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billet d'humeur

L’INCERTITUDE DE L’AFICIONADO

Publié le par Cositas de toros

    Incertitude… j’aurai également pu parler de doute ou de questionnement, pour résumer l’état d’esprit qui nous habite lorsque nous sortons, la plupart du temps, déconfits des spectacles taurins.

Nous voici arrivés quasiment au milieu de cette temporada 2019 et, je ne compte plus le nombre de fois où nous avons quitté les tendidos déçus par la médiocrité du spectacle proposé.

 

La tauromachie est, de fait, à l’image de notre société actuelle. À savoir, des « élus » qui surfent sur des succès programmés avec une opposition qui n’en n’a que le nom, des « laborieux » qui font ce que les autres refusent, et, entre les deux, une masse de « milieu de tableau » qui essai tant bien que mal de tirer leur épingle du jeu, espérant tous les jours un éventuel triomphe qui leur permettrait de gravir quelques échelons, ou servant de faire valoir à un « élu » avec qui il aura l’honneur de partager la table.

 

Dans la plupart des grandes ferias, à la lecture des carteles, l’aficionado sent bien que cette « dérive » est de plus en plus prégnante :

Les vedettes avec les « bonbons », les laborieux avec les « tontons ».

Si, dans le premier cas, les seuls risques encourus sont pour l’aficionado ennui et somnolence, dans le deuxième, les risques sont plus insidieux face à une équation qui parait insoluble. L’organisateur désirant mettre en valeur le toro dans son arène, ce qui est louable, a des fois, tendance à « sur jouer », en mettant du lourd, voire du trop lourd. La problématique est que les toreros qui acceptent ces contrats ne sont souvent pas à la hauteur de la tâche. Dernier exemple en date, les Prieto de la Cal orthéziens où il aurait fallu de vrais lidiadores accompagnés de cuadrillas efficaces, erreur de casting ? Pas si sûr. Là où il aurait fallu des toreros qui s’engagent dans les terrains du toro, muleta basse, nous n’avons eu droit qu’à un toreo de profil (hormis Lamelas avec son premier) et une cavalcade de pasitos atras… Sachant que, cada toro tiene su lidia, on peut en conclure qu’au moins, dimanche à Orthez, trois toros sur six ont été inexploités. Et combien d’autres en ce début de temporada ?

 

Je vous parlais d’équation insoluble. Effectivement, d’un côté nous avons les grandes arènes qui raisonnent en termes de taquilla (vedettes et bonbons) et de l’autre des arènes plus modestes qui remettent le toro au centre des débats, avec hélas des toreros qui souvent n’ont pas l’expérience nécessaire. Résultat, dans les deux cas l’aficionado quitte les tendidos dubitatif, plein d’incertitude, de doute et de questionnement. Il s’ennuie. Rajoutez des tercios de piques de plus en plus irrespectueux, les puyas montées à l’envers, des mises à mort délictueuses, le non respect du règlement, mettez le tout dans la besace de l’aficionado et vous conviendrez qu’elle devient lourde à porter.

Certaines autres dérives, sous-jacentes depuis quelques temps, deviennent monnaie courante, les horaires non respectés (toujours du monde à la taquilla !!!), et, phénomène nouveau mais insupportable, le manque total de respect de certaines organisations envers leur public. Qu’elles n’oublient pas que c’est lui qui met la main au porte monnaie et fait qu’elles continuent d’exister. Attention, ce n’est pas parce qu'un Simon Casas fait un bras d’honneur vers les tendidos nîmois, qu’un béarnais peut se permettre d’insulter un aficionado râlant (à juste titre) contre des cornes douteuses, ou un montois prendre son public pour un perdreau de l’année (j’avais déjà parlé d’un lapin de six semaines…) dans sa communication irresponsable, irrecevable et totalement irrespectueuse.

 

La corrida est en souffrance, des mea culpa ou autres excuses ne suffiront pas à panser toutes ces plaies. Il faut se ressaisir. La bronca montoise du dimanche soir aurait du être générale. Nous avons le droit, n’en déplaise aux organisateurs, de manifester notre mécontentement lorsqu’il y a lieu.

 

Continuons malgré tout espérer en l’avenir et surtout restons vigilent. En attendant, aujourd’hui, j’ai mal à mon afición.

 

Patrick SOUX

 

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LE CRÉTIN

Publié le par Cositas de toros

     Comme l’affirme Antoine de Baecque, « le crétin trouve son origine de manière pathologique. Il s’agit d’un dérèglement de la glande thyroïde lié à une carence en iode. »

Bien que son étymologie finale ne soit pas certaine, le terme de « crétin » renverrait, en premier lieu, à une personne victime d’une maladie qui se serait développée dans les régions montagneuses reculées, tout particulièrement dans les Alpes.

C’est véritablement au XIXe siècle que le crétin devient un phénomène si mystérieux qu’il exacerbera le monde de la recherche scientifique et l’imaginaire populaire. Au milieu du XIXe siècle, selon Antoine de Baecque, « il existe en France, environ 20.000 crétins et 100.000 goitreux dans l’ensemble des régions montagneuses », ce qui donne naissance au terme de « crétinisme alpin ».

 

  Céret.

    « On l’a dit, Céret fait honneur à l’aficion par son travail sur le choix des toros. Mais le côté rebelle, imaginatif et original des organisateurs de l’Adac devrait les inciter à présent à éduquer leur public, à lui apprendre qu’aimer les toros par-dessus tout ne signifie pas obligatoirement manquer de respect aux rares hommes qui acceptent de les affronter.

Accessoirement, on pourra aussi transmettre au président que lorsqu’un torero est blessé dans les arènes, la moindre des choses est de prendre de ses nouvelles dans la semaine qui suit. » "Le chauffeur de Juan", Jean-Michel Mariou. Verdier 2019. (Page 167).

Cela me conforte dans mes appréciations, mon jugement (voir les reseñas sur Céret 2019).

 

  Orthez.

    « … les Prieto déçurent, encore une fois sommes-nous contraints d’écrire, par l’état des cornes des six astados. Si le premier se brisa la corne (certes le règlement n’imposait pas le changement mais l’esprit aurait dû prévaloir car quel spectacle affligeant que cette corne pendouillante et saignante), les autres affichèrent des défenses escobillées et explosées dès les premiers coups de cornes donnés dans les tablas. Afeitado ? Votre serviteur a du mal à y croire venant d’un ganadero droit dans ses bottes dans son refus de poser des fundas sur ses toros. Problème de génétique ? La question reste entière mais la vision de ces cornes dégradées fit monter la moutarde au nez de quelques aficionados a los toros qui ne se privèrent pas de faire connaître à voix haute leur courroux et selon nous à fort juste titre. Pour toute réponse, l’un d’entre eux, qui avait payé sa place (ça ne justifie pas tout nous en convenons mais cela se respecte tout de même), eut droit à un vociférant "Ta gueule connard !" hurlé depuis le callejón par le représentant en chef de la commission taurine des lieux. Un grand moment de classe, de délicatesse, de sens de la retenue entendu par deux mille convives. Corrida décastée, con genio, corrida anachronique que le temps présent est incapable de saisir. Le passé a du souci à se faire. » Laurent Larrieu. 29 juillet. Campos y Ruedos.

Ce cochon de payant connu, assis devant nous, deux tendidos plus bas, est souvent un élément perturbateur mais sa colère était justifiée. La réponse est lamentable mais du niveau du lourd individu, genre « rubipède ». Honteux et pitoyable !

A Orthez qui se revendique placita torista où le tercio de piques est roi, le lourd « rubipède » aurait dû se préoccuper du bon déroulement du tercio de varas, au final médiocre. Aucune autorité, le message avait-il été passé au patio de caballos ? … et les piques (certaines) montées à l’envers !

Orthez, cité paisible où en ce dimanche de juillet, vous êtes apostrophés, invectivés par un amas d’anti, de végans au rond point stratégique et ensuite à hauteur des tendidos, injuriés par un hirsute patenté.

 

    Cher M. de Baecque, la preuve en est qu’il existe aussi le crétin des Pyrénées, crétin des Pyrénées Occidentales, crétin des Pyrénées Atlantiques ! Nous l’affirmons, aujourd’hui le crétin n’est plus du tout ni mystérieux ni anonyme, il n’exacerbe plus notre curiosité mais notre patience.

Cette découverte est un grand pas pour la science à défaut d’un pas plus modeste pour le petit monde taurin bien malade et affligé.

Cela reste malgré tout une dégénérescence de l’espèce humaine.

                                                             

 Gilbert LAMARQUE

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NOVILLADA NOCTURNE MONTOISE

Publié le par Cositas de toros

Le soufflet est retombé…

 

  Nous sommes habitués, en tauromachie, à des « montages » de carteles variés (parfois même a…variés), tels que, solo, duo, quatuor, parfois même octuor, mais cette fois-ci, l’organisation montoise a opté pour un sextuor !

Proposition "innovante" s’il en est.

Reprenons ce cartel dans son ensemble.

Présentation en France d’un élevage franco-andalou avec un lot de novillos de Ave Maria*. Bien… Pour les combattre, l’organisation décide  de confronter ces novillos à six novilleros du Sud-Ouest. Pas forcement très attractif pour l’aficionado, néanmoins, l’on peut saluer la démarche philanthropique qui veut donner une chance à ses novilleros locaux. Donc, même si, en chipotant un peu, on peut toujours trouver à redire, dans l’esprit, ce cartel à un sens.

Encore  que, pour que ce sextuor soit crédible, faut-il qu’il nous raconte une histoire, qu’il ait un fil conducteur. Or, suite à l’arrêt de la carrière du landais et à la démission « inexplicable » du béarnais, nos G.O. montois se tournent vers deux novilleros du Sud-Est El Rafi et Tibo Garcia, « patatras », fin de l’histoire, et, ce cartel perd tout son sens.

N’aurait- il pas été préférable de revoir entièrement la copie ? Autant la présence de quelques novilleros du bas de l’escalafón novilleril pouvait se justifier dans le cadre du montage initial, autant fallait-il les maintenir à l’affiche et les imposer à l’aficionado payeur dans cette histoire qui n’en n’est plus une ?

 

Après avoir relégué la novillada en nocturne, il ne faudrait pas qu’elle devienne taciturne.  Serait-ce une démonstration subliminale du moindre intérêt que porte la commission taurine montoise à ce spectacle ? Je n’ose l’espérer…

 

 

Patrick SOUX

 

*La ganaderia Ave Maria est située sur le village de Villanueva Del Rio y Minas, province de Séville, elle a été rachetée par Robert Margé et Philippe Pagés en 2015 à Javier Molina, elle est de provenance Jandilla via Fuente Ymbro.

 

 

 

 

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CAPTIEUX, suite…

Publié le par Cositas de toros

Egoïne ayant servi

Egoïne ayant servi

 

Quelques clichés de Laurent Bernède pour illustrer mes suspicions…

« … Un lot… pauvrement armé, (parfois équivoque)… »

Jugez vous même sur le second El Freixo de Dorian Canton !

                                                         GL

CAPTIEUX, suite…
CAPTIEUX, suite…
CAPTIEUX, suite…
CAPTIEUX, suite…

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CES FIGURAS Souvent décriées

Publié le par Cositas de toros

    L’actualité madrilène et le renouvellement du Bombo pour la San Isidro méritent bien ces quelques lignes.

 

    Le Bombo, comme chacun sait, est le fruit de la réflexion de l’empresa et producteur Simon Casas (cocorico) aux commandes de la plus grande arène du monde : La Monumental. Il s’agit en fait de mettre les noms de toreros dans un chapeau, mettre le nom de ganaderias dans un autre et « savamment » orchestrer le tirage au sort. La légitimité de ce tirage au sort est bien entendu conditionnée par les noms qui sont dans les chapeaux et notamment celui des ganaderias. Cette  façon originale de monter les cartels avait vu le jour pour la feria d’automne madrilène 2018, elle est donc reconduite pour la San Isidro 2019.

L’avantage de cette méthode est qu’elle apporte plus de diversité et d’originalité dans les carteles mais aussi beaucoup plus d’intérêt pour les aficionados, le risque étant bien sûr que les vedettes de l’escalafón ne le boudent.

 

    Or, par un communiqué du 11 février 2019, la gran figura del toreo qu’est Sébastien Castella (re-cocorico) a, par communiqué de presse, annoncé sa participation au Bombo Isidril Le défi est lancé et, comme l’on pouvait s’y attendre les choses n’ont pas trainé. Très vite, d’autres figuras ont suivi. A ce jour, le Bombo est complet et le tirage au sort effectué, le résultat est consultable sur tout site taurin. Certains sont donc prêts à faire LE GESTE et c’est tout à leur honneur, car Madrid est Madrid et la présentation des taureaux sera n’en doutons pas dans la lignée madrilène.

 

   

    Il est un fait que ces figuras n’ont plus rien à prouver (ils ne sont pas tous nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, ne sont pas tous fils de… ou ne sont pas tous des Mozart de la tauromachie), et que dans ce cadre, ils ont plus de coups à prendre que de lauriers à récolter. Combien de personnes ayant commencé en bas de l’échelle et terminant leur carrière dans le fauteuil du PDG seraient prêtes à remettre leur bleu de chauffe et retourner, pour quelques jours, au rang de balayeur ?

Ces figuras sont souvent décriées (y compris par votre serviteur) dans des comptes rendus de prestations données il est vrai trop souvent avec des oppositions « choisies », par eux, leur permettant de maintenir leur train de sénateur, prenant en passant la monnaie adéquate. Faut-il leur en vouloir ? Tant qu’il y aura des organisateurs pour les inclure dans ces conditions et des aficionados prêts à payer pour aller les voir ils n’ont pas de raisons objectives pour cesser. Cependant, dans ce cas précis, ils ont accepté de remettre leur bleu de travail et pour le moins, cette décision mérite tout notre respect.

Ils ont bien entendu toute l’expérience, le professionnalisme, la connaissance du taureau et des terrains pour mener à bien ce défi qu’ils se sont lancé. Il n’empêche que le risque est toujours présent et que l’effort se doit d’être salué.

 

    Ces figuras souvent décriées, ont gardé au plus profond de leur être le gusanillo et le pundonor qui font d’eux… des figuras.

    Suerte à eux

 

Patrick SOUX

     

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