La bonne nouvelle est venue des hauteurs de Montsoué. En effet, le novillo tienté samedi 29 septembre par Yon Lamothe dans les arènes de tienta de Casanueva, ne connaîtra pas le chemin de l’abattoir, triste destinée prévue le mercredi suivant.
Après deux visionnages du film de Cositas qui lui était consacré, les ganaderos se donnant du temps, ont souhaité le conserver.
Souvent, dans notre société moderne, les images vomies par vidéos, photos ou smartphones ne sont là que pour polluer notre horizon ou faire le buzz.
Aujourd’hui, une modeste vidéo a sauvé un beau novillo. Il a rejoint les trois autres futurs sementals. Comme les Trois Mousquetaires, ils seront quatre. Quatre pour une belote ou un tarot au coin du feu car l’hiver est rigoureux et long.
Il n’ira pas "sur les vaches" mais il sera présent pour palier une défection.
La Peña CASANUEVA a organisé sa première journée des socios, samedi 29 septembre, les derniers feux taurins s’éteignant doucement.
C’est donc par une de ces belles journées automnales où l’été fait de la résistance, une de ces journées que nous souhaiterions retenir pour l’éternité, ainsi que par un émouvant hommage à l’ami Christian Duplantier brutalement et trop tôt disparu que débutèrent ces instants de partages.
Beaucoup d’émotion, en présence de sa famille, au pied des rutilantes arènes de Pirette dont Christian fut le maître d’œuvres.
A 11h, la soixantaine de socios s’égaya autour du ruedo de tienta.
Un beau novillo castaño, Aguafuerte n° 700 fut toréé par Yon Lamothe et piqué par Laurent Langlois. Yon était assisté par les précieux El Santo et El Monteño.
Le novillo répéta sans cesse dans la cape mais Yon le laissa trop "collé" au tissu.
Deux cites du centre auxquels Aguafuerte répondit, s’élançant vers le cheval par un bon galop. Il mit bien les reins notamment à la première rencontre et sortit du peto avec l’aide du peonage.
Par la suite, Yon démarra de muleta se laissant déborder par la vivacité du novillo. Le jeune Tarusate améliora le geste, plus lent, plus profond mais ne baissant pas suffisamment la main, le cornu humiliant parfaitement.
Un bouquet de naturelles sur le final, la dernière série plus templée, la muleta présentée bien en avant. 24 mn et Aguafuerte termina gueule fermée.
Cet intéressant novillo ne sera toutefois pas conservé, richesse oblige : 3 autres jeunes futurs sementals del Torreon ont déjà été retenus auparavant !
Ces bons moments ne se terminèrent non pas par des chansons mais par de véritables agapes préparées par les maîtres queux de la peña ainsi que par la visite du campo.
Rendez-vous en janvier 2019 pour l’AG toute aussi conviviale.
Que retenir de la journée taurine de Cap Aficion ?
En premier, je relèverai le prix prohibitif des entrées. 40€ pour un tendido soleil dernier rang, 50€ pour un balconcillo soleil, 70 pour son frère ombragé !!! C’est d’autant plus incompréhensible que le plateau ne devait être des plus onéreux…
En second, le défaut d’organisation aux entrées, mettre autant de temps pour accéder à sa place est un autre facteur de mécontentement…
En trois, la longueur du spectacle. Depuis l’hommage à Victorino Martin par Christophe Andiné, certes très émouvant mais un peu long, en passant par la partie "landaise" de la course, la victorinade à débuté à 17h40…
En quatre, la qualité des toros. Certes, nous sommes en fin de temporada et, malgré le fait que cette course soit donnée dans une arène française de première nous savions que l’on n’aurait pas la tête de camade mais, là, c’est un encierro dépourvu de race, de caste, de noblesse qui a défilé. Des Victorinos, ne restait que le genio et le sentido. Hormis le second qui a fait montre d’un fond de noblesse, le reste a été ennuyeux, montrant pour certains, des signes de faiblesse dès le capote. Ils ont tous été au cheval pour une première rencontre, à la seconde, les piqueros ont dû les provoquer, pour certains au-delà de la deuxième raya, certains sortant seuls du groupe équestre. A la muleta, des demi-charges et des faenas qui se sont terminées con toros parados. Bref, pas grand-chose à retenir.
En cinq, un détail Bonijolesque : le nom des chevaux brodés sur le peto… ce qui n’a pas empêché le montage à l’envers de cinq piques sur six ! Sont-ce là les nouvelles valeurs de la tauromachie ?
Les hommes :
Luis Bolivar,
se verra contraint de tuer trois toros suite à la blessure d’Emilio de Justo. Luis est resté toute l’après-midi sur la rive de la midouze. Il n’a fait preuve ni d’engagement ni d’investissement suffisant pour maitriser la situation, il perdra même les papiers sur le dernier (qui devait être en charge d’Emilio de Justo). Silence, silence après avis et quelques applaudissements polis.
Juan Leal,
s’en sort avec les honneurs… Malgré une toreria plus académique, il ne parviendra pas toujours à dominer ses adversaires. Vuelta après un avis et silence après deux avis.
Emilio de Justo
nous a mis l’eau à la bouche… Après avoir brindé la mort de son toro au ciel en hommage à son père décédé dans la matinée, il a démontré qu’avec une muleta autoritaire et de l’engagement, il y avait la possibilité de faire charger cet animal le museau au ras du sable. Hélas sur la deuxième naturelle il se fait prendre vilainement par Mosito qui l’envoie à l’infirmerie. Il revient courageusement en "tchanquant" bas pour donner une nouvelle série de derechazos héroïques puis, il en termine d’une entière très engagée après pinchazo. Sa cuadrilla viendra récupérer son oreille amplement méritée. Torero!!!
Cette course a été initiée par la sortie d’un toro de Jalabert pour les écarteurs landais BaptisteBordes et Thomas Marty (auteur d’un superbe écart), accompagnés du sauteur Fabien Napias.
2/3 d'arène, 3h15 de course.
Température estivale en ce premier jour automnal .
La ville aragonaise en cette tarde résonne d’un fort accent français. En effet, outre la présence comme chef de lidia du Nîmois Marc Serrano, le lot de toros proposés débarque de Bars (Gers), ganaderia de J.L. Darré et de son fer Camino de Santiago. Le sympathique éleveur remet le couvert après avoir livré bataille le 4 août à La Adrada avec une corrida du même fer où deux bichos sortirent du lot.
La placita est garnie au 4/5e côté "moderne", la partie antique du 19e siècle, les gradas sol sont aujourd’hui condamnées. Le soleil est voilé mais pas les voix du public festif et peu exigeant.
Nous ne nous sommes guère ennuyés grâce à l’envoi du ganadero qui présente une belle corrida lourde et armée. Le rendez-vous avec l’homme au castoreño reste anodin, une seule pique souvent mal octroyée. Les Camino gueule ouverte à la muleta se révélèrent nobles sans défaut de tête.
Tarde intéressante pour chacun de nous, toreros, ganadero, aficionados.
Le premier Camino remate fort en visitant le ruedo. Il est mis en suerte d’un peu loin, met les reins sur cette unique rencontre. Marc Serrano conduit au centre ce noble sujet qui répond aux séries des deux mains sans un accroc. Le Nîmois rencontre des difficultés à la suerte suprême et le tue dans sa querencia.
Le n° 29 Tondillero, l’esthétique veleto y astifino serre Marc aux tablas, le soulève, l’entraîne et le jette contre un poteau : de la peur, aucun mal. Ce bicho au comportement curieux, est faible des antérieurs. M. Serrano intelligemment lui redonne confiance, le torée sur les deux rives, le dominant au centre du rond. S’en suit une jolie faena conclue par une entière jusqu’au poignet après pinchazo. Oreille. On entendit monter les premières mesures de La Marseillaise entonnées par la Peña Bleu et Blanc de Barbastro.
Marc nous démontrant le long de cette tarde qu’il a toujours sa place dans les cartels. Injustice !
Antonio Nazaré reçoit son premier adversaire par une jolie capea, ce toro faisant chanter les étriers sur l’unique rencontre. Il se dévoilera "noblissime" devant la muleta du sévillan qui ne peut éviter quelques postures vulgaires. 3/4 de lame, oreille, arrastre applaudi.
Il fut assez quelconque sur le 5 bis de Gallon, le titulaire remplacé par l’incompétence du palco. « ¡ Que tontería ! » s’exclame mon voisin d’Estella. Un terciode vara(s) à pleurer, un tercio de banderilles catastrophique et la lidia suivante, limitée. Nazaré récolte ce qu’il a semé après avoir fait assassiner ce sobrero. Silence après un tiers de lame caída.
Joaquin Galdos est venu remplacer Manuel Escribano encore souffrant. Il attaque superficiellement son adversaire mais le public apprécie, étant là aussi pour la musique et les trophées. Entière portée avec sincérité, deux oreilles.
Le dernier est accueilli par La jota de los toros. Ce n° 89 est bien coiffé, apportant de l’intérêt. Après brindis au joyeux public, Joaquin torée main relâchée mais la flanelle maintes fois accrochée. Beaucoup de muletazos, beaucoup. Peu sûr à l’estoc, Galdos prend les extérieurs, mort très longue, silence.
Barbastro n’est pas la flor y nata des plazas mais reste sympathique et son public manifeste son enthousiasme accompagné de cava, tinto et tapas.
Sept toros, un torero et un public français venu nombreux tant du Sud-Est que du Sud-Ouest, les premiers pour M. Serrano, les seconds pour Camino et aussi pour les deux.
Les jeunes organisateurs de Barbastro furent récompensés de leurs choix.
Pour quand une corrida de Jean-Louis Darré sur notre versant des Pyrénées ?
Gilbert LAMARQUE
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Arènes du parc Théodore-Denis, 17h30, sous un soleil légèrement voilé, le cirque est aux ¾ remplis pour recevoir ce qui est la "deuxième première" de la journée, à savoir l’alternative attendue de Yannis Djeniba, "El Adoureño".
La question aux bords de toutes les lèvres est de savoir si, El Adoureño allait transformer ses ondes fugitives en mascaret tempétueux.
Las, la Dacquoise a eu quelques raisons de conserver son œil noir.
Pour cette cérémonie, six toros de Victoriano del Rio et deux de Cortés, bien présentés, hormis le second plus léger que certains novillos du matin. De comportement divers au premier tiers, bravitos sans plus, excepté le dernier qui prendra deux belles piques poussant le groupe équestre sur une vingtaine de mètres à la première rencontre et nobles à la muleta sauf le sobrero sorti en 5 bis. Trois bons medios toros (un pour chacun) et un bon toro (le dernier).
Prenant l’alternative, El Adoureño ouvrait donc les débats. Entrenador lui permet de passer au grade supérieur, né en novembre 2013, portant le N°71, c’est le plus vieux de l’encierro. Noble au capote, quelconque au premier tiers, distraído au second, il déborde de noblesse dans la flanelle de Yannis, mais sa faena manque de transmission et de dominio, le toro passe et repasse. Entière dans les côtes (on tue comme on torée) et l’animal… se couche ! Applaudissement à l’arrastre (?), salut. Son second (le dernier de la course) sort avec du gaz et remate, prend une très grosse première pique et déborde la cuadrilla aux bâtonnets. Face au toro le plus complet de l’après-midi, il nous rend un travail brouillon et nerveux sans domination et hors du sitio. Entière delantera et insuffisante. Il tarde à prendre le descabello (il en mettra 3) et prend un avis. Vuelta au toro et une centaine de mouchoirs arrivent à convaincre la présidence qui accorde l’oreille fortement contestée par le reste de la troupe.
Enrique Ponce, le parrain, doit en "découdre" tout d’abord avec Arandino, une cabrita de Cortes. Après un premier tiers anecdotique et un second doloroso, SM Enrique 1er déroule tous les artifices d’une grande faena "ponciste" (et là, nous ne parlons pas de fédérale, là nous sommes dans l’élite, le Top 14 !). Travail soigné, bien léché avec quasiment autant de changements de mains que de passes, bref : du grand art ! (si l'on ne tient aucun compte de l’opposition bien sûr). Faena stérile sur toro ligth dirai-je (nous pouvons également le voir ainsi). Une entière basse suffisante viendra conclure cet instant de puro arte. La dépouille sera fêtée et, la foule demande et obtient les deux pavillons d’Arandino. Aldeano,noblote au capote, prend une première pique forte suivie de deux media vueltas un peu méchantes. Il en résultera parado,doloroso au deuxième tiers, le maestro de Chivas donne une faenita soporifique à cet animal très diminué. Une nouvelle entière basse (au second essai) lui permet d’en terminer sous les applaudissements.
Alejandro Talavante, le témoin, a été le moins bien servi au sorteo. Il attaque son premier par de belles véroniques pieds joints. Au premier tercio,Basurilla part avec alegria pour deux rencontres, bon deuxième tiers puis, Alejandro reste technique, pas trop fuera de cacho sans être totalement engagé, bref un travail propre sur un toro gazapon en début de faena, baissant vite de rythme. Un très grand estoconazo tant par l’engagement que l’emplacement en finira avec Basurilla. Oreille et arrastre applaudi. Son second montre des signes de faiblesse au capote. On l’amène aux piques (pour voir) et le palco ordonne le changement. Il est remplacé par un sobrero du même fer long, haut et armé veleto y astifino. On comprend vite pourquoi il était resté sobrero. Dès les premiers contacts avec le Maestro on sent que ce ne sera pas l’entente cordiale. Il lui sert un trasteo brouillon mais malgré tout méritoire au rythme des meuglements cadencés de la bête. Maladroit (très) avec les aciers, il entend sonner l’avis et il rentre une entière atravesada basse ressortant derrière la patte au 9ème essai, suivi de deux descabellos. Silence.
Ainsi s’achève la corrida qui a vu notre 65ème torero français se faire adouber.
Il est dommage que Yannis n’ait pu profiter de la charge franche de son premier medio toro et surtout qu’il ne se soit pas entendu avec son bon dernier. Il n’en reverra peut être pas de sitôt… Il a au moins pu mesurer tout le chemin qu’il lui reste à parcourir…Suerte.
La Dacquoise a vraiment eu quelques raisons de conserver son œil noir… Et les ondes de l’Adour sont hélas restées fugitives…
Dommage !
Patrick SOUX
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