Quand Dubout joue, avec humour, les aficionados.
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Considéré par beaucoup de dessinateurs dont Cabu ou Wolinski, comme le plus grand dessinateur du XXe siècle, Albert Dubout est connu sous son seul nom Dubout.
Pendant près de cinquante ans, Dubout a caricaturé la société française. (caricature veut dire grossir démesurément les défauts, comme regarder une fourmi avec un télescope). Il ne s'en priva pas !
Le monde de Dubout, c'est d'abord celui de la foule. Aucun dessinateur n'a, comme lui, représenté dans un seul dessin, des dizaines de personnages, où chacun a sa place précise, ses attitudes loufoques dans un tableau à la composition rigoureuse.
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Quel plaisir de traquer le détail de l'une de ces trouvailles !
Dubout, c'est bien sûr les couples mal assortis où la femme fait toujours plus que le double de sa moitié. Quand elle occupe tout l'espace, violente et castratrice, prête à assommer son conjoint d'un coup de parapluie, lui pauvre minus, n'a d'autre ressource pour se protéger que d'enfouir sa tête entre les hypertrophies mammaires qui servent de poitrine à cette redoutable Walkyrie. . .
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Mais ce qui est trop sérieux, parlons des scènes de corrida, Dubout a vite fait de les tourner en dérision comme ceux qui justement se prennent au sérieux. De la dérision mais jamais de méchanceté dans ce monde vu par le dessinateur qui va plutôt de travers. Tellement de travers que c'en est drôle. Ses dessins mettaient à l'honneur ses célèbres "corridas pour rire", un sujet grave cher à l'artiste méridional dont j'ai choisi quelques dessins.
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Dubout. CORRIDAS. Édit. Michèle Trinckvel. Paris 1967, environ 75 illustrations en noir, livre réédité en 1975, 1983, et 1992 et 1996 (chez les bouquinistes).
Préface de Georges Brassens, le voisin sétois : ". . . l'éternel Dubout les [mes bons amis] convie à une grande corrida, et qu'ils peuvent courir sans crainte, sans scrupule se mettre dans les rangs des aficionados, car les arènes sont des arènes joyeuses quand c'est le père Dubout qui s'en mêle. C'est une corrida pour rire, une de celles dont nous avons le plus besoin dans ces temps quelque peu pénibles."
Une brève biographie
Il nait à Marseille le 15 mai 1905, fait ses études à Nîmes, rencontre Jean Paulhan (qui était né à Nîmes au 20 rue Jean-Reboul, sa maison natale n'est autre que l'adresse actuelle du Prolé connu de certains, l'actuelle cour était le jardin de l'écrivain). Il se passionne pour la tauromachie, rêvant d'être torero.
En 1923, il est élève de l'école des Beaux Arts de Montpellier puis s'installe à Paris. En 1924, fasciné par la foule, il prend des croquis dans les grands magasins et dans les transports. Ce sont ces dessins qui feront découvrir Dubout.
Le 15 juin, il publie son premier dessin dans Pêle-Mêle et ce sera le début d'une longue collaboration de cinquante ans à une quarantaine de journaux et magazines : Fantasio, Gringoire, Candide, Marianne, La Bataille, Ici Paris. . .
Des milliers de personnages s'animeront sous ses doigts, le trait noir si spécifique, évoluera énormément du graphisme des années trente à celui des années soixante.
En 1936, Dubout illustre la première affiche César que Marcel Pagnol venait de porter à l'écran. C'est le début d'une longue amitié qui liera les deux hommes.
1948, Marcel Pagnol confit à Dubout l'illustration de la première trilogie Marius, Fanny, César. C'est un énorme succès.
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1953, le nom Dubout apparaît dans le dictionnaire Larousse : "Auteur de compositions à nombreux personnages burlesques, publiés dans les journaux et réunis en album. Il recherche les effets de grosse cocasserie, aussi bien dans les figures que dans les menus détails du costume et des attitudes."
Il reçoit la légion d'Honneur des mains du Président Vincent Auriol. En 1965, Frédéric Dard demande à Dubout d'illustrer Les aventures du Commissaire San Antonio.
1974, inauguration par la Municipalité de Palavas-les-Flots de l'Avenue de la Gare Albert Dubout.
Il meurt le 27 juin 1976 à Saint-Aunès dans l'Hérault. Dubout disait de lui : "Les gens pensent que je fais du rigolo, à ma mort, ils comprendront que je faisais du sérieux, je suis destiné à la postérité."
Où il est encore question de Palavas
Suite à un article pleine page dans Le Midi Libre sur le Dubout, loin de la tauromachie et plus proche de la censure, comment ne pas associer Dubout et Palavas ?
Palavas où, le 10 octobre doit se dérouler une corrida avec Morante. L'andalou serait à Palavas aux petites arènes El-Cordobés de 4 000 places (lleno assuré). Morante ayant auparavant refusé Nîmes, Arles et Bayonne (! !). En mano a mano avec Clemente (! !). Les collaborateurs "cornus" ne sont pas encore connus, aucune importance, les places se vendent déjà entre 69 et 150 euros.
À mon humble avis, cela sent l'annulation à plein nez. Il n'y a eu de corrida dans les arènes "de plage" de Palavas depuis 2017. Faisons aussi confiance à la déterminée nîmoise Claire Starozinski, la diva de l'Alliance anti-corrida qui devrait déposer deux recours, dont un référé au tribunal administratif. Et pour couronner l'ensemble, la corrida pourrait être troublée par une manifestation d'antis et Palavas-les-Flots prendre l'eau.
J'emploie le conditionnel par prudence car elle sera peut être interdite par la justice mais avec Morante, le doute plane. Les organisateurs réunis en force, auront fait le buz et Morante joué l'arlésienne.
Dubout aurait éprouvé un malin plaisir à caricaturer cette corrida people !
En octobre, les eaux méditerranéennes sont encore à bonne température, le bain de pieds est recommandé et vous apportera de nombreux bienfaits.
Comment ne pas associer Dubout et Palavas !
Gilbert Lamarque