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billet d'humeur

AU PLUS HAUT DES CIEUX

Publié le par Cositas de toros

             Le lundi 14 novembre 2022, un taureau ailé - rien à voir avec une marque de riz - a été posé au sommet de la première tour de la Sagrada Familia. (?) N'en déplaise au gouvernement catalan abolitionniste , un taureau trône désormais au sommet de l'une des tours de la célèbre cathédrale, alors que les oeufs de Dali occupent la place d'honneur de la Monumental symbolisant selon Salvador la fertilité et l'éternité . . .

Antonio Gaudi,  l'architecte et concepteur d'un tel édifice, était-il aficionado ? La première pierre a été posée il y a 144 ans, le 19 mars 1882. Á cette époque, point d'animosité envers les toros, les hostilités n'étaient pas encore déclarée entre Barcelone et Madrid.

     Les quatre tours sont dédiées, l'une à saint Marc, l'une à saint Jean, une autre à saint Matthieu, et la quatrième où plane le taureau, à saint Luc. Les tours saint Jean et saint Matthieu sont surmontées de figures du tétramorphe, respectivement d'un lion ailé, d'un aigle et d'un ange - autre animal ailé. Les tours de nos quatre évangélistes atteignent au total 135 mètres et celle figurant Jésus-Christ - à tout seigneur tout honneur - mesurera 172, 5 mètres ce qui fera de la Sagrada Familia à son achèvement  la plus haute église du monde ¡OLE!

     La sculpture en marbre, oeuvre de l'artiste Xavier Medina Campany, perchée sur les hauteurs, mesure 4,5 mètres de haut. C'est une succession de records.

     Alors ce taureau est-il à la gloire de la corrida ? Curieux sur un tel monument religieux. Il est tout simplement le symbole de saint Luc. Est-il important pour nous de savoir si Antonio Gaudi ou Le Corbusier étaient de véritables aficionados. Certains trouveront totalement inutile de lire les biographies de toreros qu'ils n'ont jamais vus. Savoir que Frascuelo s'appelait Salvador Sánchez, cela n'a aucune utilité. Est-il nécessaire à un musicien de connaître les oeuvres de Debussy et Ravel. Sans aucun doute. Un véritable passionné se doit de lire tout sur la tauromachie et savoir reconnaître la contribution de chacun de ces toreros de Pedro Romero, Costillares, Paquiro, Cúchares, Guerrita, Joselito et Belmonte . . . car la tauromachie d'aujourd'hui est le fruit de celle d'autrefois. Nous respecterons chaque élément précurseur et élément essentiel de la Fiesta.

     Ici, à Barcelone et plus particulièrement en Catalogne, les corridas sont de l'histoire ancienne. Si l'interdiction votée par le Parlement régional en 2011 a été levée par Madrid en 2016, aucune corrida n'a été organisée depuis car trop polémique et pas assez tentable.

     Alors un toro sur les tours de la Sagrada Familia ! Ici, notre cornu est source des évangiles. Luc débute l'évangile dans le temple de Jérusalem où des sacrifices étaient pratiqués à l'époque : le taureau est sacrifié, "touche pas à mon image !" Vous êtes déçus.

     Les trois autres évangélistes étaient chacun accompagnés, saint Marc prédicateur du désert par un lion, saint Jean, le spirituel, prend de la hauteur, et voici l'aigle et saint Matthieu par un ange - curieux animal.

     Tandis que la Plaza Monumental accueillent des concerts et des foires en tout genre et, ironie de l'histoire, le plus grand festival végan d'Espagne, on peut rêver à ce taureau qui vous domine et qui laisse croire aux incrédules et aux mécréants que nous sommes à porter haut les couleurs de la tauromachie et à croire, naïfs invétérés qu'il veillera sur le jeune torero catalan Mario Vilau durant la temporada.

Mario Vilau

     Ce toro de saint Luc est, avant tout, un pied de nez à la politique promue par les nationalistes et indépendantistes catalans contre un des symboles de l'identité espagnole. On se console comme on peut.

     Mais ce taureau à quoi correspond-il dans nos traditions chrétiennes ? Il répond dans un trait biologique propre aux bovins : ils ruminent, ils mâchent et remâchent le foin paisiblement comme saint Luc l'a fait pour les paroles de Jésus.

     Et si c'était un boeuf ?Référence décalée. "Á la saint Luc, lou gran truc" avait-on l'habitude de dire autrefois en référence au pic migratoire des palombes à la mi-octobre. Aujourd'hui, ce dicton tient plus du mythe que de la réalité. Le passage des oiseaux bleus s'est probablement "un peu" décalé dans le temps

     Nous vivons une drôle d'époque. Alors taureau ou pas toro ? Et pourquoi pas un véritable toro de bandera  !

                   Gilbert Lamarque

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Madeleine, l'affiche

Publié le par Cositas de toros

 

L'affiche des fêtes, petit accommodement en famille...

          Cela instruit une époque partagée entre la consommation et l'"intélectualité" à deux balles, sorte de compromis dans la consommation "culturelle" et matérielle ! On y réfléchit, on se fait plaisir. Les couleurs sont tristes, loin des couleurs de la fête ; ou bien, c'est pour traduire le drame qu'inspire la corrida (?).

     Ces petites combines, héritage de la précédente municipalité, cadeau de tonton Dayot à l'ex-matador local inscrit sur la liste du perdant,* à sa compagne, jeune femme en fleurs et au fruit de leur union. Le photographe Cyrille Vidal récidive après sa production 2021. "Il a voulu traduire la cavalcade (arguments à l'appui) : c'est raté.

     Ce toro/monstre semble menacer la gamine du couple, fade sosie de son père, des tendidos déserts, quelques pâles hortensias jetés savamment sur le sable donnent à l'ensemble, un aspect des plus sinistres. C'est nul et ce non-évènement ne mérite pas ces quelques lignes. Une petite dépense dont on aurait pu dispenser les Montois.

     Enfin, les promesses des cartels semblent plus alléchantes, n'ayant rien à envier aux Ferias d'Arles et de Nîmes ! Rien à envier aussi aux affiches, celle de Nîmes "créée" par l'architecte du Mucem de Marseille, Rudy Riccioti qui a choisi la sombre silhouette d'un toro sur fond de sable blond. Cette ombre est inquiétante. Notons que cette affiche a été choisie pour être l'affiche des Ferias, et non de la fête comme l'affiche montoise la représente. Une bien pâle réalisation pour soutenir ou célébrer les cultures taurines.

 

 

     Où sont les peintres et affichistes, choyés par les collectionneurs comme Juan Reus, Carlos Ruano Llopis (clin d'oeil à Saint-Sever 1936) et autres artistes tel Antonio Casero, Andres Martínez de Leon, Santos Saavedra ? Je pense également aux collectionneurs de Billets, autres orphelins !

     Au Moun, les affiches précédentes comme Botero ou la "madeleine" avaient nourri l'actualité...

Autre temps, autres productions indigentes.

                            Gilbert Lamarque

*NB. Une perfide erreur s'est glissée malencontreusement : ce n'est pas l'ex-matador T. Dufau qui était inscrit sur la liste du perdant Dayot, mais El Monteño, Mathieu Guillon. Thomas Dufau soutenait, en coulisses, le gagnant, Frédéric Dutin.... titanesque détail !

Merci aux lecteurs assidus de leur message. Mille excuses à Thomas Dufau.

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le retour du messie

Publié le par Cositas de toros

                     Morante annonce son retour le 5 avril, dimanche de Pâques. Pour preuve, ce jour, il n'y aura pas que les cloches revenues. En effet, El de la Puebla effectue son retour dans l'arène pour la corrida de Pâques à Séville. Le suspens n'aura guère duré et les rumeurs prennent fin avant le printemps.

     Nombreux sont ceux qui accueilleront sa "réapparition" avec enthousiasme. Le Messie ressuscité le jour de Pâques, José Antonio Morante Camacho ne fait pas dans la demi-mesure.

     Un effet d'annonce, n'en déplaise à ses nombreux fans transis, qui causera une forte mobilisation se traduisant, bien au-delà d'un feu de paille. Souhaitons-lui un retour solide, un défi contre lui-même, bien solide dans sa tête, à l'aise dans ses zapatillas. Morante raccrochera son postiche, mais attention, il lui faudra, la prochaine fois, faire preuve d'une subtile imagination !

     Passé la période de turbulences, l'arène va t'elle retrouver sa quiétude en pleine effervescence ?

                       Gilbert Lamarque

 

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La novillada en déliquescence

Publié le par Cositas de toros

               Spectacle déjà peu fréquenté, la novillada, en cette fin de temporada, semble fragile. On note plusieurs facteurs favorisant cet état.

     Tout d'abord, l'absence de véritables leaders la tirant vers le haut, ensuite les derniers blessés de septembre : Bruno Aloi, Joao d'Alva, Julio Norte, Mario Vilau ... , les dernières alternatives : Villita, Garcia Pulido, Aarón Palacio, l'ensemble éclaircissant les rangs. Quant au pamplonais Bruno Martínez, il a décidé de mettre fin à sa courte carrière pour raisons "personnelles". Le 7/09, il avait été blessé à Peralta par un Cebada Gago.

     Que reste-il ? Beaucoup de jeunes apprentis à la personnalité incertaine. Laissons leur le temps de s'aguerrir et plus surprenant, de nous proposer le tercio de palos, trop rare de leur part, aujourd'hui. L'art du brindis et du jeté de montera par dessus l'épaule sont acquis, tout comme le desplante. Alors, comme l'a dit Morante, "on ne peut pas apprendre à quelqu'un à toréer", les écoles sont là pour enseigner les bases, la technique, au novice à se prendre en main pour affirmer leur caractère ainsi que leur originalité avant que d'imiter Roca Rey, Luque, Manzanares et consorts.

     Hier, j'encourageai l'aficionado à se rendre aux arènes, mais aujourd'hui, dans ce contexte chaotique, j'y mettrai quelques hésitations. La novillada piétine par un manque flagrant de novilleros punteros, peu aidée par une piètre production artistique et la fadeur de la personnalité des jeunes toreros. Que de bons novillos voit-on galvauder par l'étoffe ou l'acier ?

     En France, les 7 arènes de 1ère catégorie se font tirer l'oreille pour organiser lors des fêtes et des ferias : 9 novilladas pour cette temporada préférant proposer 36 corridas (hors portugaise ou rejon). Nous pouvons le comprendre. 9 novilladas où les tendidos ne se remplissent guère.

     Autre observation, en 2021, Manuel Perera est au sommet de l'escalafón avec seulement 28 paseos, son dauphin, Isaac Fonseca, pointe avec 21 contrats. L'an passé, c'était Marco Pérez qui était premier au classement avec 38 contrats, Javier Zulueta le talonnait avec 35 paseos.

     En revanche, Miguel Baez "Litri" toréa 114 novilladas en 1949 lorsqu'il formait la fameuse pajera avec Julio Aparicio. Une pajera de novilleros dont la renommée et le succès dépassèrent tout ce que l'on a pu enregistrer depuis. Aparicio, cette année-là, toréa 72 novilladas. L'année suivante, Litri compta 87 paseos, Aparicio 91. Tout ceci en attendant El Cordobès qui battra en 1970 un record qui semblait inaccessible, celui de 121 paseos mais nous sommes à l'échelon supérieur, en corrida. Jesulin de Ubrique atteignit les sommets en 1994, participant à 164 corridas sachant que la qualité et le bon goût ne rivalisent pas avec quantité !

     L'heure n'est plus aux records mais à l'inquiétude, la novillada souffre. Le contexte difficile à endiguer est peu propice à la "reconstruction". Alors ?

                               Gilbert Lamarque

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SE TIRER LA BOURRE...

Publié le par Cositas de toros

           

               Vendredi 12 septembre. Salamanque. Corrida 100% féminine : 

         2 toros de Sanchez y Sanchez pour Lea Vicens, une oreille et silence après avis

         4 novillos de Montalvo pour Raquel Martín, une oreille et silence après avis et Olga Casado, une oreille et une oreille

     Pour la première corrida de la Feria de la Virgen de la Vega, et pour sa première fois, Olga Casado s'est mesurée à su compañera Raquel Martín. La nouvelle égérie est à créditer d'une belle prestation.

     Raquel Martín et Olga Casado, novilleras les plus prometteuses de l'escalafón ? (elles sont quasiment les seules). Les voir en concurrence avec les garçons et leur damer le pion dans ce bas monde de machos ! Enfin secouer le cocotier. Il est grand temps, le monde de la novillada s'étiole, les tendidos tant abandonnés vont se dépeupler.

 

Olga Casado

     Olga Casado s'est révélée à Madrid, aux arènes de Vista Alegre lors du festival au profit des personnes touchées par Dana. Coupant une queue et sortant a hombros, Olga est issue de l'École de Tauromachie Yiyo de Madrid qu'elle rejoignit en 2018 à 16 ans.

 

Raquel Martín

     Nous connaissons un petit peu mieux Raquel Martín, la jeune novillera de Salamanque a débuté à l'École Taurine avec  José Ignacio Sanchez. Future infirmière, elle eut de bons résultats face aux erales de Gallon en Arles. Á ses débuts en piquée à Olivenza, le 4 mars face à un novillo d'El Freixo, elle conclue d'une entière fulminante (2 oreilles).

     Vont-elles briser les barrières ? Cela donnerait un peu de piment à la salsa novillerilla pour la prochaine temporada. On attend la concurrence ardemment, à suivre ... 

                            Gilbert Lamarque

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