Toreo Arte y Cultura, la société qui gère les festivités taurines à Illumbe (Saint Sébastien) a annoncé hier mercredi, l’annulation de la Semana Grande. Le gestionnaire argumente sa décision sur la situation sanitaire que traverse le Pays Basque et les mesures prises par le gouvernement basque dans le nouveau plan Bizi Berri* qui restreint la capacité des lieux dans plus de 5 000 villes en fonction du taux d’incidence. La capacité maximale est de 20 %, ce qui rend l’organisation de la feria d’août irréalisable.
Bâtiment polyvalent depuis son inauguration en 1998, Illumbe est le principal centre de vaccination de Gipuzkoa (voir Cositas du 27/02/21). L’urgence de la vaccination est prioritaire. Le gestionnaire assure aux aficionados qu’il y aura à nouveau une feria en 2022.
Le coronavirus, lui seul en décidera.
Après Pampelune hier, Saint Sébastien aujourd’hui, qu’en sera-t’il à Bilbao ?
Après la Navarre et le Gipuzkoa, qu’en sera-t’il en Biscaye ?
* Bizi Berri : cadre d’action déclenché par le gouvernement de Gipuzkoa afin de faire face à la pandémie. Nouveau plan Bezi Berri IV mis en place de juillet à octobre.
Belle chambrée sur les coteaux de l’Astarac pour la présentation de la corrida 100 % française de Riscle qui aura lieu le samedi 31 juillet. Ici, sur ce territoire, on n’a pas éventré les paysages pour faire passer des routes plus larges ; les dernières empruntées sont plus étroites que le véhicule. C’est calme mais ce n’est pas un pays de solitude, pays de cultures, pays d’élevage, pays fertile et abondant, généreux grâce au labeur des hommes. C’est le pays du vivant souvent caché pour détourner les envieux.
180 personnes avaient répondu à l’invitation de Jean-Louis Darré sur ses terres du Cantaou, accompagné de Stéphane Fernandez Meca et du Tendido Risclois.
Soleil voilé, nuages aux nuances de gris pour débuter cette journée par la visite au campo du lot de toros réservé pour Riscle, toros issus d’une nouvelle lignée andalouse d’origine Albarreal*, tout comme les trois vaches "tientées" par la suite ; lignée en laquelle J.-L. Darré fonde beaucoup d’espoir.
Bien que la virée en remorque fût rapide et les toros éloignés, on pouvait remarquer un encierro de trapío respectable et des têtes bien coiffées. Imaginez ces bêtes dans les modestes arènes de Riscle, les charpentiers doivent être déjà au travail !
De retour du campo, nous avons pris place autour du ruedo afin d’assister à la tienta des trois vaches par la jeune terna qui fera le paseo le 31 juillet. Ces becerras, joliment présentées, se sont montrées braves sous la pique d’Alain Bonijol, les deux premières au fringant galop sans hésitation, frappant franchement le peto, mettant les reins ; la troisième plus timorée manquant aussi de force. Elles furent plus ou moins bien "lidiées", dans l’ordre, par Andy Younes avec beaucoup de finesse, El Adoureño beaucoup plus brouillon et sans raffinement, et enfin Tibo Garcia auteur de superbes séries bien léchées, élégant, qui sut adapter la lidia à son opposante. Une très bonne tienta, un bon entraînement pour les toreros, de bons enseignements pour le ganadero.
L’heure apéritive sonna, les tapas prirent d’assaut les gosiers, les bouchons abandonnèrent les goulots puis chacun se replia vers sa querencia : convivialité et gourmandises gasconnes.
Mais le plat de résistance se manifesta par la lidia des trois toros du fer de Santiago de Camino. Trois toros lourds, puissants aux cornes rectifiées, cela va de soi.
Le premier est violent sous la pique de Laurent Langlois, deux rencontres sans véritablement pousser. El Adoureño n’aura pas la solution, bousculé par deux fois, auteur de gestes plutôt vulgaires. Deux coups de rapière, Lupiac et d’Artagnan sont proches.
Tibo Garcia reçoit d’une belle cape un bicho qui ne s’emploiera que peu lors des deux rencontres avec le canasson. Tibo profitera de sa corne droite, la gauche pas évidente révéla un toro tardo n’amenant que des demi-passes. Deux épées et un magnifique descabello.
Le troisième ne prendra qu’un puyazo apparaissant faible et Andy Younes ne put que mener une faena allant a menos malgré son application et ses gestes soignés. Une demie et un splendide descabello.
Il faut venir à Riscle pour soutenir la tauromachie française et la ruralité : l’éleveur, les toreros et les organisateurs comptent sur vous. À Riscle, l’authenticité est de rigueur.
*Albarreal, d’origine Marqués de Domecq, finca à Zufre (Huelva).
Enrique Ponce se retire des ruedos por"tiempo indefinido", sans préavis et à la surprise générale. Les spéculations sur les raisons sont nombreuses.
« À ceux qui m’accompagnent depuis plus de 3 décennies :
La première chose que je veux dire est MERCI pour votre amour et votre soutien inconditionnel, surtout en cette année de pandémie au cours de laquelle j’ai décidé de défendre la tauromachie, de pousser en avant et de redonner au monde du taureau tout ce qu’il m’a donné.
À ce stade de ma saison de tauromachie 2021, j’ai décidé de m’arrêter en cours de route et de me retirerindéfiniment. »
Dimanche, il a combattu à León sa dernière tarde en passant par la puerta grande après avoir fait, la veille, le paseo à la Feria de Castellón. Il était annoncé aujourd’hui à Burgos avec A. Roca Rey et E. de Justo devant un encierro de Torrealta. Ce sera Diego Urdiales qui fera le paseo.
Le public montois qui s’était rué sur la billetterie se retrouve le bec dans l’eau. Qui pour le remplacer ?
Belle trajectoire professionnelle, un peu longuette à mon goût comme les faenas actuelles. Le "supplément" faisant retomber le soufflé ! À l’approche de ses 50 ans, le roi Enrique s’est enfin donné la permission de déposer les armes et d’aller à la cueillette des olives.
Bonne retraite, Maestro, à moins que…
AM STRAM GRAM…
… "PIQUE" ET "PIQUE" ET COLÉGRAM
Suite à son Assemblée Générale qui s’était déroulée le mardi 27 octobre à Carcassonne, après avoir élu son nouveau bureau, l’UVTF avait voté la modification de l’article 62 du Règlement taurin municipal. « La pique "Bonijol" sera désormais la seule à pouvoir être utilisée dans les arènes des villes appartenant à l’UVTF, dans l’intérêt du spectacle et après validation par la FSTF. »
Piques "Bonijol"
Couac ! Le 25 juillet est annoncée la novillada de Beaucaire : 3 Marques de Albaserrada et 3 Pagès-Mailhan pour El Chorlo, F. Montero et Solalito. Regardez bien : « Cavalerie Heyral (piques réglementaires de Madrid) » !!!
Beaucaire fait partie des villes adhérentes à l’UVTF et cette pique "Bonijol" dite aussi pique française, doit être utilisée par toutes les différentes cuadras.
Par rapport au précédent Règlement taurin, il a été rajouté : « Le modèle de pique utilisé devra avoir été approuvé par l’UVTF. » Alors… l’UVTF va t’elle nous témoigner de son pouvoir, de son influence, de son poids ou bien, allons-nous assister à une confrontation Heyral / Bonijol par piques interposées… arbitrée (ou pas) par l’UVTF ?
À l’annonce d’une corrida, le 31 juillet, la première dans l’histoire taurine de Riscle « pour défendre la corrida française », j’avais écorché quelque peu nos amis du Tendido Risclois, dans ces colonnes, prétextant qu’une belle novillada aurait été plus pertinente.
Mais à la lecture du cartel, j’ai fait mon mea-culpa, ayant été un peu trop étroit d’esprit !
Sans être un franchouillard invétéré, je m’incline devant cette affiche 100 % française et ce, pour les raisons suivantes :
- Six toros de quatre ans de Camino de Santiago. Jean-Louis Darré pouvant être prophète dans son pays gascon, sachant qu’il passe la frontière à chaque temporada pour des corridas à Barbastro, Zalamea la Real (Huelva)… et, étaient annoncés pour cette année, des toros de cinq ans à Tudela et une novillada pour Peralta mais les difficultés inhérentes à la pandémie en Navarre notament, laissent planer plus qu'un doute. À suivre...
- La cuadra Bonijol et l’utilisation des piques françaises made by Alain Bonijol. Cette nouveauté s’effectuera pour la première fois lors de la Feria vicoise les 10 et 11 juillet.
- Et, of course, trois jeunes matadors français en quête d’opportunités, effectueront le paseo.
Rajoutons une empresa française en la personne de Stéphane Fernandez Meca, un train d’arrastre 100 % landais avec les belles mules d’Alain Diris alias Mimi…
Voilà, j’ai réalisé mon changement de main comme certains leur fusil d’épaule, pour achever ma faena par des naturelles caressantes.
Mais – on ne se refait pas – que cette initiative ne soit que ponctuelle, car les arènes riscloises sont destinées aux novilladas… 100 % françaises ?
Le journal officiel de la Communauté de Madrid a publié ce samedi, l’arrêté du ministère de la Santé qui établit les nouvelles mesures, telles que la reprise de la vie nocturne à partir d’aujourd’hui lundi 21 juin, les locaux pouvant rester ouverts jusqu’à 03h00. L’arrêté fait également spécifiquement mention « des arènes, des lieux et des installations, y compris la Plaza de Toros de Las Ventas », indiquant qu’« ils peuvent exercer leur activité taurine tant que le public reste assis, avec un siège pré-assigné, et les 50 % de la capacité autorisée ». Il peut y avoir des groupes de participants jusqu’à un maximum de six personnes et l’utilisation du masque sera obligatoire.
La réouverture en corrida à Las Ventas aura lieu samedi prochain, le 26 juin, où une affiche d’une capacité de six mille personnes a été annoncée – la même que lors du festival du 2 mai – composée de toros de Victorino Martín pour Manuel Escribano, Saúl Jiménez Fortes et Sergio Serrano.
Le 4 juillet, il y aura un mano a mano (encore un…) entre Antonio Ferrera et Emilio de Justo, toros de Victoriano del Rio.