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billet d'humeur

FOCUS

Publié le par Cositas de toros

             Voilà que depuis peu de temps, un mot, un élément perturbateur, incongru ou plutôt inapproprié est venu infester (c'est un bien grand mot), les colonnes de quotidiens traitant de tauromachie comme un pet lors d'une réunion. Focus, un tic de langage bien éloigné du jargon du mundillo. 

     On ne se concentre plus aujourd'hui, on préfère "être focus". Le comble a été visiblement atteint depuis qu'on se retrouve, comme cet été, avec le changement climatique, "focus sur les feux de forêt". Un comble, pourquoi ? tout simplement parce que le feu descend en droite ligne de focus, lequel signifiait, dans la langue de Cicéron, "foyer, bûcher". Rendez-vous compte, c'est un pléonasme incendiaire !

     Nous avons bien en stock, le verbe se focaliser mais c'est ringard. Restons branché ; alors sommes-nous condamnés à subir et résister à cette bande de focus ?

     Dans le domaine optique et en photographie, c'est juste une mise au point ! Et bien, en voila une !

     Attention, le "momentum" n'est pas loin de nous submerger. Des termes employés à tout va.

      Bon, c'est la rentrée, assez joué à l'instit, pardon, au professeur des écoles.

     À bon entendeur, salut. Restez focus.

                      Gilbert Lamarque

     

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Miracle à Bilbao

Publié le par Cositas de toros

              Une entrée historique, un "no hay billetes" qui n'avait pas été épinglé au panneau depuis 2011, avec Ponce, El Juli, Perera et les toros de Victoriano del Río, le même fer que ce jour du 27 août 2026.

     Le cartel : Diego Urdiales (le chou-chou), Talavante, Roca Rey. Corrida décevante, est-il utile que j'ajoute le manque de caste et de force des Victoriano del Río ?

     Au palco, l'inamovible Matías, impassible concéda une oreille malgré les tendidos réclamant la seconde. Roca Rey se jeta pour tuer le 6e sans muleta, sous le crachin, une habitude, et de fortes rafales de vent (oreille, oreille).

     L'ovation à Diego Urdiales dès le paseo terminé, en souvenir de sa tarde de l'an passé (salut et salut). Talavante (silence bis).

     Les tendidos explosèrent devant l'actuación du péruvien. Autre miracle, on ne dénombra à la fin aucun mort !

     Dès le lendemain, les marchands du temple bayonnais n'hésitèrent pas à graver en grosses lettres :

          ROCA REY RÉVOLUTIONNE BILBAO !

          2 OREILLES ! IL A TUÉ SANS MULETA !

          IL SERA Á BAYONNE

          . . . Les stars sont là !

     "C'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens", ou formule plus appropriée : " C'est à la fin que l'on compte les bouses".

     Ce fait surnaturel, attribué à la puissance divine, invita dès le lendemain, les membres de la Junta Administrativa de Vista Alegre à brûler quantité de cierges à la basilique de Begoña.

               Gilbert Lamarque

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Quand t'es dans le désert . . .

Publié le par Cositas de toros

. . . depuis trop longtemps . . . 

Remettons à la lumière Jean-Patrick Capdevielle - tube de 1979 . . . depuis combien de jours tu tiens bon.

          Le dérèglement climatique n'a jamais autant pesé sur nos vies et nos corps. Jamais nous n'avons vécu une telle succession de canicules, un tel record d'incendies, un tel niveau d'assèchement de nos sols et de pénurie d'eau. Tous les éléments de la catastrophe climatique ont été réunis, en un condensé de ce qui nous attend avec certitude dans les prochaines années. S'adapter, adapter nos vies. Le toro s'adapte t'il en 48h à tous ces changements invalidants de lieu, de climat, de bruit, d'odeurs ?

     Nous supportons à grand peine, la traversée du désert, la temporada s'épuise, s'étiole et nous ennuie. La première cause est bien le dérèglement climatique, mais depuis la nuit des temps, des femmes et des hommes y vivent, les traversent, s'en inspirent ou s'y perdent. Á jamais survivre dans les territoires hostiles. Et comme "sous les pavés, la plage", sous le sable, la mer. "La mer toujours recommencée" écrivait Paul Valéry dans "Le cimetière marin". Allons nager dans l'écume des vagues qui recouvre l'estran, zone difficile où il nous faut supporter le vent, le soleil, l'eau salée. . . Les toros se mélangent les pinceaux, les figuras se pincent les lèvres et du bout des doigts tiennent la flanelle, les gradins se pâment, les aficionados grondent. Oui, elle est bien là cette traversée du désert. Les arènes "importantes" crient au lleno pendant que les modestes placitas dédiées au toro-toro se morfondent.

     Un exemple flagrant, Roquefort, la Monumental des pins, inscrite au Monuments Historiques, bientôt ce petit patrimoine rural sentira la naphtaline ou, plongée dans le formol verra les quelques touristes s'extasier et les vieux aficionados grincheux, pleurer, et l'on passera en vitesse en pélerinage autour du 15 août avant de nous diriger vers Dax, la grande, vêtus de rouge et blanc. Mais avant celà, elle publiait son cartel du 15 août dans l'anonymat, sans publicité triomphante, qui vous jetait à la figure, toute son histoire taurine. L'a t'on oubliée ? Je me tue à le répéter depuis des années, les placitas, les novilladas, ce sont le parent pauvre vous savez, celui éloigné de la famille qui a moins de réussite financière et que l'on invite par obligation ou que l'on traite avec condescendance. C'était ça à l'origine, aujourd'hui, on ne l'invite plus !

     Mais à quoi bon s'irriter, prêcher dans le désert devant l'indifférence générale, retrouvons le calme, celui de la p(l)age, et lisez le dernier roman d'Arturo Pérez Reverte, "Ligne de feu" où l'action se situe le 24 juillet 1938 par une nuit sans lune. La dernière grande bataille de la guerre civile espagnole - la bataille de l' Èbre - va commencer. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud autour du village viticole de Castellets del Segre. Près de deux cent mille soldats vont se disputer chaque colline, chaque route, chaque ferme.

     "Ligne de feu" met en scène dix jours de cette bataille décisive qui fera basculer l'histoire et scellera à jamais le destin de personnages inoubliables. C'est le grand roman sur la guerre civile espagnole. On n'oublie pas que Pérez Reverte a été durant une vingtaine d'années journaliste et correspondant de guerre. Lisez-le et vous oublierez un instant toutes les tracasseries du mundillo.

     Le livre est récent. Je vous conseille aussi de vous plonger dans "Jour de colère" (2007), du même auteur, une autre bataille. Ce livre n'est ni une fiction, ni un livre d'histoire. C'est la reconstitution minutieuse du soulèvement de Madrid contre les troupes napoléoniennes le 2 mai 1808. Édifiant. Francisco de Goya a représenté, plus tard en 1814, la scène du Dos de mayo, la révolte contre Joseph Bonaparte "Pepe Botella". Ce livre vous captivera.

     Faites en sorte que l'IA soit vos lectures !

     Bonne fin d'été.

                                    Gilbert Lamarque

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AU PLUS HAUT DES CIEUX

Publié le par Cositas de toros

             Le lundi 14 novembre 2022, un taureau ailé - rien à voir avec une marque de riz - a été posé au sommet de la première tour de la Sagrada Familia. (?) N'en déplaise au gouvernement catalan abolitionniste , un taureau trône désormais au sommet de l'une des tours de la célèbre cathédrale, alors que les oeufs de Dali occupent la place d'honneur de la Monumental symbolisant selon Salvador la fertilité et l'éternité . . .

Antonio Gaudi,  l'architecte et concepteur d'un tel édifice, était-il aficionado ? La première pierre a été posée il y a 144 ans, le 19 mars 1882. Á cette époque, point d'animosité envers les toros, les hostilités n'étaient pas encore déclarée entre Barcelone et Madrid.

     Les quatre tours sont dédiées, l'une à saint Marc, l'une à saint Jean, une autre à saint Matthieu, et la quatrième où plane le taureau, à saint Luc. Les tours saint Jean et saint Matthieu sont surmontées de figures du tétramorphe, respectivement d'un lion ailé, d'un aigle et d'un ange - autre animal ailé. Les tours de nos quatre évangélistes atteignent au total 135 mètres et celle figurant Jésus-Christ - à tout seigneur tout honneur - mesurera 172, 5 mètres ce qui fera de la Sagrada Familia à son achèvement  la plus haute église du monde ¡OLE!

     La sculpture en marbre, oeuvre de l'artiste Xavier Medina Campany, perchée sur les hauteurs, mesure 4,5 mètres de haut. C'est une succession de records.

     Alors ce taureau est-il à la gloire de la corrida ? Curieux sur un tel monument religieux. Il est tout simplement le symbole de saint Luc. Est-il important pour nous de savoir si Antonio Gaudi ou Le Corbusier étaient de véritables aficionados. Certains trouveront totalement inutile de lire les biographies de toreros qu'ils n'ont jamais vus. Savoir que Frascuelo s'appelait Salvador Sánchez, cela n'a aucune utilité. Est-il nécessaire à un musicien de connaître les oeuvres de Debussy et Ravel. Sans aucun doute. Un véritable passionné se doit de lire tout sur la tauromachie et savoir reconnaître la contribution de chacun de ces toreros de Pedro Romero, Costillares, Paquiro, Cúchares, Guerrita, Joselito et Belmonte . . . car la tauromachie d'aujourd'hui est le fruit de celle d'autrefois. Nous respecterons chaque élément précurseur et élément essentiel de la Fiesta.

     Ici, à Barcelone et plus particulièrement en Catalogne, les corridas sont de l'histoire ancienne. Si l'interdiction votée par le Parlement régional en 2011 a été levée par Madrid en 2016, aucune corrida n'a été organisée depuis car trop polémique et pas assez tentable.

     Alors un toro sur les tours de la Sagrada Familia ! Ici, notre cornu est source des évangiles. Luc débute l'évangile dans le temple de Jérusalem où des sacrifices étaient pratiqués à l'époque : le taureau est sacrifié, "touche pas à mon image !" Vous êtes déçus.

     Les trois autres évangélistes étaient chacun accompagnés, saint Marc prédicateur du désert par un lion, saint Jean, le spirituel, prend de la hauteur, et voici l'aigle et saint Matthieu par un ange - curieux animal.

     Tandis que la Plaza Monumental accueillent des concerts et des foires en tout genre et, ironie de l'histoire, le plus grand festival végan d'Espagne, on peut rêver à ce taureau qui vous domine et qui laisse croire aux incrédules et aux mécréants que nous sommes à porter haut les couleurs de la tauromachie et à croire, naïfs invétérés qu'il veillera sur le jeune torero catalan Mario Vilau durant la temporada.

Mario Vilau

     Ce toro de saint Luc est, avant tout, un pied de nez à la politique promue par les nationalistes et indépendantistes catalans contre un des symboles de l'identité espagnole. On se console comme on peut.

     Mais ce taureau à quoi correspond-il dans nos traditions chrétiennes ? Il répond dans un trait biologique propre aux bovins : ils ruminent, ils mâchent et remâchent le foin paisiblement comme saint Luc l'a fait pour les paroles de Jésus.

     Et si c'était un boeuf ?Référence décalée. "Á la saint Luc, lou gran truc" avait-on l'habitude de dire autrefois en référence au pic migratoire des palombes à la mi-octobre. Aujourd'hui, ce dicton tient plus du mythe que de la réalité. Le passage des oiseaux bleus s'est probablement "un peu" décalé dans le temps

     Nous vivons une drôle d'époque. Alors taureau ou pas toro ? Et pourquoi pas un véritable toro de bandera  !

                   Gilbert Lamarque

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Madeleine, l'affiche

Publié le par Cositas de toros

 

L'affiche des fêtes, petit accommodement en famille...

          Cela instruit une époque partagée entre la consommation et l'"intélectualité" à deux balles, sorte de compromis dans la consommation "culturelle" et matérielle ! On y réfléchit, on se fait plaisir. Les couleurs sont tristes, loin des couleurs de la fête ; ou bien, c'est pour traduire le drame qu'inspire la corrida (?).

     Ces petites combines, héritage de la précédente municipalité, cadeau de tonton Dayot à l'ex-matador local inscrit sur la liste du perdant,* à sa compagne, jeune femme en fleurs et au fruit de leur union. Le photographe Cyrille Vidal récidive après sa production 2021. "Il a voulu traduire la cavalcade (arguments à l'appui) : c'est raté.

     Ce toro/monstre semble menacer la gamine du couple, fade sosie de son père, des tendidos déserts, quelques pâles hortensias jetés savamment sur le sable donnent à l'ensemble, un aspect des plus sinistres. C'est nul et ce non-évènement ne mérite pas ces quelques lignes. Une petite dépense dont on aurait pu dispenser les Montois.

     Enfin, les promesses des cartels semblent plus alléchantes, n'ayant rien à envier aux Ferias d'Arles et de Nîmes ! Rien à envier aussi aux affiches, celle de Nîmes "créée" par l'architecte du Mucem de Marseille, Rudy Riccioti qui a choisi la sombre silhouette d'un toro sur fond de sable blond. Cette ombre est inquiétante. Notons que cette affiche a été choisie pour être l'affiche des Ferias, et non de la fête comme l'affiche montoise la représente. Une bien pâle réalisation pour soutenir ou célébrer les cultures taurines.

 

 

     Où sont les peintres et affichistes, choyés par les collectionneurs comme Juan Reus, Carlos Ruano Llopis (clin d'oeil à Saint-Sever 1936) et autres artistes tel Antonio Casero, Andres Martínez de Leon, Santos Saavedra ? Je pense également aux collectionneurs de Billets, autres orphelins !

     Au Moun, les affiches précédentes comme Botero ou la "madeleine" avaient nourri l'actualité...

Autre temps, autres productions indigentes.

                            Gilbert Lamarque

*NB. Une perfide erreur s'est glissée malencontreusement : ce n'est pas l'ex-matador T. Dufau qui était inscrit sur la liste du perdant Dayot, mais El Monteño, Mathieu Guillon. Thomas Dufau soutenait, en coulisses, le gagnant, Frédéric Dutin.... titanesque détail !

Merci aux lecteurs assidus de leur message. Mille excuses à Thomas Dufau.

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