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LES CARTELS A VENIR

Publié le par Cositas de toros

                                NÎMES PENTECÔTE. 

 

Enfin, plus d’harmonie, moins de tapage !

 

 

    Une novillada "triangulaire" : Espagne, Mexique, France. A savoir, Francisco de Manuel, Diego San Román, El Rafi et la ganaderia Pagès-Mailhan d’origine Santa Coloma-Parladé.

Une corrida qui verra défiler 3 Français 3 : les Thomas Joubert et Dufau ainsi que Juan Leal devant les Domecq d’El Torero.

Antonio Ferrera, chef de lidia, remplace Enrique Ponce, accompagné d’Emilio de Justo et Toñete qui coupa 3 oreilles ici même lors de son alternative le 15/09/18. Ils combattront des Jandilla, les pupilles de Borja Domecq qui procurent actuellement beaucoup d’enthousiasme.

La matinée du dimanche sera dédiée aux styles tauromachiques aussi divers que la profondeur de Diego Urdiales – qui doit-être de tous les cartels d’arènes de 1ere catégorie , le volontaire murciano Paco Ureña, meurtri gravement à Albacete et l’espoir andalou Pablo Aguado dont la superficialité ne doit pas cacher l’esthétisme. Ils seront opposés aux Domecq de Victoriano del Río.

Les Domecq – encore ! ‒ de Juan Pedro fouleront le sable le dimanche après vêpres pour un mano a mano (!) entre Sébastien Castella et le fougueux péruvien n°1 de l’escalafón, Andrés Roca Rey.  « Le choc des titans* » est-il écrit en présentation.

Enfin, les prestigieux Victorino clôtureront la feria. Aux Vendanges passées, ce fer avait triomphé. Ils seront combattus par le lidiador Octavio Chacón, le revenant Rubén Pinar qui fera son retour dans l’amphithéâtre gardois après neuf ans d’absence ou d’oubli, c’est selon, et la belle main gauche du sévillan Pepe Moral.

De l’intérêt pour cette Pentecôte à l’allure moins racoleuse avec des jeunes loups aux dents aiguës, des Français aux dents blanches, des toreros espérés, des combattants, la présence évitée de figuras, pas de Chamaco ou de Jesulín non plus, mais par contre, encore une dose de Domecq dépassant les prescriptions  médicales.

Un vent de jeunesse souffle sur le ruedo gardois où Ferrera, Castella et Urdiales font figures de dinosaures.

Que les anxieux, les inquiets se rassurent : Ponce et El Juli vendangeront en Septembre !

 

* Dans la mythologie grecque, les Titans, divinités, ont précédé les dieux de l’Olympe. Enfin, selon le Larousse, des personnes qui dépassent la force et la taille du commun des mortels. Quand même !

Mais nous sommes à Nîmes. La métropole de Marseille n’est qu’à 110 kms !

                                                                                                      

                                                                                                    Gilbert LAMARQUE

 

                         CARTELS MADELEINE.

 

Le Moun, les halles. Samedi 6 avril, jour de marché et ¡ Viva Zapata !

 

 

      Au Moyen Âge, le roi percevait, grâce à un droit domanial, un impôt sur les marchandises qui se pesaient sous les halles et qui était appelé droit de pesage.

Méfiant, je me rendis à la capitale des Landes, armé d’un petit cabas pensant faire mes emplettes chichement. Oui, mais au diable la parcimonie, les années se suivant sans toujours se ressembler, les produits proposés étaient plus alléchants que d’ordinaire.

 

    Tout d’abord, devisons sur l’art pictural et graphique.

 

Après Botero et ses rondeurs, influencé par l’Art précolombien et populaire, l’Espagnol de Palma de Mallorca, Domingo Zapata, « le nouveau Andy Wharol de ce siècle » ( The New York Post) qui est plus ancré dans le Néo-expressionnisme que le Pop art, me semble-t’il, est donc le signataire de l’affiche de la Madeleine, millésime 2019. Sachez que D. Zapata était l'auteur de l'affiche arlésienne pour la Feria du Riz ainsi que le décorateur du ruedo pour la corrida goyesque. Rien de nouveau sous le soleil pour l'initiative, l'originalité, la créativité montoises !

Pour 2020, je propose : l’Arte povera, mouvement artistique italien "Art pauvre" qui ne devrait pas coûter très cher ! Ou bien, l’Art brut, terme par lequel Jean Dubuffet désignait les productions de personnes exemptes de culture artistique. Un art qui comprend à la fois, l’art des fous et celui des marginaux de toutes sortes : prisonniers, reclus, mystiques, anarchistes ou révoltés auxquels j’ai envie de rajouter les aficionados a los toros. Pas cher, non plus !

 

    Passons plus sérieusement aux cartels… et aux bavardages et boniments : 1 heure 15 !

 

 

La Quinta réinvité me semble cohérent, les fades Luis Algarra conviés pour ne pas nous resservir Juan Pedro Domecq, mais c’est tout comme ! Fuente Ymbro soit, Nuñez del Cuvillo sollicité sans interruption depuis 2016 était dévolu à Enrique 1er ! Pourquoi pas Jandilla, du "bon" Domecq qui brille aujourd’hui ? Et enfin, Victorino pour conclure dignement.

La tendance s’équilibre. En effet, en 2017 et 2018, 2/5e  était livré  aux toristas, cette année 3/5e, disons plutôt 2,5/5e car Fuente Ymbro, voire La Quinta ne sont pas des Cebada Gago, Dolores Aguirre ou autres Saltillo.

Absents Morante, El Juli, J.-M. Manzanares mais aussi, hélas, J. Garrido, J. del Álamo, Pepe Moral, J. Galdós, Rubén Pinar, mais à ce compte-là, il faut allonger la feria ! A. Lamelas lui aussi absent ainsi que des cartels de Vic, se consolera petitement à Aignan.

Le roi Enrique, forfait, remplacé par Diego Urdiales, le grand absent, en chef de lidia, cela aurait eu de la gueule, non ?  Et bien non, Paco Ureña change de jour et prend la place de sa Majesté en chef de lidia, et apparaît, la veille à sa place A. Lopez Simón. Dax fêtera le vingtième anniversaire d’alternative du Riojano prise dans la bonne ville thermale, un bon point. C’était le 15 août 1999 !

La novillada piquée toujours en nocturne, non ! Novillos d’Ave María dernière acquisition de Robert Margé et de Philippe Pagès, située en Andalousie à Villanueva del Rio y Minas. Pour le choix des jeunes piétons, nous verrons plus tard.

La non piquée : un tirage au sort des ganaderias du Sud-Ouest. Le vainqueur 2018, Casanueva  invité d’office accompagné par Malabat, La Espera et Alma Serena. Les quatre ganaderias landaises ! Le Lartet a décliné sa participation éventuelle et J.-L. Darré n’a pas vu son bulletin sortir de l’urne.

En conclusion, mon panier est mieux garni que pour la précédente Madeleine. Je vais donc devoir débourser plus pour le droit de pesage !

Mais arrêtons de geindre et tournons-nous plutôt vers le soleil qui brille pour chacun d’entre nous.

Voilà, c’est un avis comme un autre, mais c’est le mien.

Chacun s’abreuvant à la source qui lui convient… et la pluie ne fut pas invitée !

 

 

                                                                                                  Gilbert LAMARQUE

 

 

                  JOURNEE TAURINE DE SAINT-PERDON.

 

   Cette année 2019 est une année un peu spéciale pour la Peña La Muleta, organisatrice de l’évènement. C’est en effet le triple anniversaire d’une décade passée, importante pour elle.

Premièrement, le dixième anniversaire de la prise en responsabilité de l’organisation de la journée taurine dans le cadre des fêtes du village,

Deuxièmement, le dixième anniversaire de l’incendie des arènes communales,

Et enfin, troisièmement, le dixième anniversaire  de l’accueil chaleureux de la municipalité montoise mettant gratuitement à la disposition de Saint-Perdon l’utilisation de la plaza montoise.

Samedi 06 avril, place du Théâtre à Mont de Marsan, la Peña La Muleta était invitée, dans le cadre de la présentation des cartels montois, à présenter l’affiche de sa journée taurine qui traditionnellement se déroule le dernier week-end d’Août.

Certes, elle était invitée à une belle table, un tremplin fort intéressant pour se faire voir, encore eut-il fallu que le monde présent pour les cartels montois soit resté jusqu’à la fin. Las, les gens présent en nombre important, lassés par les monologues assommants de notre célébrité cantonale, étaient partis lors de la divulgation de l’affiche présentée, il est vrai en toute fin de cérémonie…

A quoi sert d'être invité à une table si majestueuse soit-elle si les assiettes sont vides ???

 

En tout état de cause et, pour parler  de ce qui nous intéresse vraiment, lorsque l’on connaît un peu l’historique de la Peña, l’on peut dire que cette journée est bien "montée" sur le plan taurin.

 

 

En matinée, quatre novillos de Baltasar Ibán.

Cette ganaderia a fait le bonheur (prix du meilleur lot de novillos du Sud-Ouest 2011), de l’organisation quatre années de suite. Il est donc normal de les retrouver sur l’affiche.

 

L’après midi, traditionnelle novillada concours (7ème) où l’on retrouve les fers qui, pour certains ont gagné le concours, pour d’autres ont démontré de grandes qualités et qui pour d’autres ont laissé entrevoir des possibilités sans pouvoir aller jusqu’au bout.

Cette ganaderia fait partie de cette dernière catégorie. Rappelons- nous cette magnifique estampe sortie du toril l’an passé malheureusement devenue trop vite invalide et donc impropre à la lidia. Ce fer est d’encaste Vega-Villar.

 Cet élevage de sang Juan Pedro Domecq / Aldeanueva nous a été présenté comme étant "les petits frères des Pedrazas de Yeltes". Quid de ces fameux Pedrazas qui ont gagné deux fois le concours !!! Ils n’ont pas pu, ou n’ont pas voulu ?

Cette ganaderia d’encaste Santa Coloma, est issue de la partition de l’élevage de Buendía, élevage qui fut le dernier à fouler le sable des arènes saint-perdonnaises en 2008.

C’est l’encaste minoritaire de Veragua qui est à l’honneur avec cet élevage. On garde en mémoire le très bon novillo sorti lors de la novillada concours de 2016. Espérons que cette année ce novillo ne croise pas la route d’une "figurita" en mal de notoriété et d’exigences comme ce fut le cas en 2016.

Deux fois présents au cartel saint-perdonnais, les Pedrajas de Jean-Louis Darré ont gagné le droit d’être dans ce cartel commémoratif. Lors de sa deuxième présence  en 2015, il se partageait le prix avec les Pedrazas.

Vainqueur du prix en 2017 pour sa présentation en France cette ganaderia de sang Juan Pedro Domecq / Gerardo Ortega - Marqués de Domecq est très justement renouvelé cette année.

 Pour cette journée commémorative la Peña renoue donc, pour la novillada concours, avec sa ligne directrice de départ, à savoir la variété des encastes dont certaines minoritaires. Il n’en reste pas moins vrai que cette journée sera un challenge important pour cette jeune organisation tant sur le plan du résultat technique que sur le plan du financier. Cette journée organisée intégralement hors de leurs terres originelles (!!!) représente un risque important dont toutes les retombées ont bien été, je n'en doute pas, appréciées à leurs justes valeurs .

 

L’ambition est un moteur…

Souhaitons-leur une belle réussite.

                                                                                                                  Patrick SOUX

 

 

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Voeux 2019

Publié le par Cositas de toros

Voeux 2019

     A vous, nos abonnés, nous présentons nos meilleurs vœux de bonheur, santé, réussite et amour. Nous espérons que vous continuerez à nous suivre fidèlement, nous vous promettons de persister sur le chemin qui est le notre tout en essayant d' améliorer et de diversifier nos publications.

Bonne année à vous tous et  a l'anade pruchène.

                                             Gilbert LAMARQUE / Patrick SOUX

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Joyeux Noël

Publié le par Cositas de toros

 

                          Nous vous souhaitons de très joyeuses fêtes de Noël.

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CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS

Publié le par Cositas de toros

CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS

Conférence au Club Taurin Joseph Peyré de Pau, 7 décembre.

 

       Le CTJP invitait le torero de plata,

                                              Manolo de los Reyes,

à la Grange du château d’Idron. La conférence était animée par le rayonnant duo Miguel Darrieumerlou / Jean-Louis Haurat sous l’œil bienveillant du président Alain Lamarque.

 

Une quarantaine de socios  avait répondu à l’invitation, et c’est après le quart d’heure béarnais que l’intérêt se porta sur l’invité de la soirée.

 

Une précision : nous l’appellerons Manolito car son père, torero originaire de Sanlúcar de Barrameda, apparenté à José Luis Parada et Marismeño, porte le patronyme de Manolo de los Reyes. L’Andalou monte dans "le grand Nord" pour toréer… et n’en redescend pas. Il prit l’alternative à Tolosa des mains de César Girón, le 24 juin 1973.

Manolito donc, est connu de tous, toréant souvent dans le Sud-Ouest mais "payant ses impôts en Espagne !" Né au sud de Pampelune, près de Tudela, proche des Bardenas, dans un village où Manolo père dirigeait l’école taurine de Navarre, il reçut sa première rouste à 4 ans devant une vache "immense". Il fréquentera le collège et chaussera les crampons en junior au club de football de Pampelune, l’Osasuna. Il s’essayera occasionnellement comme recortador.

A la table familiale de nombreuses cuadrillas étaient invitées, ce qui fit songer à sa mère : "pourquoi ne pas devenir banderillero ?"

Il débuta tardivement dans les ruedos à 21 ans car, dit-il, il ne possédait pas suffisamment de technique pour évoluer comme novillero. Il s’habille de lumières pour la première fois lors d’un festival en 1996, le 5 août dans un pueblo de Navarre. Tercero de banderillero, il apprend sur le terrain la délicate technique de la puntilla. Il exerce 2 ans en non piquées, 2 ans avec Alberto Martín, jeune novillero puis est au service du torero natif d’Estella, Francisco Marco. Il foula le sable brûlant de Pampelune pour son deuxième exercice à ce niveau !

Il occupe également la fonction de doblador dans ces mêmes arènes de Pampelune. L’encierro se terminant par l’entrée des toros dans la plaza, il est chargé de faire rentrer au plus vite les cornus dans le couloir menant aux chiqueros. Cette tâche importante et délicate est réservée aux professionnels. Il déclare avoir couru une seule fois l’encierro.

22 ans de profession… "À chaque fois que je m’habille de lumières pour un torero, un novillero, c’est un cadeau". Et il prend aussi un énorme plaisir à accompagner un débutant.

Lorsqu’il pose les bâtonnets, il est reconnu comme celui qui part en marchant vers le toro et plante la paire face au frontal… de bonnes jambes ne suffisent pas !

Souvenirs…

Une grande paire en 2018 à Mont-de-Marsan devant un Dolores Aguirre au côté de Juan Leal, sachant que la veille, il avait été mis en échec par un La Quinta. Il n’a pas laissé le doute s’installer.

Le pire, cette triste tarde d’Aire-sur-l’Adour le 17 juin 2017 où il porta avec Thomas Dufau, Ivan Fandiño jusqu’aux portes de l’infirmerie. C’est ainsi qu’il entendit le dernier mot du maestro à son encontre : « Merci ».

Son actualité présente : tienta avec Paulita chez Santafé Martón. À l’inter-saison, toreo de salon le matin, footing un jour sur deux l’après-midi. Il s’entraîne de salon à Arnedo en compagnie de l’enfant du pays, Diego Urdiales et de Tomas Campos.

Cela reste toutefois la période basse d’entraînement jusqu’au 6 janvier, "Les Rois", fête importante chez nos voisins espagnols.

Il reconnaît posséder une grande connaissance des toros et savoir les juger rapidement. Manolito, banderillero précieux.

Sa carrière compte pas moins de 1100 occasions où il a revêtu l’habit de plata, 61 fois cette temporada, tous spectacles confondus !

A la question des mano a mano et des solos qu'il goûte peu, il déclare que ce sont des spectacles qui auraient un sens uniquement dans les arènes de 1ère catégorie. Il faut de la competencia pour un véritable mano a mano. Et non aux figuras dans les plazas de 2ème et 3ème catégories.

Pour conclure, le temps passant et les questions fusant, Manolito souhaita aborder la situation actuelle de la fiesta.

Comment faire pour que les gens reviennent aux arènes ? De nombreux problèmes politiques émergent en Espagne, situation compliquée car chaque région fait son règlement, chaque région connaît un parti abolitionniste… Manolito souhaite revenir pour continuer cette discussion car le sujet le préoccupe.

Il serait aussi intéressant de parler de l’avenir de la corrida non pas seulement du point de vue politique mais également vu au sein du mundillo. La politique concerne surtout le territoire espagnol, le mundillo et ses exigences nous concerne tous.

 

     L’heure tardive et la soupe fumante nous réunirent autour des tables bruyantes mais non dépourvues de convivialité.

Un grand merci pour cette soirée au CTJP,  à son sympathique président ainsi qu’à toute sa cuadrilla.

A bientôt dans le Béarn.

                                                                                                 Gilbert LAMARQUE

 

CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS
CHEZ NOS VOISINS ET AMIS BÉARNAIS
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NOTES DE LECTURE

Publié le par Cositas de toros

 

"Des animaux et des hommes"

   sous la direction d’Alain Finkielkraut. Stock / France Culture. 300 p. 20 €.

 

 

  A. Finkielkraut, philosophe, membre de l’Académie française et producteur de l’émission Répliques sur France Culture a rédigé Des animaux et des hommes, ouvrage dans lequel on retrouve des transcriptions d’entretiens consacrés à la condition animale à l’ère industrielle, entretiens réalisés au cours de l’émission Répliques.

 

  "Aujourd’hui, notre pitié ne s’arrête plus à l’humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l’invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d’autrefois, l’imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.

L’homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s’identifier à toutes les créatures. Ainsi s’explique l’irruption récente de la cause animale sur la scène politique.

La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l’impératif de rentabilité continuera-t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du cœur ? "

                                                                                                A.F. 4e de couverture.

 

  "Je ne crois pas qu’il faille faire table rase de toutes les traditions au nom des nouvelles sensibilités. Je suis favorable à un compromis entre chasseurs et écologistes…

Les écologistes ont une prédilection pour les animaux sauvages comme le loup ou l’ours… et un mépris pour les animaux d’élevage : ce n’est pas leur problème."

 

- Les problèmes que posent la cause animale.

 

  "Certains partisans de la cause animale ne mesurent pas la gravité du problème, ils veulent libérer l’animal sans faire de distinction entre élevage industriel et élevage fermier."

 

- Ne pas rompre le rapport de collaboration entre vaches et hommes.

 

  "Si le rapport de collaboration entre les vaches et les hommes est rompu, il n’y aura plus de vaches. On peut libérer les hommes d’une condition d’oppression ou d’asservissement mais plaquer ce schéma sur les animaux de rente, c’est préconiser en guise de libération, la disparition de ces espèces qui ne subsisteront que dans quelques parcs à thème, dans des zoos pour les enfants."

 

  "Je suis très hostile à l’antispécisme*. Peter Singer parle d’une responsabilité morale envers les animaux. Mais les animaux n’ont aucune responsabilité envers les hommes. Le lion n’aura jamais une responsabilité envers l’antilope."

 

  Nous nous arrêterons uniquement sur le premier chapitre dédié à la corrida, intitulé Face à la corrida (pages 13 à 39) avec Elisabeth de Fontenay et Francis Wolff, tous les deux opposés à l’élevage industriel mais qui divergent sur la corrida, échanges animés par A. Finkielkraut.

 

                                                        E. de Fontenay

  est maître de conférences émérite de philosophie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur du Silence des bêtes : la philosophie à l’épreuve de l’animalité. 1998.

 

                                                        Francis Wolff

  est philosophe et professeur émérite à l’École Normale Supérieure (rue d’Ulm), auteur en 2007 de Philosophie de la corrida.

 

  FW - "Il n’est pas question de réduire l’animal à une chose.

Il y a une autre distinction qu’il faut établir entre la personne et l’animal : l’affrontement entre le toro et le torero est pratiquement le seul lieu où c’est encore possible, un rapport réel avec un risque pour l’humain et un respect de l’animalité. L’estocade est une minute de vérité."

 

  AF - "L’estocade est pour moi un moment très pénible. C’est une cérémonie mais ce n’est pas de l’art."

 

  EF-(avec une mauvaise foi évidente, elle étale quelques mensonges et déclare: "Nous nous querellons, parce que les faits que nous rapportons l’un et l’autre proviennent de sources antagonistes. C’est parole contre parole, et pourquoi celle de l’aficionado l’emporterait-elle sur celle de l’homme sensible."

Vous remarquerez que l’aficionado n’est donc pas un être sensible...

  FW conclue ainsi : "Que restera-t-il pour peupler les rêves de l’humanité, de son autre qui est l’animal, de son autre parfois redoutable, parfois nuisible, parfois admirable, lorsqu’il ne restera plus pour peupler ses rêves que des chats sur des moquettes à qui on aura coupé les ongles et coupé les couilles, en tout cas dans nos chaumières, pas en Afrique, pas là où l’on sait encore ce que c’est que l’animal redouté ou l’animal nuisible, que restera-t-il des rêves de l’humanité ? Nous les aurons, et, je le crains, vous les aurez appauvris. La corrida est un des lieux où se joue encore un rapport réel, risqué, humain avec l’animalité."

 

 

  En pleine promotion pour ce livre, A. Finkielkraut s’est rendu sur le plateau TV de On n’est pas couché, diffusé le samedi 15 septembre. Il n’a pas hésité à violemment s’en prendre aux végans** .

"Ce mouvement s’inscrit dans une perspective de libération animale sur le modèle même de la libération des Noirs opprimés alors que cela n’a rien à voir. Qu’est-ce que ça voudrait dire de libérer des animaux domestiques, des vaches ou des poules ? […] Le véganisme est un mouvement citadin qui s’enchante de sa propre supériorité morale."

 

Alain Finkielkraut

   continue… "Je suis allé une seule fois à la corrida en traînant les pieds. Le spectacle de cette violence ne m’attirait pas. C’était le 12 septembre 2012, il y avait José Tomás, une des plus grandes corridas de l’histoire, m’a t-on dit, il a même gracié un toro.

Un spectacle inouï, et j’ai confessé que j’avais été ébloui, d’ailleurs tellement ébloui que je ne retournerai pas à une corrida, je ne suis pas un aficionado.

Ce que je n’aime pas c’est que les opposants à la corrida traitent les toreros de truqueurs ou de tricheurs et fassent de la corrida, un crime. José Tomás a reçu l’extrême onction 2 fois, il prend des risques insensés. Il dit ceci : "En partant, je laisse mon corps à l’hôtel" et c’est totalement contre nature si vous voulez, un toro vous charge et vous ne bougez pas, c’est inimaginable !"

 

  Par cette déclaration déjà révélée auparavant, il a reçu des centaines de lettres. Des gens ont écrit : "un cruel, un pervers, un esthète dégénéré… "

 

  … "Simplement, ce que je trouve révoltant c'est que l'on déduise de ce spectacle que la corrida est un crime, rien qu'un crime, et qu'au mépris de la règle qui oblige le torero à se mettre sérieusement en danger, on fasse de celui-ci un tortionnaire, et de ceux qui apprécient ses exploits des êtres à la sexualité dérangée. C'est ainsi qu'en dépit de Goya, en dépit de Picasso, en dépit de Garcia Lorca, on en vient à rejeter la tauromachie hors de la culture et même hors de l'humanité."   (chapitre II : Culture humaine et cause animale, page 45).

 

  Voici un livre intelligent où A. Finkielkraut invite de nombreuses personnes à débattre du rapport aux animaux. En effet, quatorze invités livrent leurs propos sur l’inquiétude qui traverse ces pages : "La nouvelle sensibilité à la question animale aura-t-elle le pouvoir de changer la donne, ou l’impératif de rentabilité allié aux avancées de la technique continuera-t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du cœur ? "

 

  Les prises de position d’Alain Finkielkraut ont parfois fait l’objet de vives controverses mais reconnaissons lui son ouverture d’esprit, ici, au sujet de ce matériau brûlant qu’est la corrida.

  L’écoterrorisme n’est encore qu’une éventualité, l’antispécisme est sans merci et la rhétorique animaliste s’éclaire d’une apparente violence.

Défendre coûte que coûte la cause des bêtes ne saurait être réduit à une seule sensiblerie autoritaire.

Allons-nous avoir honte d’être des hommes ?

 

                                                                                           Gilbert LAMARQUE

 

* L’antispécisme est un courant de pensée qui refuse la notion d’espèce. Les antispécistes combattent les critères prédéterminés qui seraient liés à l’appartenance à une espèce, et notamment à la domination de l’Homme sur l’animal. Ils refusent le droit de mort de l’être humain sur l’animal mais sont conscients que l’égalité entre les espèces est impossible, leurs capacités et intelligences étant très variables. Les défenseurs de l’antispécisme ne consomment généralement pas de produits alimentaires provenant d’animaux.

** Le véganisme ou végétalisme intégral, est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation.

Le véganisme s’inscrit souvent dans une action pour la défense des droits des animaux.

 

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