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billet d'humeur

L'ÉVANGILE SELON SAINT ANDRÉ

Publié le par Cositas de toros

            Tombant, sans mal, sur un court article, par blog interposé, tiré de La Marseillaise Hebdo Occitanie (22 au 28/04/22), concernant le dernier livre d’André Viard, La chair et le sens. Une religion du taureau, le journaliste qualifiait l’ouvrage de "Bible de la tauromachie". « André Viard nous a concocté ce véritable document sur une religion des taureaux avec une incroyable précision d’écriture et une documentation qui font de ce livre une sorte de Bible de la tauromachie ».

Par Belzébuth, comme il y va !

     Les liens entre le taureau et l’homme, de la mythologie à nos jours, A. Viard en a fait son fond de commerce. Après Le mythe du taureau (1996) et Tauromachies universelles (2016), voici la "Bible". Un ouvrage polémique imposant (592 pages, un demi kilo) sur un sujet qui est aussi notre rapport à l’animal.

     « L’observation des pratiques taurines des peuples indo-européens et du pourtour méditerranéen montre que le combat du taureau s’y perpétua jusqu’à son extinction à l’état sauvage. Des chasses paléolithiques à la corrida moderne, en passant par les fêtes chevaleresques de la Renaissance, cet essai sur la mythologie et l’ethnologie du taureau offre un voyage aux origines de la tauromachie ».

     Mais la tauromachie moderne, celle que nous connaissons, s’est inscrite au XVIIIe siècle et non pas avec les premières civilisations, en Crète, en Grèce et ailleurs. Les combats, les jeux ou les formes sportives entre l’homme et le taureau sauvage étaient certes une forme de tauromachie.

     Pour Viard – dans ses rêves – « le premier héros de l’humanité peint sur les parois de la grotte de Villars, lequel était un chasseur à pied qui provoquait la charge du toro pour le tuer de face ».

     Diable, la Dordogne terre taurine ! De là à écrire que ce chasseur revêtit l’habit de lumières ! En 2016, il concluait que la corrida remontait à 23 000 ans (Tauromachies universelles) : « Villars, 23 000 ans, la première tauromachie. »

     Nous sommes – presque – tous admiratifs de l’érudition d’André Viard mais, j’ai la terrible impression qu’il assimile le lecteur et en particulier le lecteur-aficionado ou l’aficionado-lecteur à un couillon, d’une culture asséchée sans discernements. Sûr, certains ont pris cette somme pour argent comptant, si nous considérons les critiques dithyrambiques abondantes, à croire que nous sommes qu’un peuple d’une incrédulité excessive.

     Au siècle des Lumières, on combattait l’ignorance par la diffusion du savoir, et non pas par une somme encyclopédique délivrée sans mesure, avec audace certes, mais pas toujours avec équité, intégrité.

     Après Matthieu, Jean, Luc et Marc, voici l’Évangile et aussi la Passion selon saint André, cette passion lui soufflant une inspiration débordante ! Quantité n’est pas vérité pour autant.

     Cette "Bible" vaut bien quelques libelles et élucubrations, "Bible" éditée aux éditions Au diable vauvert – ça ne s’invente pas ! – traduite de l’hébreu en français.

          La chair et le sens. Une religion du taureau, 25 euros par André Viard, président de l’Observatoire national des cultures taurines (ONCT), diplômé en droit, ancien matador, (bon) dessinateur, écrivain, journaliste, photographe, créateur de la revue Terres taurines, futur anthropologue.

     Que mes offenses me soient pardonnées…

                                                Gilbert Lamarque

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Chef d'oeuvre en péril

Publié le par Cositas de toros

     Ce titre reprend Chefs d’œuvre en péril, l’émission culte qui fit ses premiers pas en noir et blanc en 1962, sur la RTF, émission chère à Pierre de Lagarde. Ceci ne nous rajeunissant pas !

 

L'horrible clôture métallique

           

             Cela fait trente ans, cette année, que les arènes de Cáceres, l’une des plus importantes et des plus belles d’Estremadure, ont été déclarées bien d’intérêt culturel en 1992 par le ministère espagnol de la Culture, une reconnaissance qui, théoriquement, devrait servir à garantir sa conservation dans le meilleur des états. Cependant, le site est fermé depuis 2020 et, selon un récent rapport technique, son toit risque de s’effondrer. La plaza présente l’aspect d’un bâtiment abandonné, accentué par l’horrible clôture métallique qui l’entoure depuis de longs mois pour empêcher les gravats de tomber sur les promeneurs.

 

   

      L’image de l’abandon et de la décrépitude d’un tel monument, qui affiche "fièrement" son année d’inauguration, 1846, sur la façade.

 

Une bataille sournoise PP/PSOE

 

     Bien que l’Era de los Mártires soit un bâtiment municipal, la passivité des dernières concertations a contraint le Conseil provincial à intervenir, qui, en mars 2021, avait annoncé qu’il paierait les travaux. Plus de 300 000 euros sont déjà budgétisés mais, contrairement à ce qui se passe avec d’autres projets dans lesquels les politiques se précipitent pour donner les délais de début et de fin des travaux – pas toujours respectés –, on ne sait rien du calendrier prévu pour l’arène au-delà du fait que les documents de réforme sont en cours de traitement et qu’ils doivent recevoir l’approbation de la Commission provinciale du patrimoine. Luis Salaya, maire PSOE depuis 2019, qui n’a jamais caché le fait que la reprise des arènes de Cáceres n’est pas une priorité pour lui, s’est limité à dire, la semaine dernière, qu’il espère que ce sera fait « bientôt », après que le Parti Popular a de nouveau soulevé le soupçon que la municipalité retarde délibérément le processus pour empêcher la corrida d’avoir lieu lors des prochaines Ferias de San Fernando, fin mai. Le maire nie cela et fait valoir que les procédures sont lentes précisément parce qu’il s’agit d’un bâtiment protégé dans lequel toute intervention doit être effectuée avec des garanties – éternel refrain.

     Il est évident que les divergences politiques et idéologiques qui entourent la tauromachie sont un facteur déterminant, et cette arène de Cáceres, une nouvelle victime silencieuse. La plaza représente une importance patrimoniale et cet espace est fort utile, permettant d’y célébrer de nombreux évènements culturels différents et pas essentiellement des festivités taurines.

 

     Inaugurées le 6 août 1846 avec des toros de Gaspar Muñoz, elles ont connu leur dernière corrida le 2 juin 2019 pour un mano a mano Emilio de Justo et le vétéran Juan Mora, toros de El Pilar.   

      Qu’en sera-t’il en mai ? Cáceres subira-t’elle le sort de Ciudad Real qui verra ses arènes réduites au silence pour une troisième temporada sans toros (Cositas : "Des pelles et des grues", 21 décembre 2021). Deux capitales de province, Cáceres 95 000 habitants et Ciudad Real 75 000, orphelines de leurs toros.

                                                                      Gilbert Lamarque

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Les derniers des Mohicans

Publié le par Cositas de toros

 

            Entretien de la candidate du Parti animaliste pour la présidentielle pour faire progresser sa cause sans l’enfermer dans une sensibilité politique. Le Point "Journal de midi" du 15 janvier 2022.

Propos recueillis par Thibaut Déléaz et Emmanuel Durget.

 

 

 

Chasse, élevage intensif, maltraitance, corrida…

 

             Surprise lors des élections européennes en 2019, le tout jeune Parti animaliste avait réalisé 2,2 % des voix sans pour autant obtenir de siège au Parlement européen. Depuis, le Parti a placé ses premiers élus dans des conseils municipaux à la faveur des élections de 2020. Pour la première fois, il présente une candidature à l’élection présidentielle en la personne de Hélène Thouy, avocate bordelaise de 38 ans, l’une de ses fondatrices.

Hélène Thouy assure que ses idées sont largement partagées par la population, mais bloquées par les politiques sous l’influence des lobbys.

 

Extraits

 

- Pourquoi ne pas s’allier avec un autre candidat qui pourrait porter vos idées ?

     … Nous ne ferons pas d’alliance. La cause animale dépasse les clivages politiques… Il ne faut pas l’enfermer dans un parti ou une candidature.

 

- Comment jugez-vous les propositions des autres candidats sur cette question du bien-être animal ?

     … Aucun n’a témoigné d’une réelle détermination à changer les choses. Mais depuis que l’on a fait 2 % aux européennes, il n’a échappé à personne que nos idées sont un réservoir électoral qui peut faire basculer une élection… Quand on entend Yannick Jadot défendre le foie gras artisanal, c’est que le sujet n’est pas maîtrisé. Le problème du foie gras, c’est le gavage. Que vous gaviez trois oies dans un petit enclos ou que vous en gaviez 500, ça reste de l’alimentation forcée.

 

- N’avez-vous pas peur de porter des mesures trop radicales qui pourraient effrayer les citoyens ?

     Nous ne prônons pas l’arrêt de la consommation ou de la production de protéines d’origine animale, seulement une réduction… Nos mesures sont majoritairement soutenues par les citoyens, même sur l’interdiction de la chasse. Mais les chasseurs présentent depuis des années comme des représentants de la ruralité, les politiques pensent alors qu’ils se mettront à dos le monde rural en allant contre la chasse…

 

- Face à des lobbys puissants comme celui de la chasse, pensez-vous que la voie démocratique que vous avez choisie est suffisante ? D’autres ont choisi un activisme parfois violent…

     C’est un vrai sujet. Si on a une crise institutionnelle majeure et une abstention qui progresse élection après élection, c’est parce que les citoyens n’ont plus l’impression de peser sur la politique…

 

- Emmanuel Macron a-t’il été un bon président pour les animaux ?

     Il a fait du massacre des animaux la grande cause du quinquennat ! … Emmanuel Macron aurait pu mener des réformes ambitieuses, mais son bilan est décevant. Il y a eu des avancées, on ne peut pas dire le contraire, mais rien sur l’élevage, la chasse, la corrida…

 

Hélène Thouy. Ne vous fiez pas aux apparences...

 

- Si vous deveniez présidente de la République fin avril, qu’elles seraient vos premières mesures ?

     Ma première mesure, immédiate, serait d’arrêter les autorisations de création et d’extension des élevages industriels et intensifs, puis d’entamer le processus pour qu’à la fin du mandat, tous les éleveurs qui sont dans l’intensif n’y soient plus. Cela suppose de les aider financièrement et de les accompagner…

… Enfin, nous créerons un ministère de la Protection animale. Cette question est aujourd’hui dans les attributions du ministre de l’Agriculture, on est vraiment en plein conflit d’intérêts. Il faut un ministre à part entière, qui puisse sérieusement traiter ce sujet, avec des moyens.

 

- Souhaitez-vous aller vers une égalité juridique entre les hommes et les animaux ?

     Absolument pas. On ne va pas donner le droit de vote aux poules ! …

 

- La France a-t’elle du retard sur ces questions-là ?

     Oui, nous sommes en retard. Sondage après sondage, on voit que les citoyens ont des attentes sur la cause animale, mais que les politiques ne changent rien. Je ne parle même pas de l’élevage, on a encore des loisirs comme la chasse ou la corrida. Il y a un énorme décalage. Regardez le référendum sur les animaux : il n’a pas pu aboutir, alors qu’il était soutenu par les citoyens, parce que tous les parlementaires, par des jeux de lobbying, n’ont pas osé signer ou se sont rétractés.

 

- Comment faire pour dépasser ces lobbys ?

     On redonne plus de place aux citoyens. Depuis 2017, nous portons le référendum d’initiative citoyenne. La démocratie directe est la solution, d’autant qu’en France, on a des seuils qui rendent extrêmement difficiles l’élection de formations politiques émergentes...

 

- Vous ne souhaitez pas d’alliance pour la présidentielle, mais est-ce envisageable pour les législatives ? Cela pourrait vous permettre de gagner quelques circonscriptions et d’avoir des députés à l’Assemblée.

     Il n’est pas question de faire alliance. Nous avons déjà investi plus de 100 candidats… Avant de créer le Parti animaliste, nous avons essayé de convaincre les formations politiques avec des arguments rationnels. Mais le seul argument qu’ils comprennent, c’est la perte de voix. C’est tout ce qui peut leur faire un électrochoc.

 

…………………………………………………………………………………………

 

            Le Parti animaliste a obtenu 2,2 % aux élections européennes, il a séduit près de 500 000 Français. Il a doublé son score des législatives (1,1%). C’est bien mieux que les listes gilets jaunes, l’UPR de François Asselineau ou le Patriotes de Florian Philippot et presque aussi bien que le vénérable Parti communiste ou l’UDI (2,5%). Les figures de proue de la campagne étaient un beagle et un chaton aux yeux implorants.

 

5 Français sur 6 rejettent le piégeage des oiseaux à la glu, avec des filets, et autres pièges (84 % IPSOS 2018)

4 Français sur 5 ne sont pas favorables à la chasse (81 % IPSOS 2018)

3 Français sur 4 sont favorables à l’interdiction des corridas en France (75% IFOP 2021)

2 Français sur 3 sont favorables à la création d’un statut juridique de "personne animale" (66 % IFOP 2020)

1 Français sur 2 est favorable à l’interdiction du gavage (58 % OpinionWay 2017)

 

Interdire, interdire…

 

     Les corridas, par exemple, ne nous apportent-elles pas – encore aujourd’hui – de l’émotion, une émotion partagée ? Qu’allons-nous partager demain ? Qu’en est-il ces temps-ci de l’empathie, de l’altruisme, du bonheur véritable des petites choses du quotidien ? Plus d’enchantement, c’est has been.

 

     Faudra-t’il que certains loisirs, certains plaisirs jugés comme marginaux par l’ensemble de la population, soient éradiqués comme on élimina, extermina majoritairement les grandes tribus d’Amérique du Nord : Algonquins (dont font partie les Mohicans), Apaches, Cherokees, Cheyennes, Comanches, Iroquois, Sioux ou Hurons… (liste non exhaustive). Les "indiens" que nous sommes, ces dévoreurs de foie gras, ces buveurs de sang, doivent disparaître, en silence, sans guérilla sanglante, dans l’anonymat.

     N’abandonnons pas notre sol aux dédaigneux, aux sceptiques et aux aigris. Ne l’abandonnons pas non plus à la bêtise, la chose la plus partagée au monde, la plus grande menace pour l’humanité !

     Peu importe le nombre d’idiots que vous imaginez autour de vous, vous sous-estimez invariablement le total. Pourquoi ? Parce que vous partez du principe, faux, que certaines personnes sont intelligentes en fonction de leur travail, de leur niveau d’éducation, de leur apparence, de leur réussite… Il n’en est rien. La bêtise est perverse.

     Les stupides sont constants par rapport aux autres, c’est pour cela qu’ils sont si dangereux. Un stupide est plus dangereux qu’une mauvaise personne, un voyou car que faire contre la stupidité ?

     Il n’y a aucune protection, soyez prudent.

 

                                                                       Gilbert Lamarque

 

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22, v'la l'année nouvelle !

Publié le par Cositas de toros

     Et on continue dans la banalité, la monotonie, la convention… 

 

               

               Olivenza effectuera sa Feria du 3 au 6 mars qui comptera trois corridas et deux novilladas piquées. 
Le 3 mars, on inaugurera par une novillada regroupant six ganaderias extremeñas pour Carlos Domínguez, Manuel Perera et Eric Olivera qui débutera en piquée. Le lendemain, seconde novillada avec le fer d’El Freixo pour le Mexicain Alejandro Adame et, Raquel Martín et Lalo de Maria qui débuteront avec les chevaux. Le samedi 5, les inévitables Zalduendo pour Morante, El Juli et Emilio de Justo. Le dimanche matin, corrida de Victorino Martín pour, encore, Antonio Ferrera qui voyagera en solitaire : poor lonesome torero ! L’après-midi, des toros de Nuñez del Cuvillo – étonnant ! – pour Morante-bis, José María Manzanares et Andrés Roca Rey.
     Le programme des Fallas de Valencia mijote. Rafael García Garrido, PDG de Nautalia Viajes, nouvelle empresa des arènes, termine l’établissement de son affiche. Le cycle comprend un budget élevé, plus court, en suivant le script du cahier des charges. Voila la voilure réduite qui ne présage rien de bon ! Quatre corridas, une de rejones, une novillada piquée et une non piquée.
José María Manzanares sera mis en évidence dans cette étape fallera programmée dans la semaine du 13 au 20 mars. Officiel, une corrida vouée à l’artistique avec Morante de la Puebla, Juan Ortega et Pablo Aguado combattant les indispensables Juan Pedro Domecq. Presque bouclé, le 18 mars, J.M. Manzanares, "première", avec El Juli et ? devant les irrésistibles Garcigrande. Le 19 mars, jour de la San José, Manzanares, "deuxième", Andrés Roca Rey et ? avec des toros de Victoriano del Río, surprenant ! Peut-être, le 13, en ouverture, la corrida de Victorino Martín avec, il se pourrait bien, Daniel Luque, Román Collado et (ou) Sergio Serrano et (ou) Antonio Ferrera. Le rejon sera assuré par les toros de Los Espartales et certainement, par Diego Ventura. La novillada piquée sera du fer d’El Pilar. 
Pour combler les (?), Emilio de Justo et ses grandes portes de Séville et Madrid ? Ginés Marín le vainqueur de Las Ventas à l’automne ?
     Rendez-vous d’ici trois semaines environ pour les cartels officiels.

     Les mêmes ganaderias pour les mêmes acteurs, peu d’intérêt et beaucoup de manque d’originalité. La tauromachie fait du lard, en période de disette, produisant parfois, au détour d’une arène, de l’art. Les empresas ont des pertes de mémoire : Ginés Marín, deux oreilles et puerta grande à Las Ventas, Diego Urdiales dans de hautes œuvres à la Maestranza de Séville. Où sont-ils ? Les triomphes légitimes ne sont-ils plus récompensés et jetés aux orties ? Les nouvelles valeurs dédaignées, les audacieux, les vaillants négligés car peu séduisants pour garnir les gradins jusqu’au toit ? Nous sera-t’il proposé encore, des affiches défraîchies tout au long de cette nouvelle temporada peut être perturbée à nouveau ? Il semble que l’aficionado souhaite ardemment des cartels différents, originaux. Nos chers entrepreneurs, à quelques rares exceptions, ignorent-ils le public à ce point ? Ce n’est pas de l’ignorance mais un manque de respect, l’aficionado est mésestimé. Ces entrepreneurs ne bâtissent rien et bientôt vivront sur des ruines. Le goût, les préférences, les souhaits du public sont bafoués. La Fiesta vivra-t’elle grâce à un quarteron de ganaderos et de toreros ?

     La véritable richesse ne peut s’extraire que de la diversité et nos arènes ne peuvent pas devenir un monument historique ou pire, un centre commercial.

 

Nîmes 26 12 2021. Monument historique mais l'activité taurine est toujours d'actualité ! © G. Lamarque


     Morante est-il le torero qui cache la forêt dévastée ? Il y a peu, souvenez-vous, le maestro de La Puebla del Río soulevait fréquemment l’ire des tendidos. Aujourd’hui, il fait simplement son job, celui pour lequel il s’habille de lumières : il n’a rien fait qui n’ait été inventé sur le sable du ruedo. Il a cassé son cocon où il était victime de ses humeurs et de ses péchés. Il a donc claqué la porte pour de nouveaux lendemains. Morante, le seul, peut-être à se soucier de l’avenir ou simplement  l’ambition de chavirer dans la postérité. Toujours est-il qu'il a, quelque peu, secoué le cocotier.
      Et va-t’on fonder toute une temporada sur un seul acteur sachant que de valeureux toreros restent dans la pénombre, eux qui prennent au quotidien tous les encastes pour des queues de cerises ou des peaux de châtaignes (libre choix) ? Qui dit distinction, dit abondance. Qui dit Morante, dit Urdiales. Qui dit Manzanares, dit Marín, etc.

    PS. Valdemorillo (Madrid) a intégré D. Urdiales pour le 5 février, corrida de Zacarias Moreno mais aucun jeune torero ne s’inscrit au cartel.
À part les noms déjà cités des jeunes Roca Rey (Olivenza et Valence), Juan Ortega, Pablo Aguado et Román (Valence), verra-t’on dans des arènes et ferias d’importance : López Simón, Juan del Álamo, José Garrido ou Álvaro Lorenzo bien qu’ils semblent marquer le pas, ainsi que la douzaine de toreros trentenaires ou s’en approchant tels Gómez del Pilar, Javier Cortés, Pepe Moral, Joaquín Galdos… (liste non exhaustive) ? Ne pensons même voir nos "nationaux" Juan Leal, Adrien Salenc ou El Rafi  fouler le sable espagnol ! (Le Figaro a réalisé, le 4 janvier, une vidéo de cinq minutes avec le matador nîmois El Rafi, diffusée sur la page Facebook et le compte twitter du quotidien national).
     Le Covid toujours présent a participé à la Fiesta en 2021 et permit la sortie dans les ruedos de nombreux toros d’âge avancé ; flirtant avec les six ans, cela fait réfléchir un torero, le précipitant vers une retraite si, non "prématurée", sûrement précipitée !
Toujours rechercher dans l’infortune, la matière positive.
                                             

                                                               Gilbert Lamarque

                                             
                                                                                                                                                 
 

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La référence du campo bravo...

Publié le par Cositas de toros

  … GARCIGRANDE / DOMINGO HERNÁNDEZ.


            Il y a déjà quelques temps que le ver est dans le fruit, mais aujourd’hui, le fruit est passablement gâté !
     Dans le classement actuel des ganaderias au 24 octobre, soit au terme de cette temporada, pas de surprise, le fer de Juan Pedro Domecq termine premier de cet hypothétique podium avec 115 toros combattus en corrida. Suivent de la deuxième à la quatrième place, Victorino Martín (81), puis au troisième rang ex aequo Domingo Hernández et Gacigrande (80 chacun). Fermín Bohorquez et Núñez del Cuvillo les talonnent (79 chacun).
     Domingo Hernández a participé à 27 corridas, Garcigrande (25), J.P. Domecq (24), F. Bohorquez – pour les festivités de rejones – et Núñez del Cuvillo (17), V. Martín (16).
Mais les deux fers de la même vacada, voyageant désormais séparément, Domingo Hernández et Garcigrande ont dominé les débats… par leur présence insolente. Faites le compte : 52 corridas et 160 toros !
Saltillo, El Quintanar, Barcial, Adelaïda Rodriguez ont fait combattre un unique toro !
     Les devises blanche et rouge (Garcigrande) et bleue, rouge et verte (D. Hernández) flottent à tous les vents.

     Propriétés de la famille de Domingo Hernández, aujourd’hui décédé, les deux ganaderias sont désormais menées séparément. Ceci à la suite de la division du patrimoine familial entre Conchita et Justo, enfants et héritiers de Domingo.

 

      Conchita a donc hérité du fer de Domingo Hernández ainsi que de la finca Traguntia à Pozos de Hinojo en la tierra de Vitigudino (Salamanque).

 

    Quant à Justo, le voici propriétaire de Garcigrande et de la finca du même nom située à Alaraz en la tierra de Peñaranda (Salamanque).
     Pour l’aficionado, Domingo Hernández et Garcigrande, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Et aucun changement n’est prévu concernant les critères de sélection établis. Pourquoi tuerait-on la poule aux œufs d’or ?
     Certains vous diront qu’ils sont excellents, d’autres auront un avis plutôt contraire. Il est vrai que si vous êtes torero et figura – n’est-ce pas El Juli ? – ou torerista, vous apprécierez grandement ; l’aficionado a los toros, moins, beaucoup moins.
     Un cartel avec ces deux fers, vous assure une tarde sans un brin d’émotion avec génuflexions et sosería. Permettez à l’aficionado, le torista, de détester. Il y a toujours ces deux entités, le torerista et le torista bien que certains semblent le nier ou du moins le contester.

      « … Aujourd’hui c’est ce qui manque dans la corrida, la notion de ressentir le danger qui guette le maestro. » Victor Mendes, torero : le courage et la volonté. Jean-Michel Dussol aux éditions Gascogne.
     Le signataire de ces lignes a donc vécu à Bayonne lors de la Feria de l’Atlantique, un moment difficile. Difficile par la température excessive en ce début septembre, difficile par cette corrida où défilèrent les sujets de Garcigrande (4) et de D. Hernández (2), sujets à discussion. On pourra toujours me rétorquer que je n’avais qu’à m’abstenir. Oui, mais, l’"Atlantique" à Bayonne , Céret et Vic sont les trois seuls abonnements pour lesquels je suis resté fidèle. Et double peine, la reseña de cette après-midi sirupeuse – où, en plus, votre propre sueur se transforme en sirop – m’avait été attribuée par la vieille revue nîmoise pour laquelle je noircis quelques pages.
     Le public de septembre à Bayonne change, une certaine tendance et quelques cartels du genre en sont les principales causes. Dans le public, il en est qui sont enthousiastes, on ne peut leur reprocher. Par contre, ce qui me chagrine, ce sont les propos dithyrambiques de certains chroniqueurs taurins !!!! Chacun a toute latitude pour s’exprimer et marquer ainsi sa satisfaction. Mais de là à grimper dans la béatitude… Dans ce contexte, la corrida est bafouée, aseptisée et entraînée en pente douce vers sa fin par des individus à œillères et (ou) sans discernement contribuant ainsi à jouer malgré eux les fossoyeurs de la Fiesta brava, de la corrida authentique.
     Les "vérités" et "certitudes" du critique taurin étant jugées, hélas, par certains comme parole d’évangile, se rajoutant aux choix des empressas courbant l’échine aux injonctions des figuras, le ver est bien dans le fruit.
     Mais si ces abominations sont le seul expédient pour remplir une arène, alors… Amen !

                                                            Gilbert Lamarque

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