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ADIEU L’AMI (suite), BONJOUR L’OPPORTUNISTE

Publié le par Cositas de toros

     Lundi 20 juillet dans Cositas, l’article Adieu l’ami, j’ai repris au mot près, la fin de l’interview sur France 2 du Premier ministre Jean Castex par Laurent Delahousse.

Voici ci-dessous, la publication de l’ONCT suite à cet entretien. Vous pourrez voir que les mots ne sont pas exacts et que l’esprit en est quelque peu déformé, insidieux. Il manque la dernière phrase essentielle.

 

Paru sur le web.

 

 

 

André Viard - président de l’Observatoire National des Cultures Taurines (ONCT) - se félicite que le Premier ministre veuille mettre en place une loi garantissant le droit à la différenciation des territoires et protégeant la tauromachie

(dans la revue Aplausos - samedi 18 juillet 2020)

Le nouveau Premier ministre français, Jean Castex, a salué la tauromachie en France dans une interview accordée à France TV. Interrogé sur la fête des taureaux, il répondit : "Je suis né à Vic-Fezensac où les taureaux font partie de son histoire et de sa culture. Là-bas, si tu n’es ni rugby ni taurin, tu es banni". Jean Castex a grandi dans cette culture et la respecte. Valoriser les taureaux de cette manière est un fait important qui recevra l’approbation des aficionados.

PROTÉGER LA FÊTE TAURINE

Une des mesures que veut prendre le nouveau premier ministre Français est la présentation d’une loi garantissant le "droit à la différenciation des territoires". Une loi qui aurait de multiples avantages pour la tauromachie parce qu’elle pourrait constituer un blindage encore plus grand pour la fête taurine en rendant les attaques contre elle impossibles. André Viard, président de l’Observatoire National des Cultures Taurines, explique cette mesure : "C’est une loi destinée à garantir la liberté des territoires pour perpétuer leurs coutumes, cultures, particularités, langues... sans dépendre de la permission de Paris. Depuis l’Union des Villes Taurines de france (sic) (UVTF) nous avons déjà suggéré quelques idées".

Cette loi est essentielle pour la fête taurine en France et sa protection. "En matière de cultures régionales, ce que sont les taureaux en France, supposerait que l’autorité retombe sur le maillon administratif le plus proche, conformément au principe de subsidiarité. Ainsi, il serait contraire à la loi qu’un collectif veuille promouvoir une interdiction contre la tauromachie si les villes taurines la considère comme faisant partie de leur patrimoine et donc comme leur "droit à la différenciation". Cette loi renforcerait l’actuelle", explique André Viard.

 

     Alors, que faut-il présumer ? Que peut-on en penser ?

Que l’opportuniste et habile André Viard prend ses désirs pour les réalités de son appétit, tout en sachant  ce qui est exactement dit, le président de l’Observatoire n’étant pas un perdreau de l’année. Tout ceci empaqueté avec papier cadeau et bolduc pour servir sa cause, – qui devrait être la notre , mais en un mot, le servir. Récupérant comme autrefois les ferrailleurs ou les chiffonniers, les objets devenus obsolètes et inutiles –, une certaine loi évoquée qui garantie le « droit à la différenciation des territoires » qui servirait la cause de la tauromachie. Ben voyons, c’est si facile, le lapin va sortir du chapeau.

Prendre ses désirs pour de futures réalités avec l’aide de l’Union des Villes Taurines de (f)rance où nombre d’élus se montrent plutôt frileux voire invisibles ! L’UVTF qui exigea auprès du gouvernement une TVA à 0 % : un coup d’épée dans l’eau.

Je songe aussi à Carole Delga, présidente de la Région Occitanie qui a lancé au printemps, un plan baptisé "Plan Camargue" pour venir en aide aux manades et élevages de chevaux. Les toros en sont exclus, et ceci n’est pas un oubli.

Cette décision discrétionnaire marque surtout la volonté politique de maintenir une cohésion de la majorité régionale de Carole Delga composée d’un nombre certain d’écologistes, ceux-ci particulièrement hostiles à ce type de vicissitude.

 

 

 Interrogée fin avril en conférence de presse, la présidente socialiste de la Région Occitanie a précisé que le "Plan Camargue" concernait les élevages camarguais. Nous l’avions compris ! Quant à ceux qui critiquent, « ils n’ont qu’à mettre en place à travers leurs collectivités ce type d’aide ». C’est clair ?

Depuis les dernières municipales et les résultats des écologistes ou supposés, l’aiguille de la balance ne penche guère vers le toro bravo.

Alors M. "l’Observateur", vous qui n’êtes point naïf, sachez que nous sommes un certain nombre à ne pas être non plus "des enfants de Marie". Vos agitations sont là afin que nous ne vous oubliions pas et que vous puissiez tenir le devant de la scène encore et toujours pour les siècles des siècles, saecula saeculorum

M. le Premier ministre tout fraîchement nommé à d’autres chats à fouetter, les taureaux sont des sujets trop massifs, trop lourds à son goût et si dérisoires.

Mais oui, le "monde d’après" sera bien le "monde d’avant" !

 

      Si la langue de bois, imperturbable, domine la politique, l’accent, aujourd’hui, en est la couleur.

 

                                                                                              Gilbert Lamarque

 

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PONCE LE PHAGOCYTE OU L’APPÉTIT DU ROI ENRIQUE

Publié le par Cositas de toros

 

     Phagocyter : détruire progressivement quelqu'un, quelque chose en les privant de toute autonomie, en s’en rendant maître de l’intérieur (définition du Larousse).

 

Phagocyte

     

Futur phagocyte

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Août

1er. Osuna : mixte, Diego Ventura, Ponce et Javier Conde.

3. Huelva : mixte, Andrès Romero, Ponce, Castella et David de Miranda.

4. Plasencia : mano a mano Ponce/de Justo, alors qu'un troisième plus modeste aurait eu l'opportunité !

6. El Puerto de Santa María : Ponce, Morante et Pablo Aguado. Corrida de luxe avec des toros de J.P. Domecq qui vous donne la désagréable impression de manger quelques louchettes de caviar sur les décombres !

15. Béziers : mixte, Léa Vicens, Ponce et Castella.

16. Santisteban del Puerto (Jaén) : mixte, Diego Ventura, Ponce et Curro Díaz.

29. Mérida : Ponce, El Fandi , Perera.

 

        Septembre

5. Priego de Córdoba : mixte, Diego Ventura, Ponce et Curro Díaz.

12. Arles : goyesque, Ponce, Castella et Roca Rey.

26. Séville : Ponce, Manzanares et Roca Rey.

 

       Insupportable !

Ponce sur tous les fronts, honte à lui et aux organisateurs médiocres.

Par ces temps de disette, ne serait-il pas judicieux d’offrir des opportunités aux toreros plus modestes et non moins méritants ?

Ponce, à ce jour, serait une dizaine de fois dans les cartels pour un nombre misérable de corridas. Brade-t’il ses prestations – plus ennuyeuses au fil du temps –, ou les empresas sont-elles privées d’imagination ?

Un seul souhait affleure mon esprit : que ces spectacles soient un véritable fiasco par la médiocrité de l’ensemble et par l’absence du public. J’ai un doute sur la deuxième caractéristique, hélas.

Voici un des vrais fossoyeurs de la Fiesta Brava. 30 ans d’alternative, bientôt 50 ans au compteur et je vous fiche mon billet qu’il défilera dans les années futures avec un déambulateur à moins que d’ici là, la Corrida ait définitivement renoncé.

 

 

     Môssieur a décidé, paraît-il, de redonner des couleurs au toreo !!! Le présomptueux !

Pitié ! Alfonse Enrique Ponce Martínez.

Quand donc, le fléau de Chiva cessera-t'il de nous infliger un tel châtiment ? 

Peut-être une deuxième vague de virus après le phagocyte, ce serait le bouquet !

Noir c’est noir !

Les affaires taurines sont comme l'industrie de la santé, un business avec ses conflits d'intérêts et l'illustration quotidienne des faiblesses de l'être humain.

 

¡ La cultura no se censura, Ponce si !

                                                                                    Gilbert Lamarque

 

 

 

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ADIEU L’AMI

Publié le par Cositas de toros

     

     Sur le plateau du "20 heures", France 2, vendredi 17 juillet.

Interview du Premier ministre Jean Castex par Laurent Delahousse.

Une épreuve que de regarder les infos sur cette chaîne, L. Delahousse amoindrissant ma douleur.

 

    

      « … provincial et fier de l’être... »

Fin de l’entretien, dernière question malicieuse.

L.D. « Il n’y aura pas de fêtes taurines cette année, vous êtes un fan de tauromachie, cette tradition que vous aimez mais pas aimée des écologistes.»

J.C. « Je suis né à Vic Fezensac, ville taurine et si on ne va pas à la corrida et si on n’aime pas le rugby, vous êtes proscrits. Ça fait partie de l’histoire et de la culture. Ceci dit, cela fait bien longtemps que je ne suis pas allé à une corrida. »

Sujet interdit, les aficionados auront apprécié.

Tout est dit, l’homme du Sud a bien enfilé le costume du haut fonctionnaire passé par Sciences Po et l’ENA. Le "fan" respectable a pris ses distances.

Que nos amis gersois ne glorifient pas l’énarque issu de la "droite sociale". Son discours sera de bois comme l’épée factice.

 

 

     Par contre, nos amis du Gers ont le droit de l’avoir pour ami bien que toute la famille, générations confondues ait quitté le pays pour les Pyrénées Occidentales et Atlantiques… maison de famille vendue… un ami absent, parti, excusé.

Quant à ceux qui se félicitent après l’annonce du nouveau gouvernement de l’arrivée de Bachelot, Dupond-Moretti, Darrieussecq et Castex, pensant trouver des alliés pour la corrida, qu’ils ne rêvent pas, la politique engendre un autre discours.

Tous ne se nomment pas Jean Glavany ou Henri Emmanuelli !

 

 

Le "monde d’après" sera bien le "monde d’avant".

 

                                                                                        Gilbert Lamarque

 

                          INFO                          

 

                          PROMESSES TENUES ?

 

     À la mi-juin, on apprenait qu’une subvention d’un montant total de 222 000 euros avait été promise à la Fédération de la Course landaise suite à une réunion avec la préfète des Landes et cette même Fédération. Un plan d’action avait été élaboré mais les besoins pour couvrir les charges alimentaires et les frais vétérinaires de mars à septembre se montaient selon l’estimation à 500 000 euros.

Le vendredi 17 juillet, le Conseil départemental des Landes et le Conseil régional devaient être amenés à voter une subvention de 152 000 euros par le premier et 70 000 euros par le second.

Vous avez bien lu, il n’est ici, pas fait mention des ganaderias de bravos.

Mais ce vote a dégagé un fonds spécial de 412 000 euros pour venir en aide aux éleveurs de vaches … et de toros.

Ah, la bonne heure !

Ces éleveurs sont au nombre de 16 dans les Landes et de 5 dans les Pyrénées Atlantiques.

La Région Nouvelle Aquitaine a décidé de survenir à hauteur de 66 258 euros à ce fonds spécial lors de cette commission permanente du vendredi 17 juillet. Ce chiffre correspond à 12, 5 % de ce plan de solidarité complémentaire. Le département des Landes y participera à hauteur de 30 %. L’état et les intercommunalités concernées devraient aussi y abonder.

« … devraient aussi... » toujours inquiétant… En souhaitant également que le département voisin des Pyrénées Atlantiques participe et que les aides soient alors versées rapidement !

 

Gilbert Lamarque

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AURICE DE NOUS PLAIRE…

Publié le par Cositas de toros

Pour visionner le diaporama en plein écran, cliquez sur cette image.

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… et cela nous a plu !

 

      14 juillet, point de défilé. Aucune importance, nous avions mieux à faire. Et en fait de défilé, il s’en forma bien un quelque part dans les Landes à deux pas du fleuve Adour, réunion de quelques véhicules.

Nous voici donc plein Sud, direction Aurice, à un jet de lancer de galets (de l’Adour) de Saint-Sever, Cap-de-Gascogne et de Mugron, bien sûr, le Belvédère de la Chalosse. Aurice, à la ganaderia Alma Serena que dirige aujourd’hui Philippe sans l’aide de Pierre trop tôt disparu, mais bien entouré, secondé par la famille et les amis fidèles.

Nous étions-là à l’invitation de la Peña Taurine Mugronnaise pour fêter le vingtième anniversaire de la création des Nouvelles Taurines et pour honorer les heureux primés que voici :

 

- 1er Nicolas Pommares de Mont-de-Marsan pour sa nouvelle, Sur un fil.

 

- 2ème le Nîmois Marc Delon, rompu à ce genre d’exercice pour, Pense bête.

 

- 3ème Pascal Castillon de Lanton (Gironde) pour L’ultime matador.

Au prolongement de cette terna, les suivants n’ont pas démérité et complètent l’ouvrage que vous pouvez obtenir pour 14 euros + 3 euros de frais de port auprès de la Peña de Mugron par mail ou par courrier, chèque à l'ordre de la Peña.

Vingt ans que ce prix littéraire existe grâce à l’instigateur, le Docteur Jean-Claude Mouchès et relayé aujourd'hui par Jean Mouneu, l’héritier.

 

     Cette journée bâtie sous le quadruple signe de l’amitié, de la simplicité, de l’authenticité et de l’afición, permit également de remettre le prix 2019 des critiques taurins du Sud-Ouest (ACTF) à Philippe Bats pour récompenser la meilleure novillada combattue dans notre Sud-Ouest taurin ainsi que pour l’ensemble de sa saison passée.

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Un tour au campo en remorque pour voir ou revoir toros, novillos et vaches dans les cercados bordés de nombreux et magnifiques chênes qui interrogèrent l’ami Jean-Louis H., à savoir s’il y avait des cèpes à la saison. L’épicurien fut déçu par la réponse.

Vivent paisiblement 75 vaches, 4 sementales, novillos et erales et cette année lors des naissances, il y eut quelques pertes, 6, des mères rejetant leur progéniture, les intempéries et même un veau attaqué par, sembla-t’il, un renard : dame nature, implacable.

 

 

     Temps idéal accompagné d’un petit vent qui vous évoquait les bords de mer et le soleil que nous avons vaincu sous le chapiteau où, avant les généreux et divers liquides et solides offerts à nos désirs de rapace, Bertrand Lucq, Monsieur Loyal de cette journée révolutionnaire mais ô combien pacifique, anima non sans humour et conviction une mini conférence-débat sur "la chronique ou la critique taurine".

Là, ce fut retour vers le passé pour évoquer le pionnier Gregorio Corochano, puis au fil du temps, Juan Leal, Don Severo du temps de La Petite Gironde, Claude Popelin… et  Georges Dubos, Pierre Veilletet, Yves Harté ou Vincent Bourg "Zocato"… 

Un heureux moment d’échanges avant les libations entre des chroniqueurs des temps présents, le chef d’orchestre et un torero-directeur d’école.

 

Responsables, heureux élus et jury des Nouvelles Taurines

 

     Lestés (important l’accent qui change "presque" tout), rassasiés, nous attaquons l’échelle de coupée pour nous percher sur le pont du navire, belle terrasse surplombant l’arène de tienta.

L’après-midi comprend la tienta de deux vaches pour Jean-Baptiste Lucq et son cadet Adrien ainsi qu’un novillo avec mise à mort pour l’aîné.

Donc après Bertrand le père, les fils ; nous étions bien à Aurice, banlieue de Mugron.

De bons moments, de beaux gestes et attitudes où l’on vit Jean-Baptiste super combattant comme à son habitude, parfois un peu brusque et précipité, auteur d’une belle épée, concluante. Adrien, plus posé, plus élastique (belle ceinture), prend un plaisir certain. Ils étaient entourés par les jeunes de l’école Adour Afición, présents également El Santo et le piquero Laurent Langlois.

 

     Ce vingtième anniversaire fut une réussite, 80 personnes avaient pris la direction du chemin de Lagastet et joint leur modeste participation "financière" car le but n’était pas de recevoir une assistance plus nombreuse, la peña privilégiant la convivialité et souhaitant simplement rentrer dans ses frais. Un esprit qui caractérise nos amis mugronnais : une journée loin du gain et du bénéfice, simplement de l’échange, un genre de troc : « Tu nous fais le plaisir de venir et nous sommes récompensés ».

 

     Nous ne pouvons qu’encourager le public à se joindre à nous, le lundi de Pâques 2021 autour des arènes de Condrette, nos chers amis le méritent bien, peña qui a su judicieusement passer le témoin entre les vieux burinés et les jeunes au duvet déjà dru et consistant.

 

Merci à eux, merci à nos amis d’Alma Serena.

¡ Enhorabuena !

                                                                                             Gilbert Lamarque

           

       2, place de la Laïcité

         40250 MUGRON

     05 58 97 74 45

     E-mail : pena-taurine- mugronnaise@wanadoo.fr

 

 

 

AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
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AURICE DE NOUS PLAIRE…

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GANADERIAS : FACE À LA RÉALITÉ

Publié le par Cositas de toros

 

Ganaderos entre inquiétude et espoir.

 

     En ces temps compliqués où l’économie est au ralenti, voire même à l’arrêt dans certains secteurs, il nous a paru opportun d’étudier les difficultés du campo bravo en nous entretenant avec le propriétaire d’une ganaderia de taille moyenne de notre Sud-Ouest.

Cette temporada 2020 s’est brutalement arrêtée fin février et il est évident pour tous les aficionados que, depuis ce jour, les ganaderos sont financièrement à la peine. Pour se faire une idée précise de ces difficultés, un ganadero a accepté de répondre sincèrement à nos questions sur les coûts annuels de son élevage afin d’établir le plus précisément possible le prix de revient d’un eral.

Ce troupeau est composé de 140 têtes de bétail dont 50 vaches reproductrices et sort essentiellement en novillada non piquée.

Les différents postes de dépenses sont regroupés dans le tableau ci-dessous.

       
                                                       Dépenses annuelles de la ganaderia*  
       
       
DÉSIGNATION  COÛT total/rubrique %
       
ALIMENTATION      
           Aliment Vaches 3000    
          Aliment Taureaux 7400    
          Foin 15000    
          Divers (pierres à lécher, compléments…) 600    
    26000 54%
       
FRAIS VÉTÉRINAIRES      
          Déparasitage 2fois/an, interventions 5000    
          Prophylaxie obligatoire 1900    
    6900 14%
       
       
DIVERS      
          Assurances 1700    
          Eau 2800    
          Électricité 1200    
          Gas-oil 1400    
    7100 14,50%
       
ADMINISTRATION      
          Cotisation EDE 555    
          ALMA suivi sanitaire 1300    
          MSA 4800    
          Gestion 2000    
    8655 17,50%
       
    48655  
       
 * Ces montants s'entendent Hors Taxes et hors amortissements des terres et du matériel 
structurel et  agricole.      
       
       

 

Avec ses 50 vaches reproductrices l’éleveur obtient en moyenne 46 vêlages par an. Sur les 46 naissances, (moyenne sur les dix dernières années), et un taux de 40% de mâles, ce sont 20 futurs erales qui voient le jour annuellement.

Le coût de production brut/eral serait donc de 48 000€/20 : 2 400€, les primes PAC et celle donnée à la vache allaitante, ramènent le coût de production net aux environs de 1 800€. Il précise que les erales se vendent actuellement à 1 500€ soit en dessous du prix de revient. Même en affinant ces chiffres avec la vente des vachettes « tientées » et éliminées, le bilan annuel reste déficitaire, déficit en partie compensé par des tientas et des réceptions.

Ces chiffres vous permettront d’appréhender les difficultés des ganaderos au plus près de la réalité.

 

Une discussion s’est ensuite engagée sur sa vision de l’avenir de la tauromachie.

 

Cositas de Toros : L’avenir, vous le voyez comment ?

Ganadero : Compliqué, très compliqué. Financièrement c’est très dur, nous ne sommes pas aidés, nous n’avons droit à rien et de plus, lorsque l’on vend des taureaux on nous demande toujours de faire un geste (financier) sinon on reste à la maison.

CdT: Vous dites que vous n’êtes pas aidés, mais on entend parler d’aide du département, de la région et de l’état. Quid de ces aides ?

G: Pour l’instant, pas de nouvelles, les seules aides concrètes sont pour les éleveurs de vaches landaises.

CdT : A ce propos, dans le journal Sud Ouest du mercredi 1er juillet, est paru l’article « Ganaderos dans la tourmente » sous la plume de Charles Laterrade où un ganadero disait : « S’il y a des sous pour tous, FFCL, bétail de corrida et jeux, tant mieux, mais il faut d’abord sauver la course landaise ». Vous en pensez quoi ?

G : Que c’est bien de ne penser qu’à soi mais, parmi les ganaderos landais il n’y en n’a pas un seul qui soit éleveur et, si les éleveurs de toro brave disparaissent, dans quelques années, où vont-ils aller acheter leurs coursières pour renouveler leur troupeau ? Dans les cinq ans qui suivent ils disparaîtront aussi.

CdT : Toute activité taurine étant arrêtée, ne serait-ce pas le moment de revoir l’organisation des spectacles taurins, je pense aux salaires des toreros et des subalternes, au nombre de peones dans le ruedo au moins pour les non piquées, voire même pour les piquées ?

G : Étant tous regroupés en syndicats, ils se bloqueront sur les acquis et ne céderont rien.

CdT : Ceci étant, si la situation perdure, et pour respecter les distanciations, on impose le mètre entre chaque spectateur, il est évidant que les tendidos ne vont plus autant se remplir.

: Ils feront sûrement un geste financier sur la fin de l’année, mais si en 2021 la pandémie régresse les choses reprendront leur cours normal. Les seules personnes qui nous soutiennent aujourd’hui ce sont les aficionados et quelques professionnels français. Les uns, par leur aide financière nous amènent un peu d’oxygène, les autres nous permettent de sortir quelques bêtes dans le cadre de la feria del campo. Sans eux aujourd’hui, nous serions morts, nous n’aurions aucune perspective.

CdT : Ça, c’est l’avenir à court terme, mais à moyen terme, comment entrevoyez-vous la temporada 2021, ne craigniez-vous pas une frilosité du public, une appréhension de s’entasser sur les gradins ?

G: Pour l’instant, nous allons essayer de finir 2020, certains spectacles s’annoncent pour la fin de l’année et d’autres n’ont toujours pas été annulés. Terminons 2020 car nous ne sommes pas sûrs d’exister encore en 2021. Pour la prochaine temporada je pense que les grandes arènes vont réduire la voilure, reste à espérer qu’ils feront leurs courses dans des élevages français qui sont en capacité de leur fournir la qualité dont ils ont besoin. A l’heure où l’on met en exergue la problématique écologique et son bilan carbone, je veux dire qu’au lieu de faire des milliers de kilomètres pour aller chercher des non piquées au sud de l’Espagne, il est des élevages dans un rayon de 80 km autour de chez eux qui ont tout ce qui leur est nécessaire dans leurs cercados et leurs propriétaires seraient ravis de continuer à faire leurs preuves. Nous sommes aujourd’hui, en France, 42 éleveurs dont 30 peuvent sortir en non piquée et en piquée. Nous avons fait l’effort d’acheter des reproducteurs en Espagne pour améliorer notre génétique, il serait temps que les organisateurs fassent aussi un effort pour que nous puissions en récolter les fruits. A tous les étages des spectacles, les éleveurs français ont prouvé qu’ils étaient à la hauteur des exigences demandées.

CdT : Frilosité du public, vous y croyez ?

G : Le public est en manque et nous sommes dans une région de convivialité pour preuve le lleno dans le cadre de la feria del campo. Le public est demandeur et s’il n’y a pas un deuxième crash financier cet hiver suite à une deuxième vague, il y aura du monde dans les arènes l’an prochain.

C.d.T : Vous balancez donc entre inquiétude et espoir ?

G : Je suis optimiste pour la partie spectacle, mais très pessimiste pour la partie élevage. Nous avons de plus en plus de contraintes sanitaires et financières. Les toreros gagnent de plus en plus d’argent et nous, nous vendons notre bétail au même prix qu’il y cinquante ans alors que les coûts de production ont triplé. S’il n’y avait l’agrotourisme ( tientas, groupes, réceptions) les ¾ d’entre nous auraient disparus.

Le soutient des aficionados par leurs dons en nature ou financiers nous donne de l’espoir et le devoir de continuer à nous battre, la force d’espérer et revoir nos bêtes combattre dans les arènes. Sans eux, nous n’existerions déjà plus…

 

C’est sur cette note d’espoir que se termine cette entrevue.

 

Espérons que cette fin de temporada leur permettra de passer un hiver plus clément afin qu’ils puissent, comme la nature, reverdir au printemps pour ne pas perdre le gusanillo.

 

Patrick Soux

 

 

 

Info

GANADERIAS : FACE À LA RÉALITÉ

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