Le jeune torero de Salamanque est resté au pied de ses ambitions à Las Ventas. Résultat net : silence, silence, silence, saluts, vuelta et palmas. Voila le point final de sa carrière de novillero, Nîmes l'attend pour son alternative avec Morante pour parrain, Talavante pour témoin.
Pour ceux qui l'ont suivi sur Telemadrid, une chose est certaine, Marco Pérez est un technicien hors pair démontrant comme à son habitude aguante et courage.
Demain, il affrontera des toros de 4 ans. Le gamin est petit, le toro, grand. Peu performant aux aciers, le futur matador devra redoubler d'efforts et de technique. Les novillos de Madrid, Fuente Ymbro et El Freixo ne développaient guère d'armures démesurées. Ce fut l'échec à l'épée où El Juli, 30 ans plus tôt à Las Ventas, dans un solo de la même espèce, sortit son épingle du jeu. Point de Puerta Grande pour Marco.
Nîmes l'attend avec les "yeux de Chimène". Rodrigue triomphera-t'il ? Avec des Garcigrande dans le "style" détestable du 9 mai à Séville (!), le doute est permis.
Malgré tout, le bilan novilleril de l'enfant prodige - en en connut d'autres - Emilio Muñoz, par exemple, prit l'alternative à l'âge (17ans) où certains en sont encore aux novilladas sans picadors, se retirant où les autres prennent l'alternative. Le "Mozart de la tauromachie" fit quelques fausses notes et essuya quelques broncas. En 1986, après une brève carrière et des promesses flétrissantes, il se retira amorçant en 2003 sa participation aux retransmissions télévisées avec Manolo Molés.
Ne voyez surtout pas, ici, une ébauche de la future carrière de Marco Pérez - exit Mme Irma. Souhaitons-lui un parcours où il distillera son immense talent. Seul le temps nous le dira. Nîmes privilégie les triomphes majuscules, alors, parions que la Porte des Consuls s'ouvre pour l'occasion.
Dans les années 1930, deux chercheurs nazis voulurent ressusciter l'aurochs, pour remplacer les races dégénérées de taureaux.
Y aurait-il, aujourd'hui, de nouveaux apprentis sorciers pour sauver et faire "revivre" les espèces à jamais éradiquées ?
La corrida "spectacle d'exception" dont les valeurs tout comme l'aurochs ont tendance à disparaître du paysage par la faute de cartels manquant d'originalité et d'une dose non négligeable de toros en déconfiture.
J'en veux pour preuve les indigestes Hermanos García jiménez et Olga Jiménez désignés pour les figuras que sont Morante, José María Manzanares et Talavante à Séville, le 5 mai, lors d'une tarde de "no hay billetes", un indéniable défilé de mansotes et, aussi les médiocres Garcigrande du 9 mai dans ces mêmes lieux et, quelques jours plus tard, le 11 mai à Madrid où deux invalides de Fuente Ymbro furent changés, les quatre autres accusant faiblesse, mansedumbre et provocant l'aigreur et l'irritation du conclave et, hélas, la résignation des autres soit la majorité.
L'affiche prometteuse avait provoqué la montée en puissance des abonnements. Sur la carte les plats sont éclatants et vous font saliver, mais au final l'indigestion est à son comble.
Quand cesserons-nous d'engendrer cet abonnement imbécile ? Les déconvenues sont multiples et l'amertume à son plus haut degré.
Au final, ne vaut-il pas mieux un aficionado frustré qu'un aficionado trahi, trompé ou pire, désabusé ? De la frustration naît la lassitude, l'abandon mais compte tenu de cet engouement pour l'abono, les eaux du Guadalquivir n'en finiront pas de se jeter dans l'Atlantique.
En 2025, la corrida des Fêtes de RISCLE aura lieu le samedi 2 août
La matinée débutera par la novillada sans picador de 11h00 avec 3 novillos de Barcelo.
Un spectacle tourné vers l'avenir où Diego Mateos, Bautista Angosto et Clovis pourront s'exprimer.
Suite à cette matinée taurine au pied des arènes, pause musicale avec les Armagnacs, suivi du désormais repas traditionnel thon-pipérade, animé par les Armagnacs.
18h00 Corrida de Toros
Avec là aussi des toros exclusivement français en competencia avec les ganaderias de Cuillé, Jalabert frères, Barcelo, Blohorn, La Suerte et Malaga (présentation en corrida).
Au cours des dernières temporadas, ces élevages français ont été en constante progression.
Cette course verra la présentation de trois nouveaux matadors à Riscle.
Le chef de lidia sera la révélation de Madrid du 2 mai dernier Alvaro LORENZO, matador à fort potentiel, le triomphateur de la capitale espagnole 2019 fera son grand retour en France.
Il sera accompagné par le diestro banderillero Jésus Enrique COLOMBO, grand triomphateur de Pamplona 2023, 2024 devant les terribles Miuras.
Le cartel sera complété par la promesse du sud-ouest, le jeune matador Dorian CANTON qui aura à coeur de conquérir l'aficion de sa terre.
Ouverture de la billetterie en pré réservation dès maintenant par mail et par téléphone à partir du 21 juillet.
Dans le cadre de l'accord UVTF/école d'aficion, 200 places seront offertes aux moins de 25 ans (sur présentation d'un justificatif d'identité).
La légende raconte que le torero Ramón Ortega, qui, selon Joseph Kessel, correspondant français de la guerre civile pour le quotidien Le Matin, fut condamné à mort par la République mais contraint de combattre dans une corrida de charité à Valence. Il toréa avec tant de panache, tuant six toros sans frémir qu'il fut "gracié" par le public, ce qui a incité les autorités à lui permettre d'entrer dans la zone nationaliste, "chez Franco". Selon Kessel, en plus d'être libéré, il reçut une somme d'argent substantielle. Il resta ensuite du côté républicain, se rendit à Madrid comme chauffeur de taxi et accompagna Kessel pendant son "séjour" madrilène. (!!!)
Joseph Kessel
Durant les premiers mois de l'année 1936, le nombre de corridas diminua sensiblement. Le chômage, la misère marquaient la situation sociale et économique du pays. Quant aux jeunes, profondément politisés à gauche et à droite, pris dans un militantisme actif, ils étaient déjà bien occupés. Par ailleurs, une partie du public subissait l'influence de la campagne d'extrême gauche tendant à obtenir la suppression des spectacles taurins "dénigrant l'Espagne aux yeux des étrangers". Il y aura également cette opposition d'intérêts professionnels menée par Marcial Lalanda, qui aura pour conséquence d'éloigner durant quelques temps les toreros mexicains, des arènes européennes, le fameux "pleito" qui débuta au printemps 1936.
La temporada 1936 compta 76 corridas jusqu'au déclenchement du conflit. Á Madrid, le dernier paseo du temps de la paix eut lieu le 5 juillet avec Chicuelo, Maravilla et Valencia II et les toros de l'élevage de López Cobo. Le 12 juillet à El Ferrol - cité natale de Franco - les frères Bienvenida estoquaient un encierro de la Viuda de Felix Gómez ... les ruedos se vidèrent car les chefs nationalistes décrétèrent la suspension de tous les spectacles taurins et autres dans la zone qu'ils contrôlaient. Côté républicain, l'interdiction interviendra plus tard, le 4 juillet 1937, lorsque le gouvernement se sera replié de Madrid à Valence. Tous ces derniers spectacles se déroulent dans un climat particulier, dans un but patriotique, les toreros y participant, la plupart du temps, bénévolement. Á Barcelone, le 16 août 1936, les toreros défilèrent coiffés du calot de milicien portant l'étoile rouge à 5 boucles et ils saluèrent le poing levé au son de l'Internationale. Le même jour, à Madrid, les hommes en piste avancèrent de même, avec la Bandera roja.
1937 verra les quatre dernières corridas se dérouler du côté républicain, une à Valence, trois à Barcelone dont la dernière, le 12 septembre et la Fiesta brava disparut totalement de l'Espagne républicaine.
Durant cette année, de nombreux matadors ont pris le chemin de l'Amérique : Manolo Martínez, Cagancho, Victoriano de la Serna, Carnicerito de Málaga, Jaime Noaim et Domingo Ortega. Ils vont chercher l'intérêt économique qu'ils ne trouvent plus en Espagne.
Ces années auront donc vu l'extermination d'une grande partie de l'élevage de bravos. Outre les vengeances, la haine, l'anarchie régnantes, se rajoutaient le problème alimentaire et la pénurie de viande. On a estimé à 12 000, le nombre de bêtes abattues durant le conflit. Domingo Ortega, né en 1908 à Borox (Tolède) vit le massacre de son élevage par les "rouges" au début de la guerre civile, élevage qu'il avait acheté au duc de Veragua en 1931.
Domingo Ortega
Dans un tel contexte et "pleito" oblige, la présence du mexicain Ramón Ortega, né en 1927 à Chihuahua, il a 9 ans au déclenchement du conflit ! Sachant qu'il ne prit l'alternative que le 1er janvier 1956 à Ciudad Delicias, il est bien difficile de s'imaginer le mexicain en corrida à Valence !
Alors, Ramón ou Domingo ?
Ramón Ortega
Bien sûr, le nom du torero n'était pas Ramón mais Domingo Ortega qui combattit à Valence en 1936, "forcé à combattre" et qui partit ensuite en France et de là rejoignit le camp nationaliste avant, finalement de voguer vers les Amériques.
Fin de la fable
La réalité est que rien de tout cela ne s'est produit. Le Chauffeur de taxi s'est probablement "moqué" du reporter. Kessel s'est fait raconter une mauvaise histoire. Une infox, une fake news, cela existait déjà !