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Vérifications et prélèvements

Publié le par Cositas de toros

 

     

               Photo prise lors de la dernière corrida de la Feria de l’Atlantique à Bayonne, toros de Garcigrande. © G. Lamarque

 

            À l’issue de chaque corrida, les cornes de deux toros sont mesurées par les vétérinaires et prélevées pour analyse. Elles seront envoyées à l’école vétérinaire de Toulouse, où en fin d’année, toutes les cornes prélevées dans les arènes françaises seront analysées. Le but, simple, est de lutter contre la pratique de l’afeitado.

À l’issue de la corrida, est établi un certificat vétérinaire d’information pour chaque animal. Ce document est destiné à l’abattoir où le vétérinaire inspecteur qui contrôle, s’assurera de la salubrité de la carcasse et son aptitude à la consommation.

Également, il faut que dans les 48 heures de l’arrivée des animaux, vérifier le document d’identification, le document de naissance, le certificat Traces (arrivant d’Espagne) et vérifier la correspondance des bêtes avec celles annoncées. On remplie alors une fiche de contrôle à destination de la DDPP : Direction départementale de la protection des populations.

Tous les animaux sont concernés au niveau sanitaire, les toros, bien sûr, mais aussi les chevaux, ceux des picadors, des rejoneadores ou ceux des alguazils ainsi que les mules du train d’arrastre.

                                                                 Gilbert Lamarque

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Pedrés

Publié le par Cositas de toros

© G. Lamarque

 

            Lundi 6 septembre est mort à Madrid à l’âge de 90 ans et après une longue maladie, Pedro Martínez "Pedrés". Le torero, plus tard éleveur de bravos, était né à Albacete le 11 février 1931. Il débuta en habit de lumières dans sa ville, le 2 juillet 1950. Le 16 septembre 1951, il fit ses débuts avec picadors. Le 8 juin 1952, il se présenta à Las Ventas, coupant trois oreilles et prit l’alternative à Valence, le 12 octobre 1952, des mains de Miguel Báez "Litri" en mano a mano devant des toros de Sánchez Cobaleda, Alipio Pérez-Tabernero et José María de Soto, confirmant le 12 mai 1953 à Las Ventas avec Juan Posada et Jumillano devant du bétail d’Urquijo.

Le dimanche 19 juillet 1964 à Mont-de-Marsan

Il rivalisera souvent avec ce dernier, natif de Salamanque et son compatriote Juan Montero. Dernière temporada en 1965 et dernière séance à Hellin (Albacete), le 1er octobre en compagnie de Paco Camino et El Cordobés. Il compta 84 novilladas et 359 corridas.

 

© G. Lamarque

     Je l’avais rencontré en mai 2014 à Espeja, province de Salamanque, au sud de Ciudad Rodrigo. Devenu éleveur, il était propriétaire d’une finca, Los Labraos, possédant 1300 hectares, et à l’époque 300 têtes vivant sur 800 hectares réservés, à deux pas du Portugal. Il avait créé sa ganaderia en 1999, devise rose et blanche, origine Aldeanueva (Domecq). Il fit ses débuts de ganadero à Captieux en 2000. On découvrit la corrida de Bayonne du 9 août 2014, affublée des hideuses fundas au grand désespoir des photographes. Corrida triomphale, Julian, le mayoral salua en piste et Juan Leal qui, droit dans ses zapatillas, coupa les deux oreilles de "Caribello". Dans d’autres cercados, paissaient 120 vaches et tout le bétail vit au milieu des encinas.

 

Le maestro, le neveu et Julian, mayoral-piquero © G. Lamarque

     Invités le lendemain pour une tienta de trois vaches avec Joselito Adame et ses jeunes frères Luis David (16 ans à l’époque) et Alejandro (14 ans), nous fîmes connaissance du maestro à l’allure monacale ainsi que de son fils à fond dans les affaires paternelles et son neveu volubile. Le patriarche fit signe, la tienta débuta. Joselito était accompagné d’une partie de sa cuadrilla dont Jarocho, banderillero et peon émérite. Les trois vaches furent vues, la deuxième supérieure, à la belle charge, très exigeante. Elle s’employa sous le fer de Julian, mayoral-piquero. Les deux cadets furent invités à la fête. Ce tentadero fut suivi d’une collation pour 19 convives s’asseyant au signal de Pedrés, droit comme un I, libations arrosées auparavant par quelques gin tonic servis généreusement par le neveu.

Avec Joselito Adame © G. Lamarque

     Pedro Martínez "Pedrés" était satisfait, ses yeux charbonneux brillaient de satisfaction : un arc-en-ciel sous un ciel d’orage. Pour la petite histoire, le premier veau de cette bonne vache fut baptisé "Adamito".

     Le maestro termina premier de l’escalafón en 1953, créateur de la passe de muleta, la pedresina, si chère à Sébastien Castella ainsi qu’à Juan Leal. Elle consiste à éviter le toro venant de loin, muleta pliée dans la main gauche, et, à la charge du toro, à pivoter d’un quart de tour en se présentant de dos, tout en ouvrant le tissu.

© G. Lamarque

    Pedro Martínez "Pedrés" était tout en discrétion et on devinait l’altruiste au travers de son regard sombre.

                                                                      Gilbert Lamarque

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Vous avez dit La Espera ? (1) - Juan Leal Cumbre (2)

Publié le par Cositas de toros

               BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

Dimanche 5 septembre. 11h. Novillada sans chevaux.

 

 

Photos. Frédéric Martinez

          

 

     Double vuelta du ganadero invité par les deux protagonistes de la finale et mouchoir bleu pour le 5e (Juanito).

Juanito et T. Barroso sont déclarés vainqueurs ex aequo. La Espera gagne le concours des ganaderias.

Reconnaissons que la ganaderia est dans un bon moment et les trois erales de la matinée se sont montrés à leur avantage.

 

     Jean-Baptiste Lucq attend Le Lartet a porta gayola, puis avec Juanito, ils toréent à la cape par colleras. Instant réussi et sympathique. Le "brindis" du grand frère à ses jeunes compañeros. L’eral avance avec ténacité lors d’un bon début de muleta exécuté au centre, musique.

     Bons derechazos avec "cite" de loin et voltereta. Le bicho ne lâche rien et attend son heure. Il y eut plusieurs mises en garde, J.B. les balaya alternant le bon et le moins bon. Le bajonazo au second essai priva le Mugronais d’un pavillon, saluant au tiers.

 

     Son camarade d’école, Juanito, débuta par un accrochage à la cape. L’eral de La Espera ne manque pas de noblesse permettant à Jean de construire une faena sur les deux rives, musique.

     L’élégant béarnais raccourcit trop le bras en fin de passe, dommage. Entière caídita concluante libère l’oreille et logiquement l’arrastre est applaudi.

 

     Le Camino de Santiago, plus costaud se montre souvent violent, se défendant et tutoyant joyeusement la muleta de Marcos Linares. Auparavant le tercio de banderilles fut agréable mais écourté par la présidence (?).

     La faena ne décollera jamais et Marcos est mis en échec aux aciers : demie contraire et entière caídita suivies de plusieurs coups de verdugo,… apprentissage. Silence.

 

     L’Alma Serena est le mieux armé, bien présenté. Tristan le reçoit avec beaucoup d’élégance. J.B. Lucq égrène les chicuelinas plutôt réussies sur le quite auquel répond Tristan. Salut de Manolito de Los Reyes pour deux bonnes paires de palos.

     Le bicho noble sans être un "bonbon" permettra à Tristan une faena agréable, intelligente, de bon goût, sur les deux rives, des séries con temple, quelques fioritures (adornos) et une entière un peu contraire libère l’oreille.

                     Finale Juanito / Tristan

 

     Juanito reçoit fort bien l’eral par un capoteo léger. Les deux protagonistes ont de la classe et Juanito nous décoche une magnifique série de derechazos en plein cœur de la faena.

     Jean roule au sol, les trois compagnons sont à la rescousse, solidarité. Il reprend les choses en mains et administre une entière de côté en s’engageant. Deux oreilles et mouchoir bleu.

 

     Sur le dernier, de Tristan, Juanito fait un joli quite, réponse immédiate de Tristan. De bonnes séries, le bicho est noble mais présente quelques aspérités.

     Le novillero se sort bien de toutes les situations et domine. L’épée au 3/4 est en place. Deux oreilles, une seule m’aurait contenté.

     L'eral de Casanueva fut refusé au déchargement ainsi que le sobrero du même fer, âge dépassé, 3 ans et demi. Le titulaire a été remplacé par le sobrero de La Espera réservé à la finale. Donc plus aucun sobrero mais la novillada s'est déroulée sans aucun incident.

Le soleil piquait, la novillada, elle, était sans piques.

 

 

           BAYONNE. FERIA DE L'ATLANTIQUE

 

Dimanche 5 septembre 17h30. Corrida de Garcigrande

 

            Chaleur suffocante pour cette ultime corrida de feria. L’encierro de Garcigrande est sorti bien présenté, con trapío, mais les comportements allèrent du soso au manso con casta, mous la plupart, nobles dans l’ensemble, le dernier supérieur, tous tutoyant les 6 ans, nés entre septembre et décembre 2015.

El Juli faisait son unique apparition dans le Sud-Ouest cette année et devant ce fer qu’il affectionne ; le signataire de ces lignes, beaucoup moins. Final "toreriste" devant des gradins garnis au maximum de la jauge autorisée.

     El Juli domina son premier sujet sans forcer, un niais de catégorie qu’il tua avec difficulté. La musique débita un rythme lent de procession funéraire, pour rafraîchir l’atmosphère sans doute.

Il entama sa seconde faena par doblones après "brindis" au public sous le charme, ce tío de 6 ans avait été piqué généreusement en carioca.

     Julian démontrera sa torería terminant en luquesinas et redondos un travail allant a menos. Entière en la cruz en mode "julipie", deux oreilles, la seconde contestée par les puristes et autres défenseurs des principes.

 

     "Juglar", toro amoureux des tablas, Paco Ureña le tuera ici même sans avoir réussi à le déloger. Mais avant, peu d’intérêt, quelques naturelles soignées et Aranjuez retentit. Rien de tel pour vous plomber l’après-midi et Ureña, le seul capable de fabriquer de la glace par 35° à l’ombre ! Rafraîchissant. Quadrupède et bipède sur le même rythme, triste faenita.

Le cinquième est lourd et faible, aucune transmission, des passes succédant aux passes. Salut au tiers après entière caída.

     Juan Leal "brinda" au public un toro castaño protesté dès la sortie pour une faiblesse de patte qui s’estompa rapidement. Les fans heureux eurent droit aux passes à genoux, aux circulaires, aux passes changées de dos, tout l’arsenal. Une estocade caídita libéra le premier pavillon.

 

     "Recetario", un negro de 559 kg (10/15) permit un final plus heureux, brave sous le peto, finement piqué par Tito Sandoval, Juan put l’utiliser habilement. Il fit du Castella, encore, mais en-dessous du Bitterois, plus templado. Encore quelques circulaires à genoux et l’Arlésien se hissa au niveau du Garcigrande et la faena finit a mas.

     Toreo de proximité, cambiadas de rodillas, passes en regardant les tendidos pour en terminer. Pas tout à fait car le coup d’estoc en s’engageant fut foudroyant, roulant le bicho qui ainsi acheva ses charges généreuses. Deux oreilles, une pétition de vuelta pour "Recetario" refusée par le palco.

 

                                                             

                                                              Gilbert Lamarque

 

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Un landais à Bayonne (1) - Les six mousquetaires (2)

Publié le par Cositas de toros

 

           BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

 

Samedi 4 septembre. Novillada piquée de Los Maños. 11h.

 

  Photos. Frédéric Martinez

 

            La ganaderia aragonaise de Los Maños, encaste Santa Coloma a encore brillé à Lachepaillet. En 2017, la corrida bayonnaise de ce fer avait remporté le prix de la meilleure corrida du Sud-Ouest, Prix des Clubs Taurins Paul Ricard. Cette année-là, Yon Lamothe aussi, était récompensé en non piquées par le CTPR. La dernière novillada à Bayonne en septembre 2019, avait été un succès.

 

Le 4

      Les 6 novillos 2021, bien présentés, sobrement armés (dans le type), se sont montrés très intéressants, attestant de la bravoure. Dommage que la matinée ait été marquée par deux vueltas al ruedo des 3e et 4e, vueltas qui ne s’imposaient pas. L’affluence n’était pas au rendez-vous. Le ciel désespérant bleu.

 

      Le tambour-major sera plus tambour que major, moyen dans chaque tercio. Le tercio de varas est mal mené (2 piques). Les derechazos de Tomás Rufo sont bousculés, ça passe beaucoup mieux à gauche. La reprise à droite est peu probante et la faena va a menos, c’est long. Pinchazo, bajonazo, Tomás salue au tiers.

 

 

     Les capotazos de réception sont de bonne facture. Il y a de la competencia – Yon Lamothe venait de couper deux oreilles. Quite d’Adam Samira. Cette faena pèse son poids et Tomás l’artiste déroule les derechazos et encore mieux les naturelles au son de la musique.

Entière hasta la bola, les oreilles sont accordées. Tomás est fin prêt pour l’alternative. Quant au mouchoir bleu…

 

     Adam Samira est en apprentissage, la mise en suerte au cheval est défectueuse et les deux piques mal exécutées. Marco Leal salue aux banderilles. Adam est trop tendre avec ce bicho qui en demandait. Échec aux aciers, silence.

     Son second est aussi léger qu’il est pauvrement armé. Le manque d’oficio du jeune Arlésien est flagrant (4e novillada). Le novillo est mirón, Adam se fait croquer. Il garde son courage et s’arrime. Quelques gestes dont une jolie série main droite. La mise à mort est longuette, le chico saluera au tiers.

 

     Yon Lamothe remet le couvert après sa prestation du 15 août à Roquefort. Le bicho coopère dès les premiers capotazos. La paire de piques est bien administrée, dosée, le novillo un peu faible. Yon "brinde" au public une faena débutant par doblones. Il se régalera main droite, calme, douceur, redondos.

C’est une faena XXL. Le Landais s’octroyant les deux oreilles après une belle épée. Le novillo très incomplet fait la vuelta – Lachepaillet est tombée en 3e catégorie. Yon invite le mayoral à son tour d’honneur. Bien vu, tu iras "tienter" chez Los Maños !

 

     Le dernier bien reçu de cape se comporte fort bien aux piques partant du centre lors de la seconde, le piquero assurant la réception. Mathieu Guillon et Manolito de Los Reyes saluent aux palitroques. La faena classique ira a menos, la faute au bicho plutôt distrait – il y a de jolis minois sur les gradins ! L’épée entière en place et d’effet rapide libère l’oreille.

 

     Rufo, Lamothe et le mayoral a hombros. ¡Olé! Pour cette matinée entretenue.

     Yon Lamothe rafle tous les prix mis en jeu.

     Pitos à la présidence mal assurée par Alain Paulini.

 

 

          BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

 

Samedi 4 septembre. 19h. Corrida de Fraile de Valdefresno (3) et Conde de Mayalde (3).

 

            Les six pousse rapière sont : Morenito de Aranda, Thomas Dufau, Tomás Campos, Alejandro Marcos, Jesús Colombo et Diego Carretero.

Une opportunité donnée à chacun par les organisateurs bayonnais mais des toros sérieux de présentation. Valdefresno : le 1 imbuvable, le 4 transmettait, con gas, le 5 un bon manso peu vu. Conde de Mayalde : le 2 noble, le 3 peu d’intérêt et le 6 possédant de la caste.

Public nombreux, peu aficionado.

 

     Morenito de Aranda débuta a porta gayola. Le toro prit deux piques en manso, ne chargea pas aux banderilles.

     "Brindis" aux cinq autres mousquetaires. Toro querencioso amoureux des planches au toril.

     Fiasco à l’épée, palmas.

 

     Thomas Dufau resta classique presque transparent, son adversaire faiblard mais noble. Salut aux banderilles de Mathieu Guillon et de J.M. Neiro Campos. Le début à genoux n’est pas du meilleur goût.

     Thomas torée avec patience, à la bonne distance et offrit quelques muletazos templados avant le manque de charge. Pinchazo, estocade en place, oreille.

 

     Tomás Campos n’eut pas de chance, crédité d’un cornu sans âme, un negro de 546kg. Il "remata" violemment, on entendit quelques cris, ¡afeitado!, les cornes ressortant en plumeaux. La fadeur s’installa. Une demie et une oreille surprenante.

 

     Alejandro Marcos passa à côté du bon "Joyero" de Valdefresno. Faenita et oreillette !

 

     Jesús Colombo est sud-américain et cela se remarque. Le Vénézuélien veut mettre le feu à Lachepaillet – déjà fait le 15 septembre 1919. Réception à genoux du Vadefresno "Bailador" par véroniques, Jesús bondissant comme le faisait autrefois Antonio Ferrera.

     Il banderille plus spectaculairement que suivant les canons. Zut, le toro en bon manso déclara forfait n’aimant pas cette agitation. Aucune série véritable, le petit brun avait chauffé les tendidos.

     Une superbe mise à mort libéra un trophée, forte pétition de la seconde oreille.

 

     Diego Carretero reçut un bicho plein de qualités qu’il ignora. Il voulut plaire plus par sa plastique que par son trasteo. Il sortit de belles séries sur la fin. Il envoya le Code en Enfer d’une entière et l’oreille fut coupée.

 

     21H45. La nuit est tombée depuis longtemps et nous sommes attendus au Petit Bayonne pour dîner.

 

                                                                    Gilbert Lamarque

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50 nuances de bleu

Publié le par Cositas de toros

 

          BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

 

Photos : Frédéric Martinez

 

Vendredi 03 septembre, 19h. Corrida de El Montecillo

Quelques nuages, léger vent.

 

           

            Un encierro de El Montecillo (Tolède), origine J.P. Domecq. Des bichos nés entre octobre 2015 et février 2016. Nous sommes loin des perdreaux de l’année. L’ensemble est bien présenté, ce fer paraissant en France pour la première fois. Il n’a pas du tout convaincu : pas de fond, pas de race, moteur grippé. S’il existait un service national pour les toros bravos, ceux-ci n’auraient guère pu être affectés au corps des transmissions (« l’arme qui unit les armes ») ! Ces soldats compliqués ne possédaient ni le moteur, ni la cylindrée, simplement la carrosserie. Ils ne rechignaient pas à s’élancer vers le cheval, s’invitant régulièrement sans sollicitations, les cuadrillas et les maestros plutôt absents lors de ce tercio si souvent sabordé. Ce soir, souvent mal piqués et trop. Un fiasco aux banderilles où ils ne chargeaient pas. Seule, la cuadrilla de Luque émergea du bleu, un bleu qui fana très vite.

 

Après la bataille...

     La goyesque bleue… il va falloir songer à se renouveler car ce bleu en a rajouté à l’ennui qui gagnait les tendidos : aburrimiento total. Ce bleu vous renvoie vers la froidure, et autant le "ciel et bleu" de l’Aviron est chaleureux, autant celui-ci vous plombe le moral. L’histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes a fortement changé de cap. Pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu, elle est même désagréable à l’œil. Aujourd’hui en Europe – et à Lachepaillet –, le bleu est de très loin la couleur préférée. Attention, l’aficionado va se lasser. Pour la couleur bleue, je vous renvoie à Michel Pastoureau : Bleu, histoire d’une couleur. Vous connaîtrez toutes les nuances, emplois et significations.

 

     Bref, le bleu s’éclaircit avec le 5e "Hojaldre", castaño de 519 kg, avec lequel, Luque, de cet âne en fit un cheval de course. L’animal, né en décembre 2015, possède pas mal de bois sur le chef. Il part directement vers la pièce montée pour recevoir deux bonnes piques, poussant sous la seconde. Pour alimenter l’instant, José Chacón est ovationné après une superbe paire de palos.

     "Hojaldre", tardo, se bonifia sous la flanelle de Luque. À cette seule occasion, la musique retentit, les séries des deux mains firent monter les Olé ! Le bicho ayant une meilleure charge à droite, la suite ne fut que derechazos dont un en redondo interminable.

     Le torero est relâché mais le soufflé retomba bien vite. Une entière donnée avec décision fit jaillir les deux mouchoirs, certainement pour nous avoir sortis du désespoir, même l’arrastre fut applaudi ! "Hojaldre" signifiant "pâte feuilletée", ici plutôt "pâte brisée" mais le pâtissier de Gerena en assura la cuisson. La "pâte" faisant illusion, nous vécûmes un petit miracle.

"Perezoso", un negro salpicado bragado, astifino, bien reçu à la cape, poussa lors du tercio de varas mal exécuté. Le toro se montra faible, bien "banderillé" par Juan Manuel Pérez Mota qui salue. Quelques muletazos mais la bête n’"humilie" pas, la suite est construite de demi-charges accompagnées d’hachazos. La mise en suerte finale est longue, "Perezoso" avançant sans cesse, faisant baisser l’épée de Luque. Avancer vers la mort pour la retarder, en sorte. Pinchazo, entière caída, trois coups de verdugo, un avis. Salut au tiers, arrastre sifflé.

      Antonio Ferrera fit acte de présence et donc fut absent, s’étant spécialisé cette temporada dans les mano a mano ou les solo. Le colorado se colla au caparaçon et commença sa sieste. Ferrera au diapason : une "faena" réduite, une demi-lame tombée. Silence.

     Toujours en dilettante, le "Zébulon" des temps passés manqua de ressort, le toro aussi. Celui-ci se nommait "Gitanito" frôlant les six ans (10/15). Une demi-épée sans s’engager. Pitos.

 

       Emilio de Justo débute bien de cape le long des planches. Il laisse "Garrafo" se faire vacciner généreusement, Covid oblige. Emilio crie toujours autant et arrache un par un les muletazos. Entière en s’engageant mais ne méritant pas l’octroi d’un pavillon, Bernard Peytrin, président généreux.

Le dernier, un castaño de 530 kg, n’illumina pas le dénouement : du bouillon Kub. Pas une charge, aucune passe, tête haute. Silence pour le piéton, bronca pour le quadrupède.

 

     Daniel Luque sortant a hombros. Une goyesque bien décevante.

 

PS. Á Tolède, exigez plutôt l’acier, qualité garantie et les Montecillo en pot au feu, un cocido.

 

                                                                   Gilbert Lamarque

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