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Mesquinerie et médiocrité pitoyables

Publié le par Cositas de toros

               

               Le mercredi 18 août, la socialiste Ana González, maire de Gijón, a annoncé que la municipalité avait décidé de mettre fin à la Feria de Begoña et n’accorderait pas l’extension à la société Circuitos Taurinos, SL, dirigée par Carlos Zúñiga. Parmi les arguments utilisés – dont vous avez déjà été informés –, le nom de deux toros combattus lors de la dernière feria, du ganadero Daniel Ruiz, nommés "Feminista" et "Nigeriano". « Plusieurs lignes ont été franchies », a expliqué le maire. « Une ville qui croit à l’intégration, à l’égalité des hommes et des femmes ne peut se permettre ce genre de choses. Il y a des gens qui aimeraient que je continue, et ils ont été écoutés, maintenant nous devons écouter cette autre partie de Gijón. Et surtout utiliser les taureaux pour déployer une idéologie contraire aux droits humains. Le contrat des taureaux est terminé. C’est de la compétence du maître d’ouvrage, qui est la Mairie. Les voix demandant que les taureaux ne se poursuivent pas dans la ville se font de plus en plus nombreuses. »

     Une nouvelle Jeanne d’Arc voit le jour sous nos yeux ébahis !

 

Réponse, le jour même , de Carlos Zúñiga.

     « Avec une profonde tristesse et indignation devant le manque de rigueur et l’ignorance de Doña Ana González, maire de Gijón, je me permets d’affirmer ce qui suit après vingt ans de gestion ininterrompue à la tête de notre chère El Bibio :

1- Prétendre que le nom d’un taureau implique de dénigrer un être humain, c’est ignorer les valeurs de la tauromachie et nos racines en tant que Bien d’Intérêt Culturel Immatériel. Lorsqu’un éleveur "baptise" un veau, il le fait dans le but de le "louer", car l’animal à la fin ultime peut être gracié. Le voir retourner chez lui est le rêve de tout ganadero

2- Le nom ou la dénomination de chaque animal est une exigence essentielle légalement réglementée par le Livre généalogique de la race bovine brave et régie par une réglementation qu’il est tenu de respecter sans possibilité de la changer ou de l’altérer. Comme l’a précisé le récent communiqué de l’Union des Éleveurs de Taureaux de Lidia, le nom des taureaux vient du nom des vaches acquises par l’éleveur en 1986 avec les noms "Feminista" et "Nigeriano". Par conséquent, le nom est déterminé par l’éleveur légalement protégé et jamais par la société organisatrice, de sorte que leurs déclarations sont infondées…

3- La prolongation des contrats administratifs est discrétionnaire. Elle suppose justification mais en aucun cas, caprice. Refuser une prolongation alors qu’elle n’a même pas été demandée, pour le simple fait de ne pas être à votre goût à cause de "Feminista" et "Nigeriano" est totalement arbitraire et donc contraire à notre Constitution, surtout si l’on tient compte du fait que ladite nomenclature vient d’être certifiée par un organisme pleinement légal.

La société concessionnaire par disposition du règlement et du même cahier des charges du présent contrat est tenue d’exposer au tableau et à la connaissance du public, les données des taureaux à traiter. Il n’y a rien de négatif à cela.

Madame le maire, je vous demande instamment de rectifier ces déclarations. Les taureaux viennent du peuple. Rectifier serait sage ».

 

     Le Centre des Affaires Taurines de la Communauté de Madrid a répondu au maire dès le lendemain. « … Nous exprimons notre rejet et réitérons notre inquiétude face au résultat d’une infraction inexistante qui a abouti à une terrible interdiction, contre un secteur et une activité culturelle protégés par la loi et la Constitution de l’Espagne, qui contribue à la création d’emplois et à la solution des graves problèmes de l’Espagne fragilisée.

 

     José María Manzanares a envoyé un courrier le jeudi 19 août : « … Cette polémique, déclenchée dans les médias et les réseaux sociaux, en plus d’être pleine d’ignorance, n’est rien de plus qu’un prétexte pour attaquer notre monde pour des raisons politiques et idéologiques... ».

     Le même jour, l’ANOET, l’Association Nationale des Organisateurs de Spectacles Taurins, a exprimé, elle aussi, son rejet le plus ferme.

 

     Et Victorino Martín, président de la FTL, Fondation el Toro de Lidia : « … Vous dites vouloir interdire la tauromachie car "il y a de plus en plus de voix opposées dans la ville". Les totalitaires du monde et de l’histoire se cachent toujours derrière le manteau protecteur d’une prétendue volonté populaire qui les éclaire et les légitime ».

 

     Le vendredi 27 octobre, la Société Circuitos Taurinos, a officiellement demandé la prolongation pour l’organisation de la Feria de Begoña 2022, soulignant, entre autres, l’impact économique que la feria a pour la ville et que les arènes d’El Bibio sont une propriété déclarée Bien d’Intérêt Culturel, « dont le seul but est d’organiser des spectacles taurins ».

 

     Le vendredi 10 décembre, le Conseil municipal de la mairie de Gijón a refusé la prolongation demandée par Circuitos Taurinos, la société de Carlos Zúñiga, pour que les arènes d’El Bibio accueillent la traditionnelle Feria de Begoña l’été prochain, l’une des plus emblématiques du mois d’août.

La porte-parole municipale, la socialiste Marina Pineda, a déclaré que « Les arènes sont un bien d’intérêt culturel demandées par les citoyens. Notre souhait serait que les corridas soient interdites à Gijón. Ce sont des abus envers les animaux. La loi empêche le Conseil municipal de les interdire, mais il n’est pas obligatoire d’accorder la prolongation du contrat ». Elle a également souligné que la commission municipale chargée d’organiser la programmation culturelle de la ville a fait état de « l’indisponibilité de l’arène durant les mois de juillet, août et septembre ».

 

     La loi empêche la municipalité d’interdire les corridas, municipalité qui prétend que toute demande sera examinée avec des critères d’égalité. Cependant, il est précisé que le Consistoire envisage de réserver toutes les dates estivales pour ses propres activités, et notamment la période qui coïncide avec la Grande Semaine. « Il y a beaucoup de demandes et suffisamment de programmation pour que le Conseil municipal réserve les arènes tout l’été ». Les demandes de la société Circuitos Taurinos devraient donc porter sur d’autres dates et même ainsi « la protection de la tauromachie en tant qu’activité culturelle n’implique pas qu’elle ait plus de poids que les autres ». Mais ici, la tauromachie n’a en plus, et vous voyez la Feria de Begoña programmée en décembre ? Il est fort logique qu’une arène érigée dans le but d’y programmer des spectacles taurins, se voit déposséder de ses fonctions ! Quant aux voix opposées au "choix" de la mairie, elles n’ont pu atteindre les vertueuses oreilles de Mme le maire. C’est bien connu, « il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » et l’édile, obstinée, nous prouve que la surdité physique dispose de degrés et la surdité morale, elle, est absolue ! Voici une ville de près de 300 000 habitants où les aficionados gijóneses, frustrés, sont peu considérés. Allons-nous nous approcher des dérives totalitaires dignes de l’ex URSS infligées de nouveau par un certain Poutine, droit dans ses bottes ? À quand un torero ou organisateur dans les geôles municipales ? On ne torture pas encore, ni martyrise, ni viole. À la bonne heure !

 

     La Feria de Nuestra Señora de Begoña se déroule autour du 15 août offrant quatre corridas, une de rejón ainsi qu’une novillada. La première corrida s’est déroulée le 12 août 1888 avec Luis Mazzantini et Rafael Guerra "Guerrita" devant des toros de José Orozco. C’était à l’occasion de l’inauguration de la plaza El Bibio, de style néo mudejar (9250 places). Tous les plus grands toreros y ont défilé. Cette année, trois corridas ont été organisées (voir le cartel). Qu’en sera-t’il pour 2022 ?

                                                                              Gilbert Lamarque

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Un coup de sabot dans la fourmilière

Publié le par Cositas de toros

     

Morante et ses fans Roberto et Rebeca. © ABC

     

                Morante de la Puebla était invité par l’Asociación el Toro de Madrid, affichant un "No hay billetes" au restaurant Puerta Grande, répondant, entre autres, à de nombreuses questions  posées par les membres du fameux Tendido 7. Il a offert un véritable traité de tauromachie secouant capes et muletas.
     Plusieurs quotidiens et magazines ont reproduit questions et réponses et voici un extrait concernant le sort des novilladas que nous pouvons trouver en tête de l’éditorial de Marc Lavie dans Semana Grande daté du 7 décembre :

               « Je suis très critique sur les Ligas de novilladas et les écoles taurines. L’argent que donnent les administrations publiques espagnoles aux écoles taurines devrait être davantage destiné aux spectacles taurins qu’au fonctionnement des écoles car il permettrait l’organisation de novilladas et ce serait bénéfique pour les ganaderos, les novilleros et les banderilleros. L’important est qu’il y ait des novilladas, pas des écoles ! On ne peut pas apprendre à toréer à quelqu’un. Chacun doit toréer selon son tempérament, selon son sentiment. Souvent, les professeurs des écoles taurines sont des toreros frustrés auxquels on attribue le rôle de maestros pour qu’ils s’occupent de la carrière de jeunes toreros alors qu’ils n’ont même pas réalisé la leur. J’ai de la miséricorde pour eux, mais dans le toreo, la miséricorde ne sert à rien. Ce qui est important dans le toreo, c’est qu’il y ait des spectacles, qu’il y ait des novilladas, qu’il y ait des toreros. La première école taurine qui fut inventée, fut celle de Ronda, sous la direction du maestro Pedro Romero, et elle ne dura que trois ans. Et maintenant, qu’est-ce qu’on va me dire ? Que Joselito et Belmonte, qui n’avaient pas été à l’école taurine, toréaient mal ? Il y a actuellement des novilladas sans picadors où un jeune qui n’est pas dans telle école taurine ne peut pas toréer ! Je suis totalement contre ce système. Il faut revenir à l’ancienne, que ceux qui veulent toréer puissent toréer et se former sur le tas. Moi, j’ai eu la chance de n’être dans aucune école taurine. Je m’entraînais avec les banderilleros, les novilleros, les matadors, et j’apprenais aussi bien de l’un que de l’autre. Aujourd’hui, un père met son fils à l’école taurine et ne s’en occupe plus. Ce n’est pas comme cela qu’on apprend à l’être humain à fonctionner dans la vie. Je crois davantage à la création de spectacles taurins. Plutôt que les écoles taurines, que ce soient des commissions, par exemple la commission taurine de Madrid, ou de Séville, qui repèrent les novilleros et qui organisent un certain nombre de novilladas avec l’argent qu’elles reçoivent. »
     Amen.

     Je sens que vous êtes en lévitation après que Morante ait secoué les tapis et fait voler la poussière.
Comme l’écrit Marc Lavie à la suite, dans son éditorial dans Semana Grande : « Si l’un d’entre nous, bien que le pensant tout bas, avait écrit la moitié de cela, il aurait sans doute subi une condamnation en règle. Mais quand c’est le meilleur torero actuel qui s’exprime, il mérite d’être écouté. »
     À plusieurs reprises, Cositas a émis quelques réserves sur l’utilité parfois accessoire des écoles taurines. Certes, elles ont le mérite d’exister et d’apporter des points positifs, et nous n’irons pas jusqu’aux termes durs employés par Morante aux sujets des "professeurs"… Aujourd’hui, la novillada est en déliquescence, c’est indéniable. L’aficionado est découragé, démotivé, s’ennuyant sur les tendidos où il ne voit que des supposés clones de X ou de Y ! Et toujours les mêmes gestes, les mêmes passes, les mêmes faenas interminables, fades, le tout dégagé par de jeunes apprentis à la personnalité incertaine et embarrassée. Combien sont-ils à proposer la pause des banderilles ? La plupart est maîtresse dans l’art du brindis, du jeté de la montera ou d’un desplante – qui, ici peut se traduire véritablement par insolence – et chacun souhaitant ressembler à Ponce, Manzanares ou El Juli !
     Quand Morante dit que l’on ne peut pas apprendre à quelqu’un à toréer, l’école est présente malgré tout pour lui enseigner les bases, la technique. La suite est à prendre en main par le novice abandonnant le cocon. L’école peut lui permettre de trouver des opportunités et certaines de ces écoles ont une réputation plus établie d’où l’opportunité de faire partie de ses élèves. 
     Comment les commissions taurines repéreront les novilleros ? … vaste chantier.
 Ah, la finance !
     L’argent public versé aux écoles taurines devrait plutôt profiter aux spectacles taurins, dit-il. On peut être d’accord avec lui, appelant à ce que les écoles soient bénéficiaires des versements privés et des parents. Mais quels spectacles, quelles arènes, seraient choisis pour recevoir cette manne ? Et là où le bât blesse également, c’est la mise en place et l’organisation de tout ceci dans un mundillo, lui, plutôt obscur et hermétique.

     Dans ce contexte chaotique, nous aimerions revenir aux choses normales, mais qu’est-ce la normalité aujourd’hui ?
     Certains, les vilains, souhaitaient voir disparaître tout ce petit monde… le monde taurin et ses satellites demeurent malgré tout.

     Lors de l’intervention de Morante, quelques autres sujets et déclarations parmi la multitude : « Il n’y a pas de taureau plus gros que celui de Madrid ; oui il y a plus moche, celui de Pampelune », réflexions sur le trapío et autres considérations sur la « véronique autoritaire », ou bien : « Je suis contre les vétérinaires dans les examens. Pas contre la profession, loin de là. », et puis sur les corridas "goyesques", la puya ou les encastes
     Enfin, Morante n’a pas fini de nous surprendre, tant mieux !


Quelques chiffres
     En cinq ans de 2007 à 2011, la baisse du nombre de novilladas s’est fortement accentuée en Espagne, où on constatait une chute de 54 %. En France, en 2010, 39 novilladas étaient proposées ; en 2019, dernière année "normale", il n’en restait que 32 ; 252 de l’autre côté des Pyrénées. 
En 2011, les novilleros se bousculaient, on en dénombrait 168, 136 à l’escalafón 2019 dont 44 n’ayant effectué qu’un seul paseo. Pour cette temporada 2021 tronquée, nous gravitons autour de 180 novilladas de six novillos, de quatre ou de deux (dans les spectacles mixtes). La France a donné 22 novilladas et 114 novilleros apparaissent sur l’échelle 2021, 33 n’ayant effectué qu’un seul paseo.
En 2011, l’infortuné Victor Barrio montait sur la plus haute marche avec 41 tardes. L’année suivante, en Espagne, on passe de 314 à 244 spectacles ; Javier Jiménez est premier effectuant 32 paseos.
En 2019, pour 284 novilladas, c’est le Rondeño Javier Orozco qui comptabilise le plus de contrats, 33.

 

Manuel Perera à Saint-Sever, le 10 octobre. © Frédéric Martinez

     Aujourd’hui, pour cette saison achevée, nous trouvons Manuel Perera au sommet avec 28 paseos ; son dauphin, Isaac Fonseca, pointe avec 21 contrats.
     Pour l’Histoire, Miguel Baez Espuny "Litri" toréa 114 novilladas en 1949 lorsqu’il formait la fameuse paire avec Julio Aparicio. Une pajera de novillos dont la renommée et le succès dépassèrent tout ce que l’on a pu enregistrer depuis. Aparicio, cette année-là, toréa 72 novilladas. L’année suivante, Litri compta 87 paseos, Aparicio 91. Tout ceci en attendant El Cordobés qui battra en 1970 un record qui semblait inaccessible, celui de 121 paseos mais ici dans l’échelon supérieur de la corrida ! Un certain Jesulín de Ubrique atteignit les sommets de l’escalafón en 1994, participant à 164 corridas, sachant que qualité et bon goût ne rivalisèrent pas avec quantité !
     L’heure n’est plus aux records, la novillada souffre de la crise subie par la tauromachie en général, la pandémie n’étant qu’un élément perturbateur supplémentaire mais exceptionnel, souhaitons-le.

                                                                Gilbert Lamarque      

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Des hommes d'argent

Publié le par Cositas de toros


                La ville de Lorca (Murcie) qui fêtera en 2022, le 130e anniversaire de ses arènes de Sutullena – toujours en réfection* –, a clôturé, il y a une quinzaine de jours, sa VIe édition du cycle culturel taurin. Et à cette occasion, ce sont des peones, subalternes – une fois n’est pas coutume – qui ont été invités pour cette conférence.
     Voici une présentation succincte des hommes "d’argent" :

 


     - José Manuel Montoliú, banderillero, ancien novillero, le Valencien est le fils de Manolo Montoliú (José Manuel Calvo Bonichón) qui trouva la mort le 1er mai 1992 à Séville lors de la treizième corrida de la Feria d’Avril, banderillero dans la cuadrilla de José Mari Manzanares père. "Cabatisto" d’Atanasio Fernández lui transperça le cœur. Avant de porter le costume de plata, il avait été matador pour une seule temporada, 1986. José Manuel, le fils, vient de terminer sa vingt troisième saison sous l’habit d’argent sous les ordres depuis sept ans d’Antonio Ferrera. Il a commencé avec Rafael de Julia, puis Juan Bautista, avec Miguel Abellan (trois ans) et Curro Díaz durant six ans. Mais il a aussi combattu occasionnellement avec El Soro, Enrique Ponce, El Juli, Iván Fandiño, Rafaelillo… Son frère Antonio Calvo Capilla "Montoliú", picador, s’est retiré en 1996. Il est depuis, vétérinaire, professeur doyen de la Faculté Vétérinaire de l’Université catholique de Valence.

 


     - Pascual Mellinas de Calasparra est banderillero. Il torée depuis 2019 dans la cuadrilla de Pablo Aguado au côté d’un ténor des bâtonnets, Iván García. Il est entré dans le cycle des corridas dès 1999, dans les cuadrillas de Rafaelillo, au début, en alternant chez Miguel Abellan, puis avec Luis Francisco Esplá, sept saisons avec Morenito de Aranda, deux avec Pepe Moral.

 


     - Domingo García "Domingin", était un torero prometteur de la région de Murcie au début des années 1980. Le Lorquino prit l’alternative à Yecla (Murcie) en septembre 1991 avec Emilio Muñoz pour parrain et César Rincón comme témoin. Il décida quelques années plus tard, de rejoindre les rangs des hommes "d’argent" et le 26 septembre de cette année, il s’est coupé la coleta, 30 ans après avoir pris l’alternative dans ces mêmes arènes de Yecla. Il fit sa présentation en France, novillero, le 20 août à Parentis.
Trois hommes de terrain à l’immense savoir faire.

     Pour ouvrir la soirée, les trois banderilleros ont avoué communément : « Dans ce métier, il y a beaucoup de peur et le nier, c’est mentir. »
Ils compensent cette peur par la satisfaction de se sentir protecteurs de leur maestro, comme des anges gardiens. « Nous avons cette aptitude professionnelle permettant parfois de protéger les matadors, ils ont besoin d’un homme de plata pour parler. »
José Manuel Montoliú se souvient de son père et a exprimé les avantages de porter son apodo : « Être le fils de Manolo Montoliú m’a aidé plus que cela m’a desservi ; plus tard, mon professionnalisme et le soutien de ma famille ont été essentiels. » Le banderillero poursuit : « Je n’ai jamais eu la chance de pouvoir lui parler sérieusement de mon désir de devenir torero. La seule chose qu’on partage, c’est l’expérience, car j’étais très jeune [il avait quatorze ans, NDLR], et il a toujours insisté pour que j’étudie, on verra plus tard. »
La ressemblance entre le père et le fils s’est reflétée dans l’entretien : « Oui, c’est vrai qu’il y a une composante génétique, mais je voulais me focaliser sur le meilleur, et je devais logiquement me concentrer sur mon père ou des amis. »
Concernant sa technique lors du placement des bâtonnets, le Valencien a commenté : « Le facteur capital pour placer une paire de banderilles est la décision », ajoutant que : « il vaut mieux que le toro vienne rapidement vers les banderilles pour vous attendre car vous ne savez pas comment il va réagir ».
Séville, pour de nombreuses circonstances, est l’endroit que José Manuel ressent le plus : « Elle a toujours eu un goût spécial ». Pascual Mellinas lui a demandé s’il se souvenait de son père à Séville, répondant : « Je me souviens beaucoup de cette tragédie quand j’arrive aux arènes, puis je me lance dans la corrida et j’essaie d’être professionnel. »
Pascual Mellinas, considéré comme l’un des meilleurs peones d’aujourd’hui, a exprimé le bonheur qu’il ressent de venir dans des plazas importantes et le démontrer. « La vérité est que je ne me souviens pas d’une après-midi spéciale, mais de nombreuses, spécialement les premières tardes où je me suis "vautré"  ou alors, celles où j’ai donné un bon puntillazo à Séville, Madrid, ou n’importe quelle plaza importante ».
Le peon de Pablo Aguado a déclaré qu’il se motive les après-midi où il y a une plus grande concurrence entre collègues. «  Cela vous motive aussi à tout donner en fonction des compagnons que vous côtoyez. »
Concernant l’importance de jouer un bon rôle dans les tirages au sort, les trois ont souligné : « Il est essentiel de connaître les goûts du matador, de bien faire les lots, et l’autre est une question de chance. » 
Concernant la reconnaissance, le respect et l’éducation à la tauromachie, ils ont déclaré :« Respecter les plus âgés que vous, la hiérarchie de la tauromachie, les toreros, c’est quelque chose de fondamental », a déclaré Dominguín. Le nouveau retraité a ajouté : « On inculque beaucoup de choses dans les écoles de tauromachie, mais parfois ce n’est pas compris ».
Pascual Mellinas a fait ressortir trois verbes fondamentaux pour réussir dans le monde de la tauromachie : « Respecter, écouter et apprendre. »
Les protagonistes sont, ensuite, interrogés sur ce qu’ils considèrent comme le pire moment pour un matador le jour de la corrida :
« Chaque matador est un monde », disait le banderillero de Calasparra, alors que Dominguín s’accrochait à la vérité : « J’ai toujours essayé de dire la vérité sur les lots, pour que le matador commence à faire ce qu’il doit. »
Montoliú, qui croit aussi que chaque matador à ses caprices, déclare : « Le pire moment est vécu dans le fourgon avant le paseo et la visite à la chapelle », exprimant plus tard : « Puis vient la fête quand tout s’est bien passé, mais ce n’est pas ce qu’il paraît, car vous ne savez pas ce que vous allez voir le lendemain. »
Dans cette optique, Dominguín a exprimé la dureté et la capacité que l’on doit avoir à endurer dans la profession : « Vous combattez jeudi à Montoro, vendredi à Beaucaire, samedi près de Séville et dimanche à côté de Bilbao. Tu te bats, tu récupères et parfois tu pars avec ta propre voiture et sans rentrer chez toi en 6-7 jours. »
Quant à savoir si vous pouvez vivre comme banderillero toute l’année, Montoliú déclare : « Cela dépend de ce que vous combattez », mettant particulièrement l’accent sur l’importance de réduire les dépenses bureaucratiques plutôt que professionnelles.
Pour terminer, les péons ont fait connaître leurs idées face à une saison à un niveau personnel, même si elle est à un niveau inférieur à un torero : « D’abord, selon l’endroit où vous allez toréer, il faut s’habiller selon la catégorie de l’arène, investir en capes... » « Aussi en habits selon les besoins. »
Domingo García "Dominguín" a rappelé les raisons pour lesquelles il a décidé de mettre un terme à sa carrière : « Ce qui me manque le plus, c’est la présence d’un enfant. » Il a passé en revue sa carrière en notant que : « À Parentis-en-Born, j’ai affronté le toro le plus dangereux de ma carrière, un Prieto de la Cal. C’était un tueur, il me poursuivait même lorsque j’ai sauté la barrière. Le meilleur a été un Pablo Romero à San Agustín de Guadalix. »

     La conférence s’est terminé par une traditionnelle remise de cadeaux à ces trois hommes de plata, parfois dans l’ombre sous le soleil mais retrouvant la lumière à l’occasion de cette soirée.

*Lorca a subi un séisme le 11 mai 2011, les arènes comme plusieurs édifices publics, logements, bâtiments du patrimoine historique et culturel ont été endommagés. Les travaux des arènes ne sont toujours pas achevés…                                                           

                                                                         Gilbert Lamarque

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Prix "El Tio Pepe"

Publié le par Cositas de toros

             

 

             Marc Roumengou, ingénieur agronome aujourd'hui retraité, fut l'alguazil des arènes du Soleil d'or de Toulouse. Le 13 juin 1953, il a ouvert le premier paseo toulousain où ce jour-là, défilait Antonio Ordoñez face aux toros de Galache. C'est toujours le même homme qui conduisit le dernier paseo du Soleil d'or, le 3 octobre 1976 pour l'ultime spectacle, une novillada où Nimeño II coupa l'oreille de son premier novillo et les oreilles et la queue de son second.

      Après 26 ans d'inactivité taurine a caballo, Marc Roumengou ouvrira de nouveau un paseo, celui de Rieumes, le 22 septembre, accompagné de son fils Manuel.

     Mais, Marc Roumengou, c'est aussi le principal contributeur du "En Traje Velazqueño", le magazine publié par le "Forum Marc Roumengou" dont il est, aujourd'hui, le président d'honneur. L'homme, érudit et passionné, est aussi l'auteur de nombreux ouvrages enrichissant notre culture taurine. Citons :

- Deux ouvrages épuisés : Les chutes des taureaux de combat - Causes naturelles, causes frauduleuses, solutions (1973) et, Fraudes sur les taureaux de combat - Prévention, voies de recours, éléments de réglementation (1977).

 

- Blessures et mort des taureaux de combat - Anatomie - Traumatologie (1991).

 

- L'Eglise et la corrida - Prohibitions et participation active (1996).

- Dossier Manolete, sa vie professionnelle, sa mort (1999).

Il a traduit l'ouvrage de son confrère espagnol, ingénieur agronome comme lui, Antonio Purroy : Comportement du taureau de combat. A l'élevage et dans l'arène (2014 pour la traduction).

Il avait gentiment amené quelques précisions sur "L'art de la pique", à propos de publications dans Cositas (voir le 29 janvier 2018 "A propos des publications sur l'art de la pique").

     Félicitations à notre abonné Marc Roumengou pour ce prix prestigieux délivré pour l'année 2020.

     Félicitatons également Jean-Jacques Dhomps, récipiendaire du prix 2021. 

                                                   Gilbert Lamarque

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Casanueva

Publié le par Cositas de toros

 

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