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Un landais à Bayonne (1) - Les six mousquetaires (2)

Publié le par Cositas de toros

 

           BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

 

Samedi 4 septembre. Novillada piquée de Los Maños. 11h.

 

  Photos. Frédéric Martinez

 

            La ganaderia aragonaise de Los Maños, encaste Santa Coloma a encore brillé à Lachepaillet. En 2017, la corrida bayonnaise de ce fer avait remporté le prix de la meilleure corrida du Sud-Ouest, Prix des Clubs Taurins Paul Ricard. Cette année-là, Yon Lamothe aussi, était récompensé en non piquées par le CTPR. La dernière novillada à Bayonne en septembre 2019, avait été un succès.

 

Le 4

      Les 6 novillos 2021, bien présentés, sobrement armés (dans le type), se sont montrés très intéressants, attestant de la bravoure. Dommage que la matinée ait été marquée par deux vueltas al ruedo des 3e et 4e, vueltas qui ne s’imposaient pas. L’affluence n’était pas au rendez-vous. Le ciel désespérant bleu.

 

      Le tambour-major sera plus tambour que major, moyen dans chaque tercio. Le tercio de varas est mal mené (2 piques). Les derechazos de Tomás Rufo sont bousculés, ça passe beaucoup mieux à gauche. La reprise à droite est peu probante et la faena va a menos, c’est long. Pinchazo, bajonazo, Tomás salue au tiers.

 

 

     Les capotazos de réception sont de bonne facture. Il y a de la competencia – Yon Lamothe venait de couper deux oreilles. Quite d’Adam Samira. Cette faena pèse son poids et Tomás l’artiste déroule les derechazos et encore mieux les naturelles au son de la musique.

Entière hasta la bola, les oreilles sont accordées. Tomás est fin prêt pour l’alternative. Quant au mouchoir bleu…

 

     Adam Samira est en apprentissage, la mise en suerte au cheval est défectueuse et les deux piques mal exécutées. Marco Leal salue aux banderilles. Adam est trop tendre avec ce bicho qui en demandait. Échec aux aciers, silence.

     Son second est aussi léger qu’il est pauvrement armé. Le manque d’oficio du jeune Arlésien est flagrant (4e novillada). Le novillo est mirón, Adam se fait croquer. Il garde son courage et s’arrime. Quelques gestes dont une jolie série main droite. La mise à mort est longuette, le chico saluera au tiers.

 

     Yon Lamothe remet le couvert après sa prestation du 15 août à Roquefort. Le bicho coopère dès les premiers capotazos. La paire de piques est bien administrée, dosée, le novillo un peu faible. Yon "brinde" au public une faena débutant par doblones. Il se régalera main droite, calme, douceur, redondos.

C’est une faena XXL. Le Landais s’octroyant les deux oreilles après une belle épée. Le novillo très incomplet fait la vuelta – Lachepaillet est tombée en 3e catégorie. Yon invite le mayoral à son tour d’honneur. Bien vu, tu iras "tienter" chez Los Maños !

 

     Le dernier bien reçu de cape se comporte fort bien aux piques partant du centre lors de la seconde, le piquero assurant la réception. Mathieu Guillon et Manolito de Los Reyes saluent aux palitroques. La faena classique ira a menos, la faute au bicho plutôt distrait – il y a de jolis minois sur les gradins ! L’épée entière en place et d’effet rapide libère l’oreille.

 

     Rufo, Lamothe et le mayoral a hombros. ¡Olé! Pour cette matinée entretenue.

     Yon Lamothe rafle tous les prix mis en jeu.

     Pitos à la présidence mal assurée par Alain Paulini.

 

 

          BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

 

Samedi 4 septembre. 19h. Corrida de Fraile de Valdefresno (3) et Conde de Mayalde (3).

 

            Les six pousse rapière sont : Morenito de Aranda, Thomas Dufau, Tomás Campos, Alejandro Marcos, Jesús Colombo et Diego Carretero.

Une opportunité donnée à chacun par les organisateurs bayonnais mais des toros sérieux de présentation. Valdefresno : le 1 imbuvable, le 4 transmettait, con gas, le 5 un bon manso peu vu. Conde de Mayalde : le 2 noble, le 3 peu d’intérêt et le 6 possédant de la caste.

Public nombreux, peu aficionado.

 

     Morenito de Aranda débuta a porta gayola. Le toro prit deux piques en manso, ne chargea pas aux banderilles.

     "Brindis" aux cinq autres mousquetaires. Toro querencioso amoureux des planches au toril.

     Fiasco à l’épée, palmas.

 

     Thomas Dufau resta classique presque transparent, son adversaire faiblard mais noble. Salut aux banderilles de Mathieu Guillon et de J.M. Neiro Campos. Le début à genoux n’est pas du meilleur goût.

     Thomas torée avec patience, à la bonne distance et offrit quelques muletazos templados avant le manque de charge. Pinchazo, estocade en place, oreille.

 

     Tomás Campos n’eut pas de chance, crédité d’un cornu sans âme, un negro de 546kg. Il "remata" violemment, on entendit quelques cris, ¡afeitado!, les cornes ressortant en plumeaux. La fadeur s’installa. Une demie et une oreille surprenante.

 

     Alejandro Marcos passa à côté du bon "Joyero" de Valdefresno. Faenita et oreillette !

 

     Jesús Colombo est sud-américain et cela se remarque. Le Vénézuélien veut mettre le feu à Lachepaillet – déjà fait le 15 septembre 1919. Réception à genoux du Vadefresno "Bailador" par véroniques, Jesús bondissant comme le faisait autrefois Antonio Ferrera.

     Il banderille plus spectaculairement que suivant les canons. Zut, le toro en bon manso déclara forfait n’aimant pas cette agitation. Aucune série véritable, le petit brun avait chauffé les tendidos.

     Une superbe mise à mort libéra un trophée, forte pétition de la seconde oreille.

 

     Diego Carretero reçut un bicho plein de qualités qu’il ignora. Il voulut plaire plus par sa plastique que par son trasteo. Il sortit de belles séries sur la fin. Il envoya le Code en Enfer d’une entière et l’oreille fut coupée.

 

     21H45. La nuit est tombée depuis longtemps et nous sommes attendus au Petit Bayonne pour dîner.

 

                                                                    Gilbert Lamarque

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50 nuances de bleu

Publié le par Cositas de toros

 

          BAYONNE. FERIA DE L’ATLANTIQUE

 

Photos : Frédéric Martinez

 

Vendredi 03 septembre, 19h. Corrida de El Montecillo

Quelques nuages, léger vent.

 

           

            Un encierro de El Montecillo (Tolède), origine J.P. Domecq. Des bichos nés entre octobre 2015 et février 2016. Nous sommes loin des perdreaux de l’année. L’ensemble est bien présenté, ce fer paraissant en France pour la première fois. Il n’a pas du tout convaincu : pas de fond, pas de race, moteur grippé. S’il existait un service national pour les toros bravos, ceux-ci n’auraient guère pu être affectés au corps des transmissions (« l’arme qui unit les armes ») ! Ces soldats compliqués ne possédaient ni le moteur, ni la cylindrée, simplement la carrosserie. Ils ne rechignaient pas à s’élancer vers le cheval, s’invitant régulièrement sans sollicitations, les cuadrillas et les maestros plutôt absents lors de ce tercio si souvent sabordé. Ce soir, souvent mal piqués et trop. Un fiasco aux banderilles où ils ne chargeaient pas. Seule, la cuadrilla de Luque émergea du bleu, un bleu qui fana très vite.

 

Après la bataille...

     La goyesque bleue… il va falloir songer à se renouveler car ce bleu en a rajouté à l’ennui qui gagnait les tendidos : aburrimiento total. Ce bleu vous renvoie vers la froidure, et autant le "ciel et bleu" de l’Aviron est chaleureux, autant celui-ci vous plombe le moral. L’histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes a fortement changé de cap. Pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu, elle est même désagréable à l’œil. Aujourd’hui en Europe – et à Lachepaillet –, le bleu est de très loin la couleur préférée. Attention, l’aficionado va se lasser. Pour la couleur bleue, je vous renvoie à Michel Pastoureau : Bleu, histoire d’une couleur. Vous connaîtrez toutes les nuances, emplois et significations.

 

     Bref, le bleu s’éclaircit avec le 5e "Hojaldre", castaño de 519 kg, avec lequel, Luque, de cet âne en fit un cheval de course. L’animal, né en décembre 2015, possède pas mal de bois sur le chef. Il part directement vers la pièce montée pour recevoir deux bonnes piques, poussant sous la seconde. Pour alimenter l’instant, José Chacón est ovationné après une superbe paire de palos.

     "Hojaldre", tardo, se bonifia sous la flanelle de Luque. À cette seule occasion, la musique retentit, les séries des deux mains firent monter les Olé ! Le bicho ayant une meilleure charge à droite, la suite ne fut que derechazos dont un en redondo interminable.

     Le torero est relâché mais le soufflé retomba bien vite. Une entière donnée avec décision fit jaillir les deux mouchoirs, certainement pour nous avoir sortis du désespoir, même l’arrastre fut applaudi ! "Hojaldre" signifiant "pâte feuilletée", ici plutôt "pâte brisée" mais le pâtissier de Gerena en assura la cuisson. La "pâte" faisant illusion, nous vécûmes un petit miracle.

"Perezoso", un negro salpicado bragado, astifino, bien reçu à la cape, poussa lors du tercio de varas mal exécuté. Le toro se montra faible, bien "banderillé" par Juan Manuel Pérez Mota qui salue. Quelques muletazos mais la bête n’"humilie" pas, la suite est construite de demi-charges accompagnées d’hachazos. La mise en suerte finale est longue, "Perezoso" avançant sans cesse, faisant baisser l’épée de Luque. Avancer vers la mort pour la retarder, en sorte. Pinchazo, entière caída, trois coups de verdugo, un avis. Salut au tiers, arrastre sifflé.

      Antonio Ferrera fit acte de présence et donc fut absent, s’étant spécialisé cette temporada dans les mano a mano ou les solo. Le colorado se colla au caparaçon et commença sa sieste. Ferrera au diapason : une "faena" réduite, une demi-lame tombée. Silence.

     Toujours en dilettante, le "Zébulon" des temps passés manqua de ressort, le toro aussi. Celui-ci se nommait "Gitanito" frôlant les six ans (10/15). Une demi-épée sans s’engager. Pitos.

 

       Emilio de Justo débute bien de cape le long des planches. Il laisse "Garrafo" se faire vacciner généreusement, Covid oblige. Emilio crie toujours autant et arrache un par un les muletazos. Entière en s’engageant mais ne méritant pas l’octroi d’un pavillon, Bernard Peytrin, président généreux.

Le dernier, un castaño de 530 kg, n’illumina pas le dénouement : du bouillon Kub. Pas une charge, aucune passe, tête haute. Silence pour le piéton, bronca pour le quadrupède.

 

     Daniel Luque sortant a hombros. Une goyesque bien décevante.

 

PS. Á Tolède, exigez plutôt l’acier, qualité garantie et les Montecillo en pot au feu, un cocido.

 

                                                                   Gilbert Lamarque

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Salsa picante

Publié le par Cositas de toros

 

Mont-de-Marsan, novillada de Saint-Perdon. Dimanche 29 septembre, 17h30.

Soleil, ciel d'azur.

 

 Photos : Frédéric Martinez     

 

   

             

              Ce dimanche, nul "Rascatripas" , nul "Somnanbulo" primés au Plumaçon, respectivement en 2017 et 2019 dans le cadre des novilladas organisées avec passion par la Muleta de Saint-Perdon. Non, le tambour-major "Oportunista" aux mensurations légèrement réduites se bonifiera en fin de faena après avoir poussé sous la première pique administrée par le piquero de réserve ; "Operista" mieux présenté comme les suivants, le seul à "rémater" ; "Picador" astifino, distribue hachazos y derotes – manque de race ou mala casta ? – "Hípico" autre brute ; "Cantinero" le seul, enfin à baisser le chef, chargeant avec une certaine alegría et "Soñador" concluant la tarde, avisé, sans charge soulignant son peu de race.

 

Picador

 

     Non, les Pincha sortirent sans l’excellence ni la saveur du renommé piquillo de Lodosa mais plutôt en qualité de piment entre le "cayenne" et le "langue d’oiseau" ! Donc un bétail trop dur pour ces novilleros encore tendres, Manuel Perera, le plus expérimenté. À cela, rajoutez des cuadrillas bien déplorables entraînant des premiers (13 rencontres) et deuxièmes tercios des plus aventureux, d’où les bichos 1, 2 et 4 se jetant sur le picador réserviste lors de la première administration. Un seul piquero en piste semblait plus judicieux, choix préconisé par les organisateurs mais pas par l’exigence de la confrérie des picadors. Comment lier une sauce avec de tels ingrédients ?

     Adam Samira est déjà averti par deux fois au capote. À la muleta, trois séries de derechazos mais servies sans se croiser avec le pico. L’Arlésien crie beaucoup aussi fort que les "¡bieeen!" éructés du callejón. Le Pincha se bonifie, pas l’agitateur de flanelle. La mort est longue après deux pinchazos et une lame delantera. Avis, salut au tiers.

"Hípico" est mal piqué en carioca et aucune transmission, aucune liaison n’agrémentent cette non lidia. Samira reste marginal et tue rapidement en s’engageant, d’une entière caída. Pétition d’oreille logiquement refusée par le palco, (Pierre Nogues, Roquefort, président). Vuelta.

 

     Manuel Perera reçoit "Operista" par de vilaines véroniques à genoux qui ne s’imposaient pas, le voici déjà débordé. Passons sur le tercio de varas. Perera débute bien à la muleta avec des derechazos de bonne facture mais finissant par l’étouffer. Le bicho se fige, les muletazos sont arrachés un par un. Entière de côté sur un novillo de marbre, silence.

     Il attend "Cantinero" de rodillas a porta gayola. Sous la muleta, le Pincha se livre en "humiliant", de la noblesse sourd de la pointe des cornes. Les séries sur les deux rives déclenchent la musique en cette seule occasion, puis après la flanelle accrochée, la faena va a menos, le final encimista se terminant par manoletinas, tout ceci un tantinet longuet. Une estocade quasiment entière, en place, d’effet rapide libère un pavillon. Lui aussi hurle sans cesse.

 

     Christian Parejo est applaudi à la cape avant deux piques quelconques. Mathieu Guillon est invité à saluer après deux bonnes paires de palos. La faena ne s’envolera pas, plombée par un cornu violent visant les chevilles sur des retours vifs. Voltereta sans mal. Échec à l’estoc, silence.

Il boitille durant le toreo du dernier : voltereta précédente ou souvenir de sa fracture du péroné ? Mathieu Guillon, le plus en vue des piétons, assure la brega. Parejo se limite à un répertoire de proximité, les opportunités sont nulles. Échec avec la rapière, avis, silence.

     L’ombre de J.J. Padilla, présent discret au callejón, a plané sur Manuel Perera tout au long de la tarde. L’Aficionado plus déçu par la gent piétonne que par les quadrupèdes à aucun moment mis en valeur par une main plus confirmée. Un peu plus de 1 000 entrées, ce n’est pas suffisant.

 

     En préambule, Dominique Valmary, Président de l’UVTF, remit le Prix "Tio Pepe" 2019 au Maire de Saint-Perdon, Jean-Louis Darrieutort et au Président de la Muleta, Pascal Darquié. Ce prix prestigieux délivré avec deux ans de retard dû à la pandémie consolera les organisateurs déçus quelque peu.

 

                                                      Gilbert Lamarque

 

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Feria de la pêche et de l'abricot. Saint-Gilles 2021

Publié le par Cositas de toros

 

                SURPRENANTS MALAGA ET DÉCEVANTS JOSÉ CRUZ

 

 

Samedi 21 août.

 

   

      Novillada de la Ganaderia de Malaga, située à Maussane-Les-Alpilles et conduite par Pierre-Henry Callet avec un bétail d’origine Domecq par Garcigrande / Domingo Hernandez. Très joli lot bien dans le type, trop gras le 1. Armures correctes. Très nobles dans l’ensemble mais sans mièvrerie sauf le 1 carrément soso et le 6, plus brouillon, ils ont démontré un fond de caste intéressant mais furent très peu piqués (9 piques), alors qu’ils en auraient supporté tous 2 ou 3... Très mobiles, ils ont donné du jeu et permis un spectacle entretenu. Vueltas posthumes au 3, méritée, et au 6, grotesque. Tous nés en 2018. 4 noirs, un castaño et un tostado. A ce propos, encore une fois, la présidence a démontré une incompétence confondante : changements de tiers intempestifs, aux ordres des toreros, trophées indus, déclenchement de la musique hors de propos. Les décisions inopportunes, notamment concernant la gestion des piques, influent grandement sur la lidia et le déroulement de la course. La présidence est un poste à responsabilité qui n’a rien d’honorifique. Il y a encore du travail à faire sur les mentalités.

     Carlos Olsina, bleu et or, ne sait pas toréer mais évidemment, il croit le contraire et apparemment son entourage aussi. Le 1 était un train, le garçon a donc joué au garde-barrière pour une kyrielle de passes sans intérêt. Aucune domination, la muleta à Saint-Gilles mais le cul à Arles. De toute façon, le toro n’a rien vu, et nous non plus d’ailleurs. Silence après avis, un tiers d’épée et une quinzaine de coups de descabello.

Le 4 était moins facile. Brouillon, le garçon a été incapable de dominer l’animal et de régler sa charge. 3/4 d’épée au second envoi, avis et salut.

 

     Solalito, bleu et or, est un jeune torero vaillant, qui va sur le terrain du toro, mais dont la bagage technique est encore insuffisant à la muleta. La conduite de la charge est médiocre, de même que la sortie de la passe. Du coup le garçon est débordé, la muleta accrochée. Épée entière contraire après pinchazo, descabello et silence au 2.

Un peu mieux au 5, les séries ont été plus abouties et de meilleure qualité mais la charge du toro était pesante. Une épée entière en place d’effet rapide a libéré une oreille pour les amis.

 

     Christian Parejo, violet et or, a déjà du bagage et ça se voit. Il fera montre de beaucoup d’autorité face au 3, le meilleur de l’encierro, des deux côtés. Malgré un désarmé fortuit, il construira une faena complète conclue d’une estocade foudroyante à la rencontre qui fera tomber deux oreilles.

     Le 6 était plus désuni mais de bonne charge. Cité de loin, il viendra sans se faire prier pour une entame de qualité. Quelques séries gauchères de bon aloi, encore un désarmé, détail qu’il faudra régler, épée entière en place concluante et oreille.

Il remporte la Chaquetilla d’or mise en jeu pour l’occasion.

Beau temps. 1/3 d’arène.

 

Dimanche 22 août.

 

   

      Corrida de José Cruz de Salamanca, d’origine Domecq par Daniel Ruiz. Lot bien présenté mais faible et de peu de caste. Peu piqués (7 piques), fades et mous, ils n’ont pas permis à la course de décoller. Né en automne 2016 et printemps 2017. 2 noirs, 2 tostado, 1 castaño et un colorado. Comme quoi la carrosserie, ça ne fait pas tout.

Mano a mano Juan Leal et El Rafi, sobresaliente Jérémy Banti.

     Juan Leal, vert pomme et or, a fait du Juan Leal. Ce garçon a un cœur gros comme ça et un courage à toute épreuve. L’ennui, c’est qu’il semble toréer sans réflexion. Tant que le toro passe, il reste fuera de cacho. Quand le toro ne passe pas ou plus, il vient dans les cornes pour un final tremendiste de mauvais aloi qui frôle la vulgarité. Il mise sur son agilité pour se tirer des mauvais pas. Il est à craindre qu’un jour, ça ne marche pas. Il surfe sur les frissons des tendidos pour faire tomber les oreilles. Et pour peu que l’estocade soit concluante, ça fonctionne. Devant le 1, soso, il ne s’est jamais croisé, a failli y laisser une fesse, seule la culotte a été décousue, car enfin le toro s’est aperçu de quelque chose, a mis une épée entière en place et a coupé… 2 oreilles accordée par une présidence presque aussi mauvaise que la veille.

     Le 3 avait peu de charge. Juan est donc allé dans les cornes pour tirer des passes une à une. Épée entière contraire. Mort longue et oreille (!).

Le 5 a enchaîné les chutes et le trasteo est resté au sol. Juanito a aussitôt intégré les cornes et s’est fait attrapé sans mal en fin de faena. Une demi-épée après demi-metisaca plus tard, descabello, avis et salut.

 

     El Rafi est tout jeune matador ; il ne manque pas de qualités et a fait beaucoup de progrès depuis son alternative arlésienne. Il ne s’affole pas, se croise, charge la suerte et "cite" de loin quand l’occasion se présente. En revanche pas de maîtrise de l’épée en ce moment. Longues séances de carretón à prévoir. Le 2 s’est avéré vite faiblard, perdant les mains à plusieurs reprises au deuxième tiers. Rafi a bien démarré à la muleta avec trois séries de la gauche de bonne facture. Le toro a "embisté" en terre et s’est vite réservé. Il a fallu réduire à droite et terminé par quelques recortes pertinents. La fin fut catastrophique : bajonazo, quatre pinchazos, avis, trois descabellos et silence.

Le 4 a pris une pique triple dose et a enchaîné avec une vuelta de campana qui a entamé son capital. Il a supporté un quite par gaoneras de Rafi, deux paire de banderilles et un cite au centre avec changement dans le dos à la mode Castella. Après, il a fallu le laisser respirer, ce qu’à fort bien fait le garçon avec beaucoup d’intelligence entre les séries. Il a pu ainsi instrumentaliser la meilleure faena possible avec un tel partenaire. Hélas, bis repetita à l’épée : 1/4 d’épée, pinchazo puis entière caída. Vuelta.

Le 6 était faible et le torero fatigué. Ça a donné une faena, sans réelle domination d’un toro qui se réservait de plus en plus et se défendait sur place. Rafi averti sans frais s’est appliqué à l’épée : entière en place finalement concluante et oreille pour l’ensemble de son œuvre.

Beau temps et 2/3 d’arène.

 

                                                     Dominique Madera

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Week-end landais santacolomeño

Publié le par Cositas de toros

            Le week-end landais fut marqué par le sang Santa Coloma.

     La veille à Dax, les 6 adultes du fer de La Quinta, braves, donnèrent du jeu. Le 5e eut droit à une vuelta controversée sous la présidence « chaotique » d’une présidente.

     Le matin du 15 août, dans la "Monumental des Pins", sous une regrettable faible affluence, s’ébrouèrent 4 erales : 2 de Manu Turquay (1 et 2) et 2 de La Quinta (3 et 4), tous d’origine Santa Coloma, aux trastos, Victor Barroso et Marco Linares. Les Turquay déçurent receleurs de tant de faiblesse ; les La Quinta au rendez-vous de Roquefort, le 3e supérieur fut honoré de la vuelta al ruedo.

     L’après-midi, devant un nombreux public, et c’est heureux, défilèrent 6 novillos de La Quinta, le 3e, lui aussi eut droit à la vuelta.

     Résultat ganadero de La Quinta : une vuelta al ruedo à l’occasion de chaque course, 16 cornus "lidiés" lors de ce week-end landais du 15 août, 16 Santa Coloma : La Quinta, 2 Turquay.

     Pour ce jour de l’Assomption, les bichos n’ont pas été des "enfants de Marie" !

 

Photos Frédéric Martinez sauf mentions contraires (Laurent Bernède).

 

Roquefort 15 août. Novillada non piquée. 11h.

 

     Certains spectateurs furent surpris de voir Victor Barroso et non Tristan. Il faut bien lire les affiches ! Victor, lui, a été formé à l’école de tauromachie "La Gallosina" del Puerto de Santa María.

     Le premier Turquay sort en piste fin comme la pointe de ses cornes. Le tercio de banderilles est calamiteux. Le bicho montre quelques signes de faiblesse. Quelques séries de Victor Barroso données du centre, la dernière main basse et suivent les naturelles. Peu de transmission et de liaison, la faute au quadrupède. Entière, puntilla, le novillo se relève, descabello, palmas.

 

 

  Le second Turquay est plus enveloppé pour Marco Linares, mais plus faible que le précédent. Muleta à mi-hauteur, naturelles sans liaison, la charge se raccourcissant. Une demi-lame, descabello, applaudissements pour Victor.

 

     Le 3e, premier La Quinta est léger mais dans le type. De bonnes séries de la droite "templées". À gauche, plus heurté mais l’ensemble passe bien avec un novillo con casta, très noble.

     Barroso est relâché, confiant. Entière contraire, deux oreilles, vuelta avec le mayoral après celle méritée du bicho.

 

     Le dernier La Quinta n’a pas les qualités de son congénère mais il permet. Marco Linares très appliqué malgré tout dominé.

     Pinchazo, entière et une oreille. Ce jeune novillero a remporté le VIIe Alfarero de Plata de Villaseca de la Sagra en juillet dernier.

 

     Sortie a hombros de Victor Barroso.

 

 

Novillada piquée. 17h.

 

   

      Le lot brave, 15 piques, 2 batacazos contre les planches signés par le 5e, du bon jeu dans l’ensemble, vuelta al ruedo pour le 3e, "Revoltoso".

Mathieu Guillon "El Monteño". © Laurent Bernède

     Saluts des banderilleros Julien Merenciano et Mathieu Guillon "El Monteño", une habitude chez ce dernier.

     À l’issue du paseo, remise par l’ADAC de Céret, d’un azulejo, prix "Souvenir Jean-Louis Fourquet" à la meilleure novillada "lidiée" en France au cours de la temporada 2019… les La Quinta de Roquefort.

 

     Cristóbal Reyes avait déjà posé ses valises en terre andalouse en vue de son alternative du samedi 21 août à Sanlúcar de Barrameda. "Garabato" lui grignote déjà la percale avant d’être mal piqué à deux reprises. La faena démarre fort bien par des séries des deux mains puis le bicho raccourcit la charge et délivre quelques scuds. Gros échec à l’estoc, deux avis sonnent. Silence pour l’un, palmas pour l’autre.

     "Jinete", negro entrepelado, applaudi dès son entrée en piste, armé haut et fin va défier le Jerezano tout au cours de la lidia. "Brindis" à son mentor, le Roquefortois Christian Lamoulie. Le novillo prend deux rations sans pousser avant quelques passes de castigo. Rien n’y fera, "Jinete" gardera la tête haute et les séries des deux bords n’en viendront pas à bout. La conclusion sera une nouvelle fois un fiasco, l’épée caída au second essai. Silence.

 

     Avec Carlos Olsina, un large sourire est garanti tout au long de la tarde sans augmentation de tarif. "Buenvino", un peu léger est très mal piqué après un joli capote. La faena débuta au centre par des séries de derechazos, le tout bien conduit. Dès la prise de la main gauche, le tout ira a menos. Second coup d’épée caídita, la bête allant mourir à l’entrée du toril après un descabello. Un avis, silence et l’arrastre est applaudi.

Rompecapa

     Une belle ovation accueille "Rompecapa", negro, un magnifique prototype con hechuras y trapío. Il partira à quatre reprises sur le groupe équestre, auteur de deux chutes, le cheval poussé contre les planches. Plus spectaculaire que brave, il le soulèvera à la troisième rencontre en sortant seul et remis en suerte pour une ultime vara et non al regatón. Ce fut long et cette dernière affecta le bicho qui transmettait et après une belle et longue série de derechazos, la suite alla a menos avec des naturelles non liées, la muleta accrochée. Carlos porte une entière de côté, les pétitions s’élèvent pour l’oreille et la vuelta al ruedo. Bernard Sicet ne bronche pas, c’est mieux ainsi. Vuelta pour le piéton, le quadrupède ovationné et le président sifflé, ceci dans la tradition.

 

Revoltoso. © Laurent Bernède

     Yon Lamothe se révèle au cours d’une temporada famélique, vu à son avantage en tienta et le matin du 5 août au Plumaçon où lui avait été offert la lidia de deux des trois Bañuelos sobreros rescapés de la Madeleine en présence du ganadero. À Roquefort, le Landais a confirmé et le public a pu découvrir un garçon entreprenant, confiant, intelligent, poderoso.

     Le beau "Revoltoso", cárdeno et Alberto Sandoval nous ont conviés à un superbe tercio de varas. Le La Quinta partant par trois fois et de plus en plus loin, bien mis en suerte par Lamothe. Les piques administrées avec soin, en place et dosées, un pur bonheur. Belle ovation et le piquero salue. Les premières séries s’enchaînent patiemment en laissant la distance. Mais après quelques erreurs de placement, Yon est averti et dominé par la suite malgré de belles naturelles de face. Le novillo en avait encore sous les sabots. Entière caídita après un échec, l’oreille est coupée et novillero et piquero entame la vuelta après celle du bon "Revoltoso".

Jaquetón

     Le Landais aborde avec sérénité "Jaquetón" de noir vêtu et bien en "pointes". Après deux piques quelconques et un bon tercio de banderilles, il "brinde" à François Capdeville une faena bien construite, l’animal s’avérant noble, et réitère les bonnes actions de son premier combat.

     Séries templadas, respiration, terrain, le duo ne fait plus qu’un et le trasteo se termine sur une note plus encimista, le poignet sûr, l’ensemble maîtrisé.

© Laurent Bernède

     Un estoconazo en la cruz fait jaillir les deux mouchoirs, chavirer la « Monumental des Pins » et le vieux bois craque sous les vivas.

Yon et le mayoral sortent a hombros.

   

      Après 2019 et 2021, un autre succès à Roquefort pour La Quinta à l’occasion de la prochaine temporada et attester le « jamais deux sans trois » ?

 

                                                           Gilbert Lamarque

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