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SAINT-MARTIN-DE-CRAU

Publié le par Cositas de toros

     CORRIDA DE COMPETENCIA GLACIALE

 

Samedi 2 avril 2022. Temps froid et venteux. 4/5 d’arène.

 

   

      "Granadino", superbe cinqueño jabonero de Concha y Sierra d’origine Vasquez est allé 3 fois au cheval sans pousser. "Cité" de trop près et de profil par Ramos, il ne s’est jamais livré à la muleta.

     "Servicioso" de Valverde, encaste du Conde de la Corte, veleto et astifino, negro de six ans est allé 4 fois au cheval mais s’est avéré tardo et désordonné. Peu d’options pour Lamelas.

     "Coquiller", cinqueño de Yonnet, origine Pinto Barreiros, brave en 4 rencontres, s’est montré noble à la muleta. Hélas, Solera n’en n’a pas tiré parti ; après un bon début, la faena s’est étiolée avant une estocade au 9e envoi !

     "Adios" de Jalabert, encaste Domecq, superbe tostado, 5 ans aussi, 3 rencontres aussi, attendait une faena construite mais Ramos ne fut pas à la hauteur. Deux fois silence après avis.

     "Chorreado" de Christophe Yonnet de même origine que l’autre Yonnet, colorado chorreado de 5 ans n’avait pas un moteur à la hauteur de la carrosserie ; Lamelas l’a un peu inventé pour la meilleure faena de l’après-midi.

     Enfin, "Ordenado", Domecq des frères Vangelisti, ganaderia San Sebastian, seul quatreño de l’encierro, belle tête, 3 rencontres, noble, restera inédit devant Solera.

     Paco Ramos a peu de recours, avis et silence aux deux.

     Alberto Lamelas fut le seul torero de la tarde. Il fut aussi le plus malchanceux au sorteo. Il coupera la seule oreille au 5e après avoir été applaudi au 2, à la suite d’une faena héroïque. Avis et applaudissements et avis et oreille.

     Maxime Solera n’a rien, pas de technique, pas de dominio, pas d’épée, pas de sens de la lidia. Soit ce protégé de Denis Loré recommence tout à zéro, soit il revend le costume sur le Bon Coin. Avis et silence deux fois.

     La Unica de Saint-Martin a beaucoup de mérite à organiser une telle course et a joué de malchance avec ce froid glacial. En revanche, ça n’excuse pas l’organisation approximative avec le non-respect des tracés de piques et la non-remise du prix du meilleur toro laissé desierto. Un prix est fait pour être remis. On n’a jamais vu une course ou un match sans vainqueur. Enfin des toros d’âge dont un 6 ans, un seul 4 ans, ne servent pas forcément la corrida, fut-elle concours.

     Prix du meilleur piquero à Jean-Loup Alliet pour son action sur le 3 d’Hubert Yonnet.

     Le matin, quatre becerros de Yonnet très intéressants. Estrella Magn de l’école taurine de Tolède a damé le pion des trois français qui confondent la qualité et la quantité. Désespérant de la part des écoles taurines nîmoises et arlésiennes.

                                                       Dominique Madera

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GARLIN AUX TISONS...

Publié le par Cositas de toros

          GARLIN

 

Dimanche 3 avril 2022

 

Photos : Frédéric Martinez

 

 

              Le moment est peut-être venu de tourner la page Pedraza qui galope dans le ruedo des arènes de la Porte de Béarn depuis 2013.

     À propos de porte, SVP, laissez-la fermée ! Il faisait un froid de gueux, le soleil trop faible pour lutter.

     Ah, ces toros qui sortent de l’hiver… ! vous dirons certains. Oui, possible, mais ce lot ressemblait plutôt à un desecho de tienta (j’exagère... un peu).

     Huit Pedraza de Yeltes formant un ensemble hétérogène de trapío, le quatrième lourd, certains charpentés, les autres plus fins, hétérogène de robes, sympa cette variété, quasiment homogène d’armures, bizcos dans l’ensemble, peu braves et nobles à des degrés divers (d’hiver ?), nés, pour ceux combattus l’après-midi entre septembre 2018 ("Porteño") et mars 2019 ("Boredor" et "Pomposito"). De comportements variés, le lot manquant de race, transmettant peu, offrit une tarde manquant de ce piquant qui, seul, nous aurait réchauffés.

 

     La fiesta campera matinale fut un épisode bien dur pour Santana Claros et Tristán. Le premier Pedraza armé court subit un knock down après un remate, sembla-t’il anodin au burladero. Le colorado fut changé par le sobrero d’Alma Serena "Paradoro", bien fait, astifino, vif mais compliqué. La faena ira a menos. Entière de côté d’Antonio, mort longue. Salut au centre.

     L’Arlésien Tristán reçut le 49, negro, premier bizco de la journée, par un bon capoteo. La suite s’avéra des plus laborieuses. Désarmé sur une naturelle, Tristan Espigue subira une voltereta avec, cadeau supplémentaire, un puntazo. Nombreux hachazos assassins. Entière, deux descabellos, palmas.

 

     354 voix contre 259, le Malagueño, 28 ans en mars est qualifié pour la novillada. 613 votants, sachant que beaucoup n’ont pas voté – difficile de choisir – bon entraînement pour les 10 et 24 avril !

 

     16h15, un second sobrero dépêché d’Alma Serena débarque.

     La cuadra Heyral, dispersée par le Covid, avait été remplacée illico presto par celle d’Alain Bonijol.  

 

 

     Les arènes sont bien garnies à 16h30, quelques places libres – les pleutres ont renoncé sous la froidure – comme au repas des 3 garbures où la Landaise se révéla la plus goûteuse, n’en déplaise à nos amis béarnais et gersois. Nous avons déploré le manque de viande… un bon morceau de camagnon, de confit… ¡se faltan!

     La viande, par contre, ne manqua pas sur le sable mais la sauce pour la liaison fut plutôt parcimonieuse.

 

 

     Antonio Santana Claros se montra varié à la cape devant le 55 "Pomposito", colorado, rencontrant la cavalerie par deux fois. Bon tercio de banderilles clair et rapide par le trio El Santo, Mathieu Guillon et Manolito de los Reyes. Une faena brève aussi, avec un minimum de derechazos et un torrent de naturelles. Le Pedraza n’humilie pas et manque de transmission. Demie en place qui ne suffit pas. Silence.

"Porteño" n° 6

     Le 4 "Porteño" applaudi à sa sortie car le plus imposant, negro salpicado bragado corrido – je vous renvoie aux encyclopédies - montra très vite des signes de faiblesse après une bonne pique de Jean-Loup Aillet. Aurait-il "tapé" dans les soupières ? Bref, la locomotive manqua de vapeur, pas méchant pour deux roubles, du volume mais peu de race. Échec aux aciers, salut au centre après deux avis.

 

 

     Isaac Fonseca, tout mexicain qu’il est, se montra très sobre. Avec le 18 "Niñero", negro liston, après de belles chicuelinas mains basses, Isaac s’imposa au centre avec de belles séries mais sans peser véritablement sur le cornu. Entière contraire et plate, descabello, avis, oreille.

     Le 32 "Mirante", colorado, bizco, le "meilleur", envoya au sol le piquero, manqua de fond sur les bonnes séries du sud-américain avant une bonne épée qui libéra généreusement deux pavillons.

 

     Sergio Rodríguez, natif de Navas del Marqués (Ávila), avait été vu à Arzacq le 23 février 2020. Sept novilladas à son actif en 2021. Avec le 15 "Boredor", negro mulato, légèrement bizco, il se montra sûr à la cape et emprunté au premier tiers. Quite de Santana Claros. Sergio débuta à genoux par … un désarmé, prit la muleta main droite… désarmé. Sans sitio, il improvise et sèche devant les difficultés, avis après deux tentatives à l’épée, silence. Le 38 "Medicito" boucle l’après-midi, ce castaño est lui aussi bizco. Certainement le meilleur sous le peto, il dévoile de la faiblesse manquant de charge et ne transmet rien.

     Le jeune torero à la belle ceinture, après plusieurs séries de bonne facture, subit une voltereta par excès de confiance et tua d’une demie et d’un descabello, oreille.

 

    Si la seconde partie de la tarde dégagea plus d’intérêt, il n’en reste pas moins que nous sommes restés sur notre faim… encore une histoire de viande et de garbure sans doute !

     Ne jetons pas l’opprobre sur nos amis garlinois, nous en voulons aux frères Uranga. Arrêtons de nous complaire dans ce qui deviendra la médiocrité.

 

   

 Le second de l’escalafón novilleril 2021, le plus aguerri se présentait sur le sol français à 24 ans après avoir été vainqueur de nombreuses finales dans les divers circuits de la temporada passée. Triomphateur de la tarde, logiquement il fut déclaré vainqueur du Prix Jean-Ducos.

     Présidence : Don Zocato.

Mimi vous salue bien

     Puis, les ours dévalèrent des côteaux du Vic-Bilh et s'emparèrent de la bastide...                                                            

                                                           Gilbert Lamarque

 

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LE SAMBUC DIMANCHE 27 MARS, FIESTA CAMPERA

Publié le par Cositas de toros

Dimanche 27 mars 2022

       Fiesta campera aux arènes Cyril Colombeau, Le Sambuc (Arles).

Organisation CTPR Arles

 

Texte et photos : Chantal Lafaye

 

     Avant l'embarquement pour les arènes toutes proches.

 

                                

       

 

                                     

                                             Gautier Dombry a hombros

 

 

          Une journée complète avec une becerrada le matin où l’on a pu voir de très jeunes élèves des écoles taurines devant 3 becerros – notons que le jeune Lisio s’est fait remarquer, (ET du Pays d’Arles) – et 2 vaches pour les raseteurs.

 

     Après l’habituel et chaleureux repas, avec au menu la fideuà, la paella aux pâtes – un comble au pays du riz – environ 300 aficionados se sont regroupés autour des arènes pour la rencontre des écoles taurines françaises avec 4 erales de Cyril Colombeau.

     Dans l’ensemble, un lot hétérogène de robes, armés également et raisonnablement, tous intéressants, parfois difficiles, "encastés", d’une noblesse mesurée, point de sosos au Sambuc. Deux, excellents, dont le 3honoré de la vuelta posthume.

 

    Presque tous n’aimant pas le charpentier de la placita, un peu impressionnant car au Sambuc tout le monde est en barrera !

 

      Antonio Plaza (ET du Pays d’Arles) reçoit le n° 13 vif et réceptif, se retournant promptement peut être sur des sorties mal négociées et quelques problèmes de placement. Bien à la cape, quite de Spagna, deux paires de palos posées par El Chino. "Brindis" au public et faena a menos.

     Huit tentatives à l’épée. Un tiers de lame que El Chino s’est empressé de conclure par un tour de "passe cape". Un jeune encore très tendre devant un eral compliqué qui a pris un cours de technique par ses maîtres depuis le callejón. Silence. Palmas à l'arrastre.

 

       Luca Spagna (ET du Pays d’Arles), que nous avions vu sous un bon jour en 2019, se présente devant le n°7 plus imposant, un peu éprouvé à l’entame mais montrant un moral de combattant jusqu’au bout. Bien à la cape, quite de Dombry, El Chino réitère deux paires, "brindis" à José Caparros.

     Luca se montre habile sur les derechazos, moins en naturelles. Plaza revient pour une petite série, il faut bien s’entraîner ! Luca tente une épée a recibir, trop molle, une demie éjectée par un novillo qui en veut encore. Deux pinchazos, un descabello peu efficace, merci verdugo, silence. Certainement peu d’opportunités depuis, ce jeune n’a pas montré une réelle progression.

 

   

      Gautier Dombry (CFT) se présentait en public.

     Bon début à la cape avec le n°11 "Caramelo II", quite de Luis Torez. Gautier administre les deux paires de banderilles avec réussite.

     Eral coopérant, passes sur le passage, puis quelques séries des deux mains de mieux en mieux négociées, finissant par ce qui sera pour moi le meilleur moment de l’après-midi avec, sur un bon sitio, une passe dans le dos, cambiada et pecho, le tout bien "templé". Deux belles séries de naturelles avant une entière un peu en arrière provoquant une hémorragie qui n’empêchera pas le novillo de se relever pour lutter encore. Deux oreilles et vuelta pour "Caramelo II".

 

   

      Luis Torez (ET Béziers) se présente en toute humilité, débutant mais déterminé à prendre des risques. Il s’est montré avec toutes ses failles mais comme l’élève sur qui on peut compter. Bien cape en mains, deux paires posées par un minot, Clovis, qui a enthousiasmé le public du haut de ses … 13 ans (?). Luis se fait prendre à trois ou quatre reprises durant sa prestation mais il tente et s’engage, réussit parfois, notamment sur deux séries de naturelles. Trop précipité, il ne prend pas le temps et perd en lucidité.

    Une épée entière bien placée au deuxième essai fait tomber l’oreille.

 

     Arrastre dans la pure tradition camarguaise.

Le n° 11 "Caramelo II"

   

      La tarde s’achève par la remise des prix, tous reçoivent une muleta. Ils ont tous gagné à exprimer leur courage devant les Colombeau que nous verrons à Gimeaux, le 14 avril, avec paraît-il, "plus de tête". Ça promet.

 

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ARZACQ, CLAP PREMIÈRE

Publié le par Cositas de toros

            Dimanche 20 février 2022, ouverture de la temporada

16h30. Arènes du Soubestre, NSP, quasi lleno.

Six erales des Frères Gallon "Mas d’Icard" au Mas Thibert (Bouches-du-Rhône), origine J.P. Domecq.

     Lot bien présenté, dans l’ordre de sortie : "Despierto" 37, un peu blando ; "Literato" 57, un castaño un peu plus ardu ; "Jinastico" 68, excellent, vuelta al ruedo ; "Despreciado" 86, bien roulé, compliqué ; "Grandioso" 33, vif ; "Opulento" 92, le plus léger. Tous donnant du jeu, nobles à des degrés divers, une légère faiblesse parfois.

 

Jean Larroquette "Juanito" : silence, silence et deux avis.

Raquel Martín : oreille et vuelta.

Cristiano Torres : deux oreilles avec avis et palmas avec deux avis.

     Bons tercios de banderilles où ont brillé, Mathieu Guillon, El Santo, Medhi Savalli, Manolito de los Reyes et Venturita.

     Vuelta de Michel Gallon au 3e avec Raquel Martín.

     En toute logique, Cristiano Torres a reçu le 8e "Bayonne de cristal" et le prix de l’ACOSO.

     Dans le callejón, José Ignacio Sánchez (É. T. de Salamanque) et le matador, aujourd’hui retiré, Raúl Aranda, un spécialiste des toros durs.

     Présidence : Olivier Martin.

 

Juanito, sur ses terres (m’) a déçu. Il n’a pas vraiment profité du premier, léger qui ne présentait aucune difficulté. Faena fade malgré de beaux gestes. Il échoue aux aciers.

     Plus d’entrega chez le Béarnais avec "Despreciado" mais il est difficile de passer après Cristiano Torres surtout que le novillo se défendait, cornes et âme. Jean ne pesa à aucun moment sur la bête, faena insipide, mort longue.

 

Raquel Martín eut fort à faire avec son lot. Ce n’était pas véritablement les Gallon d’Arles qui lui permirent d’y triompher. Mauvaise pioche au tirage, un peu plus de chance au grattage. Tout avait bien commencé avec "Literato" mais l’eral se montra retors et Raquel perdit le rythme, le terrain. Elle se reprit en fin d’exercice, le Gallon codicioso, permettait.

     Avec "Grandioso", elle provoque le bon toque gardant le sitio, terminant bien le travail. Avec de la réussite à l’épée, l’oreille était promise. La jeune Salmantina, bien drivée par Cristina Sánchez à sa place dans ce monde de machos. Elle accède bientôt à la catégorie supérieure.

 

Cristiano Torres fut la carte maîtresse de la tarde. Ce garçon possède l’allure, le rythme, l’alegria, la ceinture et la muleta toujours devant. Élégant capeador, il manie la flanelle avec goût. Débutant à genoux, puis plus classique, il nous offre un joli récital par de belles séries des deux mains. C’est le triomphe avec "Jinastico".

     Le dernier est légèrement faible et Cristiano a tendance à trop baisser la main. Cela n’empêche pas des naturelles "templées", faisant passer le novillo là où il le décide. C’est la Bérézina au descabello, dommage. Cette après-midi, Cristiano débutait en habit de lumières. Chapeau (montera) !

 

     En matinée, avec quelques retard – le quart d’heure béarnais, sans doute – première sortie de l’école Adour Aficion avec trois becerros de Michel Agruna (origine Bañuelos).

     Problème de passe sanitaire pour certains élèves, Richard Milian put compter sur la participation de deux élèves de l’École de Pampelune : Ekaitz Moreno et Pablo Hernández, deux chicos au bagage certain, intéressants autant à la cape qu’à la muleta.

 

     Dorian Canton a "lidié" ensuite un toro de Gallon portant le 6 sur le flanc. Il prit une pique en restant collé au peto et une seule paire de banderilles. Noble, il fut un bon collaborateur, il humiliait. Dorian déroula de bonnes séries des deux mains quoique un peu brusques. La conclusion à l’épée ne fut pas à la hauteur.

 

     Une demi-arène pour ce spectacle gratuit. Sono trop forte et R. Milian trop bavard (une habitude).

 

Info

     Cartel de la novillada des Arsouillos, le 1er mai à Aire-sur-l'Adour,

     José Rojo, Manuel Diosleguarde, Isaac Fonseca, un joli brelan de novilleros et les novillos de Hoyo de la Gitana, origine Santa Coloma, Vecinos (Salamanque).

                                                                      Gilbert Lamarque

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Samadet

Publié le par Cositas de toros

 

Reportage photos : Frédéric Martinez

 


Dimanche 24 octobre, matin 10h20.

            On innove à Samadet avec un défi jeunes. Cette compétition permettra au vainqueur d’intégrer le festival de l’après-midi. Le public est maigre, il sera plus nombreux à l’heure du repas pris dans le ruedo et pour le festival. Nous pourrions reprocher l’heure un peu matinale, 10h, une heure plus tard aurait été plus judicieux : c’est dimanche.

     À retenir, le bon novillo de Cuillé et la fraîcheur et le fin toreo de Rocío Romero. Cette jeune torero – pas de a, elle insiste – est arrivée de Cordoue où elle toréait le samedi, avalant les kilomètres… elle avait gardé tout son tonus à 19h au sortir du festival lors d’une brève rencontre.

 

     Le Pagès-Mailhan, "remate", un peu faiblot, bizco, il est querencioso. Quite de Kike et deux piques sans conviction. Rocío Romero, appliquée, le ramène au centre, la muleta douce, tout juste effleurée. Après les derechazos suivent des séries de naturelles supérieures.  La lidia bien menée est ternie par une mise à mort longue. Vuelta.

 

     Le Cuillé tape les planches dès la sortie. Il pousse à la première pique, sort seul et part de son propre chef et se réserve sous la seconde. Pour ma part, il y eut autant de bravoure que de violence. Quite de Carmona. Excellent sous la flanelle, il démontre noblesse et piquant. Un novillero plus expérimenté aurait brillé ; le bicho charge sans relâche donnant lui même le rythme de la faena. Kike de Francia – comme Anne de Bretagne ou Henri de Navarre – manque de potentiel, averti plusieurs fois, il subira une violente voltereta.

Gros câlin

     Bref, nous sommes quelque peu désabusés. Entière légèrement en arrière et plate mais après cette forte secousse… Oreille, et vuelta au Cuillé. On peut désapprouver.

 

     Le troisième d’El Campo est lourd et vif. Carlos Enrique Carmona le reçoit a porta gayola dos au toril. Ça passe. Deux piques, la première bien soutenue. À la cape, l’utrero se fige semblant réfléchir. Que dire à la muleta ? Impossible, ce bicho semble avoir déjà connu l’homme de plus près. Trop compliqué pour le jeune Carmona : pas de passes, plusieurs accrochages. Mise à mort longue, avis, demie contraire. Le Madrilène est invité à saluer au tiers.

     Le vote du public désigna haut la main, la jeune Rocio Romero : bon choix.

 


     Présidence, Francis Wolff.

 

Après-midi, 16h10.

            Les tentidos plus garnis qu’en matinée et c’est heureux. Francis Wolff "répète" un discours fédérateur. Mais est-ce bien utile devant une assemblée d’aficionados convaincus. Pourquoi sommes-nous là ? Ce sont les "autres" qu’il faudrait mobiliser !

 

 

     Festival qui se rapprochera plus de la piquette que du grand cru. La faute à quelques piètres bichos offerts. Doit-on envoyer du rebus sous le prétexte de la gratuité ? Plus de cailloux que de perles et peu dans l’esprit festival.

 

Le geste de la tarde

     Nous débutons par la lie : Julio Aparicio qui se pointa avec "son" toro amené depuis Colmenar Viejo, un José Vázquez. Il y a bien longtemps que ne circule plus le sang Santa Coloma dans cet élevage. Aujourd’hui, comme dans la majorité des ganaderias, coule du sang Domecq, ici par Zalduendo. Mauvaise pioche, ce couard d’Aparicio ne voulu pas le voir : il l’avait assez vu pour l'après-midi. Aucune confiance envers son supposé collaborateur, sans cesse en marche arrière, il ne retrouva jamais la première. Lamentable. Le toro était "décasté", le torero aussi. Deux coups d’étoffe, car pas de coups de torchon chez Mr Aparicio. Il laissa le travail à la cuadrilla. Aucune passe, quant à l’épée…

 

     Las Dos Hermanas échoit à Marc Serrano, la cheville ouvrière de cette journée caritative. Le bicho, castaño, armé, est bien présenté. Marc le reçoit bien dans la cape. Il n’est que peu piqué en une unique rencontre, certainement pas assez. La charge se raccourcit, le Nîmois se replace essayant plus de distance mais le toro le prend spectaculairement, voltereta et cornada à la cuisse gauche. Un peu de confusion et beaucoup d’émoi. "Julito" réapparaît laissant sa cuadrilla s’occuper des derniers instants du bicho, le tuant d’une épée de poltron.

 

     La course est interrompue quelques instants pour reprendre avec un Camino de Santiago bien fait, sortant avec puissance. Il va s’avérer faible et sera peu piqué. Il avait tendance à se mouvoir comme un marin par mer agitée : tangage ou roulis ? Octavio Chacón monte sur le pont et après avoir essuyé quelques grains, nous montre ce qu’est un lidiador. Muleta par le haut, deux fois averti, il va distiller une faena en bon technicien. Octave se régale, nous aussi. Le pupille de Jean-Louis Darré "humilie", répète. La mer s’est calmée. Le maestro lui glisse une entière en place, deux oreilles, un festival.

 

     Le Virgen María est plus léger, El Galo aussi. Bien piqué par deux fois avec un batacazo, le novillo est bien bandérillé par le torero avec papa à la brega (Michel Lagravère). Notre franco-mexicain "brinde" à Aparicio, bon… Le bicho s’est-il trop donné sous la pique et aux banderilles ? Il n’en a plus sous le capot et se couche au centre du ruedo après un début de faena par derechazos. Entière dans l’épaule comme souvent nous le constatons aux piques.

 


          Le Tardieu très faible est bien amené dans la cape de Rocío Romero. Ce toro est un goujat, plus attiré par les planches que par les charmes de la demoiselle ! Elle conduira la faena comme elle l’avait fait précédemment le matin mais avec moins de résultat, par contre avec toujours courage et justesse. Une entière trasera, deux oreilles, une pour la torero, l’autre pour la jeune femme. Olé !

 

     Le sixième, un Casanueva bien présenté sort avec de bonnes intentions. Il prendra une seule pique mais en poussant sous le peto. Une excellente troisième paire de palos de Tomas Ubeda, pas de salut pourtant sollicité par le public, Yon Lamothe ne l’invite pas. Il est coutumier du fait. Le bicho gagne le début de la rencontre, il est noble envoyant malgré tout quelques hachazos pequeños. Yon semble relever le défi. Non, le Tarusate se fait gentiment promener, multipliant les muletazos sans véritablement toréer. Pas de véritable lidia, pas le bon tempo, c’est le Casanueva qui donne le rythme. Le final est brouillon après un accrochage. Très vilaines épées. Arrastre applaudi, le seul.

     Le réserve de Gallon sort de regalo sous les notes de Valencia. Tous vont participer. Le triste Aparicio secoue la poussière de sa cape et rejoint le burladero ayant exigé de "passer" avant Kevin Ribeiro (champion de France des sauteurs) qui réalisera un saut périlleux vrillé (m’a t’on dit). En fait, c’est El Galo, mal servi précédemment, qui reprend les trastos. Il salua aux banderilles ainsi qu’El Santo et Tomas Ubeda. La suite fut des plus ennuyeuses, le Gallon sans race. Une entière dans l’épaule (bis). Oreille.

     Peu à retenir des bichos présentés, le Casanueva s’est bien tenu… sur ses pattes aussi, intéressant tout comme le Camino de Santiago malgré sa faiblesse : deux ganaderos du Sud-Ouest, peut-être aussi plus scrupuleux et corrects également.
Nous avons préféré le Yon Lamothe de Roquefort.

     Président, Pierre Vidal.
     On regrettera la couverture des arènes !

                                                          Gilbert Lamarque

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