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opinion

L'amphithéâtre et l'imperator

Publié le par Cositas de toros

            La planète brûle, les glaciers fondent, les migrants meurent dans nos océans et nos mers poubelles et à la frontière biélorusse. La "blonde gironde aux yeux marine" trouve plus urgent de priver les mineurs français de l’entrée de nos arènes plutôt que de tendre la main aux mineurs migrants. La pauvreté en France a fait un bond en avant, une femme est tuée par son conjoint tous les trois jours. Le virus revient – il ne nous a jamais quittés. La COP 26, cette illusion de « pacte pour le climat » est un échec mais la France retient son souffle : faut-il ou non introduire dans la langue française un nouveau pronom ? Le pronom personnel "inclusif", « iel », décliné en « iels », « ielle » ou « ielles ». Neutre ou "non-binaire", ce pronom s’emploierait pour désigner une personne « qui ne se retrouve ni dans le genre masculin ni le genre féminin. »
On croit rêver ! Une tempête dans un verre d’eau orchestrée par les réseaux sociaux. Zemmour, « iel » et consorts, assez !

     Parlons de choses sérieuses dans un monde futile et négligeable, celui du mundillo !
     Noël porteur de bienfaits et l’année nouvelle, d’espérances, nous amènent à extravaguer. Plus que rêver, extravaguons.

 

   

      Et si la Monumental de Barcelone retentissait à nouveau des clameurs aficionadas aux environs de 18 heures ? Si cette plaza emblématique retrouvait son lustre d’antan, sa place dans la tauromachie, plaza qui a offert le plus de spectacles taurins lors du dernier quart du siècle dernier ?
     Car les toros n’y sont pas interdits ainsi que dans toute la Catalogne. Ce sont les indépendantistes qui ont perpétré la liquidation de la tauromachie devenant effective après que José Tomas ait rempli la Monumental en septembre 2011. Dix ans !
     La tauromachie est l’emblème de l’Espagne et cet outrage est basé uniquement sur l’agissement haineux de ceux qui nient leur pays et Madrid principalement. L’Espagne les dérange et les arènes de Catalogne sont orphelines.
     Les toros ne sont pas interdits à Barcelone. Cette offense votée au Parlement catalan en 2010 a été démantelée en 2016 quand l’arrêt de la Cour constitutionnelle l’a annulée par huit voix pour et trois contre, arguant que la chambre catalane avait outrepassé les pouvoirs de l’État. 
    Techniquement et légalement, l’un de nous, s'il le souhaite, peut, demain, organiser la fête des toros à Barcelone. Mais pour cela, il ne faut pas être frileux. Pour ça, il vous faut : un homme d’affaires muy bravo, un secteur solidaire – utopie – et des toreros aussi braves que l’homme d’affaires. Relever le défi et ne pas tomber dans le sectarisme des censeurs.
     Une annonce du retour des toros à Barcelone engendrerait un énorme ouragan et submergerait les médias, un symbole.
     Regardez le triomphe de Morante de la Puebla durant cette temporada, lui seul, a secoué le cocotier. Il a redonné de l’oxygène à un secteur presque moribond où nombre d’entre-nous n’y trouvons plus qu’ennui et désintérêt.

Morantus imperator

 


     Le mundillo s’immole, Morante, lui, sans apoderado, a pris les trastos pour vivre une résurrection. Petite révolution dans la sphère taurine, il a opté pour la variété des "encastes" aidant les hommes d’affaires modestes qui seuls se battaient pour la survie et a ouvert des "cartels" à de jeunes toreros. Avec des arguments, on redonne l’espoir, on ne se cache plus derrière la pandémie. 

     Le jury du Prix National de Tauromachie a récompensé José Antonio Morante Camacho pour sa « personnalité créative singulière d’un artiste qui recrée et renouvelle la tauromachie classique pour le public d’aujourd’hui. » Il a également souligné « son engagement pour la tauromachie à une période particulièrement difficile après la crise provoquée par le COVID-19, dans laquelle le diestro, assumant sa responsabilité de figure de proue de la tauromachie, a diversifié ses actions, misant sur la variété des "encastes", et "cartels", menant la tête de l’escalafón lors d’une saison au cours de laquelle il a effectué des actions mémorables dans les principales plazas espagnoles. »
     Il mériterait aussi la médaille des Beaux-Arts vue la dimension esthétique de sa tauromachie. Mais elle a un contenu politique indéniable. Il est peu probable qu’un ministère de ce gouvernement décerne sa médaille à un artiste/torero qui a manifesté sa sympathie pour Vox.
     Par contre, le Prix National de Tauromachie est décerné par un jury composé de représentants des différents secteurs de la tauromachie. Par ce prix, Morante est reconnu pour son mérite.

     Alors, revenons à l’extravagance et à la Monumental. Quel meilleur torero que Morante pour jouer l’ambassadeur sachant que les toros ne sont pas interdits. Il ne manque que la volonté de les programmer et de les célébrer.

Le grand évènement de l’année 2022
     Barcelone, Morante et les toros, une affiche révolutionnaire. À bien y réfléchir, ce n’est qu’une question de travail, de volonté, d’engagement envers les aficionados, la tauromachie, la corrida.
     Qui peut nous empêcher de rêver, de divaguer un peu ?

                                               Gilbert Lamarque

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