Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

belles feuilles

REGAIN

Publié le par Cositas de toros

            La temporada est terminée des deux côtés des Pyrénées. Pendant que Las Ventas recompte ses 828.920 spectateurs, ses 61 spectacles et ses 10 Grandes Portes, Morante se remémore ses 100 corridas, Ginés Marín a été pris la bague au doigt ayant épousé à Tolède, Ana Lorenzo,une autre alternative qu’il faudra confirmer, qu’une nouvelle page se tourne pour clouer le bec de Caron le despote pas éclairé visant à abolir la corrida en France, que l’association"Un toro pour un rêve d’enfant" a permis de récolter plus de 15.000 euros, repensons à ce jeune novillero qu’est Manuel Diosleguarde.

     Le torero de Salamanque a subi une cornada très grave en entrant pour tuer le sixième de Cebada Gago à Cuéllar (Ségovie), le dernier dimanche d’août, un 28. (tiens!)

 

     Après avoir été soigné par le chirurgien des arènes pour un "encornement" de 25cm sur la face interne de la cuisse droite. » Manuel, intubé, a été transféré à l’hôpital de Valladolid. L’intervention chirurgicale a duré six heures pour ce coup de corne. "Caminante", le Cebada, lui a rompu l’artère et la veine fémorales.

     Le jeune salmantin se rapprocha ce jour, de Manolete, le cordouan l’attendit en vain. Comme le déclara plus tard la chirurgienne Marta Pérez « la blessure était comme celle de Manolete. » Quatre jours complets de réanimation. Manolete eut le tort de naître en 1917 et surtout de subir le coup fatal, il y a 75 ans.

     On le sait, le Calife reçut la terrible corne d’"Islero" à Linares. L’état vétuste de l’infirmerie, les réseaux routiers et les moyens de locomotion de l’époque l’amenèrent jusqu’au lendemain où il décédera vers les cinq heures du matin.Tout a été dit sur la mort du maestro.

     Comment oublier Paquirri, qui blessé à Pozoblanco par "Avispado" de la ganaderia Sayalero y Bandrés, mourut durant son transport vers l’hôpital de cordoue.

     Près de nous, Iván Fandiño et Victor Barrio dont la mort quasi instantanée pour le Basque, et foudroyante pour le Segoviano – un coup de corne lui trenperça la poitrine.

     La fatalité s’était invitée.

   La camarde dédaigna Manuel Diosleguarde ou plutôt, la fée chirurgie siffla le repos et la fin des hostilités. "Caminante"n’alla pas jusqu’au bout en cette tarde, du travail d’amateur.

     Le novillero de Salamanque devrait prendre l’alternative en juillet prochain. Après 4 temporadas bien remplies, lui qui a toréé plus de 60 novilladas depuis ses débuts avec picadors.

     Manuel assure qu’il reviendra dans les ruedos : « C’est un revers dont je me remettrai plus fort et avec plus d’envie que jamais de me mettre devant. »

Regain

     Manuel fauché par la corne, l’herbe repousse dans les cercados du Campo Charro.

     Regain , le roman de Jean Giono, « et qu’une herbe nouvelle a poussé et qu’on a pu faucher le regain. » Ne le souhaitons pas…

     Chers amis, nous qui l’avons apprécié dans le Sud-Ouest maintes fois, jeune apprenti depuis les non piquées, nous irons l’ovationner debouts sachant que ces garçons ne sont pas foutus comme vous et moi.

     Dios le Guarde, bourg de Castille-et-Léon de 127 âmes où Manuel Sánchez vit le jour le 6 mai 1999. Novillero, il prit comme apodo le nom de son village Dios le Guarde une locution bien choisie et prédestinée !

     Non, Manuel, la camarde n’a pas voulu de toi ce 28 août. Sois prudent quand même.

         ¡ Suerte Torero, Dios te bendiga !

                                        Gilbert Lamarque

 

 

Voir les commentaires

FACE à LA MER

Publié le par Cositas de toros

 

Plage de l'Espiguette

 

            Ayant dérivé quelques jours pour échouer sur le sable du Grau du Roi, le 25 mai, le printemps s’achevait. Aujourd’hui l’automne éclaire nos jours. Chaque matin, la mer changeante bleue, grise, verte, à l’écume blanchâtre, avec pour horizon, l’eau bleue, grise, verte, les voiliers qui ont plié les voiles bleues, vertes, rouges ou jaunes, les villégiatures sont consommées, les mouettes ont retrouvé leur havre de paix.

     Chaque jour, la mer « toujours recommencée », (emprunt au voisin sétois Paul Valéry), mer paresseuse pour un enfant de l’Atlantique mais ô combien sournoise, nous prépare à une catastrophe que prédisent les spécialistes. Le trait de côte recule et la modeste dune qui nous sépare, n’empèchera pas de gagner notre vaisseau de béton et de verre ancré à une courte bordée de l’envahisseuse. Les experts présagent que d’ici un certain temps, la cathédrale, l’église abbatiale de Saint-Gilles en Petite Camargue, aura les pieds dans l’eau, les fidèles iront en barque à la messe dominicale. Ainsi soit-il.

 

"ma plage"

     Chose curieuse, la célèbre plage de l’Espiguette, à l’Est du Grau du Roi, s’agrandit, s’ensable, "ma" plage, à l’Ouest près du bois de Boucanet n’est plus qu’un maigre cordon de sable. Les terres du Grau connaîtront la mésaventure à l’envers de sa voisine, la cité médiévale d’Aigues Mortes où en 1266, Louis IX plus connu sous l’apodo de Saint-Louis, décide de donner à son royaume une ville portuaire, véritable point de départ de ses futures croisades et, conjointement port de commerce maritime où les marchandises sont apportées à terre par des barques à fond plat. La mer se retira, l’envasement de l’étang contribuera à l’abandon progressif du port. Fini le monopole ! Aigues Mortes, avec l’arrivée du Rhône à Sète, se transformera en port fluvial. En attendant , une nouvelle visite maritime entre le Grau du Roi et les Saintes-Maries-de-la-Mer, je l’imagine traversant le Petit Rhône envahissant les anciens marais salants… Il y a urgence.

 

Au chevet du littoral

     Deux secrétaires d’État sont dans le Gard, ils surferont sur la vague à la fin de septembre pour se pencher sur ce problème qui semble insoluble. Surtout si le nombre d’acteurs n’est pas d’accord sur la solution à mettre en place…

      Alors dans mes élucubrations nichées loin au-dessous de la surface de l’eau, j’imaginais la disparition de la corrida tant souhaitée par un député à l’égo démesuré. Tout en souhaitant égoïstement que la course de toros se dissoudra avec l’inéluctable montée des eaux d’ici un certain temps, un temps inconnu, vingt ans peut-être ?

     Avec l’Ukraine attaquée par la Russie, TaÏwan par la Chine, nous sommes entrés dans une ère de guerres majeures entre puissances autoritaires. Mais nul ne peut l’affirmer, il y a toutefois un changement de perception : l’usage de la force, souvent déconsidérée dans les démocraties, et où à nouveau comme nécessaire au sein des opinions publiques. Dans la France démocrate, certains se servent de la force pour déclarer une guerre sans armes létales se servant de l’opportunité de leur récente situation pour balayer d’un arrogant revers de main un élément de nos traditions, l’attristant député Caron a décidé d’abolir la corrida, et par ce biais enlève le pain de la bouche à ceux qui, avec difficulté et beaucoup d’acharnement, vivent de la tauromachie laisant les élites se gaver égoïstement…

 

     La mer envahissant les terres de Camargue, nous allons relever les manches pour tenter d’y remédier et nous acceptons les mauvais tours de la nature bien que nous soyons les principaux fautifs….

     Le dogmatique député n’a pas, hélas, pour héritage l’acceptation de l’égalité et le souci de la liberté garantie par la participation de nous tous aux décisions politiques. Il en est de la désaffection des citoyens à cette même politique méprisable.

     On vous dira que pour satisfaire une idée qui hante les jours et les nuits du député parisien, l’Assemblée votera pour ou contre ce maudit projet de loi. Quoi de plus démocratique qu’envoyer les aficionados aux orties avec ses traditions centenaires.

     Plus de liberté, nous semble-t’il, moins d’État . De loin, les libéraux ont l’air d’accord sur tout. De près, les choses sont plus complexes, cette sacrée famille libérale abritant des sensibilités innombrables. Chacun amène son repas ; c’est l’auberge espagnole ! Mais la qualité y est absente.

Rappelons-nous cette citation de Tocqueville l’éclairé : « Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul. » N’est-ce pas M. Caron ? Ça ressemble à de la simple politique.

Pendant ce temps, la mer « toujours recommencée » aura le dernier mot. Les toros victimes de la bêtise de l’homme, cet idiot, s’endormiront dans les brumes d’un passé, semble-t’il où nous étions heureux. Les toros à jamais dans le silence éternel des espaces infinis…

Mais attendons d’ici peu , les actions des "bons" parlementaires (un doux rêve) pour la défense des traditions dont l’une, la tradition taurine, porte sur une part significative de la culture.

D’ici-là, profitons de l’été indien, et même si l’époque s’y prête, tentons de ne pas tout repeindre en noir, tentons de voir le côté lumineux de la vie.

                                                                     Gilbert Lamarque

Voir les commentaires

LES ASTURIES, UN DÉSERT TAURIN

Publié le par Cositas de toros

 

            Oviedo est la capitale des Asturies, mais Gijón est la plus peuplée, puis viennent Avilés, Siero, Langreo…

     Les bravos, même le dimanche, ne fréquentent plus les arènes asturiennes. Ici, dans ces contrées, le nombre d’habitants régresse. La région a le plus fort taux de mortalité du pays et aussi le taux le plus bas de natalité. Aïe !

     Peut-être que le folklore celtique et sa gaïta asturiana, la fameuse cornemuse à trois tubes, a chassé les toros peu mélomanes. Nous sommes aux antipodes du flamenco et le toro, personne ne l’ignore, savoure le flamenco ! Pourtant vous remarquerez que dans le mot cornemuse, nous retrouvons "corne"… ainsi que "muse". La tauromachie est-elle un art ? Aucune des muses qui étaient au nombre de neuf, filles de Zeus et Mnémosyne, ne s’est penchée sur l’art taurin. La tauromachie est-elle une tragédie ? Certainement.

     Melpomène aurait pu faire un effort, elle, dont le domaine était la tragédie et le chant (el cante jondo ?), souvent représentée sous les traits d’une femme majestueuse, triste et fière, tenant des sceptres, des couronnes de pampres d’une main et un poignard de l’autre. Dans ses attributs, on trouve entre autres, le masque tragique et aussi le glaive. Mais la Tauromachie est sûrement née bien après les muses !

     Le seul toro toujours présent dans la région, c’est Fernando Alonso, surnommé El Toro de Asturias !

     En fait, on peut s’interroger : les Asturies sont-elles en Espagne ? Car même la gastronomie s’apparente parfois à la cuisine normande ou bretonne et la boisson "nationale" qui domine est la sidra, le cidre asturien.

     Il est vrai que les Asturies séquestre une histoire celte dont la culture est commune à La Galice voisine, l’Écosse, l’Irlande et la Bretagne. J’insiste, les toros n’aiment pas cet héritage musical mais aussi culturel.

     La Galice, citée plus haut, n’est pas plus avantagée. Seuls, les pèlerins se précipitent lentement vers sa capitale politique, Saint-Jacques-de-Compostelle, pour saluer l’apôtre Jacques le Majeur. La Corogne, Lugo, Orense et Pontevedra, les quatre capitales provinciales, ne discutent pas de tauromachie ou alors, chuchotent-elles.

     Les 1er et 2 août 2015, le Coliseum de La Corogne aurait dû accueillir Paquirri, El Cordobés (les juniors, bien sûr) et El Fandi. Mais le 13 juillet précédant, la nouvelle équipe municipale proche de Podemos, avait annoncé l’annulation des corridas. Paraît-il qu’en 2014, il y avait plus de gens manifestant contre les corridas devant les arènes que de public à l’intérieur… Le maire s’étant engagé dans son programme à ne plus subventionner ni céder des bâtiments municipaux pour des spectacles où sont maltraités des animaux. Tant qu’il sera au pouvoir, il ne devrait donc plus y avoir de fêtes taurines. Pour une fois qu’un élu suit son programme !

     En avril 2018, la Cour de justice de Galice a approuvé la décision de La Corogne d’arrêter l’organisation des corridas. Adieu Patrimoine Culturel Immatériel ! Le maire a été remplacé en 2019 par la señora Inés Rey (PSOE) mais la sauce reste figée.

 

Laissons la Cantabrie voisine et revenons dans les Asturies.

     À Avilés, troisième ville de la région, au début du XVIIe siècle, les corridas avaient lieu sur la Plaza de Fuera de Villa, la Plaza de España actuelle. Aujourd’hui, plus aucune manifestation, plus l’ombre d’un toro et ce, depuis la fin des années 1990.

     À Pola de Siero, il existe une chronique taurine de 1895. Il semble que tout se soit consumé aussi à la fin des années 1990.

     Quant à la plaza de toros d’Oviedo, elle "devrait" ré-ouvrir après un gros coup de rajeunissement espéré depuis sa fermeture en septembre 2007. Le 30 mars 2008, le coso de Buenavista est définitivement fermé en raison de grosses lacunes constatées dans sa structure par des techniciens municipaux. Ceci nous rappelle Gijón, bien sûr.

     Ici aussi, le maire ne souhaite pas la programmation de spectacles taurins, ceux-ci étant déficitaires selon la mairie. La municipalité a déclaré qu’Oviedo n’est pas une ville de tradition, les toros ne doivent pas y revenir. Les arènes seront pour des concerts – de cornemuses, certainement – et pas mal d’autres choses.

     On peut lui suggérer, en attendant les importantes décisions, de transformer le ruedo en champ de blé, céréale ô combien précieuse étant donné la pénurie à craindre pour l’avenir dans ces temps troublés. La municipalité et les jardiniers de la ville transformés en agriculteurs pour l’occasion permettront des bénéfices sachant qu’en plus, il n’y aura que peu de travaux pour aménager la piste en terre agricole.

15 ans que les arènes de Buenavista sont en friches !

     Elles furent inaugurées en 1889 et ont été déclarées site d’intérêt culturel en 2006.

 

     Le maire actuel, Alfredo Canteli (PP) reste immobile tel Don Tancredo. La dernière corrida a eu lieu le 21 septembre 2007 avec Enrique Ponce, Francisco Rivera Ordoñez et Diego Urdiales avec les toros de Zalduendo.

     Les spectacles taurins dans la ville remontent, au moins, à l’époque d’Alphonse II le Chaste vers 815 où les combats se pratiquaient de manière chevaleresque par la noblesse.

 

À venir, la dernière étincelle ?

     Le 3 avril a eu lieu la présentation d’un nouveau chapitre (capítulo) de la Fundación Toro de Lidia dans les Asturies. Cet évènement s’est déroulé dans l’auditorium Caja Rural de … Gijón, présidé par Victorino Martín.

     Le chapitre des Asturies rejoint ceux déjà créés à Grenade, Cordoue, Malaga, les Baléares, Salamanque, Badajoz, Albacete, Tarragone, la Cantabrie et Pontevedra.

     Le nouveau chapitre a visité les extérieurs des arènes d’Oviedo et de Gijón. L’action pour relancer les toros dans ces deux villes va être l’une des grandes luttes dans lesquelles va travailler le chapitre des Asturies.

     Le coordinateur des chapitres, Fernando Navarro, a déclaré : « La situation actuelle m’encourage plus que jamais à lutter pour la tauromachie afin de démystifier le profil de l’aficionado et de défendre la Loi, car la tauromachie, n’oublions pas qu’elle est légale. Une démocratie qui censure aujourd’hui l’acte culturel de la tauromachie, demain qui sait de quel autre droit elles nous privera. »

     Le service juridique de la Fondation travaille déjà pour étudier les actions possible et est en contact avec C. Zuñiga, l’empresa de la plaza de Gijón.

     Le journal ABC titrait le 4 avril : « La Fondation del Toro étudie des actions en justice pour la fermeture de la plaza de Gijón. »

     Attendons.

 

     Le rejet de la cruauté et de la torture se généralise dans de nombreuse autonomies espagnoles, car il est temps d’interdire la torture en tant que spectacle. Malheureusement, certains défendent la torture au nom de la culture et de la tradition, alors que la première est aux antipodes de la brutalité et que la seconde offense la mémoire de nos ancêtres.

                                                                        Gilbert Lamarque

Voir les commentaires

APODOS

Publié le par Cositas de toros

 

                            L’origine parfois curieuse des surnoms taurins

 

            Cela fait des siècles que les surnoms des toreros sont empreints de bizarrerie, souvent uniques, parfois étranges, du simple diminutif du nom ou du lieu de naissance, à d’autres aussi variés que des émanations zoologiques, alimentaires, et même de quelques défauts physiques. De El Gallo à Cuatrodedos, de Cara-Ancha à Lagartijo jusqu’à nos jours avec El Fandi ou Finito.

 

Lagartijo
Cara Ancha

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

                                                                         Et c’est ainsi depuis les premiers toreros, et cela continue d’être ainsi comme le journaliste et écrivain Leopoldo Vázquez y Rodríguez l’a déjà collecté, qui, à la fin du XIXe siècle, en 1896, écrivait dans El Arte de la lidia un article où avec esprit et ironie, il démêla l’origine des apodos que certains coletudos transportaient.

 

Le monde animal ou les lieux d’origine. 

     Coq, Lézard, Loup, Puce, Lapin, Petit Lézard, Petite Puce, Rat, Sauterelle, Coucou, traduction dans l’ordre : Gallo, Lagartijo, Lobo, Pulga, Conejo, Lagartijillo, Pulguita, Rata, Cigarrón, Cuco, sont les premiers surnoms relatifs aux animaux. La liste se poursuit avec les diestros qui ont emprunté le nom de la ville où ils sont nés. Des toreros qui s’appelaient Murcia, Soria, Cervera, Valencia, Miranda, Sevilla, Melilla, Pastrana, Villanueva, Valdemoro, León, Guadalajara ou Peñalver

La liste continuait soit avec la couleur de la peau : Moreno, Rubio, Blanquito, Jaro, soit avec quelques productions agricoles : Lechuga, Melones, Centeno, Trigo traduits par Laitue, Melon, Seigle, Blé, ou bien alors avec les étrangers : Inglés, Portugués, Ginebrino (Suisse), Americano.

Le vent venant de la mer, nous trouvons Marinero ; les plus fatigués, Fatigas, sans oublier les défauts physiques comme Agudamientos (dans le sens d’aiguë), Agujetas (courbatures), Cara-Ancha, Cuatrodedos, Pelao (sec), Sordo, Chato (nez aplati), Ronco (enroué), Gordito, Mellado (édenté), Mudo (muet), Cano (cheveux blancs) ou Calvo (chauve). Il y eut aussi Cantares et parmi les arbres, Almendro et Pino, sans oublier les oiseaux : Loro, Canario et Jilguero, c’est à dire : Perroquet, Canari et Chardonneret. Il y avait encore, la gourmandise avec Mazapán et l’explosion avec Bombita. Et pour la fête : El Pipo (le sifflet) et Guitarra. On trouve également les plus belliqueux : Guerra, Guerrita, Guerrero mais aussi les métiers, Sastre, Naranjero, Albañil, Pavero, Pintor, Cucharero, Pastor, Tallista, Guitarrero, Tortero, Barberillo, Arriero, Vaquero, Calesero, Patatero ou Cocherito : Tailleur, Vendeur d’oranges, Maçon, Paveur, Peintre, Métallurgiste, Berger, Menuisier, Guitariste, Vendeur de gâteaux, Petit barbier, Muletier, Vacher, Charretier, Cultivateur de pommes de terre ou Petit cocher.

On n’oublie pas El Estudiante ni El Chispa, l’Étincelle pour la bonne humeur ni Carcelerito, Petit gardien de prison ni Conde ni Marqués… Les diminutifs sont d’autres classiques où l’on rencontre : Frascuelo, Joseíto, Pepín, Cayetanito, Mateito, Dominguín, Gonzalito, Bernalillo, Manolín et Villita. Et aussi en raison de l’origine, il ne manque pas de Mancheguito, Valenciano, Granadino, Cordobés, Ecijano, Malagueño, Salamanquino, Antequerano, Sevillano, Cartagena, Navarro, Montañes, Algabeño et Gallego.

Cependant, le méticuleux Leopoldo Vázquez y Rodríguez n’a trouvé que deux surnoms qui définissent ce qu’ils exercent : Torero et Torerito, et il est surpris car certains apodos ne disent rien sur leur origine : Manene, Libri, Lavinia ou Rolo ?

     Aujourd’hui dans la liste raccourcie des matadors en exercice, nous pouvons trouver, en vrac : Morante de la Puebla, El Juli, Calita (Ernesto Javier), El Fandi, Finito de Córdoba (Juan Serrano Pineda), Rafaelillo (Rafael Rubio), El Cuqui (Joaquín Ribeiro), Cayetano (Antonio Rivera Ordoñez), David de Miranda (David Pérez Sánchez), Morenito de Aranda (Jesús Martínez Barrios), Micheleto et El Galo (les frères Lagravère)...

Chez les novilleros : Manuel Diosleguarde (Manuel Francisco Sánchez García né à Dios le Guarde, région de Salamanque), Parrita (Manuel Vilches), El Chorlo (Jesús Diez), Calerito (Juan Pedro García Vizcaíno), Quinito ( Rafael López, colombien de Medellín), Villita (Juan José Villa) , El Niño de las Monjas (Jordi Pérez)…

 

      Chez les Français, le premier torero d’alternative ne fut autre que Pierre Cazenabe, né à Meilhan, le fameux Félix Robert. Nous trouvons dans le désordre et la liste est non exhaustive : le Nîmois Amor Antunez, El Andaluz ; Étienne Boudin, Pouly, Ambroise, son fils Pouly II et Pierre, le petit-fils Pouly III ; Jacques Brunet, Jaquito ; Bernard Domb alias Simon Casas ; tous les Arlésiens Goita à l’état civil, les Romero ; Richard Milian, ex Niño de Saint-Cyprien, les frères Montcouquiol Alain et Christian, Nimeño I et II ; Lucien Tien Orlewski dit Chinito ;

Chinito de Francia

 

André Viard qui répondait au tout début au surnom de El Dibujante, le Dessinateur, discipline où il excelle ; Marc Christol n’est autre que Marc Serrano ; J.B. Jalabert, Juan Bautista ; Yannis Djeniba, El Adoureño ; Raphael Raucoule, El Rafi, le dernier en date.

À tous ces toreros d’alternative, rajoutons ceux qui s’habillèrent ensuite d’argent, Philippe Delapeyre, El San Gilen ; Lionel Rouff, Morenito de Nîmes et Rachid Ouramdane, Morenito d’Arles.

Solal Calmet, Solalito chez les novilleros…

En Biscaye, dans la liste des anciens toreros, il était plus aisé d’en appeler certains par leur apodo.

Cocherito de Bilbao

     Quelques noms : Cástor Jaureguibeita Ibarra, Cocherito de Bilbao ; Rufino San Vicente Navarro, Chiquito de Begoña ou Sarafín Vigiola del Torco, Torquito I.

Les toreros de la province voisine de Guipuzcoa ne sont pas en reste, la preuve : Juanito Aldabaldetrecu, Aldaba ; Martín Barkaiztegi, litographié par Goya, Martintxo ; Luis López Irala Goitia, Txikito de Rentería.

 

Paquiro

     Nous pourrions continuer indéfiniment en prenant les toreros "romantiques" comme Francisco Montes, Paquiro ; José Redondo y Domínguez, El Chiclanero… les "post-romantiques", José Rodríguez y Rodríguez, Pepete ; Manuel Domínguez, Desperdicios ou Antonio Sánchez, El Tato né en 1831 à Séville, autre El Tato, José Raúl Gracia Hernández, lui né à Saragosse en 1972, triomphateur à Mont-de-Marsan en 1998 et 2000 face aux victorinos.

Rajouter les matadors de l’âge d’or, des années 50 à 70, etc.

     En voici quelques uns pour le plaisir :

- Antonio Chenel Albaladejo, Antoñete.

- Juan Belmonte García, plus communément appelé Juan Belmonte, est un des toreros avec Manolete et El Cordobés qui a collectionné le plus de surnoms : Terremoto (tremblement de terre), Coloso de la Emoción, San Juan Belmonte, El Cataclismo, Pasmo de Triana. On l’appela aussi Trianero (natif du quartier de Triana de Séville), il est pourtant né dans le quartier de la Macarena !

 

Cagancho

- Joaquín Rodríguez, Cagancho, un surnom malodorant venant du verbe cagar (qui se passe de traduction) et de ancho qui signifie large ou épais. Mais il existe une explication plus plaisante : en Andalousie, on donnerait le nom de cagancho à un oiseau chanteur.

- Antonio Borrero Morano, Chamaco, né à Huelva en 1935.

- Juan Antonio Ruiz, Espartaco.

- Miguel Baez Espuny, El Litri.

- José Maria Dols Abellan connu sous le pseudonyme de Manzanares, utilisé par son père, banderillero.

 

Minuto

- Enrique Vargas, Minuto, réduction de diminuto signifiant "très petit".

- Cayetano Ordoñez Aguilera, Niño de la Palma, le père d’Antonio.

- Francisco Rivera Pérez, Paquirri.

 

El Viti

- Santiago Martín Sánchez, El Viti, du nom de son village natal, Vitigudino à 70 km de Salamanque.

- José Ulloa, Tragabuches, mange-panse, pseudonyme de son père à la voracité légendaire.

 

El Yiyo

     … et José Cubero, Yiyo, sa mère l’appelait Joselillo et dans son quartier de Bordeaux, on le connut très vite comme Yiyo.

     Et l’on pourrait compléter avec les apodos des picadors, banderilleros et autres peones, les apoderados, les écarteurs, raseteurs, revisteros… indéfiniment !

 

                                                                  Gilbert Lamarque

Voir les commentaires

Proverbes et dictons dans le langage espagnol

Publié le par Cositas de toros

                       Le toro est le protagoniste de nombreux dictons dans la langue de Cervantes et source d’inspiration du proverbe espagnol : « Hasta el rabo, todo es toro ».

 

            De nombreuses expressions taurines ont cours. « Hasta el rabo, todo es toro », « Jusqu’à la queue, tout est toro » est l’une des plus répandues.

Une autre très utilisée est celle du « Toro de cinco y el torero de veinticinco », « Le toro de cinq ans et le torero de vingt-cinq ans. »

Origine de ce dicton populaire.

L’écrivain Carlos Abella l’explique dans  ¡Derecho al toro!  El Cossío, également : « C’est par l’écrivain Jaime de Foxá que j’ai entendu cité ce dicton pour la première fois. Il définit l’âge, qu’à une autre époque, on considérait que les prétendants au combat devaient avoir : le toro âgé de cinq ans ; le torero, vingt-cinq ans. A cet âge, tous deux étaient censés avoir atteint leur apogée de plénitude et de maturité, le toro a le maximum de sentido, de vigueur, de force et de puissance, tandis qu’à vingt-cinq ans le torero a l’expérience, la connaissance du combat et la technique suffisantes pour affronter le toro avec ses meilleures armes. »

El Cossío inclut plusieurs de ces expressions dans son proverbe du toro, expressions qui apparaissent dans l’œuvre susmentionnée ¡Derecho al toro!, un exemple vivant de la richesse de cette langue et le vaste assortiment inspiré d’énonciations et d’expressions tauromachiques.

Voici quelques unes d’entre elles.

 

 

- « Ser un toro claro », « Être un vrai toro » : on dit de quelqu’un qui fait face franchement et clairement, sans arrière-pensées.

- « Pan y toros queremos, y si algo falta que sea lo primero », « Nous voulons du pain et des toros, et s’il manque quelque chose, ce doit être le premier » : il illustre l’intensité des racines populaires du spectacle taurin, à tel point qu’une phrase d’une si profonde contradiction s’est forgée dans le temps. L’expression abrégée, « ¡Pan y toros!*, est restée dans le langage courant comme un symbole de simple passion populaire. Expression, aujourd’hui, bien désuète.

- « Ver los toros desde la barrera », « Voir les toros de côté » : il se dit de ceux qui prennent leurs précautions ou ne veulent pas prendre de risques et est utilisée comme synonyme d’indécision ou encore de sagesse et de prudence.

- « El toro y el gallo, en el mes de mayo », « Le toro et le coq, au mois de mai » : il s’agit du moment de plus grande saveur, maturité ou opportunité pour "lidier" le toro.

« Hasta el rabo, todo es toro », « Jusqu’à la queue, tout est toro » : synonyme de prudence et de ne pas se fier aux apparences car, quand on pense avoir maîtrisé une situation, cela peut se compliquer… Disons, tant que quelque chose n’est pas terminé à cent pour cent, rien n’est écrit.

Mais toutes ces expressions n’ont véritablement de saveurs qu’en espagnol, la traduction en français les affadit : ¡del chorizo picante al chorizo dulce!

 

*¡Pan y toros!, paraphrasant l’expression latine de Juvénal "Panem et circenses" est aussi ce pasodoble souvent utilisé à l’heure du paseo dans de nombreuses arènes. Ce pasodoble est extrait de la zarzuela écrite en 1864 par Francisco Asenjo Barbieri.

Également, le titre d’un livre du journaliste et écrivain Eugenio Noël qui traite entre autres, des injustices sociales qui existaient dans l’Espagne au début du XXe siècle.

 

          Ni proverbe ni dicton, cette citation pour illustrer joyeusement "El toro y el gallo, en el mes de mayo" :

 

 

                                                                Gilbert Lamarque

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>