On annonça l'heure du paseo avec 10 minutes de retard, on se pressait à la taquilla ! De mémoire d'aturin, on se souvint des premières années sous l'empresa de Rafael García, en 1972, lleno avec Damaso Gómez, Francisco. Ruiz Miguel et Antonio José Galán combattant les toros de José Infante de Cámara, le jour de l'inauguration de ces mêmes arènes. Aujourd'hui, deux bons tiers d'entrée sous un ciel couvert, un temps lourd.
6 toros de Peñajara de Casta Jijona de présentation convenable pour une plaza de 3e catégorie, justes de force, discrets devant la cavalerie, donc peu piqués, ils évoluèrent dans le ruedo aturin avec une race limitée, un cocktail de peu de noblesse et de beaucoup de mansedumbre. Les quatre premiers sardos. Le 3 "Guapito" aux pitons qui firent émettre quelques soupçons.
Les toros ont gâché la fête.
Dorian Canton subit une cornada au visage lors de la mise à mort de son premier toro, soigné à l'infirmerie, il fut évacué à l'hôpital Layné de Mont-de-Marsan : 45 points de suture. Le matador de Aranda de Duero fit preuve tout au long de la tarde de beaucoup de sérieux et de compétence, précieux chef de lidia. Il se fit remarquer par un joli geste lorsqu'il "brinda" la mort de "Sotinito" à son camarade d'infortune, plaçant sa montera sur le burladero face à l'infirmerie.
On joua le paso-doble "Iván Fandiño" à la mort du troisième toro en hommage au torero d'Orduña décédé le 17 juin 2017. La corrida a été interrompue durant de longus minutes afin de procéder à une équipe médicale. On entendit l'"Encantada" cher aux gascons, Valencia, Claveltos (bis)... L'instant transformé en aubade tardive.
Pour le détail de la corrida, toro par toro, veuillez vous reporter au prochain numéro de TOROS qui paraîtra le 28 juin.
En 2023, le retour des toros dans la jolie placita de Mauguio avait été marqué par un "no hay billetes" notoire. Il en fut de même pour cette édition 2024 sous un soleil de juin accompagné de nuages inquiétants. Le vent se mêla à l'après-midi.
Une minute d'applaudisements à l'issue du paseo fut observée à la mémoire de Thomas Guzman disparu récemment qui fut un proche de la ganaderia Blohorn.
Sur le sable défilèrent les novillos de San Sebastian, Piedras Rojas, Gallon, Pagès-Mailhan, Blohorn et La Gosolina, soit l'encaste Domecq dominant, d'origine Domecq et l'encaste Santa Coloma par La Quinta pour La Golosina. Cette "compétition" ganadera ajouta un intérêt supplémentaire à la tarde. On nota les bons comportements du Gallon, du Pagès-Mailhan ainsi que du Blohorn gratifié de la vuelta posthume.
Côté novilleros, Lalo de María débuta de muleta par derechazos avec le castaño de San Sebastian, peu piqué, puis par naturelles non aidées avec une tendance à user du pico avec pour effet d'envoyer le novillo vers les extérieurs et les barrières. Faena courte. Un pinchazo dans l'os suivi d'une entière et un descabello. Arrastre aplaudi. Salut aux tiers. L'élégant nîmois vit le ciel s'assombrir avec l'autre castaño de Pagès-Mailhan.
Deux piques, la seconde un simple voyage ainsi que deux paires de banderilles. Au capote, Lalo subit la loi du cornu, un peu "mangé", reprenant le dessus pour un court instant. C'est un bon novillo aux charges courtes sans réel défaut. Aux aciers, il perd confiance et entend les trois avis. Un coup bref de puntilla derrière le burladero eut raison du novillo.
Nino Julian entame joliment à la cape le jabonero sucio de Piedras Rojas qui reçoit une seule pique car faible. Trois paires de palos qui secouent les tendidos
Attaque avec la muleta à genoux, au centre. Il donne de l'air et de la distance, évitant les hachazos et terminant par une série de naturelles. Entière à la deuxième tentative, oreille. Il amène superbement l'excellent Blohorn, negro, pour une pique, enfin bien administrée. Il exécuta un tercio de banderilles des plus explosifs dont une troisième paire al quiebro. "Brindis" au gentil public peu aficionado. Et nous sommes partis pour une faena sans structure soulevant la poussière. mais le garçon à l'origine de cette bourasque, pose le jeu laissant de la distance au novillo. Entière caídita, deux descabellos. Deux oreilles, la seconde généreuse. Vuelta au Blohorn.
Tristan Barroso profita de la noblesse du Gallon, negro, vif à la cape. Il reçut deux vilains puyazos dans les bas fonds : petite bronca gentillette. Bon sur les deux cornes, le bicho invita Tristan à profiter de l'instant, jetant l'épée de muerte. La conclusion ne fut guère en phase, une demie desprendida et la mort fut un peu longue, un avis. Salut. Le novillo de La Golosina mal présenté, se colle au peto et administre un batacazo. "Brindis" à Patrick Laugier (Piedras Rojas).
Tristan entame sa faena à genoux puis digère la pression du Santa Coloma. De bonnes séries de muletazos suivront. Le madrilène est appliqué, sobre, loin des fioritures ; de ses premiers pas en habit de lumières. Echec aux aciers. Silence. L'alternative dacquoise approche pour l'ancien élève de Richard Milian.
Le "triomphe" de Nino Julian ne doit pas cacher les actuaciones de ses compañeros. Lalo de María tout comme Tristan Barroso eurent de bonnes séquences et ne déméritèrent pas mais l'épée faillit. Tristan , inconnu du public molgarien a mûri. Il est bien loin du temps où l'élève de l'école Adour Aficion, "haut comme trois pommes" entretenait l'espoir des gens du Sud-Ouest.