La préfecture des Bouches-du-Rhône a accordé à Jean-Baptiste Jalabert une dérogation pour organiser, en public, une corrida le dimanche 6 juin. La direction des arènes d’Arles attendait depuis le 22 mai.
Le combat Casas-Jalabert joue les prolongations.
Donc, le contrat signé au début avril est confirmé concernant l’alternative de El Rafi avec Daniel Luque et Adrien Salenc face aux toros devenus incontournables de Pedraza de Yeltes. Deux Nîmois à Arles, le premier passant son doctorat, le second agissant comme témoin : ¡que lastima!
Simon Casas qui avait dû décalé Pentecôte les 12 et 13 juin, avait annoncé cette alternative avec Antonio Ferrera et Juan Ortega, le samedi 12 après avoir préalablement prévu Enrique Ponce et El Juli !
… et El Rafi confirmera à Nîmes son alternative, une semaine après, maigre contrepartie.
Jalabert est heureux de déclarer cette corrida comme la première de la temporada française. La guerre des drôles – pas si marrants – continue, et que l’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas ici de revanche dans l’air.
Arles lamine Nîmes quant aux alternatives, spécialité nîmoise comme la brandade. En effet, le 3 juillet, Maxime Solera sera adoubé par Morante de la Puebla – styles aux antipodes – avec les toros de La Quinta.
« J’ai signé un contrat avec Arles, je vais le respecter. J’avais demandé à Jean-Baptiste Jalabert de rompre le contrat. Il a jugé que c’était mieux de le respecter. C’est une petite déception pour les Nîmois d’autant que je voulais prendre mon alternative chez moi mais ce sera la confirmation. J’ai conscience d’être un peu une balle de ping-pong dans cette affaire. Mais j’ai une carrière à faire. J’irai donc à Arles avec beaucoup d’illusion et l’envie de réussir, la même que j’aurai quelques jours plus tard à Nîmes pour la confirmation. »
Le rêve de El Rafi de prendre l’alternative dans sa ville de Nîmes s’est effondré. Ses apoderados – Alberto García (Tauroemoción) et Patrick Varin – et lui-même ont sollicité auprès de l’empresa arlésienne l’annulation du contrat et proposaient, soit de ne pas participer à cette corrida soit d’y participer en tuant deux novillos, ce qui aurait été la despedida de novillero à Arles.
Dans ce jeu de « ping-pong », El Rafi est resté dans le filet et son amertume, extrême. Les affaires avant l’humain, c’est bien connu dans ce milieu.
Arles n’accueillera que 2 900 spectateurs, telles sont les mesures. Beaucoup de fans du Nîmois se "brosseront", ravalant eux aussi, leur salive au goût amer.
Une feria complète sur deux jours comme cela était prévu, aurait permis aux aficionados de passer un week-end sur les bords du Rhône. Venir à Arles depuis le Sud-Ouest, par exemple pour une journée, puis revenir. Non, cela en découragerait plus d’un. Malgré tout, avec une jauge de 2 900 spectateurs, peu attraperont la queue de Mickey.
Toute cette ingratitude, cet égotisme au détriment d’un torero – c’est sa tarde, bon sang ! – et des aficionados. Le feuilleton se poursuit.
L’État français, qui se réclame de l’écologie dans ses beaux discours, ose aujourd’hui franchir la ligne rouge, rouge écarlate, en posant la question des tirs sur le loup dans le cœur des parcs nationaux. Ces derniers constituent pourtant le dernier et maigre refuge de la faune sauvage. Ils représentent, pour leur partie terrestre en France, seulement 0,66 % de la superficie du territoire français ! Permettre donc la possibilité de faire feu sur une espèce protégée dans des espaces protégés.
Voici une véritable déclaration de guerre faite à la nature !
Et ne confondons pas toute la faune sauvage protégée avec le sanglier ou le chevreuil. Point ici de dérives animalistes.
L’État n’aime pas les minorités. Demain nous irons à Paris, au Muséum d’Histoire Naturelle, visiter la galerie de paléontologie, admirer les êtres « vivants » disparus de la planète comme le diplodocus, l’iguanodon ou le triceratops, un dinosaure herbivore auxquels se seront ajoutés, le loup, l’ours et le bos taurus ibericus, le taureau braveà côté de son ancêtre l’aurochs ou bos primigenius.
Tous les auteurs d’actes violents anti-loup, anti-corrida, et aussi anti-ours, anti-lynx… doivent être sanctionnés tout comme les végans ayant parfois, c’est un comble, mangé du lion, les végétaliens, certains végétariens prêchant tous, un terrorisme "animaliste". L’impunité génère la surenchère.
L’État laissera-t’il les lobbies de l’agriculture et de la chasse s’attaquer aux derniers sanctuaires de la nature ?
L’État toujours frileux. N’en sera-t’il pas de même avec la corrida ?
Car concernant la corrida, l’arène est le dernier sanctuaire du taureau de combat. Cela peut paraître contradictoire.
Le citoyen qui est profondément attaché à son patrimoine naturel, doit relever la tête et cesser de croire tous les écrits mensongers.
Par exemple, si des animaux doivent quitter le cœur des parcs nationaux, ne serait-ce pas les moutons plutôt que les loups ?
A savoir aussi que les moutons, pour une bonne partie, c’est une grosse proportion de citoyens naïfs et mal informés.
Tous ces rouleaux compresseurs qui génèrent le règne de la défiance, le régime de la rumeur, du mensonge et des coups bas.
Dans une époque comme la nôtre, faite de bruits et de narcissismes blessés, rien n’est plus difficile que d’argumenter. Ceux qui, aujourd’hui et partout, contredisent des idées, sont-là pour contredire la raison. Qu’on ne leur parle pas davantage de la vérité, coupable des pires connivences. Alors ils exhibent leurs colères, rejettent l’expérience, nient les faits, refusent à leurs contradicteurs la faculté de voir et/ou de savoir. Ainsi réduit-on certaines intelligences au silence – ou pire – à la nécessité de céder.
Considérons que le loup est une espèce clé pour le maintien d’écosystèmes équilibrés et que son lent mais continu retour à travers l’Europe apporte une nouvelle opportunité, avec cet allié naturel dans le combat contre la perte de la biodiversité et l’impact des changements climatiques. Aidons notre continent à soigner sa nature à travers une vraie transition écologique en accord avec les objectifs de l’ONU pour un développement soutenable.
Considérons aussi, que jusqu’à présent, la méthode de gestion la plus répandue en Europe est le tir de loups, qui a prouvé être non seulement contre-productive et scientifiquement injustifiable, mais qui perpétue une perception du loup d’un autre temps comme « nuisible » et « espèce à problème », ce qui empêche les citoyens de voir les aspects positifs du loup pour l’environnement et l’amélioration du niveau de vie.
Et que dire du matraquage anti-ours très bien organisé par les opposants les plus radicaux ? Il ne se passe pas une semaine sans qu’on ne voit fleurir dans la presse les poncifs habituels montés en épingle : « l’ours va faire disparaître le pastoralisme », « l’ours est dangereux pour les bergers et les randonneurs », « l’ours met l’économie touristique en péril ». Tout cela finit immanquablement par la demande insistante du retrait des ours du massif pyrénéen, en tout ou partie. Radical.
L’Europe reproche à la France le manque de protection de l’ours et son état de conservation défavorable car le noyau occidental, le Béarn, qui représente près de la moitié de l’aire de répartition dans les Pyrénées, est voué à l’extinction inéluctable sans renforcement. La France fait la sourde oreille quant à de nouvelles réintroductions conformément aux engagements pris dans son plan national ours en 2018. Trois individus ont été tués par l’homme – triste individu – en 2020, deux en Espagne, un en France.
Un projet d’arrêté du ministère de la Transition écologique fixe, pour la troisième année consécutive, les conditions de mise en place de mesures d’effarouchement dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux. On ne peut que déplorer une politique jugée illégale par la justice française début 2021, le Conseil d’État avait fait annuler, en début d’année, la possibilité de recourir à des tirs non létaux pour effrayer les ours. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un tel ministère qui doit protéger les animaux en danger d’extinction. Une ministre courbant l’échine, Barbara Pompili, invisible et discrète, une secrétaire d’état, Bérangère Abba, chargée de la Biodiversité – avec un B – discrète et invisible, comme les micro-organismes.
Voyez la manipulation de l’information sur la page Facebook où chacun prend pour parole d’évangile n’importe quelle énormité. Tout ceci nous rappelle les attaques sur la corrida. Alors, ce que l’on défend pour une cause, ne peut-elle pas être étendue aux autres ?
Soyons donc solidaires de toutes ces causes, n’en restons pas étrangers et ne soyons plus attentistes.
Aficionados, si vous êtes « contre » le loup, pensez à l’avenir du toro bravo. Qu’en sera-t’il de la géographie et des écosystèmes en Espagne notamment, après sa disparition ? Car il existe une forte complémentarité entre l’élevage taurin et la nature et qualité du milieu. Le toro garant de la protection des sites naturels. On peut étendre le sujet et ses bienfaits au delta du Rhône avec l’exemple camarguais où sont élevés 80 % des élevages français des taureaux de combat.
A l’aspect écologique, environnemental, rajoutons l’aspect économique, aspect qui serait fortement perturbé pas la disparition des retombées issues de toutes les manifestations taurines sans oublier la perte d’animations dans les villes et villages concernés ainsi que la perte d’échanges et de convivialité.
Et de ce dernier point, n’en avons-nous pas un besoin précieux ?
La tauromachie, hélas oblique vers le folklore, oubliant les règles fondamentales avec un toro déficient.
Souvenez-vous, dans la publication de Cositas du 5 mai dernier concernant les élections dans la Communauté de Madrid, j’avais donné quelques résultats "bruts". Si Isabel Díaz Ayuso est "a hombros", Pablo Iglesias, lui "se corta la coleta".
Et bien oui, il l’a fait !
« Se corta la coleta » est le titre repris en chœur par les quotidiens espagnols El Correo, El Mundo, ABC, La Vanguardia...
Avant
Une semaine après avoir quitté la politique, l’ancien vice-président du gouvernement et ex-leader de Podemos apparaît "transformé". Il a bien coupé sa queue de cheval revenant à un style plus classique. Les coiffeurs vous le diront, après une rupture, un divorce, une fin de cycle, le client souhaite un changement radical.
Pablo sans sa queue de cheval, son chignon – ces derniers temps – c’est Cyrano sans son nez, ou celui de Jean Lassalle, Le Che sans son béret – on rejoint encore Jean Lassalle – Dali sans sa moustache ou Macron sans Brigitte !…
Après
Tu n’es plus rien, Pablo, con el pelo corto, « qu’une ombre de la rue »… Après la veste récoltée au soir du 4 mai – les nuits sont encore fraîches à Madrid – te voici renaître en individu plus jeune. La crise prochaine de la cinquantaine ?
Mais, soyons prudents, nous avons vu, ô combien de fois, revenir dans les ruedos quelques vieilles gloires du toreo qui, cependant s’étaient coupé la coleta ! Pourtant, acte souvent mûrement réfléchi, rarement spontané.
La dernière feria de Bilbao s’est achevée le 25 août 2019 par une corrida de Miura séduisante sous un temps maussade devant un tiers d’entrées. Le dernier à officier fut Manuel Escribano qui balada un pavillon après avoir couché son Miura boyante d’une entière, un poil de côté. Les résultats de cette feria pouvaient être qualifiés de bons. Paco Ureña, grave et classique, 4 oreilles et puerta grande en fut le triomphateur ; Juan Leal marqua les esprits pour la troisième année de rang, et le prix de la meilleure corrida fut attribué à l’encierro de Victoriano del Rio.
Que tout ceci semble lointain !
Photo G. Lamarque
Mais voila, cette feria des Corridas Generales de Vista Alegre lors de l’Aste Nagusia (Grande Semaine) « est en perte de vitesse depuis une dizaine d’années » comme l’écrivait le quotidien de centre gauche espagnol El País au lendemain de la dernière corrida.
Comme mentionné en introduction, le spectacle était pourtant au rendez-vous, avec le triomphe de matadors et de bonnes prestations des toros. Mais cette feria souffre d’un constat amer : la fête n’attire plus. Le quotidien revenant sur ce rendez-vous estival du Pays basque espagnol, évoque Bilbao comme « une prestigieuse feria taurine, victime de l’abandon et de la lassitude. »
« 60 000 personnes ont assisté aux neuf festivités programmées, soit 45 % de la capacité maximale et loin des 150 000 spectateurs en 2007 ; en d’autres termes, quelque 4 000 spectateurs sont perdus chaque année. »
Des arènes abandonnées.
Il y a des lustres que la Vista n'est plus Alegre
Ce temple de la tauromachie, considéré comme l’une des quatre plazas les plus importantes d’Espagne, est aujourd’hui « un désert abandonné par ses occupants habituels, remplacés par un public clairsemé, occasionnel, débonnaire et fêtard qui désacralise inconsciemment chaque après-midi l’histoire du Bilbao taurin », déplorait El País.
Principal responsable : l’inquiétante désaffection pour la corrida qui ne cesse de croître dans la société espagnole et ceci commence dès le collège, où il est "interdit" de parler de toros ! Mais aussi le fait que le monde de la corrida s’est peu à peu isolé de la société, il n’a pas su trouver sa place dans ces temps nouveaux, qui ont choisi d’autres chemins.
Ne vivons-nous pas le même tourment en France ?
Les aficionados mis à l’écart.
La gestion de l’évènement par les propriétaires – dont la société historique, la Casa Chopera – était également visée pour expliquer ce déclin. Ceci s’ajoutant aux questions liées aux militantismes végan, animaliste ou anti-taurin. La Casa Chopera a géré les arènes de Bilbao de la même façon que les entrepreneurs taurins ont toujours dirigé le secteur : en laissant complètement à l’écart les aficionados, et, ce qui est pire, les abonnés, qui sont les clients préférentiels aux guichets de n’importe quelles arènes. Nous avons connu les mêmes déboires avec les Chopera à Mont-de-Marsan.
Il y a également une forte odeur de naphtaline, concernant les membres momifiés de la Junta Administrativa de la Plaza de Bilbao. La fondation de la Junta date de 1901, c’est aussi la même date de naissance de la plupart de ses membres ! … Comment faire du "neuf" avec "ça" ?
Membres de la Junta Administrativa et de la société BMF, 30 septembre 2019
L’homme d’affaires mexicain Alberto Baillères, l’automne suivant, est devenu le gestionnaire privé de l’arène de Vista Alegre pour les quinze prochaines années (!), en lien avec l’entreprise… Chopera. Il s’est engagé à verser une cotisation annuelle de 250 000 euros pour redynamiser la feria. La société Toreo, Arte y Cultura BMF S.L. (Baillères-Martínez Flamarique) a la possibilité d’être prolongée cinq ans ! 250 000 euros, c’est plus du double du montant minimum exigé dans le cahier des charges, qui était de 105 000 euros. Ah, ces milliardaires !
Dans le communiqué de presse qui suivit, la société prévoit que la proposition « ambitieuse et extensive vise à élargir et améliorer la catégorie de Vista Alegre et à dynamiser et intensifier son utilisation, tout au long de l’année. » Le cahier des charges exigeait au moins sept célébrations et BMF S.L. a présenté un total de quinze, soit plus du double.
Voici ce qui était prévu pour 2020. La saison devait s'ouvrir par un week-end de juin appelé Zezenfest (festival tauromachique, en basque) dans lequel il devait y avoir une corrida et le traditionnel festival caritatif du Club Taurin, en plus de divers évènements culturels pendant les deux jours. Ensuite, devait avoir lieu le Mémorial Iván Fandiño, composé de trois novilladas non piquées gratuites chaque soir, dont trois finalistes auraient été choisis pour la novillada promotionnelle incluse dans les Corridas Generales en août, lesquelles corridas maintiendraient leur affiche habituelle de sept tardes de corridas, la corrida de rejón ainsi que la matinée du concours de recortadores. Programme riche et alléchant d'où notre frustration.
La société BMF S.L en Espagne, c’est aussi les arènes gérées jusqu’à présent par les Chopera : Almeria, Logroño, Salamanque, Saint-sébastien et Palencia.
La pandémie passant par là, nous n’avons pu apprécier l’Aste Nagusia 2020. Pourvu que 2021 ramène nos pas vers Vista Alegre !
Photo G. Lamarque. août 2019
La ville est belle, séduisante, au riche passé, moderne par ses dernières réalisations, proposant de nombreuses visites intéressantes ; la gastronomie est au diapason, l’hôtellerie idem, la fête durant neuf jours également. Dans la plaza spacieuse, vous circulez aisément, vous rejoignez votre place rapidement, vous êtes confortablement installé, les "estanquets" sont nombreux ; le gin tonic généreux et abordable et le prix d’un billet est lui aussi, abordable : 18, 20 euros les moins chers avec une excellente visibilité… et les TOROS !