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LETTRES À JUAN BAUTISTA (VINGT ANS APRÈS)

Publié le par Cositas de toros

          "... Ce sont des gens qui cherchent dans les arènes ce qu'il n'y a pas. Les amateurs de courses de toros. Ce sont de drôles de types. Presque aussi tordus que les poètes." Yves Charnet.

     Né à Nevers le 6 février 1962, ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1983), agrégé de lettres modernes (1989), spécialiste de la poésie moderne, Yves Charnet participe, dans ce domaine à de nombreux colloques, journées d'études, tables rondes. Il en résulte de très nombreux articles dans les revues spécialisées, d'abord d'inspiration académique, avant de s'orienter vers une critique adressée de façon plus lyrique sous forme de "Lettres à..."

     Il donne de l'éclat à une langue superbe, à l'image de ce costume de lumières qu'abordent les toreros chers à l'auteur des Lettres à Juan Bautista (La Table ronde, 2008, épuisé). La page blanche est son arène, où chaque jour il " affronte la corne du taureau" selon l'expression de Michel Leiris dans la préface à l'Âge d'homme.

     Aujourd'hui, Yves Charnet replonge dans les lettres adressées à Juan Bautista de 2001 à 2006, avant qu'il ne devienne l'une des plus grandes figures de la tauromachie françaises. Les débuts turbulents du torero, sa brusque interruption en 2003 puis son retour en 2005. Jusqu'au triomphe du 15 août 2006 et sa légendaire faena sous le déluge dacquois. Que reste-t'il de nos Années Bautista ? Vingt ans après, pareille recherche du temps perdu prolonge le geste littéraire de l'auteur.

     C'est beau, émouvant, mélancolique, l'aficion est le fils rouge d'Y. Charnet. Un style unique. "...Il rallume ma lanterne magique. Charlatan du temps qui passe..."

                   Yves Charnet. Lettres à Juan Bautista. Au Diable Vauvert, 400 pages, 22 euros.

NB. Il est nullement nécessaire d'aduler le Juan B. torero. Seul le plaisir de lire est ici, un ravissement, un régal, une pleine satisfaction.

                            

     Bon 1er mai !

                             Gilbert Lamarque

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HOMMAGE

Publié le par Cositas de toros

                                Marc Roumengou avait reçu le prix "El Tio Pepe" 2020 délivré par la F.S.T.F. réunie dans les arènes Francis San Juan à Lunel à l'occasion de son 104e congrès. 

 

     

     Ingénieur agronome, il fut l'alguazil des arènes du Soleil d'Or de Toulouse. Le 13 juin 1953, il avait ouvert le premier paseo toulousain où ce jour-là, défilait Antonio Ordoñez face aux toros de Galache. Et c'est le même homme qui conduisit le dernier paseo du Soleil d'Or, le 3 octobre 1976 pour l'ultime spectacle, une novillada où Nimeño II coupa l'oreille de son premier novillo et les deux oreilles et la queue du second.

     Après ces 26 ans d'inactivité taurine a caballo, Marc Roumengou ouvrira de nouveau à 80 ans, un paseo, celui de Rieumes, le 22 Septembre 2002, accompagné de son fils Manuel (novillada des héritiers de Christophe Yonnet).

     Marc Roumengou était aussi le principal contributeur du " En Traje Velazqueño" le bulletin publié par le "Forum Marc Roumengou" dont il était le président d'honneur. L'homme, érudit et passionné, conférencier fut aussi l'auteur de nombreux ouvrages enrichissant notre culture taurine. Citons,  

     -Deux ouvrages épuisés : Les chiffres des taureaux de combat - Causes naturelles, causes frauduleuses, solutions (1973), et, Fraudes sur les taureaux de combat - Prévention, voies de recours, éléments de réglementation (1977).

     -Blessures et mort des taureaux de combat - Anatomie - Traumatologie (1991).

     -L'Église et la corrida - Prohibition et participation active (1996).

     -Dossier Manolete, sa vie professionnelle, sa mort (1999).

      Il traduisit l'ouvrage de son confrère espagnol, ingénieur agronome comme lui, Antonio Purroy : Comportement du taureau de combat. Á l'élevage et dans l'arène (2014 pour la traduction).

     Il avait gentiment amené quelques précisions sur "l'art de la pique", à propos de publication dans Cositas (29 janvier 2018), au sujet de la pique et de son montage (15 janvier 2018).

     Notre cher abonné n'est plus, Marc Roumengou nous a quitté à 97 ans, chez lui, à Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne le mardi 16 avril. Il restera pour beaucoup d'entre-nous l'aficionado rigoureux que nous consultions avec intérêt. L'ancien élève de l'École Nationale Supérieure d'Agronomie de Toulouse endossa inexorablement à lui seul, la tradition taurine.               
                    Gilbert Lamarque

 

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TOROS

Publié le par Cositas de toros

 

 

 

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TOROS

Publié le par Cositas de toros

 

 

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Á PÂQUES OU Á LA TRINITÉ, LES INCERTITUDES DU CIEL

Publié le par Cositas de toros

           Les nuages menaçants et les averses de pluie sont légion à cette date, alors que la pluie sera présente pour la fin de la semaine, les conditions météo du milieu de la semaine s'annonçaient printanières sur l'hexagone. Pourtant les pluies et le vent vont faire leur retour d'ici vendredi. Sur la péninsule, la menace planait pour nos voisins espagnols. et Madrid. Pâques à Séville et Madrid, le samedi saint à Malaga, sachant que la Copa Chenel a déjà été reportée.

      Mais il n'y a pas que le ciel qui menace. Á Séville, Morante foulera t'il le sable de la Maestranza. A t'il surmonté les problèmes qui l'ont obligé à s'arrêter.  Est-il prêt à continuer la temporada avec l'enthousiasme  du novillero ? La Resurrección de Morante en quelque sorte, Séville, sans le génie José Antonio, n'est plus Séville.

     Les résultats. Dimanche de Pâques,

     Séville, les arènes sont combles, les toros des Hermanos García Jiménez, Morante : silence et silence (le génie n'était qu'un farfadet et ce n'est pas si mal), Sébastien Castella : oreille et silence et Roca Rey oreille et silence. C'est un fait extraordinaire, dans la nuit du jeudi au vendredi, les processions de la Macarena ont été annulées ! Après les pleurs, celui qui brilla le plus en cette tarde dominicale, fut son altesse le Soleil mettant en lumière les avares véroniques du génie de la Puebla. C'est tout. Les diestros n'étaient pas descendus de leur croix.

     Madrid, présentation du fer de Pedraza de Yeltes, présence et bon jeu en général, Roman : oreille et silence, Manuel Dias Gomes : palmas et silence et Francisco de Manuel : silence et silence.

     La veille, samedi saint,

     Dans l'hexagone Arles et Mugron firent la nique aux éléments bénéficiant d'un ciel clément. Á Aignan, les toros de Baltasar Ibán pour Uceda Leal, Dorian Canton et Christian Parejo, restèrent à l'abris près de leur fourrage prolongeant ainsi leur séjour (un aller simple) dans le Gers. La corrida étant reportée au dimanche suivant. Les Ibán vont friser l'enkylose !

     Á Mugron, on eut plus de chance, les novillos du même fer donnèrent du fil à retordre à Alejandro Peñaranda : silence et silence, Alejandro Chicharro : oreille et deux oreilles, et Tomás Bastos : silence et oreille.

     En Arles, c'est sous le soleil, le lundi que Pablo Hermoso de Mendoza effectua sa despedida, que Talavante, le dimanche, ouvrait la Puerta Grande grâce au bon lot de Jandilla et que le vent soufflant par violentes rafales au 6e et dernier toro, balaya la piste afin qu'il ne resta aucune trace des combats. Nous souviendrons-nous d'un moindre détail au final de la temporada ?

     Sur les bords du Rhône, on joua avec le feu.... l'eau et le vent. Pourtant les prévisions étaient des plus pessimistes. Le samedi, la novilada débuta avec une demi-heure de retard suite à l'enlèvement des bâches.

     Dans la péninsule, les corridas d'Añover de Tajo, Cabra, le vendredi saint, et de Malaga, le samedi saint, ont été annulées.

     Les arènes couvertes et modernes ont perdu de leur typicité mais ont gagné en sécurité. C'est un choix, vivre dans les commodités, vivre à notre époque.

                                        Gilbert Lamarque

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