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La Venta del Batán

Publié le par Cositas de toros

 

            Dans quelques semaines, la Venta del Batán retrouvera son activité avec les jeunes souhaitant devenir toreros.

Voilà plus de 3 ans, janvier 2018, que le lieu avait été fermé par arrêté de la maire de Madrid de l’époque, Manuela Carmena*. Avant, en 2015, elle avait retiré la subvention de l’école Marcial Lalanda accueillie alors par la Communauté de Madrid avec l’École de Tauromachie Yiyo.

En 2020, le gouvernement régional et la mairie de Madrid ont convenu de reprendre l’activité en emmenant l’école régionale de tauromachie au Batán et en y unifiant l’enseignement de la tauromachie. La mairie a accepté de signer un protocole de collaboration de la tauromachie.

« Ce protocole intégrera les objectifs d’unification des écoles de tauromachie municipales et régionales en une seule, dont l’emplacement sera dans les installations municipales de la Venta del Batán. » avait expliqué le délégué de la zone Culture, Tourisme et Sports de la mairie de Madrid.

En parallèle, le délégué a souligné qu’une étude avait été demandée à la Fondation Toro de Lidia, dans laquelle les écoles de tauromachie existantes à Madrid et sa communauté ont été analysées, concluant que, compte tenu de la demande qui existe aujourd’hui et sachant que dans la Communauté de Madrid cohabitent sept écoles taurines, il fallait articuler un centre unique dans la capitale, doté de bonnes installations et de rigueur académique, qui deviendrait l’école de référence.

En outre, le protocole comprendra la récupération des récompenses taurines de la Feria de San Isidro de manière unifiée, ainsi que la promotion par les deux administrations de la tauromachie en tant que patrimoine culturel.

À la suite, un appel d’offres avait été lancé pour un contrat de concession de travaux et d’exploitation et qui entraînera donc, une réhabilitation complète de la Venta del Batán – enfin – et l’exploitation des installations en tant qu’école de tauromachie et centre d’exposition et de diffusion de la tauromachie en tant que patrimoine culturel.

 

     Hier, la Venta del Batán était le cœur de la San Isidro.

À l’ouest de Madrid, le poumon vert est ce parc immense, la Casa de Campo** où les Madrilènes vont se balader entre la forêt, le lac, le zoo, le parc d’attractions et le téléphérique reliant la Casa de Campo au Parc de l’Oueste, sur l’autre rive du Manzanares.

     Hier, les Madrilènes, les professionnels et les aficionados prenaient le métro, sortie Batán et venaient admirer tous les lots de toros qui allaient combattre les jours suivants à Las Ventas. Ce lieu mythique était composé de huit enclos et autant de lots de toros. Depuis 17 ans, Madrid a rompu la tradition et les lieux ont subi les affres du temps.

Madrid plage

 

     On y buvait du Fino – souvenir – et les élèves de l’école taurine Marcial Lalanda s’y préparaient physiquement et "tientaient" le bétail dans les arènes El Yiyo adjacentes au hangar.

     En mai 1995 – autre souvenir – nous avions vu un petit blond surclasser ses camarades. Le 20 juillet suivant, à l’occasion de la Madeleine montoise, nous retrouvions le petit blond, sous le nom de Julian Lopez "El Juli". Il coupa, ce matin-là, une et une oreille aux becerros de La Ermita, nous gratifiant de tout un répertoire de la passe fondamentale au moindre adorno. Ce jour-là, le palco s’était montré bien généreux avec l’octroi de la première oreille lors d’un "spectacle" plutôt "monté" pour ce gamin.

Avant lui, de prestigieux élèves s’étaient fait un nom : Joselito, El Fundi, José Luis Bote, Uceda Leal, Cristina Sánchez, Miguel Abellán et la première génération "Los Principes del Toro", les trois jeunes toreros de la promotion 1976 : Lucio Sandín, Julián Maestro et José Cubero "Yiyo". Des fantômes continuèrent à hanter les lieux, quelques nostalgiques. Certains professionnels comme Marc Serrano s’entraînent plusieurs fois par semaine.

     D’ici quelques jours, la Venta del Batán va retrouver son école dans un joli cadre de verdure où depuis 1950 s’exposaient les toros combattus par la suite à Las Ventas.

 

En métro, ligne M-10, sortie Batán, 5 minutes à pied ; sortie Casa de Campo, 15 minutes. Métro pris Puerta del Sol, 20 minutes de trajet.

 

*Elle avait été élue en juin 2015 sous l’étiquette Maintenant, Madrid (Ahora Madrid), mouvement positionné à gauche. José Luis Martínez-Almeida, membre du Parti Popular, libéral et conservateur, lui succède en juin 2019.

**Philippe II, en 1562, décide de transférer la Cour à Madrid et d’y résider. Le roi délimite un domaine reliant le palais avec le pavillon de chasse du Pardo, puis autour des propriétés se rajoutent achetées aux voisins. Lors de la proclamation de la Seconde République en 1931, l’ensemble est cédé aux Madrilènes qui en profitent depuis, pleinement sur 1 700 hectares !

 

                                                                     Gilbert Lamarque

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Salsa picante

Publié le par Cositas de toros

 

Mont-de-Marsan, novillada de Saint-Perdon. Dimanche 29 septembre, 17h30.

Soleil, ciel d'azur.

 

 Photos : Frédéric Martinez     

 

   

             

              Ce dimanche, nul "Rascatripas" , nul "Somnanbulo" primés au Plumaçon, respectivement en 2017 et 2019 dans le cadre des novilladas organisées avec passion par la Muleta de Saint-Perdon. Non, le tambour-major "Oportunista" aux mensurations légèrement réduites se bonifiera en fin de faena après avoir poussé sous la première pique administrée par le piquero de réserve ; "Operista" mieux présenté comme les suivants, le seul à "rémater" ; "Picador" astifino, distribue hachazos y derotes – manque de race ou mala casta ? – "Hípico" autre brute ; "Cantinero" le seul, enfin à baisser le chef, chargeant avec une certaine alegría et "Soñador" concluant la tarde, avisé, sans charge soulignant son peu de race.

 

Picador

 

     Non, les Pincha sortirent sans l’excellence ni la saveur du renommé piquillo de Lodosa mais plutôt en qualité de piment entre le "cayenne" et le "langue d’oiseau" ! Donc un bétail trop dur pour ces novilleros encore tendres, Manuel Perera, le plus expérimenté. À cela, rajoutez des cuadrillas bien déplorables entraînant des premiers (13 rencontres) et deuxièmes tercios des plus aventureux, d’où les bichos 1, 2 et 4 se jetant sur le picador réserviste lors de la première administration. Un seul piquero en piste semblait plus judicieux, choix préconisé par les organisateurs mais pas par l’exigence de la confrérie des picadors. Comment lier une sauce avec de tels ingrédients ?

     Adam Samira est déjà averti par deux fois au capote. À la muleta, trois séries de derechazos mais servies sans se croiser avec le pico. L’Arlésien crie beaucoup aussi fort que les "¡bieeen!" éructés du callejón. Le Pincha se bonifie, pas l’agitateur de flanelle. La mort est longue après deux pinchazos et une lame delantera. Avis, salut au tiers.

"Hípico" est mal piqué en carioca et aucune transmission, aucune liaison n’agrémentent cette non lidia. Samira reste marginal et tue rapidement en s’engageant, d’une entière caída. Pétition d’oreille logiquement refusée par le palco, (Pierre Nogues, Roquefort, président). Vuelta.

 

     Manuel Perera reçoit "Operista" par de vilaines véroniques à genoux qui ne s’imposaient pas, le voici déjà débordé. Passons sur le tercio de varas. Perera débute bien à la muleta avec des derechazos de bonne facture mais finissant par l’étouffer. Le bicho se fige, les muletazos sont arrachés un par un. Entière de côté sur un novillo de marbre, silence.

     Il attend "Cantinero" de rodillas a porta gayola. Sous la muleta, le Pincha se livre en "humiliant", de la noblesse sourd de la pointe des cornes. Les séries sur les deux rives déclenchent la musique en cette seule occasion, puis après la flanelle accrochée, la faena va a menos, le final encimista se terminant par manoletinas, tout ceci un tantinet longuet. Une estocade quasiment entière, en place, d’effet rapide libère un pavillon. Lui aussi hurle sans cesse.

 

     Christian Parejo est applaudi à la cape avant deux piques quelconques. Mathieu Guillon est invité à saluer après deux bonnes paires de palos. La faena ne s’envolera pas, plombée par un cornu violent visant les chevilles sur des retours vifs. Voltereta sans mal. Échec à l’estoc, silence.

Il boitille durant le toreo du dernier : voltereta précédente ou souvenir de sa fracture du péroné ? Mathieu Guillon, le plus en vue des piétons, assure la brega. Parejo se limite à un répertoire de proximité, les opportunités sont nulles. Échec avec la rapière, avis, silence.

     L’ombre de J.J. Padilla, présent discret au callejón, a plané sur Manuel Perera tout au long de la tarde. L’Aficionado plus déçu par la gent piétonne que par les quadrupèdes à aucun moment mis en valeur par une main plus confirmée. Un peu plus de 1 000 entrées, ce n’est pas suffisant.

 

     En préambule, Dominique Valmary, Président de l’UVTF, remit le Prix "Tio Pepe" 2019 au Maire de Saint-Perdon, Jean-Louis Darrieutort et au Président de la Muleta, Pascal Darquié. Ce prix prestigieux délivré avec deux ans de retard dû à la pandémie consolera les organisateurs déçus quelque peu.

 

                                                      Gilbert Lamarque

 

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De la vache laitière au toro bravo

Publié le par Cositas de toros

                 Dámaso González

 

            Dámaso González Carrasco, décédé le samedi 26 août 2017, voici 4 ans, était l’une des grandes figuras de la tauromachie des années 1970/80 avec Manzanares, Paquirri et El Niño de la Capea.

 

1994

 

     Albacete s’est réveillé ce samedi 26 août sous la rumeur qui, bientôt, est devenue une bien triste nouvelle : Dámaso est mort. Dámaso avait 68 ans, González Carrasco avait consacré sa vie au toro. C’était EL TORERO, au singulier et en majuscules, de la capitale de la Mancha.

Un cancer des os rapide l’a emporté. Le jour même de sa mort, la sculpture que Pedro Requejo avait réalisée pour lui devant les arènes "La Chata" était remplie de fleurs en hommage à l’un des siens.

     Dámaso est né le 11 septembre 1948 en pleine Feria de la Virgen de los Llanos, dont il a combattu de nombreuses tardes – 87 fois lors de la Feria –, et quitte cette terre moins de deux semaines avant la célébration du centenaire de la plaza lors de la prochaine feria.*

Il a porté son premier costume de lumières le 27 août 1966 et il a combattu en public pour la dernière fois à Albacete, le 16 septembre 2003. En octobre 2011, il torée, alors spectateur durant un festival au profit de la famille du subalterne Manuel Montoya.

Durant sa vie de torero, celui qui fut connu au tout début sous le nom d’El Lechero, issu d’une famille éleveuse de vaches laitières – il travaillait dans la laiterie familiale –, n’a cessé de se battre pour que la course caritative d’Asprona et le festival de Cotolengo soient une réalité.

     Dans la chronique de sa confirmation d’alternative, le 14 mai 1970, Antonio Díaz-Cañabate le jugeait ainsi : « Le sixième est un toro de Galache, réservé et tardo. Vous devez le combattre. Dámaso s’expose avec courage, mêlé de courage. Le courage triomphe et le torero emmène le toro où il ne veut pas aller. »

 

     En 1969, après avoir réussi à Barcelone et à Madrid, il prend l’alternative à Alicante des mains de Miguelín, Paquirri étant le témoin. Il confirme l’année suivante, le 14 mai. Les graves coups qu’il a subis à Almansa, Castellón et Málaga, ne l’ont pas empêché de gravir les échelons. Il est sorti a hombros de Las Ventas en 1979 et 1981. Il a pris sa retraite, pour la première fois, à Valladolid, le 20 septembre 1988. L’insistance de son compatriote Manuel Caballero le fait revenir dans les ruedos pour lui donner l’alternative à Nîmes, le 20 septembre 1991. Encouragé par le succès, il repart au combat.

 

     En 1993, il gracie à Valence, le toro "Gitanito" de Torrestrella ; à Tarazona de la Mancha, "Pestillito" de Samuel Flores.

     En son temps, l’écrivain Fernando Claramunt a écrit qu’en 1956, il y avait un torero à Albacete pour 286 habitants. Tous, sans aucun doute, regardaient la calle de la Feria et rêvaient de combattre un jour dans "La Chata", les arènes de la capitale de la Mancha, plaza centenaire en cette année 2017. Seuls certains l’ont fait, bien sûr. Dans les années 50, les aficionados étaient divisés entre les locaux Juan Montero et Pedro Martínez "Pedrés", ce dernier avec une carrière plus longue. Mais la grande idole sera Dámaso González détenant le record à "La Chata" avec 102 paseos (données par le magazine 6Toros6) suivi de Manuel Caballero avec 51.

Albacete © Manuel Podio

     Malgré son courage, il n’avait pas la faveur de la foule comme il l’aurait méritée, public d’Albacete mis à part. Petit, visage souffreteux, il n’avait rien de comparable physiquement avec L.M. Domínguin ! Avec la gueule et la plastique du "número uno", il aurait été adulé par tous les aficionados de toutes régions, lui, le courageux, le dominateur, venant à bout des tíos, toujours sur le fil de la corne, la muleta en balancier et dans un mouchoir de poche, et jamais vulgaire comme certains le prétendirent. Ojeda ou Tomás n’ont rien inventé !

     Dámaso débuta à Mont-de-Marsan le 19 juillet 1970 combattant des Cuadri et fit 13 fois le paseo, coupant 13 oreilles ; dernière apparition, le 20 juillet 1993 lors d’une corrida-concours : Murube et Cebada Gago. Triomphateur de la Madeleine 86, deux pavillons à son second Miura.

     À Bilbao, il défila à 29 occasions tout comme Rafael Gómez "El Gallo". La première fois, le 23 août 1969 accompagné d’El Viti et Paco Camino ; despedida dans les arènes de Vista Alegre, le 18 août 1993, toros de Baltasar Ibán.

     Il a combattu plus de 1 200 toros tels que Miura, Victorino Martín, Pablo Romero, Guardiola, Cuadri, Nuñez, Torrestrella, Jandilla ou Atanasio, Buendia Murteira Grave…

 

     Le 15 septembre 2015, sa statue a été inaugurée devant la plaza de su tierra.

     Il a reçu, à titre posthume, la Médaille d’or du Mérite des Beaux-Arts 2017. C’est bien trop souvent que les médaillés de tout poil reçoivent la décoration postmortem… Ils doivent pourtant en avoir besoin pour s’acquitter du droit de passage sur le Styx, Charon veille au grain !

 

* La plaza, propriété municipale, a été construite à l’initiative du maire, Francisco Fontecha. En 1916, il considérait que l’ancienne arène inaugurée en 1829 réclamait un remplacement. À cet effet, une société anonyme a été créée pour la construction et l’exploitation du nouveau ruedo, sur le terrain de l’ancien. Les travaux débutent le 17 février et moins de neuf mois plus tard, le 9 septembre, "La Chata" est inaugurée. À l’affiche, des toros de Fernando Villalón pour le Mexicain Rodolfo Gaona, Joselito "El Gallo" et Saleri II. El Gallo, grande figure de l’époque avec Juan Belmonte, a coupé les deux premières oreilles.

     La plaza est considérée d'architecture de type mudéjar, classée en 2e catégorie, hébergeant 10 000 spectateurs.

                                                                Gilbert Lamarque

 

 

                                                              

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Feria de la pêche et de l'abricot. Saint-Gilles 2021

Publié le par Cositas de toros

 

                SURPRENANTS MALAGA ET DÉCEVANTS JOSÉ CRUZ

 

 

Samedi 21 août.

 

   

      Novillada de la Ganaderia de Malaga, située à Maussane-Les-Alpilles et conduite par Pierre-Henry Callet avec un bétail d’origine Domecq par Garcigrande / Domingo Hernandez. Très joli lot bien dans le type, trop gras le 1. Armures correctes. Très nobles dans l’ensemble mais sans mièvrerie sauf le 1 carrément soso et le 6, plus brouillon, ils ont démontré un fond de caste intéressant mais furent très peu piqués (9 piques), alors qu’ils en auraient supporté tous 2 ou 3... Très mobiles, ils ont donné du jeu et permis un spectacle entretenu. Vueltas posthumes au 3, méritée, et au 6, grotesque. Tous nés en 2018. 4 noirs, un castaño et un tostado. A ce propos, encore une fois, la présidence a démontré une incompétence confondante : changements de tiers intempestifs, aux ordres des toreros, trophées indus, déclenchement de la musique hors de propos. Les décisions inopportunes, notamment concernant la gestion des piques, influent grandement sur la lidia et le déroulement de la course. La présidence est un poste à responsabilité qui n’a rien d’honorifique. Il y a encore du travail à faire sur les mentalités.

     Carlos Olsina, bleu et or, ne sait pas toréer mais évidemment, il croit le contraire et apparemment son entourage aussi. Le 1 était un train, le garçon a donc joué au garde-barrière pour une kyrielle de passes sans intérêt. Aucune domination, la muleta à Saint-Gilles mais le cul à Arles. De toute façon, le toro n’a rien vu, et nous non plus d’ailleurs. Silence après avis, un tiers d’épée et une quinzaine de coups de descabello.

Le 4 était moins facile. Brouillon, le garçon a été incapable de dominer l’animal et de régler sa charge. 3/4 d’épée au second envoi, avis et salut.

 

     Solalito, bleu et or, est un jeune torero vaillant, qui va sur le terrain du toro, mais dont la bagage technique est encore insuffisant à la muleta. La conduite de la charge est médiocre, de même que la sortie de la passe. Du coup le garçon est débordé, la muleta accrochée. Épée entière contraire après pinchazo, descabello et silence au 2.

Un peu mieux au 5, les séries ont été plus abouties et de meilleure qualité mais la charge du toro était pesante. Une épée entière en place d’effet rapide a libéré une oreille pour les amis.

 

     Christian Parejo, violet et or, a déjà du bagage et ça se voit. Il fera montre de beaucoup d’autorité face au 3, le meilleur de l’encierro, des deux côtés. Malgré un désarmé fortuit, il construira une faena complète conclue d’une estocade foudroyante à la rencontre qui fera tomber deux oreilles.

     Le 6 était plus désuni mais de bonne charge. Cité de loin, il viendra sans se faire prier pour une entame de qualité. Quelques séries gauchères de bon aloi, encore un désarmé, détail qu’il faudra régler, épée entière en place concluante et oreille.

Il remporte la Chaquetilla d’or mise en jeu pour l’occasion.

Beau temps. 1/3 d’arène.

 

Dimanche 22 août.

 

   

      Corrida de José Cruz de Salamanca, d’origine Domecq par Daniel Ruiz. Lot bien présenté mais faible et de peu de caste. Peu piqués (7 piques), fades et mous, ils n’ont pas permis à la course de décoller. Né en automne 2016 et printemps 2017. 2 noirs, 2 tostado, 1 castaño et un colorado. Comme quoi la carrosserie, ça ne fait pas tout.

Mano a mano Juan Leal et El Rafi, sobresaliente Jérémy Banti.

     Juan Leal, vert pomme et or, a fait du Juan Leal. Ce garçon a un cœur gros comme ça et un courage à toute épreuve. L’ennui, c’est qu’il semble toréer sans réflexion. Tant que le toro passe, il reste fuera de cacho. Quand le toro ne passe pas ou plus, il vient dans les cornes pour un final tremendiste de mauvais aloi qui frôle la vulgarité. Il mise sur son agilité pour se tirer des mauvais pas. Il est à craindre qu’un jour, ça ne marche pas. Il surfe sur les frissons des tendidos pour faire tomber les oreilles. Et pour peu que l’estocade soit concluante, ça fonctionne. Devant le 1, soso, il ne s’est jamais croisé, a failli y laisser une fesse, seule la culotte a été décousue, car enfin le toro s’est aperçu de quelque chose, a mis une épée entière en place et a coupé… 2 oreilles accordée par une présidence presque aussi mauvaise que la veille.

     Le 3 avait peu de charge. Juan est donc allé dans les cornes pour tirer des passes une à une. Épée entière contraire. Mort longue et oreille (!).

Le 5 a enchaîné les chutes et le trasteo est resté au sol. Juanito a aussitôt intégré les cornes et s’est fait attrapé sans mal en fin de faena. Une demi-épée après demi-metisaca plus tard, descabello, avis et salut.

 

     El Rafi est tout jeune matador ; il ne manque pas de qualités et a fait beaucoup de progrès depuis son alternative arlésienne. Il ne s’affole pas, se croise, charge la suerte et "cite" de loin quand l’occasion se présente. En revanche pas de maîtrise de l’épée en ce moment. Longues séances de carretón à prévoir. Le 2 s’est avéré vite faiblard, perdant les mains à plusieurs reprises au deuxième tiers. Rafi a bien démarré à la muleta avec trois séries de la gauche de bonne facture. Le toro a "embisté" en terre et s’est vite réservé. Il a fallu réduire à droite et terminé par quelques recortes pertinents. La fin fut catastrophique : bajonazo, quatre pinchazos, avis, trois descabellos et silence.

Le 4 a pris une pique triple dose et a enchaîné avec une vuelta de campana qui a entamé son capital. Il a supporté un quite par gaoneras de Rafi, deux paire de banderilles et un cite au centre avec changement dans le dos à la mode Castella. Après, il a fallu le laisser respirer, ce qu’à fort bien fait le garçon avec beaucoup d’intelligence entre les séries. Il a pu ainsi instrumentaliser la meilleure faena possible avec un tel partenaire. Hélas, bis repetita à l’épée : 1/4 d’épée, pinchazo puis entière caída. Vuelta.

Le 6 était faible et le torero fatigué. Ça a donné une faena, sans réelle domination d’un toro qui se réservait de plus en plus et se défendait sur place. Rafi averti sans frais s’est appliqué à l’épée : entière en place finalement concluante et oreille pour l’ensemble de son œuvre.

Beau temps et 2/3 d’arène.

 

                                                     Dominique Madera

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Prix "El Tio Pepe" 2019

Publié le par Cositas de toros

            Saint-Perdon

 

     Le dimanche 29 août, jour de la novillada de Pincha, aux arènes du Plumaçon, la Fédération des Sociétés Taurines de France (FSTF) remettra le Prix "El Tio Pepe" 2019 à Pascal Darquié, Président de la Muleta de Saint-Perdon.

Ce prix, remis avec deux ans de retard dû à la pandémie, met en avant une personne physique ou morale œuvrant dans le sens des principes tauromachiques adoptés par la FSTF.

Jean-Pierre Darracq "El Tio Pepe" fut l’un des plus grands chroniqueurs et revistero taurin français, auteur de Miura, biographie de référence sur le célèbre élevage.

     Ce prix est l’un des plus prestigieux de l’afición française.

 

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            Erratum

 

    Concernant l’article du 17 août Week-end landais santacolomeño, le prix "Souvenir Jean-Louis Fourquet" a été remis à l’issue du paseo par l’Association des Amis de Jean-Louis Fourquet, (l’emblématique Président fondateur de l’ADAC de Céret, décédé en 2014) et non par l’ADAC.

© Laurent Bernède

                                                               

                                                  Gilbert Lamarque

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