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Quand la musique ne suffit pas.

Publié le par Cositas de toros

    Aire-sur-l’Adour. 17 octobre, 16h.
     Novillada concours

 

Reportage photos : Frédéric Martinez.

            Sous un soleil caressant, l'après-midi se substitua en un concours de musique, plus exactement en un desafio de bandas avec Les Arsouillos (organisateur de la tarde), Les Biberons d’Hagetmau, Les Escapateros de Mugron et Les Armagnacs d’Eauze.

 


     En effet, desierto le prix au meilleur tiers de piques, desierto le prix au meilleur novillo, ceux présents n’en sont pas les seuls fautifs, les jeunes (et moins jeune) piétons, excepté Manuel Diosleguarde, ont été en-dessous de l’évènement. La faute, également, au choix des organisateurs : Carlos Olsina sans sitio, encore vert et Francisco Montero à la technique limitée, mais les deux ne manquant pas d’envie, n’étaient pas hommes à assurer une novillada concours.
     L’ensemble des novillos est bien présenté, ils furent discrets sous le peto, peu et souvent mal piqués, mal mis en suerte et certains dénonçant quelques faiblesses.

 

     "Calladito" de José Escolar (11/2017), (Santa Coloma / Albaserrada) est fort mal piqué et ne pousse pas. À la muleta, Carlos Olsina multiplie les erreurs et reçoit un pinchazo dans les bijoux de famille, départ pour l’infirmerie, F. Montero expédie (mal) l’Escolar.

 

     "Artaban" peut être fier, c’est un joli Hubert Yonnet (01/2018), (Pinto Barreiros). Mal mis en suerte par Francisco Montero, le bicho va vers la cavalerie à cinq reprises pour trois réelles rencontres. Il en suivra une faena en dessous de la qualité de l’animal avec quelques séries bien conduites mais ne pesant pas suffisamment. Montero, plus posé que lors de ses précédentes sorties, verra tout de même, sa muleta souvent tutoyée. Il tue d’une entière caída. Pétition d’oreille accordée, la majorité silencieuse ne peut que constater. Arrastre applaudi.

 

     "Chincharon" de Flor de Jara (11/2017) ( Santa Coloma / Buendia), à la corne droite douteuse, est joliment reçu dans la cape de Manuel Diosleguarde. À la suerte de varas, administrée par Alberto Sandoval, le novillo s’avère tardo, chargeant bien mais se collant au caparaçon. Le manso montre de meilleures dispositions sous la muleta du fin Manuel mais "Chincharon", querencioso, amènera la faena a menos. Le novillero a su garder les distances et abrégea par une demie en s’engageant mais la suite est laborieuse, avis. Salut au tiers.

     Avant l’arrastre du novillo, l’arène, debout, se recueillit lors du pasodoble "Iván Fandiño", à la mémoire du torero d’Orduña.

 

     Carlos Olsina toujours pas revenu de l’infirmerie, c’est Montero qui torée son second bicho, "Ibareño" de Turquay (05/2018) (Santa Coloma / Buendia), qui ne prendra qu’une "vraie" pique, la suivante pour la forme. "Ibareño" est faible. Salut de Daniel Sánchez pour deux bonnes paires de banderilles. Montero n’a rien pigé de ce novillo et torée "à l’envers", étouffant le Turquay, muleta peu sûre ; un Santa Coloma tout simplement dilapidé. Silence après deux coups de fer.

 

     "Trembleño" titulaire du fer de l’Astarac (04/2018) (Pedrajas), est un novillo sérieux par sa présentation. Faible mais handicapé après une glissade au centre du ruedo, il est ménagé sous la cavalerie.

     Noble, il veut mais ne peut pas, chargeant court sous la flanelle de Diosleguarde, regardant les planches avec insistance. Une belle épée engagée, en place, libère un pavillon.

 

     Carlos Olsina est réapparu en jeans pour se mesurer à "Año" d’Agustinez (01.2018) (Villagodio issu du croisement Veragua / Santa Coloma), le plus léger des six, peu piqué pour trois rencontres. Il se montre à son avantage à la muleta où le Biterrois, après quelques séries de la droite, se fait "manger" à gauche.

     Retour à dextre, Carlos use du pico et se révèle tendre devant un adversaire exigeant. Desplante mal venu, échec aux aciers, avis et un salut au tiers qui ne s’imposait pas. 

     Un tiers d’arène, les aficionados forcément déçus. 

……….

           

     Puisqu’il n’y eut aucun prix cette après-midi, voici ceux octroyés par l’Association des Critiques Taurins de France, section Sud-Ouest, les revisteros s’étant réunis en matinée à quelques pas des arènes Maurice-Lauche.
- Prix Tio Pepe au meilleur lot de toros : La Quinta (Dax, 14 août).
- Prix Monosabio au meilleur lot de novillos : Raso de Portillo (Vic, 10 juillet).
- Prix du meilleur lot d’erales : La Espera (Dax, 14 août – Bayonne, 5 septembre).
- Prix au meilleur torero : Daniel Luque.
- Prix au meilleur novillero : Yon Lamothe.
- Prix au meilleur novillero sans chevaux : Tristan Barosso.
                                               

                                                                     Gilbert Lamarque

 

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La réponse de la bergère au berger...

Publié le par Cositas de toros

                    ... MAIS LES ASSAUTS N'EN SONT PAS POUR LE MOINS CIRCONSCRITS.

               Le gouvernement madrilène dirigé par Isabel Díaz Ayuso alloue trois millions d’euros au secteur des toros bravos contre le « sectarisme » et l’« ignorance » de Pedro Sánchez.

     Par cette action, la Communauté de Madrid veut couvrir les pertes dues au manque de certaines festivités taurines. Elle a approuvé le mercredi 13 octobre, une nouvelle ligne d’aides directes aux éleveurs de bravos pour tenter de « compenser cette perte de revenus » et de « payer une partie des frais qu’ils assument pour garder leurs bêtes dans les meilleures conditions ».
     « C’est l’un des secteurs les plus touchés par le Covid-19 et le gouvernement d’Isabel Díaz Ayuso est conscient de cette situation face au sectarisme et à la négligence du gouvernement de Pedro Sánchez », a justifié le porte-parole de l’exécutif régional, Enrique Ossorio, autre point de friction entre Puerta del Sol et Moncloa.
     Ce plan d’aide est approuvé après que le gouvernement central a fait marche arrière la semaine dernière pour exclure les toros du bonus culturel de 400 euros pour les jeunes. Il s’ajoute également à un précédent lancé l’an dernier, avec le même budget, qui couvrait 68 % du cheptel des bravos de la région.
     Ce nouvel investissement de trois millions d’euros sera divisé en deux lignes d’action. Une pour les troupeaux qui n’ont pas reçu d’aide dans l’appel 2020 et une autre ouverte à nouveau à toutes les ganaderias existantes dans la Communauté de Madrid. Concrètement, ils recevront 500 euros pour chaque vache mère âgée de plus de 18 mois, cette fois non pas sur 35 % mais sur 100 % du recensement des génitrices, jusqu’à un maximum de 100 000 euros par ganaderia.
     La Communauté de Madrid a déclaré la Fête de la Tauromachie, bien d’intérêt culturel. Elle compte actuellement 70 fincas, ce qui en fait celle avec « la plus forte densité de bétail de bravos par kilomètre carré », selon le gouvernement régional.

……….

     

     Instagram a retiré de sa plateforme cette photo publiée par la présidente de la Communauté, Isabel Díaz Ayuso, dans laquelle elle apparaît avec le journaliste taurin David Casas Ramos à Las Ventas, le jour d’El Día de la Hispanidad. Quelques heures après et face au tollé médiatique, la photo est réapparue sur le compte Intagram de la présidente.
     Apparemment, la plateforme a retiré cette photo pour « violation des règles sur la violence ou les organisations dangereuses ». !! Violence subliminale ??
     Rappelons que les raisons d’une suppression sont, si il y a « une violence graphique extrême », des publications qui « incitent à l’usage de la violence ou des attaques contre des personnes pour des raisons de religion, d’ethnicité ou de sexe », ou « des menaces spécifiques de dommages physiques ».
     La photo n’avait été éliminée que du profil de la présidente et non du compte du journaliste. Allez comprendre… 
                                                   

                                                           Gilbert Lamarque

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INTERDIRE...

Publié le par Cositas de toros

 

     … OU LE PSOE, ENTREPRISE DE DÉMOLITION

 

Les quatre amendements anti-tauromachie que le PSOE débattra lors de son 40e Congrès fédéral.

 

            Le PSOE organise son 40e Congrès fédéral, le 16 et 17 octobre à Valence. L’assemblée est prévue pour actualiser le projet politique du parti. Et au sein de ce débat, il y aura un temps pour discuter de l’avenir de la tauromachie. Avec, bien sûr, des approches très agressives et procédurières.

     Cependant, la présentation du plan préparé par la direction fédérale ne faisait aucune référence à cette question. Mais dans le processus de débat interne qui a été ouvert au PSOE ces dernières semaines, dans lequel les groupes ont présenté des amendements au texte initial, quatre amendements ont été présentés contre la tauromachie.

     En premier lieu, ils devront être débattus dans les commissions du Congrès. Et le plus probable est que la direction et les fédérations territoriales plus enracinées de cette activité finissent par renverser la question. Le premier des amendements vient de la fédération de Madrid, qui précise que « des actions seront proposées pour éteindre la tauromachie, ainsi que pour démanteler et reconvertir l’ensemble des activités économiques qui l’entourent ». Douce utopie ! Des Asturies vient un autre amendement très énergique : « Notre parti considère que la tauromachie n’est pas une culture et que les corridas et les spectacles de rue avec des taureaux ne doivent pas être encouragés ».

     De la Jeunesse socialiste a été proposé un amendement visant à limiter le public potentiel pouvant assister à un spectacle de tauromachie : «  La participation de mineurs de moins de 16 ans à des spectacles basés sur la maltraitance des animaux, comme la tauromachie, sera interdite ». Depuis les îles Baléares, un amendement plus réfléchi est mis en avant mais dans le même contexte. (Notons que les Asturies et les îles Baléares ne sont guère renommées pour leur afición). Et cela nous fait plonger dans le leitmotiv des prétendues subventions que reçoit le secteur : « Les sociétés avancent et changent. Dans la réalité dans laquelle nous vivons actuellement, nous ne pouvons tolérer la maltraitance d’un être vivant pour des raisons de loisirs. Pour cette raison, nous proposons de retirer toute aide ou subvention de quelque nature que ce soit au monde de la tauromachie et des concerts, en plus de l’interdiction de ces deux pratiques ».

     La question n’est pas une priorité pour la direction actuelle du PSOE, mais il est confirmé qu’il existe un puissant secteur anti-taurin dans les rangs socialistes qui, pour la première fois, élèvera ce débat au plus haut niveau.

     Il semble que la seule chose que sachent faire les socialistes, c’est interdire. Ministère de la Culture = Ministère de la Censure. C'est insupportable, ceci correspondant aux critères de notre époque, les prémices de la décadence servie par le calcul et la lâcheté.

Victorino à la sortie de la réunion au Ministère de la Culture. © De San Bernado

 

Paroles de Morante

     « Dans ce gouvernement d’illettrés, ils sont aussi acheteurs de voix. La gauche dans ce pays a toujours acheté des artistes sur une base de subvention. Donne-moi du pain et dis-moi des bêtises. Je préfère avoir faim que d’être un imbécile », explique Morante de la Puebla quant ABC lui demande son avis sur l’exclusion des taureaux de la prime culturelle de 400 euros que l’équipe de belliqueux de Pedro Sánchez accordera aux jeunes qui ont 18 ans : curieusement l’âge de l’urne et du scrutin… Avec ces 400 euros, ils pourront toujours acheter des dvd sur la tauromachie ou des livres taurins. Mais entre nous, ces 400 euros, pour les jeunes, la priorité ne sera certainement pas un billet de corrida.

                                                            Gilbert Lamarque

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SEMAINE TAURINE ET CULTURELLE, LA BELLE TARDE

Publié le par Cositas de toros

 

Reportage photographique : Frédéric Martinez

Dimanche 10 octobre, 11h.

 

            Retour sur le plateau de Morlanne des successeurs des Coquilla de Francisco Sánchez Hernández "Paco Coquilla" avec quatre novillos des Herederos de Alfonso Sánchez Fabrès.

Rappelons-nous, l’ultime corrida de ce fer a eu lieu, ici, le 8 mai 2013. Thomas Dufau coupa les deux oreilles d’"Espagnol", le dernier toro combattu. Les héritiers ont gardé l’usage du fer pour leur seul bétail des origines de la ganaderia, du pur Coquilla (Santa Coloma). Juan Sánchez Fabrès Mirat en est le garant dans sa finca de Pedro Llen à Las Veguillas (Salamanque).

Lors de la XXXVe semaine en novembre 2019, nous avions vu, en matinée quatre novillos de Juan Sánchez Fabrès, de belle présentation, sous un ciel menaçant pour une fiesta campera à laquelle étaient conviés Andrès Palacios, Antonio Nazaré, Thomas Dufau et Miguel Ángel Pacheco.

Durant les tardes précédentes, le fer de Coquilla nous avait habitué à des prestations d’un niveau supérieur. Ce matin, le lot peu armé dans le type de l’encaste, pauvre de tête, noble, présentant peu de difficultés, manquait de force et de cette chispa qui rendent une après-midi intéressante. Devant ces bichos, J.F. Molina montra plus de métier, Álvaro Burdiel tel un débutant, brouillon, déçut.

 

 

     Le premier novillo, d’une grande noblesse frôlant la sosería, s’avère très faible. Il reçoit une unique pique dans l’épaule. Il "humilie" dans la muleta de José Fernando Molina qui lâche trois belles séries de derechazos stimulant l’orphéon.

     Les premiers muletazos sur la corne gauche ne sont guère convaincants mais Molina se reprend pour servir de bonnes séries liées et "templées". La faena, interminable, se conclue par une bousculade, le noble Coquilla terminant distrait. Un recibir raté, une demie al encuentro et x coups de verdugo, deux avis et silence.

     Son second bicho, "Escudero", est mieux armé, con trapío, il subit lui aussi une pique dans l’épaule et de plus, "carioquée". Début par derechazos à mi-hauteur, la charge est courte, les séries se décantent passe après passe sans liaison. C’est long, ennuyeux et le trasteo se termine avec un novillero tremendiste abandonnant ses gestes élégants.

La mort est tout aussi longue, un avis sonne et l’oreille tombe.

 

     Álvaro Burdiel attaque bien de cape "Condenado", cornicorto qui recevra deux piques dosées de l’excellent Alberto Sandoval. Aux banderilles, Mathieu Guillon "El Monteño" et Manolito de los Reyes saluent. "Brindis" au maigre public, environ 400 personnes. Le novillo est faible mais baisse la tête dans la muleta du sevillano. Les séries droitières se succèdent, plus électriques à senestre.

     Burdiel est superficiel, conduisant le bicho par des muletazos secs, cassant la fin de la charge sans jamais se croiser. La noblesse de "Condenado" méritait plus d’égards. Trois quart d’épée plate, pinchazo, une demie et descabello : un avis, silence. Le quatrième complétant la matinée est léger mais aussi le plus vif du quatuor. Il "remate", reçoit trois puyazos avec une certaine bravoure, s’élançant d’abord de son propre chef depuis les planches, mais cabeceando à trois reprises. Certainement le meilleur Coquilla, mal exploité par Burdiel, désordonné, jamais dans le sitio. La faena se termine, hélas, avec un novillo qui se désintéresse du sujet, lorgnant les planches, le novillero perdant la muleta dans un ultime assaut. Álvaro envoie ad patres le bicho d’une entière caídita. Salut au tiers.

 

     Cette novillada matinale a été organisée par le Collectif Pedro Llen, aidé par la Peña Jeune Aficion. Le brouillard s’était dissipé.

     Au pupitre, la banda Al Violin de Samadet qui eut peu l’opportunité de faire sonner les cuivres, elle sera comblée l’après-midi.

 

 

Dimanche 10 octobre, 17h.

 

                       "LOTERILLO" ET "TIBALIANO"

 

 

Deux ganaderos heureux et complices

 

            Tarde festive au Cap de Gascogne : les Bats sont venus, ils ont combattu et ils ont vaincu sur leurs terres. Les aficionados sont comblés, les ganaderos également mais aussi apaisés et réconfortés.

Lors de la conférence du mercredi précédent consacrée aux deux ganaderos, Philippe Bats (Alma Serena) et Guillaume Bats (Casanueva), le nombreux public put prendre conscience des difficultés éprouvées et de l’avenir incertain de ces deux élevages, peu ménagés aussi par la pandémie. Au soir de cette belle journée, Philippe Bats nous disait combien il était important de vivre un tel moment, ne serait-ce que pour passer plus sereinement les longs mois d’hiver où vous vous sentez si seuls. Comment ne pas avoir une pensée pour Pierre, le frère absent ?

Aujourd’hui, les deux éleveurs ont franchi un cap, ici, au Cap de Gascogne, le passage délicat en novillada piquée.

 

 

   Ajoutons à cette fête, les deux novilleros qui permirent de la porter plus haut avec une mention spéciale à Yon Lamothe qui, aidé par le sorteo, sera le triomphateur de la tarde, et cerise sur le gâteau, verra ses deux opposants "Loterillo" de Casanueva et "Tibaliano" d’Alma Serena, sortis respectivement 1er et 3e, honorés de la vuelta posthume. Manuel Perera sortira lui aussi a hombros, les deux ganaderos accompagnant les jeunes toreros.

Les quatre novillos, bien présentés, sans vices, ont permis de bons trasteos, les 1 et 3 supérieurs, bien sûr.

Clairvoyante présidence de Vincent Bourg "Zocato" ; un super pointilleux aurait gâché les réjouissances.

 

 

     Le premier, applaudi à la sortie, "Loterillo" (Casanueva) n° 48, melocotón, reçu par véroniques, est superbe avec une tête frisée que vous avez envie de caresser, bref…

 

 

     Il reçoit une première pique sans conviction mais s’affirme sous la seconde, mettant les reins, provoquant un batacazo. Mathieu Guillon salue aux palos. Yon Lamothe débute par derechazos, "Loterillo" est noble et auteur d’une belle charge. A gusto, le Landais délivrera un lot de naturelles de bonne facture, les deux protagonistes amenant la faena a mas.

     Yon termine toréant plus rapproché. L’estocade entière et en place couche le bicho qui en demandait encore. Yon Lamothe eut le bon goût de livrer un travail assez court, la tendance actuelle étant aux longueurs. Oreille et mouchoir bleu.

 

     Le Tarusate a le bonheur d’être opposé à "Tibaliano" n°56, burraco, listón d’Alma Serena qui prend deux piques, la seconde ovationnée pour une belle charge contenue par Alberto Sandoval.

     Le Madrilène Rafael González (ex torero) posent deux bonnes paires de banderilles. "Brindis" au public, un chouia plus nombreux, environ 700 personnes. "Tibaliano" déclinera sa classe, "humiliant" tout au long du combat.

     La faena est bien menée, les séries se multiplient et pèsent sur le bicho. Trop confiant, réduisant les distances, il subira une voltereta. Le tout se terminant en étouffant un peu la bête, le bon passant au moyen et l’ensemble longuet. L’épée est magnifique, deux oreilles et vuelta pour "Tibaliano".

     Manuel Perera a, pour premier adversaire, le premier d’Alma Serena, castaño, petit et coiffé court. Il prend deux piques en se défendant, suivies d’un quite par saltilleras de Yon Lamothe. Le tercio de banderilles est écourté (deux paires). "Brindis" à l’heureux public. Débutant bien par derechazos, Perera moins à l’aise, change de cap et nous sert le pire comme le meilleur. La faena est interminable, s’achevant en "padilladas", tremendisme. Une entière bien que trasera libère une oreille.

     Le quatrième "Aguafuerte" (Casanueva) est un costaud qui prend deux piques insuffisantes, la seconde étant plutôt une rencontre furtive. Juan Antonio Pinto, sobresaliente est invité au quite. Manuel Perera débutera un genou à terre, mauvais choix, mauvais goût. Il délivre des séries des deux mains plus autoritaires que bénéfiques. Le bicho est brave et exigeant mais il a besoin d’air. A mon avis, il est "gaspillé", Perera finissant, bousculé, une faena allant a menos. Entière légèrement desprendida, avis, oreille contestable. On se serait passés des dernières séries chiffonnées et inutiles.

 

     Yon Lamothe truste les prix, celui de la meilleure cuadrilla (Prix Villa Mirasol) et le prix au triomphateur (Peña Jeune Aficion).

 

 

     La date du 10 octobre fut un bon choix, douce journée qui permit aux aficionados de se restaurer sous les voûtes du Cloître des Jacobins, dans le style roman languedocien composé de pierres et de briques. Le repas, lui, dans le style gascon chalossais.

                                                         Gilbert Lamarque

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La feria de la Crau

Publié le par Cositas de toros

                        Des toros, comme d’habitude.
 
     Samedi 2 octobre, la corrida de competencia réunissait six toros d’élevage français différents.
Le 1 de Tardieu frères, origine Nuñez par Pereda, negro cinqueño, sortira manso con casta et difficile pour le torero.
Le 2 d’Alain Tardieu, origine Nuñez également, démontra une bravoure limitée mais une caste certaine. Une bonne noblesse permit au torero d’instrumenter une faena des deux côtés, même si un fond de faiblesse a un peu gâché la fin.
Le 3, des frères Gallon, origine Domecq par Sampredro, castaño oscuro, a accusé le coup après deux piques mal posées, épaule et dos, mais s’est refait la cerise à la muleta et s’est révélé "encasté" et noble. Ce sera le meilleur de l’encierro.
Le 4 de Pagès Mailhan, negro bragado issu de divers croisements, a désarçonné le piquero avant de mettre la tête dans la muleta mais sans transmission générant une faena un peu ennuyeuse. Il laissera une oreille.
Jalabert sortit le 5, negro meano d’origine de divers Domecq, qui avait peu de caste, peu de bravoure mais une grande noblesse qui a frôlé la sosería. La faena est restée fade.
Le 6, de Turquay, était le seul représentant de l’encaste Santa Coloma. Cardeno comme la plupart de ses congénères, il a décliné toutes les formes de genio et a terminé parfaitement intoréable.

 


     Noé Gómez del Pilar, tout auréolé de son triomphe vicois, n’était pas dans un grand jour, c’est le moins qu’on puisse dire. Il est resté fuera de cacho lors de ses deux faenas, avec peu de pouvoir et peu de recours. Il ne dominera pas le Tardieu qu’il tuera d’une entière caída au second envoi, salut. Le Pagès Mailhan l’a désarmé et bousculé. Final encimista et un tantinet vulgaire. Épée entière d’effet rapide. Avis et une oreille que peu de gens demandaient…
     Andy Younès a un point fort : l’art de se regarder. Il restera fuera de cacho devant l’Alain Tardieu. Entière caída al encuentro au troisième essai. Avis et silence. Bis repetita au 5. Désarmé, muleta touchée. Entière au second envoi et salut. A défaut de se recentrer sur le toreo, le garçon doit penser à sa reconversion.

 


     Jesús Enrique Colombo, originaire du Venezuela, est la bonne surprise de la tarde. Le Gallon lui permit d’instrumenter une faena homogène des deux côtés, complète et dominatrice. Entière au centre foudroyante et oreille. Le Turquay ne permettait pas grand-chose. Quelques passes tirées une à une jusqu’à l’immobilité du toro. Entière au troisième envoi. Quatre descabellos et silence.
     Bétail bien présenté. 12 piques la plupart du temps mal administrées. Beau temps. Demi-arène. Présidence d’Albert Lescot.
 
     Dimanche 3 octobre, 11h, Corrida des fers de Hubert Yonnet et des héritiers de Christophe Yonnet, de même origine Pinto Barreiros, menés conjointement à la Bélugue, Salin de Giraud par Francine et Charlotte Yonnet. Le lot est sorti d’une grande valeur, excellemment présenté. Tous les toros dans le type. Tous nobles, le 4 soso, mansos les 1 et 6 (fer de Christophe), "encastés" et de bonne charge. Vuelta posthume au 6 pour l’ensemble.  Il serait temps que les grandes arènes aillent prospecter du côté de la Bélugue tant ce lot a pu contenter les deux rives de l’afición, torista et torerista. Le vent fort a gêné les toreros.
     Octavio Chacón n’a pas montré grand-chose. Limité techniquement devant le 1 qui a infligé un batacazo au piquero, il n’en a pas trouvé les clés. Le toro a fini non dominé. Épée entière trasera al encuentro et vuelta de son propre chef. Le 4 soso permettait beaucoup mais Octavio est  resté fuera de cacho avant de s’effondrer à la mort. Épée entière au 8e envoi avec variations de pinchazos et metisacas en tout genre. 2 avis et silence. Au 6, second toro de Pacheco blessé, très piqué et très noble, minimum syndical sans intérêt. Demi-épée et 3 descabellos. Silence.

 


     Alberto Lamelas est un torero sincère et volontaire. Le 2 n’était pas un bonbon et fut très mal piqué. Alberto a eu du mal, surtout en fin de passe  et le vent s’est mis de la partie. Passes tirées une à une, des deux côtés, bousculade, désarmé, la faena n’a pas été de tout repos. Entière delantera, avis et oreille généreuse. Le 5 ira trois fois au cheval. Alberto a corrigé le tir et a instrumenté de bonnes séries dominatrices, surtout droitières. Entière caída. Oreille méritée…
     Miguel Ángel Pacheco avait plutôt bien commencé mais un coup de vent malheureux l’a découvert et il subit une voltereta avec une trajectoire de 15 cm dans le mollet à la clé.  Miguel a terminé la faena tant bien que mal avec un toro peu dominé. Entière tombée al encuentro. Mort longue et toro relevé par le puntillero. Silence et infirmerie.

 


     Corrida entretenue et intéressante de bout en bout, même si le vent a gâché la fête. La politique taurine de la Unica de promotion des élevages locaux est très valorisante. Qu’elle en soit remerciée. Présidence Albert Lescot. 1/3 d’arène.
 
                                                          Dominique Madera 

 

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