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La Feria d'Arles (suite)

Publié le par Cositas de toros

Dimanche 9 avril, Novillada de competencia

    Yon Lamothe triomphateur

 

Photos, Chantal Lafaye

 

 

Dans l'ordre de sortie, Fernay, Cuillé, Blohorn, Pagès-Mailhan, Tardieu et Gallon, sobrero de Fernay.

 

 

            Le soleil fidèle, un bon cartel amenèrent un bon tiers d'arène pour cette novillada de competencia où chaque éleveur du pays d'Arles avait pris soin dans la présentation de son pupille. Michel Gallon n'eut pas de chance, son novillo, dès son entrée se brisa net la corne gauche contre un burladero, manoeuvre d'un peon sans mauvaise  intention, remplacé par un sobrero de Fernay. 

 

Michel Gallon dépité, ses espoirs s'envolent

    

     Le futur 72e matador français, Yon Lamothe, triomphateur ici à Pâques 2022, voudra s'affirmer, lui, le classique et économe en fioritures. A ses côtés, Lalo de Maria, le novillero du futur au patronyme où aucune concession ne lui sera faite, Lalo Lambert, a du style, de la classe maniant la flanelle avec grâce. Le 3e larron (le bon)  descendra de sa croix, Fabien Castellani qui reçut, la veille des mains de son aîné, Daniel Luque, le Prix coup de coeur " Cyril Colombeau", fera ses grands débuts en piquée aux côtés de ses jeunes aînés, aujourd'hui aguerris. Le benjamin issu de l'Ecole taurine d'Arles après huit ans d'études, sait que l'instant est important.

 

     Yon Lamothe attaqua le n°23 de Fernay, bien armé, haut par un bon jeu de cape au centre de l'ovale. Le Fernay subit une vuelta de campana au sortir d'une pique quelconque l'amoindrissant quelque peu. Il en subira une autre devant le peon. Quite de Lalo, Yon réplique. Les muletazos sont "templés" terminés par des passes circulaires. Une lame aux trois quarts sera d'effet immédiat. Oreille.

      Il reçoit par un bon capoteo le n° 129, le Pagès-Mailhan. Le tercio de banderilles  est rondement mené. Yon, bon technicien mène une lidia qui semble aisée. Entière légèrement de côté, avis et tombe l'oreille.

 

 

     Le n°4, le castaño de Cuillé est reçu de belle manière à la cape par Lalo de Maria. Le Cuillé pousse sous le peto lors des deux piques bien administrées. Le novillo derrote quelque peu, les charges sont moins conventionnelles. La conclusion à l'épée est mal engagée, pinchazo et entière en place, deux avis, mort longue, trois descabellos. Salut au tiers. L'acier, son tendon d'Achille, le priva de trophée. Salut.

 

     Le Tardieu n°55 né en juin 2019, guère loin des 4 ans (!) prit deux piques. Lalo prend de la distance et dessine de jolis muletazos. Le public apprécie. Confiant, la muleta basse, il se fait surprendre par une sévère voltereta retombant sur l'épaule , pas de mal. La conclusion noircira le tableau. Entière portée avec décision après un pinchazo mais cela ne suffira pas. Palmas et salut.

 

     Fabien Castellani, victime d'un léger malaise dans le callejon quelques minutes avant sa confrontation avec le Blohorn. L'émotion et l'enjeu pesèrent sur les épaules. Fabien laisse ses peones lors du tercio de piques.  Il reprend les affaires sur cet excellent novillo "encasté", mangeur de flanelle, dans un style moins soigné que ses aînés. Vilaine épée, descabellos. Salut, arrastre applaudi.

 

     Le sobrero de Fernay prend deux piques. Fabien "brinde" à J.B. Jalabert, il se fait grignoter le terrain puis se ressaisit. La charge est hésitante, il faut sans cesse "toquer". Pinchazo, il ne s'engage pas, entière après bien des hésitations. Silence. Ils sont loin les débuts au Sambuc et du chemin reste à accomplir.

 

      Le prix de cette novillada de competencia revint au novillo de Blohorn, n°53, né en décembre 2019. Yon Lamothe fut déclaré vainqueur de la matinée pascale. Un trophée lui fut remis en piste par Camille Hoteman, la reine d'Arles. 

 

 

Dimanche 9 avril, Corrida, 6 Victoriano del Río

     3 oreilles et puis c'est tout !

     Soleil, vent léger, du retard au paseo... arènes au trois quarts.

 

 

            Six Victoriano del Río, exigeants, lourdement présentés. Une présidence exigeante et rigoureuse, ce qui est nouveau à Arles.

 

     Daniel Luque ne m'a pas convaincu, inesthétique, semblant laborieux, auteur  d'une posture "tremendiste" vulgaire digne des pueblos après de longues séries de naturelles. Epée entière en arrière et de côté, avis. Mort longue, en brave, oreille." Ebanista" 575kg, negro mulato, un mammouth marathonien qui traversa la piste pour ferrailler avec la pièce montée. Salut d'Iván García aux palos. Le bicho se calma par la suite dans la muleta de Luque où quelques détails ressortirent mais il n'en tira pas grand chose. Un pinchazo, sonne l'avis, pinchazo, descabello, entière. Un Luque peu inspiré. 

 

     Un très bon Emilio de Justo engagé guère chanceux avec les aciers. Ses adversaires plein de caste n'ont pas permis au torero de Cáceres de briller. Au 5e, un violent batacazo qui aurait pu avoir de graves conséquences pour le cheval d'A. Bonijol. Morenito d'Arles fut superbe aux banderilles face au meilleur toro de la tarde, le n°53 "Cangrejera" 530kg, negro chorreado au bord de l'accrochage lors d'une faena énergique des deux mains. Pinchazo, entière en place, oreille. Palmas à "Cangrejera".

 

     Juan Leal n'eut pas la partie facile avec "Lastinado" 545kg qui sortit tardo de deux piques dans les vertèbres. L'animal part aux planches. Juan va le chercher , et quelques derechazos plus tard, est victime d'une voltereta de catégorie, la corne entre les jambes ! Entière en place, non concluante, main ferme pour un descabello libérateur. Oreille

     Il ne put faire mieux au 6e, " Jinetero" 515kg, noir. Suant sous la chaquetilla, Juan s'engagea pour une demie plate.

Echec au descabello, sifflets incongrus. Silence. Non, Juan ne fit pas mieux que l'an dernier !

     Pour ma part, je suis resté sur ma faim. Les Victoriano, rugueux, y étaient sûrement pour quelque chose.

                                               

Un revenant

 

     Invité surprise des 15 ans de l'Observatoire national des cultures taurines samedi 8 avril à la mairie d'Arles, Arnaud Montebourg a, et pour la première fois, apporté son soutien. "J'apporte mon soutien à la tauromachie qui est actuellement menacée."

Quelle anguille se cache t'elle ? Le pompier sauveur, ancien ministre de l'Economie et de bien autres choses ne s'était jamais penché sur le sujet. Il n'est pas trop tard, paroles de politique....

                                                  Gilbert Lamarque

 

 

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ARLES, LA FERIA

Publié le par Cositas de toros

Samedi 8 avril, NSP, 4 novillos de Colombeau

      Les colombeau, les maîtres du ruedo

 

Photos, Chantal Lafaye sauf avis contraire

Bonne entrée, public peu averti, paseo retardé d'un quart d'heure pour cause d'affluence aux guichets.

             

             Les quatre pupilles de la jeune ganadera, Emma, étaient venu avec des intentions. Las, ils ne purent s'exprimer pleinement, les quatre jeunes élèves s'employèrent à réciter leur leçon, le sempiternel début de lidia, etc. Compliqués dans l'ensemble, ils furent peu mis en valeur. Dommage. Les erales, tous nés en avril 2021, on ne sait s'ils fêtèrent pleinement leurs deux ans au campo, avaient une envie d'en découdre. Vifs, présents, solides sur leurs pattes, ils "humilièrent" quand le permit la muleta, hélas, la passe inachevée, raccourcie, la lidia brouillonne...

 

Brindis à Emma et Francis Colombeau © Daniel Chicot

     Cesar El Quito, après le tercio de banderilles, fut désarmé dès l'ébauche de la première passe. Il s'ensuivit une voltereta sans conséquence, le Colombeau lui faisant remarquer qu'il n'était point naïf, lui, légèrement violent sur la corne gauche. Une entière dans l'épaule. Cela suffira.

Cesar El Quito

     Samuel Navalón s'envoya le beau gosse du lot, colorado, avec trapío et morillo naissant, n° 15 moins rugueux il n'enpêcha pas la voltereta à la cape.

Le n° 15, le beau gosse © Daniel Chicot

     Deux paires de bâtonnets, brindis à J.B. Jalabert (ça peut servir). Proposant une muleta à mi distance, on se vit offrir un joli galop.

Samuel Navalon

     Plusieurs fois désarmé, brouillon, il fut très en-dessous du bon moral de l'animal. Belle estocade, entière en place. Petite pétition, petite oreille.

 

     Martín Morilla reçut le n° 1, le noir, bien présenté. Toujours au centre de l'ovale, le bicho fut bon collaborateur aux charges longues mais c'est trop devant l'abscence de dominio de Morilla. Il nous fit la grâce de belles séries de derechazos allurées, vint la musique... et un désarmé. Epée entière, la mort fut longue, et tendre le descabello, il perdit l'oreille. Salut au tiers avec deux avis. Dommage, le novillo en avait encore sous les sabots

 

     Tomás González, torée avec conviction, (début a portagayola), un novillo au comportement similaire au premier. Sévère voltereta, repris au sol. Tomás en difficulté sous la corne gauche donne quelques muletazos mal engagés, débordé devant l'animal qui ne lâche pas un pouce de terrain. Epée contraire, avis. Mort longue, descabello, reprend l'estoc, entière. Le Colombeau lutte encore, meurt debout et tombe foudroyé. Vuelta pour Tomás. 

   

     Les quatre arrastres furent applaudis. Un arrière goût d'amertume au fond de la gorge  voyant partir un joli lot mal employé. Les Colombeau avaient des choses à nous montrer. Les jeunes apprentis ne purent exprimer leur potentiel technique et artistique, seulement être présent sur le sable pour exister ferraillant jusqu'au coup d'estoc final.

      Mais, malgré tout, une belle matinée intéressante pour ceux qui aiment le toro, avec des pattes et un moral d'acier.

                                                                                                                                                                                            HOMMAGE                                                                                                                                                                                            

 

            En marge de la Feria, c'est une plaque qui fut dévoilée au rond-point de Gimeaux sur le piedestal de la statue équestre de Cyril Colombeau. Le jeune ganadero est mort tragiquement, le 8 avril 2004, il y a dix neuf ans, à l'âge de 35 ans. En cette matinée du samedi, un hommage lui était rendu en présence de la famille, de ses parents et de sa nièce Emma qui aujourd'hui tient les rennes de la ganaderia au Sambuc.

 

     Robert Margé, nouveau président de l'Association des éleveurs français de taureaux de combat eut ces mots : "Il a donné sa vie pour les toros comme beaucoup d'éleveurs. Il y en a, des ganaderos qui laissent leur vie au campo. On fera en sorte de ne jamais l'oublier."
 

 

      C'est en présence également du maire, Patrick de Carolis, des éleveurs de Camargue que cette plaque fut dévoilée : "Cyril parti trop tôt, emporté par l'aficion et la passion du taureau, gravé dans nos coeurs pour toujours."
      Instants simples et remplis d'émotion à quelques heures du grand retour des pupilles de Colombeau dans les arènes d'Arles.
 
                                                                                                                                                                                                                                                                     
 
 Samedi, 16h30, corrida, 6 La Quinta
 
     L'intro et l'extra
 

 

 
            Lleno, l'effet Roca Rey, une arène pleine comme un oeuf de Pâques, saluons le clin d'oeil !
     Une vibrante Marseillaise reprise en choeurs.
 
 

 

     Une standing ovation, Castella seul dans l'ovale invite Roca Rey à le rejoindre. Paseo retardé de 10 mn. On s'y habitue.
     Soleil, vent léger, 6 La Quinta bien présentés, la palme au 4e à la caste des grands et aux belles charges où Andrés éclaboussa le ruedo de sa bouillante faena.
 

 

 

     12 000 p ersonnes dans l'attente, mais de quoi ? On s'ennuya "un peu" avec le Biterrois, impassible, fermé comme une telline, l'intraverti ne fit pas monter la température. Sûrement non rétabli de sa blessure aux vertèbres subie à Castellon et en manque visiblement d'inspiration, une ombre.
 

 

Barquero n° 33 10/2017 505kg

 

     L'extraverti, lui, enthousiaste lors de ses passes inversées de dos dont il abuse  au grand plaisir de la foule en délire... le Péruvien fit tourner ses toros, immobile, sur un périmètre restreint, on pensait à Juan Leal, présent le lendemain. Roca Rey trouva le rythme ou sa vitesse de croisière, c'est selon,  Castella, on ne sait quoi. Quand on est blessé aux vertèbres et que la faculté pronostique deux mois d'arrêt et que le voici trois semaines après son accident, on se questionne !
 

 

     Résultat des courses : silence après avis, silence après avis et silence !
 
 

      Roca Rey : oreille après avis, oreille après avis et deux oreilles surprenantes avec avis.  

     Les La Quinta prirent 12 piques. Le 4e, n° 39, 520 kg, né en octobre 2018 frisa l'indulto, il tomba d'une vilaine épée, un bajonazo. Vuelta au toro "Castañero". Le palco resta de glace sous la pétition d'indulto, on le remercia.
 

 

    Il n'y eut pas de "match", la tempête péruvienne emporta l'ensemble avec panache. Du panache, il en manqua à Castella. Le jeune maestro fit de l'ombre à son aîné, aucun respect !
                                             Gilbert Lamarque
                                                

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Méjanes Festival "Un toro pour un rêve d'enfant"

Publié le par Cositas de toros

MÉJANES «  Un toro pour un rêve d’enfant ». 30 octobre

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               À un vol de flamand rose du Vaccarès si proche, l’été de type indien a prolongé son séjour pour assurer à cette journée, un franc succès. Méjanes l’orientale garantissait la réussite tant souhaitée de nos chers organisateurs.

       L’essentiel de cette journée caritative était assurée. Les aficionados répondirent présents : objection claire et nette à nos détracteurs.

 

 

     Le bolsín matinal vit défiler en piste, trois vaches de El Campo, la 1 et la 3 extrêmement faible offrirent de maigres options.

     Albin Filhol (AFAP) et AndoniVerdejo (Adour Aficion) débutèrent en douceur bien que cette illusion fougueuse de la vache avant la pique emporta, à la cape, Albin Filhol.

 

     Sur la deuxième, Clément Hargous (CFT) réalisa quelques séries des deux mains bien menées alors que l’élégant Hugo Casado (E.T. de Cataluña) nous montra sa plastique mais sans peser sur l’animal. Plus solide dans un premier temps, la vache rousse répondait vite mais afficha aussi son asthénie, bravita sous le cheval, elle permit quelques alternatives. Ce fut bien maigre.

     Lucas Torres (E.T. Béziers) ne savait où aller, allait-il vers les tablas ? Enfin conseillé par Tomas Cerqueira, il prit un peu de poids et d’assurance sur une vache  plus rugueuse, il termina sa promenade du ruedo rajouta quelques attitudes tremendistes du plus vilain effet. Fabien Castellani (E.T. Arles) manqua de fluidité. On en termina ici.

     Les urnes nous donnèrent l’élu de la matinée : Clément Hargous aura la satisfaction de toréer avec ses aînés en festival.

     Jean-Loup Aillet assura le tercio de varas avec la cavalerie de Philippe Heyral.

 

     Nous étions à la mi temps d’une belle journée où les délicates attentions ainsi que les petits détails comme un foulard, une carte de Stanislas Blohorn, un dessin , un texte en embellissaient ce dimanche (f)estival, ici en terres camarguaises au cœur du domaine si cher à Paul Ricard.

 

 

 

       Il y avait foule sur les gradins ouest des arènes. Les notes de l’Encantada, hymne à la Gascogne par excellence, paroles béarnaises donc occitanes furent suivies par la Coupo Santo autre hymne fameux de la Provence auquel se joignent les Catalans pour quelques paroles avant que l’air de Carmen ouvre le paseo. Excellente musique joué par six musicos imperturbables.

     Après la musique vint les paroles, le discours d’ouverture en un tour de mains du comédien Yannis Ezziadi, fervent défenseur de toutes les tauromachies fut conclu par une vibrante Marseillaise unificatrice ;

     Les liens furent renforcés !

 

    Bétail offert par les éleveurs du Sud-Est avec par ordre de sortie : Tardieu, Gallon, Cuillé, Blohorn, Margé et un eral d’El Campo pour :

     Cuauhtémoc Ayala, rejoneador mexicain qui, d’entrée, éclaboussa le public de son alegria et coupa la première oreille du Tardieu. Ambiance latino assurée !

     Le rare Uceda Leal, le madrilène José Ignacio reçut un beau Gallon armé manquant de transmission. Il le toréa avec son panache habituel, son élégance, son toreo soigné. Il coupa un pavillon après ¾ de lame et un descabello.

   

      Marc Serrano s’afficha avec la "bombe" Cuillé qui donna maintes fois de l’ouvrage au charpentier. Festival aux palos où le Nîmois les partagea avec Gomez del Pilar et le raseteur Belkacem Benhamou plus familier du crochet. D’une grande noblesse, le Cuillé colla à la flanelle, raccourcit sa charge sur les séries de la main gauche. Pinchazo al recibir puis entière caída.

Deux oreilles pour le torero organisateur qui invita la ganadera Dominique Cuillé à l’accompagner dans sa vuelta. Vuelta posthume au toro.

     Le castaño de Blohorn est reçu par un chapelet de véroniques de rodillas et la demie. Il met les reins sous le caparaçon et l’exalté Gomez del Pilar joue avec l’animal concluant une vibrante faena s’en allant a mas. Noe tue à son second essai . Deux oreilles et queue festivalière. Le toro se rajoute à la fête par une vuelta posthume.

     Le jeune Lalo de Maria reçoit par un carré savoureux de faroles de rodillas aux tablas. Le voisin des Saintes-Marie, appliqué, profite de la noblesse du bicho, nous offrant ses beaux gestes et son bon goût. Une entière légèrement de côté après pinchazo. Deux oreilles, c’est le tarif du jour.

     Clément Hargous, vaiqueur du bolsín hérite d’un eral de El Campo brouillon et faible. Peu collaborateur, la faena ira a menos. On s’offre les bâtonnets, on joue. Clément s’engage pour une demie après pinchazo. Une oreille pour être arrivé jusqu’ici.

     Au pays du raset, Marc Serrano offrit le réserve de Pagès-Mailhan et les trastos à joachim Cadenas autre as du raset qui, vêtu de blanc, légèrement souillé (il y avait course à Saint-Gilles), nous démontra les facilités d’un athlète practico ne manquant pas de recours. Aux palitroques, Belkacem Benhamou, le tourneur  Cedric Mirralès et Chico Leal. Final de festival, deux oreilles.

     Jean-Loup Aillet assura le tercio de varas toute la journée, cavalerie de Philippe Heyral.

     Des toreros motivés, inspirés. Pas une bédigue.

     Présidence technique Gilles Raoux.

 

     Les enfants malades des hôpitaux de Nîmes et d’Arles verront leur quotidien s’embellir, le "rêve"est enfin devenu réalité.

     Mission accomplie, Maestro.

                                                           Gilbert Lamarque                                               

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Bouillargues, la der des der

Publié le par Cositas de toros

         

Photos :Chantal Lafaye           

            Rendez-vous important ce jour à 16h30 pour l’afición du Sud-Est. En effet, qui dit Bouillargues dit le sérieux des organisateurs de peña La Embestida pour la qualité des cartels au fil des ans. Déjà la dixième édition !

     Et dans ce cadre de la novillada concours se mesureront les pensionnaires de H. Yonnet, C. Yonnet (remplaçant celui du Scamandre), F. André, Tardieu, Malaga et Pagès-Mailhan. Devant cette brochette d’erales, combattront Miriam Cabas, vue au bolsin de Bougue, de l’école taurine El Campo de Gibraltar du maestro Ruiz Miguel, Miriam future vétérinaire à l’issue de ses études ; Nino Julian, le jeune nîmois, champion de France et d’Europe de qwan ki do (art martial sino-vietnamien) s’il vous plaît a abandonné les arts martiaux pour un autre art, n’en déplaise à nos détracteurs, la tauromachie ; et, Pedro Andrès qui côtoie N. Julian à l’école taurine de Salamanque, Nino effectuera son dernier paseo en non piquée.

     Dans le cadre et à l’issue de la novillada, seront remis les trophées Gard Cévennes Camargue de la coordination des clubs taurins pour la meilleure épée de la tarde. Finalement, le meilleur eral ayant combattu à Alès, Bellegarde et Bouillargues recevra son trophée post mortem.

 

     Après une minute de silence en souvenir des disparus de l’afición, le discours de la jeunesse aficionada de Bouillargues défendant ses traditions ainsi qu’à l’occasion des trente ans d’alternative de Juan Villanueva, un cadeau lui fut remis.

Juan Villanueva

     Miriam Cabas est telle que je l’ai vue à Bougue au printemps, déterminée, ne trouvant pas les bons recours, usant du pico et d’une distance convenue. C’était plus abouti avec son second, un Tardieu aux belles pointes.

     Bref, deux super costauds, dans la boîte à bijoux de la demoiselle, des novillos massifs, puissants et violents. La cape peu assurée, elle se fit désarmer. Un avis, une épée plate. Palmas, Miriam souriante, salut.

 

     Le tambour major, un Y. Yonnet, brocho, applaudi à son entrée, violent sous la cape et la muleta. Les patrons de la tarde étaient bien les cornus. Deux épées portées avec détermination où le hasard détermina les zones de tirs. Avis, vuelta et salut au centre, puis un avis, épée plate, palmas d’un public sachant percevoir les difficultés du jour.

     La der pour Nino Julian dans une faena amenée au galop d’un hyperactif, un F. André, né en avril 2020. L’eral en redemande et le Nîmois verra son travail aller a menos. Le becerro coopérait pourtant sur la corne gauche. Un beau tercio de banderilles au crédit du Nino. Le F. André, gueule fermée, plus léger, museau buvant le sable, semblait jouer avec le Nîmois. Fin de partie, pinchazo, épée basse, puntillero navrant. Vuelta, l’oreille s’échappant aux aciers.

   

 Son dernier eral, un Malaga "brindé" aux proches, le plus noble de la tarde en redemandait dans une faena accélérée. Une épée en arrière, une autre de côté, deux descabellos. Vuelta. Arrastre applaudi.

 

C.Yonnet

     Pedro Andrès,

l’inconnu de la tarde, frêle silhouette jouera deux actes, l’un à Pedro l’introverti , devant un C. Yonnet qui envoie des boulets, l’autre à Pedro l’extraverti face au Pagès-Mailhan. Avec lui, Pedro prend de l’assurance, délivre une belle série de naturelles, terminant par une paire de beaux derechazos. Il donne de la voix, muleta main basse, le public adhère. Entière légèrement de côté. Pétition, palco de glace ne sortant pas le mouchoir. La présidence jusqu’alors discrète perdit ses derniers amis. Palmas et vueltas (2) pour l’élève de Salamanque. Sifflets aux hommes en noir.

Pagès Mailhan

   

 

 

      Piste impeccable, areneros au féminin, public aficionado et nombreux.

     Six becerros bien présentés au moral comme à la morphologie ouvrent sans nul doute une onzième édition… à moins qu’un député (air connu)…

                                                                     Gilbert Lamarque

 

 

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DIX APPRENTIS, UNE PÉPITE

Publié le par Cositas de toros

 

          BOUGUE 26e BOLSIN

 

 

Reportage photos : Frédéric Martinez

 

Manuel Román Alvarez, le matin...

            

... et l'après-midi

 

            Ils étaient dix, ce dimanche 8 mai, à se mesurer afin de remporter le prestigieux Bolsin de Bougue, Bolsin qui vivait sa 26e édition. En 1995, un certain Sébastien Castella, tout frêle, y participa sans triompher. Plus tard, d’autres noms s’illustrèrent ; au hasard, Alejandro Talavante en 2003 ou Marco Leal en 2005.

     Cette opportunité, les Espagnols font des pieds et des mains pour y être présents. Six représentaient leur pays aux côtés des quatre Français.

     Le tentadero matinal débutant à 9h40, véritable marathon, a donc vu dix vaches de Camino de Santiago "tientées" par chacun des aspirants : l’apprenti sort de premier sur une vache et de second sur une autre.

     Les vaches de Jean-Louis Darré eurent des comportements différents, certaines peu ou mal piquées par Alain Bonijol, lequel, homme orchestre, fournit les chevaux du paseo, les jeunes chevaux de pique, eux aussi à l’apprentissage, et le train d’arrastre !

    Les cornues se comportèrent favorablement pour la moitié d’entre-elles environ, pour permettre aux jeunes de s’exprimer. Le sort comme de coutume en favorisa certains.

 

     Pedro Montaldo Corella (ET Guadalaraja) eut quelques difficultés avec la première, compliquée. Ce fut mieux avec la seconde.

 

     Fabien Castellani ne fut guère aidé par les deux vaches qui recherchaient plutôt la querencia des tablas.

 

     Bien sûr, Guillermo San José (Fondation El Juli) éprouva les mêmes difficultés avec la précédente. Par contre, il put négocier quelques séries "templées", montrant, avec quelques bagages, sa qualité de lidiador.

     Rafael Ponce de Leon (CFT Nîmes) multiplia les passes mais ses deux faenas restèrent heurtées.

 

     Miriam Cabas (ET Campo de Gibraltar) "apodérée" en France par Serge Almeras, montra beaucoup de volonté, s’appliquant lors de la mise en suerte. Face à la cinquième qui laissait des possibilités, sa faena ne décolla pas véritablement.

     Lenny Martin (ET Béziers), plus brouillon, fut plutôt discret.

     Iker Fernández Aliagas (ET Salamanque), plus froid, plus technique aussi fut malchanceux avec la mansa septième.

     Vache dont hérita Juanito (ET Adour Aficion)… me décevant avec la huitième où le jeune béarnais, emprunté, resta très en-dessous.

 

     Tristan Barroso (ET Badajoz), attendu par son fan club, toréa la huitième aux planches et se montra dominateur avec la suivante, une beccera au sacré caractère.

 

     Manuel Román Alvarez, un petit bout venu de l’ET de Cordoue, prit très vite l’ascendant. Il s’imposa sur le champ (et sur le sable) avec un naturel, une allure torera et templada. La faena de la dixième fut un régal, nous mettant l’eau à la bouche. Olé chiquito ! Il était plus de 13h…

     Sont qualifiés pour l’après-midi : G. San José, T. Barroso et M. Román Alvarez.

      17h. Cinq erales de Camino de Santiago, bien présentés, le lot armé en pointes, nobles, le premier montrant une certaine faiblesse.

 

 

     G. San José devant un eral de peu de charge qui multipliait les hachazos ne put imposer sa faena qui se délita bien vite.

     Le martyre vint aux aciers où le gamin écouta les trois avis… la bête mal "puntillée" depuis le burladero, un moment pénible qui peut donner du grain à moudre à nos "contradicteurs"… 

     T. Barroso accueille son Camino par un bon capote. Quite classieux du petit Manuel auquel répond Tristan.

     Le cornu est un peu retord, de charges courtes et la faena s’en ressent, saccadée mais toutefois bien menée. Entière contraire et en arrière… deux oreilles (!)

   

      M. Román Alvarez, d’un calme olympien, éclabousse le sable de sa classe. Et c’est parti avec de superbes véroniques.

     Avec la flanelle, les séries de muletazos s’enchaînent avec naturel, temple, élégance. Un travail riche, pas un mot, pas un cri, tout au poignet, superbe ! Il termine par des naturelles de face. Un pinchazo, une épée au 3/4 efficace. Deux mouchoirs apparaissent au palco, normal après les largesses au précédent.

     Tristan et Manuel face à face pour la grande finale avec un très bon bétail.

 

     Tristan livre une copie se montrant un peu distant, jouant avec le pico et force le trait. De bons derechazos s’enchaînent, le sitio pas véritablement trouvé, naturelles avant les bernadinas finales. Lame en place, entière positive. Deux oreilles, encore !

 

Le 5

     Le petit cordouan nous régale à la cape, véroniques et la demie, jambes ployées. Un bon Camino, le plus complet, un bon torero.

     Toujours pas un cri, calme, serein et la faena qui s’envole, templada, main basse, la graine de torero relâché, pas un geste de mauvais goût. Une demie basse au second envoi et les deux oreilles malgré ce, dans la logique de la présidence.

 

Non, Jean-Louis, tête haute !

     Les deux a hombros, Jean-Louis Darré saluera à l’issue de la tarde.

     Manuel Román Alvarez vainqueur de ce 26e Bolsin, à l’applaudimètre aussi lors de la remise des récompenses. Il truste tous les prix partageant seulement celui de l’ACOSO avec Tristan. Le troisième de l’étape recevra une muleta.

     Beau succès pour cette journée ensoleillée de printemps, journée aussi de printemps taurin avec ces jeunes pousses et cette révélation, cette découverte, cette pépite, Manuel Román Alvarez, 16 ans. Retenez son nom. Vous pourrez l’accompagner dans sa conquête du Sud-Ouest à Mont-de-Marsan, Dax, Bayonne et Plaisance-du-Gers… sachant que le second, Tristan, sera aussi à n’en pas douter, bien présent dans les plazas de notre région. Un beau duel à venir.

     Après Lagartijo, Guerrita, Machaquito, Manolete et El Cordobés, Manuel Román Alvarez, le futur sixième calife de Cordoue ?

                                                    Gilbert Lamarque

 

 

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