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Voeux 2019

Publié le par Cositas de toros

Voeux 2019

     A vous, nos abonnés, nous présentons nos meilleurs vœux de bonheur, santé, réussite et amour. Nous espérons que vous continuerez à nous suivre fidèlement, nous vous promettons de persister sur le chemin qui est le notre tout en essayant d' améliorer et de diversifier nos publications.

Bonne année à vous tous et  a l'anade pruchène.

                                             Gilbert LAMARQUE / Patrick SOUX

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Joyeux Noël

Publié le par Cositas de toros

 

                          Nous vous souhaitons de très joyeuses fêtes de Noël.

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CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS

Publié le par Cositas de toros

CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS

Conférence au Club Taurin Joseph Peyré de Pau, 7 décembre.

 

       Le CTJP invitait le torero de plata,

                                              Manolo de los Reyes,

à la Grange du château d’Idron. La conférence était animée par le rayonnant duo Miguel Darrieumerlou / Jean-Louis Haurat sous l’œil bienveillant du président Alain Lamarque.

 

Une quarantaine de socios  avait répondu à l’invitation, et c’est après le quart d’heure béarnais que l’intérêt se porta sur l’invité de la soirée.

 

Une précision : nous l’appellerons Manolito car son père, torero originaire de Sanlúcar de Barrameda, apparenté à José Luis Parada et Marismeño, porte le patronyme de Manolo de los Reyes. L’Andalou monte dans "le grand Nord" pour toréer… et n’en redescend pas. Il prit l’alternative à Tolosa des mains de César Girón, le 24 juin 1973.

Manolito donc, est connu de tous, toréant souvent dans le Sud-Ouest mais "payant ses impôts en Espagne !" Né au sud de Pampelune, près de Tudela, proche des Bardenas, dans un village où Manolo père dirigeait l’école taurine de Navarre, il reçut sa première rouste à 4 ans devant une vache "immense". Il fréquentera le collège et chaussera les crampons en junior au club de football de Pampelune, l’Osasuna. Il s’essayera occasionnellement comme recortador.

A la table familiale de nombreuses cuadrillas étaient invitées, ce qui fit songer à sa mère : "pourquoi ne pas devenir banderillero ?"

Il débuta tardivement dans les ruedos à 21 ans car, dit-il, il ne possédait pas suffisamment de technique pour évoluer comme novillero. Il s’habille de lumières pour la première fois lors d’un festival en 1996, le 5 août dans un pueblo de Navarre. Tercero de banderillero, il apprend sur le terrain la délicate technique de la puntilla. Il exerce 2 ans en non piquées, 2 ans avec Alberto Martín, jeune novillero puis est au service du torero natif d’Estella, Francisco Marco. Il foula le sable brûlant de Pampelune pour son deuxième exercice à ce niveau !

Il occupe également la fonction de doblador dans ces mêmes arènes de Pampelune. L’encierro se terminant par l’entrée des toros dans la plaza, il est chargé de faire rentrer au plus vite les cornus dans le couloir menant aux chiqueros. Cette tâche importante et délicate est réservée aux professionnels. Il déclare avoir couru une seule fois l’encierro.

22 ans de profession… "À chaque fois que je m’habille de lumières pour un torero, un novillero, c’est un cadeau". Et il prend aussi un énorme plaisir à accompagner un débutant.

Lorsqu’il pose les bâtonnets, il est reconnu comme celui qui part en marchant vers le toro et plante la paire face au frontal… de bonnes jambes ne suffisent pas !

Souvenirs…

Une grande paire en 2018 à Mont-de-Marsan devant un Dolores Aguirre au côté de Juan Leal, sachant que la veille, il avait été mis en échec par un La Quinta. Il n’a pas laissé le doute s’installer.

Le pire, cette triste tarde d’Aire-sur-l’Adour le 17 juin 2017 où il porta avec Thomas Dufau, Ivan Fandiño jusqu’aux portes de l’infirmerie. C’est ainsi qu’il entendit le dernier mot du maestro à son encontre : « Merci ».

Son actualité présente : tienta avec Paulita chez Santafé Martón. À l’inter-saison, toreo de salon le matin, footing un jour sur deux l’après-midi. Il s’entraîne de salon à Arnedo en compagnie de l’enfant du pays, Diego Urdiales et de Tomas Campos.

Cela reste toutefois la période basse d’entraînement jusqu’au 6 janvier, "Les Rois", fête importante chez nos voisins espagnols.

Il reconnaît posséder une grande connaissance des toros et savoir les juger rapidement. Manolito, banderillero précieux.

Sa carrière compte pas moins de 1100 occasions où il a revêtu l’habit de plata, 61 fois cette temporada, tous spectacles confondus !

A la question des mano a mano et des solos qu'il goûte peu, il déclare que ce sont des spectacles qui auraient un sens uniquement dans les arènes de 1ère catégorie. Il faut de la competencia pour un véritable mano a mano. Et non aux figuras dans les plazas de 2ème et 3ème catégories.

Pour conclure, le temps passant et les questions fusant, Manolito souhaita aborder la situation actuelle de la fiesta.

Comment faire pour que les gens reviennent aux arènes ? De nombreux problèmes politiques émergent en Espagne, situation compliquée car chaque région fait son règlement, chaque région connaît un parti abolitionniste… Manolito souhaite revenir pour continuer cette discussion car le sujet le préoccupe.

Il serait aussi intéressant de parler de l’avenir de la corrida non pas seulement du point de vue politique mais également vu au sein du mundillo. La politique concerne surtout le territoire espagnol, le mundillo et ses exigences nous concerne tous.

 

     L’heure tardive et la soupe fumante nous réunirent autour des tables bruyantes mais non dépourvues de convivialité.

Un grand merci pour cette soirée au CTJP,  à son sympathique président ainsi qu’à toute sa cuadrilla.

A bientôt dans le Béarn.

                                                                                                 Gilbert LAMARQUE

 

CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS
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NOTES DE LECTURE

Publié le par Cositas de toros

 

"Des animaux et des hommes"

   sous la direction d’Alain Finkielkraut. Stock / France Culture. 300 p. 20 €.

 

 

  A. Finkielkraut, philosophe, membre de l’Académie française et producteur de l’émission Répliques sur France Culture a rédigé Des animaux et des hommes, ouvrage dans lequel on retrouve des transcriptions d’entretiens consacrés à la condition animale à l’ère industrielle, entretiens réalisés au cours de l’émission Répliques.

 

  "Aujourd’hui, notre pitié ne s’arrête plus à l’humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l’invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d’autrefois, l’imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.

L’homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s’identifier à toutes les créatures. Ainsi s’explique l’irruption récente de la cause animale sur la scène politique.

La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l’impératif de rentabilité continuera-t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du cœur ? "

                                                                                                A.F. 4e de couverture.

 

  "Je ne crois pas qu’il faille faire table rase de toutes les traditions au nom des nouvelles sensibilités. Je suis favorable à un compromis entre chasseurs et écologistes…

Les écologistes ont une prédilection pour les animaux sauvages comme le loup ou l’ours… et un mépris pour les animaux d’élevage : ce n’est pas leur problème."

 

- Les problèmes que posent la cause animale.

 

  "Certains partisans de la cause animale ne mesurent pas la gravité du problème, ils veulent libérer l’animal sans faire de distinction entre élevage industriel et élevage fermier."

 

- Ne pas rompre le rapport de collaboration entre vaches et hommes.

 

  "Si le rapport de collaboration entre les vaches et les hommes est rompu, il n’y aura plus de vaches. On peut libérer les hommes d’une condition d’oppression ou d’asservissement mais plaquer ce schéma sur les animaux de rente, c’est préconiser en guise de libération, la disparition de ces espèces qui ne subsisteront que dans quelques parcs à thème, dans des zoos pour les enfants."

 

  "Je suis très hostile à l’antispécisme*. Peter Singer parle d’une responsabilité morale envers les animaux. Mais les animaux n’ont aucune responsabilité envers les hommes. Le lion n’aura jamais une responsabilité envers l’antilope."

 

  Nous nous arrêterons uniquement sur le premier chapitre dédié à la corrida, intitulé Face à la corrida (pages 13 à 39) avec Elisabeth de Fontenay et Francis Wolff, tous les deux opposés à l’élevage industriel mais qui divergent sur la corrida, échanges animés par A. Finkielkraut.

 

                                                        E. de Fontenay

  est maître de conférences émérite de philosophie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur du Silence des bêtes : la philosophie à l’épreuve de l’animalité. 1998.

 

                                                        Francis Wolff

  est philosophe et professeur émérite à l’École Normale Supérieure (rue d’Ulm), auteur en 2007 de Philosophie de la corrida.

 

  FW - "Il n’est pas question de réduire l’animal à une chose.

Il y a une autre distinction qu’il faut établir entre la personne et l’animal : l’affrontement entre le toro et le torero est pratiquement le seul lieu où c’est encore possible, un rapport réel avec un risque pour l’humain et un respect de l’animalité. L’estocade est une minute de vérité."

 

  AF - "L’estocade est pour moi un moment très pénible. C’est une cérémonie mais ce n’est pas de l’art."

 

  EF-(avec une mauvaise foi évidente, elle étale quelques mensonges et déclare: "Nous nous querellons, parce que les faits que nous rapportons l’un et l’autre proviennent de sources antagonistes. C’est parole contre parole, et pourquoi celle de l’aficionado l’emporterait-elle sur celle de l’homme sensible."

Vous remarquerez que l’aficionado n’est donc pas un être sensible...

  FW conclue ainsi : "Que restera-t-il pour peupler les rêves de l’humanité, de son autre qui est l’animal, de son autre parfois redoutable, parfois nuisible, parfois admirable, lorsqu’il ne restera plus pour peupler ses rêves que des chats sur des moquettes à qui on aura coupé les ongles et coupé les couilles, en tout cas dans nos chaumières, pas en Afrique, pas là où l’on sait encore ce que c’est que l’animal redouté ou l’animal nuisible, que restera-t-il des rêves de l’humanité ? Nous les aurons, et, je le crains, vous les aurez appauvris. La corrida est un des lieux où se joue encore un rapport réel, risqué, humain avec l’animalité."

 

 

  En pleine promotion pour ce livre, A. Finkielkraut s’est rendu sur le plateau TV de On n’est pas couché, diffusé le samedi 15 septembre. Il n’a pas hésité à violemment s’en prendre aux végans** .

"Ce mouvement s’inscrit dans une perspective de libération animale sur le modèle même de la libération des Noirs opprimés alors que cela n’a rien à voir. Qu’est-ce que ça voudrait dire de libérer des animaux domestiques, des vaches ou des poules ? […] Le véganisme est un mouvement citadin qui s’enchante de sa propre supériorité morale."

 

Alain Finkielkraut

   continue… "Je suis allé une seule fois à la corrida en traînant les pieds. Le spectacle de cette violence ne m’attirait pas. C’était le 12 septembre 2012, il y avait José Tomás, une des plus grandes corridas de l’histoire, m’a t-on dit, il a même gracié un toro.

Un spectacle inouï, et j’ai confessé que j’avais été ébloui, d’ailleurs tellement ébloui que je ne retournerai pas à une corrida, je ne suis pas un aficionado.

Ce que je n’aime pas c’est que les opposants à la corrida traitent les toreros de truqueurs ou de tricheurs et fassent de la corrida, un crime. José Tomás a reçu l’extrême onction 2 fois, il prend des risques insensés. Il dit ceci : "En partant, je laisse mon corps à l’hôtel" et c’est totalement contre nature si vous voulez, un toro vous charge et vous ne bougez pas, c’est inimaginable !"

 

  Par cette déclaration déjà révélée auparavant, il a reçu des centaines de lettres. Des gens ont écrit : "un cruel, un pervers, un esthète dégénéré… "

 

  … "Simplement, ce que je trouve révoltant c'est que l'on déduise de ce spectacle que la corrida est un crime, rien qu'un crime, et qu'au mépris de la règle qui oblige le torero à se mettre sérieusement en danger, on fasse de celui-ci un tortionnaire, et de ceux qui apprécient ses exploits des êtres à la sexualité dérangée. C'est ainsi qu'en dépit de Goya, en dépit de Picasso, en dépit de Garcia Lorca, on en vient à rejeter la tauromachie hors de la culture et même hors de l'humanité."   (chapitre II : Culture humaine et cause animale, page 45).

 

  Voici un livre intelligent où A. Finkielkraut invite de nombreuses personnes à débattre du rapport aux animaux. En effet, quatorze invités livrent leurs propos sur l’inquiétude qui traverse ces pages : "La nouvelle sensibilité à la question animale aura-t-elle le pouvoir de changer la donne, ou l’impératif de rentabilité allié aux avancées de la technique continuera-t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du cœur ? "

 

  Les prises de position d’Alain Finkielkraut ont parfois fait l’objet de vives controverses mais reconnaissons lui son ouverture d’esprit, ici, au sujet de ce matériau brûlant qu’est la corrida.

  L’écoterrorisme n’est encore qu’une éventualité, l’antispécisme est sans merci et la rhétorique animaliste s’éclaire d’une apparente violence.

Défendre coûte que coûte la cause des bêtes ne saurait être réduit à une seule sensiblerie autoritaire.

Allons-nous avoir honte d’être des hommes ?

 

                                                                                           Gilbert LAMARQUE

 

* L’antispécisme est un courant de pensée qui refuse la notion d’espèce. Les antispécistes combattent les critères prédéterminés qui seraient liés à l’appartenance à une espèce, et notamment à la domination de l’Homme sur l’animal. Ils refusent le droit de mort de l’être humain sur l’animal mais sont conscients que l’égalité entre les espèces est impossible, leurs capacités et intelligences étant très variables. Les défenseurs de l’antispécisme ne consomment généralement pas de produits alimentaires provenant d’animaux.

** Le véganisme ou végétalisme intégral, est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation.

Le véganisme s’inscrit souvent dans une action pour la défense des droits des animaux.

 

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ENTRETIEN AVEC LE MAESTRO MARC SERRANO

Publié le par Cositas de toros

 

  L’occasion nous est offerte de nous intéresser à la carrière et à la personnalité du torero qu’est Marc Serrano, torero à l’aficion inaltérable, injustement oublié des grandes arènes de l’exagone.

A Barbastro dans la province de Huesca en ce samedi 8 septembre, le cartel nous proposait de bons Camino de Santiago du fer de Jean-Louis Darré , combattus par M. Serrano, A. Nazaré et J. Galdos.

Les quatre oreilles attribuées lors de cette tarde suggéraient un parfum particulier, un bouquet typique, ceux de la tierra et de cette jeune appellation vinicole locale, le Somontano. Le tout enveloppé comme pour une offrande par un public festif, généreux, honorant leur ville et leur plaza pittoresque. Les 6 acteurs en sabots ainsi que les 3 en zapatillas ne furent pas oubliés.

 

Gilbert LAMARQUE

 

PS: ci-dessous la video de l'entretien avec Marc Serrano.

 

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