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opinion

CARTELES MADE IN SUD-OUEST

Publié le par Cositas de toros


MONT-DE-MARSAN, FERIA DE LA MADELEINE

 

Suspens...

 

 Photos Madeleine, sauf affiche : Frédéric Martinez

 

Bleus et bleues comme Madeleine

     

     (Dans cet article, les commentaires en italique sont issus du compte-rendu du bilan du voyage au campo de la CTEM)

 

     

         

              En ouverture le mercredi 20 juillet, Antonio Ferrera, Diego Urdiales et Daniel Luque. Les toros de Victoriano del Rio de 4 ans et 5 ans de belle présentation, homogènes dans l’ensemble mis à part 2 toros pour lesquels la Commission taurine est en désaccord avec les toreros. Des discussions sont en cours pour enlever un toro et en faire rentrer un autre dans la sélection. 8 toros seront embarqués en juillet et un nouveau voyage au campo aura lieu en juin pour finaliser le lot.
     De Diego Urdiales émanent les effluves de l’essence du classicisme pur. Voir le torero de la Rioja est toujours un moment privilégié. Le Riojano est reconnu depuis l’année passée. Il est l’auteur, au cours de sa carrière, des grandes portes de Madrid, Séville et Bilbao… et les autres portes s’ouvrent enfin. De grands souvenirs du torero d’Arnedo à Bilbao. Une valeur sûre avec Daniel Luque, triomphateur en 2021 dans le Sud-Ouest.
     « Offrir à Antonio Ferrera un doublé lors de notre feria, pour ses 25 ans d’alternative, n’est pas une chose anodine. Au vu de sa prestation historique l’an passé – seul face à 6 Adolfo Martín – nous  avons souhaité proposer deux après-midi de toros avec ce maestro si singulier ! » (Paroles de Christophe Andiné, président de la CTEM).
On croit rêver ! Quel manque d’imagination et faute de goût, Ferrera et son barnum ! Le tapage a payé pour le torero des Baléares.

     Jeudi 21 juillet, Morante, Juan Ortega, Tomás Rufo et le fer des Hermanos García Jiménez. Morante de la Puebla ne sera pas – trois fois hélas – devant les toros de La Quinta du samedi. Les Arlésiens l’ont vu donner l’alternative à Maxime Solera en présence de Pablo Aguado, le 3 juillet dernier. Bon, José Antonio reçut quelques sifflets au premier et écouta le silence par la suite. Il sera présent lors de la San Isidro dans un cartelazo accompagné d’El Juli et de Pablo Aguado pour combattre les pupilles de la finca Fuen La Higuera. Mais à l’affiche montoise du 21, le torero de La Puebla del Rio est aux côtés du jeune Tomás Rufo et de Juan Ortega. Ce dernier , tout comme rufo, n’est pas encore préparé pour cette joute, défier les La Quinta du samedi 23 juillet où seront présent A. Ferrera, Emilio de Justo et Ginés Marín, autre triomphateur de Madrid et souvent oublié. Les toros sont conformes à l’encaste, homogènes de présentation, tous âgés de 4 ans. La CTEM a pleinement confiance en cet élevage pour cette corrida médiane. On connaît le sérieux, la rigueur de la famille Conradi.
     Mais revenons au cartel du jeudi. La terna sera face à l’élevage salmentin de García Jiménez, du Domecq en veux-tu, en voila (toros de JP Domecq, vaches de Jandilla). La ganaderia a été créée par Teodoro García González qui n’est autre que le célèbre "Matilla", aujourd’hui aux mains des fils Jorge et Antonio García Jiménez. Le lot de toros desiguales non conforme aux attentes montoises même pour une corrida toreriste. La CTEM est toujours en négociation pour faire évoluer le lot et met la pression sur l’éleveur. Un lot magnifique prévu en octobre dernier pour Saragosse était disponible : pas vu la couleur. La CTEM avait envisagé une corrida de José Cruz pour un cartel de figuras. Personne n’y aurait répondu favorablement.

     Vendredi 22 juillet. Si le vendredi est encore considéré comme le « jour du poisson », ce vendredi à Mont-de-Marsan, sera celui des Cuadri, menu plus consistant. Le retour des guerriers après 26 ans d’absence ! On avait bien vu un novillo en août 2017 mais pour la novillada concours de Saint-Perdon. Les puissants râblés foulèrent le ruedo montois pour la dernière fois, le jeudi 25 juillet 1996. Cinq silences et un applaudissement pour Emilio Muñoz, Joselito et Finito de Cordoba qui avaient sué sang et eau. Une tarde qui nous laissa un goût amer. L’année précédente, "Brujo", n°42, était gratifié de la vuelta posthume, un faenon de Joselito ! C’est le même jour où, en matinée, le Plumaçon découvrait un phénomène de 12 ans – était-il dit – , El Juli devant plus de 4 000 personnes. El Juli, absent.
    Les Cuadri "encastés" demandent de "vrais" toreros pour faire face à leur exigence. Peut-être la grande après-midi au Plumaçon. Nos espoirs se reposent sur Rafaelillo et Octavio Chacón qui ne sont plus des perdreaux de l’année aux côtés du jeune Damián Castaño, le frère cadet de Javier. Entre temps, Rafaelillo, le torero de Barrio del Carmen, aura combattu les Cuadri à Osuna (Séville) le 14 juin.
    Fernando Cuadri Vides a préparé cette corrida fondant beaucoup d’espoir sur ses toros. Le Plumaçon a le premier lot, les 12 toros présentés sont magnifiques. A été laissé au ganadero la possibilité de choisir les 8 toros tant le lot est homogène, de belle présentation.
Le triomphateur ici même en 2021 devant cette devise, Alberto Lamelas, sera présent en toute logique accompagné du lidiador de talent, Domingo López Chaves et le local Thomas Dufau.

 

     

     Pour conclure, le dimanche 24 juillet, les Pedraza de Yeltes. Bonne présentation du lot de toros de 4 ans. Les toros sont lourds, forts et armés. La CTEM aura la possibilité de faire rentrer un ou deux toros qui sont pour le moment prévus pour Madrid mais qui ne seront pas tous embarqués. Les novillos comme ceux de Garlin (dimanche 3 avril), mal présentés, de peu de force, de jeu inégal, bizcos, sont promis aux petites organisations. C’est indigne de cette ganaderia. Garlin les programmant sans interruption depuis 2013 ! Les aficionados attendent beaucoup mieux.
     Orthez, le même jour, propose une belle tarde de toros : novillada de Miura et corrida de desafio, 3 Juan Luis Fraile, 3 Dolores Aguirre. Nombre d’aficionados franchiront le pont sur le gave pour être témoins des combats de ces trois fers de légende… plus que de l’alternative de Francisco Montero qui nous a prouvé que le courage ne suffit pas.

     La novillada piquée matinale du samedi 23 juillet sera de Cuillé du Grand Badon à Salins-de-Giraud. La devise bleu, jaune et rouge est tenue avec courage et détermination par Dominique Cuillé, une ganadera dans le monde des machos. Six toros de ce fer fouleront le sable des arènes du Tempéras d’Ales pour la Feria de l’Ascension, le samedi 28 mai. Yon Lamothe, Cristián Parejo ont été choisis, en attendant que le troisième nom soit dévoilé en juin.

     La novillada non piquée du jeudi matin 21 verra s’affronter quatre fers du Sud-Ouest : La Espera, Alma Serena, l’Astarac et Camino de Santiago. À l’affiche, Tristan Barroso, Jean Laroquette "Juanito", le vainqueur d’Arzacq, l’Aragonais Ricardo Torres et le futur vainqueur du bolsin de Bougue.
     À noter que la CTEM s’est rendue chez Malabat et Casanueva, mais il n’y avait pas d’erales pour juillet.

 

   

      Une Madeleine mi figue mi raisin dont je qualifierai la programmation de perverse. Personnellement, à chaque affiche suintent de l’inattaquable, de l’indéniable, de l’authentique mais aussi de négatif, de moyen, voire du passable. L’aficionado au pied du mur, fera avec ce qui lui semblera de moins pire. Manquera un peu plus de "dur" côté toros. Les années passent, les Madeleine s’adoucissent. 
La note : moins bien que Dax mais bien mieux que Bayonne.

 

Tout passe avec une fleur !

     Remercions la CTEM d’avoir su communiquer avec transparence.


Quelques mots sur Dax et Bayonne

DAX, TEMPORADA

 

Signée Hubert de Watrigant


     Beaucoup de figuras dont trois qui sont à l’affiche en août et en septembre : Morante, Luque et Roca Rey, plus les El Juli, J.M.Manzanares et E. de Justo. Signalons aussi l’alternative du mexicain triomphateur de Garlin, Isaac Fonseca.
    Sur le papier, c’est certainement dans la ville thermale que l’on trouve le meilleur. Des absents, bien sûr (comme à Mont-de-Marsan), pour mille raisons mais trop de doublons. Retour des Miura, ce n’est jamais anodin ; les jeunes Tomás Rufo, Alejandro Marcos ; le Français Juan Leal et un cocktail d’encastes. Les Cuadri au Moun, les Miura à la Fontaine Chaude : ici, match nul.


BAYONNE, TEMPORADA

 

     

     Talavante sera-t’il inspiré devant les Conde de Mayalde lors de la corrida "blanche" en juillet ? La "goyesque bleue" pour ouvrir la Feria de l’Atlantique, toros de El Vellosino avec Juan Leal, Roca Rey, Adrien Salenc : de bric et de broc.
Le samedi 3 septembre, les Pedraza de Yeltes pour l’expérimenté Morenito de Aranda, Sebastián Ritter, Daniel Crespo, Ángel Tellez, Joao Silva "Juanito", Dorian Canton. C’est international mais une véritable cours des miracles ! On offre du travail aux mendiants.
     Le matin, Los Maños seront présents pour la cinquième fois et restent une valeur sûre. Yon Lamothe a triomphé en 2021, avec lui Daniel de la Fuente et Cristián Parejo.
Dimanche 4 septembre, les Garcigrande (…) et  les "glaçons" M. Á. Perera, Paco Ureña. Comptons sur Jesús Enrique Colombo pour faire fondre la banquise.
À 11h, la novillada non piquée : Camino de Santiago, le Lartet, Alma Serena, Casanueva et La Espera, chaque ganadero du Sud-Ouest sera présent.

     Les affiches de Lachepaillet déçoivent, notamment la Feria de l’Atlantique. Une programmation chiche. Fait-on des économies entre Nive et Adour ?
                                                Gilbert Lamarque

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L'amphithéâtre et l'imperator

Publié le par Cositas de toros

            La planète brûle, les glaciers fondent, les migrants meurent dans nos océans et nos mers poubelles et à la frontière biélorusse. La "blonde gironde aux yeux marine" trouve plus urgent de priver les mineurs français de l’entrée de nos arènes plutôt que de tendre la main aux mineurs migrants. La pauvreté en France a fait un bond en avant, une femme est tuée par son conjoint tous les trois jours. Le virus revient – il ne nous a jamais quittés. La COP 26, cette illusion de « pacte pour le climat » est un échec mais la France retient son souffle : faut-il ou non introduire dans la langue française un nouveau pronom ? Le pronom personnel "inclusif", « iel », décliné en « iels », « ielle » ou « ielles ». Neutre ou "non-binaire", ce pronom s’emploierait pour désigner une personne « qui ne se retrouve ni dans le genre masculin ni le genre féminin. »
On croit rêver ! Une tempête dans un verre d’eau orchestrée par les réseaux sociaux. Zemmour, « iel » et consorts, assez !

     Parlons de choses sérieuses dans un monde futile et négligeable, celui du mundillo !
     Noël porteur de bienfaits et l’année nouvelle, d’espérances, nous amènent à extravaguer. Plus que rêver, extravaguons.

 

   

      Et si la Monumental de Barcelone retentissait à nouveau des clameurs aficionadas aux environs de 18 heures ? Si cette plaza emblématique retrouvait son lustre d’antan, sa place dans la tauromachie, plaza qui a offert le plus de spectacles taurins lors du dernier quart du siècle dernier ?
     Car les toros n’y sont pas interdits ainsi que dans toute la Catalogne. Ce sont les indépendantistes qui ont perpétré la liquidation de la tauromachie devenant effective après que José Tomas ait rempli la Monumental en septembre 2011. Dix ans !
     La tauromachie est l’emblème de l’Espagne et cet outrage est basé uniquement sur l’agissement haineux de ceux qui nient leur pays et Madrid principalement. L’Espagne les dérange et les arènes de Catalogne sont orphelines.
     Les toros ne sont pas interdits à Barcelone. Cette offense votée au Parlement catalan en 2010 a été démantelée en 2016 quand l’arrêt de la Cour constitutionnelle l’a annulée par huit voix pour et trois contre, arguant que la chambre catalane avait outrepassé les pouvoirs de l’État. 
    Techniquement et légalement, l’un de nous, s'il le souhaite, peut, demain, organiser la fête des toros à Barcelone. Mais pour cela, il ne faut pas être frileux. Pour ça, il vous faut : un homme d’affaires muy bravo, un secteur solidaire – utopie – et des toreros aussi braves que l’homme d’affaires. Relever le défi et ne pas tomber dans le sectarisme des censeurs.
     Une annonce du retour des toros à Barcelone engendrerait un énorme ouragan et submergerait les médias, un symbole.
     Regardez le triomphe de Morante de la Puebla durant cette temporada, lui seul, a secoué le cocotier. Il a redonné de l’oxygène à un secteur presque moribond où nombre d’entre-nous n’y trouvons plus qu’ennui et désintérêt.

Morantus imperator

 


     Le mundillo s’immole, Morante, lui, sans apoderado, a pris les trastos pour vivre une résurrection. Petite révolution dans la sphère taurine, il a opté pour la variété des "encastes" aidant les hommes d’affaires modestes qui seuls se battaient pour la survie et a ouvert des "cartels" à de jeunes toreros. Avec des arguments, on redonne l’espoir, on ne se cache plus derrière la pandémie. 

     Le jury du Prix National de Tauromachie a récompensé José Antonio Morante Camacho pour sa « personnalité créative singulière d’un artiste qui recrée et renouvelle la tauromachie classique pour le public d’aujourd’hui. » Il a également souligné « son engagement pour la tauromachie à une période particulièrement difficile après la crise provoquée par le COVID-19, dans laquelle le diestro, assumant sa responsabilité de figure de proue de la tauromachie, a diversifié ses actions, misant sur la variété des "encastes", et "cartels", menant la tête de l’escalafón lors d’une saison au cours de laquelle il a effectué des actions mémorables dans les principales plazas espagnoles. »
     Il mériterait aussi la médaille des Beaux-Arts vue la dimension esthétique de sa tauromachie. Mais elle a un contenu politique indéniable. Il est peu probable qu’un ministère de ce gouvernement décerne sa médaille à un artiste/torero qui a manifesté sa sympathie pour Vox.
     Par contre, le Prix National de Tauromachie est décerné par un jury composé de représentants des différents secteurs de la tauromachie. Par ce prix, Morante est reconnu pour son mérite.

     Alors, revenons à l’extravagance et à la Monumental. Quel meilleur torero que Morante pour jouer l’ambassadeur sachant que les toros ne sont pas interdits. Il ne manque que la volonté de les programmer et de les célébrer.

Le grand évènement de l’année 2022
     Barcelone, Morante et les toros, une affiche révolutionnaire. À bien y réfléchir, ce n’est qu’une question de travail, de volonté, d’engagement envers les aficionados, la tauromachie, la corrida.
     Qui peut nous empêcher de rêver, de divaguer un peu ?

                                               Gilbert Lamarque

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