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billet d'humeur

J'entends le loup, le renard et la belette... l'ours, le taureau...

Publié le par Cositas de toros

 

                 L’État français, qui se réclame de l’écologie dans ses beaux discours, ose aujourd’hui franchir la ligne rouge, rouge écarlate, en posant la question des tirs sur le loup dans le cœur des parcs nationaux. Ces derniers constituent pourtant le dernier et maigre refuge de la faune sauvage. Ils représentent, pour leur partie terrestre en France, seulement 0,66 % de la superficie du territoire français ! Permettre donc la possibilité de faire feu sur une espèce protégée dans des espaces protégés.

 

© Jacques Deport

 

     Voici une véritable déclaration de guerre faite à la nature !

Et ne confondons pas toute la faune sauvage protégée avec le sanglier ou le chevreuil. Point ici de dérives animalistes.

L’État n’aime pas les minorités. Demain nous irons à Paris, au Muséum d’Histoire Naturelle, visiter la galerie de paléontologie, admirer les êtres « vivants » disparus de la planète comme le diplodocus, l’iguanodon ou le triceratops, un dinosaure herbivore auxquels se seront ajoutés, le loup, l’ours et le bos taurus ibericus, le taureau brave à côté de son ancêtre l’aurochs ou bos primigenius.

Tous les auteurs d’actes violents anti-loup, anti-corrida, et aussi anti-ours, anti-lynx… doivent être sanctionnés tout comme les végans ayant parfois, c’est un comble, mangé du lion, les végétaliens, certains végétariens prêchant tous, un terrorisme "animaliste". L’impunité génère la surenchère.

L’État laissera-t’il les lobbies de l’agriculture et de la chasse s’attaquer aux derniers sanctuaires de la nature ?

L’État toujours frileux. N’en sera-t’il pas de même avec la corrida ?

Car concernant la corrida, l’arène est le dernier sanctuaire du taureau de combat. Cela peut paraître contradictoire.

Le citoyen qui est profondément attaché à son patrimoine naturel, doit relever la tête et cesser de croire tous les écrits mensongers.

Par exemple, si des animaux doivent quitter le cœur des parcs nationaux, ne serait-ce pas les moutons plutôt que les loups ?

A savoir aussi que les moutons, pour une bonne partie, c’est une grosse proportion de citoyens naïfs et mal informés.

Tous ces rouleaux compresseurs qui génèrent le règne de la défiance, le régime de la rumeur, du mensonge et des coups bas.

Dans une époque comme la nôtre, faite de bruits et de narcissismes blessés, rien n’est plus difficile que d’argumenter. Ceux qui, aujourd’hui et partout, contredisent des idées, sont-là pour contredire la raison. Qu’on ne leur parle pas davantage de la vérité, coupable des pires connivences. Alors ils exhibent leurs colères, rejettent l’expérience, nient les faits, refusent à leurs contradicteurs la faculté de voir et/ou de savoir. Ainsi réduit-on certaines intelligences au silence – ou pire – à la nécessité de céder.

Considérons que le loup est une espèce clé pour le maintien d’écosystèmes équilibrés et que son lent mais continu retour à travers l’Europe apporte une nouvelle opportunité, avec cet allié naturel dans le combat contre la perte de la biodiversité et l’impact des changements climatiques. Aidons notre continent à soigner sa nature à travers une vraie transition écologique en accord avec les objectifs de l’ONU pour un développement soutenable.

Considérons aussi, que jusqu’à présent, la méthode de gestion la plus répandue en Europe est le tir de loups, qui a prouvé être non seulement contre-productive et scientifiquement injustifiable, mais qui perpétue une perception du loup d’un autre temps comme « nuisible » et «  espèce à problème », ce qui empêche les citoyens de voir les aspects positifs du loup pour l’environnement et l’amélioration du niveau de vie.

Ariège 09/06/2020, tué par balles. © AFP

 

     Et que dire du matraquage anti-ours très bien organisé par les opposants les plus radicaux ? Il ne se passe pas une semaine sans qu’on ne voit fleurir dans la presse les poncifs habituels montés en épingle : « l’ours va faire disparaître le pastoralisme », « l’ours est dangereux pour les bergers et les randonneurs », « l’ours met l’économie touristique en péril ». Tout cela finit immanquablement par la demande insistante du retrait des ours du massif pyrénéen, en tout ou partie. Radical.

L’Europe reproche à la France le manque de protection de l’ours et son état de conservation défavorable car le noyau occidental, le Béarn, qui représente près de la moitié de l’aire de répartition dans les Pyrénées, est voué à l’extinction inéluctable sans renforcement. La France fait la sourde oreille quant à de nouvelles réintroductions conformément aux engagements pris dans son plan national ours en 2018. Trois individus ont été tués par l’homme – triste individu – en 2020, deux en Espagne, un en France.

Un projet d’arrêté du ministère de la Transition écologique fixe, pour la troisième année consécutive, les conditions de mise en place de mesures d’effarouchement dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux. On ne peut que déplorer une politique jugée illégale par la justice française début 2021, le Conseil d’État avait fait annuler, en début d’année, la possibilité de recourir à des tirs non létaux pour effrayer les ours. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un tel ministère qui doit protéger les animaux en danger d’extinction. Une ministre courbant l’échine, Barbara Pompili, invisible et discrète, une secrétaire d’état, Bérangère Abba, chargée de la Biodiversité – avec un B – discrète et invisible, comme les micro-organismes.

Voyez la manipulation de l’information sur la page Facebook où chacun prend pour parole d’évangile n’importe quelle énormité. Tout ceci nous rappelle les attaques sur la corrida. Alors, ce que l’on défend pour une cause, ne peut-elle pas être étendue aux autres ?

Soyons donc solidaires de toutes ces causes, n’en restons pas étrangers et ne soyons plus attentistes.

 

Hermanos Domínguez Camacho. Cumbres Mayores (Huelva). 23/10/2014. © G. Lamarque

 

     Aficionados, si vous êtes « contre » le loup, pensez à l’avenir du toro bravo. Qu’en sera-t’il de la géographie et des écosystèmes en Espagne notamment, après sa disparition  ? Car il existe une forte complémentarité entre l’élevage taurin et la nature et qualité du milieu. Le toro garant de la protection des sites naturels. On peut étendre le sujet et ses bienfaits au delta du Rhône avec l’exemple camarguais où sont élevés 80 % des élevages français des taureaux de combat.

A l’aspect écologique, environnemental, rajoutons l’aspect économique, aspect qui serait fortement perturbé pas la disparition des retombées issues de toutes les manifestations taurines sans oublier la perte d’animations dans les villes et villages concernés ainsi que la perte d’échanges et de convivialité.

Et de ce dernier point, n’en avons-nous pas un besoin précieux ?

La tauromachie, hélas oblique vers le folklore, oubliant les règles fondamentales avec un toro déficient.

 

                                                              Gilbert Lamarque

 

 

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Adieu Pablo

Publié le par Cositas de toros

              Nouvelle vie, nouveau look

 

       Souvenez-vous, dans la publication de Cositas du 5 mai dernier concernant les élections dans la Communauté de Madrid, j’avais donné quelques résultats "bruts". Si Isabel Díaz Ayuso est "a hombros", Pablo Iglesias, lui "se corta la coleta".

Et bien oui, il l’a fait !

« Se corta la coleta » est le titre repris en chœur par les quotidiens espagnols El Correo, El Mundo, ABC, La Vanguardia...

 

Avant

     Une semaine après avoir quitté la politique, l’ancien vice-président du gouvernement et ex-leader de Podemos apparaît "transformé". Il a bien coupé sa queue de cheval revenant à un style plus classique. Les coiffeurs vous le diront, après une rupture, un divorce, une fin de cycle, le client souhaite un changement radical.

Pablo sans sa queue de cheval, son chignon – ces derniers temps – c’est Cyrano sans son nez, ou celui de Jean Lassalle, Le Che sans son béret – on rejoint encore Jean Lassalle – Dali sans sa moustache ou Macron sans Brigitte !…

 

Après

     Tu n’es plus rien, Pablo, con el pelo corto, « qu’une ombre de la rue »… Après la veste récoltée au soir du 4 mai – les nuits sont encore fraîches à Madrid – te voici renaître en individu plus jeune. La crise prochaine de la cinquantaine ?

Mais, soyons prudents, nous avons vu, ô combien de fois, revenir dans les ruedos quelques vieilles gloires du toreo qui, cependant s’étaient coupé la coleta ! Pourtant, acte souvent mûrement réfléchi, rarement spontané.

 

                                                           Gilbert Lamarque

 

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Des raisons d'espérer ?

Publié le par Cositas de toros

 

          La dernière feria de Bilbao s’est achevée le 25 août 2019 par une corrida de Miura séduisante sous un temps maussade devant un tiers d’entrées. Le dernier à officier fut Manuel Escribano qui balada un pavillon après avoir couché son Miura boyante d’une entière, un poil de côté. Les résultats de cette feria pouvaient être qualifiés de bons. Paco Ureña, grave et classique, 4 oreilles et puerta grande en fut le triomphateur ; Juan Leal marqua les esprits pour la troisième année de rang, et le prix de la meilleure corrida fut attribué à l’encierro de Victoriano del Rio.

Que tout ceci semble lointain !

 

Photo G. Lamarque

   

      Mais voila, cette feria des Corridas Generales de Vista Alegre lors de l’Aste Nagusia (Grande Semaine) « est en perte de vitesse depuis une dizaine d’années » comme l’écrivait le quotidien de centre gauche espagnol El País au lendemain de la dernière corrida.

Comme mentionné en introduction, le spectacle était pourtant au rendez-vous, avec le triomphe de matadors et de bonnes prestations des toros. Mais cette feria souffre d’un constat amer : la fête n’attire plus. Le quotidien revenant sur ce rendez-vous estival du Pays basque espagnol, évoque Bilbao comme « une prestigieuse feria taurine, victime de l’abandon et de la lassitude. »

« 60 000 personnes ont assisté aux neuf festivités programmées, soit 45 % de la capacité maximale et loin des 150 000 spectateurs en 2007 ; en d’autres termes, quelque 4 000 spectateurs sont perdus chaque année. »

 

Des arènes abandonnées.

 

Il y a des lustres que la Vista n'est plus Alegre

     

     Ce temple de la tauromachie, considéré comme l’une des quatre plazas les plus importantes d’Espagne, est aujourd’hui « un désert abandonné par ses occupants habituels, remplacés par un public clairsemé, occasionnel, débonnaire et fêtard qui désacralise inconsciemment chaque après-midi l’histoire du Bilbao taurin », déplorait El País.

Principal responsable : l’inquiétante désaffection pour la corrida qui ne cesse de croître dans la société espagnole et ceci commence dès le collège, où il est "interdit" de parler de toros ! Mais aussi le fait que le monde de la corrida s’est peu à peu isolé de la société, il n’a pas su trouver sa place dans ces temps nouveaux, qui ont choisi d’autres chemins.

Ne vivons-nous pas le même tourment en France ?

 

Les aficionados mis à l’écart.

     La gestion de l’évènement par les propriétaires – dont la société historique, la Casa Chopera – était également visée pour expliquer ce déclin. Ceci s’ajoutant aux questions liées aux militantismes végan, animaliste ou anti-taurin. La Casa Chopera a géré les arènes de Bilbao de la même façon que les entrepreneurs taurins ont toujours dirigé le secteur : en laissant complètement à l’écart les aficionados, et, ce qui est pire, les abonnés, qui sont les clients préférentiels aux guichets de n’importe quelles arènes. Nous avons connu les mêmes déboires avec les Chopera à Mont-de-Marsan.

Il y a également une forte odeur de naphtaline, concernant les membres momifiés de la Junta Administrativa de la Plaza de Bilbao. La fondation de la Junta date de 1901, c’est aussi la même date de naissance de la plupart de ses membres ! … Comment faire du "neuf" avec "ça" ?

 

Membres de la Junta Administrativa et de la société BMF, 30 septembre 2019

 

     L’homme d’affaires mexicain Alberto Baillères, l’automne suivant, est devenu le gestionnaire privé de l’arène de Vista Alegre pour les quinze prochaines années (!), en lien avec l’entreprise… Chopera. Il s’est engagé à verser une cotisation annuelle de 250 000 euros pour redynamiser la feria. La société Toreo, Arte y Cultura BMF S.L. (Baillères-Martínez Flamarique) a la possibilité d’être prolongée cinq ans ! 250 000 euros, c’est plus du double du montant minimum exigé dans le cahier des charges, qui était de 105 000 euros. Ah, ces milliardaires !

Dans le communiqué de presse qui suivit, la société prévoit que la proposition « ambitieuse et extensive vise à élargir et améliorer la catégorie de Vista Alegre et à dynamiser et intensifier son utilisation, tout au long de l’année. » Le cahier des charges exigeait au moins sept célébrations et BMF S.L. a présenté un total de quinze, soit plus du double.

Voici ce qui était prévu pour 2020. La saison devait s'ouvrir par un week-end de juin appelé Zezenfest (festival tauromachique, en basque) dans lequel il devait y avoir une corrida et le traditionnel festival caritatif du Club Taurin, en plus de divers évènements culturels pendant les deux jours. Ensuite, devait avoir lieu le Mémorial Iván Fandiño, composé de trois novilladas non piquées gratuites chaque soir, dont trois finalistes auraient été choisis pour la novillada promotionnelle incluse dans les Corridas Generales en août, lesquelles corridas maintiendraient leur affiche habituelle de sept tardes de corridas, la corrida de rejón ainsi que la matinée du concours de recortadores. Programme riche et alléchant d'où notre frustration.

La société BMF S.L en Espagne, c’est aussi les arènes gérées jusqu’à présent par les Chopera : Almeria, Logroño, Salamanque, Saint-sébastien et Palencia.

     La pandémie passant par là, nous n’avons pu apprécier l’Aste Nagusia 2020. Pourvu que 2021 ramène nos pas vers Vista Alegre !

Photo G. Lamarque. août 2019

   

      La ville est belle, séduisante, au riche passé, moderne par ses dernières réalisations, proposant de nombreuses visites intéressantes ; la gastronomie est au diapason, l’hôtellerie idem, la fête durant neuf jours également. Dans la plaza spacieuse, vous circulez aisément, vous rejoignez votre place rapidement, vous êtes confortablement installé, les "estanquets" sont nombreux ; le gin tonic généreux et abordable et le prix d’un billet est lui aussi, abordable : 18, 20 euros les moins chers avec une excellente visibilité… et les TOROS !

Venez ou revenez à Bilbao.

Photo G. Lamarque. Août 2019

                                                              Gilbert Lamarque

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Dos de mayo

Publié le par Cositas de toros

 

       Le gouvernement de Pedro Sánchez n’aime pas les toros.

 

          L’annonce du festival du 2 mai à une date symbolique, à Las Ventas a encore alimenté le débat taurino-politique entre les applaudissements des aficionados et les sifflets des radicaux anti-corrida.

 

     Nous l’avions remarqué, P. Sánchez n’aime pas les toros. Et encore plus après l’annonce par Isabel Díaz Ayuso, présidente du Parti populaire à Madrid, de commémorer le « Dos de Mayo » par un festival « de figuras » dans la Communauté de Madrid, à Las Ventas… deux jours avant les élections, le 4 mai, de l’Assemblée de Madrid pour la XIIe législature. Et comme dans toute campagne électorale, le monde du toro fait débat. Madrid (le gouvernement central) a bien exprimé son intention de retirer toute aide à la tauromachie s'il gouverne. La machinerie prohibitionniste bien huilée a alors commencé à se mettre en marche, d’abord sur recommandation du ministère de la Santé, qui propose de ne pas organiser d’évènements – c’est si simple comme ça – de plus d’un millier de personnes. Le gouvernement de Sánchez cherche à mettre fin aux festivités taurines à Madrid sous le prétexte de la pandémie. Petit, très petit le Sánchez. Après Daniel Gérard au début des années 60 chantant Petit Gonzales, qui pour reprendre les chemins des studios pour gazouiller un Petit Sánchez ?

 

Isabel Díaz Ayuso

   

      Isabel Díaz Ayuso : « Nous serons devant lui. Nous défendons la première plaza au monde, avec les meilleures mesures de sécurité pour accueillir les aficionados ». « La corrida de Goya – a t’elle commenté – est une tradition de longues décennies à Madrid, et des mesures sanitaires peuvent être garanties. Je célèbre le retour de la Fiesta dans les premières arènes du monde ».

     Entre temps, la ministre de la Santé, Carolina Darias, a insisté cette semaine sur le fait que « recommander n’est pas interdire » et que ce type de célébration est « de la responsabilité des communautés autonomes ».

     Parmi ces communautés se trouvent celles de Castille-La Manche et d’Estrémadure, ces fiefs socialistes – déjà évoqués dans Cositas – qui permettent une capacité de 75 et 50 pour cent, respectivement. Le monde de la tauromachie est très important en Castille-La Manche, à la fois du point de vue économique et culturel. C’est la deuxième communauté dans laquelle se déroulent le plus de spectacles taurins tout au long de l’année, derrière l’Andalousie. En Estrémadure, on soutient fermement l’activité agricole et l’élevage des bravos. L’importance du secteur taurin dans la Communauté va au-delà de la pertinence et du poids de la fête traditionnelle, car elle a un impact positif indéniable à la fois en termes économiques et environnementaux. La tauromachie en Estrémadure, c’est le pâturage, l’environnement incomparable dans lequel paissent plus de 120 troupeaux de bravos !

     Que va-t’il se passer à Valladolid, en Castille-et-Léon les 8 et 9 mai, où les figuras sont annoncées pour la Feria ? Les aficionados attendent, sachant que dans cette communauté, la tauromachie reste un élément important pour préserver les usages, les coutumes et l’identité dans l’intérieur de l’Espagne.

     La ministre de l’Environnement a annoncé une aide pour les propriétaires de bravos. Paloma Martín a déclaré : « Leur contribution économique est claire ». Dans la Communauté madrilène existent 64 ganaderias qui génèrent environ douze mille emplois, des emplois en milieu rural. « Le gouvernement espagnol méprise ce secteur stratégique pour le maintien de l’environnement et ses professionnels ne touchant pas les allocations de chômage extraordinaire dues aux artistes.

     Isabel Díaz Ayuso a affirmé : «  La tauromachie est un bien d’intérêt culturel protégé qui fait partie de notre tradition populaire. Seule la San Isidro, dans des circonstances normales, représente plus de 70 millions d’euros pour nos caisses. Mais les toros, bien sûr, sont bien plus que des emplois et l’économie. La tauromachie est la liberté et c’est l’Espagne ».

     « Encore une fois les toros comme monnaie électorale et territoriale, comme si la Fiesta, universelle et sans idéologie mais menacée par un animalisme radical, était une affaire de géographie et de politique. La tauromachie est le cadeau culturel de l’Espagne à l’humanité. Soyez de dignes représentants de votre peuple et battez-vous pour cela », résume et clame Victorino Martín, président de la Fundación del Toro de Lidia.

     6 000 billets vendus en un temps record pour ce festival organisé afin de reverser les bénéfices à de nombreuses familles du secteur taurin qui souffrent de cette rupture provoquée par la pandémie. Les portes de Las Ventas s'étaient refermées  le 12 octobre 2019, jour de la fête nationale, il y a presque 20 mois.

 

………..

Francisco de Goya y Lucientes. Dos de Mayo

 

     … Où on polémiquait, il y a peu, en France sur la question de savoir si l’on devait commémorer ou célébrer Napoléon pour le bicentenaire de sa mort, le 5 mai 1821. Allons-y pour une commémoration par le Président Macron.

Mais sans Napoléon, pas d’occupation française en 1808, pas de rébellion du peuple madrilène, donc pas de « Dos de Mayo » en Espagne !

 

     Quant aux joutes made in Sud-Est entre Simon et J.B., elles se débobinent gaillardement.

À Nîmes, le maire a confirmé la Feria de Pentecôte qui se déroulera bien du 11 au 13 juin.

À Arles, la Feria était prévue du 4 au 6 juin, mais vu les annonces présidentielles, J.B. prenant acte, l’hypothèse est d’organiser les corridas dès les 9 et 10 juin… et surtout avant le voisin concurrent et rival. Durant cinq jours nous passons de la famine à l’indigestion. J’organise mais je me contrefous de l’afición et du bien de la tauromachie. La course des égos, stupide et lamentable. 

On fête donc Pâques et Pentecôte entre le 9 et le 13 juin, Sa Sainteté le Pape a-t’elle été consultée ?

 

   

      ... et le 1er mai, nous fêtons ... le 1er mai !

 

                                                         

                                               Gilbert Lamarque

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Duo sur "Covidé"

Publié le par Cositas de toros

 

                Les toros et le Covid-19.

 

           Une fois n’est pas coutume, voici ci-dessous, les divagations d’un ganadero inquiet et celles, plus modestes d’un revistero durant cette maudite pandémie.

 

     Choisir entre la peste et le choléra qui ont fait des milliers de morts, mais à l’époque, pas de masque, pas de privations, pas de confinement ni couvre-feu, les embrassades et les poignées de main sont légion, pas de repas interdit en tête à tête ou avec des amis, pas de restaurants fermés… Le coronavirus est là et nous avons toutes les difficultés pour nous en débarrasser. Dans certains départements, c’est la panique, confinement, couvre-feu, limitations dans les déplacements sauf pour aller travailler, pas de restaurant ni sport ni culture.

Et les toros dans tout cela ? Et bien eux, ils continuent de paître, de prendre du poids… pour être prêts le jour J. 

Tous les organisateurs prévoient des corridas, novilladas piquées et non piquées mais plus les dates se rapprochent, plus l’inquiétude gagne l’éleveur sous la menace du spectacle reporté ou annulé.

Que fait-on des toros ou novillos préparés avec passion tous les jours ? Une année 2020 sans novilladas dans le Sud-Ouest, les bêtes sont au campo et si 2021 est la copie conforme de l’an passé, alors plusieurs toros partiront vers l’abattoir. En ce début d’année, on scrute l’évolution de la pandémie car, à la ganaderia Casanueva, tout est réservé et cela ferait énormément de bien au compte en banque. Les aides sont rares en France pour ce type d’élevage. Autre inquiétude, si les grands organisateurs n’élaborent pas de corridas sous la jauge des 50 % – difficile à rentabiliser – et bien, ils occulteront le fait de monter des novilladas, spectacles dits mineurs. Il faut penser à la tauromachie en général, aux toreros, mais aussi à la presse taurine qui n’a plus de matière pour écrire des articles et aller en reportage.

Les seuls qui vont prendre des décisions radicales sont les éleveurs car malgré la diminution du cheptel chez certains, d’autres mettront la clé sous la porte. Il est prévu une éclaircie vers juin ou juillet lorsque tout le monde sera vacciné mais, les tarifs pour les acteurs et les éleveurs vont certainement être revus à la baisse. Par contre, le foin, le pienso, le gasoil et les frais en général n’iront pas dans le sens de la courbe descendante.

Jean-Louis Darré disait, il y a peu de temps que si les ganaderos venaient à disparaître, il n’y aura plus de tauromachie dans le Sud-Ouest pour la pratique des écoles taurines, les entraînements des toreros, tientas, repas au campo, etc.

Il faut rester optimiste, mais avec les antis et le peu de visibilité dans l’avenir de la tauromachie, nous sommes en droit de nous poser la question : quel est l’intérêt de continuer un élevage contraignant parfois l’hiver, et coûteux tout au long de l’année. Le plus dramatique, bien sûr, c’est le Covid-19 qui continue à tuer des milliers de personnes de tout âge comme à certaines époques, la peste et le choléra avec quelques similitudes : départ de la pandémie au contact des animaux, rats, pangolins, chauve-souris… Alors que le toro, lui, lavé de tout soupçon, va en subir les terribles conséquences.

 

     Le déploiement chaotique de la vaccination nous éloigne d’une immunité de masse rapide. Comment trouver la direction vers des valeurs positives afin que l’été qui approche nous amène au bout du tunnel ? Vouloir sauver des vies à court terme nous conduira à en détruire d’autres à plus ou moins long terme et il en va de même pour les commerces, industries, exploitations, ganaderias. Nous patinons, le virus, lui, progresse.

On confine à nouveau dans 19 départements, l’Italie se voile de nouveau et 14 pays de notre vieille Europe subissent un couvre-feu. Vivement notre entrée en Ehpad pour bénéficier d’un milieu où le précieux sérum se déverse à l’envi. Voilà pourquoi je ne partage pas, hélas, l’optimisme modéré de mon ami ganadero. Je ne vois qu’un été mort-né et ses effets dévastateurs.

 

© G. Lamarque. 05/02/2021, ganaderia Casanueva

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diversion

      Entre la peste et le choléra, le personnage d’Angelo Pardi, colonel de hussards, jeune aristocrate italien dans Le hussard sur le toit de Jean Giono, a mes faveurs plutôt que le docteur Rieux dans La peste d’Albert Camus, homme pourtant sensible et humaniste. Angelo Pardi, sujet plus romantique… la sensibilité, l’émotion et l’imagination ont eu raison de moi sur la raison et la morale. Un certain "romantisme" pour adoucir cette triste période.

 

José Bats, ganadero     Gilbert Lamarque, revistero

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