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billet d'humeur

Madeleine fait dans lard.

Publié le par Cositas de toros

      

Par Gilbert LAMARQUE

 

Commençons par l'affiche cru 2018, ambassadrice de notre feria.

       Botero. Torero, 2016 : rotondité, corpulence, embonpoint...

 

Je ne vous ferai pas l'affront comme nos édiles et responsables des hautes instances tauromachiques - samedi 7 avril, 11 h, arènes du Plumaçon - de vous préciser qui est Botero.

Personnellement, je trouve le sujet sympa, bien en phase avec la Madeleine.

Un toro ou un picador aurait été du plus mauvais effet !

Sachez tout de même, pour les distraits que Botero n'a pas créé cette œuvre spécialement pour la feria montoise.

Ensuite, il nous fut désagréable à nombre d'entre nous de voir s'égréner la fin de matinée au Plumaçon dans un tel contexte.

Entre les péroraisons de l'un (le seul, l'unique) et les platitudes des autres (la majorité), tout ce petit monde manifestement heureux de se retrouver, semblait ignorer parfois qu'il y avait un public sinon respectueux, au moins respectable. Affligeant.

Et tout ces babillements (c'est mignon), pour nous dévoiler des cartels à demi- périmés.                                                                                                               

     

Résumons : il y aura trois contrats dont seront privés de valeureux et méritants toreros. La faute aux deux mano a mano des 4 cavaliers de l'apocalypse, (des 4 sénateurs dans ce contexte, serait plus approprié), et la répétition de Juan Bautista.

Mano a mano au Moun, à Saint-Sever, celui de Villeneuve - celui du 1er mai à Aire, tout à fait compréhensif par le choix de trois élevages - d'autres mano a mano en préparation et (ou) oubliés par ma mémoire sélective, et enfin le solo de Dax. Ceci dans l'air vicié du temps présent.

Nos 4 sénateurs n'allant pas "se tirer la bourre". Ils se feront des politesses, des courbettes, en riant sous cape, bien entendu, profitant de la naïveté de certains et de la médiocrité de nos instances. Bien sûr, il y a les fans, honorables ; ça ne se discute pas sur cet angle. On adule X ou Y. Il y a des aficionados aux toreros comme il y a des aficionados a los toros

Pour ces derniers, les enfants perdus, ils se consoleront avec gourmandise admirant les lots de La Quinta avec Bautista, évidemment, et de Dolores Aguirre pour la tarde dominicale.

Pour ce dernier jour, Octavio Chacon (Ocatvio Chacon imprimé sur le flayer, on relit !) et Juan Leal (récompensé de sa brillante tarde de Bilbao, l'année passée, du moins je le présume), accompagneront le "choix des abonnés" dont je n'ai pas saisi le procédé de mise en œuvre. Enfumage ?

 

Sans oublier bien entendu, l'incontournable despedida de J.J.Padilla face à des toros agréés de Jandilla. La ganaderia à l'étoile à 6 branches a vu s'effectuer cet hiver, à sa tête, le passage de témoin du père, Borja Domecq Solis vers le fils, Borja Domecq Noguera.

Où sont les jeunes espoirs de la toreria d'aujourd'hui et de demain ? Sont-ils condamnés à demeurer sur le pas de la porte en attendant que les nantis franchissent le seuil de l'ehpad ?

C'est tout à fait en osmose avec le milieu ambiant.

La société française s'est durcie, l'égoïsme des riches flamboyants devient plus arrogant. On les célèbre dans les médias comme des rock stars au lieu d'évoquer ceux qu'on a laissés au bord du chemin et dont on a confisqué, ou même disqualifié la parole.

Vous ne trouvez pas une similitude ?

Toute cette pauvreté accompagnée de la novillada non piquée du jeudi matin ainsi que la novillada piquée en nocturne le samedi dont l'heure de programmation fait toujours polémique. Et ceci bâclé à la vitesse de la lumière.

De toutes les façons, ces deux spectacles "mineurs" ne sont plus en odeur de sainteté parmi les instances.

J'ai été le témoin oral de propos jetés par un responsable montois. Ces deux sous produits pouvant être mis au rebut des futures affiches. Pas rentables ! Mais qui parlent de rentabilité ? N'y aurait-il pas de profits, les aimables mano a mano ne vont ils laisser que des peaux de châtaignes ?

Dormez tranquilles, les caisses se rempliront en supposant un embonpoint relatif des recettes, impliquant par ce fait l'engraissement du prestataire.

Nous y voila, retour à l'affiche. Est-ce un signe subliminal ?

 

Et une arène de Première ne doit elle pas promouvoir ces manifestations ?

Il est vrai que vous ne voyez jamais ces personnes à Plaisance, Castelnau ou en matinée des NSP de Roquefort et autres villages aficionados. C'est tellement plus valorisant de se retrouver à Bayonne, Dax, Nîmes (bien sûr), Bilbao, Madrid !...

Voilà, Mont-de-Marsan-sur-Misère est bien l'antichambre de Nîmes (voir les cartels de Pentecôte) et ces Messieurs-Dames vont se faire les ambassadeurs de la Madeleine à Madrid, à Paris. Les conquérants des capitales !

Je terminerai afin de rester fortement grincheux et atrabilaire par l'incivilité d'une majorité du public qui se dirigea avant la fin des présentations vers l'abreuvoir en passant vers le patio, jetant un œil (j'ose l'espérer) vers l'azulejo dédié à Ivan Fandiño, offert par les peñas montoises.

Certes, la présentation était fort longue, mais nous étions avertis, les horaires avaient été inscrits dans les médias.

La faute aussi à tous ces bavardages sans réel intérêt, qui bien souvent se sont dilués sur le sable et les tendidos désertés. La faute à tous ces égos qui souhaitaient briller le temps d'un flash, celui d'une photo.

Alors, pour ceux qui avaient glissé vers les extérieurs, mais surtout pour les absents, sachez que l'on présenta les futurs spectacles de l'Agglo, le bolsin de Bougue, la novillada concours de Saint-Perdon et ses 6 élevages, tout cela conclue avec la corrida des victorinos, le 22 septembre et la présence au cartel de Juan Leal en attendant que les noms des deux autres maestros soient dévoilés ultérieurement.

Je rassure quelques inquiets, les auges de la Tumade ont bien été vidées !

... Une remontrance pour les futures présentations. C'est bien de vouloir innover mais c'est bien aussi d'y réfléchir véritablement.

Heureux les satisfaits, l'aficionado séduit et comblé !

Navrant vous ai-je dit, mais que ceci ne devienne pas désespérant.

 

                                                              Gilbert LAMARQUE

 

Ce billet d'humeur a volontairement été publié le vendredi 13 à 13h13 ...

... probablement pour combattre le

   Pensez également à vous munir d'un

          Non, ce n'est pas un boomerang, car il pourrait se retourner contre vous !      

                      

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LA SPA DESCEND DANS L’ARENE

Publié le par Cositas de toros

Par Gilbert LAMARQUE

   

 

 

    Souffrance animale : comme je l’avais annoncé dans le blog du 20 novembre 2017 dans l’article « Gravoria manent », la SPA lance une vaste offensive judiciaire contre les pratiques générant de la souffrance animale.

C’est la corrida qui figure en tête « d’une longue liste de pratiques à bannir en France ».

Pour mettre un point final à ce spectacle « dégradant », l’association a choisi de porter plainte contre X, en novembre 2017, auprès du Procureur de Paris. 

La loi de 2015 ouvre de nouvelles perspectives.

En effet, depuis 2015, l’animal est reconnu comme un être vivant doué de sensibilité. Cette nouvelle définition déverrouille  le débat judiciaire :  « Etre considérés comme des êtres sensibles leur confère une protection générale contre la souffrance gratuite et de pur divertissement, ce qui est justement le cas de la corrida et de la chasse à courre. Cela ouvre la possibilité de porter, à la fois sur la place publique et sur le terrain judiciaire, un certain nombre de questions qui, auparavant, étaient en quelque sorte « verrouillées » sur le plan judiciaire, en dehors de cas prouvés de sévices graves et actes de cruauté réprimés par le code pénal », poursuit Eric Gaftarnik, Secrétaire général de la SPA.

Aujourd’hui, l’association vise les toreros, les sociétés organisatrices et les municipalités. En fait, tous les acteurs qui font la promotion de la corrida.

Autre commentaire : «  Tous les indicateurs le prouvent, de plus en plus de sociétés organisatrices sont au bord de la faillite. Pourtant, on continue de tuer l’animal dans un motif de pur divertissement. C’est ça qui choque et révulse le public. On ne peut plus autoriser en 2018 que des gens puissent torturer et tuer des animaux uniquement pour leur plaisir. L’argument de la tradition n’est pas recevable ».

« Il appartient à la jurisprudence, et donc aux tribunaux, de trouver une place à l’animal et de lui conférer des droits qui répondent à cette situation nouvelle », commente Eric Gaftarnik.

Pour conclure, le dernier mot à Natacha Harry, Présidente bénévole de la SPA : « La jurisprudence est faite pour évoluer, au même titre que la société évolue. C’est un constat : les Français deviennent plus sensibles à la souffrance animale.

Mais l’animal est encore trop souvent utilisé comme un moyen, un outil de divertissement, au détriment de sa santé et de sa sensibilité ».

Ceci n’est pas faux : les taureaux dans l’arène, les animaux sauvages dans les cirques, la chasse à courre …

Si les décisions des tribunaux sont favorables aux demandes de la SPA, elles obligeront le législateur à modifier la loi et à donner à l’animal un véritable statut protecteur.

La mise en avant de la dimension culturelle, de l’économie engendrée et du patrimoine historique fera-t’elle le poids ?

Espérons-le.

                                                                                               Gilbert LAMARQUE

 

 

 

 

 

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BLIZZARD, VOUS AVEZ DIT BLIZZARD ?

Publié le par Cositas de toros

 Par Gilbert LAMARQUE

 

               Richard Milian devait être invité le vendredi 9 février  au collège Pierre-Blanquie de Villeneuve de Marsan pour donner une conférence aux élèves de troisième dans le cadre d’un prochain voyage d’étude en Espagne, à Valence. (Voir le quotidien « Sud-Ouest » du mercredi 7 février).

Il devait intervenir pour leur exposer, sous l’angle économique, ce que représente l’élevage de toros bravos et comment fonctionne une école taurine comme la sienne, « Adour Aficion ».

Mais le blizzard des anti-corridas dont une enquêtrice de la Fondation Bardot et ancienne du CRAC (certainement inconsolable de la disparition de son gourou), a soufflé sur les réseaux sociaux et dénoncé cette intervention programmée.

Le rectorat a lui aussi été contacté, et des parents d’élèves se sont « soulevés » comme le ferait l’espèce ovine.

Bref, après réflexion (laquelle?), la principale du collège a décidé d’annuler cette visite « pour assurer la sérénité et la quiétude dans la bergerie, pardon, l’établissement. »

Ceci certainement pour ménager la chèvre et le chou, mais beaucoup plus la chèvre !

Madame la principale, personne frileuse, aurait dû se pencher sur un courrier récent du Ministère de l’Education daté du 31 juillet 2017.

« De l’école au lycée, le parcours d’éducation artistique et culturelle a pour ambition de favoriser l’égal accès à tous à l’art à travers l’acquisition d’une culture artistique personnelle... Dans ce cadre, la culture taurine pourra être abordée. »

La lettre du Ministère précise qu’elle peut faire l’objet « d’enseignements, de projets spécifiques, d’actions éducatives, dans une complémentarité entre les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires. »

C’est l’UVTF (Union des Villes Taurines de France), par un communiqué qui a remis ce courrier en lumière.

Donc à l’avenir il sera interdit dans ce collège de traiter des œuvres de Picasso, Goya, des écrits d’Hemingway, Garcia Lorca, Neruda …

Et pourquoi ne pas interdire aussi la viande à la cantine !

Sachant qu’un certain Mathieu Guillon « El Monteño » est surveillant, ou si vous préférez, conseiller d’éducation dans cet établissement, souhaitons qu’un bûcher ne lui soit pas destiné par ces temps si froids !

La bulle « De Salute Gregis », traduite par : « Le Salut des Brebis » promulguée par le pape Pie V en 1567 interdisait formellement et pour toujours les courses de taureaux et décrétait la peine d’excommunication immédiate contre tout catholique qui les autorise et y participe.

En fait, les laïcs n’étaient pas concernés.

A Villeneuve de Marsan, les laïcs, brebis comprises, nous la jouent à la Pie V. Consternant.

 

                                                                                  Gilbert LAMARQUE

 

 

 

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NUMERO UNO

Publié le par Cositas de toros

Par Gilbert LAMARQUE   

 

                Classer les toreros, hisser un Numero Uno, c’est trop subjectif.

Je suis toujours plus partisan du toreo que d’un torero en particulier. Nous avons chacun notre sentiment sur la tauromachie et nous savons apprécier un torero sans qu’il ait le rang de figura.

Et après une faena éblouissante, chaque diestro est pour moi, le Numero Uno à cet instant : c’est sa gloire éphémère. Pourquoi vouloir hiérarchiser ?

Luis Miguel Dominguin s’étant proclamé à Madrid, Numero Uno, levant l’index après avoir coupé deux oreilles à un toro d’Antonio Perez, ne l’était pas plus qu’aujourd’hui Morante, José Tomas, Ponce, Castella ou Escribano, Rafaelillo, Juan Bautista, Perez Mota …

Et le résultat de l’escalafon en fin de temporada donne un classement sans beaucoup de rapport avec la réalité et encore moins avec les qualités avérées de chacun.

Nous sommes dans l’art tauromachique où nous apprécions selon nos sentiments, l’œuvre de l’artiste dans le ruedo qui fait surgir notre émotion, notre ressenti. Tout ceci est personnel. Il n’y a pas de suprématie. Un Numero Uno n’existera jamais à mes yeux ; tant pis pour cette manie de vouloir tout classer.

Un samedi 9 juillet à Teruel, le modeste torero Victor Barrio avait rendez-vous avec la fatalité, à 29 ans. Du vent, une muleta soulevée, une voltereta et soudain le drame

La corne de Lorenzo du fer de Los Maños, frappe au sol et tue. Avant lui, le petit  novillero péruvien Renato Mota et le matador mexicain El Pana fermaient les yeux à jamais.

A Pamplona, Javier Jimenez, un vendredi 8 juillet se relève d’une voltereta, trois vertèbres cervicales fracturées ( nous ne le saurons qu’après la course), il revient sur le sable pour tuer son adversaire, puis n’écoutant pas les médecins, le voici parti occire son second Cebada Gago. Pour la gloire ? Non, pour des queux de cerise, des nèfles. Le pundonor !

Et Ivan Fandiño dans une ultime chicuelina est projeté au sol, Provechito de Baltasar Iban l’a voulu ainsi en ce 17 juin. Cela fait déjà si longtemps !

 

Au mundillo durement touché, seul le silence s’invite.

 

Alors, le Numero Uno nous semble aujourd’hui plus que jamais bien futile.

 

                                                                         Gilbert LAMARQUE

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L’ART DE LA PIQUE (4)

Publié le par Cositas de toros

Par Patrick SOUX

 

 

CONCLUSION

 

 

Le tercio de pique, le premier tercio de la corrida est aux yeux des aficionados a los toros le tercio le plus important, l’essence même de la corrida.

Force est de constater que nous sommes de moins en moins nombreux à penser de la sorte et qu’un transfert s’est fait vers l’art de la gestuelle, vers la plastique, vers la faena de muleta qui aujourd’hui se doit d’être un long enchainement de derechazos, naturelles ou autres… reléguant au second plan tout ce qui est bravoure, force, agressivité et complexité du toro aussi bien que, se croiser, mettre la jambe, charger la suerte pour le torero.

Il n’en reste pas moins vrai que, si le tercio de varas était mené comme il se doit, il aurait toute sa place dans la corrida d’aujourd’hui. Les articles publiés précédemment vous l’on démontré très largement.

Nous nous devons de « remettre les choses en ordre ».

Dans le fascicule LA PIQUE, édité par l’association « Le Taurin », achevé d’imprimé sur les presses de l’imprimerie Copylux à ARLES-SUR-TECH  Août 1983, Henri CAPDEVILLE, alors Président de la Fédération des Sociétés Taurines de France écrivait dans un « pavé » intitulé, « Au 'Taurin' et à ses animateurs » :

« Si, comme il arrive trop souvent, le torero laisse s’endormir son adversaire sous la stupide mono-pique dont la plupart du temps il ne se réveillera pas, qu’il n’ait pas alors le front de venir prendre à témoin le public de sa bonne volonté face à un animal qui ne répond plus.

Pour redonner sa grandeur au premier tercio il faut évidemment que le toro puisse supporter un minimum de piques. Quand un toro, dès sa sortie du chiquero manifeste une faiblesse naturelle, comme autrefois il manifestait une sauvagerie naturelle, nous n’y pouvons malheureusement rien ou peu de chose. Tout au plus pouvons-nous bouder le spectacle. Mais quand un taureau est anéanti par les manœuvres frauduleuses d’une cuadrilla à la solde d’un matador peu scrupuleux, nous devons alors manifester avec force notre mécontentement.

La corrida ne retrouvera son lustre d’antan que lorsque le premier tercio aura retrouvé sa grandeur. »

Nous voyons donc que le problème du premier tiers n’est pas vraiment un problème nouveau, cependant Mr CAPDEVILLE ouvre une porte sur une des solutions, « il faut que le toro puisse supporter un minimum de piques ». Première amélioration : remettre de la caste, de la bravoure et du trapio dans le ruedo…

Ces dernières années, des efforts ont pourtant été fait visant à l'amélioration de ce tercio et ce, à deux niveaux. D’une part par l’allègement du poids des chevaux et d’autre part, par les nouvelles technologies qui ont permis d’alléger énormément le poids du peto. Un débat s’est installé : pour ou contre le changement de la forme du peto, certains voulant même revenir à un peto minimaliste afin de redonner toute la mobilité à la cavalerie. Il ne faudrait pas, pour une question d’amélioration du spectacle, remettre la vie des chevaux en danger.

L’autre amélioration à amener est bien évidemment sur le déroulement du tercio. Des efforts sont à faire notamment sur le nombre de piétons en piste, la seule présence du maestro en charge de la lidia et de son peon de brega serait favorable, le picador citant de face en croisant le terrain serait plus approprié, placer la puya avant la rencontre et, dans le morillo devrait être la règle et enfin, ouvrir la sortie au toro au lieu de la lui fermer en carioca, laisserait toutes les chances au toro de ne pas s’épuiser sous la poussée. Tous ces points mis bout à bout permettraient de produire  un tercio de varas plus authentique et surtout permettrait de mieux juger l’animal sur sa bravoure. Il faudrait également des présidences capables de juger du bien fondé d’une remise en place ou pas du toro pour une autre rencontre et non pas laisser le choix au Maestro, mais là est un autre débat que celui de la technicité de la présidence qui est pourtant technique non ?

Dans le même ouvrage cité précédemment, dans l’article « De bon usage du rêve » Miguel DARRIEUMERLOU écrivait :

« Et pourtant, l’épisode des piques est trop souvent ce que l’on connait, une suerte effectuée en dépit du bon sens. Mais justement, le terme de suerte est-il toujours approprié ? Car la suerte de picar, aujourd’hui, ne couvre plus que l’unique façon de piquer un toro, avec ou sans carioca, dans le morillo ou ailleurs… »

Ce problème non plus n’est pas nouveau.

Depuis quelques temps un patron de cuadra de caballos se porte en nouveau sauveur de ce tercio tombé en dérision. Essayons de décortiquer un peu l’alternative qu’il nous propose. Des chevaux plus légers et mieux dressés. C’est bien. Sauf que, avec ce type de cavalerie, lorsque vous « tombez » sur des toros qui allient trapio, caste et bravoure (certes, je vous accorde que c’est de plus en plus rare), que ce toro déboule de la porte du toril dans un ruedo de 40 ou 45m de diamètre, le choc est tellement violent que dans la plus part des cas, vous mettez la vie du picador en danger. L’autre risque réside dans le fait que ces chevaux, tellement bien dressés, ne trouvent pas sur leur dos des picadors qui soient de vrais cavaliers et certains autres qui sont de bons cavaliers ne soient pas forcement de bons picadors.

En tout état de cause, ces chevaux légers et bien dressés font le spectacle lors du tercio mais en y regardant un peu mieux, quel est le spectateur qui pourra être sûr que c’est le toro qui pousse et non pas le cheval qui dérobe. Dans la plupart des cas, c’est malheureusement le cheval qui dérobe et qui en reculant nous invente la carioca inversée.

Le remède n’est-il pas pire que le mal ?

Pour en terminer, et encore dans le même fascicule, dans un article intitulé  « Utopie et tercio de piques » Jacques DALQUIER nous propose une alternative qui à mes yeux est très intéressante :

« Pour redonner signification à ce tercio et au picador son rôle inaliénable de torero, hasardons-nous une solution qui peut apparaître aussi efficace…qu’utopique : rendre au picador son indépendance totale vis-à-vis du matador ; il sera responsable de la qualité de son actuacion conformément à l’éthique et aux canons de l’art taurin ; précisons que la cessation tercio serait assurée, comme à présent, (en théorie du moins) par la présidence technique. L’indépendance du picador serait d’ordre matériel : désormais, engagé directement par l’empressa, le picador ne serait plus l’exécutant servile des basses œuvres mais une sorte de soliste jouant sa partition dans l’harmonie générale de la lidia. »

Y porque no !!!

Il revient à ma mémoire certaines discussions lors de voyages au campo…

Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’au moins pour ce qui est des novilladas piquées, la plupart des novilleros n’ayant pas de cuadrilla fixe, il serait intéressant que certains organisateurs sortent de leur petit confort  et prennent le temps et le risque d’opter pour  cette proposition.

Certaines arènes de deuxième catégorie le font en corrida, alors...

Y porque no ???

Patrick SOUX

 

PS: Un de nos abonné nous ayant fait parvenir des remarques et des mises au point très intéressantes au sujet des parutions de cette série d'articles sur l'art de la pique, nous vous proposerons leur lecture dans une publication complémentaire à paraître le lundi 29 janvier.

A lire avec toute l'attention qu'elles méritent.

 

 

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