute la chasse, la corrida et l’élevage en débats, on ne se comprend pas, on se hurle dessus et à la fin il n’y a rien qui bouge. C’est un texte limité et cintré. Mais une bonne loi est une loi votée”. 

Crispation économique et culturelle

     Les crispations autour de la corrida ne sont évidemment pas nouvelles, et si le sujet continue de diviser c’est parce qu’il se trouve au carrefour de plusieurs enjeux: culturels, sociaux et économiques. “Les enjeux de l’élevage et de la chasse sont portés par des groupes de pression importants qu’Emmanuel Macron tente de ménager. Avec la corrida, il y a une dimension régionale importante. Or depuis le début de son mandat, le président éprouve des difficultés avec les territoires. En touchant à ce sujet, il y a la crainte de réactiver la querelle d’une autorité parisienne et bureaucratique qui s’en prendrait à une spécificité culturelle régionale. Il y a dans l’ADN de LREM une prégnance de l’écologie mais qui se retrouve confrontée au pouvoir et donc à la nécessité de ménager des électorats”, détaille ainsi pour Le HuffPost, Daniel Boy, directeur de recherche émérite à Science-Po. 

En parallèle, estime également le spécialiste, la classe politique peine à prendre en compte les évolutions qui traversent la société. En matière de bien être animal, celles-ci ont été portées par le Parti animaliste, véritable surprise des élections européennes de 2019 avec 2,2% des voix. Mais pas que. “Les partisans de la corrida font souvent valoir son côté artistique et noble, son importance dans l’identification régionale. Mais ils mettent aussi en avant des valeurs de virilités ou de risque. Or ces dernières sont des valeurs qui sont de plus en plus contestées en France”, détaille ainsi Daniel Boy.

Des arguments culturels qui expliquent en partie la frilosité politique à suivre l’opinion publique, mais qui ne doivent pas écarter complètement les enjeux économiques qui entourent la corrida. Dans certaines villes du sud-ouest, l’arène constitue après tout la place centrale. “Pour moi, le facteur économique dépasse même les justifications sociales et culturelles. Par exemple, le cirque peut perdurer sans animaux sauvages, mais la corrida sans mise à mort, c’est une simple course. Interdire la corrida, ça implique de mettre un terme à tout un circuit d’élevage et de tourisme, qui touche aussi aux communes et aux collectivités. Dès qu’on parle d’interdire la corrida, on parle de suppression d’emplois”, abonde ainsi Régis Bismuth, professeur à l’École de droit de Sciences Po, et auteur en 2015 de “Sensibilité animale”, contacté par le HuffPost. Dans ses amendements, Éric Pauget prévoyait à cet égard une période de sept ans pour aider à la reconversion une filière déjà en déclin depuis quelques années. A Nîmes par exemple, la fréquentation des arènes est passée de 130.000 en 2017 à 80.000 personnes en 2019, détaillait Le Monde

L’estocade

     Si l’estocade ne vient pas du législateur, de nombreux observateurs estiment toutefois qu’elle pourrait venir de la corrida elle-même. Une vision partagée notamment par le philosophe Francis Wolff, auteur de “Philosophie de la Corrida” en 2007 et qui confiait en février dernier à Arles-Infos: “Elle survit actuellement dans des sociétés qui peuvent de moins en moins la comprendre, et l’assimilent de plus en plus à une pratique barbare et archaïque (...) Si un jour il n’y a plus de public, ou de jeunes gens prêts à risquer leur vie, ou de taureau de combat, la corrida disparaîtra progressivement, de mort naturelle. Ce qu’il faut éviter, c’est un assassinat qui vienne de l’extérieur, par des gens qui ne la comprennent pas”.

Pour Régis Bismuth, c’est finalement le pouvoir juridique qui pourrait donner le dernier coup d’épée. “Il y a en ce moment beaucoup de procès de la part d’associations de défense des animaux qui attaquent en interrogeant justement l’interprétation de l’exception dans le Code pénal. Un juge fera peut-être sauter ce verrou à un moment, et là il sera plus facile pour le législateur de l’interdire sans trop de risque”, détaille-t-il. Alors qu’elle avait été déboutée à l’automne dans une action similaire, la SPA avait argué: ”à force d’en parler, on va bien finir par avoir l’oreille du législateur”. Ce ne sera pas pour cette fois.

 

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