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Saint-Perdon, c'est bientôt

Publié le par Cositas de toros

            Le Comité des Fêtes de Saint-Perdon décide d’organiser en 1983, une novillada non piquée. Ce fut, ce 27 août, en nocturne, le début d’une aventure tenace qui dure toujours malgré les revers et déconvenues.

Cette novillada proposait Didier Godin, Olivier Martin et Marie-Neige devant 4 erales d’Ernest Fernay. Ce ganadero possédait à cette époque des vaches d’origine Pinto Barreiros et Pérez Tabernero et d’un semental "Diablo" provenant de Manuel Camacho.

Aujourd’hui, c’est la touche Jandilla qui domine et les toros sortent sous le nom de : Olivier Fernay y sus hijas. Créée en 1953, cette ganaderia fait partie des plus anciennes françaises.

Didier Godin est de l’ancienne génération des novilleros montois avec Olivier Mageste.

Olivier Martin, dans ces années, formait cartel avec, par exemple, un certain Olivier Baratchart, et il créa plus tard, la ganaderia El Palmeral.

Marie-Neige toréa deux fois au Plumaçon en 1981, en mai et en juillet. La Nîmoise, en juillet, reçut deux avis… ce matin-là à ses côtés, El Fundi, José Luis Bote et Olivier Mageste, les becerros étaient de Antonio Martín Tabernero.

Cette première novillada organisée dans le cadre des fêtes patronales fut sabordée par un gros orage et un vent violent. Seuls, Marie-Neige et Didier Godin tuèrent un novillo : fin des festivités, baptême bien arrosé !

 

On continue.

... et Enriqueto et Olivier Martin "El Sebeño"

     L’année suivante, on insiste et on monte d’un échelon avec une novillada piquée d’Andecy avec Joël Matray, Enriquito (?) et El Sebeño, nouvel apodo du Saint-Séverin Olivier Martin.

Henri d’Andecy perd son troupeau, abattu, touché par la fièvre aphteuse en 1963 ; il effectue un nouvel achat de vingt vaches de Sol et d’un toro d’origine Pérez Tabernero en 1964. Le fer sera un trèfle à quatre feuilles. Il faudra bien au moins cela pour conjurer le sort, favoriser la chance.

Aujourd’hui, cette ganaderia est la propriété de Bruno Blohorn, reprenant seul les rênes après le départ de son père en 1989, puis d’Henri d’Andecy en 1991. Il abattra les vaches de Sol pour en acquérir une trentaine chez Jandilla. Les étalons utilisés alors avant d’obtenir un pur produit maison, étaient d’origine Domecq.

Joël Matray a participé à la novillada du 8 mai 1982 à Mont-de-Marsan, novillos de Miura, compañeros, Vicente Yesteras et Rafael Perea "El Boni". Il débuta sa carrière aux côtés d’El Andaluz, Alain Bonijol, Lauri Monzon, Richard Milian.

 

Naissance.

     La Peña La Muleta voit le jour en décembre 2008 et prend le relais du Comité des Fêtes en prenant en charge l’organisation et les risques inhérents.

     … Puis c’est l’incendie des arènes qui devaient, c’était en pourparlers, être classées au Patrimoine européen…

 

 

 

 

 

 

     Ces arènes construites en 1953, de forme rectangulaire, en bois et aux gradins couverts pour 1 700 spectateurs, a donné sa dernière novillada le 31 août 2008. Les derniers novillos qui foulèrent le ruedo étaient de Bucaré pour Mario Aguilar, Javier Cortés et Santiago Naranjo. Ces arènes en bois comme celles de Roquefort, Bascons, Saint-Yaguen mais aussi Brocas ou Morcenx, sont une partie du patrimoine landais taurin tristement disparue.

La suite est connue, le Plumaçon héberge la novillada de La Muleta et les frais d’une plaza de 1ère catégorie ne sont plus ceux d’une modeste 3!

Vous en connaissez les prolongements : des cartels montés avec soin sans la garantie du résultat, bien sûr, avec de sérieuses novilladas-concours.

     Cette triste année 2020 empêcha l’organisation de la novillada et la venue du fer de Pincha (Lodosa, Navarre) qui gagna le concours en 2017 et 2019 avec – voir programme – "Rascatripas" (2017) et "Somnanbulo" (2019). D’autres succès retentissants, entre autres : "Ofuscado" honoré de la vuelta al ruedo aux Sanfermines 2019 !

 

   

      Donc, en toute logique, 6 novillos de Pincha évolueront sur le sable du Plumaçon avec pour novilleros, una terna puntera.

La présentation de l’Arlésien Adam Samira en piquée dans le Sud-Ouest qui n’a pu défiler à Tarascon le 7 août, la faute aux violentes averses.

Le n° 1 de la discipline, Manuel Perera au courage sans bornes, "apodéré" par J.J. Padilla et Christian Parejo, triomphateur des non piquées en 2019.

Cartel identique que celui d’Istres du 21 juin, les bichos étaient, par contre de Pagés-Mailhan. Adam Samira fut blessé par son second novillo. Christian Parejo, oreille et lui aussi blessé par son premier. Quant à Manuel Perera, il sortit triomphateur avec oreille sur chacun de ses adversaires et deux oreilles sur le 6e. Il avait été très grièvement blessé à Vista Alegre le 17 mai par un novillo d’El Freixo. Opéré, l’Extremeño « devait observer une longue période de repos avant de pouvoir prendre les trastos »… le 12 juin à Cazorla (Jaén), il coupait les deux oreilles de son second novillo. Triomphateur en juillet à Garlin, en août au Puerto de Santa María, 3 oreilles, « démonstratif et vaillant ». Une valeur sûre.

 

 

     Et si les Pincha sortent avec l’excellence et la saveur du piquillo de Lodosa !!

 

     Enhorabuena a todos, acteurs et organisateurs y suerte !

 

                                                        Gilbert Lamarque

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Week-end landais santacolomeño

Publié le par Cositas de toros

            Le week-end landais fut marqué par le sang Santa Coloma.

     La veille à Dax, les 6 adultes du fer de La Quinta, braves, donnèrent du jeu. Le 5e eut droit à une vuelta controversée sous la présidence « chaotique » d’une présidente.

     Le matin du 15 août, dans la "Monumental des Pins", sous une regrettable faible affluence, s’ébrouèrent 4 erales : 2 de Manu Turquay (1 et 2) et 2 de La Quinta (3 et 4), tous d’origine Santa Coloma, aux trastos, Victor Barroso et Marco Linares. Les Turquay déçurent receleurs de tant de faiblesse ; les La Quinta au rendez-vous de Roquefort, le 3e supérieur fut honoré de la vuelta al ruedo.

     L’après-midi, devant un nombreux public, et c’est heureux, défilèrent 6 novillos de La Quinta, le 3e, lui aussi eut droit à la vuelta.

     Résultat ganadero de La Quinta : une vuelta al ruedo à l’occasion de chaque course, 16 cornus "lidiés" lors de ce week-end landais du 15 août, 16 Santa Coloma : La Quinta, 2 Turquay.

     Pour ce jour de l’Assomption, les bichos n’ont pas été des "enfants de Marie" !

 

Photos Frédéric Martinez sauf mentions contraires (Laurent Bernède).

 

Roquefort 15 août. Novillada non piquée. 11h.

 

     Certains spectateurs furent surpris de voir Victor Barroso et non Tristan. Il faut bien lire les affiches ! Victor, lui, a été formé à l’école de tauromachie "La Gallosina" del Puerto de Santa María.

     Le premier Turquay sort en piste fin comme la pointe de ses cornes. Le tercio de banderilles est calamiteux. Le bicho montre quelques signes de faiblesse. Quelques séries de Victor Barroso données du centre, la dernière main basse et suivent les naturelles. Peu de transmission et de liaison, la faute au quadrupède. Entière, puntilla, le novillo se relève, descabello, palmas.

 

 

  Le second Turquay est plus enveloppé pour Marco Linares, mais plus faible que le précédent. Muleta à mi-hauteur, naturelles sans liaison, la charge se raccourcissant. Une demi-lame, descabello, applaudissements pour Victor.

 

     Le 3e, premier La Quinta est léger mais dans le type. De bonnes séries de la droite "templées". À gauche, plus heurté mais l’ensemble passe bien avec un novillo con casta, très noble.

     Barroso est relâché, confiant. Entière contraire, deux oreilles, vuelta avec le mayoral après celle méritée du bicho.

 

     Le dernier La Quinta n’a pas les qualités de son congénère mais il permet. Marco Linares très appliqué malgré tout dominé.

     Pinchazo, entière et une oreille. Ce jeune novillero a remporté le VIIe Alfarero de Plata de Villaseca de la Sagra en juillet dernier.

 

     Sortie a hombros de Victor Barroso.

 

 

Novillada piquée. 17h.

 

   

      Le lot brave, 15 piques, 2 batacazos contre les planches signés par le 5e, du bon jeu dans l’ensemble, vuelta al ruedo pour le 3e, "Revoltoso".

Mathieu Guillon "El Monteño". © Laurent Bernède

     Saluts des banderilleros Julien Merenciano et Mathieu Guillon "El Monteño", une habitude chez ce dernier.

     À l’issue du paseo, remise par l’ADAC de Céret, d’un azulejo, prix "Souvenir Jean-Louis Fourquet" à la meilleure novillada "lidiée" en France au cours de la temporada 2019… les La Quinta de Roquefort.

 

     Cristóbal Reyes avait déjà posé ses valises en terre andalouse en vue de son alternative du samedi 21 août à Sanlúcar de Barrameda. "Garabato" lui grignote déjà la percale avant d’être mal piqué à deux reprises. La faena démarre fort bien par des séries des deux mains puis le bicho raccourcit la charge et délivre quelques scuds. Gros échec à l’estoc, deux avis sonnent. Silence pour l’un, palmas pour l’autre.

     "Jinete", negro entrepelado, applaudi dès son entrée en piste, armé haut et fin va défier le Jerezano tout au cours de la lidia. "Brindis" à son mentor, le Roquefortois Christian Lamoulie. Le novillo prend deux rations sans pousser avant quelques passes de castigo. Rien n’y fera, "Jinete" gardera la tête haute et les séries des deux bords n’en viendront pas à bout. La conclusion sera une nouvelle fois un fiasco, l’épée caída au second essai. Silence.

 

     Avec Carlos Olsina, un large sourire est garanti tout au long de la tarde sans augmentation de tarif. "Buenvino", un peu léger est très mal piqué après un joli capote. La faena débuta au centre par des séries de derechazos, le tout bien conduit. Dès la prise de la main gauche, le tout ira a menos. Second coup d’épée caídita, la bête allant mourir à l’entrée du toril après un descabello. Un avis, silence et l’arrastre est applaudi.

Rompecapa

     Une belle ovation accueille "Rompecapa", negro, un magnifique prototype con hechuras y trapío. Il partira à quatre reprises sur le groupe équestre, auteur de deux chutes, le cheval poussé contre les planches. Plus spectaculaire que brave, il le soulèvera à la troisième rencontre en sortant seul et remis en suerte pour une ultime vara et non al regatón. Ce fut long et cette dernière affecta le bicho qui transmettait et après une belle et longue série de derechazos, la suite alla a menos avec des naturelles non liées, la muleta accrochée. Carlos porte une entière de côté, les pétitions s’élèvent pour l’oreille et la vuelta al ruedo. Bernard Sicet ne bronche pas, c’est mieux ainsi. Vuelta pour le piéton, le quadrupède ovationné et le président sifflé, ceci dans la tradition.

 

Revoltoso. © Laurent Bernède

     Yon Lamothe se révèle au cours d’une temporada famélique, vu à son avantage en tienta et le matin du 5 août au Plumaçon où lui avait été offert la lidia de deux des trois Bañuelos sobreros rescapés de la Madeleine en présence du ganadero. À Roquefort, le Landais a confirmé et le public a pu découvrir un garçon entreprenant, confiant, intelligent, poderoso.

     Le beau "Revoltoso", cárdeno et Alberto Sandoval nous ont conviés à un superbe tercio de varas. Le La Quinta partant par trois fois et de plus en plus loin, bien mis en suerte par Lamothe. Les piques administrées avec soin, en place et dosées, un pur bonheur. Belle ovation et le piquero salue. Les premières séries s’enchaînent patiemment en laissant la distance. Mais après quelques erreurs de placement, Yon est averti et dominé par la suite malgré de belles naturelles de face. Le novillo en avait encore sous les sabots. Entière caídita après un échec, l’oreille est coupée et novillero et piquero entame la vuelta après celle du bon "Revoltoso".

Jaquetón

     Le Landais aborde avec sérénité "Jaquetón" de noir vêtu et bien en "pointes". Après deux piques quelconques et un bon tercio de banderilles, il "brinde" à François Capdeville une faena bien construite, l’animal s’avérant noble, et réitère les bonnes actions de son premier combat.

     Séries templadas, respiration, terrain, le duo ne fait plus qu’un et le trasteo se termine sur une note plus encimista, le poignet sûr, l’ensemble maîtrisé.

© Laurent Bernède

     Un estoconazo en la cruz fait jaillir les deux mouchoirs, chavirer la « Monumental des Pins » et le vieux bois craque sous les vivas.

Yon et le mayoral sortent a hombros.

   

      Après 2019 et 2021, un autre succès à Roquefort pour La Quinta à l’occasion de la prochaine temporada et attester le « jamais deux sans trois » ?

 

                                                           Gilbert Lamarque

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Question d'objectivité

Publié le par Cositas de toros

 

Dax, novillada non piquée, samedi 14 août.11h.

 

 

              Rentrant au bercail après avoir musardé en Chalosse, pendant que les aficionados de la tarde se liquéfiaient sur les tendidos dacquois, je me suis mis à la reseña de la non piquée matinale, ma seule intrusion en terre "cul rouge", et jettant un œil sur les dernières news vomies par le net.

     sudouest.fr/landes/mont-de-marsan titrait : « Le bétail marque les esprits durant la novillada sans picador de samedi. », et la suite : « Marion (sic) Navas et Marco Linares remportent les prix de cette novillada sans picador. Mais, c’est la qualité du bétail, venu de deux élevages des Landes, qui est surtout à relever. »

Ah, j’ai dû rater quelques épisodes !

Résultats bruts : Mario Navas déclaré vainqueur empoche 500 € et 200 € (prix de l’ACOSO), Marco Linares, second, 250 €, a remporté le VIIe Alfarero de Plata de Villaseca de la Sagra en juillet dernier.

Pas de prix pour encourager les ganaderos locaux…

Deux erales sortant du lot, un bon et un très bon avec du piquant.

 

     J’ai un petit faible pour les novilladas non piquées et les jeunes qui s’y collent. Je privilégie l’animal, j’admire les jeunes pousses. Mes reseñas de ces spectacles dits "mineurs" sont aussi conséquentes que celles des corridas et novilladas piquées.

L’avenir de la corrida, s’il y en a encore un, est ici.

 

 

     À Dax en cette matinée, ce sont aussi les acteurs à deux pattes qui m’ont plu, et que vient faire ce titre incongru, voire mensonger dans ce quotidien régional ? Ce n’est pas le seul. Ceci me rappelle « À Dax et nulle part ailleurs ! » pour parodier le slogan de Bayonne !

     À l’issue de la course, les deux ganaderos saluèrent : solidarité ganadera, soit. À mon humble avis, les trois sociétaires d’Alma Serena, bien présentés, armures et robes dans le type de la maison, ne m’ont pas convaincus lors des trois lidias. Le premier n° 20, castaño claro bociblanco, sorti en 3e pour El Melli, n’est pas une eau de source. Le gamin exécute deux bonnes séries de la droite, la suite est à oublier, désarmé, faena longuette, des redondos par poignées… Le novillo plutôt désordonné dans la muleta était malgré tout supérieur au suivant du même fer, plutôt manso, ce n° 94, castaño claro, brochito, un peu violent, manquant de force malgré son moral, fléchissant des quatre sabots, auteur de demi-charges, par à-coups, hachazos à la sortie de la passe.

     Ismael Martin banderille, c’est à souligner, et superbement, c’est aussi à souligner, puis la suite est brouillonne ne donnant pas assez d’air à cette bête. On lui pardonnera. Une lame entière, deux descabellos et salut au tiers.

 

     Tristan Barroso hérita du plus lourd à Mont-de-Marsan, à Dax, itou. Ce n° 95, castaño claro, itou, est le mieux armé des six, belle présentation, le plus imposant donc, véritable novillo pour une piquée, jeune aussi, marqué à l’épaule du 9. Allez comprendre ! De jolis quites cape en mains entre Tristan et Eric Olivera. Un détail, la cape de l’élève de Badajoz est marquée à l’intérieur "José Tomás"… un peu fané, l’usure du temps. L’empreinte du maestro guidera t’elle le torerito jusqu’au zénith ? Pas de 3e paire de banderilles (?).

     Bicho exigeant, Tristan ne baisse pas suffisamment la main, très conseillé du callejón, il écoute et se replace aux quatre "coins" du rond. De belles naturelles. Entière, avis, puntilla, l’eral se relève, descabellos, mort longue, deuxième avis… oreille (!).

     Et ce n’est pas jeter la pierre au ganadero que d’écrire cela. Lui sait. Nous apprécions son bétail bien sorti maintes fois auparavant. Saluer, c’est un détail me direz-vous, des oreilles généreuses bien que l’on puisse rester équitables même à ce niveau de compétition, la musique qui joue encore après les multiples désarmés, encore des détails, tant que ce ne sont pas les détails qui tuent… et quelques subalternes qui devraient suivre les cours du soir… spécialité puntilla, bien que pour certains cela soit déjà trop tard !

     Pour ce desafio qui n’en est pas vraiment un, sont sortis trois exemplaires de La Espera, noirs les trois, bien fait, pas un pouce de gras, le noir amincie. Le premier n° 35 qui ouvre les débats est le plus svelte et le moins brillant de la terna. Il a tendance à serrer corne gauche, charge par à-coups, tête haute en fin de passe. La muleta est souvent accrochée, Eric Olivera est "mangé". Le bicho n’est pas mis à son avantage, convenons-en. Entière un peu contraire, descabellos (8), deux avis, silence pour Eric, palmas au novillo (!).

     Le second est le clou de la matinée, n° 56, mieux armé, veleto. Mario Navas le reçoit fort bien sous la capote. À la muleta, il l’amène au centre du ruedo par doblones. Le novillo charge buvant la flanelle. Le Salmantin nous offre trois superbes naturelles templadas puis d’autres séries des deux mains, confiant, relâché, main basse. Chacun est mis en valeur par l’autre. Quel aubaine, on assiste si souvent à de gros gâchis ! Manoletinas finales, un pinchazo, une entière de côté, puntillero désastreux. Une oreille et vuelta pour le bicho de La Espera, noblissime, débordant de caste.

     Le n° 19 sorti en 5e a du jus, exigeant et Marco Linares a des ressources mais au fil du trasteo, le novillo prend le dessus. C’est ce que l’on appelle aller a menos. Dommage, après les jolies naturelles, tirant le bras, Marco échoue devant la bête qui distribue quelques hachazos. Entière très contraire efficace. Oreille, opinions divisées.

 

     Tous les arrastres ont été applaudis. Averse d’avis. Du monde dans les gradins, le gentil public des matinées récréatives.

     Bravo à Jean-François Majesté (La Espera), notre constante sympathie à Philippe Bats (Alma Serena) en attendant les futures bonnes sorties auxquelles nous étions habitués, enfants gâtés que nous sommes !

 

PS. En parcourant quelques bribes éparses sur d’autres supports, je me dis que nos yeux ne voient pas les mêmes détails, que nous avons parfois des absences. Tant que ce n’est pas de la tromperie, niant la réalité, en souhaitant en retirer quelques piètres intérêts. Qui sait ? Et puis quand on sollicite une invitation, une accréditation, il est inconvenant de cracher dans la soupe.

Photos "mobiles", "Au petit bonheur, la chance" !

                                                              Gilbert Lamarque

 

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Corrida à Senlis (Oise)

Publié le par Cositas de toros

 

         

 

               Les arènes de Senlis (Oise) édifiées au 1er siècle ap. J.-C., sont un petit édifice de spectacle gallo-romain de forme ellipsoïdale et de type semi-creusé. Elles ont été redécouvertes en 1865. Senlis, fondation purement romaine, était connue comme Augustomagus (le marché d’Auguste) et peuplée pour l’essentiel de Gaulois du peuple des Silvanectes. Les arènes avoisinaient à cette époque une capacité de 10 000 places. Les spectacles donnés furent le plus souvent des combats d’animaux.

 

     Vingt siècles plus tard, les derniers Gaulois senlisiens remettaient le couvert. Ils organisent, par l’entremise des Amis de Senlis, leur première corrida en juin 1956. Un évènement qui va réunir plus de 6 000 personnes pour applaudir « les exploits des grands noms de la tauromachie, dont Pierrette Le Bourdiec*, l’unique femme matador ».

     La communauté espagnole de la région garnit alors les rangées des arènes. Un indéniable engouement populaire qui donnera lieu à plusieurs rassemblements tauromachiques jusqu’en 1961, dernière corrida organisée. Cette fois, la fête sera ternie par un drame qui mettra un terme aux spectacles. « Il y a eu le décès d’un jeune spectateur, qui est tombé accidentellement et aurait été piétiné » explique le président de la Mémoire senlisienne. « Nous ne sommes pas sûrs des circonstances et nous n’avons pas vraiment de réel spécialiste de la corrida dans notre association. C’est aussi pour cela que nous recherchons toutes les informations à ce sujet ».

 

     Pour la première fois le dimanche 24 juin 1956, a eu lieu une "grande" corrida hispano-provençale. Dépassant les prévisions les plus optimistes, plus de 6 000 spectateurs, dont une grande partie de la communauté espagnole de la région parisienne, ont assisté à cette grande première.

     Dès 14 heures, les Senlisiens étaient invités à se rendre place de la Gare pour accompagner l’harmonie de Chambly qui s’était mise à l’heure espagnole. Le cortège démarra avec les matadors et les caballeros montés sur de magnifiques chevaux pour traverser Senlis jusqu’aux arènes.

     Pendant que l’harmonie s’installait à la tribune, le speaker commença à "chauffer" le public tout en déclinant le programme :

          «  - 9 taureaux de combat de 4 ans de pure race espagnole de la ganaderia José Sol de Salamanque.

             - Parmi les matadors, soulignons la présence du fameux et jeune P. de Montijo**, âgé de 21 ans (en fait, il avait 26 ans, ndlr), l’un des meilleurs matadors d’Espagne dans le maniement de la cape et la pose des banderilles. »

      « Le spectacle était aussi rehaussé par la présence de L. Raoux***. Bien que ne possédant qu’un bras, il mania son cheval avec une aisance magnifique et posa sur le taureau des rubans du plus bel effet. Il sut éviter par des pirouettes remarquables, les charges les plus redoutables.

     Vint ensuite la course provençale à la cocarde comprenant deux redoutables taureaux aux noms de Bison et Pastis… avec la participation du réputé raseteur Ayme, l’un des meilleurs actuellement dans l’exercice de cette périlleuse profession. Ces deux fauves très dangereux nécessitèrent l’adresse et l’agilité des raseteurs pour enlever la cocarde posée sur le front ou les glands attachés sur chaque corne.

     Enfin, le trio comique les Borrachos exécuta une parodie burlesque remarquable. Leurs gags et leurs pitreries face au taureau, ont enthousiasmé le public.

     Au terme de la corrida, de nombreux spectateurs d’origine espagnole et qui avaient revêtu leurs costumes de circonstance, furent invités dans l’arène pour danser des pasodobles endiablés, interprétés par l’harmonie de Chambly.

     Félicitons Mr. Calais**** pour l’organisation remarquable de cette manifestation tant au niveau de l’infrastructure que la composition du programme ».

     Vous remarquerez qu’il n’y a pas un mot sur le déroulement de la partie espagnole ainsi que sur « l’un des meilleurs matadors d’Espagne » Pepe de Montijo !

      Aujourd’hui, les arènes de Senlis ne sont plus utilisées car le site a été fragilisé par les années et s’apprécie désormais uniquement du point de vue historique et archéologique.

 

Deuxième corrida le 29 juin 1958

   

 

      Bien longtemps après avoir crié ave, on a aussi crié olé dans les arènes de Senlis. Il semblerait que ces olé ont retenti par trois fois en 1956, 1958 et 1961 à l’occasion des corridas hispano-provençales comme il était indiqué sur les affiches de ce temps.

 

*P. Le Boudiec naquit à Paris le 21 juin 1934. Les débuts avec picadors se feront le 9 octobre 1957 à Aigues-Mortes avec Ramon Gallardo et Pepe Luis Román, les toros d’Étienne Pouly. À Senlis en 1956, P. Le Bourdiec n’était donc qu’une becerrista. L’Espagne lui est interdite : la loi promulguée en 1908 par Juan de Cierva, ministre de l’Intérieur, proscrit le toreo à pied pour les femmes (loi abrogée en 1973).

     Elle deviendra rejoneadora, "Princesse de Paris", se présentant pour la première fois à Moguer (Huelva), le 9 septembre 1965. Elle sera la première française à se présenter à Las Ventas, le 12 octobre 1969 pour El Día de la Hispanidad. Elle poursuit sa carrière jusqu’en 1978 et se consacra ensuite au dressage des chevaux dans la Communauté de Madrid. Elle décède le 9 juillet 2011.

** Pepe de Montijo est né le 4 janvier 1930 à Valencia sous le nom de Joselito Peris. Il vint en France dès 1954 à Méjanes pour une première novillada piquée. Il revient en 1955 où il torée à Nîmes. Les contrats s’enchaînant il ne quitte plus le sol français et Nîmes où est établie une importante colonie espagnole essentiellement composée de réfugiés de la guerre civile. En 1956, Joseph Calais lui proposa des contrats dans la région parisienne dont Senlis. En 1962, il passe dans la catégorie des banderilleros et conseille et torée avec les novilleros français de l’époque et fait partie des cuadrillas de toreros espagnols venant toréer en France : Juan Mora, J.M. Manzanares, José Mata, José Fuentes, Paco Alcalde. C’est en 1988 que l’heure de la retraite sonne.

La bodega Pepe de Montijo, 13 rue Bigot à Nîmes est ouverte uniquement pour les ferias. Vieilles affiches de corridas, photos de Pepe, de Nimeño II et autres toreros nîmois, azulejos parcourent les murs dans une ambiance familiale des plus taurines à trois pas des arènes et à deux du bar Le Prolé.

*** Pierre Raoux, caballero camarguais, devint manadier au Mas de Lansac, Le Cavaou (Bouches-du-Rhône) après achat vers 1931 d’un lot d’Augustin Lescot. Ils étaient deux frères Raoux : Pierre dit Lolo et Eugène dit Néné. Lolo, bien qu’amputé de la main gauche, était un excellent cavalier.

**** Joseph Calais dit "El Gordo", cavalier émérite, rejoneador – dont la première épouse fut "Emma La Caballera", première femme française à toréer à cheval – fut aussi impresario.

 

                                                      Gilbert Lamarque

 

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Libération du 04 août

Publié le par Cositas de toros

     Politique

Corrida : les parlementaires prêts à prendre la tradition par les cornes ?

Dans une tribune publiée dans «le JDD», des élus réclament l’interdiction de cette «pratique barbare».

Lors des débats à l’Assemblée autour de la proposition de loi sur la maltraitance animale en janvier, le sujet avait pourtant été passé sous silence. Le texte arrivera au Sénat en septembre.

     par Mathieu Michel, publié le 4 août 2021

 

            «Trop longtemps qu’on attend cette interdiction», lance Loïc Dombreval, député LREM des Alpes-Maritimes. L’hebdomadaire le JDD publiait dimanche 1er août une tribune de 36 parlementaires (vingt-quatre LREM, cinq Modem, quatre Agir et trois LR) pour défendre l’interdiction de la corrida, à l’initiative de ce premier et d’Arnaud Bazin, sénateur LR du Val-d’Oise, tous deux vétérinaires. Les parlementaires regrettent que la prise en compte croissante du bien-être animal exclue toujours la question de la corrida. La législation sanctionne certes d’une peine d’emprisonnement et d’une amende les actes de cruauté envers les animaux. Mais l’alinéa 7 de la loi 521-1 du code pénal permet l’exception de la corrida, au nom de la tradition locale. Les députés et sénateurs signataires de la tribune désirent supprimer cet alinéa, afin d’interdire l’intégralité «des spectacles mettant en scène la torture et la mise à mort d’animaux». «Comment ce qui est jugé cruel dans certains départements ne l’est pas dans d’autres? s’interroge le député de la majorité. C’est hypocrite.» Pour le député Modem du Bas-Rhin, Sylvain Waserman, c’est l’issue du combat qui pose problème : «Je comprends qu’on puisse organiser des spectacles avec des taureaux mais c’est la mise à mort qui me dérange.

 

La mobilisation a de quoi surprendre : en janvier, lors des débats sur la maltraitance animale à l’Assemblée ces mêmes voix ne se sont pas fait entendre contre la corrida. Pourquoi ce silence ? Parce que la proposition de loi était déjà trop dense, répondent les députés interrogés. «Il y avait beaucoup de sujets, on sentait qu’un texte trop large ne passerait pas, explique Corinne Vignon, députée LREM en Haute-Garonne. Maintenant, on espère susciter les débats au Sénat.» Dans l’hémicycle, Bastien Lachaud, député LFI en Seine-Saint-Denis, critiquait alors un texte «insuffisant», à vocation «de se donner bonne conscience». Ce dernier doit désormais être discuté fin septembre par les représentants de la chambre haute. Et dans leur tribune, les députés soufflent quelques idées à leurs homologues du Sénat, en préconisant notamment l’interdiction de l’accès aux arènes aux enfants de moins de 16 ans, en qualité de spectateur ou d’acteur. «Ce serait déjà une avancée», note Loïc Dombreval (LREM) qui regrette que la question du bien-être animal arrive souvent en queue de wagon au Parlement. Mohamed Laqhila, député Modem des Bouches-du-Rhône, considère pour sa part que l’interdiction de la corrida n’a que de maigres chances d’être promulguée avant l’élection présidentielle. Il voit en cette tribune l’opportunité d’inscrire ce débat dans la campagne de 2022 et plus généralement de faire réagir l’opinion publique.

«Frilosité ambiante»

Mais pourquoi, alors, ne pas avoir associé des élus d’horizon différents à la rédaction de cette tribune ? Selon Corinne Vignon, l’absence de signataires de l’opposition de gauche relève d’un concours de circonstances. La tribune n’a pas pu être proposée à l’ensemble des parlementaires. La faute, expliquent les auteurs, aux discussions intenses et chronophages sur le pass sanitaire. S’il considère les 36 signataires de cette tribune comme un bon présage «au regard de la frilosité ambiante à ce sujet», Loïc Dombreval (LREM) reconnaît que celle-ci aurait pu être proposée plus largement aux élus. Et qu’elle a «peut-être été publiée un peu trop rapidement».

Les procorridas, eux, n’ont pas tardé à répliquer. Dimanche, au micro de France Bleu Gard Lozère, André Viard, président de l’Observatoire français des cultures taurines, a mis en avant la richesse apportée à l’économie locale, qui plus est dans cette période de crise sanitaire et économique. L’ancien matador regrette que ces signataires soient «une fois de plus des parlementaires issus de régions qui ne sont pas taurines» et brandit l’argument de la tradition. En 2019, c’est aussi au nom de la tradition et de la liberté qu’une tribune avait été publiée dans le Figaro en défense de la corrida, par plusieurs personnalités, dont Eric Dupond-Moretti, alors avocat médiatique, devenu garde des Sceaux.

«On arrive à un moment où certaines traditions apparaissent en décalage avec leur époque», répond le Modem Sylvain Waserman. La Catalogne a interdit cette pratique en juillet 2010. La France est-elle prête à lui emboîter le pas ? Oui, estime Corinne Vignon (LREM) qui assure que la position de la tribune émane «de la société civile. Nous sommes la voix des citoyens, nous nous devions de porter cette voix publiquement». Selon un sondage Ifop d’octobre 2019, près de trois Français sur quatre sont favorables à «la suppression des corridas avec mise à mort des taureaux en France».


 

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