Guijuelo, Salamanque, le 23 avril, toros de Capea, Morante, de Justo et pour sa réapparition, après huit mois de calvaire, Manuel Diosleguarde (deux oreilles et oreille). Les trois matadors sortirent en triomphe.
Manuel, tout jeune matador, reprit l'épée après sa terrible blessure subie à Cuéllar, Ségovie, au mois d'août 2022. Il n'avait pris l'alternative que depuis un mois. Pour le détail, il dédia son premier toro à Marta Pérez qui lui sauva la vie en ce jour funeste.
Le "No hay billetes" est apparu le mercredi et vue l'affluence on retarda le paseo de 10 minutes.
Une résurection.
Un autre retour, remarqué, celui du Cid
C'était le 22 avril à Séville pour la quatrième corrida de feria, les toros de Victorino Martin, très "encastés" et armés, favorisant un jeu intéressant. Le torero de Salteras dont on attendait l'annonce de son retour, fut ovationné dès le paseo bouclé. Il se rappela au bon souvenir du public sévillan - avant perte de mémoire - tant il fut Le spécialiste du fer de Portozuelo. El Cid, en maître, quitta le ruedo, lesté d'une oreille de poids et accompagné d'un franc succès. Le nouveau Cid ? Il était escorté de Manuel Escribano et d'Emilio de Justo.
A quand la prochaine apparition du gaucher ? Souhaitons que le public n'ait pas été témoin de l'apparition d'une comète, aussi fugace !
Le C.T. El Campo organise le 8 mai dans les arènes Jean-Brunel de Vauvert, son premier bolsin.
Swan Soto, torero et artiste sera le parrain de cette journée.
Les qualifications débuteront à 10h30 avec les jeunes novilleros qui "lidieront" chacun, un becerro des élevages de La Suerte et d'Alain et Frédérique Tardieu.
Seront présents dans le ruedo, Manuel Fuentes du Centre Français de Tauromachie et son compañero du Centre, Clovis Germain, Andy Giraud de l'Ecole Taurine du Pays d'Arles, Hadrien Lucq de l'Ecole Adour Aficion ayant fait ses premières armes en habit de lumières avec brio sinon avec quelque orginalité, chez lui, à Mugron dans les arènes de Condrette, Miriam Cabas de l'Ecole Taurine Campo de Gibraltar, vue l'an dernier lors du 26e bolsin de Bougue, et Luis Torez de l'Ecole Taurine de Béziers.
A noter, la gratuité des spectacles taurins et à 9h le (petit) déjeuner landais (5euros) avec oeufs, ventrèche et le verre de vin, le confit est annoncé pour 2024... puis repas version méditerranéo-camarguais avec encornet farci, ou alors vous n'échapperez pas à la gardianne et à son riz.
La finale avec mise à mort, à 16h pour les deux qualifiés de la matinale.
A 18h, remise des prix et tirage de la tombola.
Belle initiative du C.T. El Campo à qui nous souhaitons un franc succès Gilbert Lamarque.
Saint-Sever l'espagnole, Saint-Sever la landaise animait ses fêtes par une tauromachie à l'espagnole après avoir balbutier par des circuits de courses hispano-landaises et provençales vers la fin du XIXe siècle. Longtemps dévolue à la novillada, n'oublions pas que la cité gasconne évolua vers les corridas pour un temps court, revint aux novilladas traditionnelles avec de beaux cartels comme celui du 22 juin 1958 dans le cadre de la Saint-Jean : Manolo Martín, Antonio Mahillo, Diego Puerta et 6 novillos de Felix Gomez de Colmenar Viejo. Cet élevage n'a cessé de fournir de remarquables produits dont quelques uns sont restés célèbres dans l'histoire de la tauromachie : "Fortuna", "lidié" le 30 avril 1860 à Madrid, reçut 26 piques et tua 5 chevaux... Un tournant important de la vie de l'élevage se situe en 1923 et en 1932 : on introduisit dans la ganaderia deux sementales du Comte de la Corte, de sang Vistahermosa, croisement qui modifia les caractéristiques primitives de l'ancienne caste, améliorant les bêtes en trapío et docilité. La devise bleu turquoise et blanc porta partout sa devise avec triomphe.
Belle affiche au Cap de Gascogne, Manolo Martín, Antonio Mahillo et Diego Puerta s'ils sont novilleros, ne sont pas des néophytes. Le jeune sévillan Diego Puerta qui débuta en France le 8 septembre 1957 à Marseille, a déjà toréé cette année 18 novilladas et c'est donc avec une cinquantaine de novilladas à son actif que D. Puerta va toréer sur le plateau de Morlanne. Il rejoindra bientôt les plus grands novilleros du moment, en 1958, matadores de cartel : Aparicio, Litri, Pedrés et Chamaco.
55 ans séparent ce brillant cartel novilleril de celui de la Saint-Jean 2023. Hier, les futures figuras s'alignaient aux arènes de Morlanne, aujourd'hui, plutôt le 25 juin à 18h, Sébastien Castella et Emilio de Justo en découdront dans un mano a mano sans saveur, combattant les toros du Puerto de San Lorenzo.
L'aficion saint-severine indestructible !
Qui dit mano a mano dit véritable rivalité, confrontation de style, de toreo...
Castella figura del toreo après tant d'années d'alternative n'a pas grand chose à démontrer devant son compañero plus modeste mais qui gagna quelques triomphes retentissants. Le tout, dans une arène de 3e catégorie, cela a peu de poids, dans la plus stricte intimité, cela n'aura guère d'écho.
Malgré ma sympathie pour l'aficion saint-severine, je ne vois pas l'intérêt. Saint-Sever doit privilégier l'affiche qu'elle proposa tout au long de son histoire et, ainsi donner la possibilité à un troisième torero, français de surcroît. Adriano ou Clemente qui s'illustra ici même dans un passé bien proche.
Un mano a mano sans competencia, sans âme directrice, une réelle banalité.
Depuis les années 50, les diverses municipalités qui se succédèrent au sein de l'ancienne sous-préfecture ont toujours soutenu l'aficion saint-severine. L'actuel maire, Arnaud Tauzin en est l'illustration, il déborde d'aficion.
L'esprit du lieu est bien ancré au Cap de Gascogne !