Méjanes, le festival / Riscle
Méjanes
Rudy Ricciotti a réalisé l'affiche du Festival "un toro pour un rêve d'enfant" et décorera le ruedo le 18 octobre prochain.
Le Festival signera sans doute la fin de la temporada.
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Riscle
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Méjanes
Rudy Ricciotti a réalisé l'affiche du Festival "un toro pour un rêve d'enfant" et décorera le ruedo le 18 octobre prochain.
Le Festival signera sans doute la fin de la temporada.
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La Ville de Saint-Vincent -de-Tyrosse et Audaz Productions sont heureux de vous annoncer la tenue de la prochaine Corrida des Fêtes le samedi 1er août 2026 à 18h30.
La matinée débutera par la traditionnelle novillada de 11h00 organisée par le cercle taurin tyrossais avec trois novillos de La Espera toréés par Esteban Navarro et Julio Martin (3ème eral destiné au vainqueur).
Un espace bodega et restauration sera à la disposition de tous dans le parc des arènes toute la journée.
Puis à 18h30 à l'affiche, un lot de toros de Pagès-Mailhan, une des meilleures ganaderias françaises du moment dont la réussite est étroitement liée à notre plaza. Trois matadors feront leur présentation dans nos arènes.
ALVARO LORENZO, CARLOS OLSINA et SAMUEL NAVALON.
Une programmation qui se veut originale, tournée vers la jeunesse, la nouveauté, la fraîcheur et l'avenir.
En partenariat avec l'Union des Villes taurines de France, la commune de Saint-Vincent-de-Tyrosse proposera 200 places gratuites pour les jeunes de moins de 25 ans, sur candidature à adresser par courrier électronique à contact@tyrosseville.com, avec copie de la carte d'identité en pièce jointe.
Une tarification à -50% sera également proposée aux moins de 25 ans.
(communiqué)
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Si le bleu est une couleur, la souffrance d'un peuple en a fait une émotion. Elle s'est traduite en musique par la blue note, la note bleue*, intervalle vagabond qui sème le trouble dans le genre de la gamme. Le blues n'est ni majeur ni mineur, il est les deux. Á la fois sombre et lumineux, sol y sombra, il est bel et bien bleu. Le blues a une couleur, une histoire mais aussi une géographie. "Elle vient de là, elle vient du blues". Où ça ? Dans le Sud des États-Unis, dans le delta du Mississipi, le berceau du blues.
En matière musicale, on peut réunir le jazz et la corrida par le blues et le duende. Attention, duende n'a pas d'équivalent en français. Mais en musique, on le retrouve chez certains chanteurs flamenco : il désigne l'expressivité extrême, tout comme le charme, l'envoûtement. Il en appelle directement aux émotions de l'interprète. Pour le vivre pleinement, privilégiez un rincón au hasard de vos sorties à Triana plutôt qu'un "récital" en festival !
"Pour chercher le duende, il n'existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu'il brûle le sang comme une pommade d'éclats de verre, qu'il épuise, qu'il rejette toute la douce géométrie apprise, qu'il brise les styles, qu'il s'appuie sur la douleur humaine qui n'a pas de consolation." (Federico Garcia Lorca, Jeu et théorie du duende.)
En musique, nous pouvons oser relier le blues au duende par la douleur humaine évoquée par Garcia Lorca.
Mais le duende et la corrida ? Le temps suspendu à l'envoûtement ? Un torero est rarement habité par le duende. Quel aficionado a touché le graal ? C'est au delà de l'inspiration profonde.
Donc, nous faisons référence à la musique et nous relierons le jazz et le flamenco. Le flamenco, au hasard des multiples oeuvres, Paco de Lucia "Gitanos andaluces", les cantaores Antonio Chacón, le plus célèbre Camarón de la Isla ; plus modernes le saxophoniste Pedro Iturralde considéré comme le père du flamenco-jazz notamment avec le guitariste Paco de Lucia dans les années 60, Chano Domínguez pianiste andalou de jazz et de flamenco nuevo, Vicente Amigo l'héritier lyrique de Paco de Lucia, tous ceux-ci mêlent la tradition flamenca à des influences modernes dépoussiérant le flamenco traditionnel.
Sous d'autres latitudes, des artistes créèrent une liste d'oeuvres de jazz liées à la corrida : Duke Ellington "El Viti", Miles Davis "Flamenco Sketches", John Coltrane "Olé", Kenny Dorham "Matador", Paul Bley "El Cordobés", Jean-Marc Padovani "Nimeño", liste qui ne demande qu'à être complétée.
Il n'y a pas un style de musique excepté le flamenco qui est lié à la corrida autant que le jazz. Pourquoi ? Par l'improvisation et le refus de la répétition : tout comme un solo de jazz, une faena ne se rejoue pas à l'identique, elle s'invente face à l'inconnu, à l'instant, au toro !
Et le duende ? Il fait référence à la notion d'état d'âme et de feu inspirée du flamenco dans le jazz, c'est un style au mélange hybride, puissant et chamanesque entre jazz et influences classiques. Dans le jazz, de nombreux artistes utilisent le terme de duende pour exprimer cette connexion profonde, improvisée et incandescente propre au jazz métissé.
Le terme duende, nous le retrouvons partout où il est noté, écrit, rarement, nous le ressentons sur le sable du ruedo, juste un soupçon dans le flamenco sur un tempo de guitare, où les similitudes esthétiques sont apparentes dans l'habillement et autres quiebros de ceinture où s'échappe l'émotion qui se dégage des artistes. Le duende est le graal de la légende arthurienne, l'envoûtement non palpable que l'aficionado désire ardemment recevoir, ¡Olé!
On réorchestre à sa façon. La chronique taurine est une réorchestration de thèmes obligés que chacun interprète à sa manière. ( Francis Marmande, 5 juillet 2002). "La corrida est comme le jazz ; un poste d'observation singulier sur le monde, un lieu de palabre sans fin, un de ces points de la planète d'où on peut essayer de comprendre moins mal." Francis Marmande, "Á partir du lapin".
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Sur la platine, "Sketches of Spain" de Miles Davis en lisant
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"Sevillanes" de Jean Cau, l'amour d'une ville, Séville et celui de son royaume, l'Andalousie, le graal !
Gilbert Lamarque
*Blue Note Records, le superbe label de jazz fondé en 1939 à New York, a enregistré les jazzmen importants de l'après-guerre : Horace Silver, Jimmy Smith, Art Blakey mais aussi, Clifford Brown, Miles Davis, Dexter Gordon, Lee Morgan, Max Roach, Sonny Rollins disparu récemment, etc. Claude Nougaro, le "petit toro", a, quant à lui, enregistré pour le label, "La Note Bleue" en septembre 2004 qui fut son dernier album.
La scène : un soleil puissant, un ruedo de sable, des gradins en béton, quelques parfums qui dérangent mêlés à l'arôme de divers Bolivar, Cohiba ou Fonseca, du cubain de préférence, Habanos de qualité, sur le sable toro et torero s'affrontent.
Le décor est planté, sanctuaire d'un sensitif qui matérialise l'invisible, l'éphémère. Le sublime était là. Devant moi. Sous mes yeux. L'ayant vécu sans me poser de véritables questions, ni chercher à comprendre. Il n'était plus question d'employer des grands mots, d'utiliser des concepts, de se frayer un chemin au milieu des références. Pas même de me demander quelle était ma place ou mon sentiment dans tout cela.
Ces moments incroyables avec ces couleurs, ces bruits, rumeurs, je les ai vécus, c'est tout. Et non, ce n'est pas tout ! Aujourd'hui mes émotions remontent le temps, empoignent le passé. Les souvenirs refont surface non sans peine. Avec moi s'affrontent l'artiste et le technicien, le Toro et le soso collabo. Pourquoi allons-nous "au toro" ? Pour embrasser une pleine corbeille d'émotions, cueillir l'instant, bien observer pour ensuite commenter, comprendre.
Combien de fois, ai-je prisé, applaudi le maître, le maestro, le Toro dans toute son intégrité, sa caste ? Mais combien de fois me suis-je ennuyé (le mot est faible) devant le trasteo d'une figura et son toro moderne télécommandé ?
En un mot, j'ai fait la différence entre l'artiste et le technicien, ce dernier, l'artisan, maîtrise sa technique, tandis que l'artiste l'utilise pour exprimer une vision meilleure. Et trop de technique m'emm*** . Confrontez Morante et son toreo baroque et le glacial et hautain Luque (à utiliser les après midi de grande canicule), qui plus est, le torero de Gerena en solo avec six toros d'un unique fer ! Mon choix est fait, préférant la fragilité toute relative du premier au solide technicien sans occulter la présence du toro, celui qui décide de l'âpreté du combat. C'est mon choix, préférant un Diego Urdiales à Roca Rey où à un jeune talent singeant avec plus ou moins de réussite, ses aînés.
L'aficionado est roi, il a l'option du choix et je déplore tous ces abonnements où vous payez avant de connaître les cartels ! J'en ai été longtemps le jouet.
Pour conclure car nous n'en terminerons jamais car c'est un peu l'histoire du torista et du torerista ; j'ai hautement apprécié l'actuación de Maxime Solera le dimanche 12 juillet à Céret face aux magnifiques Escolar Gil. Une faena où les séries se multiplièrent dans un trasteo sincère sur les deux bords, ne récoltant qu'une simple vuelta. Qui l'eût cru ? La corrida est pleine de surprises ! La technique n'était pas exempte, le toro, lui, présidait. De l'art, bien sûr que non, .une lutte âpre avec une technique adaptée à la bête.
Privilégions l'art sans toutefois négliger la technique. Il en est ainsi.
"Le torero n'est pas seulement un professionnel ou un technicien, c'est aussi un artiste, porteur de valeurs esthétiques ; mais par son attitude, sa posture exemplaire, ses vertus visibles, il incarne aussi des valeurs morales". La Tauromachie. Histoire et Dictionnaire, page 268 [. . .] La corrida est porteuse de deux types de valeurs esthétiques, et elles sont en un sens opposées. Il y a celles qui relèvent du spectacle considéré comme un tout, depuis le défilé initial des cuadrillas jusqu'à l'arrastre du dernier taureau et la sortie des toreros, en passant par les six combats, et leurs trois tiers, piques, banderilles, muleta et mise à mort. Et il y a celles qui relèvent du toreo, c'est-à-dire de ces moments de face à face taureau-torero, lorsque le torero, armé d'une cape ou d'une muleta, exécute des passes, les enchaîne éventuellement en séries et construit progressivement une faena - c'est à dire une oeuvre". page 270.
Au fond, dans la corrida, il est impossible de séparer, voire de distinguer les valeurs esthétiques des valeurs éthiques.
"Dans la corrida, la beauté sans engagement éthique et sans risque réel est fade, elle ne ferait qu'enjoliver le vide ; elle ennuie, elle n'est rien. Mais inversement, un combat sans forme est chaotique, il émeut parfois, mais sans plaire vraiment ; la violence serait nue, elle deviendrait glauque. Réduit à une éthique du combat, il est insignifiant. La corrida est une pratique, un spectacle, un art, un rite (en tout cas une pratique inclassable et, il faut bien le dire, intempestive, décalée, à la fois archaïque et visionnaire, dans lequel les valeurs esthétiques se confondent avec les valeurs éthiques. En cela, elle nous ramène à l'origine de l'art, où le bel acte est à la fois moral (la conduite valeureuse), par ce qu'il démontre de sacrifice, de générosité, de grandeur, et surtout de loyauté par rapport à l'adversaire, et esthétique, par ce qu'il démontre d'harmonie, d'équilibre, de puissance expressive." pages 272, 273.
Le torero n'est pas seulement un professionnel ou un technicien, c'est aussi un artiste incarnant également des valeurs morales.
J'ai choisi mon camp. Amateur de corridas dites "dures", je suis convié à voir quelques belluaires et une technique certaine. La palette est réductrice. Il en est ainsi.
Gilbert Lamarque