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La novillada en déliquescence

Publié le par Cositas de toros

               Spectacle déjà peu fréquenté, la novillada, en cette fin de temporada, semble fragile. On note plusieurs facteurs favorisant cet état.

     Tout d'abord, l'absence de véritables leaders la tirant vers le haut, ensuite les derniers blessés de septembre : Bruno Aloi, Joao d'Alva, Julio Norte, Mario Vilau ... , les dernières alternatives : Villita, Garcia Pulido, Aarón Palacio, l'ensemble éclaircissant les rangs. Quant au pamplonais Bruno Martínez, il a décidé de mettre fin à sa courte carrière pour raisons "personnelles". Le 7/09, il avait été blessé à Peralta par un Cebada Gago.

     Que reste-il ? Beaucoup de jeunes apprentis à la personnalité incertaine. Laissons leur le temps de s'aguerrir et plus surprenant, de nous proposer le tercio de palos, trop rare de leur part, aujourd'hui. L'art du brindis et du jeté de montera par dessus l'épaule sont acquis, tout comme le desplante. Alors, comme l'a dit Morante, "on ne peut pas apprendre à quelqu'un à toréer", les écoles sont là pour enseigner les bases, la technique, au novice à se prendre en main pour affirmer leur caractère ainsi que leur originalité avant que d'imiter Roca Rey, Luque, Manzanares et consorts.

     Hier, j'encourageai l'aficionado à se rendre aux arènes, mais aujourd'hui, dans ce contexte chaotique, j'y mettrai quelques hésitations. La novillada piétine par un manque flagrant de novilleros punteros, peu aidée par une piètre production artistique et la fadeur de la personnalité des jeunes toreros. Que de bons novillos voit-on galvauder par l'étoffe ou l'acier ?

     En France, les 7 arènes de 1ère catégorie se font tirer l'oreille pour organiser lors des fêtes et des ferias : 9 novilladas pour cette temporada préférant proposer 36 corridas (hors portugaise ou rejon). Nous pouvons le comprendre. 9 novilladas où les tendidos ne se remplissent guère.

     Autre observation, en 2021, Manuel Perera est au sommet de l'escalafón avec seulement 28 paseos, son dauphin, Isaac Fonseca, pointe avec 21 contrats. L'an passé, c'était Marco Pérez qui était premier au classement avec 38 contrats, Javier Zulueta le talonnait avec 35 paseos.

     En revanche, Miguel Baez "Litri" toréa 114 novilladas en 1949 lorsqu'il formait la fameuse pajera avec Julio Aparicio. Une pajera de novilleros dont la renommée et le succès dépassèrent tout ce que l'on a pu enregistrer depuis. Aparicio, cette année-là, toréa 72 novilladas. L'année suivante, Litri compta 87 paseos, Aparicio 91. Tout ceci en attendant El Cordobès qui battra en 1970 un record qui semblait inaccessible, celui de 121 paseos mais nous sommes à l'échelon supérieur, en corrida. Jesulin de Ubrique atteignit les sommets en 1994, participant à 164 corridas sachant que la qualité et le bon goût ne rivalisent pas avec quantité !

     L'heure n'est plus aux records mais à l'inquiétude, la novillada souffre. Le contexte difficile à endiguer est peu propice à la "reconstruction". Alors ?

                               Gilbert Lamarque

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