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Articles avec #billet d'humeur tag

MODERNITE

Publié le par Cositas de toros

 

       La corrida "moderne" implique la faena "moderne" dépourvue du ligazón.

 

     Luis Miguel Dominguín déclarait : «… Ensuite, lier. Si un toro admet cinq, six, sept passes, quelles qu’elles soient, elles doivent être liées. Là où la passe s’achève, il faut reprendre le toro et le conduire jusqu’à la terminaison de la suivante et enchaîner la troisième. Une passe ici, une autre plus loin, aussi bonnes soient-elles ne font pas se lever les gens, et pourtant les gens vont à la plaza avec l’espoir de se lever pour applaudir. Telle est mon opinion, sans prétendre détenir la vérité. »

 

     Aujourd’hui, c’est l’excès de derechazos, de demi-passes, de molinetes, du clinquant inefficace car au bout du compte, le toro n’est pas toréé et encore moins dominé : une faena faite de bribes, de fragments.

     À ce toro non dominé, le torero s’expose à l’ultime difficulté : à l’instant de la mise à mort, la bête bouge et l’homme éprouve quelques problèmes pour cadrer le toro et porter l’estocade. Le toro "moderne", ni original, ni avant-gardiste mais futuriste, hélas, manquant de bravoure et accusant de la faiblesse ne permet pas au diestro, les sempiternelles séries de derechazos en ligne ou en rond qui sont, actuellement, la base de la faena "moderne". C’est monotone, pauvre, improductif.

 

 

     Comme l’écrivait El Tío Pepe (Jean-Pierre Darracq) dans Genèse de la corrida moderne : « … En effet, c’est en début de faena, lorsque le toro, reposé du tercio de piques, ayant couru aux banderilles, a retrouvé la vigueur de l’élan qu’il convient de l’attaquer à gauche, aussitôt après un aller-retour par le haut, ou encore suite à une trinchera et une passe de la firma. Certes, les naturelles à toro vif seront davantage périlleuses que celles de fin de faena, mais le risque sera compensé par l’efficacité, autrement dit la domination. "Joselito", Marcial Lalanda attaquaient ainsi ; et surtout, un fois le combat engagé, ils ne donnaient plus à l’adversaire le temps de respirer. Faenas courtes ou moyennes, conduites sans répit, où la main droite au moment de l’estocade, portée sans entracte, car le matador tenait en main l’épée qui tue. Entre ce procédé énergique, viril, où la notion de lutte à mort conservait tout son sens, et le préfabriqué actuel – ces lignes ont été écrites en 1989 et 1990, ndlr –, la différence est si sensible que si j’en avais le pouvoir j’opterais sans hésiter pour un retour à la période 1929-1939. (On notera que, comme par hasard, le néfaste "Manolete" a pris l’alternative en 1939, et la Fiesta n’en a jamais guéri.) »

 

     Et ça, c’est envoyé !

 

   

     En 1975, El Tío Pepe s’entretenait avec le maestro Luis Fuentes Bejarano à Séville. Celui-ci attachait la plus grande importance à l’unicité de la faena de muleta : « … au bout de quelques années je suis arrivé à la conclusion qu’il n’existe qu’une seule règle immuable : lier la faena. Pour moi, cela signifie être toujours au même endroit, à la même place ( en el mismo sitio). Quand on donne une passe, peu importe comment, l’important c’est surtout de ne pas faire ces ridicules petits sauts en arrière afin de se replacer de nouveau devant le toro. Le torero doit se placer toujours sur son terrain propre, sans permettre au toro de le lui manger (sic). Une passe peut être aussi bonne qu’on voudra, mais si, pour engendrer la suivante, il faut céder du terrain au profit d’un autre terrain qui n’est plus le tien la passe est mauvaise. L’important, c’est que le torero reste toujours à sa place, sans autre correctif que la nécessité indispensable de tourner sur ses pieds afin d’être prêt à enchaîner la passe suivante. »

 

     Il faut tenir compte de ce que tous les toros ne se prêtent pas à une faena liée et templada. Liée, peut-être, mais liée et templada à la fois, voila un autre problème quand le toro devant vous lance des derrotes ou serre sur un côté, ou alors qui avance au pas, qui s’arrête à la moitié du voyage… Souvent, certains toros ont été mal piqués et si souvent trop en arrière !

 

     El Tío Pepe rajoutait ceci : « Une faena liée, commencée et terminée dans le même terrain, ou dans un terrain très proche, est une faena plutôt courte, car une faena courte est une faena qui va a más ; au contraire, plus la faena s’allonge, moins elle est liée, et, fatalement, elle va a menos. Trop de toreros cèdent à cette exigence stupide des publics qui réclament davantage de passes, et cette concession démagogique est préjudiciable à l’unicité de la faena : la faena perd valeur et intérêt. »

 

     Il est bien évident que les toros que l’on "consomme" aujourd’hui, sont en grande partie responsables du confus et du désordre des faenas. Quelle faena devant un toro immobilisé, asphyxié, étouffé par sa graisse, tombant au sol, dont le torero provoque la "charge" par un coup d’épée sur le mufle ?

     Toréer, c’est lié des passes. Le ligazón est la condition de l’efficacité. Et comme l’écrivait encore le "Tío" : « C’est ce que l’on devrait enseigner dans les écoles de tauromachie, plutôt que de fignoler les derechazos. »

 

     Et toc, deuxième envoi !

 

          « Je vous préviens, cher Myrmidon,

           Qu’à la fin de l’envoi, je touche ! »

                 Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac.

 

     Le "Tío", en plein dans le mille !

                                                                       Gilbert Lamarque

 

 RECTIFICATIF

 

20/09/2020. Photo Armelle Douet

Précisions de la part d'Hugo Boudé.

 

      "... Je m'entraîne chez Denis Labarthe qui m'a pris sous son aile à Soustons, les week-end et non à Lachepaillet. Dans les arènes de Bayonne, c'est en semaine, et je m'y entraîne avec Alexis Ducasse et Lionel Lohiague. Mais celui dont on peut dire qu'il est mon "mentor" est bien Denis Labarthe. A très bientôt. Abrazos." 

 

20/09/2020. Photo Armelle Douet
20/09/2020. Photo Armelle Douet

 

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PAR LES MAUVAIS TEMPS QUI COURENT

Publié le par Cositas de toros

    La novillada est le parent pauvre de la Fiesta brava aujourd’hui dans ce contexte de pandémie encore plus qu’hier, novillada dont le but consiste à élever un jeune inconnu vers la lumière et à bâtir sa renommée.

 

     Fleurissent actuellement sur un champ de ruines, quelques corridas en plazas de troisième catégorie avec quelques illustres abonnés, il y a encore peu de temps, aux arènes de première combattant sans gloire en costume défraîchi et lustré. Suivez mon regard.

Ceci se passant principalement en Espagne où se multiplient les indultos. Attention, danger ! L’indulto se vulgarise, bientôt, la fin du tercio de varas… Tout ceci apportant sa ration d’insipidité à un "spectacle" moribond. Le drame se transformera en une fade opérette où se mettront en évidence musiciens cravatés, sopranos et ténors, ouvrant l’accès à la "modernité". Adieu, paso-dobles taurins : Nerva, Agüero, Ole Chamaco, Fiesta en la caleta…

 

          Les "choses" changent.

 

     Dans la plaza de troisième catégorie de Villanueva del Arzobispo, "Muralista", toro de Victorino Martín a été "indulté", déclenchant la polémique, les opinions étant divisées comme toujours, certains considérant qu’une vuelta al ruedo était méritée mais suffisante. Par contre, le ganadero s’est montré satisfait de cet indulto. Il y a quelques temps, Victorino hijo refusait la grâce d’un de ses toros à Logroño (2018), toro bien supérieur à "Muralista".

     Voici quelques indultos sous le Covid-19 : Astorga, le 24 août, le sixième d’El Pilar ; le troisième Jandilla à Mérida le 28 août ; le 4 septembre à Valdepeñas (Ciudad Real), le sixième Conde de Mayalde ; le 6, à Andújar (Jaén), le cinquième JPD est gracié généreusement car « noble mais peu brave. » … la série n’est point close, l’"indultite" aigüe matraque.

Plus aucun critère, plus aucune exigence de la part des présidences et du public. À la trappe les fondamentaux !

 

     Autre plaie, c’est la Communauté de Madrid qui, imposant de nouvelles normes sanitaires drastiques, entraîne l’annulation d’Aranjuez, San Sebastián de los Reyes, Navas del Rey… Incompréhensible ! Car la présidente de la Communauté madrilène, Isabel Díaz Ayuso représente un parti, el Partido Popular, favorable à la tauromachie. Les normes passent à l’échelon supérieur. Pourquoi et surtout qui tire les ficelles ?

     Mais n’éludons pas le fait que les Espagnols subissent une deuxième vague du type Belharra, bien connue des surfeurs.

 

     Autre sujet inquiétant pour en revenir à la novillada – deux à ce jour se sont déroulées en France, à Beaucaire (celle de Garlin, annulée – voir plus bas) et ce week-end, une mixte à Arles devant un public clairsemé ; très peu en Espagne – le nombre succinct de piquées ne favorise pas l’éclosion des futurs matadors. Je prends pour exemple, Francisco Montero révélé la saison dernière en France, qui a montré ses limites à Añover de Tajo (Tolède) où la novillada a été diffusée par Castilla-La-Mancha TV. Pour nous qui l’avons vue, l’Andalou (3 novilladas en 2020, en tête de l’escalafón !...) n’a proposé que son courage et sa volonté. Il a besoin de toréer, et son succès 2019 ainsi que sa douzaine d’actuaciones ne suffisent pas. Ce serait une erreur que de vouloir passer à l’échelon supérieur malgré ses 27 ans. Francisco Montero, torero d’un autre temps – s’est-il trompé d’époque ?– a l’avantage de nous offrir une torería fraîche, pleine d’alegria, rassurante ainsi qu’une personnalité atypique, loin de tous ces jeunes dégurgitant les leçons apprises et traînant leur monotonie n’ayant qu’une seule ambition majeure, ressembler à leurs idoles : Morante, Manzanares ou le Juli… Bon sang, mais qu’ils ne soient que le miroir – même terne – d’eux-mêmes !

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Francisco Montero, St-Sever 11/11/2019 Photo P. Soux

             

     Aujourd'hui, certains novilleros prennent l’alternative avec moins d’une vingtaine  de courses dans leur bagage.

El Cordobés, alternative Cordoue 25/05/1963

     Un torero qui ressemblait quelque peu à Montero au tout début de sa carrière fulgurante, le populaire et parfois controversé Manuel Benítez Perez "El Cordobés", effectua 67 novilladas en 1961 et 102 en 1962 alors que plus près de nous, El Juli toréa 56 novilladas en 1998, 82 l’année suivante.

    Dans sa courte et méritoire carrière, Cristina Sánchez participa à plus d’une centaine de prestations en piquées. Il y avait dans ces années-là, me direz-vous, un nombre plus élevé de spectacles, certes, mais aussi beaucoup plus de novilleros, plus de 300.

 

     Enfin, ce qui est terrible c’est que nous devons continuer à vivre avec un virus omniprésent, dans l’attente d’un traitement ou d’un vaccin et, à être ballottés par les décisions fluctuantes et inconséquentes de nos gouvernants. Mais soyons honnêtes, en dehors des succès au campo des journées organisées par nos ganaderos du Sud-Ouest et du Sud-Est, que nous propose-t’on ? Une Feria du Riz en Arles alors que les Bouches-du-Rhône ont vu la progression galopante du coronavirus, avec au programme le dimanche, une corrida mixte avec Diego Ventura et Antonio Ferrera ! Quant aux alentours, cela ressemble quasiment au désert, tout du moins à la garrigue. Vont s’égrener corridas, novilladas, festivals avec Nîmes, Dax, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Sever, Istres, Béziers, Samadet et Lunel… et la saison sera terminée sachant que cet hiver le Mexique n’organisera aucun spectacle ! Concernant Saint-Martin-de-Crau, la feria aura t'elle lieu ? Car le préfet vient d'interdire les rassemblements de plus de 10 personnes ! Et la journée caritative d'Istres, le 18 octobre, avec le solo de Juan Leal ? Tout devient aléatoire. 

Tournons-nous vite vers 2021 si le virus nous épargne.

 

     Dans ce milieu taurin individualiste, que retenir ? L’absence de solidarité et parfois des coups bas. L’exemple de Dax qui, subitement programme une novillada et une corrida de Pedraza de Yeltes alors que Garlin avait annoncé depuis des mois, une novillada du même fer ! Mais le club taurin béarnais était-il dans l’obligation d’annuler ? La question peut se poser ; éternelle histoire entre le pot de fer et le pot de terre.

En marge du mundillo, on assiste à des rencontres de rugby qui se déroulent devant 5 000, 6 000, 8 000 spectateurs selon le bon vouloir des préfets et des sous-préfets. Comme l’avait déclaré en 1968 un locataire de l’Élysée, c’est la chienlit ! Certainement irresponsable et tout aussi injuste : le personnel soignant appréciera.

Pendant ce temps, la novillada décline et les jeunes toreros en herbe voient leur trajectoire détournée, leurs projets avortés, au mieux reportés dans un avenir trouble et approximatif.

Nous sommes loin du plan jeunes !

Il ne fait pas bon être jeune par ces temps mauvais.

 

                                                                                         Gilbert Lamarque

 

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COSA NOSTRA

Publié le par Cositas de toros

 

     En moins d’un mois, un projet de référendum d’initiative partagée (RIP) sur la condition animale a rassemblé une centaine de signatures de parlementaires et trois quarts des Français s’y disent favorables.

     Le sentiment d’injustice envers les animaux qui ne rassemblait, il y a encore quelques années qu’une minorité, est devenu collectif et consensuel.

     Beaucoup de politiques s’y précipitent quitte à tourner casaque par la suite. Déjà, des députés signataires du RIP ont reçu des mails glacials de la Société de Vénerie. Certains ont illico retiré leur signature, d’autres sont dans l’embarras, quelques uns se posent en bons "normands". Joël Giraud a apporté sa signature à ce RIP… juste avant sa nomination comme secrétaire d’État chargé de la Ruralité ! Aie, ça pique !

     Voici les mesures du projet :

- Interdiction des expériences scientifiques sur les animaux lorsqu’il existe une méthode de recherche alternative.

- Interdiction de l’élevage en cage d’ici à 2025 et accès au plein air obligatoire pour tous les animaux d’élevage d’ici à 2040.

- Interdiction des élevages d’animaux à fourrure.

- Interdiction de la chasse à courre et des chasses dites "traditionnelles" à la glu, au déterrage…

- Interdiction des spectacles avec des animaux sauvages dans les cirques et delphinarium – les zoos ne sont pas concernés.

Et les "cirques" où se donne en spectacle l’assassinat de taureaux, tuerie "traditionnelle" ?

     La bataille politique se profile autour de ce projet pour la cause animale et certainement nous serons témoins de désistements, de reculades comme pour le glyphosate.

     Dernier son de la cloche fêlée : le gouvernement a décidé d’autoriser à nouveau les fameux néonicotinoïdes, aussi appelés "insecticides tueurs d’abeilles". Officiellement, c’est provisoire et ça ne concerne que les cultures de betteraves. Mais c’est aussi une pilule difficile à avaler pour Barbara Pompili, la nouvelle ministre de la Transition écologique, obligée d’apprendre à rétropédaler – le rétropédalage étant le sport majeur de ce gouvernement – avec une spécialité, le virage à 180°.

      L’éternel problème des dérogations qui font que les interdits ne le sont jamais ou pas totalement.

      La grande inconnue reste le positionnement à venir de notre girouette de Président. Lui qui s’est toujours montré accommodant avec les chasseurs, soutenant les pratiques "traditionnelles" de chasse que le projet de loi prétend abolir, pourra-t’il prendre le risque de désavouer une cause intensément populaire ?

      Les textes de loi qui suivront, donneront de la place aux négociations, comme toujours !

 

            La bataille va commencer.

 

      Certains haineux envers la corrida ne pourront s’empêcher de faire un rapprochement.

      Les chasses sont régies par des lois, la tauromachie aussi mais cela ne les rend pas plus solides pour autant.

      Cela sera suivant les intérêts des pleutres politiques comptant inlassablement le nombre de voix supposées à leur réélection !

       N’oublions pas que dans notre doux pays bien policé, le Groupe d’études sur la protection des animaux a élaboré une proposition de loi, enregistrée le 13 juillet 2010, « visant à punir les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité, sans exception. » Cette proposition fait suite à l’échec de deux précédentes tentatives, en 2004 et en 2007. Le nouveau texte prévoit de supprimer l’exception dont bénéficient aujourd’hui la corrida et les combats de coq dans certaines régions, au nom d’une "tradition locale ininterrompue". Toutefois, par décision du Conseil constitutionnel, le 21 septembre 2012, cette exception contenue dans la première phrase du septième alinéa de l’article 521-1 du code pénal, a été déclarée conforme à la Constitution.

     Jusqu’à cette date, la notion de "tradition ininterrompue" déterminée par cette jurisprudence était loin d’être claire. La question donc, a été éclaircie par la décision du Conseil constitutionnel. Jusque-là, seuls les tribunaux tranchaient au cas par cas, comme le montrent les arrêts de la Cour d’appel de Toulouse et de la Cour de cassation, ainsi que la jurisprudence de Rieumes, qui avaient débouté les associations anti-corrida de leurs plaintes, respectivement en 2003, 2006 et 2007.

     L’inscription par le ministère de la Culture de la tauromachie, en janvier 2011 à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France ont provoqué des réactions procédurales de la part d’associations anti-taurines. Cependant, le ministère décide en mai 2011 de supprimer toute mention de l’inscription sur ses sites officiels « en raison de l’émoi suscité par cette inscription. » !!

 

     Alors, qu’en sera-t’il de "ce qui est à nous", la Cosa Nostra ?

 

        L’actualité me fait rebondir dans cet article par la nouvelle révélation honteuse des conditions de vie – et de mort – de canards reproducteurs dans une exploitation agricole liée à la filière avicole et du foie gras, à Lichos en Soule dans les Pyrénées-Atlantiques.

     Les images diffusées par l’association L214 sont insoutenables. Des cas comme celui-ci sont indéfendables. L’homme ici, est un sacré con qui doit se détester ainsi que la planète entière et le "métier" qu’il dégrade furieusement.

      L’imbécile ouvre de nouveau la boîte à Pandore aux "vertueux" opposants au foie gras !

      Si ces images sont avérées, cette situation insoutenable est inacceptable. Elles ne reflètent en rien le fonctionnement normal d'un couvoir aujourd'hui. Les contrôles des services de l'état permettront d'objectiver la situation.

      Le montage est-il faux ? Si oui, c'est malhonnête et scandaleux.

      Mais ce jeudi 20 août dans la soirée, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a confirmé certains points d'insalubrité dénoncés par les activistes du bien-être animal. Assez pour fermer une partie de l'exploitation et évacuer 200 palmipèdes.

Aujourd'hui vendredi 21, l'élevage fait l'objet d'une double enquête judiciaire et sanitaire.

     La préfecture a prononcé une interdiction totale et immédiate de l'exploitation.

Attendons la suite.

Une mort programmée et digne
Une mort misérable

                                                                                    Gilbert Lamarque

 

    

 

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TORERISTAS, TORISTAS ET AUTRES FARIBOLES DÉRISOIRES

Publié le par Cositas de toros

 

     À chaque temporada, revient la querelle saisonnière entre les toreristas et les toristas. Nous en sommes dépouillés en cette période de vaches maigres.

     Pour les uns, il s’agit d’exalter les actes du torero en diminuant le comportement du toro. Pour les autres, le toro est la base de la corrida et tout doit être jugé en fonction de la présentation physique et des qualités morales de l’animal.

     Les premiers sont partisans du toreo exécuté avec grâce dans une recherche très poussée de l’effet artistique, parfois frisant le ridicule – je ne nommerai aucun diestro – effet obtenu au détriment de l’émotion tragique de la corrida. C’est le matador qui leur donne cette émotion et le toro ne les intéresse qu’en fonction de sa suavité et des passes de cape ou de muleta dont il permet l’exécution.

 

Murube

    

        

 

 

 

 

Conde de la Corte

   

     

 

     

 

     Les sentiments tauromachiques des seconds sont exaltés par le combat lui-même, par la présentation du toro, par ses qualités de combattant, par ses difficultés. Pour leur plaire, les toreros devront être dominateurs et efficaces avant d’être artistes.

     Les premiers sont des toreristas, les seconds des toristas.

     L’âge de l’aficionado est l’argument le plus souvent employé contre les toristas. Cette appellation souvent péjorative comporte sinon la vieillesse, la sénescence, le gâtisme ou la sénilité – je baisse le frontal – , tout au moins la maturité de celui qu’elle qualifie – je relève le chef – .

     À la vérité, il existe "beaucoup" de toristas jeunes, excellents aficionados et le torista n’est pas obligatoirement partisan du toro âgé, difficile à "lidier", énorme, éléphantesque, puissant, violent, animal qui était indispensable à la corrida d’il y a plus de cent ans.

     Il ne devrait pas existé de toros "grands", pas plus que des toros "petits", mais tout clairement des toros.

     La conception de la présentation est relative et aussi subjective mais elle est fondamentale. Elle doit comprendre la taille, le poids, la pureté de l’armure et l’âge, mais aussi la bravoure et son complément direct non obligatoire mais souhaitable, la noblesse.

     Si le torero n’a pas face à lui un ennemi, il n’y aura aucune émotion, et sans émotion, il n’y aura pas véritablement de corrida, mais un simulacre, une représentation.

     Or, depuis environ cent-vingt ans, de nombreux ganaderos ont tout sacrifié, même la bravoure, pour obtenir une docilité quasi-régulière – à ce sujet, je ne citerai, non plus aucun nom – . Le but poursuivi est la production d’animaux "agréables", physiquement diminués qui facilitent le travail des toreros leur permettant de briller régulièrement et à moindre frais.

     Avec de tels adversaires, il me semble que tout l’escalafón peut faire des passes de cape ou de muleta.

     Il nous reste, heureusement, quelques éleveurs qui ne se soumettent pas aux exigences des toreros, des figuras, devrions-nous dire. D’autres, par contre, ont dépassé le but et, croisant et recroisant sans cesse, ont transformé la bravoure originelle de leur bétail en une mansedumbre criminelle rendant le combat plus difficile et plus dangereux. Avec de tels toros, vous êtes dans l’obligation de toréer et non pas de faire des passes.

     « Al abrirse la puerta del chiquero, cuando sale el toro, si tu no puedes con el, el puede con ti. » (Lorsque s’ouvre la porte du chiquero et que le toro sort, si tu n’as pas d’autorité sur lui, il en aura sur toi). Ces paroles prononcées par Domingo Ortega dans les années 50, sont toujours d’actualité.

     Si le toro est brave et noble à la fois, il présente les difficultés du trapío et de l’allure, augmentées de celles provenant du sérieux dans le combat, de l’ enthousiasme et de l’armure.

     Lorsque le bicho est uniquement brave, aux difficultés précédentes s’ajoutent celles qui sont dues au caractère, au nerf, à l’acharnement qui n’enlèvent rien à la bravoure.

     De tels toros ne permettent pas de faire uniquement des passes ; il faut les toréer, attendre leur charge avec sérénité, ne pas leur céder un pouce de terrain, les dominer, les réduire, les commander en les faisant passer non où ils le souhaitent mais où le veut le torero.

 

Domingo Valderrama et el señor Miura

     Tel est le problème à résoudre, problème rarement solutionné totalement dans une époque de recherche à outrance de la facilité.

     Lorsque le torero aura été mauvais, la critique taurine – (en majorité torerista, pas toujours par conviction, mais souvent par nécessité, plus souvent en Espagne que dans notre pays) – écrira  qu’il n’a pas eu de chance. Lorsqu’on ne pourra qualifier les toros de mansos, on prétendra qu’ils avaient trop de "nerf", d’énergie, pourtant qualité complémentaire de la bravoure. Si la faena de muleta est un fiasco, on dira : « Quel dommage, le toro ne s’y prêtait pas ! » En fait, il ne se prêtait pas aux passes du rituel, mais il restait le toreo que le diestro n’a pas su employer !

      Les toreros, humains parmi les humains, sont sujets à des défaillances. Ce n’est pas diminuer la valeur d’un torero que de dire la vérité à son propos.

      Pourquoi, ceux qui sont toujours bienveillants avec les toreros se montrent-ils aussi sévères envers les toros ?

     Il nous semblerait logique que si nous trouvions "régulièrement" des excuses pour les diestros, nous en trouvions aussi "quelquefois" pour le toro car, lui aussi, a droit à quelques disculpations.

      Il est avéré que dans certaines limites, la bravoure et la noblesse se manifestent un jour qui peut coïncider ou non avec celui où il s’exprime dans l’arène. À ces diversités de comportement, il y a des raisons non négligeables qui font partie des impondérables. D’autres sont bien connus : la température, le vent, le temps orageux. Don Eduardo Miura disait : « Avec le vent d’Est, il n’y a pas de toros braves. »

      À ceci se rajoute l’état de santé, la fatigue et la nervosité dues au transport, l’alimentation depuis le départ de l’élevage, l’étroitesse des corrales, le bruit, les difficultés de l’enchiquieramiento et enfin, et surtout, l’envie du torero.

     Celui qui exécutera une faena standard devant une bête montée sur rails, n’aura résolu qu’un tout petit problème, celui de la facilité !

     Le toro reste l’élément inconnu sortant du toril en ignorant tout de ce qui va se passer, ne connaissant pas lui-même les données du problème à venir.

      Guidé par son instinct, il sera brave, noble, rusé, vicieux… Nous le verrons qu’une seule fois et lorsque nous aurons jugé son comportement, étudié ses réactions, observé ses transformations physiques et morales, il disparaîtra à tout jamais  de l’arène. Nous l’oublierons si son combat a été ordinaire. Il nous restera dans notre mémoire que le souvenir de ceux exceptionnellement braves ou difficiles.

     Si le toro est l’élément inconnu, le torero est l’élément connu. Nous savons ce qu’il peut faire de mieux, de quelconque ou de pire.

     Pour nous, le toreo n’est pas la rigidité, l’immobilité, les pieds joints, la statuaire et la manoletina, admirant les gestes artistiques et esthétiques d’un tel ou tel autre. Ce qui nous plaît, c’est de voir X ou Y devant des toros et d’"étudier" leur toreo devant les réactions, bonnes ou mauvaises du bicho. Tout compte dans la corrida : tout peut être beau et émouvant.

     Le torero rendra le spectacle artistique, captivant mais depuis que la tauromachie existe, c’est le toro qui fait la corrida.

     Et, faible homme, malgré mes préférences, je dois reconnaître, sans rien abdiquer de mes opinions, que certaines fois, je fus à la fois torista et torerista. J’admirais à la fois la sauvagerie de la bête, la science, la technique, l’art et la beauté des gestes du torero.

     C’est cette alliance du pathétique le plus authentique et de la grâce la plus émouvante qui a fait écrire à Théophile Gautier :

« La corrida de toros est le spectacle le plus beau et le plus grandiose que l’homme peut imaginer. »

      Jean-Marie Magnan qui nous a quitté récemment écrivait dans La Corrida est une mémoire. 1993 : « Depuis Belmonte, on vient voir du toreo-étreinte, du toreo-enlacement et le fauve doit se soumettre, d’entrée de jeu, à la possession de l’homme, à l’espoir de la foule avide. À la fin du siècle dernier (XIXème, ndlr), une faena de Lagartijo – de légendaire mémoire – n’excédait guère sept passes, sans doute d’une grande force virile mais qui nous sembleraient bien brutales et lointaines. Un tueur comme Mazzantini a fait sa carrière sans savoir manier la muleta à d’autres fins que de préparer son adversaire pour le coup d’épée foudroyant. Belmonte est apparu et il ne fut plus question après lui de s’envoyer – boum-boum ! – le taureau comme un dur ou un bestiaire. Le goût actuel exige la bête complice et consentante pour la douce ivresse, le véritable enchantement d’amour des corps caressés, dérobés, retrouvés. Le fauve, dans le geste de Belmonte, a pour tâche de collaborer à un frisson nouveau et il n’existe pas de marche en arrière dans le domaine de la sensation. Saturé de sensualité, le jeu qu’il autorise dans l’arène repose sur une angoissante et voluptueuse séduction. »

 

Ici, Belmonte a mal jugé les distances

 

     

Luis Mazzantini

 

 

 

 

 

 

 

     

     

 

 

      Et quelques pages précédentes : « Car on doit toréer à bonne distance et complètement de face. Ne perdez jamais de vue le dogme esthétique établi par Pepe-Hillo, ratifié par Montes : deux cercles tangents dont l’un a pour centre l’endroit qu’occupe l’homme quand il présente sa cape ou sa muleta pour déclencher l’attaque, l’autre celui où se tient le taureau sollicité. Le point de tangence, voici la limite à ne pas franchir ! Joselito ou l’ange gardien des distances : il s’offre de front. Belmonte s’obstine à se rapprocher du fauve, mais de côté, en prenant des biais. Ainsi réduit-il peu à peu l’angle de la déviation qu’il imprimera à la charge et s’expose-t’il moins aux cornes. Ce sont surtout le garrot et le flanc qui le frôlent, emportés par l’élan. »

 

Joselito El Gallo, el torero del futuro

        Combien sont-ils aujourd'hui à toréer ainsi, de face ?

     Voilà l’éternel feuilleton, on ne fait plus passer les toros, on les laisse défiler et on se borne à les accompagner dans leur va-et-vient. Et on exagère l’impression de péril par des attitudes forcées et on se colle à la tête quand les cornes ont franchi le corps !

     Avec des toros ridiculement petits, sans armure, sans pouvoir, ignoblement châtiés, cet art n'est plus la corrida, mais tourne au ballet... Le lac des cygnes ? Le chant du cygne de cet art décadent... Casse-noisette ? C'est bien possible... L'après-midi d'un faune ? Certainement pas d'un fauve !...

     L'afición "moderne" est incapable de s'intéresser désormais à des faenas pesantes, rudes et pénibles. Si la lidia "moderne" ne paraît plus un combat puissant et brutal, et évoque plutôt souvent un divertissement brillant et léger, voire aimable, elle reste cependant un drame, un drame voilé, mais terrible, d'où sortent souvent défaits, les "danseurs" de ce divertissement, qui font passer les pointes parfois à quelques millimètres de leur corps, ceux à qui l'on interdit un pas en arrière, toujours toréant plus au ralenti, toujours plus près, toujours plus "lié", toujours plus...

      Les figuras contemporaines sont tout à fait capables de toréer et de briller avec les toros braves, quels que soient leur taille et leur poids. Nous en sommes persuadés. Mais alors, pourquoi ne le font-elles pas ? Et pourquoi le feraient-elles ? Le public se répandant en masse à chaque cartel du genre pour voir le sacrifice aux dieux du modernisme, à l'esthétique, à la plastique, perdant de vue le toreo classique et périlleux.

     Oui, les risques ne sont pas égaux. Reconnaissons qu'il n'y a pas le même risque, ni le même mérite à dominer et à toréer de près un utrero adelantado qui n'a pu prendre qu'une petite pique, ou un toro de cinq ans avec son poids, sa résistance et sa faculté d'apprendre vite, ce que nous appelons le sentido.

     C’était hier, c’est aujourd’hui et, si demain existe encore, il en sera de même. Décourageant ! L’important dans les grandes ferias, c’est d’abandonner l’abono et privilégier le cartel opportun, enfin celui qui rentre dans vos bons choix d’aficionado où le belluaire affrontera le toro-toro, de face ou pas...

        Gardons chacun nos opinions, et surtout continuons à nous passionner pour cette magnifique Fiesta de los toros, chacun y trouvant satisfaction.

     Alors, au diable toristas et toreristas !

     Mais de grâce, arrêtons de mépriser le toro, le compte à rebours est lancé !

 

                                                                                             Gilbert Lamarque

 

 

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LA GIRONDE AUX GIRONDINS !

Publié le par Cositas de toros

LA GIRONDE AUX GIRONDINS !

 

     Sous le parrainage de la Coordination des associations taurines de Gironde (CATG) et de Toros 33, la placita de Captieux organise le 13 septembre, une fiesta campera. Une preuve de l’existence de la tauromachie dans le département.

L’affiche comme vous le constatez, est revendiquée 100 % girondine, tirée par les cheveux ou bien par la coleta !

Clemente, Clément Hargous, Julien Lescarret et 3 novillos de La Espera du ganadero Jean-François Majesté, tous natifs des terres girondines.

C’est la défense du territoire, cher au nouveau Premier ministre voulant « largement associer les collectivités territoriales à la mise en œuvre locale du plan de relance. »

Plaisanterie mise à part, avec un tel cartel, "la Gironde aux Girondins", nous en déduisons qu’un étranger au département devra délivrer de faux papiers pour accéder aux tendidos.

Organiser une fiesta campera, c’est louable et méritoire, la revendiquer 100 % girondine, c’est un peu lourdaud, maladroit. La tauromachie souffre assez de ces comparaisons imbéciles où chacun tend à tirer le capote à lui. Obsolètes les querelles et jalousies stériles entre ferias et plazas, de Mont-de-Marsan ou de Dax… Ces mentalités étriquées sont grotesques, la France taurine du Sud-Est et du Sud-Ouest ne font qu’une, du moins, le devrait-elle !

Quant au sympathique et dispersé torero retraité, promoteur aujourd’hui de charcuteries ibériques se retrouvant ici en tant « qu’enfant du pays » – la Gironde n’est pas assez riches de practicos –, doit-il consentir égoïstement à l’invitation ? En ces temps de vaches maigres, un "étranger" aurait fait l’échange avec bonheur.

Défendre les traditions hors de ses murs, c’est bien aussi, c’est honorable.

Non, je ne comprends pas ces esprits étroits pour une journée de solidarité taurine.

 

PS. La lettre d’information est rédigée à l’attention des « aficionados 33 », alors… bon vent à eux.

 

                                                                                       Gilbert Lamarque

 

 

                                                 IN MEMORIAM

 

    

     Originaire d’Arles, Jean-Marie Magnan passionné de peinture et de tauromachie, vient de nous quitter le lundi 20 juillet à l’âge de 91 ans. De nombreux ouvrages écrits en collaboration avec son ami le photographe Lucien Clergue, autre arlésien ainsi que plusieurs romans et volumes sur la corrida, essais, chroniques ont fait de J.M. Magnan un grand témoin de notre passion.

Anecdotes, témoignages, réflexions sous la plume alerte de ce grand écrivain arlésien sont une source de bonheur.

Lisez ou relisez, Le roman de la Corrida, Corrida-spectacle, corrida-passion, La corrida est une mémoire, Démons et merveilles de la corrida où il écrit : « Je promets de redevenir taureau à la première occasion. Ce n’est pas facile. Il y faut beaucoup d’empathie et de désir de se faire autre. Et quand je me métamorphose, j’ignore la séparation entre fauve pour toristas et fauve pour toreristas. », une autre querelle désuète…

Un bel héritage dans lequel nous pouvons joindre ses ouvrages sur El Cordobés, José Tomás ou Curro Romero dont il était l’ami.

 

                                                                                                     Gilbert Lamarque

 

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