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Antonio Fernández Casado

Publié le par Cositas de toros

 

            Écrivain taurin, ancien président du Club Cocherito de Bilbao, ex-novillero et innovateur de l’hôtellerie espagnole, Antonio Fernández Casado est décédé le vendredi 2 juillet à Madrid.

 

     Malgré sa naissance castillane (Valladolid) en 1950, il passe ses jeunes années dans la ville biscayenne de Santurce, Santurtzi en basque où se concentre une grande partie du port de Bilbao face à Getxo et ses plages. Au milieu de la décennie 60, il adopte le pseudonyme d’Antonio de Monterrey pour se présenter comme novillero, apodo qui lui vient de ses débuts dans la restauration en tant que serveur à la cafétéria Monterrey, une institution depuis 1952 à Bilbao, située sur la Gran Vía. Il fit son premier paseo à Getxo dans l’arène construite en 1950 sur le sable du Puerto Viejo de Algorta, le 31 juillet 1966 et le 11 juin 1967, défilait vêtu "de lumières" dans la belle ville côtière de Castro Urdiales. Il enchaîna les novilladas durant cinq ans dans le Nord de l’Espagne, la Rioja et Salamanque. "Sa" date est celle du 16 mai 1970 lorsqu’il défila dans les arènes de Vista Alegre de Bilbao lors d’une novillada sans picadors, le jour de la présentation du Niño de la Capea devant des erales de Julio Jiménez. El Niño de la Capea défila 51 fois à Bilbao comme matador et novillero, … Antonio Monterrey 3, comme novillero… Mais son avenir était ailleurs. Lorsqu’il arrête en 1971, il entame une brillante carrière à l’hôtel Ercilla, hôtel qui devint la référence de la vie culturelle de Bilbao dès les années 70 et un lieu fondamental dans la naissance de l’Aste Nagusia – la Grande Semaine. Diplômé en gestion d’entreprise de l’université voisine de Deusto, il continua d’innover dans la chaîne Tryp et, plus tard, avec la création de la chaîne High Tech Hotels en 2001.

     Il fut président de 2015 à 2018, du Club Cocherito de Bilbao créé en 1910, affirmant ici sa passion pour la tauromachie.

     Il y a quelques semaines à peine, il a publié la réédition mise à jour de Toreros de Hierro, un dictionnaire complet des toreros biscayens dont la revue Toros dans son n° 2147 du 2 juillet s’est fait l’écho. Il est aussi l’auteur de Plazas de toros viscainas, de De San Antón a Vista Alegre, cinq siècles de toros à Bilbao et aussi, le très intéressant Garapullos por Máuseres, une histoire de la tauromachie pendant la guerre civile, plus d’autres ouvrages dans la collection taurine basque de la maison d’édition La Cátedra Taurina qu’il dirigea lui-même.

   

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

   

 

 

 

     

     Avec la mort d’Antonio Fernández Casado, c’est une encyclopédie taurine qui se referme et un fervent défenseur de la fête du toro et de la culture en général qui nous a quitté bien trop tôt.

                                                              Gilbert Lamarque

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Journée en Astarac

Publié le par Cositas de toros

        Reportage photos : Frédéric Martinez   

             Belle chambrée sur les coteaux de l’Astarac pour la présentation de la corrida 100 % française de Riscle qui aura lieu le samedi 31 juillet. Ici, sur ce territoire, on n’a pas éventré les paysages pour faire passer des routes plus larges ; les dernières empruntées sont plus étroites que le véhicule. C’est calme mais ce n’est pas un pays de solitude, pays de cultures, pays d’élevage, pays fertile et abondant, généreux grâce au labeur des hommes. C’est le pays du vivant souvent caché pour détourner les envieux.

180 personnes avaient répondu à l’invitation de Jean-Louis Darré sur ses terres du Cantaou, accompagné de Stéphane Fernandez Meca et du Tendido Risclois.

     Soleil voilé, nuages aux nuances de gris pour débuter cette journée par la visite au campo du lot de toros réservé pour Riscle, toros issus d’une nouvelle lignée andalouse d’origine Albarreal*, tout comme les trois vaches "tientées" par la suite ; lignée en laquelle J.-L. Darré fonde beaucoup d’espoir.

 

 

 

     Bien que la virée en remorque fût rapide et les toros éloignés, on pouvait remarquer un encierro de trapío respectable et des têtes bien coiffées. Imaginez ces bêtes dans les modestes arènes de Riscle, les charpentiers doivent être déjà au travail !

 

   

      De retour du campo, nous avons pris place autour du ruedo afin d’assister à la tienta des trois vaches par la jeune terna qui fera le paseo le 31 juillet. Ces becerras, joliment présentées, se sont montrées braves sous la pique d’Alain Bonijol, les deux premières au fringant galop sans hésitation, frappant franchement le peto, mettant les reins ; la troisième plus timorée manquant aussi de force. Elles furent plus ou moins bien "lidiées", dans l’ordre, par Andy Younes avec beaucoup de finesse, El Adoureño beaucoup plus brouillon et sans raffinement, et enfin Tibo Garcia auteur de superbes séries bien léchées, élégant, qui sut adapter la lidia à son opposante. Une très bonne tienta, un bon entraînement pour les toreros, de bons enseignements pour le ganadero.

 

     L’heure apéritive sonna, les tapas prirent d’assaut les gosiers, les bouchons abandonnèrent les goulots puis chacun se replia vers sa querencia : convivialité et gourmandises gasconnes.

     Mais le plat de résistance se manifesta par la lidia des trois toros du fer de Santiago de Camino. Trois toros lourds, puissants aux cornes rectifiées, cela va de soi.

     Le premier est violent sous la pique de Laurent Langlois, deux rencontres sans véritablement pousser. El Adoureño n’aura pas la solution, bousculé par deux fois, auteur de gestes plutôt vulgaires. Deux coups de rapière, Lupiac et d’Artagnan sont proches.

     Tibo Garcia reçoit d’une belle cape un bicho qui ne s’emploiera que peu lors des deux rencontres avec le canasson. Tibo profitera de sa corne droite, la gauche pas évidente révéla un toro tardo n’amenant que des demi-passes. Deux épées et un magnifique descabello.

     Le troisième ne prendra qu’un puyazo apparaissant faible et Andy Younes ne put que mener une faena allant a menos malgré son application et ses gestes soignés. Une demie et un splendide descabello.

 

 

     Il faut venir à Riscle pour soutenir la tauromachie française et la ruralité : l’éleveur, les toreros et les organisateurs comptent sur vous. À Riscle, l’authenticité est de rigueur.

 

*Albarreal, d’origine Marqués de Domecq, finca à Zufre (Huelva).

                                                               Gilbert Lamarque

 

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Le jour où...

Publié le par Cositas de toros

                … JUAN BELMONTE S’EST SUICIDÉ.

 

 

            Le 8 avril 1962, vers les 16 heures, le torero Juan Belmonte, "El Pasmo de Triana", propriétaire et éleveur, mourut dans sa propriété de Gómez Cardeña à Utrera (Séville). Le célèbre diestro, protagoniste avec Joselito, de l’Âge d’Or de la tauromachie, véritable pilier de son évolution, s’est donné la mort "de un tiro" dans son bureau. La cause du décès n’a pas été explicitement révélée par les médias de l’époque, où pourtant quelques allusions voilées ont été faites.

Le quotidien ABC raconte que le torero était parti pour sa ferme le dimanche matin avec un mécanicien et deux femmes de service. Il portait un costume court et avait sellé son jaca* "Maravilla". Balade à la campagne, déjeuner, un peu de repos et il remonte sur "Maravilla"… Il prend la garrocha et le res est relâché : acoso y derribo. On rentre. Il se sent fatigué, voire malade, cet état dure depuis quelques temps. Il réintègre son bureau, commande un whisky et un stylo (!) et… l’arme fatale retentit. C’est feu le maestro Juan Belmonte !

La nouvelle de sa mort choqua l’Espagne, la presse internationale a également fait écho à l’évènement et les funérailles à Séville furent très suivies, multitudinarias comme on le dit de l’autre côté des Pyrénées.

Certains amis toreros du matador de Triana ont également émis quelques propos dans la presse. Vicente Pastor a rappelé la rapide ascension dans l’arène de Belmonte, « Nous avons vu que tout allait changer s’il avait de la chance. Il l’avait et tout a changé ». Manuel Mejías Bienvenida a assuré : « L’une des pièces les plus importantes de l’histoire de la tauromachie vient de disparaître », et Antonio Márquez l’a défini : « Il avait la vérité révélatrice de son intelligence et de son énorme personnalité ».

La personnalité d’un torero qui a changé le cours de la tauromachie, et qui a succombé à sa solitude angoissée, six jours avant son soixante-dixième anniversaire. Il était dit que "El Pasmo de Triana" s’effondra secoué par une grande déception : la très belle colombienne Amina Assis, une torera à cheval, de 50 ans sa cadette, ne succomba pas à son charme altéré !

Plaza de Manizales

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

         

      Belmonte, pas avantagé par dame nature, petit, à moitié bègue, légèrement bossu, cagneux et prognathe, de constitution chétive, n’en n’inventa pas moins "son" style avec une technique originale qui bouleversera la tauromachie, étant le premier à pénétrer dans ce qu’on appelait "le terrain du toro". Plus fort, le Juan sur ce terrain que sur celui, ô combien dangereux de l’Amour !

 

 

*Jaca. Type de cheval de petite taille, mot espagnol pour poney.

                                                                  Gilbert Lamarque

 

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Anderson Murillo

Publié le par Cositas de toros

            Il y a deux ans aujourd’hui, le 30 juin 2019, le picador Anderson Murillo décédait à Madrid à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer de la moelle contre lequel il lutta durant plusieurs mois.

Ce célèbre varilarguero colombien a marqué l’histoire des arènes de Las Ventas lors d’une corrida de Victorino Martín. Aux ordres de Luis Francisco Esplá, il fit avec son maestro, le tour du ruedo après un formidable tercio de varas.

 

 

     L’histoire s’inscrivit le 9 juin 2001 avec le toro "Bodegón" lorsque Anderson Murillo après avoir signé un tercio d’anthologie qui mit les témoins présents à Las Ventas debout et, non seulement, le public l’invita a salué avec le castoreño mais, le combat terminé, le maestro d’Alicante le prit pour qu’il l’accompagne dans son tour d’honneur bruyant et historique.

De l’avis de tous, ce fut l’épisode le plus abouti d’une brillante carrière de picador, carrière qu’il effectua auparavant aux côtés de son compatriote César Rincón. Il partagea les années de splendeur du torero colombien dès 1991 lorsque celui-ci ouvrit les quatre Puerta Grande de Madrid jusqu’à sa première retraite en 1999.

En plus d’avoir accompagné comme cela, plusieurs toreros jusqu’à leur éloignement définitif des arènes, on se souvient de lui pour avoir été l’un des picadors qui ont participé à la première corrida se déroulant… en Chine, précisément à Shangaï en 2004, spectacle impressionnant le public oriental.

Les fidèles de la Madeleine l’ont admiré durant des années dans la cuadrilla de César Rincón, la star de cette époque et notamment le mardi 22 juillet 1997 au quatrième Garcigrande qu’il piqua magistralement, permettant à son maestro, une démonstration de technicité. Cette année-là, César toréait aussi le lendemain. Si nous remontons le temps dans la plaza montoise, les aficionados, ce mardi 18 juillet 1995, lors de la corrida-concours, virent Anderson piquer encore de façon formidable, faisant seul le travail de placement, démontrant qu’un grand picador est avant tout un grand cavalier. Le toro sorti en 5e était du Marqués de Domecq. Le Colombien était accompagné d’Ortega Cano et Javier Vázquez.

Murillo, originaire de la ville colombienne de Montería, appartenait à une famille à la longue tradition taurine, puisque son frère aîné, Melanio, était l’un des picadors les plus importants de Colombie et de l’Amérique latine dans les années 70 et qui devint membre des cuadrillas de Manuel Benítez "El Cordobés", Paco Camino, Pedrés ou Pepe Cáceres.

En France, on connut aussi son frère cadet Emerson, piquero lui aussi mais qui fut moins influent dans le monde de la tauromachie que ses deux frères, tous deux décédés du même mal.

 

   

      Ce jour du 9 juin 2001, Anderson Murillo fit honneur à une profession mal-aimée sinon incomprise. Anderson n’avait rien de ces picadors d’époque, corpulents, potelés et ventrus, avantageusement contrefaits par Botero, il présentait un physique des plus sveltes mais n’ayant rien à voir, non plus, avec les sculptures très élancées d’Alberto Giacometti.

                                                         Gilbert Lamarque

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Salut l'artiste

Publié le par Cositas de toros

            Enrique Ponce se retire des ruedos por"tiempo indefinido", sans préavis et à la surprise générale. Les spéculations sur les raisons sont nombreuses.

 

       « À ceux qui m’accompagnent depuis plus de 3 décennies :

       La première chose que je veux dire est MERCI pour votre amour et votre soutien inconditionnel, surtout en cette année de pandémie au cours de laquelle j’ai décidé de défendre la tauromachie, de pousser en avant et de redonner au monde du taureau tout ce qu’il m’a donné.

À ce stade de ma saison de tauromachie 2021, j’ai décidé de m’arrêter en cours de route et de me retirer indéfiniment. »

 

Dernier après-midi à León. © J. Casares / EFE

   

      Dimanche, il a combattu à León sa dernière tarde en passant par la puerta grande après avoir fait, la veille, le paseo à la Feria de Castellón. Il était annoncé aujourd’hui à Burgos avec A. Roca Rey et E. de Justo devant un encierro de Torrealta. Ce sera Diego Urdiales qui fera le paseo.

Le public montois qui s’était rué sur la billetterie se retrouve le bec dans l’eau. Qui pour le remplacer ?

 

     Belle trajectoire professionnelle, un peu longuette à mon goût comme les faenas actuelles. Le "supplément" faisant retomber le soufflé ! À l’approche de ses 50 ans, le roi Enrique s’est enfin donné la permission de déposer les armes et d’aller à la cueillette des olives.

     Bonne retraite, Maestro, à moins que…

 

 

                AM STRAM GRAM…

 

          … "PIQUE" ET "PIQUE" ET COLÉGRAM

 

       Suite à son Assemblée Générale qui s’était déroulée le mardi 27 octobre à Carcassonne, après avoir élu son nouveau bureau, l’UVTF avait voté la modification de l’article 62 du Règlement taurin municipal. « La pique "Bonijol" sera désormais la seule à pouvoir être utilisée dans les arènes des villes appartenant à l’UVTF, dans l’intérêt du spectacle et après validation par la FSTF. »

Piques "Bonijol"

     Couac ! Le 25 juillet est annoncée la novillada de Beaucaire : 3 Marques de Albaserrada et 3 Pagès-Mailhan pour El Chorlo, F. Montero et Solalito. Regardez bien : « Cavalerie Heyral (piques réglementaires de Madrid) » !!!

 

     Beaucaire fait partie des villes adhérentes à l’UVTF et cette pique "Bonijol" dite aussi pique française, doit être utilisée par toutes les différentes cuadras.

Par rapport au précédent Règlement taurin, il a été rajouté : « Le modèle de pique utilisé devra avoir été approuvé par l’UVTF. » Alors… l’UVTF va t’elle nous témoigner de son pouvoir, de son influence, de son poids ou bien, allons-nous assister à une confrontation Heyral / Bonijol par piques interposées… arbitrée (ou pas) par l’UVTF ?

 

                                                                     Gilbert Lamarque

 

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