Quand t'es dans le désert . . .
. . . depuis trop longtemps . . .
Remettons à la lumière Jean-Patrick Capdevielle - tube de 1979 . . . depuis combien de jours tu tiens bon.
Le dérèglement climatique n'a jamais autant pesé sur nos vies et nos corps. Jamais nous n'avons vécu une telle succession de canicules, un tel record d'incendies, un tel niveau d'assèchement de nos sols et de pénurie d'eau. Tous les éléments de la catastrophe climatique ont été réunis, en un condensé de ce qui nous attend avec certitude dans les prochaines années. S'adapter, adapter nos vies. Le toro s'adapte t'il en 48h à tous ces changements invalidants de lieu, de climat, de bruit, d'odeurs ?
Nous supportons à grand peine, la traversée du désert, la temporada s'épuise, s'étiole et nous ennuie. La première cause est bien le dérèglement climatique, mais depuis la nuit des temps, des femmes et des hommes y vivent, les traversent, s'en inspirent ou s'y perdent. Á jamais survivre dans les territoires hostiles. Et comme "sous les pavés, la plage", sous le sable, la mer. "La mer toujours recommencée" écrivait Paul Valéry dans "Le cimetière marin". Allons nager dans l'écume des vagues qui recouvre l'estran, zone difficile où il nous faut supporter le vent, le soleil, l'eau salée. . . Les toros se mélangent les pinceaux, les figuras se pincent les lèvres et du bout des doigts tiennent la flanelle, les gradins se pâment, les aficionados grondent. Oui, elle est bien là cette traversée du désert. Les arènes "importantes" crient au lleno pendant que les modestes placitas dédiées au toro-toro se morfondent.
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Un exemple flagrant, Roquefort, la Monumental des pins, inscrite au Monuments Historiques, bientôt ce petit patrimoine rural sentira la naphtaline ou, plongée dans le formol verra les quelques touristes s'extasier et les vieux aficionados grincheux, pleurer, et l'on passera en vitesse en pélerinage autour du 15 août avant de nous diriger vers Dax, la grande, vêtus de rouge et blanc. Mais avant celà, elle publiait son cartel du 15 août dans l'anonymat, sans publicité triomphante, qui vous jetait à la figure, toute son histoire taurine. L'a t'on oubliée ? Je me tue à le répéter depuis des années, les placitas, les novilladas, ce sont le parent pauvre vous savez, celui éloigné de la famille qui a moins de réussite financière et que l'on invite par obligation ou que l'on traite avec condescendance. C'était ça à l'origine, aujourd'hui, on ne l'invite plus !
Mais à quoi bon s'irriter, prêcher dans le désert devant l'indifférence générale, retrouvons le calme, celui de la p(l)age, et lisez le dernier roman d'Arturo Pérez Reverte, "Ligne de feu" où l'action se situe le 24 juillet 1938 par une nuit sans lune. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole - la bataille de l' Èbre - va commencer. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud autour du village viticole de Castellets del Segre. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route, chaque ferme.
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"Ligne de feu" met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l'histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables. C'est le grand roman sur la guerre civile espagnole. On n'oublie pas que Pérez Reverte a été durant une vingtaine d'années journaliste et correspondant de guerre. Lisez-le et vous oublierez un instant toutes les tracasseries du mundillo.
Le livre est récent. Je vous conseille aussi de vous plonger dans "Jour de colère" (2007), du même auteur, une autre bataille. Ce livre n'est ni une fiction, ni un livre d'histoire. C'est la reconstitution minutieuse du soulèvement de Madrid contre les troupes napoléoniennes le 2 mai 1808. Édifiant. Francisco de Goya a représenté, plus tard en 1814, la scène du Dos de mayo, la révolte contre Joseph Bonaparte "Pepe Botella". Ce livre vous captivera.
Faites en sorte que l'IA soit vos lectures !
Bonne fin d'été.
Gilbert Lamarque