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MALTRAITANCE ANIMALE

Publié le par Cositas de toros

Pour info. HuffPost du 26/01/2021

 

           Maltraitance animale: la corrida, un tabou politique

 

Une très large partie de l'opinion est favorable à l'interdiction de la corrida. Mais la classe politique peine encore à se saisir du sujet.

Par Lucie Oriol

Un matador touchant un taureau lors des férias de Dax, le 15 août 2019. Photo Iroz Gaizka / AFP

   

       BIEN-ÊTRE ANIMAL - “J’ai été choqué. Je ne m’explique pas cette absence dans le texte”, confie d’emblée au HuffPost le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Pauget. Comme l’ensemble de ses collègues de l’Assemblée nationale, il étudiera jusqu’à vendredi dans l’hémicycle une proposition de loi sur la maltraitance animale portée par les députés LREM Loïc Dombreval et Laëtitia Romeiro Dias. Sauf “qu’à aucun moment le texte n’aborde ou ne fait mention de la corrida”. 

Il y est bien question de stériliser les chats errants, de durcir les sanctions contre la maltraitance, d’interdire progressivement les animaux sauvages dans les cirques itinérants... Mais, la corrida -comme la chasse à courre ou l’élevage intensif- est une grande absente alors que les enquêtes d’opinions montrent qu’une large majorité de Français est toujours plus favorable à son interdiction.

Selon un baromètre réalisé par l’Ifop pour la Fondation 30 millions d’amis et dont les résultats ont été dévoilés ce mardi 26 janvier, 75% des Français souhaitent son interdiction.

Une progression de 25 points par rapport à 2007, et une proportion plus grande que le nombre de Français souhaitant l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques. 

Eric Pauget a bien tenté de remettre le sujet sur la table par le biais d’amendements, mais tous ont été jugés irrecevables. Celui qui demandait d’interdire les spectacles de corrida aux moins de 16 ans, comme celui qui visait à supprimer l’exception dont bénéficie la corrida dans le Code pénal. Actuellement, l’article 521-1 réprime les actes de cruauté contre les animaux, sauf pour “les courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée”. Aujourd’hui, un peu moins d’une cinquantaine de communes sont adhérentes de l’Union des villes taurines françaises, une association qui veille à l’application du règlement taurin municipal, destiné à assurer la défense et la sauvegarde des courses de taureaux avec mise à mort. 

Cela veut dire que le gouvernement et la majorité ne veulent même pas aborder le sujet, alors que pourtant on parle d’une pratique où il est question de torturer un animal dans une arène. Je ne comprends même pas le calcul politique puisque les enquêtes d’opinions montrent une véritable prise de conscience de la population”, déplore le député tout en rappelant que la Catalogne a interdit la corrida depuis 2010.

La corrida n’est ni de gauche ni de droite

     La corrida est-elle un sujet inflammable sur le plan politique? Selon L’Opinion, elle l’est en tout cas dans la majorité. Le quotidien se fait ainsi l’écho de larges dissensus au sein de LREM. Ainsi si Loïc Dombreval et Aurore Bergé, en charge du texte pour la majorité, se sont plusieurs fois dans le passé montrés favorables à l’interdiction de la corrida aux moins de 16 ans, ce n’est pas du tout le cas d’autres poids lourds de la majorité et notamment du ministre de la Justice. Éric Dupont-Moretti est un fervent défenseur de la corrida. En 2019, il avait signé une tribune avec de nombreuses personnalités, dont Pierre Arditi, Charles Berling, ou encore Jean Reno, intitulée: “La corrida est un art, et nul ne doit en être exclu”.

Si ces dissensions touchent aussi évidemment les autres formations politiques, au sein de la majorité elles ne se limitent pas à la corrida et ont ainsi également empêché d’inscrire l’interdiction de la chasse à courre dans le texte, a expliqué Aurore Bergé sur franceinfo. “Il faut un consensus pour inscrire un texte à l’ordre du jour”, a-t-elle notamment rappelé. 

Son collège Loïc Dombreval, abonde lui aussi dans L’Opinion sur la nécessité de pouvoir in fine voter le texte: “Malheureusement, le sujet de l’animal est tout de suite passionnel et manque de raison. Si on ajoute la chasse, la corrida et l’élevage en débats, on ne se comprend pas, on se hurle dessus et à la fin il n’y a rien qui bouge. C’est un texte limité et cintré. Mais une bonne loi est une loi votée”. 

Crispation économique et culturelle

     Les crispations autour de la corrida ne sont évidemment pas nouvelles, et si le sujet continue de diviser c’est parce qu’il se trouve au carrefour de plusieurs enjeux: culturels, sociaux et économiques. “Les enjeux de l’élevage et de la chasse sont portés par des groupes de pression importants qu’Emmanuel Macron tente de ménager. Avec la corrida, il y a une dimension régionale importante. Or depuis le début de son mandat, le président éprouve des difficultés avec les territoires. En touchant à ce sujet, il y a la crainte de réactiver la querelle d’une autorité parisienne et bureaucratique qui s’en prendrait à une spécificité culturelle régionale. Il y a dans l’ADN de LREM une prégnance de l’écologie mais qui se retrouve confrontée au pouvoir et donc à la nécessité de ménager des électorats”, détaille ainsi pour Le HuffPost, Daniel Boy, directeur de recherche émérite à Science-Po. 

En parallèle, estime également le spécialiste, la classe politique peine à prendre en compte les évolutions qui traversent la société. En matière de bien être animal, celles-ci ont été portées par le Parti animaliste, véritable surprise des élections européennes de 2019 avec 2,2% des voix. Mais pas que. “Les partisans de la corrida font souvent valoir son côté artistique et noble, son importance dans l’identification régionale. Mais ils mettent aussi en avant des valeurs de virilités ou de risque. Or ces dernières sont des valeurs qui sont de plus en plus contestées en France”, détaille ainsi Daniel Boy.

Des arguments culturels qui expliquent en partie la frilosité politique à suivre l’opinion publique, mais qui ne doivent pas écarter complètement les enjeux économiques qui entourent la corrida. Dans certaines villes du sud-ouest, l’arène constitue après tout la place centrale. “Pour moi, le facteur économique dépasse même les justifications sociales et culturelles. Par exemple, le cirque peut perdurer sans animaux sauvages, mais la corrida sans mise à mort, c’est une simple course. Interdire la corrida, ça implique de mettre un terme à tout un circuit d’élevage et de tourisme, qui touche aussi aux communes et aux collectivités. Dès qu’on parle d’interdire la corrida, on parle de suppression d’emplois”, abonde ainsi Régis Bismuth, professeur à l’École de droit de Sciences Po, et auteur en 2015 de “Sensibilité animale”, contacté par le HuffPost. Dans ses amendements, Éric Pauget prévoyait à cet égard une période de sept ans pour aider à la reconversion une filière déjà en déclin depuis quelques années. A Nîmes par exemple, la fréquentation des arènes est passée de 130.000 en 2017 à 80.000 personnes en 2019, détaillait Le Monde

L’estocade

     Si l’estocade ne vient pas du législateur, de nombreux observateurs estiment toutefois qu’elle pourrait venir de la corrida elle-même. Une vision partagée notamment par le philosophe Francis Wolff, auteur de “Philosophie de la Corrida” en 2007 et qui confiait en février dernier à Arles-Infos: “Elle survit actuellement dans des sociétés qui peuvent de moins en moins la comprendre, et l’assimilent de plus en plus à une pratique barbare et archaïque (...) Si un jour il n’y a plus de public, ou de jeunes gens prêts à risquer leur vie, ou de taureau de combat, la corrida disparaîtra progressivement, de mort naturelle. Ce qu’il faut éviter, c’est un assassinat qui vienne de l’extérieur, par des gens qui ne la comprennent pas”.

Pour Régis Bismuth, c’est finalement le pouvoir juridique qui pourrait donner le dernier coup d’épée. “Il y a en ce moment beaucoup de procès de la part d’associations de défense des animaux qui attaquent en interrogeant justement l’interprétation de l’exception dans le Code pénal. Un juge fera peut-être sauter ce verrou à un moment, et là il sera plus facile pour le législateur de l’interdire sans trop de risque”, détaille-t-il. Alors qu’elle avait été déboutée à l’automne dans une action similaire, la SPA avait argué: ”à force d’en parler, on va bien finir par avoir l’oreille du législateur”. Ce ne sera pas pour cette fois.

 

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Blanc-manger ou arène des neiges ?

Publié le par Cositas de toros

       

           

           Le 8 janvier 2020, l’ADA de Parentis, sur son site adaparentis.com, faisait paraître un édito intitulé : « A l’heure du dégagisme... » que je vous invite à lire si ce n’est déjà fait – édifiant –, édito suivi des vœux pour 2021 que voici :

     « Le Président et l’ensemble des membres de l’ADA vous présentent leurs meilleurs vœux pour 2021 ! Ils vous informent qu’ils ne seront malheureusement pas au rendez vous de la prochaine feria puisque la Municipalité de Parentis a décidé de rompre unilatéralement la convention existante avec l’ADA Feria. Cette décision implique que l’ADA Feria n’organisera plus les novilladas parentissoises. Nous tenons à remercier l’ensemble des Aficionados, des partenaires et des professionnels qui nous ont témoigné leur confiance durant plus de 15 ans. C’est avec grand plaisir que nous nous retrouverons dans les lieux où le toro restera le protagoniste majeur de la tauromachie que nous aimons. »

 

     Comment aller contre la volonté du premier magistrat de la commune ? Ce sont tous les aficionados a los toros qui sont trahis, ceux de Parentis et d’ailleurs. Un fortin torista tombe pour qu’une nouvelle édile reprenne la main sur la politique taurine de sa commune. Minable.

Mais que va donc découvrir l’aficionado pour la prochaine Sen Bertomiu ? « Attendons de voir », diront les plus modérés. « C’est tout vu », déclareront les plus lucides.

Parentis, c’est sûr, perdra son identité, rejoignant les plazas anodines, lisses et sirupeuses.

    La nouvelle municipalité bénéficiera de nouvelles infrastructures. Le célèbre édifice référent du patrimoine historique de la ville, créé par son maire Roland Portalier en 1927 a laissé son nom à son œuvre de bâtisseur. Son lointain successeur, Christian Ernandoréna et son conseil municipal ont voté en décembre 2018, le projet de rénovation de ce temple de la tauromachie et de la course landaise.

Il était devenu indispensable de restructurer les arènes pour leur donner une dimension polyvalente afin qu’elles soient utilisées en toute saison pour tous les évènements collectifs, associatifs et festifs. Locataire d’un tendido en août, j’avais pu remarquer que certains matériaux existants semblaient à l’agonie et que l’eau, par endroits, s’infiltrait sous les couverts.

Blanc-manger
Arène des neiges

 

 

 

 

 

 

 

       

 

 

   

      L’ensemble pourra accueillir 2 600 personnes pour les spectacles taurins et 1 600 pour des prestations multiplexes. L’ancienne structure pouvait contenir 4 000 personnes environ. La nouvelle jauge sera bien suffisante pour contenir les aficionados. Une couverture aux armatures en matériaux composites et une toile textile chapeautera le "blanc-manger", toile qui sera rétractable permettant de découvrir en plein air, les gradins et le ruedo, autorisant également à ne pas se priver de l’horrible vue sur le château d’eau et les usines !

     Vous pouvez imaginer que l’initiative n’a pas fait l’unanimité parmi la population et notamment chez certains aficionados qui ont exprimé sur le Net, leur crainte que ne soient dénaturées la destination traditionnelle des arènes dédiées à la Fiesta brava. L’abattage de quatre platanes et d’un chêne séculaires ayant été nécessaire, a provoqué la circulation d’une pétition de la part des écologistes.

Pour reprendre la célèbre formule de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »… Pas d’omelette sans casser des œufs… Le patrimoine s’est une histoire sans fin, toujours ouverte à l’innovation.

 

     L’ADA, héritière de l’Union torista Bordeaux-Parentis, a créé la feria de la Sen Bertomiu en 1996. On retiendra la dernière novillada, novillada entretenue, le dimanche 11 août 2019, fêtant le centenaire de la présence des toros à Parentis. Au cartel, J.C. Pacheco, José Cabrera et Cristobal Reyes et les novillos de Raso de Portillo, Prieto de la Cal, Valdellan, Pablo Mayoral, Los Maños et Diego Tabernero de Vilvis, celui-ci blessé fut remplacé par un Raso de Portillo.

C’est le 28 et 29 septembre 1919 en l’honneur des poilus de 14/18 que la cité du Born programma pour les fêtes deux courses hispano-provençales.

Pour ma part, j’ai le souvenir, entre autres, du dimanche 10 août 2003 et de son lot superbe de Cebada Gago et d’un excellent tercio de piques où Alvaro Rodriguez enleva le prix de l’ADA pour une pique au 5e novillo.

 

     Le chantier de l’arène des neiges et sa voilure chantilly a démarré en janvier 2020, tout doit s’achever en mai 2021. Le coût est établi à 5,1 millions d’euros.

Il n’y a plus qu’à attendre sa livraison et son inauguration… et les nouveaux cartels ! Pas sûr que l’aficionado retrouve le chemin de la petite cité du Born.

Wait and see.

Au revoir, bravo et merci à l’ADA.

 

     P.S : Gamarde maintient un mano a mano pour le 28 mars ou le 13 juin ou le... Dans ce contexte préoccupant, un mano a mano ne nous semble pas opportun. Daniel Luque et Gines Marin face aux sujets de la ganaderia Zacarias Moreno "qui se produira pour la toute 1ère fois en France", en corrida, car la ganaderia s'est présentée en novillada en juin 2017 à Nîmes pour la 56e Cape d'Or. Un troisième torero incorporé au cartel autait été des plus heureux, même si sur deux dates cela est plus difficile. Le choix dans la liste des oubliés est pourtant longue. Le cartel prévu en 2020 rassemblait D. Luque, Alvaro Lorenzo et Daniel de Miranda.

Rappellons également que Gamarde a rejoint l'UVTF. 

 

                                                                      Gilbert Lamarque

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Le campo sinistré

Publié le par Cositas de toros

       Il y a peu, nous vous informions du malheur qui s’est abattu dans la ganaderia El Uno (Cositas du vendredi 22 janvier), l’information de ce jour n’est là que pour poursuivre la triste actualité liée à la pandémie et que vivent tous les élevages de bravos.

 

Modestes ou notables, inconnues du grand public ou renommées, toutes les ganaderias souffrent de la crise.

 

Photo Mundotoro

      Justo Hernández, propriétaire de Garcigrande, a fait face lui aussi à une situation très compliquée. S’il avait éliminé tous les animaux qui auraient dû être vendus en 2020, il aurait économisé beaucoup d’argent.

Il s’est montré trop optimiste mais ici, cet optimisme lui a été préjudiciable. La saison n’ayant jamais véritablement repris, le coût de l’entretien et de la préparation de ses toros l’ont affaibli. Il a mené à l’abattoir 50 % de la camada qui aurait dû combattre l’année passée et en 2021 de nombreux cinqueños sont en attente dans un futur brumeux.

L’éleveur déclare à juste titre que les toreros arrêtent de combattre, les hommes d’affaires arrêtent les transactions… mais les éleveurs doivent continuer à entretenir le bétail.

Le problème est complexe car les toros de Garcigrande continuent d’être parmi les plus demandés même par ces temps de pandémie et malgré l’incertitude, des lots sont commandés pour les principales ferias. Il pourrait y avoir 14 à 15 corridas… ou si peu !

Difficile de travailler avec cette incertitude.

 

     J’entends déjà certains alléguer que Garcigrande "a les moyens". Et alors ? Les forteresses ont souvent des points faibles.

     Il n’est pas ici de savoir si les uns détiennent plus de moyens que les autres, simplement nous sommes tous désolés de ce gâchis.

 

                                                                            Gilbert Lamarque

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MORT AUX VACHES ! (suite)

Publié le par Cositas de toros

     

       C’est, dans la plupart des cas, lorsque se sont succédés un nombre invraisemblable d’accidents graves sur un axe routier bien défini, que l’on décide enfin à réaménager la chaussée ou ses abords.

Pour ces pauvres betizu, le Prince charmant est passé, réveillant un collectif d’associations. Il s’agit du CADE, Collectif des Associations de Défense de l’Environnement du Pays Basque et du sud des Landes. Ce collectif s’émeut – ces meuh ? – de ce braconnage. Il demande à l’État et aux collectivités de prendre des mesures de sauvegarde.

Oui, mais encore.

« Garder ces animaux à l’état sauvage est possible et ce rôle est dévolu à la collectivité », estime le Cade. Et de préconiser que « l’État qui a obligation de préservation, de protection, délègue réellement cette fonction et engage des moyens ». Le Cade définit « l’urgence à accorder aux betizu, une large zone de protection et de conscientiser le public ». Surtout, de dépasser le stade de l’avertissement pour « réglementer et sanctionner davantage tout contrevenant, braconnier ou autre malfrat ! »

Si il y a sanction, c’est qu’auparavant, il y a eu délit. Quant à sanctionner davantage, cela semble aisé, car jusqu’à ce jour les assassinats sont restés impunis !

Après le Prince charmant, nous pénétrons dans le monde impitoyable des Bisounours.

 

 

Les défenseurs de l’environnement en appellent donc au préfet, pour qu’il « se saisisse du dossier ». Pour se saisir du dossier, encore faudrait-il qu’il existe.

Ils en appellent également à la Communauté d’Agglomération Pays Basque « avec sa délégation Montagne et dans le cadre de Natura 2000 ». Cela, pour aboutir à « un statut de protection plus que jamais nécessaire ».

Des mots, une déclaration…

Les betizu ont encore beaucoup de mouron à se faire.

La suite, si suite il y a, dans nos colonnes…

 

                                                                        Gilbert Lamarque

 

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MORT AUX VACHES !

Publié le par Cositas de toros

Le Mondarrain

        Le Mondarrain est une "petite" montagne du Pays Basque en Labourd entre Espelette et Itxassou, culminant à 750 m d’altitude. Il fait face à l’Artzamendi et ses émetteurs hertziens qui se situe entre Itxassou et Bidarray. "La montagne de l’ours", mendi (montagne), hartza (ours) – mais celui-ci est absent de ces contrées – domine la vallée avec ses 924 m dépassant la Rhune de 24 m ! "Larrun", "lieu de pâtures", et son petit train bien connu.

Mais le Mondarrain, "la montagne des aigles", arrairo (aigle) héberge d’autres prédateurs que ces grands rapaces planeurs. Et après cette présentation géographique, venons-en au sujet scabreux qui nous préoccupe.

 

Contrebande et braconnage

     Il y a environ trois semaines, un résidant d’Espelette a découvert les restes de trois betizu – les vaches sauvages du Pays Basque –, les têtes, les peaux et les pattes jonchaient le sol, découpes effectuées par des mains expertes. Quant à la viande, elle avait disparu. Le braconnage de ces vaches existe mais c’est la première fois qu’il se fait en évidence sur le bord d’une piste très fréquentée notamment par les randonneurs aux abords du col des Trois Croix.

 

Photo Bixente Vrignon

     Bizarre. Les betizu ne se laissent pas approcher facilement. « Les éleveurs, peut-être qu’ils savent entre eux qui a fait ça, mais je ne veux pas rentrer dans ces détails » glisse prudemment le maire d’Espelette. On se croirait rattrapés par le bon vieux temps de la contrebande connue de tous à une époque pas si lointaine. Il reconnaît qu’il y a « un intérêt économique derrière tout ça ». En effet, la viande de betizu est réputée entre connaisseurs, et certains la servent clandestinement.

 

Photo Bixente Vrignon

     Pourtant les communes d’Ainhoa, Espelette et Itxassou, qui gèrent en commun le massif du Mondarrain ont pris un arrêté pour interdire le braconnage de ces vaches : « La viande est très bonne mais il y a des règles vétérinaires », rappelle le maire. Les betizu considérés comme du gibier sauvage, ne sont pas soumis à un suivi vétérinaire.

 

 

Aux pays des taiseux : Pays Basque = Corse

      Les coupables ne risquent pourtant pas d’être poursuivis : personne n’a rien vu !

« Je préfère la transparence mais il y a la loi de l’omerta à Espelette et dans tout le Pays Basque d’ailleurs. On ne veut pas balancer les collègues » rajoute l’élu qui affirme : « Il faut relativiser, c’est pas une affaire d’État, on va pas porter plainte ».

Ben voyons, si le maire le dit…

Par contre si le dépeçage avait été perpétré par un ours – absent du massif, je le répète – il y aurait eu un branle-bas de combat de tous les diables et une volée de bérets !

 

 

Une race en voie d’extinction

     En 2015, l’association Iparraldeko Betizuak – les betizu du Nord – (Iparralde = Pays Basque du Nord ; Hegoalde = Pays Basque du Sud), a été dissoute afin de mettre l’État et les collectivités face à leurs responsabilités.

Cette race sauvage qui broute en liberté sur les flancs du Mondarrain et de la Rhune a failli s’éteindre dans les années 20, car ces bovins ont été quasiment exterminés lors de la construction de la voie pour le train de la Rhune. Selon les relevés, la population des betizu ne dépasserait pas les 100 têtes au nord des Pyrénées.

Avant 2015, tout le monde se déchargeait sur l’association : les élus locaux, l’état et les particuliers. Quand une personne était blessée ou que des barrières étaient cassées, on demandait réparation à l’association. Mais clairement, ces bêtes sont sauvages et n’appartiennent à personne.

Pourtant, et contrairement aux loups et aux ours, les betizu ne sont pas administrativement considérés comme des animaux sauvages. Ils ne sont pas, non plus, classés dans la catégorie des bovidés domestiques ! Voici un no man’s land administratif.

Cette espèce non protégée pourrait disparaître. Le betizu est sans équivalent en Europe et il a besoin d’un plan de gestion durable et d’un vrai statut, statut devant protéger ces gardiennes des montagnes, des braconniers amateurs de chuletones.

 

 

Depuis la nuit des temps

     On trouve sa représentation dans l’art pariétal pyrénéen datant de 15 000 ans. Il serait, ce betizu, issu d’une population d’aurochs de taille réduite. La race offre une grande rusticité, plus légère que la vache domestique et ces vaches (300kg) et taureaux (400kg) sont susceptibles de réactions imprévisibles, voire de nuisances pour les fermiers. Les betizu circulent par petits groupes et se déplacent, selon les périodes de l’année, entre les milieux ouverts et les couverts forestiers. Leur robe est brun rouge, les cornes sont évasées, relevées et en arrière. Les mâles vivent au sein ou en marge des groupes de femelles et de veaux. Ces animaux participent à l’entretien des espaces de montagne.

En Heogalde, le gouvernement de Navarre élabore un programme écologique pour la conservation de cette race autochtone sur une propriété de 80 hectares où on maintient une moyenne de quelque 45 animaux.

En Espagne, la population de betizu vit en Guipuzcoa, en Biscaye ainsi qu’en Navarre.

On compte environ 100 têtes en France, un peu plus de 200 en Espagne.

 

 

Dans la culture

     Pour les anciens Vascons, les betizu sont des animaux mythiques connus sous les noms de zezen gorri, "taureau rouge" et behi gorri, "vache rouge", gardiens de la grotte où vivait la déesse Mari.

Mari est la divinité féminine qui incarne la nature, la déesse mère. C’est sur cette divinité que la religion basque originelle est centrée. Étymologiquement, son nom signifie "celle qui donne", il est formé par le radical ma signifiant donner et le suffixe ari qui indique une activité (ex. lanari = travailleur). Elle est la maîtresse de tous les génies telluriques, elle est la créatrice, la Grande Mère qui enfanta le monde.

Mari divinité connue des Basques bien avant la Chrétienté et Marie.

 

      Cette vache a été récemment popularisée au Pays Basque grâce au nom d’un programme pour enfants en langue basque à la télévision publique basque (ETB) où le personnage principal représente un animal de cette vaillante race. L’émission essaye de faire connaître l’existence de cette espèce et de favoriser sa connaissance et sa protection.

 

Basque et Marine

     La vache Betizu est inscrite parmi les races du Conservatoire des races d’Aquitaine au même titre que la vache Marine vivant en liberté dans les marais du littoral aquitain du sud Gironde et du nord des Landes dont le cheptel est encore plus réduit que celui des betizu. Mais cette Marine bénéficie d’un programme génétique de conservation et de développement animé par le Conservatoire et la SEPANSO qui en sont les gestionnaires.

 

La vache Marine

 

     Et pour la Betizu, qu’en sera-t’il ? Cette délicate "gestion" par les élus locaux va-t’elle perdurer jusqu’à l’extinction ? À croire que le Pays Basque est indépendant !

À propos : betizu se prononce bétissou qui vient du basque behi izua, behi signifiant vache et izu, farouche, intraitable, sauvage et fuyante. Ceci vous l’aviez compris.

 

                                                                Gilbert Lamarque

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