Passéisme
... Un repli sur les valeurs du passé reflétant une nostalgie subjective souvent injustifiée et improductive.
Chaque époque a ses lieux communs. Ces formules toutes faites ne disent pas grand-chose du réel, mais elles témoignent du climat moral d'une société. Au XVIIIe siècle, porté par les Lumières progressistes, le moindre niais brillait par son optimisme. "Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles", assénait le précepteur de Candide, dont Voltaire faisait le chantre de la croyance alors répandue que tout mal n'est qu'un bien déguisé. Un siècle plus tard, Gustave Flaubert recensait les clichés de son temps. Il suffit d'ouvrir au hasard son Dictionnaire des idées reçues pour prendre la mesure du chemin parcouru.
Aujourd'hui, tous ces optimistes ont perdu la foi et la joie. Les banalités prospèrent toujours, mais l'imbécile heureux se fait rare, chassé par l'oiseau de malheur. Parmi les paroles les plus entendues, beaucoup expriment la nostalgie et le sentiment de déclassement : "C'était mieux avant"... (75% des Français le pensent, selon un sondage BVA/Ipsos), "Les gens ne se parlent plus", je serai tenté d'écrire "qu'ils s'injurient copieusement"... Depuis peu, l'impression dominante est que l'harmonie s'est, quelque peu, déréglée : "Tout va pour le pire dans le pire des mondes possibles". Tout se dégrade.
Concernant la corrida, 75% des aficionados (Français) pensent que "c'était mieux avant" ?
Il existe des raisons réelles de s'inquiéter sur le plan national comme international.
Les causes, sujet sans cesse rebattu dans ce blog, à savoir, en vrac :
dans l'arène : le prix prohibitif du billet de corrida dans certaines plazas, la TVA à 5,5%, le tercio de varas malmené quelques fois étrillé, la cape réduite à sa portion congrue, un abus, un excès de trophées engendré par les présidences techniques issues des municipalités, un public à éduquer, responsable de spectacles insipides, opposés "à la violence tortionnaire", seul point de vue de la psychanalyse sur la corrida.
hors des arènes : les menaces des partis politiques, Sumar, parti espagnol de gauche, des individus, Urtasun, ministre espagnol de la Culture, Caron, triste député français, le législateur devant interdire, ou non, la corrida aux mineurs, la stérilité de l'UVTF et l'obscur ONCT qui s'est contenté (avec l'UVTF) d'organiser au Sénat en 2016, un colloque "L'Homme et les animaux : vers un conflit de civilisations ?" en plein boum du "veganisme" et de l'animalisme, le mouvement citoyen Esprit du Sud, s'est-il essoufflé ?
Des coups de pied dans la fourmilière, tout ceci n'est pas sérieux.
Voici donc le paradoxe actuel : même désespérés, les lieux communs réconfortent. Ils nous permettent de créer du lien. Le risque est de laisser la morosité devenir notre seul terrain d'entente. Est-ce positif ? C'est un peu réducteur.
Á la fin de Candide, Voltaire laisse son héros revenir à un geste modeste, loin des poncifs et des banalités : "Il faut cultiver notre jardin". Le climat a changé mais ne décrétons pas trop vite que tout va bien ni affirmer en adéquation que tout finira mal, mais faire en sorte d'oeuvrer, pour ce qui peut l'être, patiemment, à notre niveau, à hauteur d'humain. Mais que de bras improductifs et de cerveaux marqués par la futilité : un vrai gâchis.
Gilbert Lamarque
/image%2F2446978%2F20251204%2Fob_db3b8d_brindis-d-or.jpg)
/image%2F2446978%2F20251204%2Fob_229c6f_brindis-d-or-toros.jpg)
/image%2F2446978%2F20251204%2Fob_f74daf_palmas-y-pitos-2025.jpg)
/image%2F2446978%2F20251203%2Fob_4b2af3_fstf-congres-2025.jpg)
/image%2F2446978%2F20251203%2Fob_92e978_fstf17quissac.jpg)
/image%2F2446978%2F20251202%2Fob_fc7e59_afvt.jpg)
/image%2F2446978%2F20251202%2Fob_d49907_yeguiso-orthez.jpg)
/image%2F2446978%2F20251202%2Fob_430d7a_toros-2253-couv-seule-page-001.jpg)