Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ADIEU L’AMI

Publié le par Cositas de toros

     

     Sur le plateau du "20 heures", France 2, vendredi 17 juillet.

Interview du Premier ministre Jean Castex par Laurent Delahousse.

Une épreuve que de regarder les infos sur cette chaîne, L. Delahousse amoindrissant ma douleur.

 

    

      « … provincial et fier de l’être... »

Fin de l’entretien, dernière question malicieuse.

L.D. « Il n’y aura pas de fêtes taurines cette année, vous êtes un fan de tauromachie, cette tradition que vous aimez mais pas aimée des écologistes.»

J.C. « Je suis né à Vic Fezensac, ville taurine et si on ne va pas à la corrida et si on n’aime pas le rugby, vous êtes proscrits. Ça fait partie de l’histoire et de la culture. Ceci dit, cela fait bien longtemps que je ne suis pas allé à une corrida. »

Sujet interdit, les aficionados auront apprécié.

Tout est dit, l’homme du Sud a bien enfilé le costume du haut fonctionnaire passé par Sciences Po et l’ENA. Le "fan" respectable a pris ses distances.

Que nos amis gersois ne glorifient pas l’énarque issu de la "droite sociale". Son discours sera de bois comme l’épée factice.

 

 

     Par contre, nos amis du Gers ont le droit de l’avoir pour ami bien que toute la famille, générations confondues ait quitté le pays pour les Pyrénées Occidentales et Atlantiques… maison de famille vendue… un ami absent, parti, excusé.

Quant à ceux qui se félicitent après l’annonce du nouveau gouvernement de l’arrivée de Bachelot, Dupond-Moretti, Darrieussecq et Castex, pensant trouver des alliés pour la corrida, qu’ils ne rêvent pas, la politique engendre un autre discours.

Tous ne se nomment pas Jean Glavany ou Henri Emmanuelli !

 

 

Le "monde d’après" sera bien le "monde d’avant".

 

                                                                                        Gilbert Lamarque

 

                          INFO                          

 

                          PROMESSES TENUES ?

 

     À la mi-juin, on apprenait qu’une subvention d’un montant total de 222 000 euros avait été promise à la Fédération de la Course landaise suite à une réunion avec la préfète des Landes et cette même Fédération. Un plan d’action avait été élaboré mais les besoins pour couvrir les charges alimentaires et les frais vétérinaires de mars à septembre se montaient selon l’estimation à 500 000 euros.

Le vendredi 17 juillet, le Conseil départemental des Landes et le Conseil régional devaient être amenés à voter une subvention de 152 000 euros par le premier et 70 000 euros par le second.

Vous avez bien lu, il n’est ici, pas fait mention des ganaderias de bravos.

Mais ce vote a dégagé un fonds spécial de 412 000 euros pour venir en aide aux éleveurs de vaches … et de toros.

Ah, la bonne heure !

Ces éleveurs sont au nombre de 16 dans les Landes et de 5 dans les Pyrénées Atlantiques.

La Région Nouvelle Aquitaine a décidé de survenir à hauteur de 66 258 euros à ce fonds spécial lors de cette commission permanente du vendredi 17 juillet. Ce chiffre correspond à 12, 5 % de ce plan de solidarité complémentaire. Le département des Landes y participera à hauteur de 30 %. L’état et les intercommunalités concernées devraient aussi y abonder.

« … devraient aussi... » toujours inquiétant… En souhaitant également que le département voisin des Pyrénées Atlantiques participe et que les aides soient alors versées rapidement !

 

Gilbert Lamarque

Voir les commentaires

AURICE DE NOUS PLAIRE…

Publié le par Cositas de toros

Pour visionner le diaporama en plein écran, cliquez sur cette image.

Pour visionner le diaporama en plein écran, cliquez sur cette image.

… et cela nous a plu !

 

      14 juillet, point de défilé. Aucune importance, nous avions mieux à faire. Et en fait de défilé, il s’en forma bien un quelque part dans les Landes à deux pas du fleuve Adour, réunion de quelques véhicules.

Nous voici donc plein Sud, direction Aurice, à un jet de lancer de galets (de l’Adour) de Saint-Sever, Cap-de-Gascogne et de Mugron, bien sûr, le Belvédère de la Chalosse. Aurice, à la ganaderia Alma Serena que dirige aujourd’hui Philippe sans l’aide de Pierre trop tôt disparu, mais bien entouré, secondé par la famille et les amis fidèles.

Nous étions-là à l’invitation de la Peña Taurine Mugronnaise pour fêter le vingtième anniversaire de la création des Nouvelles Taurines et pour honorer les heureux primés que voici :

 

- 1er Nicolas Pommares de Mont-de-Marsan pour sa nouvelle, Sur un fil.

 

- 2ème le Nîmois Marc Delon, rompu à ce genre d’exercice pour, Pense bête.

 

- 3ème Pascal Castillon de Lanton (Gironde) pour L’ultime matador.

Au prolongement de cette terna, les suivants n’ont pas démérité et complètent l’ouvrage que vous pouvez obtenir pour 14 euros + 3 euros de frais de port auprès de la Peña de Mugron par mail ou par courrier, chèque à l'ordre de la Peña.

Vingt ans que ce prix littéraire existe grâce à l’instigateur, le Docteur Jean-Claude Mouchès et relayé aujourd'hui par Jean Mouneu, l’héritier.

 

     Cette journée bâtie sous le quadruple signe de l’amitié, de la simplicité, de l’authenticité et de l’afición, permit également de remettre le prix 2019 des critiques taurins du Sud-Ouest (ACTF) à Philippe Bats pour récompenser la meilleure novillada combattue dans notre Sud-Ouest taurin ainsi que pour l’ensemble de sa saison passée.

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Un tour au campo en remorque pour voir ou revoir toros, novillos et vaches dans les cercados bordés de nombreux et magnifiques chênes qui interrogèrent l’ami Jean-Louis H., à savoir s’il y avait des cèpes à la saison. L’épicurien fut déçu par la réponse.

Vivent paisiblement 75 vaches, 4 sementales, novillos et erales et cette année lors des naissances, il y eut quelques pertes, 6, des mères rejetant leur progéniture, les intempéries et même un veau attaqué par, sembla-t’il, un renard : dame nature, implacable.

 

 

     Temps idéal accompagné d’un petit vent qui vous évoquait les bords de mer et le soleil que nous avons vaincu sous le chapiteau où, avant les généreux et divers liquides et solides offerts à nos désirs de rapace, Bertrand Lucq, Monsieur Loyal de cette journée révolutionnaire mais ô combien pacifique, anima non sans humour et conviction une mini conférence-débat sur "la chronique ou la critique taurine".

Là, ce fut retour vers le passé pour évoquer le pionnier Gregorio Corochano, puis au fil du temps, Juan Leal, Don Severo du temps de La Petite Gironde, Claude Popelin… et  Georges Dubos, Pierre Veilletet, Yves Harté ou Vincent Bourg "Zocato"… 

Un heureux moment d’échanges avant les libations entre des chroniqueurs des temps présents, le chef d’orchestre et un torero-directeur d’école.

 

Responsables, heureux élus et jury des Nouvelles Taurines

 

     Lestés (important l’accent qui change "presque" tout), rassasiés, nous attaquons l’échelle de coupée pour nous percher sur le pont du navire, belle terrasse surplombant l’arène de tienta.

L’après-midi comprend la tienta de deux vaches pour Jean-Baptiste Lucq et son cadet Adrien ainsi qu’un novillo avec mise à mort pour l’aîné.

Donc après Bertrand le père, les fils ; nous étions bien à Aurice, banlieue de Mugron.

De bons moments, de beaux gestes et attitudes où l’on vit Jean-Baptiste super combattant comme à son habitude, parfois un peu brusque et précipité, auteur d’une belle épée, concluante. Adrien, plus posé, plus élastique (belle ceinture), prend un plaisir certain. Ils étaient entourés par les jeunes de l’école Adour Afición, présents également El Santo et le piquero Laurent Langlois.

 

     Ce vingtième anniversaire fut une réussite, 80 personnes avaient pris la direction du chemin de Lagastet et joint leur modeste participation "financière" car le but n’était pas de recevoir une assistance plus nombreuse, la peña privilégiant la convivialité et souhaitant simplement rentrer dans ses frais. Un esprit qui caractérise nos amis mugronnais : une journée loin du gain et du bénéfice, simplement de l’échange, un genre de troc : « Tu nous fais le plaisir de venir et nous sommes récompensés ».

 

     Nous ne pouvons qu’encourager le public à se joindre à nous, le lundi de Pâques 2021 autour des arènes de Condrette, nos chers amis le méritent bien, peña qui a su judicieusement passer le témoin entre les vieux burinés et les jeunes au duvet déjà dru et consistant.

 

Merci à eux, merci à nos amis d’Alma Serena.

¡ Enhorabuena !

                                                                                             Gilbert Lamarque

           

       2, place de la Laïcité

         40250 MUGRON

     05 58 97 74 45

     E-mail : pena-taurine- mugronnaise@wanadoo.fr

 

 

 

AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…
AURICE DE NOUS PLAIRE…

                                                                INFO

 

Voir les commentaires

GANADERIAS : FACE À LA RÉALITÉ

Publié le par Cositas de toros

 

Ganaderos entre inquiétude et espoir.

 

     En ces temps compliqués où l’économie est au ralenti, voire même à l’arrêt dans certains secteurs, il nous a paru opportun d’étudier les difficultés du campo bravo en nous entretenant avec le propriétaire d’une ganaderia de taille moyenne de notre Sud-Ouest.

Cette temporada 2020 s’est brutalement arrêtée fin février et il est évident pour tous les aficionados que, depuis ce jour, les ganaderos sont financièrement à la peine. Pour se faire une idée précise de ces difficultés, un ganadero a accepté de répondre sincèrement à nos questions sur les coûts annuels de son élevage afin d’établir le plus précisément possible le prix de revient d’un eral.

Ce troupeau est composé de 140 têtes de bétail dont 50 vaches reproductrices et sort essentiellement en novillada non piquée.

Les différents postes de dépenses sont regroupés dans le tableau ci-dessous.

       
                                                       Dépenses annuelles de la ganaderia*  
       
       
DÉSIGNATION  COÛT total/rubrique %
       
ALIMENTATION      
           Aliment Vaches 3000    
          Aliment Taureaux 7400    
          Foin 15000    
          Divers (pierres à lécher, compléments…) 600    
    26000 54%
       
FRAIS VÉTÉRINAIRES      
          Déparasitage 2fois/an, interventions 5000    
          Prophylaxie obligatoire 1900    
    6900 14%
       
       
DIVERS      
          Assurances 1700    
          Eau 2800    
          Électricité 1200    
          Gas-oil 1400    
    7100 14,50%
       
ADMINISTRATION      
          Cotisation EDE 555    
          ALMA suivi sanitaire 1300    
          MSA 4800    
          Gestion 2000    
    8655 17,50%
       
    48655  
       
 * Ces montants s'entendent Hors Taxes et hors amortissements des terres et du matériel 
structurel et  agricole.      
       
       

 

Avec ses 50 vaches reproductrices l’éleveur obtient en moyenne 46 vêlages par an. Sur les 46 naissances, (moyenne sur les dix dernières années), et un taux de 40% de mâles, ce sont 20 futurs erales qui voient le jour annuellement.

Le coût de production brut/eral serait donc de 48 000€/20 : 2 400€, les primes PAC et celle donnée à la vache allaitante, ramènent le coût de production net aux environs de 1 800€. Il précise que les erales se vendent actuellement à 1 500€ soit en dessous du prix de revient. Même en affinant ces chiffres avec la vente des vachettes « tientées » et éliminées, le bilan annuel reste déficitaire, déficit en partie compensé par des tientas et des réceptions.

Ces chiffres vous permettront d’appréhender les difficultés des ganaderos au plus près de la réalité.

 

Une discussion s’est ensuite engagée sur sa vision de l’avenir de la tauromachie.

 

Cositas de Toros : L’avenir, vous le voyez comment ?

Ganadero : Compliqué, très compliqué. Financièrement c’est très dur, nous ne sommes pas aidés, nous n’avons droit à rien et de plus, lorsque l’on vend des taureaux on nous demande toujours de faire un geste (financier) sinon on reste à la maison.

CdT: Vous dites que vous n’êtes pas aidés, mais on entend parler d’aide du département, de la région et de l’état. Quid de ces aides ?

G: Pour l’instant, pas de nouvelles, les seules aides concrètes sont pour les éleveurs de vaches landaises.

CdT : A ce propos, dans le journal Sud Ouest du mercredi 1er juillet, est paru l’article « Ganaderos dans la tourmente » sous la plume de Charles Laterrade où un ganadero disait : « S’il y a des sous pour tous, FFCL, bétail de corrida et jeux, tant mieux, mais il faut d’abord sauver la course landaise ». Vous en pensez quoi ?

G : Que c’est bien de ne penser qu’à soi mais, parmi les ganaderos landais il n’y en n’a pas un seul qui soit éleveur et, si les éleveurs de toro brave disparaissent, dans quelques années, où vont-ils aller acheter leurs coursières pour renouveler leur troupeau ? Dans les cinq ans qui suivent ils disparaîtront aussi.

CdT : Toute activité taurine étant arrêtée, ne serait-ce pas le moment de revoir l’organisation des spectacles taurins, je pense aux salaires des toreros et des subalternes, au nombre de peones dans le ruedo au moins pour les non piquées, voire même pour les piquées ?

G : Étant tous regroupés en syndicats, ils se bloqueront sur les acquis et ne céderont rien.

CdT : Ceci étant, si la situation perdure, et pour respecter les distanciations, on impose le mètre entre chaque spectateur, il est évidant que les tendidos ne vont plus autant se remplir.

: Ils feront sûrement un geste financier sur la fin de l’année, mais si en 2021 la pandémie régresse les choses reprendront leur cours normal. Les seules personnes qui nous soutiennent aujourd’hui ce sont les aficionados et quelques professionnels français. Les uns, par leur aide financière nous amènent un peu d’oxygène, les autres nous permettent de sortir quelques bêtes dans le cadre de la feria del campo. Sans eux aujourd’hui, nous serions morts, nous n’aurions aucune perspective.

CdT : Ça, c’est l’avenir à court terme, mais à moyen terme, comment entrevoyez-vous la temporada 2021, ne craigniez-vous pas une frilosité du public, une appréhension de s’entasser sur les gradins ?

G: Pour l’instant, nous allons essayer de finir 2020, certains spectacles s’annoncent pour la fin de l’année et d’autres n’ont toujours pas été annulés. Terminons 2020 car nous ne sommes pas sûrs d’exister encore en 2021. Pour la prochaine temporada je pense que les grandes arènes vont réduire la voilure, reste à espérer qu’ils feront leurs courses dans des élevages français qui sont en capacité de leur fournir la qualité dont ils ont besoin. A l’heure où l’on met en exergue la problématique écologique et son bilan carbone, je veux dire qu’au lieu de faire des milliers de kilomètres pour aller chercher des non piquées au sud de l’Espagne, il est des élevages dans un rayon de 80 km autour de chez eux qui ont tout ce qui leur est nécessaire dans leurs cercados et leurs propriétaires seraient ravis de continuer à faire leurs preuves. Nous sommes aujourd’hui, en France, 42 éleveurs dont 30 peuvent sortir en non piquée et en piquée. Nous avons fait l’effort d’acheter des reproducteurs en Espagne pour améliorer notre génétique, il serait temps que les organisateurs fassent aussi un effort pour que nous puissions en récolter les fruits. A tous les étages des spectacles, les éleveurs français ont prouvé qu’ils étaient à la hauteur des exigences demandées.

CdT : Frilosité du public, vous y croyez ?

G : Le public est en manque et nous sommes dans une région de convivialité pour preuve le lleno dans le cadre de la feria del campo. Le public est demandeur et s’il n’y a pas un deuxième crash financier cet hiver suite à une deuxième vague, il y aura du monde dans les arènes l’an prochain.

C.d.T : Vous balancez donc entre inquiétude et espoir ?

G : Je suis optimiste pour la partie spectacle, mais très pessimiste pour la partie élevage. Nous avons de plus en plus de contraintes sanitaires et financières. Les toreros gagnent de plus en plus d’argent et nous, nous vendons notre bétail au même prix qu’il y cinquante ans alors que les coûts de production ont triplé. S’il n’y avait l’agrotourisme ( tientas, groupes, réceptions) les ¾ d’entre nous auraient disparus.

Le soutient des aficionados par leurs dons en nature ou financiers nous donne de l’espoir et le devoir de continuer à nous battre, la force d’espérer et revoir nos bêtes combattre dans les arènes. Sans eux, nous n’existerions déjà plus…

 

C’est sur cette note d’espoir que se termine cette entrevue.

 

Espérons que cette fin de temporada leur permettra de passer un hiver plus clément afin qu’ils puissent, comme la nature, reverdir au printemps pour ne pas perdre le gusanillo.

 

Patrick Soux

 

 

 

Info

GANADERIAS : FACE À LA RÉALITÉ

Voir les commentaires

TOUS « CHOCOLAT » !

Publié le par Cositas de toros

     

     Les fêtes de San Fermín qui se tiennent entre le 6 et le 14 juillet ne se dérouleront pas cette année : point de "chupinazo", l’acte d’inauguration des festivités.

En cette veille de « non » fêtes, Pampelune où je suis allé pleurer pour vous sur le parcours de l’encierro depuis la Cuesta de Santo Domingo et les coralillos, semble empruntée, déboussolée. Peu de monde, de groupes d’amis dans les rues et les terrasses des cafés qui couronnent la Plaza del Castillo, une cité endormie, patraque.

 

Plaza del Castillo

 

     La soirée est fraîche, un vent froid s’engouffre dans le moindre recoin chassant les plus courageux qui renoncent aux copitas suivantes et aux pinchos. La lune, pâle, veille déjà, le soleil rasant encore le haut des façades. Sous les terrasses, les braseros sont allumés nous permettant de lutter, de résister mollement, et enfin de nous permettre de dîner. Sommes-nous vraiment en juillet ?

N’abandonnant pas les trastos, c’est à la terrasse du bar Txoko que je retrouve un brin de quiétude mais loin de l’extase malgré tout. Et c’est ici, que je déroule le plus naturellement ma faena devant "un plato de patas de pulpo a la brasa con patatas a la gallega y pimientos de Padrón", mettant la jambe, baissant la main.

Quittant notre querencia, on a le sentiment qu’il ne faudrait qu’un pétard même mouillé pour que les pañuelos surgissant de nulle part se nouent autour des cous pamplonicos. Parions que les mozos marqueront le coup ! Ce n’est guère envisageable autrement. Les surprises et improvisations sont à venir, c’est dans l’air !

 

     Le lendemain à l’heure du cohete les yeux rivés vers le haut de Santo Domingo, pas de mirage, pas l’ombre d’un toro, aucun bruit de galop sur le pavé.

¡ Que pena !

 

Angle de Santo Domingo et de la Plaza Consistorial

 

   

 

Los coralillos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

    

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Remontant le parcours, au 28 de la célèbre Calle Estafeta, enfin des toros… en chocolat !

 

     La magnifique et gourmande vitrine de la maison Garrarte nous invite par une somptueuse véronique courtisant l'éternité à nous plonger dans la nostalgie.

 

 

     Derrière la carreau, une belle boîte ornée d’une photo de l’encierro du 08/07/36 (voir Cositas du 17 juin, "Il y a 84 ans la San Fermín 1936"),

 

 

l’encierro en chocolat et ses nuances de robes, des bonbonnières rehaussées par des cartels anciens voire même préhistoriques.

Le capote nous aimante, nous succombons à la tentation… Amen. Nous ressortons brandissant les trophées maximum.

 

     Quittant l'encierro, nous traversons la Plaza del Castillo. Nous voici Avenida Carlos III.

Le bruit d’un galop sur l’asphalte ???

Le temps d’un soupir, de tourner la tête, ils sont passés. Bizarre, je me pince (légèrement). Mais bien sûr, les toros de bronze de Mariano Benlluire !

 

 

     Du bronze après le chocolat !

 

     Le conseil municipal a placé une "sculpture de lettres" de douze mètres, Plaza del Castillo, avec de nombreuses photos des sanfermines passées. # LosViviremos.

 

 

      La ville a publié une brochure informative à plus de 100 000 exemplaires, en forme de foulard, dans laquelle elle rappelle à chacun les recommandations de circonstance.

 

 

     En résumé, la fête se vivra à la maison par le biais des réseaux. Tout un programme est prévu pour chaque jour sur losviviremos.pamplona.es.

 

     Au Palacio del Condestable, bel édifice du XVIe siècle au carrefour de la Calle Mayor et de la Calle Jarauta, vous replongez, au rez-de-chaussée, dans les encierros passés par le biais d’une belle expo photos, puis à l’étage pour les amoureux de musique et les curieux, une exposition monographique des objets, souvenirs, instruments… concernant la vie et l’œuvre de Pablo Sarasate,

 

 

le musicien le plus célèbre de Pampelune, né dans la capitale de Navarre en 1844, décédé à Biarritz en 1908 : magnifique legs du compositeur et violoniste à sa ville natale pour notre plus grand plaisir.

 

     Voici Iruña, deux jours avant l’heure qui ne viendra pas. Adieu churros et chocolat chaud du petit matin !

 

    6 juillet, midi.

© Noticias de Navarra

      Un grand foulard est déplié depuis les balcons du deuxième étage de la mairie, 11 mètres de large, 4,70 mètres de haut. Il restera suspendu jusqu'au 14 juillet comme une sentinelle.

 

  Les autorités navarraises craignant les débordements, ont déployé un impressionnant dispositif policier. Les différents points névralgiques du centre sont verrouillés. Les irréductibles pamplonicos auront beaucoup de mal pour improviser librement, mais c'était dans l'air.

La joie se transformera très vite en frustration. 

Pour achever le mozo, tous les bars fermeront à 23 heures !

 

 

    Pendant trois jours, du 7 au 9 juillet, Plaza Toros TV s'installe dans les arènes et nous montre comment vit Pampelune sans Sanfermines https : // plazatoros.tv /

...

¡ Viva San Fermín 2021 !

                                                      

                  Gilbert Lamarque

 

Voir les commentaires

LES FAMILLES DANS LE TOREO

Publié le par Cositas de toros

 

     Bien souvent, les toreros sont issus du monde de l’arène ou des corporations voisines.

Du XVIIe siècle, de Pepe Hillo au monde contemporain, de Diego Puerta, "Paquirri", les abattoirs jouèrent un rôle prépondérant. Nombreux sont ces toreros dont le père fut employé de l’abattoir ou le concierge des lieux.

D’autres, comme "Antoñete", étaient fils de concierge des arènes ou bien, fils de mayoral tel Marcial Lalanda.

Encore plus près du ruedo, carrément sur le sable, ils furent nombreux ceux dont le père était banderillero, subalterne ou même torero de peu de renom, ex-novillero, Paco Camino fils d’un humble novillero, par exemple.

Quelques exceptions dont Luis Miguel Domínguin et ses frères, et Antonio Ordoñez dont les pères furent plus que d’honnêtes matadors, Domingo Gonzalez Mateos pour le premier, Cayetano Ordoñez "Niño de la Palma" pour le second.

Plus près de nous encore, José Mari Manzanarez et son fils, hélas décevant. Les juniors Camino, Litri, Terruel, etc, restèrent bien en deçà des capacités et aptitudes de leur géniteur.

 

     Après avoir, il y a quelques temps, dépoussiéré la carrière des frères Julian et Isidro Marín Arnedo de Tudela, inconnus de la plupart d’entre nous, nous vous proposons à partir de ce jour, une virée dans les familles, voire dans les dynasties du toreo, pères, fils, frères, cousins, beaux-frères. Seul, le Saint-Esprit ne sera pas traité ici.

 

 

UNE FAMILLE AUX RACINES ANDALOUSES, LES "LITRI" DE HUELVA

 

     Cest depuis un village très proche de Huelva, Palos de la Frontera, que le 3 août 1492, Christophe Colomb s’embarqua lors de son premier voyage pour ce qu’il pensait être les Indes.

C’est de Huelva que se forma la dynastie des "Litri" pour appareiller à la conquête de l’Empire taurin.

 

     Tout débuta avec Miguel Báez "El Mequi", très modeste torero né à Huelva dans la première moitié du XIXe siècle, disparu en 1863. Il était le contemporain des figuras, Francisco Arjona Herrera "Cuchares", Manuel Domínguez "Desperdicios". On retiendra qu’il est le père de Miguel Báez Quintero considéré comme le vrai fondateur de la dynastie des "Litri".

 

 

Miguel Baez Quintero

 

     Né à Huelva en 1869, Miguel Báez Quintero était torero par tradition suivant les traces de son père mort quand il avait 6 ans.

Il existe une anecdote le concernant qui raconte qu’un jour, il n’avait pas 13 ans, marchant dans un champ près de Huelva, ramassant un peu de foin, un toro attaqua son chien. Miguel le défendit avec un sac mais il s’emmêla les « pinceaux », le cornu lui infligeant une cornada superficielle à la cuisse droite dont le garçon mit peu de temps pour guérir : le baptême du sang avant d’être torero !

En 1885, il était banderillero puis les années suivantes, il connut le succès. Huelva ne possédait pas d’arènes, alors en raison de ses succès, il est décidé de construire une arène en bois. Elle fut inaugurée en 1889. Il reçut l’alternative à Séville, le 30 septembre 1893 des mains de "Bonarillo", toros d’Antonio Halcón. Il confirmera à Madrid quelques jours plus tard avec "Guerrita" comme parrain, "Lagartijo" comme témoin, toros du duc de Veragua.

 

 

 

     Il créa une société, le 23 janvier 1902 afin d’édifier une arène en dur qui est rapidement terminée, le 5 septembre de la même année. Pour l’inauguration, il combat, aux côtés de "Machaquito" des toros de Saltillo.

La réussite se raréfiant, à l’occasion des fêtes de Huelva, le 6 septembre 1911, il torée pour la dernière fois, en compagnie du vizcayen Cástor Jaureguibietia Ibarra "Cocherito de Bilbao" et de Francisco Martín Gómez  "Martín Vázquez", du bétail des héritiers de Julio Laffite, défavorisé par un réel embonpoint, le privant des premières places.

Il s’intéresse ensuite à la politique. Après la mort de son fils Manolito à Málaga, il perdit son épouse, la mère de ce dernier, l’année suivante en 1927. Qu’à cela ne tienne, il se remarie le 23 janvier 1928 avec… la fiancée de son fils, Angeles Espuny Lozan ! De ce nouveau mariage, il eut trois enfants dont, le 5 octobre 1930, Miguel Báez Espuny.

Il meurt le 14 janvier 1932 à l’âge de 62 ans.

 

 

Manuel Baez Gomez

 

     Manuel Báez Gómez est né à Huelva le 2 août 1904 (d’autres sources donnant le 3 août 1905 et Don Ventura assure que dans l’acte de baptême, son nom et prénom étaient Miguel Gómez Fernández).Torero vaillant, il est gravement blessé à Málaga, le 11 février 1926 recevant une cornada à la jambe droite par le toro "Extremeño" de Guadalest. La gravité de la blessure, le 17 février, oblige à l’amputation, mais il meurt le lendemain des suites de la gangrène. Il toréait en ce jour funeste avec Marcial Lalanda et "Zurito".

 

La cogida fatidique

 

     Il avait pris l’alternative à Séville, le 28 septembre 1925, parrain "Chicuelo", témoin Pablo Lalanda, toros de Moreno Santamaría. Il confirme le 9 octobre devant le fer de Villamarta, parrain Marcial Lalanda, témoin Nicanor Villalta. La compétition avec "Niño de la Palma", le père d’Antonio Ordoñez, s’annonçait captivante.

 

 

Miguel Baez Espuny

 

     Miguel Báez Espuny, demi-frère du précédent, est né à Gandia (Valence), le 5 octobre 1930. Il n’aura pas connu son frère Manolito. Il débute comme novillero à Valverde del Camino (Huelva) en 1947. Il forme avec Julio Aparicio, une pareja de novilleros au succès grandiose. Il toréa 114 novilladas en 1949 et 87 en 1950 ! Cette ascension fulgurante l’amène à prendre l’alternative rapidement, le 12 octobre 1950  à Valence des mains de Joaquin Rodríguez "Cagancho", toros d’Antonio Urquijo, et confirme la même année devant des bichos de Fermín Bohórquez, adoubé par Pepe Luis Vázquez et Antonio Bienvenida.

Au cours de sa carrière, il annonce plusieurs fois sa retirada. Il réapparaît en 1987 pour donner l’alternative à son fils à Nîmes.

Remarqué pour son courage, ses cites à très longue distance et auteur de nombreux desplantes, il est considéré comme le premier matador "trémendiste".

 

 

Miguel Baez Spinola

 

     Miguel Báez Spinola, fils du précédent est né à Madrid le 8 septembre 1968. Il commença à toréer en compagnie de deux autres fils de matadors célèbres : Rafael Camino, fils de Paco et Julio Aparicio, fils de Julio…

 

 

     La pareja formée par "Litri" et Rafi Camino remporta un vif succès jusqu’à l’alternative prise le même jour à Nîmes. C’était le 6 septembre 1987 pour la Feria des Vendanges, lleno assuré. Parrain, bien sûr, Papa, témoins Paco Camino et Rafael qui prend donc l’alternative au toro suivant de Jandilla.

Il confirma à Madrid, le 16 mai 1991, parrain Manzanarez (le père), témoin José Ortega Cano, toros de Juan Andrés Garzón. Il se coupe la coleta en 1998.

 

     Toute la descendance d’"El Mequi" a porté l’apodo de "Litri".

 

     La ganaderia Los Guateles, située à Cáceres, avait été acheté en 1995 par M. Báez Espuny, "Litri SA". En juin 2005, il vendit la majeure partie du bétail à Manuel Bajo. Désillusionné, Fernando Domecq l’encourage à continuer. En 2012, il achète des vaches du fer de Juan Pedro Domecq. Le fils, M. Báez Spinola était le représentant de la ganaderia depuis Huelva. Mais en 2014, Alberto Baillères, le richissime mexicain rachète Los Guateles et toute la propriété et ses 1400 hectares pour une somme approchant les 11 millions d’euros. Selon El Mundo, les "Litri" accumulent une fortune de 43 millions d’euros dans les diverses entreprises familiales.

La famille continuera à être liée au monde de la ruralité, ayant acquis la finca El Parral de 800 hectares dans la province de Badajos.

Muleta posée, Miguel Báez Spinola se montre pas maladroit en affaires et très présent dans les magazines people.

 

                                                                           Gilbert Lamarque

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 > >>