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L'épée ou la plume

Publié le par Cositas de toros


« Le novillero Jean-Baptiste Lucq raccroche le costume de lumière ».
      Tel était le titre de l’article paru dans Sud Ouest Dimanche du 17 octobre.

            L’annonce étant donc officialisée, Cositas va accompagner Jean-Baptiste pour sa despedida et cet ultime paseo dans ces lignes. Information que l’intéressé m’avait communiquée le 28 septembre souhaitant informer directement celles et ceux qui l’ont soutenu et accompagné plus particulièrement : un geste torero !

Un parcours atypique

     Intégrant en 2018, l’école Adour Aficion de Richard Milian, il est déjà "vieux"… Le brillant étudiant en faculté puis à l’École des Chartes a retrouvé le gusanillo à Paris, ce vers qui était déjà en lui à l’âge de 10 ans quand il fréquentait l’école taurine d’Hagetmau, ce vers le titillait encore. En fait, le gusanillo ne l’avait jamais quitté. J.B. s’entraîne dur, travaille comme un forçat pour rattraper le retard, bien aidé dans son apprentissage par Baptiste Cissé ou El Santo. L’envie demeure, le mental aussi. « Être torero, disait-il, implique bravoure, noblesse et dignité ». […] « Parfois, il est plus dur de lutter contre soi-même que contre un toro ».

 

Le Sambuc, première oreille en public © Chantal Lafaye

 

Le Sambuc, becerro de Colombeau. © Chantal Lafaye


     Il débute en public pour la première fois au Sambuc, en Camargue, le 31 mars 2019 (voir Cositas du 5 avril 2019). Il coupe l’oreille du becerro de Colombeau, un castaño claro, noble et "encasté".
Il se vêt de lumières, le 22 avril de la même année, le Lundi de Pâques, chez lui, à Mugron aux arènes de Condrette où, par le passé, ses aïeux se sont illustrés en pantalon blanc et boléro. Ce matin-là, devant une belle chambrée encourageant l’enfant du pays, le trac qui transpirait chez le Landais déterminé ne l’empêcha pas de couper sa première oreille, habillé de lumières. L’eral provenait des voisins d’Alma Serena, intéressant et quelque peu exigeant. Il sortira a hombros après avoir reçu l’oreille du second eral offert au vainqueur (en compétition avec Nino Julian).
     2020, année noire, il coupe une oreille à Magescq en février puis le rideau tombe. Il pouvait prétendre alors à une quinzaine de paseos. La nuit qui a glissé sur les ruedos lui permet de vivre des études plus sereines, parachevées – pour le moment – pour le diplômé de master, par l’obtention d’une excellente note lors de la soutenance de sa thèse consacrée à un autre manipulateur d’estocs et autres rapières, Blaise de Monluc, lieutenant du roi et chef des catholiques de Guyenne durant les premières guerres de religion (1560-1570). Autre gascon né dans le Gers à Saint-Puy. Il reprendra la ville de Mont-de-Marsan aux protestants en 1569.
     Jean-Baptiste Lucq est un récidiviste tant il se montra précoce dans les études et sa passion pour l’Histoire. À 16 ans, Le Figaro du 1er novembre 2012 publia une lettre écrite par ses soins, alors élève de Terminale L au lycée Saint Jacques de Compostelle. Dans cette lettre, il témoignait de la façon dont est, aujourd’hui, enseignée l’Histoire à l’école !

 

Madeleine 2021. © Chantal Lafaye


     2021, lors de cette année fructueuse malgré les annulations et les non programmations de certains spectacles, il défila le 20 juin à Mugron obtenant l’oreille d’un Alma Serena, puis nous le verrons à l’occasion de la Madeleine montoise, ensuite à Tarascon, Béziers et Bayonne. Le festival taurin donné dans la préfecture landaise le 26 septembre, sera sa dernière sortie. À l’occasion, il combattit un novillo d’Alma Serena en piquée (oreille).

En route pour l’agrégation

     Avec l’arrêt d’un an et demi provoqué par la pandémie, il est privé d’une « temporada cruciale et m’a fait perdre un temps précieux, alors même que mon arrivée tardive dans les toros m’obligeait à avancer plus vite. Je me retrouve donc bloqué et sans projection ; je ne peux pas rester en sans picador et j’ai encore énormément de travail technique à fournir pour me mettre au niveau requis aujourd’hui en novillada piquée. Or, du fait du concours exigeant qu’il me faut passer cette année, je n’aurai plus le temps nécessaire pour me préparer convenablement. La petite fenêtre de tir que j’avais encore au début de l’année dernière s’est refermée. […] J’ai donc choisi de me retirer, non pas à cause du regard du toro, mais par manque de temps et impossibilité de continuer sérieusement à m’entraîner. Le costume de lumière n’est pas un déguisement. Le peu que j’ai fait, je l’ai toujours fait avec sérieux et je ne veux pas vivre dans l’illusion du dilettantisme ». […]
     Entré à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, institution des plus prestigieuses, il se consacre désormais à la préparation de l’agrégation d’histoire. Toujours plus haut ! Les épreuves de l’écrit se dessinent pour février ; J.B. a quitté l’épée pour prendre la plume. Difficile mais sage décision au demeurant.

     Sûr que nous te reverrons venir hanter les arènes du Sud-Ouest et venir encourager le petit frère, Adrien, élève d’Adour Aficion. Mais aussi, pourquoi pas, reprendre les trastos en privé !
     Suerte pour la suite de tes brillantes études. 
     Quant au signataire de ces lignes, il ne lui reste plus qu’à "toréer en chargeant la suerte", durant les longs mois d’hiver, cette fameuse thèse, un pavé de 850 pages que tu m’as si gentiment fait parvenir.

     Merci, Jean-Baptiste, pour ce que tu es : un Chalossais con casta.

                                             Gilbert Lamarque

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Quand la musique ne suffit pas.

Publié le par Cositas de toros

    Aire-sur-l’Adour. 17 octobre, 16h.
     Novillada concours

 

Reportage photos : Frédéric Martinez.

            Sous un soleil caressant, l'après-midi se substitua en un concours de musique, plus exactement en un desafio de bandas avec Les Arsouillos (organisateur de la tarde), Les Biberons d’Hagetmau, Les Escapateros de Mugron et Les Armagnacs d’Eauze.

 


     En effet, desierto le prix au meilleur tiers de piques, desierto le prix au meilleur novillo, ceux présents n’en sont pas les seuls fautifs, les jeunes (et moins jeune) piétons, excepté Manuel Diosleguarde, ont été en-dessous de l’évènement. La faute, également, au choix des organisateurs : Carlos Olsina sans sitio, encore vert et Francisco Montero à la technique limitée, mais les deux ne manquant pas d’envie, n’étaient pas hommes à assurer une novillada concours.
     L’ensemble des novillos est bien présenté, ils furent discrets sous le peto, peu et souvent mal piqués, mal mis en suerte et certains dénonçant quelques faiblesses.

 

     "Calladito" de José Escolar (11/2017), (Santa Coloma / Albaserrada) est fort mal piqué et ne pousse pas. À la muleta, Carlos Olsina multiplie les erreurs et reçoit un pinchazo dans les bijoux de famille, départ pour l’infirmerie, F. Montero expédie (mal) l’Escolar.

 

     "Artaban" peut être fier, c’est un joli Hubert Yonnet (01/2018), (Pinto Barreiros). Mal mis en suerte par Francisco Montero, le bicho va vers la cavalerie à cinq reprises pour trois réelles rencontres. Il en suivra une faena en dessous de la qualité de l’animal avec quelques séries bien conduites mais ne pesant pas suffisamment. Montero, plus posé que lors de ses précédentes sorties, verra tout de même, sa muleta souvent tutoyée. Il tue d’une entière caída. Pétition d’oreille accordée, la majorité silencieuse ne peut que constater. Arrastre applaudi.

 

     "Chincharon" de Flor de Jara (11/2017) ( Santa Coloma / Buendia), à la corne droite douteuse, est joliment reçu dans la cape de Manuel Diosleguarde. À la suerte de varas, administrée par Alberto Sandoval, le novillo s’avère tardo, chargeant bien mais se collant au caparaçon. Le manso montre de meilleures dispositions sous la muleta du fin Manuel mais "Chincharon", querencioso, amènera la faena a menos. Le novillero a su garder les distances et abrégea par une demie en s’engageant mais la suite est laborieuse, avis. Salut au tiers.

     Avant l’arrastre du novillo, l’arène, debout, se recueillit lors du pasodoble "Iván Fandiño", à la mémoire du torero d’Orduña.

 

     Carlos Olsina toujours pas revenu de l’infirmerie, c’est Montero qui torée son second bicho, "Ibareño" de Turquay (05/2018) (Santa Coloma / Buendia), qui ne prendra qu’une "vraie" pique, la suivante pour la forme. "Ibareño" est faible. Salut de Daniel Sánchez pour deux bonnes paires de banderilles. Montero n’a rien pigé de ce novillo et torée "à l’envers", étouffant le Turquay, muleta peu sûre ; un Santa Coloma tout simplement dilapidé. Silence après deux coups de fer.

 

     "Trembleño" titulaire du fer de l’Astarac (04/2018) (Pedrajas), est un novillo sérieux par sa présentation. Faible mais handicapé après une glissade au centre du ruedo, il est ménagé sous la cavalerie.

     Noble, il veut mais ne peut pas, chargeant court sous la flanelle de Diosleguarde, regardant les planches avec insistance. Une belle épée engagée, en place, libère un pavillon.

 

     Carlos Olsina est réapparu en jeans pour se mesurer à "Año" d’Agustinez (01.2018) (Villagodio issu du croisement Veragua / Santa Coloma), le plus léger des six, peu piqué pour trois rencontres. Il se montre à son avantage à la muleta où le Biterrois, après quelques séries de la droite, se fait "manger" à gauche.

     Retour à dextre, Carlos use du pico et se révèle tendre devant un adversaire exigeant. Desplante mal venu, échec aux aciers, avis et un salut au tiers qui ne s’imposait pas. 

     Un tiers d’arène, les aficionados forcément déçus. 

……….

           

     Puisqu’il n’y eut aucun prix cette après-midi, voici ceux octroyés par l’Association des Critiques Taurins de France, section Sud-Ouest, les revisteros s’étant réunis en matinée à quelques pas des arènes Maurice-Lauche.
- Prix Tio Pepe au meilleur lot de toros : La Quinta (Dax, 14 août).
- Prix Monosabio au meilleur lot de novillos : Raso de Portillo (Vic, 10 juillet).
- Prix du meilleur lot d’erales : La Espera (Dax, 14 août – Bayonne, 5 septembre).
- Prix au meilleur torero : Daniel Luque.
- Prix au meilleur novillero : Yon Lamothe.
- Prix au meilleur novillero sans chevaux : Tristan Barosso.
                                               

                                                                     Gilbert Lamarque

 

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La réponse de la bergère au berger...

Publié le par Cositas de toros

                    ... MAIS LES ASSAUTS N'EN SONT PAS POUR LE MOINS CIRCONSCRITS.

               Le gouvernement madrilène dirigé par Isabel Díaz Ayuso alloue trois millions d’euros au secteur des toros bravos contre le « sectarisme » et l’« ignorance » de Pedro Sánchez.

     Par cette action, la Communauté de Madrid veut couvrir les pertes dues au manque de certaines festivités taurines. Elle a approuvé le mercredi 13 octobre, une nouvelle ligne d’aides directes aux éleveurs de bravos pour tenter de « compenser cette perte de revenus » et de « payer une partie des frais qu’ils assument pour garder leurs bêtes dans les meilleures conditions ».
     « C’est l’un des secteurs les plus touchés par le Covid-19 et le gouvernement d’Isabel Díaz Ayuso est conscient de cette situation face au sectarisme et à la négligence du gouvernement de Pedro Sánchez », a justifié le porte-parole de l’exécutif régional, Enrique Ossorio, autre point de friction entre Puerta del Sol et Moncloa.
     Ce plan d’aide est approuvé après que le gouvernement central a fait marche arrière la semaine dernière pour exclure les toros du bonus culturel de 400 euros pour les jeunes. Il s’ajoute également à un précédent lancé l’an dernier, avec le même budget, qui couvrait 68 % du cheptel des bravos de la région.
     Ce nouvel investissement de trois millions d’euros sera divisé en deux lignes d’action. Une pour les troupeaux qui n’ont pas reçu d’aide dans l’appel 2020 et une autre ouverte à nouveau à toutes les ganaderias existantes dans la Communauté de Madrid. Concrètement, ils recevront 500 euros pour chaque vache mère âgée de plus de 18 mois, cette fois non pas sur 35 % mais sur 100 % du recensement des génitrices, jusqu’à un maximum de 100 000 euros par ganaderia.
     La Communauté de Madrid a déclaré la Fête de la Tauromachie, bien d’intérêt culturel. Elle compte actuellement 70 fincas, ce qui en fait celle avec « la plus forte densité de bétail de bravos par kilomètre carré », selon le gouvernement régional.

……….

     

     Instagram a retiré de sa plateforme cette photo publiée par la présidente de la Communauté, Isabel Díaz Ayuso, dans laquelle elle apparaît avec le journaliste taurin David Casas Ramos à Las Ventas, le jour d’El Día de la Hispanidad. Quelques heures après et face au tollé médiatique, la photo est réapparue sur le compte Intagram de la présidente.
     Apparemment, la plateforme a retiré cette photo pour « violation des règles sur la violence ou les organisations dangereuses ». !! Violence subliminale ??
     Rappelons que les raisons d’une suppression sont, si il y a « une violence graphique extrême », des publications qui « incitent à l’usage de la violence ou des attaques contre des personnes pour des raisons de religion, d’ethnicité ou de sexe », ou « des menaces spécifiques de dommages physiques ».
     La photo n’avait été éliminée que du profil de la présidente et non du compte du journaliste. Allez comprendre… 
                                                   

                                                           Gilbert Lamarque

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INTERDIRE...

Publié le par Cositas de toros

 

     … OU LE PSOE, ENTREPRISE DE DÉMOLITION

 

Les quatre amendements anti-tauromachie que le PSOE débattra lors de son 40e Congrès fédéral.

 

            Le PSOE organise son 40e Congrès fédéral, le 16 et 17 octobre à Valence. L’assemblée est prévue pour actualiser le projet politique du parti. Et au sein de ce débat, il y aura un temps pour discuter de l’avenir de la tauromachie. Avec, bien sûr, des approches très agressives et procédurières.

     Cependant, la présentation du plan préparé par la direction fédérale ne faisait aucune référence à cette question. Mais dans le processus de débat interne qui a été ouvert au PSOE ces dernières semaines, dans lequel les groupes ont présenté des amendements au texte initial, quatre amendements ont été présentés contre la tauromachie.

     En premier lieu, ils devront être débattus dans les commissions du Congrès. Et le plus probable est que la direction et les fédérations territoriales plus enracinées de cette activité finissent par renverser la question. Le premier des amendements vient de la fédération de Madrid, qui précise que « des actions seront proposées pour éteindre la tauromachie, ainsi que pour démanteler et reconvertir l’ensemble des activités économiques qui l’entourent ». Douce utopie ! Des Asturies vient un autre amendement très énergique : « Notre parti considère que la tauromachie n’est pas une culture et que les corridas et les spectacles de rue avec des taureaux ne doivent pas être encouragés ».

     De la Jeunesse socialiste a été proposé un amendement visant à limiter le public potentiel pouvant assister à un spectacle de tauromachie : «  La participation de mineurs de moins de 16 ans à des spectacles basés sur la maltraitance des animaux, comme la tauromachie, sera interdite ». Depuis les îles Baléares, un amendement plus réfléchi est mis en avant mais dans le même contexte. (Notons que les Asturies et les îles Baléares ne sont guère renommées pour leur afición). Et cela nous fait plonger dans le leitmotiv des prétendues subventions que reçoit le secteur : « Les sociétés avancent et changent. Dans la réalité dans laquelle nous vivons actuellement, nous ne pouvons tolérer la maltraitance d’un être vivant pour des raisons de loisirs. Pour cette raison, nous proposons de retirer toute aide ou subvention de quelque nature que ce soit au monde de la tauromachie et des concerts, en plus de l’interdiction de ces deux pratiques ».

     La question n’est pas une priorité pour la direction actuelle du PSOE, mais il est confirmé qu’il existe un puissant secteur anti-taurin dans les rangs socialistes qui, pour la première fois, élèvera ce débat au plus haut niveau.

     Il semble que la seule chose que sachent faire les socialistes, c’est interdire. Ministère de la Culture = Ministère de la Censure. C'est insupportable, ceci correspondant aux critères de notre époque, les prémices de la décadence servie par le calcul et la lâcheté.

Victorino à la sortie de la réunion au Ministère de la Culture. © De San Bernado

 

Paroles de Morante

     « Dans ce gouvernement d’illettrés, ils sont aussi acheteurs de voix. La gauche dans ce pays a toujours acheté des artistes sur une base de subvention. Donne-moi du pain et dis-moi des bêtises. Je préfère avoir faim que d’être un imbécile », explique Morante de la Puebla quant ABC lui demande son avis sur l’exclusion des taureaux de la prime culturelle de 400 euros que l’équipe de belliqueux de Pedro Sánchez accordera aux jeunes qui ont 18 ans : curieusement l’âge de l’urne et du scrutin… Avec ces 400 euros, ils pourront toujours acheter des dvd sur la tauromachie ou des livres taurins. Mais entre nous, ces 400 euros, pour les jeunes, la priorité ne sera certainement pas un billet de corrida.

                                                            Gilbert Lamarque

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SEMAINE TAURINE ET CULTURELLE, LA BELLE TARDE

Publié le par Cositas de toros

 

Reportage photographique : Frédéric Martinez

Dimanche 10 octobre, 11h.

 

            Retour sur le plateau de Morlanne des successeurs des Coquilla de Francisco Sánchez Hernández "Paco Coquilla" avec quatre novillos des Herederos de Alfonso Sánchez Fabrès.

Rappelons-nous, l’ultime corrida de ce fer a eu lieu, ici, le 8 mai 2013. Thomas Dufau coupa les deux oreilles d’"Espagnol", le dernier toro combattu. Les héritiers ont gardé l’usage du fer pour leur seul bétail des origines de la ganaderia, du pur Coquilla (Santa Coloma). Juan Sánchez Fabrès Mirat en est le garant dans sa finca de Pedro Llen à Las Veguillas (Salamanque).

Lors de la XXXVe semaine en novembre 2019, nous avions vu, en matinée quatre novillos de Juan Sánchez Fabrès, de belle présentation, sous un ciel menaçant pour une fiesta campera à laquelle étaient conviés Andrès Palacios, Antonio Nazaré, Thomas Dufau et Miguel Ángel Pacheco.

Durant les tardes précédentes, le fer de Coquilla nous avait habitué à des prestations d’un niveau supérieur. Ce matin, le lot peu armé dans le type de l’encaste, pauvre de tête, noble, présentant peu de difficultés, manquait de force et de cette chispa qui rendent une après-midi intéressante. Devant ces bichos, J.F. Molina montra plus de métier, Álvaro Burdiel tel un débutant, brouillon, déçut.

 

 

     Le premier novillo, d’une grande noblesse frôlant la sosería, s’avère très faible. Il reçoit une unique pique dans l’épaule. Il "humilie" dans la muleta de José Fernando Molina qui lâche trois belles séries de derechazos stimulant l’orphéon.

     Les premiers muletazos sur la corne gauche ne sont guère convaincants mais Molina se reprend pour servir de bonnes séries liées et "templées". La faena, interminable, se conclue par une bousculade, le noble Coquilla terminant distrait. Un recibir raté, une demie al encuentro et x coups de verdugo, deux avis et silence.

     Son second bicho, "Escudero", est mieux armé, con trapío, il subit lui aussi une pique dans l’épaule et de plus, "carioquée". Début par derechazos à mi-hauteur, la charge est courte, les séries se décantent passe après passe sans liaison. C’est long, ennuyeux et le trasteo se termine avec un novillero tremendiste abandonnant ses gestes élégants.

La mort est tout aussi longue, un avis sonne et l’oreille tombe.

 

     Álvaro Burdiel attaque bien de cape "Condenado", cornicorto qui recevra deux piques dosées de l’excellent Alberto Sandoval. Aux banderilles, Mathieu Guillon "El Monteño" et Manolito de los Reyes saluent. "Brindis" au maigre public, environ 400 personnes. Le novillo est faible mais baisse la tête dans la muleta du sevillano. Les séries droitières se succèdent, plus électriques à senestre.

     Burdiel est superficiel, conduisant le bicho par des muletazos secs, cassant la fin de la charge sans jamais se croiser. La noblesse de "Condenado" méritait plus d’égards. Trois quart d’épée plate, pinchazo, une demie et descabello : un avis, silence. Le quatrième complétant la matinée est léger mais aussi le plus vif du quatuor. Il "remate", reçoit trois puyazos avec une certaine bravoure, s’élançant d’abord de son propre chef depuis les planches, mais cabeceando à trois reprises. Certainement le meilleur Coquilla, mal exploité par Burdiel, désordonné, jamais dans le sitio. La faena se termine, hélas, avec un novillo qui se désintéresse du sujet, lorgnant les planches, le novillero perdant la muleta dans un ultime assaut. Álvaro envoie ad patres le bicho d’une entière caídita. Salut au tiers.

 

     Cette novillada matinale a été organisée par le Collectif Pedro Llen, aidé par la Peña Jeune Aficion. Le brouillard s’était dissipé.

     Au pupitre, la banda Al Violin de Samadet qui eut peu l’opportunité de faire sonner les cuivres, elle sera comblée l’après-midi.

 

 

Dimanche 10 octobre, 17h.

 

                       "LOTERILLO" ET "TIBALIANO"

 

 

Deux ganaderos heureux et complices

 

            Tarde festive au Cap de Gascogne : les Bats sont venus, ils ont combattu et ils ont vaincu sur leurs terres. Les aficionados sont comblés, les ganaderos également mais aussi apaisés et réconfortés.

Lors de la conférence du mercredi précédent consacrée aux deux ganaderos, Philippe Bats (Alma Serena) et Guillaume Bats (Casanueva), le nombreux public put prendre conscience des difficultés éprouvées et de l’avenir incertain de ces deux élevages, peu ménagés aussi par la pandémie. Au soir de cette belle journée, Philippe Bats nous disait combien il était important de vivre un tel moment, ne serait-ce que pour passer plus sereinement les longs mois d’hiver où vous vous sentez si seuls. Comment ne pas avoir une pensée pour Pierre, le frère absent ?

Aujourd’hui, les deux éleveurs ont franchi un cap, ici, au Cap de Gascogne, le passage délicat en novillada piquée.

 

 

   Ajoutons à cette fête, les deux novilleros qui permirent de la porter plus haut avec une mention spéciale à Yon Lamothe qui, aidé par le sorteo, sera le triomphateur de la tarde, et cerise sur le gâteau, verra ses deux opposants "Loterillo" de Casanueva et "Tibaliano" d’Alma Serena, sortis respectivement 1er et 3e, honorés de la vuelta posthume. Manuel Perera sortira lui aussi a hombros, les deux ganaderos accompagnant les jeunes toreros.

Les quatre novillos, bien présentés, sans vices, ont permis de bons trasteos, les 1 et 3 supérieurs, bien sûr.

Clairvoyante présidence de Vincent Bourg "Zocato" ; un super pointilleux aurait gâché les réjouissances.

 

 

     Le premier, applaudi à la sortie, "Loterillo" (Casanueva) n° 48, melocotón, reçu par véroniques, est superbe avec une tête frisée que vous avez envie de caresser, bref…

 

 

     Il reçoit une première pique sans conviction mais s’affirme sous la seconde, mettant les reins, provoquant un batacazo. Mathieu Guillon salue aux palos. Yon Lamothe débute par derechazos, "Loterillo" est noble et auteur d’une belle charge. A gusto, le Landais délivrera un lot de naturelles de bonne facture, les deux protagonistes amenant la faena a mas.

     Yon termine toréant plus rapproché. L’estocade entière et en place couche le bicho qui en demandait encore. Yon Lamothe eut le bon goût de livrer un travail assez court, la tendance actuelle étant aux longueurs. Oreille et mouchoir bleu.

 

     Le Tarusate a le bonheur d’être opposé à "Tibaliano" n°56, burraco, listón d’Alma Serena qui prend deux piques, la seconde ovationnée pour une belle charge contenue par Alberto Sandoval.

     Le Madrilène Rafael González (ex torero) posent deux bonnes paires de banderilles. "Brindis" au public, un chouia plus nombreux, environ 700 personnes. "Tibaliano" déclinera sa classe, "humiliant" tout au long du combat.

     La faena est bien menée, les séries se multiplient et pèsent sur le bicho. Trop confiant, réduisant les distances, il subira une voltereta. Le tout se terminant en étouffant un peu la bête, le bon passant au moyen et l’ensemble longuet. L’épée est magnifique, deux oreilles et vuelta pour "Tibaliano".

     Manuel Perera a, pour premier adversaire, le premier d’Alma Serena, castaño, petit et coiffé court. Il prend deux piques en se défendant, suivies d’un quite par saltilleras de Yon Lamothe. Le tercio de banderilles est écourté (deux paires). "Brindis" à l’heureux public. Débutant bien par derechazos, Perera moins à l’aise, change de cap et nous sert le pire comme le meilleur. La faena est interminable, s’achevant en "padilladas", tremendisme. Une entière bien que trasera libère une oreille.

     Le quatrième "Aguafuerte" (Casanueva) est un costaud qui prend deux piques insuffisantes, la seconde étant plutôt une rencontre furtive. Juan Antonio Pinto, sobresaliente est invité au quite. Manuel Perera débutera un genou à terre, mauvais choix, mauvais goût. Il délivre des séries des deux mains plus autoritaires que bénéfiques. Le bicho est brave et exigeant mais il a besoin d’air. A mon avis, il est "gaspillé", Perera finissant, bousculé, une faena allant a menos. Entière légèrement desprendida, avis, oreille contestable. On se serait passés des dernières séries chiffonnées et inutiles.

 

     Yon Lamothe truste les prix, celui de la meilleure cuadrilla (Prix Villa Mirasol) et le prix au triomphateur (Peña Jeune Aficion).

 

 

     La date du 10 octobre fut un bon choix, douce journée qui permit aux aficionados de se restaurer sous les voûtes du Cloître des Jacobins, dans le style roman languedocien composé de pierres et de briques. Le repas, lui, dans le style gascon chalossais.

                                                         Gilbert Lamarque

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