L'actrice hollywoodienne aurait eu 100 ans cette année, le 1er juin exactement. Un clin d'oeil avec ce retour en images sur le destin brisé de ce symbole du glamour.
Derrière la star "des Hommes préfèrent les blondes, l'aficionado aurait bien craqué pour la blonde torera !
Alors connue sous le nom de Norma Jeane Mortenson, Marilyn pose en pin-up/matador pour le photographe Earl Moran en 1946.
Le lundi 14 novembre 2022, un taureau ailé - rien à voir avec une marque de riz - a été posé au sommet de la première tour de la Sagrada Familia. (?) N'en déplaise au gouvernement catalan abolitionniste , un taureau trône désormais au sommet de l'une des tours de la célèbre cathédrale, alors que les oeufs de Dali occupent la place d'honneur de la Monumental symbolisant selon Salvador la fertilité et l'éternité . . .
Antonio Gaudi, l'architecte et concepteur d'un tel édifice, était-il aficionado ? La première pierre a été posée il y a 144 ans, le 19 mars 1882. Á cette époque, point d'animosité envers les toros, les hostilités n'étaient pas encore déclarée entre Barcelone et Madrid.
Les quatre tours sont dédiées, l'une à saint Marc, l'une à saint Jean, une autre à saint Matthieu, et la quatrième où plane le taureau, à saint Luc. Les tours saint Jean et saint Matthieu sont surmontées de figures du tétramorphe, respectivement d'un lion ailé, d'un aigle et d'un ange - autre animal ailé. Les tours de nos quatre évangélistes atteignent au total 135 mètres et celle figurant Jésus-Christ - à tout seigneur tout honneur - mesurera 172, 5 mètres ce qui fera de la Sagrada Familia à son achèvement la plus haute église du monde ¡OLE!
La sculpture en marbre, oeuvre de l'artiste Xavier Medina Campany, perchée sur les hauteurs, mesure 4,5 mètres de haut. C'est une succession de records.
Alors ce taureau est-il à la gloire de la corrida ? Curieux sur un tel monument religieux. Il est tout simplement le symbole de saint Luc. Est-il important pour nous de savoir si Antonio Gaudi ou Le Corbusier étaient de véritables aficionados. Certains trouveront totalement inutile de lire les biographies de toreros qu'ils n'ont jamais vus. Savoir que Frascuelo s'appelait Salvador Sánchez, cela n'a aucune utilité. Est-il nécessaire à un musicien de connaître les oeuvres de Debussy et Ravel. Sans aucun doute. Un véritable passionné se doit de lire tout sur la tauromachie et savoir reconnaître la contribution de chacun de ces toreros de Pedro Romero, Costillares, Paquiro, Cúchares, Guerrita, Joselito et Belmonte . . . car la tauromachie d'aujourd'hui est le fruit de celle d'autrefois. Nous respecterons chaque élément précurseur et élément essentiel de la Fiesta.
Ici, à Barcelone et plus particulièrement en Catalogne, les corridas sont de l'histoire ancienne. Si l'interdiction votée par le Parlement régional en 2011 a été levée par Madrid en 2016, aucune corrida n'a été organisée depuis car trop polémique et pas assez tentable.
Alors un toro sur les tours de la Sagrada Familia ! Ici, notre cornu est source des évangiles. Luc débute l'évangile dans le temple de Jérusalem où des sacrifices étaient pratiqués à l'époque : le taureau est sacrifié, "touche pas à mon image !" Vous êtes déçus.
Les trois autres évangélistes étaient chacun accompagnés, saint Marc prédicateur du désert par un lion, saint Jean, le spirituel, prend de la hauteur, et voici l'aigle et saint Matthieu par un ange - curieux animal.
Tandis que la Plaza Monumental accueillent des concerts et des foires en tout genre et, ironie de l'histoire, le plus grand festival végan d'Espagne, on peut rêver à ce taureau qui vous domine et qui laisse croire aux incrédules et aux mécréants que nous sommes à porter haut les couleurs de la tauromachie et à croire, naïfs invétérés qu'il veillera sur le jeune torero catalan Mario Vilau durant la temporada.
Mario Vilau
Ce toro de saint Luc est, avant tout, un pied de nez à la politique promue par les nationalistes et indépendantistes catalans contre un des symboles de l'identité espagnole. On se console comme on peut.
Mais ce taureau à quoi correspond-il dans nos traditions chrétiennes ? Il répond dans un trait biologique propre aux bovins : ils ruminent, ils mâchent et remâchent le foin paisiblement comme saint Luc l'a fait pour les paroles de Jésus.
Et si c'était un boeuf ?Référence décalée. "Á la saint Luc, lou gran truc" avait-on l'habitude de dire autrefois en référence au pic migratoire des palombes à la mi-octobre. Aujourd'hui, ce dicton tient plus du mythe que de la réalité. Le passage des oiseaux bleus s'est probablement "un peu" décalé dans le temps
Nous vivons une drôle d'époque. Alors taureau ou pas toro ? Et pourquoi pas un véritable toro de bandera !
Les rutilantes arènes melgoriennes ont vécu une tarde d'un été précoce, paraphant un " no hay billetes". Une démonstration des trois jeunes toreros nîmois proposant un bon niveau technique et beaucoup d'envie combattant six novillos issus de six ganaderias locales, bien présentés dans l'ensemble aux jeux variés qui livrèrent des combats inégaux mais entretenus. Chacun recevant une mono pique avec libre exécution. Armés bizcos pour la plupart, seul "Gallego" des frères Gallon, cornivuelto, fut honoré dela vuelta posthume. "Lidiés" dans cet ordre, La Paluna, tardo, transmettait peu, le Jalabert sérieux, "Pintor" de Barcelo, excellent, le Pagès-Mailhan un noir légèrement listón, "encasté", "Tibialuz" de Cuillé possédait un fond de noblesse mais sans panache, enfin, le Gallon élu meilleur novillero de l'après-midi, plein d'alegria de la cape au final.
Le public était venu soutenir Nino Julian le triomphateur, ici, en 2024. Il effectuait sa despedida de novillero avant le rendez-vous à Istres le 21 juin. Il était accompagné par Victor et Clovis.
Balthazar La Paluna
Nino Julian fut invité à saluer avant de se coltiner "Balthazar"de La Paluna, un negro tardo qui lui administra malgré tout deux volteretas
voltereta bis
retombant sur le dos de l'animal lors de la faena "brindée" à Mathieu Vangelisti. Après avoir débuté à genoux, le Nino combatif comme à son habitude, sua sang et eau et "Balthazar" s'avéra noble sous la flanelle. Pour conclure, il s'emmêla les aciers, pinchazo moyen, entière caída, avis et descabellos. "Balthazar" alla rejoindre Melchior et Gaspar dans les prés célestes n'ayant plus de cadeaux à distribuer. Silence. Avec "Emmudecido",l'"encasté" et excellent Pagès-Mailhan qui poussait sous le peto pour une unique visite. Après deux largas de rodillas, le nîmois ne se livra guère, "brindant" au public, il donna plusieurs paires de naturelles, sans plus et le final se révéla électrique. Il termina par redondos et de bons derechazos, l'épée jetée au sol. Entière tombée, caída, un avis. Oreille pour son implication. Il avait partagé les palos avec Clovis.
Toréer à distance. Hablador de Jalabert
La température redescendit avec Victor et sa tauromachie verticale, réfléchie. Le garçon aligna prudemment naturelles et derechazos élégants mais distants, abusant du pico devant "Hablador" de Jalabert.
À son crédit un magnifique recibir d'école délivrant deux oreilles, la seconde pour le moins généreuse. "Tibialuz" de Cuillé, le costaud de l'envoi, fut assez fade, il ne permit pas à Victor de briller, il débuta à genoux, toujours aussi distant et termina par des luquesinas fort prisées du public. Lame corta puis entière contraire. Oreille. Costume immaculé. Palmas à l'arrastre.
Pintor de Barcelo
Clovis s'agenouilla pour une porta gayola, plein d'envie. Il sera applaudi aux banderilles. Il toucha un excellent Barcelo, "Pintor" qui attaqua fort à la cape et subit une vilaine pique rectifiée et pompée. Pitos au piquero. Il nous régala par de longues naturelles, Clovis possède un bon poignet. Gourmand, il en rajouta encore,il est temps, le Barcelo cherchant la querencia. Metisaca et entière caída en lâchant le drapelet. Salut après avis. Applaudissement à la dépouille. Mais le jeune torero - deuxième novillada piquée après Nîmes où il fut le vainqueur de la Cape d'Or - n'avait pas consommé tout son pain blanc, il le fit avec "Gallego" de Gallon , un negro mulato cornivuelto qui attaqua la cavalerie. Il mit les reins sous le peto. La présidence mit fin au tercio (?).
Il partagea les bâtonnets avec Thomas Ubeda et Nino Julian : palmas. Clovis mit peu de temps à canaliser la fougue de "Gallego" et réalisa une faena brillante aidée par l'alegria du Gallon. Clovis Germain s'acquitta par un final triomphal souligné par des derechazos bien léchés et une espada foudroyante libérant les deux oreilles. Vuelta posthume de "Gallego".
Victor et Clovis sortirent a hombros. Le jeune Clovis recevant à l'issue de la tarde, le trophée "Bernard- Gimenez". Conclusion d'une bonne novillada qui bénéficia de la qualité du bétail.
À la lecture de la 4e de couverture du livre édité par l'UBTF, coordonné par Jacques Garcin, "L'histoire des matadors français : parcours biographiques 1894-2026, nous pouvons lire :" Pour un français devenir matador de toros dans un environnement hispanique n'a jamais été un fleuve tranquille et seuls, à ce jour, 73 y sont arrivés. C'est leur parcours que les auteurs décrivent dans ce livre sous forme de fiches biographiques résumant leur carrière de toreros mais aussi leur devenir dans leurs activités actuelles dans ou hors du monde des toros." C'est cette dernière phrase soulignée par mes soins qui m'interpelle.
"Abondance de biens ne nuit pas." Il coûte peu d'avoir trop mais cher de ne pas avoir assez . . En effet, il y a pléthore de toreros sur cette planète, aussi bien dans l'Hexagone que dans la Péninsule sans négliger l'Amérique du Sud.
Dans le contexte présent, à l'heure où j'écris ces lignes, ils sont, à l'escalafón 2026, 101 classés dont 40 ayant un unique contrat. Combien sont-ils sans corrida au compteur ? (sources Mundillo Taurino). En 2025, en fin de temporada, nous en comptions 149, 40 avec un seul contrat et certainement un bon nombre condamné au toreo de salon ou bien à quelques tientas.
Pour reprendre les chiffres de 2025, 6 d'entre eux ont participé à plus de 40 corridas. Côté français, j'en chiffre 14 en activité et Nino Julian viendra, le 21 juin à Istres, faire le 15e et le 74e matador français.
Sébastien Castella est 6e avec 46 corridas, Clemente est 33e avec 13 contrats, puis viennent Tristan Barroso 37e (12), Carlos Olsina 53e (6), Juan Leal 65e (5), Solalito 70e (4), Dorian Canton 103e (2), El Rafi (2), Lalo de Maria (2), Yon Lamothe (1), Clemente Jaume (1), Maxime Solera (1) et Tibo Garcia (1) soit 13 matadors. On note l'absence de Yanis Djeniba "El Adoureño ainsi qu'Andy Younes et Adrien Salenc qui n'apparaissent dans aucun classement. Christian Parejo n'est pas considéré comme matador français 59e (5).
Plus de toreros et moins de corridas ainsi que moins d'arènes En France, on va à la plage à Fréjus, à Palavas, au Grau-du-Roi, à Collioure mais on y voit plus courir les toros. Le Sud-Ouest est sinistré, Eauze, Riscle ne présentent plus de corridas, c'est coûteux, et La Brède anesthésié pour un long moment incertain. Seissan ranime la flamme, avec l'organisation d'une corrida le 5 septembre prochain, mais c'est trop peu.
Pas de novilladas, pas de corridas L'organisation d'une corrida dans ces modestes arènes est au détriment de la novillada piquée. Nous avons la mauvaise impression d'évoluer dans un cercle vicieux. Inversement, il y a profusion d'écoles de tauromachie et de nombreux élèves. Tous ne deviendront pas Morante de la Puebla. Certains de ces anciens élèves sont devenus matadors, d'autres n'ont pu y accéder ou ont préféré l'habit des subalternes, bons toreros, les exemples sont multiples.
La promotion des corridas "de soutien" En Espagne, nous avons l'exemple de la Copa Chenel, en France, Bayonne, lors de la Feria de l'Atlantique, organise la corrida "des promesses de la tauromachie" permettant à chaque saison de découvrir de nouveaux talents ou de redécouvrir certains toreros "oubliés". Corrida qui se veut "internationale".
Nîmes, cette année pour Pentecôte, a monté sa corrida 100% française construite autour de l'hommage au nîmois Marc Serrano pour ses 25 ans d'alternative : Marc Serrano, Adrien Salenc, El Rafi, Tibo Garcia, Solal et Maxime Solera qui affrontaient les toros de Robert Margé. Ce fut un succès tant sur le sable que sur le garnissage des gradins. Ces garçons ont leur place dans la tauromachie. Le public a revu avec plaisir ceux qui poursuivent leur carrière, non sans difficulté mais avec beaucoup de passion mais auusi d'espoir.