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LA DURE FONCTION DE TORERO

Publié le par Cositas de toros

          Le toro blesse, le toro tue.

     Le jeune torero colombien Robert Alexander Copertino Gavino "Alex Gavino", est décédé le 2 septembre à Chiquián. Il a donné sa vie à 28 ans, par amour de la tauromachie. Il est mort de sa passion funeste. Le novillero amateur est décédé d'une hémorragie ; l'incident s'est produit lors de l'après-midi en l'honneur de Santa Rosa de Lima. Ce drame nous prouve  d'une manière évidente et rigoureuse que les toros tuent en maintes occasions en France, en Espagne ou en Amérique du Sud.

     Coup du sort, la Cour constitutionnelle colombienne ratifiait simultanément la loi interdisant la corrida, la novillada, le rejoneo ainsi que les becerradas et les tientas ! Les combats de coqs sont aussi poussés dans la charrette des condamnés. Et cela, dans le but, bien sûr, de protéger le bien être et la protection des animaux. Il semble que le gouvernement colombien se préoccupe davantage du sort de la faune que de ses citoyens. Cette violente initiative a pour but de supprimer progressivement la tauromachie d'ici trois ans. Mais, ce n'est pas ici le sujet.

     Parlons plutôt de la dure condition du novillero. Sachant que ces jeunes toreros inexpérimentés se jouent la vie pour casi nada  pour des queues de cerises  ou quelques peaux de châtaignes combattant des toros incertains coiffés de bois fin et intègre devant un public clairsemé (voir Beaucaire et Béziers) et distrait car encore aujourd'hui il boude ces spectacles dits mineurs choisissant un cartel de figuras fantasques et inconstants (on dirait, de la mer, qu'ils ondoient) où ces derniers sélectionnent leurs adversaires cornus transmués en simples assistants collaborateurs.  Alors comment ne peut-on pas être qu'admiratifs devant des jeunes versant, eux aussi, leur sang ? Autour du 15 août, date fatidique et implacable, le jeune mexicain Bruno Aloi  a payé la note, blessé à deux reprises très grièvement à El Álamo par un novillo d'Aguadulce ( ! ), plaies par corne à la cuisse droite d'environ 20 cm, à la jambe gauche avec arrachement de la veine saphène interne amenant de multiples lésions musculaires ; c'est le lot des toreros blessés. La saison de Bruno Aloi est terminée car les blessures sont très graves. Il avait remporté auparavant le concours Cenaté Las Ventas.

     Novilleros, figuras, tous égaux devant la blessure. Mais cet aperçu ici en blanc sur noir afin que chacun puisse accompagner, encourager dans l'avenir ces jeunes toreros qui aujourd'hui galèrent et donc naturellement sont de  possibles figuras, l'avenir nous le dira !

                              Gilbert Lamarque

 

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TOROS

Publié le par Cositas de toros

 

 

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UN ÉTÉ 25

Publié le par Cositas de toros

          Septembre se manifeste nonchalamment, la temporada décline mollement, se fane. Quel premier bilan peut-on établir, peut-on définir sans être, convenons en, dithyrambiques à l'instar des titres accrocheurs plus que bienveillants des médias espagnols et autres supports franchouillards quelque peu chauvins ou tout simplement étroits d'esprit ? !

     Mais revenons à l'actualité. Á Baeza, à l'Université internationale d'Andalousie (UNIA), le thème abordé au cours d'été sur la tauromachie animé par Lope Morales, président de la Fédération taurine de Jaén et Luis Francisco Esplá, matador à la retraite et diplômé des Beaux Arts. Le thème abordé : "la tauromachie, école de vie, de valeurs et de stratégies". Deux tables rondes sur le comportement du taureau dans l'arène ainsi que la relation entre la bête et les toreros lors du combat, ses valeurs éthiques et esthétiques. Tout ceci semble être que littérature pour la rentrée, pouvant servir de référence et offrir des enseignements sur la manière d'aborder et de résoudre des problèmes dans d'autres domaines culturels et professionnels de l'activité humaine.

     Mais qu'en est-il sur le terrain ?

     "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé" écrivait Lamartine ; Morante doit faire d'ici quelques jours, sa réapparition à Melilla, où les nuages ne se dissipent pas, le fumeur de havanes - et non le cigarrero qui n'est autre qu'un fabricant de cigares, bref, dixit José Antonio "je reviens avec des doutes" ; nous verrons.

     Á Bayonne, durant la Feria de l'Atlantique, le Colombien Juan de Castilla ne se posait pas tant de questions lorsqu'il a été blessé par deux coups de corne prolongeant son séjour en pays labourdin à la clinique Belharra. Parlez-lui de courage car il tint à tuer son Araúz de Robles avant de prendre le chemin de l'infirmerie, saignant abondamment, oreille, l'unique de cette corrida dite de l'opportunité, soit de l'aubaine et de la chance ... le sort est bien cruel. Parlons ici davantage d'éthique que d'esthétique.

     C'est la semaine des réapparitions. Roca Rey sera à Palencia après avoir été blessé le 21 août à Bilbao par un toro de Victoriano del Río, performance exceptionnelle. Bilbao, les Corridas Generales réduites à cinq corridas dont une mixte et une novillada piquée. Combien dans l'avenir ? Le public et l'aficion semblent revenir sur les tendidos. Deux grosses entrées pour la corrida de Roca Rey et celle où Diego Urdiales remplaça Morante et l'enfant chéri de Vista Alegre coupa deux oreilles. Un toro gracié, "Tapaboca" du fer de la Quinta par Borja Jménez entrant tous deux dans l'histoire de Bilbao. Ce toro exceptionnel, le premier "indulté" à Vista Alegre ! Non, Mathias ne s'est pas ramolli ! Le millésime 2025 bilbaino au pinacle !

      Parlons aussi de "Yeguizo" le noble et brave toro de Dolores Aguirre, auteur du meilleur tercio de varas du cycle bilbaino où Damián Castaño lui rendit la réplique au cours d'une faena, à défaut d'être grandiose, fut des plus estimables.

     David de Miranda, le matador de Trigueros rafle la mise à Linares emportant quatre oreilles et la queue à "Nebli" un Juan Pedro Domecq.

     Autre sujet beaucoup plus cruel et désolant avec les incendies qu'a subi l'Espagne cet été, et Borja Domecq qui vit brûler 1 500 hectares, soit 80% des terres de sa finca de Los Quintos à Llerena (Badajoz) en Estrémadure. L'éleveur de Jandilla décrit la scène comme "dantesque". Grace au personnel et agriculteurs voisins, la fuite du bétail a été facilitée en ouvrant les clôtures, coupant les barbelés. Malgré cela, des pertes de bétail ont été confirmées, et plusieurs animaux présentent des brûlures. Certaines vaches ont péri, d'autres étaient à un stade avancé de gestation, ce qui pourrait entraîner des naissances prématurées ou des avortements spontanés dus au stress thermique. Mais vu le peu d'ampleur des échos, personne ne s'en émut.

     Comprenez que l'inventaire restant ne fait l'objet que de peu d'importance bien que certaines tardes ne sont pas à considérer comme simples broutilles. Chacun gardera dans sa rétine, l'après-midi qui lui conviendra afin de ne pas provoquer convoitise et frustration.

      Joselito Adame a annoncé sa retraite le 12 août à Huesca, lui qui a consacré sa vie à la tauromachie depuis 26 ans. Ce sera donc la 606ème corrida de sa carrière, la dernière d'une histoire incroyable.

     Avant lui, on fêta la dernière de Fernando Robleño à la Feria de Céret par des adieux émouvants, feria tronquée la faute à l'orage, toros de Sobral qui déçurent par rapport à leur présentation en 2024.

     En France, tout semble ronronner à souhait. Les prochaines ferias d'Arles et de Nîmes ne troubleront guère cette fin de saison. Puis-je faire erreur.

     Mont-de-Marsan a vu une Madeleine plus complète et des détails intéressants. Un Daniel Luque dominateur.

     Dax a connu une corrida d'El Freixo importante et les "triomphes" de Roca Rey, Perera, Luque et de Borja Jiménez ; plutôt que "triomphes" optons pour réussites ou succès qui s'imposent ici plus exactement ; de même que "ovation" se traduisant par applaudissements, palmas ...

     Á Béziers, dans Midi Libre, Olivier Margé se félicitait "d'une grande Feria 2025 dans nos arènes et dans nos bodegas"... Sur le plan uniquement taurin, Sébastien Castella est sorti deux fois a hombros, et une belle corrida de Pedraza de Yeltes ternie par la perte d'oreilles aux aciers de Miguel Ángel Perera et Borja Jiménez.

     Notons les alternatives sur le sol français de Marco Pérez à Nîmes, de Tristán Barroso à Arles, de Clemente Jaume à Châteaurenard. En ai-je oubliées ?

     Vic semble déjà loin où on note le solo de Morenito de Aranda pour les 20 ans de son alternative affrontant des Araúz de Robles et Flor de Jara. Le torero très présent dans le Sud-Ouest.

     Les détails auront été retenus par l'ensemble des aficionados, les arènes modestes ne sont pas à discréditer. Elles font les efforts nécessaires avec les moyens qui leur sont propres. Le répertoire n'est pas définitif, les oublis et les choix, eux, sont irresponsables.

     Souhaitons-nous une bonne fin de temporada, riche en évènements qui nous fera attendre le printemps avec impatience, sinon un bel été indien.

                        Gilbert Lamarque

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SAINT-GILLES. NOVILLADA DE LA CHAQUETILLA D'OR

Publié le par Cositas de toros

          La Feria de la Pêche et de l'Abricot de Saint-Gilles proposait un cartel des plus alléchants avec trois jeunes toreros à la personnalité déjà affirmée et un lot de novillos d'élevages français, disons-le, régionaux, bien présentés, qui n'avaient rien à envier aux représentants du peuple ibère. Les arènes Émile Bilhau ne se remplirent qu'au 2/3. Six novillos attendaient, dans l'ordre de sortie : La Suerte, François André, Tardieu Frères, Raphaël Chaubet (vuelta), Malaga et Blohorn.

   

   

       Soleil et ciel d'azur, les sept drapeaux flottant au vent. La piste arrosée au préalable, les six devises colorées se détachent du sable blond. La Banda Los Pagayos de Fleurance (Gers) démontra que nul n'est prophète en son pays, assurant l'intermède musical.

     18h, l'orchestre Chicuelo II prit le témoin pour le paseo et nous eûmes droit à une Marseillaise (une de plus) ... et les Andalouses !

   

   

      Aarón Palacio recèle un caractère, un tempérament attestés. Le garçon semble prêt pour l'alternative aux prochaines Vendanges nîmoises. Il nous montra toute la palette de ses possibilités face au représentant de La Suerte qu'il mena à la cape d'une main assurée au centre de l'ovale. Après deux piques, la seconde appuyée sur l'épaule,

     Aarón nous réserva un bon tercio de muleta avec décision, abordant des séries des deux mains, répondant avec précision aux charges vives du bicho, réglant sur la fin cette corne gauche. Entière caidita lui valut l'oreille.

     Il aborda le Raphaêl Chaubet par des largas de rodillas. Le novillo, sous deux charges violentes, confirma sa bravoure. Après des séries des deux mains et un bon trasteo qui déclenchèrent la musique, l'Aragonais puntero fut mis en échec aux aciers, un metisaca et une pleine lame desprendida qui n'abrégèrent point la fin de l'excellent Chaubet. L'avis sonna, salut. Vuelta posthume pour le résident du mas de la Grande Rougnouse en Arles : un entrain déterminé, un plaisir absolu.

     Je serai moins élogieux envers Julio Norte, "la pépite salmantine". Á dire vrai, il m'ennuie. Il déploya pourtant une énergie de tous les diables mais sans fond véritablement ; le dixième de l'escalafón novilleril s'agite, éructe et ne transmet guère. 

     Il mena son entreprise avec le François André d'un rythme soutenu. La musique s'ébroua car le mortel a horreur du silence. Le bicho avait subi une unique pique mal administrée. Entière après pinchazo, oreille. Palmitas pour l'arrastre.

     Le Malaga reçu par trois largas de rodillas, prit une unique pique décidée par le palco. Norte attaqua de muleta à genoux, se fit déborder une fois à la verticale. Après entière à la deuxième tentative, l'oreille tomba du balcon, ouvrant la grande porte.

 

     Victor Clauzel ne tira pas le meilleur lot. Il se montra tel qu'en lui-même, appliqué jusqu'à la voltereta infligée par le Tardieu (une pique). La paire de banderilleros salua, Thomas Ubeda et Hugo Stievenard. Mais auparavant, nous étions témoins de naturelles templadas avant les distractions du Nuñez. Plusieurs fois alerté,

     Victor prit l'épée. Au second envoi, je touche, entière et tentatives au verdugo. Salut. Fermant la tarde, le Blohorn pousse sous le peto amenant piquero et cheval au centre, il récidiva. Ovation pour Medhi Savalli aux palos. La faena s'essouffla faute de transmission, le Blohorn se décomposant. L'épée entière légèrement desprendida ne suffit pas, avis. Salut.

 

Vuelta au Raphaël Chaubet n°109,né en juillet 2022

 

   Un bel après-midi de toros. Tous furent applaudis, plus ou moins à l'arrastre. Vuelta posthume honorant le Raphaël Chaubet. Julio Norte désigné vainqueur de la Chaquetllla d'Or (!). Mon voisin , pas d'accord, me rassura. Aarón Palacio quitta le ruedo le regard sombre et digérant mal la frustration. Mais pourquoi la présidence refusa la troisième pique au Malaga, un prix était attribué au meilleur novillo ?

                                         Gilbert Lamarque

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LE GRAAL

Publié le par Cositas de toros

          En 2003, El Juli lorgnant sur ses points retraite de matador, achète à Paco Ojeda, le fer Toros de Táliga, pour ne pas rompre son fil d'ariane avec la tauromachie. Si le second n'en fit rien d'exceptionnel, Julian qui semble transformer en métal précieux tout ce qu'il touche, commença par dissoudre le troupeau après s'être installé sur les terres d'Estremadure près d'Olivenza, baptisant sa ganaderia du nom de sa finca, El Freixo.

     Loin des clameurs des arènes, Julian López Escobar, 43 ans bientôt, a décidé de se consacrer au toro bravo, celui qui permit son ascension fulgurante.

     Ce 15 août à Dax, devant un lleno de catégorie, les toros d'El Juli ont laissé 9 oreilles au bénéfice du trio accompli M. Á. Perera, D. Luque et B. Jiménez. Ici point de fadeur, de soseria mais une belle noblesse piquante affleurant la flanelle. Á son débit, le trait peu enclin à défier la cavalerie, c'est le côté sombre du toro dit moderne. En un mot, une tarde avec un triomphe général unissant hommes et bêtes dans un même élan.

     Quel chemin parcouru depuis ses débuts en public, un matin de becerrada en juillet 1995 à Mont-de-Marsan à sa finca El Freixo !

     La tauromachie nous réserve de belles surprises à qui sait attendre. Mais il y a, aussi, des évènements qui n'en sont pas. Autre 15 août "tras" los Pyreneos, à Illumbe, fade et bruyante plaza de Saint-Sébastien : un mano a mano, après l'absence de Morante, accidenté, entre Marco Pérez, jeune matador et Olga Casado, jeune novillera, étrange duel sans véritable rivalité. Point culminant du jour le plus important de la temporada, il semble que les Chopera s'essoufflent à maintenir le niveau.

     C'est à Dax qu'il se passait quelque chose par l'entremise d'un ganadero ex torero et ses toros d'El Freixo. Car sans toros toros point de corrida. Et ce "détail", faut-il bien se le mettre dans l'esprit ! L'aficionado de verdad se déplace au seul nom d'un élevage évocateur.      

      Ce bétail d'origine Domecq via Garcigrande et Daniel Ruiz, ont les caractéristiques toutes opposées au choix du torista, mais semble être au goût de la tauromachie du moment. Ils ont le trait pour magnifier le 3e tiers qui à l'heure actuelle est le point névralgique de la corrida, la faena de muleta où se livrent les stakhanovistes de la passe, encore faut-ilque celle-ci soit conduite à bon escient, préparant le toro à la mort. Le grand public boude le tiers de varas, ne le supporte pas et pointe tout son intérêt sur la muleta. Alors oui, avec de tels toros lorsqu'on veut mettre en avant l'agressivité, le piquant de la bête en concluant triomphalement et fermant les yeux sur la cavalerie.

     Le bon équilibre étant un bon tiers de varas, un bon 3e tiers. On peut rêver. Le Graal, quoi !

                                                     Gilbert Lamarque

      

 

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