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billet d'humeur

L’ART DE LA PIQUE (4)

Publié le par Cositas de toros

Par Patrick SOUX

 

 

CONCLUSION

 

 

Le tercio de pique, le premier tercio de la corrida est aux yeux des aficionados a los toros le tercio le plus important, l’essence même de la corrida.

Force est de constater que nous sommes de moins en moins nombreux à penser de la sorte et qu’un transfert s’est fait vers l’art de la gestuelle, vers la plastique, vers la faena de muleta qui aujourd’hui se doit d’être un long enchainement de derechazos, naturelles ou autres… reléguant au second plan tout ce qui est bravoure, force, agressivité et complexité du toro aussi bien que, se croiser, mettre la jambe, charger la suerte pour le torero.

Il n’en reste pas moins vrai que, si le tercio de varas était mené comme il se doit, il aurait toute sa place dans la corrida d’aujourd’hui. Les articles publiés précédemment vous l’on démontré très largement.

Nous nous devons de « remettre les choses en ordre ».

Dans le fascicule LA PIQUE, édité par l’association « Le Taurin », achevé d’imprimé sur les presses de l’imprimerie Copylux à ARLES-SUR-TECH  Août 1983, Henri CAPDEVILLE, alors Président de la Fédération des Sociétés Taurines de France écrivait dans un « pavé » intitulé, « Au 'Taurin' et à ses animateurs » :

« Si, comme il arrive trop souvent, le torero laisse s’endormir son adversaire sous la stupide mono-pique dont la plupart du temps il ne se réveillera pas, qu’il n’ait pas alors le front de venir prendre à témoin le public de sa bonne volonté face à un animal qui ne répond plus.

Pour redonner sa grandeur au premier tercio il faut évidemment que le toro puisse supporter un minimum de piques. Quand un toro, dès sa sortie du chiquero manifeste une faiblesse naturelle, comme autrefois il manifestait une sauvagerie naturelle, nous n’y pouvons malheureusement rien ou peu de chose. Tout au plus pouvons-nous bouder le spectacle. Mais quand un taureau est anéanti par les manœuvres frauduleuses d’une cuadrilla à la solde d’un matador peu scrupuleux, nous devons alors manifester avec force notre mécontentement.

La corrida ne retrouvera son lustre d’antan que lorsque le premier tercio aura retrouvé sa grandeur. »

Nous voyons donc que le problème du premier tiers n’est pas vraiment un problème nouveau, cependant Mr CAPDEVILLE ouvre une porte sur une des solutions, « il faut que le toro puisse supporter un minimum de piques ». Première amélioration : remettre de la caste, de la bravoure et du trapio dans le ruedo…

Ces dernières années, des efforts ont pourtant été fait visant à l'amélioration de ce tercio et ce, à deux niveaux. D’une part par l’allègement du poids des chevaux et d’autre part, par les nouvelles technologies qui ont permis d’alléger énormément le poids du peto. Un débat s’est installé : pour ou contre le changement de la forme du peto, certains voulant même revenir à un peto minimaliste afin de redonner toute la mobilité à la cavalerie. Il ne faudrait pas, pour une question d’amélioration du spectacle, remettre la vie des chevaux en danger.

L’autre amélioration à amener est bien évidemment sur le déroulement du tercio. Des efforts sont à faire notamment sur le nombre de piétons en piste, la seule présence du maestro en charge de la lidia et de son peon de brega serait favorable, le picador citant de face en croisant le terrain serait plus approprié, placer la puya avant la rencontre et, dans le morillo devrait être la règle et enfin, ouvrir la sortie au toro au lieu de la lui fermer en carioca, laisserait toutes les chances au toro de ne pas s’épuiser sous la poussée. Tous ces points mis bout à bout permettraient de produire  un tercio de varas plus authentique et surtout permettrait de mieux juger l’animal sur sa bravoure. Il faudrait également des présidences capables de juger du bien fondé d’une remise en place ou pas du toro pour une autre rencontre et non pas laisser le choix au Maestro, mais là est un autre débat que celui de la technicité de la présidence qui est pourtant technique non ?

Dans le même ouvrage cité précédemment, dans l’article « De bon usage du rêve » Miguel DARRIEUMERLOU écrivait :

« Et pourtant, l’épisode des piques est trop souvent ce que l’on connait, une suerte effectuée en dépit du bon sens. Mais justement, le terme de suerte est-il toujours approprié ? Car la suerte de picar, aujourd’hui, ne couvre plus que l’unique façon de piquer un toro, avec ou sans carioca, dans le morillo ou ailleurs… »

Ce problème non plus n’est pas nouveau.

Depuis quelques temps un patron de cuadra de caballos se porte en nouveau sauveur de ce tercio tombé en dérision. Essayons de décortiquer un peu l’alternative qu’il nous propose. Des chevaux plus légers et mieux dressés. C’est bien. Sauf que, avec ce type de cavalerie, lorsque vous « tombez » sur des toros qui allient trapio, caste et bravoure (certes, je vous accorde que c’est de plus en plus rare), que ce toro déboule de la porte du toril dans un ruedo de 40 ou 45m de diamètre, le choc est tellement violent que dans la plus part des cas, vous mettez la vie du picador en danger. L’autre risque réside dans le fait que ces chevaux, tellement bien dressés, ne trouvent pas sur leur dos des picadors qui soient de vrais cavaliers et certains autres qui sont de bons cavaliers ne soient pas forcement de bons picadors.

En tout état de cause, ces chevaux légers et bien dressés font le spectacle lors du tercio mais en y regardant un peu mieux, quel est le spectateur qui pourra être sûr que c’est le toro qui pousse et non pas le cheval qui dérobe. Dans la plupart des cas, c’est malheureusement le cheval qui dérobe et qui en reculant nous invente la carioca inversée.

Le remède n’est-il pas pire que le mal ?

Pour en terminer, et encore dans le même fascicule, dans un article intitulé  « Utopie et tercio de piques » Jacques DALQUIER nous propose une alternative qui à mes yeux est très intéressante :

« Pour redonner signification à ce tercio et au picador son rôle inaliénable de torero, hasardons-nous une solution qui peut apparaître aussi efficace…qu’utopique : rendre au picador son indépendance totale vis-à-vis du matador ; il sera responsable de la qualité de son actuacion conformément à l’éthique et aux canons de l’art taurin ; précisons que la cessation tercio serait assurée, comme à présent, (en théorie du moins) par la présidence technique. L’indépendance du picador serait d’ordre matériel : désormais, engagé directement par l’empressa, le picador ne serait plus l’exécutant servile des basses œuvres mais une sorte de soliste jouant sa partition dans l’harmonie générale de la lidia. »

Y porque no !!!

Il revient à ma mémoire certaines discussions lors de voyages au campo…

Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’au moins pour ce qui est des novilladas piquées, la plupart des novilleros n’ayant pas de cuadrilla fixe, il serait intéressant que certains organisateurs sortent de leur petit confort  et prennent le temps et le risque d’opter pour  cette proposition.

Certaines arènes de deuxième catégorie le font en corrida, alors...

Y porque no ???

Patrick SOUX

 

PS: Un de nos abonné nous ayant fait parvenir des remarques et des mises au point très intéressantes au sujet des parutions de cette série d'articles sur l'art de la pique, nous vous proposerons leur lecture dans une publication complémentaire à paraître le lundi 29 janvier.

A lire avec toute l'attention qu'elles méritent.

 

 

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REFLEXIONS DE RAFAEL GUERRA « GUERRITA » (1862-1941), DOMINGO ORTEGA (1908-1988) ET MARCEL GRAND « DON SEVERO » (1889-1958).

Publié le par Cositas de toros

 

Par Gilbert LAMARQUE

 

"Guerrita": "Il y a une chose que je ne pardonne pas aux toreros du jour, c’est qu’ils fassent rarement usage de la main gauche et qu’ils ne toréent plus en tenant la cape par une pointe. Les adolescents croient que la main gauche sert exclusivement à donner des passes naturelles, et ils sont dans l’erreur. On peut toréer très bien avec la main gauche et dominer beaucoup de taureaux sans employer la passe naturelle. Quant aux passes de cape à une main, elles sont pour beaucoup de taureaux le moyen le plus efficace pour les inciter à combattre, les entraîner et les changer de place avec aisance."

Rafael, d’une parfaite maîtrise à la muleta. A des aficionados qui lui demandent à quoi il attribue son succès : "Au fait que le taureau a des cornes. S’il n’avait pas de cornes, il y aurait des milliers de Guerrita."

Par la suite, on lui reprocha de choisir ses taureaux ; c’est à cet instant que fut instauré le tirage au sort exigé par Mazzantini et Reverte.

 

        Domingo Ortega : (Extraits d’une conférence prononcée à l’Ateneo de Madrid, le 29 mars 1950). "Vous, aficionados, pour peu que vous vous souveniez, vous avez vu plusieurs fois dans les corridas des faenas de vingt, trente, quarante passes, et le taureau devenir chaque fois plus entier, ou, pour le moins, rester tel qu’il était lorsqu’il commença le combat ; puis, au moment de la mise à mort, le torero "collé" aux barrières, piquer sur l’os, ou, s’il a beaucoup de chance, loger l’épée de travers dans le cou du taureau. Lorsque ceci se produit, il faut se mettre en garde et penser que quelque chose d’étrange est en train de se passer : comment est-il possible qu’avec cette quantité de passes qui furent apparemment belles pour la grande partie du public, ce taureau ne soit pas soumis ?

La réponse est très simple : ce qui s’est produit, c’est que le torero a donné des passes et que donner des passes n’est pas la même chose que toréer. Un torero peut avoir peur d’un taureau : c’est humain ; mais s’il lui a donné vingt ou trente passes, cela veut dire qu’il a oublié d’avoir peur, et dans ce cas, s’il n’a pas réduit, s’il n’a pas soumis le taureau, c’est parce qu’il n’a pas pratiqué le goût de bien faire, qui est un plaisir auquel les taureaux eux-mêmes s’abandonnent."

Pour Ortega, l’art des toreros d’aujourd’hui (1950) manque de solidité et de profondeur. Il en dénonce les hérésies : "… Regarder le public en toréant, avancer vers le taureau par des pas de côté, rester rigide en le laissant passer, ont été des inventions du toreo comique."

Puis, ayant démontré l’éternelle nécessité, pour dominer, de "charger la suerte", il ajoute : "… Certes, en s’en tenant au simple champ visuel, un torero peut ne pas se soumettre aux règles classiques s’il possède une grande personnalité qui peut être due à mille choses, par exemple à sa façon de marcher, de s’habiller, de se mouvoir, de rester calme, à beaucoup d’autres choses qu’il n’est pas utile d’énumérer et qui lui permettent d’enthousiasmer les spectateurs, entraînés par la force de sa personnalité, quoique son toreo et sa technique soient négatifs.

Aussi est-il indispensable de montrer aux nouvelles générations de toreros que les personnalités ne peuvent être copiées ; il faut les orienter vers les règles classiques pour éviter que ces adolescents, en suivant les voies ouvertes par ces toreros de grande personnalité, ne se trouvent – même les plus doués – au bout de cinq ou six ans d’alternative, c’est à dire à l’époque où les toreros parviennent à la maturité quand leur formation a été positive, dans le cas de n’avoir fait aucun progrès et d’être dominés par les taureaux."

Ceci, précise le grand torero, à condition que les taureaux soient de vrais toros adultes, car : "L’art du toreo repose sur le péril, si du moins le taureau donne à celui qui se trouve près de lui l’impression de ne pas constituer un grand danger, l’art de toréer cesse d’exister ; ce sera un autre art, mais la beauté, la grandeur du toreo résident en ce que le torero perçoit l’impression – bien que lui la surmonte – que ce n’est pas une plaisanterie, que le risque de blessure reste présent ; c’est alors que le torero vit et qu’il peut, pour autant, produire les moments les plus aigus de l’art."

Un ultime conseil d’Ortega : "Mais, fais bien attention : le toreo n’est pas une question de force, parce que celle-ci provoque la brusquerie, la rudesse, c’est à dire l’antithèse de la suavité, de la douceur qui sont ce qui plaît le plus aux taureaux. 

Et que pour que ceci soit possible, n’en doutez pas : il faut en revenir aux principes classiques."

Ortega qui fut le torero préféré des aficionados puristes qui appréciaient sa tauromachie pleine de dominio.

 

     Et le revistero, « Don Severo », chroniqueur à "La Petite Gironde " / « Sud-Ouest », à la même époque, répond à la question : "Où va la corrida ?"

"On ne risque guère en répondant : vers moins de rudesse dans le premier tiers (suerte de pique), plus de perfection, si possible, dans la réalisation du toreo avec le leurre (cape et muleta), et davantage encore de brio, d’élégance et d’esthétique dans toute la lidia du toro brave.

Tout tend vers cela, et seulement cela."

 

     La cape à une main, le « charger la suerte », la personnalité, le classicisme, le vrai toro adulte … ce sont des spécialistes qui nous en parlent … et c’était hier ou avant-hier !

La corrida ne pouvant rester seule statique dans ce monde en perpétuelle évolution, il y a tout lieu de croire qu’elle ira toujours en se peaufinant, en raison directe du goût et de la sensibilité des publics pas tous aficionados. De là, à la transformer en ballet classique !

                                                                                     Gilbert LAMARQUE

 

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DE LA DICTATURE DU PARAÎTRE A…

Publié le par Cositas de toros

Par Patrick SOUX

 

Il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans une société où le paraître est quelque chose de primordial, d’indispensable, j’allais dire de vital, il faut paraître.

Paraître intelligent, paraître riche, paraître jeune et beau, paraître le meilleur en tout et en toute circonstance, et surtout, paraître meilleur que les autres pour paraître encore d’avantage. J’assimilerai cela à un nouvel état. Cette "mode" surfe sur la vague du manque flagrant de modestie dont font preuve ses adeptes dépourvus de ce qui faisait la force des générations précédentes : le bon sens.

Paraître plus intelligent : en cinquante ans le nombre de bacheliers a été multiplié par 8.5 avec un pourcentage de réussite de 86.8% ceci par le truchement de la diminution de l’exigence des contrôles diplômants. Nos enfants sont-ils plus intelligents que nos parents ? En tout état de cause nous avons plus de chômeurs, mais certes, plus diplômés.

Paraître plus riche : en facilitant l’accès du plus grand nombre aux produits  "de luxe", 93% des français mangent du foie gras et 80% boivent du champagne, ce n’est certes pas leur pouvoir d’achat qui a augmenté, mais la diminution de la qualité liée à l’industrialisation qui a permis d’en baisser le prix.

Paraître plus jeune : l’explosion des salles de sport et de moving (je crois que nous les appelons comme ça non ?) en est une preuve flagrante. Il est de bon ton de se montrer dans ces endroits où l’on transpire, même trois minutes et même si l’on n’y transpire pas !

Paraître meilleur que les autres : là, toute la panoplie de possibilités est utilisée pour y parvenir, tricher, mentir, embellir, bien emballer le paquet quitte à se faire contrôler ou arbitrer par ses amis : à charge de revanche bien sûr !

Euh… oui, mais la tauromachie me direz vous dans tout çà ? Et bien la tauromachie et tout son cortège "mundillesque" ne déroge malheureusement pas à la règle. A tous les niveaux on essaye de tirer la couverture à soi, chacun dans son domaine bien entendu. Le paraître est quelque chose d’omniprésent entrainant une dérive dangereusement artistique de ce qui ne devrait rester qu’un Combat.

     Depuis un quarteron de figuras qui imposent leurs exigences, en passant par :

     -Les éleveurs de toros qui se rendent complices au nom d’une notoriété accrue et d’une manne financière.

     -Les organisateurs qui pensent ne pas pouvoir se passer de ces figuras et de ces élevages pour monter leur feria ou leur spectacle annuel et qui réfléchissent en financiers plus qu’en aficionados.

     -Les présidences (choisies par les organisateurs !) jouant la plus part du temps le jeu de leurs amis qui les ont placés à cet endroit.

     -Les harmonies ou autres orphéons qui certes, sont aux ordres de la présidence (voir ci-dessus) mais qui ont la responsabilité de leur répertoire, répertoire qui dérive de plus en plus vers celui de "la Grande Musique" et qui s’asseyant sur leur modestie oublient qu’ils sont là pour accompagner et non pas pour prendre la vedette !!! Je comprends que l’on puisse être adepte de la "Grande Musique", mais pour cela, il existe des salles de concert.

     -Le public… On dit souvent que l’on a la chance que l’on mérite ou les amis que l’on mérite, le public n’aurait-il pas la corrida qu’il mérite ? Les manifestations d’enthousiasme collectif auxquelles nous sommes confrontés lors de spectacles qui ne sont rien de plus que ce devrait être "une corrida normale" tendent à le prouver. Au cours de ces "spectacles", l’aficionado, contrairement au public, ne se reconnait plus dans ces manifestations, il se sent perdu, incompris, voire rejeté. Le fossé se creuse à tel point que nous avons l’impression d’un autre monde se mettant en place. La phrase de Coluche trouve ici tout son sens:

« Quand on pense qu’il suffirait que personne ne l’achète pour que ça ne se vende pas » !!! A méditer.

Enfin, tout ceci mis bout à bout entraîne cette dérive artistico-artistique où tout le monde s’auto-congratule, s’auto-satisfait, où tout le monde est très heureux de paraître important, où tout le monde est content de sa réussite. Cette dictature du paraître pousse le milieu taurin à transformer le Toro qui devrait être un adversaire, en un animal collaborateur. Ce sont des faits auxquels nous assistons de plus en plus fréquemment dans nos arènes. Pour preuve, je m’appuierai sur une publication de Florent Moreau parue en mars 2014 sur son blog "al toro rey" avec pour titre, l’histoire des indultos en France. Depuis le premier datant du 11 novembre 1986 à Saint-Sever (Landes) sur un novillo de Marcel LINES par Juan VILLANUEVA lors d’une fiesta campera, jusqu’au dernier de 2013, le 20 octobre  à Manduel (Gard) sur un eral de GALLON par Frédéric LEAL  lors d’un festival, il y en a eu 46. Plus que le nombre scandaleusement élevé, c’est la répartition qui interpelle, 8 en NSP et 10 en festival ou fiesta campera !, cela se passe de commentaires mais reste tristement significatif quant à l’importance que l’on donne au premier tiers, leur noblesse phénoménale à la muleta leur aura permis de sauver leur vie. L’évolution du règlement taurin sur ces indultos a certes permis leur augmentation puisque avant, il n’était possible que dans une arène de première catégorie, lors d’une corrida concours. L’indulto est devenu une ligne valorisante sur un CV, une recherche de publicité tant pour le ganadero que pour l’organisateur. Nous pourrions également parler des vueltas al ruedo distribuées, et que dire de l’apparition et de l’utilisation de la puya de tienta y compris dans les corridas ou novilladas concours !!!

Chaque fois que le paraître arrive avec sa dictature, l’être se banalise avant de disparaître.

N’oublions pas dans toute cette histoire que la sauvagerie, la caste et la bravoure du Toro de combat, le vrai, sont les seuls remparts au maintien de notre tradition, c’est la seule chose qui puisse cautionner la mort du Toro. Avec un taureau collaborateur, le spectacle devient du "dressage", permettant un art taurin n’ayant plus rien  à voir avec la tauromachie et ne justifiant en aucun cas la mort de ce dernier à la fin du spectacle. On ne tue pas les chiens savants à la fin de leur numéro de cirque !!!

Quant à ces Messieurs qui gèrent, cautionnent et organisent ce genre de spectacles, il serait de bon ton qu’ils fassent leur, la pensée de Blaise PASCAL : « Si haut que soit placé ton trône, tu n’es jamais assis que sur ton séant », sans compter qu’avec l’évolution de la technologie, ce trône peut aussi avoir une version éjectable.

Pour conclure mon propos, il est, comme je disais en préambule, urgent que nous retrouvions le bon sens de nos ainés, au risque de voir disparaître la corrida.

 

Si beau soit le paquet cadeau que l’on vous offre, si beau soit le ruban qui le ceint, si la boîte n’est remplie que de fèces, ça restera toujours un cadeau "étronesque" !

Mais toujours et encore dans le paraître…

 

Patrick  SOUX

 

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GRAVORIA MANENT*

Publié le par Cositas de toros

 

Par Gilbert LAMARQUE  

 

La SPA fêtera en décembre 2017 ses 172 ans. En effet, le premier combat de la SPA, créée en 1845 par Etienne PARISET, portait sur la protection des chevaux que les cochers parisiens maltraitaient. Au fil du temps, l’action s’est développée et l’intérêt s’est élargi aux autres espèces animales, en particulier nos plus proches compagnons, les chiens et les chats.

Et la SPA modernisée, rénovée et redynamisée grâce à l’implication de tous, adhérents, salariés et bénévoles, a enrichi son action en faveur des animaux et accru son rayonnement dans notre pays avec son retour sur le terrain pour 2018, des grands combats contre la souffrance animale (corrida, expérimentation animale, abattage sans étourdissement …). L’association en est qu’au tout début car la corrida, les abattoirs … ne sont que les premiers thèmes d’une longue liste qui verront la SPA interpeller sans cesse des politiques afin qu’ils passent enfin à l’action.

OK. Nous croyons en la relation indissociable entre l’Homme et l’Animal. Cette relation doit être fondée sur l’équilibre, sur la contribution de l’un à l’autre. Si l’Homme et l’Animal ont besoin l’un de l’autre, ils ont également beaucoup à partager.

OK. Chacun défendra sa paroisse, mais de grâce, stop aux mensonges, aux images racoleuses véhiculées.

« La lutte contre la corrida, cette pratique barbare, sera l’un de nos grands combats cette année »… et suit entre deux photos d’une chienne et d’un poney, la photo d’un toro qui répond au doux nom de « Diego » (plutôt celui d’un chien ou d’un chat).

Puis les résultats d’une étude IFOP/Alliance anti corrida de février 2015 qui met en avant que 73 % des Français étaient favorables à la suppression des corridas et que 83 % se prononçaient pour l’interdiction d’assister à ces spectacles pour les mineurs de moins de 14 ans. (Quelle population sondée ? Dans quels lieux géographiques ? … Avez-vous été sollicités?).

Et enfin, les propos mensongers repris des torchons de l’Alliance anti corrida. A savoir : « … une coutume qui relève de la barbarie et non d’une culture qu’il faudrait défendre. Car le taureau souffre, et ce dès les premiers mois de sa vie. Il est victime d’une sélection drastique autour de sa génétique et de son apparence physique, dans le seul but de faciliter la tâche du torero. Avant même son entrée dans l’arène, pour l’affaiblir, il subit des violences inouïes : vaseline dans les yeux, cornes sciées à vif, cotons dans les naseaux pour rendre la respiration difficile … Les picadors sectionnent les muscles extenseurs et releveurs du cou, ainsi que les ligaments de la nuque. La tête baissée du taureau donne l’impression au public qu’il charge... »

Voilà, lorsque l’on est à bout d’arguments !

Les bons samaritains civilisés, raffinés face aux infâmes barbares primitifs et sauvages.

La SPA se discrédite en utilisant les arguments des autres associations et groupuscules. Quelle garde ses valeurs, ses missions sociales mais la corrida n’a rien à voir avec la maltraitance ! Le CRAC, lui ne construit rien, il est anti tout et si son estomac se limite aux végétaux, ses propos restent carnivores. Quand à l’association L.214, elle milite pour le bien-être animal ce qui ne va pas à l’encontre de la corrida où le toro est choyé des années durant.

L’euthanasie existe au sein de la SPA pour raison de santé ou pour des animaux jugés dangereux. Mais, enfin, ces pratiques sont le résultat direct de l’inconséquence des propriétaires. L’abandon d’un animal malade plutôt que d’assurer jusqu’au bout en offrant une fin de vie digne à son compagnon.

Mais de là à accuser l’association d’euthanasier « 65 % des animaux qui lui sont confiés, soit 150 000 chiens et chats. » !!! N’est-ce pas Mr VIARD ? Je vous croyais d’une grande précision, d’une grande technicité dans vos exposés ! Restez crédible et soyez plus sérieux que toutes ces associations balançant des chiffres non fondés.

Certes, c’est, comme vous l’écrivez : « une opération de communication ridicule »… « La corrida étant une activité réglementée dans un cadre précis que le Conseil Constitutionnel a jugé conforme à la Constitution. » Ici, nous sommes d’accord !

Le mal absolu, c’est l’ignorance d’autrui, de la possibilité de la différence. C’est le degré zéro de la curiosité. On est incapable de voir en dehors de soi tant on croit déjà tout savoir et avoir tout compris. Non content d’être ignorant, on ne désire pas connaître pour ne pas affronter ce qui nous remet en question et peut être en danger. C’est dans la forteresse du « soi bête et violent » que réside le mal absolu.

« Ne minorons pas la puissance de l’ignorance » comme le déclarait Miguel CID CEBRIAN, sénateur, ex maire de Ciudad Rodrigo lors de la conférence du 8 novembre à St-Sever intitulée : «  La place de nos traditions et de l’animal au XXIe siècle. »

Donc la SPA a lancé lundi 6 novembre 2017 une guerre judiciaire mûrement réfléchie contre la corrida en déposant plainte pour « sévices graves et actes de cruauté » envers les taureaux et les chevaux visant les toreros, les organisateurs et les municipalités qui les autorisent.

Durant les mois prochains, elle mènera d’autres actions judiciaires sur les grands thèmes que sont les animaux de divertissement, l’élevage, l’expérimentation et l’animal domestique avec l’espoir qu’il soit reconnu comme « une personnalité juridique ou technique », le ridicule ne tuant pas hélas.

Le décor est planté.

172 ans et l’histoire continue …

… Des dindons qui font commerce d’ordre et de bonne conscience dans la basse-cour d’un monde où rien ne doit salir leur vertu bien cirée.

 

*Le pire est à venir.

                                                                   

                                                                                      Gilbert LAMARQUE

 

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L’APOCALYPSE EST POUR DEMAIN

Publié le par Cositas de toros

 

Par Gilbert LAMARQUE

 

Non pas une catastrophe massive et violente mais une douce disparition. Car ce genre prophétique est caractérisé ici non pas par une réalité spirituelle invisible et inaccessible mais simplement par une expérience humaine insidieuse. Ici, la ligne de partage entre l’ancien monde arrivé à son terme et du nouveau près à s’accomplir n’est point marquée par une quelconque intervention divine qui jugerait les impies et récompenserait les élus. Non, ici les aficionados de verdad sont condamnés au profit d’heureux élus de la nouvelle société soft, édulcorée.

Mais que sont-ce ces élucubrations, ces divagations ?

 

Istres, 19 juin 2016, Toros de JP Domecq

Non pas. Tout ceci m’est venu depuis Bilbao, le 25 et 26 Août lors des corridas où officiait un certain PONCE (non, PONCE PILATE est connu pour avoir exécuté JESUS sur la croix, Enrique, lui, a parfois exécuté des taureaux dans la croix, nuances).

J’écrivais dans La Gacetilla que je me suis coltiné des ersatz de bovidés notamment avec PONCE dans un vide sidéral.

Mr Ponce est un fossoyeur, couvert d’or et de gloire. Que recherche t’il aujourd’hui, que veut-il prouver demain ? C’est un excellent technicien, un artiste, nous en sommes convaincus. Mais actuellement, il met ses compétences au service de ses amis du mundillo et des organisateurs sans vergogne. Tout comme PONCE PILATE, il s’avère être un traître.

Souvenez-vous de l’Apo…. théose en Istres en 2016 comme l’écrivit une certaine presse, huit oreilles et deux queues. 

Un torero d’époque, soit. Vingt sept années d’alternative, oui, une dizaine en haut de l’escalafon, également. Et ce jour-là : ruedo décoré, musique spéciale adaptée aux futures (le comble!) faenas, un baryton, des choeurs, enfin un spectacle grandiose … noeud papillon et souliers vernis !

Et le 17 Août  cette année à Malaga, la « corrida » Picassiana-Crisol avec un scénario écrit par PONCE, décoré par LOREN, orchestré par Michel CLOUP, plus une partie vocale et l’ensemble (mantille sur la sévillane) « savamment » coordonné, par l’autre montois Guillaume FRANCOIS, en fait, directeur artistique ! Ouais.

En aparté, voici ce que Manolo SANLUCAR, guitariste et compositeur de flamenco a déclaré, il y a déjà quelques temps : « La tauromachie et le flamenco naissent et se manifestent à l’intérieur de la même spiritualité artistique… [Pour autant] la tauromachie la plus belle, c’est dans le silence qu’elle doit s’accomplir parce que la tauromachie à sa propre musique. Moi, musicien, je suis gêné lorsque le public dans une arène demande à la musique de jouer. Ca me gêne parce que ça transforme la corrida en fête alors que c’est un rite. » A méditer.

PONCE mit le feu à Malaga. Toujours de la maîtrise, du grand art, etc

Pour ces deux spectacles, il y eut des toros « artistiques », « artistes », cela va de soi.

J’ai bien noté « spectacles ». Danger, ne les classons pas dans corridas ; les goyesques prenant le chemin des premiers cités.

Et attention à l’ambiance environnante qui provoque chez nous une intense émotion. Les dés sont pipés.

Que tout ceci reste exceptionnel et donc en marge de la corrida … comme le Bombero Torero où les nains (il faut écrire : les gens de petite taille) remplacent les géants de la tauromachie. Mais ici, rien de pris au sérieux, de précieux mais pathétique, peut-être.

Alors Mr PONCE, il est temps certainement d’aller recenser vos oliviers, et nous vous en prions, n’enterrez pas la corrida, celle qui vous a nourri et qui engraisse des individus indignes, au profit de spectacles insipides sans affrontements véritables tel que l’exhale la vraie tauromachie.

J’y vois aussi un certain égoïsme, ce faire plaisir et par ce fait, la figura mettant de la distance entre son monde et celui des belluaires.

Il est temps pour nous, de garder de vous le souvenir d’un Maestro qui aura marqué son époque comme peu le firent.

Je ne fais pas ici, injure aux « poncistes » qui sont respectables, je comprends leur admiration sans fin, mais ne soyons pas candides, naïfs. Cela ne nous empêchera pas de vivre avec notre temps en défendant nos valeurs. L’avenir de la corrida dépend plus que jamais du choix que nous, public, ferons.

Nous savons par ailleurs, outre PONCE, que le mundillo, certaines empresas ont déjà choisi ce spectacle édulcoré, plus rentable, invitant la génération future à pousser vers les ténèbres les « vieux » aficionados vociférateurs et exigeants que nous sommes : les gardiens de la Fiesta. Le monde végan et animaliste se battent les flancs, ils n’auront pas besoin de pousser bien loin leurs argumentations débiles.

Et si les clarines n’étaient que les lointaines trompettes de l’Apocalypse ?

Sept anges sonnèrent les sept trompettes : … « Le premier sonna de la trompette et de la grêle et du feu mêlés de sang s’abattirent sur la terre. Le tiers de la terre fut brûlé, le tiers des arbres fut brûlé et toute herbe verte fut brûlée. »

Comment voulez-vous élever des taureaux dans ce contexte ?

 

PS. J’ai été grand admirateur d’Enrique. Je me souviens, entre autres, de grandes tardes dacquoises.

Clin d’œil. J’ai emprunté le titre de ce sujet à Jean YANNE qui sur France Inter en 1977, défraya la chronique avec son feuilleton sur les aventures de Robinson CRUSO, feuilleton apocalyptique.

                          Gilbert LAMARQUE

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