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Mario Vargas Llosa

Publié le par Cositas de toros

 

           Mario Vargas Llosa, gardien et protecteur de la tauromachie

     "La fête taurine est entièrement conditionnée par la vie culturelle. Une grande partie de la production littéraire disparaîtrait sans les taureaux. Le taureau de combat existe parce que les corridas existent. C'est l'animal le plus soigné de la création. Le seul moment où le taureau fait face à sa réalité est la corrida. C'est une réalité cachée et violente. Et là, dans la corrida, la condition humaine est exposée. S'il disparaissait la culture de notre époque serait mutilée."

     Andrés Roca Rey, son jeune compatriote, un peu orphelin aujourd'hui, écrivait : "Il n'y a pas une seule façon de corrida. En une seule après-midi, il y a un torero de valeur, un d'art, un autre classique. Et tout le monde sort sur les épaules. Mon dévouement n'a jamais cessé d'être au rendez-vous les saisons passées malgré les critiques. Il est important de penser à devenir un meilleur torero, en réalisant ce que vous avez en tête."

     Le diestro de Lima également eu le temps de réfléchir sur le grand risque que prennent les toreros et sur la façon de gérer la peur : "Nous ressentons les plaisirs de la vie car la mort nous attend à la fin. Et la fête taurine est la tradition qui exprime le mieux ce que les ennemis déclarés ne comprennent pas. Nous vous demandons seulement de nous laisser admirer cet art ancien."

     Concernant l'animalisme, il constate qu'"il existe une mode contre la corrida. Déjà, lorsque je jouais au taureau à la récréation, j'étais critiqué. La corrida est très difficile à comprendre. On lui reproche son ignorance. J'étais à l'Université de Séville et je dois dire que les jeunes sont l'avenir."  (Propos recueillis le 30/03/22 au Club Siglo XXI, dirigés par Rubén Amón. Les deux péruviens ont assuré l'évènement lors d'une soirée de "no hay billetes").  

     Mario Vargas Llosa : "Les corridas constituent un spectacle de masse qui ne provoque pas de manifestations de violence ni d'actes de vandalisme et d'agressivité dans et hors des arènes ... Elles stimulent aussi des valeurs et des aptitudes humaines comme la bravoure, l'héroïsme, le dépassement de soi, entre beaucoup d'autres".   (Extrait du manifeste pour la corrida 12/04/12).

     Le 25 février dernier, le Tribunal constitutionnel du Pérou s'est prononcé sur la qualification culturelle des spectacles avec mise à mort des taureaux. Par cette décision, les juges constitutionnels péruviens ont refusé l'interdiction de cette pratique culturelle, et dans le même temps celle des combats de coqs.

     Le Pérou connaît des débats politiques, sociétaux et juridiques similaires aux autres pays autorisant ce type de corrida. Comme dans les autres juridictions aux prises avec cette question épineuse au croisement de la protection animale et de la protection des droits culturels humains, la légalité de la corrida se pose de manière plus pressante au Pérou. Ainsi, c'est la troisième fois que le Tribunal constitutionnel péruvien rend une décision ayant trait à la corrida.

     Mario Vargas Llosa était certainement le plus célèbre écrivain sud-américain depuis la disparition de Gabriel García Marquez en 2014. Son odyssée littéraire se conjugue avec Paris, Barcelone, Londres, New-York, et même Jérusalem et Berlin mais c'est à Arequipa, dans le sud de son Pérou natal que demeure l'empreinte de la personnalité de l'écrivain, Arequipa deuxième plus grande ville du Pérou, aussi surnommée "la Ciudad Blanca" en raison de ses bâtiments en pierre volcanique blanche qui donne à la ville son allure de noblesse, vit à l'ombre du volcan Misti.

     Prix Nobel en 2010, il est élu en 2021 à l'Académie française. Prix Cervantes 1994 et Prix Princesse des Asturies en 1986 et s'engage activement en politique, candidat à l'élection présidentielle péruvienne de 1990, il est battu par le populiste de droite, Alberto Fujimon.

     Il est décédé à Lima le 13 avril à 89 ans. Un jour, il affronta des becerros al alimón avec Enrique Ponce. Son oeuvre est universelle, il défendit les idées libérales avec acharnement. Il laisse un véritable héritage pour l'éternité.

                         Gilbert Lamarque

 

 

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Situation de la tauromachie en Espagne

Publié le par Cositas de toros

            "En 2013, la tauromachie a été déclarée Patrimoine Culturel d'Espagne par le Sénat avec le seul soutien du Parti Populaire. Le règlement, publié le 12 novembre de la même année au Journal officiel de l'État (BOE), oblige les administrations publiques à garantir et, à leur tour, à développer des mesures de promotion et de protection dans le cadre de l'administration générale de l'État. Cependant, toutes les communautés ne soutiennent pas fermement la tauromachie, comprise non seulement comme une corrida, mais comme l'ensemble des connaissances et des activités artistiques, créatives et productives, y compris l'élevage et la sélection du taureau de combat, qui se réunissent dans la tauromachie moderne et l'art du combat. 

     Ces derniers jours, les groupes taurins et anti- ta se sont à nouveau affrontés après que la maire de Gijón, Ana González, a ratifié sa décision, jeudi 19 août 2024, de ne pas prolonger la concession des arènes d'El Bibio, mettant ainsi fin à la Feria de Begoña. La maire socialiste a assuré aux médias que la plaza serait utilisée pour des spectacles musicaux. 

     Ce n'est pas une interdiction, je n'interdis rien. Ce que je dis, c'est que nous allons utiliser la plaza pour d'autres choses, a-t'elle précisé. Cette décision fait suite à l'utilisation controversée des noms "féministe" et "nigérian" pour deux taureaux lors de la dernière corrida de la Feria de Begoña, ce qui a été dénoncé par diverses plateformes et militants sur les réseaux sociaux. 

Lieux où les corridas n'ont pas lieu

     L'Espagne est un pays avec une forte tradition taurine. Cependant, ces dernières années, les mouvements de défense des droits des animaux ont gagné en force et ont réussi à faire cesser les corridas dans certaines régions d'Espagne, même si elles ne peuvent pas êtres interdites. Ainsi, la seule communauté autonome espagnole dans laquelle, de par la loi, les corridas ne sont pas célébrées actuellement sont les îles Canaries. Dans l'archipel, il existe une loi, datant de 1991, qui stipule qu'il est interdit d'utiliser des animaux dans des combats, des fêtes, des spectacles et d'autres activités impliquant des abus, de la cruauté ou de la souffrance. La loi a été approuvée rapidement et avec peu d'opposition, car les îles Canaries n'ont jamais eu un grand intérêt pour la tauromachie.

     Le 28 juillet 2010, le Parlement de Catalogne a approuvé l'abolition de la tauromachie sur la base d'une initiative législative populaire promue par le Prou ! Plate-forme. Cependant, en octobre 2016, la Cour constitutionnelle a annulé cette interdiction, considérant que la tauromachie relève de la compétence de l'État car elle a été déclarée patrimoine culturel immatériel. L'administration catalane n'a donc aucune autorité sur elle.

     Il convient de noter que, lorsque l'interdiction est arrivée, la seule plaza active en Catalogne était la Monumental, propriété de la famille Balaña. Á ce jour, cette plaza reste inactive. Pedro Balaña Mumbrú, petit-fils du fondateur du groupe, a célébré le retour de la tauromachie à Majorque en 2019. Á Barcelone, il semble réticent à le faire, et bien que les raisons n'aient pas été précisées, la vérité est que la mairie pourrait imposer divers obstacles administratifs qui causent plus de problèmes que d'avantages aux propriétaires des arènes.

     En Galice, le mouvement anti-corrida a pris une ampleur significative ces dernières années. Á ce jour, la Feria taurine de Pontevedra est la seule encore célébrée dans la région, même si elle n'a pas eu lieu depuis deux ans en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de coronavirus.

     En 2015, le conseil municipal de Palma de Majorque a confirmé son engagement auprès du gouvernement des îles Baléares pour empêcher les évènements qui glorifient la maltraitance animale, comme corridas. Ainsi le gouvernement municipal a approuvé une motion visant à déclarer Palma de Majorque ville anti-corrida, bien qu'elle ne puisse pas interdire les corridas car la licence est régionale.

     En 2017, le gouvernement des Baléares, composé des partis Pacte, PSOE, Podemos et Més, a présenté au Parlement une loi visant à limiter la tauromachie dans l'archipel. Ainsi, des corridas pouvaient être organisées, mais sans banderilles ni quoi que ce soit qui puisse blesser ou tuer l'animal. Divers obstacles juridiques et économiques ont également été inclus, visant à réduire le nombre d'évènements taurins dans la communauté. Cependant, en décembre 2018, la Cour constitutionnelle a rendu un arrêt annulant des articles clés de la loi.

     D'autre part, la plateforme anti-corrida CAS international énumère les quelques 125 municipalités espagnoles qui se sont déclarées anti-corrida et où, bien que les corridas ne soient pas interdites, elles ont cessé d'être célébrées. 

La tauromachie, un site d'intérêt culturel

     D'autre part, il existe des communautés qui ont pris des mesures pour protéger la tauromachie même lorsqu'il existe des municipalités en leur sein qui se sont déclarées ouvertement anti-corrida et où les corridas ne sont pas célébrées.

     Début 2011, Murcie a été la première communauté autonome à déclarer la fête taurine Bien d'Intérêt Culturel Immatériel, devant Madrid, qui avait initié le processus plus tôt. La capitale a suivi le mouvement quelques mois plus tard lorsque la Commission permanente du Conseil régional du patrimoine historique de la Communauté de Madrid a approuvé à l'unanimité la proposition technique de déclaration de la fête taurine de la Communauté de Madrid comme bien d'intérêt culturel, dans la catégorie d'évènement culturel.

     En 2011 également, le gouvernement régional de Castille-La Manche a fait la même chose. La Castille-et-León a pris un peu plus de temps. Ce n'est donc que le 7 avril 2014 que la tauromachie a été déclarée bien culturel immatériel dans cette communauté autonome."

(article paru dans ABC du 24/08/21, signé Irene Martel, article écrit il y a bientôt 4 ans, des modifications ont pu intervenir)

    Le spectacle a ses jours comptés. Les défenseurs du Toro de la Vega croyaient que cette "monstruosité sanguinaire" durerait éternellement.... et bien non, il faut s'attendre aux changements sociaux et s'y adapter !

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Les cartels montois

Publié le par Cositas de toros

       ( De l"'ombre" à la lumière : la figure emblématique des arènes de Mont-de-Marsan et du Sud-Ouest croquée par le dacquois Jérôme Pradet, il s'agit d'Alain Diris plus connu sous le nom de Mimi et ses belles mules du Poitou, Chanel et Bella. Le train d'arrastre d'Hagetmau est infaillible depuis des décennies !

     Nous consacrerons un article qui dort depuis quelque cinq ans dans les dossiers... )

           Après des semaines d'hibernation, les premiers cartels bourgeonnent ou fleurissent dans le Sud-Ouest taurin. La commission taurine montoise a dévoilé ceux de la Feria de la Madeleine. 

     L'affiche est alléchante : cinq corridas, deux novilladas dont la non piquée. Programme habituel au Plumaçon du 16 au 20 juillet.

     Deux fers "toristes" avec Victorino Martin et les Escolar Gil. Mais la balance semble pencher pour les figuras et les fers "toreristes" avec Santiago Domecq, Fuente Ymbro et El Parralejo : le sang Domecq coulera sur le ruedo montois.

     Pour affronter les premiers nommés (Victorino) Morenito de Aranda, triomphateur incontesté de la dernière temporada dans le Sud-Ouest avec l'éternel El Cid en chef de lidia (le dernier paseo) et Jiménez Fortes. Morenito doublera en ouverture face aux Fuente Ymbro avec Daniel Luque et Borja Jiménez. Les hauts placés de l'escalafon, excepté Luque, se disputeront les Santiago Domecq et El Parralejo : Miguel Ángel Perera, Emilio de Justo, Juan Ortega et Roca Rey.

     Les deux français, Clemente (El Parralejo) et Tristan Barroso ( Santiago Domecq).

     La matinée du samedi sera consacrée à la novillada de Cuillé pour Aarón Palacio, El Mene et Martin Morilla.

     Pour être complet, la novillada non piquée avec les fers de l'Astarac et Alma Serena. Ils seront trois pour les combattre, seul désigné pour l'instant, Clovis Germain.

     Notons avec une certaine satisfaction, l'absence des Garcigrande et des Victoriano del Río... ils seront à Nîmes !

     Une Feria pour aficionados si les toros défendent hardiment leur devise. Malgré tout, ce n'est pas si mal sur le papier, mais c'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens !

                     Gilbert Lamarque

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TOROS

Publié le par Cositas de toros

 

 

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Saint-Martin-de-Crau : civilité et brutalité

Publié le par Cositas de toros

 

Le 5 avril. Les 30 ans de la Feria de la Crau chère à la Unica

          Paseo retardé de 10 minutes sous un pâle soleil printanier et douce brise. 4/5e d'arène, un record ! L'excédent de public ne sembla pas amener son lot d'aficionados confirmés tant les réactions furent surprenantes.

    Quatre toros toréables d'Escolar Gil, fer historique, les 1, 2, 4 et 5 , les deux autres détestables (3 et 6), le lot de Cristobal Reyes. Bien présentés, poids moyen : 528kg, dans le type, cárdenos, museau fin, bien armés, la corne droite "escobillée", les 2 et 5, le lot attribué à Maxime Solera. Seize piques octroyées passablement sous le peto de la cavalerie Bonijol, sans mettre les reins.

 

   Alberto Lamelas fut le bénéficiaire de cette tarde. Il s'engagea rapidement à la cape et à la muleta sur les deux rives. Séries de derechazos et pecho, le toro, 530kg, astifino colle aux chevilles. Une entière après pinchazo, un avis. L'Escolar va mourir en brave au centre. Vuelta. Son second, 510kg, reçoit trois mauvaises rations de piques et sur la même note, trois paires de palos. Alberto aborde une faena plus courte où les naturelles sont copieusement tutoyées. Une dernière série dans le terrain du toro. Entière de côté, mais s'est-il véritablement engagé ? Deux oreilles offertes par le président Albert Lescot.

     

Maxime Solera eut la chance de voir son adversaire bien embestir. Deux piques quelconques, la première prise avec violence. Quite de Cristobal Reyes. Maxime me sembla passer à côté de son toro. Le travail fut laborieux malgré une série de naturelles templadas. Entière concluante, oreille sous la pétition.

 

     Après la Coupo Santo, les mauvaises manières n'ont pas disparues et Maxime repart au charbon. C'est un avant-goût du 6e et dernier avec ce bouillant specimen de la devise blanca y roja, un cárdeno oscuro de 520kg qui prit trois piques, palmas au piquero. Le tercio de piques en deçà. Le torero ramena sans cesse l'animal sur les chevilles. Belle entière, deux avis, Arrastre applaudi. Vuelta.

 

     Ce n'était pas la san Cristobal, ce samedi. Le sorteo attribua à Cristobal  Reyes le pire lot auquel l'andalou de Jerez de la Frontera fit front comme il le put. Il fit arrêter la musique qui, ici ne s'imposait pas. L'Escolar de 540kg avait du genio. Il fut quelconque sous le caparazon (deux piques) et bien présent aux banderilles. Deux tentatives, deux avis, deux descabellos. Arrastre applaudi. Silence.

     Le 6e, 550kg au tamaño saisissant, flanqua la terreur dans le ruedo. A l'instant, j'imaginais un dessin de Dubout s'intitulant "panique à bord". Imaginez des peones sautant les barrières, les capes jonchant le sol, autant de banderilles abandonnées, une planche éclatée près d'un burladero. La brute au large berceau galopant sans cesse, coupant les terrains distribuant des coups de tête : frayeur, terreur. On lâcha trois banderilles sur le dos de l'animal.

     Cristobal Reyes revint aux affaires éloignant d'un geste les cuadrillas, prit l'épée et abrégea d'une épée assassine. Avis partagés, quelques sifflets. Silence.

 

Romuald Almodovar, prix du "meilleur" picador (M. Solera) 5e toro

     Nous aurons le loisir au fil de la temporada de voir les Escolar à Madrid, Pampelune et Mont-de-Marsan.

      Le jerezano aura rendez-vous avec les Cuadri et autres Saltillo ....

                                  Gilbert Lamarque

 

 

 

 

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