Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Manuel Chaves Nogales

Publié le par Cositas de toros

           Près de quatre-vingt-dix ans après leur publication, onze récits liés à la guerre civile espagnole ressurgissent dans le sillage de Manuel Chaves Nogales. Retrouvés dans Madrid, des récits attribués à ce même auteur, refont surface près de neuf décennies après leur première parution.

     Mais ces récits réédités en mai de cette année, me renvoie au Manuel Chaves aficionado, l'auteur de "Juan Belmonte, matador de taureaux" paru en 1990 aux Editions Verdier et traduit par le regretté Antoine Martin, biographie écrite en  1935.

     Au début du siècle, la rivalité entre Juan Belmonte et Joselito marqua, selon l'expression de Claude Popelin "un moment d'apogée de la tauromachie". Ce mano a mano de plusieurs années enchanta les aficionados espagnols, plus encore que la concurrence quelques décennies plus tard, entre Antonio Ordoez et Luis Miguel Dominguin dont Ernest Hemingway assura la chronique avec, aussi, l'absence totale d'impartialité que l'on sait.

     Juan Belmonte était laid, faible physiquement, souvent malade, et faisait passer les toros trop près de lui. Il fut souvent "pris" par ses adversaires, et l'on disait de lui qu'il fallait aller le voir avant qu'il ne soit tué. 

     Joselito, lui, était bien plus beau, rigoureux, élégant et plein d'aisance. Mais c'est lui qui mourut dans l'arène.

     Mais, il est question dans ce livre de Belmonte, l'un des fondateurs de la tauromachie moderne. Le premier, il toréa les pieds vissés au sol, ralentissant la charge, enroulant le toro autour de lui.

     Ce livre est unanimement salué par la critique comme un chef d'oeuvre absolu du journalisme littéraire et de la biographie. Un portrait lumineux du sévillan et sans concession de l'Espagne et de l'Andalousie du début du XXe siècle. On y trouve une force narrative du texte qui se lit comme un roman d'aventures.

     Chaves Nogales, grand reporter républicain n'était pourtant pas un grand aficionado, il traite son sujet avec lucidité, beaucoup d'empathie et avec une rigueur de journaliste.

     Né en 1897 à Séville, il fut un républicain militant, journaliste à Madrid. Fin 1936, il s'exila en France, fiché par la Gestapo, il alla se réfugier à Londres, où, il décéda en mai 1944, à 46 ans.

     Lisez "Juan Belmonte, matador de taureaux".

               Gilbert Lamarque

Commenter cet article