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resenas

Samadet

Publié le par Cositas de toros

 

Reportage photos : Frédéric Martinez

 


Dimanche 24 octobre, matin 10h20.

            On innove à Samadet avec un défi jeunes. Cette compétition permettra au vainqueur d’intégrer le festival de l’après-midi. Le public est maigre, il sera plus nombreux à l’heure du repas pris dans le ruedo et pour le festival. Nous pourrions reprocher l’heure un peu matinale, 10h, une heure plus tard aurait été plus judicieux : c’est dimanche.

     À retenir, le bon novillo de Cuillé et la fraîcheur et le fin toreo de Rocío Romero. Cette jeune torero – pas de a, elle insiste – est arrivée de Cordoue où elle toréait le samedi, avalant les kilomètres… elle avait gardé tout son tonus à 19h au sortir du festival lors d’une brève rencontre.

 

     Le Pagès-Mailhan, "remate", un peu faiblot, bizco, il est querencioso. Quite de Kike et deux piques sans conviction. Rocío Romero, appliquée, le ramène au centre, la muleta douce, tout juste effleurée. Après les derechazos suivent des séries de naturelles supérieures.  La lidia bien menée est ternie par une mise à mort longue. Vuelta.

 

     Le Cuillé tape les planches dès la sortie. Il pousse à la première pique, sort seul et part de son propre chef et se réserve sous la seconde. Pour ma part, il y eut autant de bravoure que de violence. Quite de Carmona. Excellent sous la flanelle, il démontre noblesse et piquant. Un novillero plus expérimenté aurait brillé ; le bicho charge sans relâche donnant lui même le rythme de la faena. Kike de Francia – comme Anne de Bretagne ou Henri de Navarre – manque de potentiel, averti plusieurs fois, il subira une violente voltereta.

Gros câlin

     Bref, nous sommes quelque peu désabusés. Entière légèrement en arrière et plate mais après cette forte secousse… Oreille, et vuelta au Cuillé. On peut désapprouver.

 

     Le troisième d’El Campo est lourd et vif. Carlos Enrique Carmona le reçoit a porta gayola dos au toril. Ça passe. Deux piques, la première bien soutenue. À la cape, l’utrero se fige semblant réfléchir. Que dire à la muleta ? Impossible, ce bicho semble avoir déjà connu l’homme de plus près. Trop compliqué pour le jeune Carmona : pas de passes, plusieurs accrochages. Mise à mort longue, avis, demie contraire. Le Madrilène est invité à saluer au tiers.

     Le vote du public désigna haut la main, la jeune Rocio Romero : bon choix.

 


     Présidence, Francis Wolff.

 

Après-midi, 16h10.

            Les tentidos plus garnis qu’en matinée et c’est heureux. Francis Wolff "répète" un discours fédérateur. Mais est-ce bien utile devant une assemblée d’aficionados convaincus. Pourquoi sommes-nous là ? Ce sont les "autres" qu’il faudrait mobiliser !

 

 

     Festival qui se rapprochera plus de la piquette que du grand cru. La faute à quelques piètres bichos offerts. Doit-on envoyer du rebus sous le prétexte de la gratuité ? Plus de cailloux que de perles et peu dans l’esprit festival.

 

Le geste de la tarde

     Nous débutons par la lie : Julio Aparicio qui se pointa avec "son" toro amené depuis Colmenar Viejo, un José Vázquez. Il y a bien longtemps que ne circule plus le sang Santa Coloma dans cet élevage. Aujourd’hui, comme dans la majorité des ganaderias, coule du sang Domecq, ici par Zalduendo. Mauvaise pioche, ce couard d’Aparicio ne voulu pas le voir : il l’avait assez vu pour l'après-midi. Aucune confiance envers son supposé collaborateur, sans cesse en marche arrière, il ne retrouva jamais la première. Lamentable. Le toro était "décasté", le torero aussi. Deux coups d’étoffe, car pas de coups de torchon chez Mr Aparicio. Il laissa le travail à la cuadrilla. Aucune passe, quant à l’épée…

 

     Las Dos Hermanas échoit à Marc Serrano, la cheville ouvrière de cette journée caritative. Le bicho, castaño, armé, est bien présenté. Marc le reçoit bien dans la cape. Il n’est que peu piqué en une unique rencontre, certainement pas assez. La charge se raccourcit, le Nîmois se replace essayant plus de distance mais le toro le prend spectaculairement, voltereta et cornada à la cuisse gauche. Un peu de confusion et beaucoup d’émoi. "Julito" réapparaît laissant sa cuadrilla s’occuper des derniers instants du bicho, le tuant d’une épée de poltron.

 

     La course est interrompue quelques instants pour reprendre avec un Camino de Santiago bien fait, sortant avec puissance. Il va s’avérer faible et sera peu piqué. Il avait tendance à se mouvoir comme un marin par mer agitée : tangage ou roulis ? Octavio Chacón monte sur le pont et après avoir essuyé quelques grains, nous montre ce qu’est un lidiador. Muleta par le haut, deux fois averti, il va distiller une faena en bon technicien. Octave se régale, nous aussi. Le pupille de Jean-Louis Darré "humilie", répète. La mer s’est calmée. Le maestro lui glisse une entière en place, deux oreilles, un festival.

 

     Le Virgen María est plus léger, El Galo aussi. Bien piqué par deux fois avec un batacazo, le novillo est bien bandérillé par le torero avec papa à la brega (Michel Lagravère). Notre franco-mexicain "brinde" à Aparicio, bon… Le bicho s’est-il trop donné sous la pique et aux banderilles ? Il n’en a plus sous le capot et se couche au centre du ruedo après un début de faena par derechazos. Entière dans l’épaule comme souvent nous le constatons aux piques.

 


     
     Le Tardieu très faible est bien amené dans la cape de Rocío Romero. Ce toro est un goujat, plus attiré par les planches que par les charmes de la demoiselle ! Elle conduira la faena comme elle l’avait fait précédemment le matin mais avec moins de résultat, par contre avec toujours courage et justesse. Une entière trasera, deux oreilles, une pour la torero, l’autre pour la jeune femme. Olé !

 

     Le sixième, un Casanueva bien présenté sort avec de bonnes intentions. Il prendra une seule pique mais en poussant sous le peto. Une excellente troisième paire de palos de Tomas Ubeda, pas de salut pourtant sollicité par le public, Yon Lamothe ne l’invite pas. Il est coutumier du fait. Le bicho gagne le début de la rencontre, il est noble envoyant malgré tout quelques hachazos pequeños. Yon semble relever le défi. Non, le Tarusate se fait gentiment promener, multipliant les muletazos sans véritablement toréer. Pas de véritable lidia, pas le bon tempo, c’est le Casanueva qui donne le rythme. Le final est brouillon après un accrochage. Très vilaines épées ? Arrastre applaudi, le seul.

     Le réserve de Gallon sort de regalo sous les notes de Valencia. Tous vont participer. Le triste Aparicio secoue la poussière de sa cape et rejoint le burladero ayant exigé de "passer" avant Kevin Ribeiro (champion de France des sauteurs) qui réalisera un saut périlleux vrillé (m’a t’on dit). En fait, c’est El Galo, mal servi précédemment, qui reprend les trastos. Il salua aux banderilles ainsi qu’El Santo et Tomas Ubeda. La suite fut des plus ennuyeuses, le Gallon sans race. Une entière dans l’épaule (bis). Oreille.

     Peu à retenir des bichos présentés, le Casanueva s’est bien tenu… sur ses pattes aussi, intéressant tout comme le Camino de Santiago malgré sa faiblesse : deux ganaderos du Sud-Ouest, peut-être aussi plus scrupuleux et corrects également.
Nous avons préféré le Yon Lamothe de Roquefort.

     Président, Pierre Vidal.
     On regrettera la couverture des arènes !

                                                          Gilbert Lamarque

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Quand la musique ne suffit pas.

Publié le par Cositas de toros

    Aire-sur-l’Adour. 17 octobre, 16h.
     Novillada concours

 

Reportage photos : Frédéric Martinez.

            Sous un soleil caressant, l'après-midi se substitua en un concours de musique, plus exactement en un desafio de bandas avec Les Arsouillos (organisateur de la tarde), Les Biberons d’Hagetmau, Les Escapateros de Mugron et Les Armagnacs d’Eauze.

 


     En effet, desierto le prix au meilleur tiers de piques, desierto le prix au meilleur novillo, ceux présents n’en sont pas les seuls fautifs, les jeunes (et moins jeune) piétons, excepté Manuel Diosleguarde, ont été en-dessous de l’évènement. La faute, également, au choix des organisateurs : Carlos Olsina sans sitio, encore vert et Francisco Montero à la technique limitée, mais les deux ne manquant pas d’envie, n’étaient pas hommes à assurer une novillada concours.
     L’ensemble des novillos est bien présenté, ils furent discrets sous le peto, peu et souvent mal piqués, mal mis en suerte et certains dénonçant quelques faiblesses.

 

     "Calladito" de José Escolar (11/2017), (Santa Coloma / Albaserrada) est fort mal piqué et ne pousse pas. À la muleta, Carlos Olsina multiplie les erreurs et reçoit un pinchazo dans les bijoux de famille, départ pour l’infirmerie, F. Montero expédie (mal) l’Escolar.

 

     "Artaban" peut être fier, c’est un joli Hubert Yonnet (01/2018), (Pinto Barreiros). Mal mis en suerte par Francisco Montero, le bicho va vers la cavalerie à cinq reprises pour trois réelles rencontres. Il en suivra une faena en dessous de la qualité de l’animal avec quelques séries bien conduites mais ne pesant pas suffisamment. Montero, plus posé que lors de ses précédentes sorties, verra tout de même, sa muleta souvent tutoyée. Il tue d’une entière caída. Pétition d’oreille accordée, la majorité silencieuse ne peut que constater. Arrastre applaudi.

 

     "Chincharon" de Flor de Jara (11/2017) ( Santa Coloma / Buendia), à la corne droite douteuse, est joliment reçu dans la cape de Manuel Diosleguarde. À la suerte de varas, administrée par Alberto Sandoval, le novillo s’avère tardo, chargeant bien mais se collant au caparaçon. Le manso montre de meilleures dispositions sous la muleta du fin Manuel mais "Chincharon", querencioso, amènera la faena a menos. Le novillero a su garder les distances et abrégea par une demie en s’engageant mais la suite est laborieuse, avis. Salut au tiers.

     Avant l’arrastre du novillo, l’arène, debout, se recueillit lors du pasodoble "Iván Fandiño", à la mémoire du torero d’Orduña.

 

     Carlos Olsina toujours pas revenu de l’infirmerie, c’est Montero qui torée son second bicho, "Ibareño" de Turquay (05/2018) (Santa Coloma / Buendia), qui ne prendra qu’une "vraie" pique, la suivante pour la forme. "Ibareño" est faible. Salut de Daniel Sánchez pour deux bonnes paires de banderilles. Montero n’a rien pigé de ce novillo et torée "à l’envers", étouffant le Turquay, muleta peu sûre ; un Santa Coloma tout simplement dilapidé. Silence après deux coups de fer.

 

     "Trembleño" titulaire du fer de l’Astarac (04/2018) (Pedrajas), est un novillo sérieux par sa présentation. Faible mais handicapé après une glissade au centre du ruedo, il est ménagé sous la cavalerie.

     Noble, il veut mais ne peut pas, chargeant court sous la flanelle de Diosleguarde, regardant les planches avec insistance. Une belle épée engagée, en place, libère un pavillon.

 

     Carlos Olsina est réapparu en jeans pour se mesurer à "Año" d’Agustinez (01.2018) (Villagodio issu du croisement Veragua / Santa Coloma), le plus léger des six, peu piqué pour trois rencontres. Il se montre à son avantage à la muleta où le Biterrois, après quelques séries de la droite, se fait "manger" à gauche.

     Retour à dextre, Carlos use du pico et se révèle tendre devant un adversaire exigeant. Desplante mal venu, échec aux aciers, avis et un salut au tiers qui ne s’imposait pas. 

     Un tiers d’arène, les aficionados forcément déçus. 

……….

           

     Puisqu’il n’y eut aucun prix cette après-midi, voici ceux octroyés par l’Association des Critiques Taurins de France, section Sud-Ouest, les revisteros s’étant réunis en matinée à quelques pas des arènes Maurice-Lauche.
- Prix Tio Pepe au meilleur lot de toros : La Quinta (Dax, 14 août).
- Prix Monosabio au meilleur lot de novillos : Raso de Portillo (Vic, 10 juillet).
- Prix du meilleur lot d’erales : La Espera (Dax, 14 août – Bayonne, 5 septembre).
- Prix au meilleur torero : Daniel Luque.
- Prix au meilleur novillero : Yon Lamothe.
- Prix au meilleur novillero sans chevaux : Tristan Barosso.
                                               

                                                                     Gilbert Lamarque

 

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SEMAINE TAURINE ET CULTURELLE, LA BELLE TARDE

Publié le par Cositas de toros

 

Reportage photographique : Frédéric Martinez

Dimanche 10 octobre, 11h.

 

            Retour sur le plateau de Morlanne des successeurs des Coquilla de Francisco Sánchez Hernández "Paco Coquilla" avec quatre novillos des Herederos de Alfonso Sánchez Fabrès.

Rappelons-nous, l’ultime corrida de ce fer a eu lieu, ici, le 8 mai 2013. Thomas Dufau coupa les deux oreilles d’"Espagnol", le dernier toro combattu. Les héritiers ont gardé l’usage du fer pour leur seul bétail des origines de la ganaderia, du pur Coquilla (Santa Coloma). Juan Sánchez Fabrès Mirat en est le garant dans sa finca de Pedro Llen à Las Veguillas (Salamanque).

Lors de la XXXVe semaine en novembre 2019, nous avions vu, en matinée quatre novillos de Juan Sánchez Fabrès, de belle présentation, sous un ciel menaçant pour une fiesta campera à laquelle étaient conviés Andrès Palacios, Antonio Nazaré, Thomas Dufau et Miguel Ángel Pacheco.

Durant les tardes précédentes, le fer de Coquilla nous avait habitué à des prestations d’un niveau supérieur. Ce matin, le lot peu armé dans le type de l’encaste, pauvre de tête, noble, présentant peu de difficultés, manquait de force et de cette chispa qui rendent une après-midi intéressante. Devant ces bichos, J.F. Molina montra plus de métier, Álvaro Burdiel tel un débutant, brouillon, déçut.

 

 

     Le premier novillo, d’une grande noblesse frôlant la sosería, s’avère très faible. Il reçoit une unique pique dans l’épaule. Il "humilie" dans la muleta de José Fernando Molina qui lâche trois belles séries de derechazos stimulant l’orphéon.

     Les premiers muletazos sur la corne gauche ne sont guère convaincants mais Molina se reprend pour servir de bonnes séries liées et "templées". La faena, interminable, se conclue par une bousculade, le noble Coquilla terminant distrait. Un recibir raté, une demie al encuentro et x coups de verdugo, deux avis et silence.

     Son second bicho, "Escudero", est mieux armé, con trapío, il subit lui aussi une pique dans l’épaule et de plus, "carioquée". Début par derechazos à mi-hauteur, la charge est courte, les séries se décantent passe après passe sans liaison. C’est long, ennuyeux et le trasteo se termine avec un novillero tremendiste abandonnant ses gestes élégants.

La mort est tout aussi longue, un avis sonne et l’oreille tombe.

 

     Álvaro Burdiel attaque bien de cape "Condenado", cornicorto qui recevra deux piques dosées de l’excellent Alberto Sandoval. Aux banderilles, Mathieu Guillon "El Monteño" et Manolito de los Reyes saluent. "Brindis" au maigre public, environ 400 personnes. Le novillo est faible mais baisse la tête dans la muleta du sevillano. Les séries droitières se succèdent, plus électriques à senestre.

     Burdiel est superficiel, conduisant le bicho par des muletazos secs, cassant la fin de la charge sans jamais se croiser. La noblesse de "Condenado" méritait plus d’égards. Trois quart d’épée plate, pinchazo, une demie et descabello : un avis, silence. Le quatrième complétant la matinée est léger mais aussi le plus vif du quatuor. Il "remate", reçoit trois puyazos avec une certaine bravoure, s’élançant d’abord de son propre chef depuis les planches, mais cabeceando à trois reprises. Certainement le meilleur Coquilla, mal exploité par Burdiel, désordonné, jamais dans le sitio. La faena se termine, hélas, avec un novillo qui se désintéresse du sujet, lorgnant les planches, le novillero perdant la muleta dans un ultime assaut. Álvaro envoie ad patres le bicho d’une entière caídita. Salut au tiers.

 

     Cette novillada matinale a été organisée par le Collectif Pedro Llen, aidé par la Peña Jeune Aficion. Le brouillard s’était dissipé.

     Au pupitre, la banda Al Violin de Samadet qui eut peu l’opportunité de faire sonner les cuivres, elle sera comblée l’après-midi.

 

 

Dimanche 10 octobre, 17h.

 

                       "LOTERILLO" ET "TIBALIANO"

 

 

Deux ganaderos heureux et complices

 

            Tarde festive au Cap de Gascogne : les Bats sont venus, ils ont combattu et ils ont vaincu sur leurs terres. Les aficionados sont comblés, les ganaderos également mais aussi apaisés et réconfortés.

Lors de la conférence du mercredi précédent consacrée aux deux ganaderos, Philippe Bats (Alma Serena) et Guillaume Bats (Casanueva), le nombreux public put prendre conscience des difficultés éprouvées et de l’avenir incertain de ces deux élevages, peu ménagés aussi par la pandémie. Au soir de cette belle journée, Philippe Bats nous disait combien il était important de vivre un tel moment, ne serait-ce que pour passer plus sereinement les longs mois d’hiver où vous vous sentez si seuls. Comment ne pas avoir une pensée pour Pierre, le frère absent ?

Aujourd’hui, les deux éleveurs ont franchi un cap, ici, au Cap de Gascogne, le passage délicat en novillada piquée.

 

 

   Ajoutons à cette fête, les deux novilleros qui permirent de la porter plus haut avec une mention spéciale à Yon Lamothe qui, aidé par le sorteo, sera le triomphateur de la tarde, et cerise sur le gâteau, verra ses deux opposants "Loterillo" de Casanueva et "Tibaliano" d’Alma Serena, sortis respectivement 1er et 3e, honorés de la vuelta posthume. Manuel Perera sortira lui aussi a hombros, les deux ganaderos accompagnant les jeunes toreros.

Les quatre novillos, bien présentés, sans vices, ont permis de bons trasteos, les 1 et 3 supérieurs, bien sûr.

Clairvoyante présidence de Vincent Bourg "Zocato" ; un super pointilleux aurait gâché les réjouissances.

 

 

     Le premier, applaudi à la sortie, "Loterillo" (Casanueva) n° 48, melocotón, reçu par véroniques, est superbe avec une tête frisée que vous avez envie de caresser, bref…

 

 

     Il reçoit une première pique sans conviction mais s’affirme sous la seconde, mettant les reins, provoquant un batacazo. Mathieu Guillon salue aux palos. Yon Lamothe débute par derechazos, "Loterillo" est noble et auteur d’une belle charge. A gusto, le Landais délivrera un lot de naturelles de bonne facture, les deux protagonistes amenant la faena a mas.

     Yon termine toréant plus rapproché. L’estocade entière et en place couche le bicho qui en demandait encore. Yon Lamothe eut le bon goût de livrer un travail assez court, la tendance actuelle étant aux longueurs. Oreille et mouchoir bleu.

 

     Le Tarusate a le bonheur d’être opposé à "Tibaliano" n°56, burraco, listón d’Alma Serena qui prend deux piques, la seconde ovationnée pour une belle charge contenue par Alberto Sandoval.

     Le Madrilène Rafael González (ex torero) posent deux bonnes paires de banderilles. "Brindis" au public, un chouia plus nombreux, environ 700 personnes. "Tibaliano" déclinera sa classe, "humiliant" tout au long du combat.

     La faena est bien menée, les séries se multiplient et pèsent sur le bicho. Trop confiant, réduisant les distances, il subira une voltereta. Le tout se terminant en étouffant un peu la bête, le bon passant au moyen et l’ensemble longuet. L’épée est magnifique, deux oreilles et vuelta pour "Tibaliano".

     Manuel Perera a, pour premier adversaire, le premier d’Alma Serena, castaño, petit et coiffé court. Il prend deux piques en se défendant, suivies d’un quite par saltilleras de Yon Lamothe. Le tercio de banderilles est écourté (deux paires). "Brindis" à l’heureux public. Débutant bien par derechazos, Perera moins à l’aise, change de cap et nous sert le pire comme le meilleur. La faena est interminable, s’achevant en "padilladas", tremendisme. Une entière bien que trasera libère une oreille.

     Le quatrième "Aguafuerte" (Casanueva) est un costaud qui prend deux piques insuffisantes, la seconde étant plutôt une rencontre furtive. Juan Antonio Pinto, sobresaliente est invité au quite. Manuel Perera débutera un genou à terre, mauvais choix, mauvais goût. Il délivre des séries des deux mains plus autoritaires que bénéfiques. Le bicho est brave et exigeant mais il a besoin d’air. A mon avis, il est "gaspillé", Perera finissant, bousculé, une faena allant a menos. Entière légèrement desprendida, avis, oreille contestable. On se serait passés des dernières séries chiffonnées et inutiles.

 

     Yon Lamothe truste les prix, celui de la meilleure cuadrilla (Prix Villa Mirasol) et le prix au triomphateur (Peña Jeune Aficion).

 

 

     La date du 10 octobre fut un bon choix, douce journée qui permit aux aficionados de se restaurer sous les voûtes du Cloître des Jacobins, dans le style roman languedocien composé de pierres et de briques. Le repas, lui, dans le style gascon chalossais.

                                                         Gilbert Lamarque

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La feria de la Crau

Publié le par Cositas de toros

                        Des toros, comme d’habitude.
 
     Samedi 2 octobre, la corrida de competencia réunissait six toros d’élevage français différents.
Le 1 de Tardieu frères, origine Nuñez par Pereda, negro cinqueño, sortira manso con casta et difficile pour le torero.
Le 2 d’Alain Tardieu, origine Nuñez également, démontra une bravoure limitée mais une caste certaine. Une bonne noblesse permit au torero d’instrumenter une faena des deux côtés, même si un fond de faiblesse a un peu gâché la fin.
Le 3, des frères Gallon, origine Domecq par Sampredro, castaño oscuro, a accusé le coup après deux piques mal posées, épaule et dos, mais s’est refait la cerise à la muleta et s’est révélé "encasté" et noble. Ce sera le meilleur de l’encierro.
Le 4 de Pagès Mailhan, negro bragado issu de divers croisements, a désarçonné le piquero avant de mettre la tête dans la muleta mais sans transmission générant une faena un peu ennuyeuse. Il laissera une oreille.
Jalabert sortit le 5, negro meano d’origine de divers Domecq, qui avait peu de caste, peu de bravoure mais une grande noblesse qui a frôlé la sosería. La faena est restée fade.
Le 6, de Turquay, était le seul représentant de l’encaste Santa Coloma. Cardeno comme la plupart de ses congénères, il a décliné toutes les formes de genio et a terminé parfaitement intoréable.

 


     Noé Gómez del Pilar, tout auréolé de son triomphe vicois, n’était pas dans un grand jour, c’est le moins qu’on puisse dire. Il est resté fuera de cacho lors de ses deux faenas, avec peu de pouvoir et peu de recours. Il ne dominera pas le Tardieu qu’il tuera d’une entière caída au second envoi, salut. Le Pagès Mailhan l’a désarmé et bousculé. Final encimista et un tantinet vulgaire. Épée entière d’effet rapide. Avis et une oreille que peu de gens demandaient…
     Andy Younès a un point fort : l’art de se regarder. Il restera fuera de cacho devant l’Alain Tardieu. Entière caída al encuentro au troisième essai. Avis et silence. Bis repetita au 5. Désarmé, muleta touchée. Entière au second envoi et salut. A défaut de se recentrer sur le toreo, le garçon doit penser à sa reconversion.

 


     Jesús Enrique Colombo, originaire du Venezuela, est la bonne surprise de la tarde. Le Gallon lui permit d’instrumenter une faena homogène des deux côtés, complète et dominatrice. Entière au centre foudroyante et oreille. Le Turquay ne permettait pas grand-chose. Quelques passes tirées une à une jusqu’à l’immobilité du toro. Entière au troisième envoi. Quatre descabellos et silence.
     Bétail bien présenté. 12 piques la plupart du temps mal administrées. Beau temps. Demi-arène. Présidence d’Albert Lescot.
 
     Dimanche 3 octobre, 11h, Corrida des fers de Hubert Yonnet et des héritiers de Christophe Yonnet, de même origine Pinto Barreiros, menés conjointement à la Bélugue, Salin de Giraud par Francine et Charlotte Yonnet. Le lot est sorti d’une grande valeur, excellemment présenté. Tous les toros dans le type. Tous nobles, le 4 soso, mansos les 1 et 6 (fer de Christophe), "encastés" et de bonne charge. Vuelta posthume au 6 pour l’ensemble.  Il serait temps que les grandes arènes aillent prospecter du côté de la Bélugue tant ce lot a pu contenter les deux rives de l’afición, torista et torerista. Le vent fort a gêné les toreros.
     Octavio Chacón n’a pas montré grand-chose. Limité techniquement devant le 1 qui a infligé un batacazo au piquero, il n’en a pas trouvé les clés. Le toro a fini non dominé. Épée entière trasera al encuentro et vuelta de son propre chef. Le 4 soso permettait beaucoup mais Octavio est  resté fuera de cacho avant de s’effondrer à la mort. Épée entière au 8e envoi avec variations de pinchazos et metisacas en tout genre. 2 avis et silence. Au 6, second toro de Pacheco blessé, très piqué et très noble, minimum syndical sans intérêt. Demi-épée et 3 descabellos. Silence.

 


     Alberto Lamelas est un torero sincère et volontaire. Le 2 n’était pas un bonbon et fut très mal piqué. Alberto a eu du mal, surtout en fin de passe  et le vent s’est mis de la partie. Passes tirées une à une, des deux côtés, bousculade, désarmé, la faena n’a pas été de tout repos. Entière delantera, avis et oreille généreuse. Le 5 ira trois fois au cheval. Alberto a corrigé le tir et a instrumenté de bonnes séries dominatrices, surtout droitières. Entière caída. Oreille méritée…
     Miguel Ángel Pacheco avait plutôt bien commencé mais un coup de vent malheureux l’a découvert et il subit une voltereta avec une trajectoire de 15 cm dans le mollet à la clé.  Miguel a terminé la faena tant bien que mal avec un toro peu dominé. Entière tombée al encuentro. Mort longue et toro relevé par le puntillero. Silence et infirmerie.

 


     Corrida entretenue et intéressante de bout en bout, même si le vent a gâché la fête. La politique taurine de la Unica de promotion des élevages locaux est très valorisante. Qu’elle en soit remerciée. Présidence Albert Lescot. 1/3 d’arène.
 
                                                          Dominique Madera 

 

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Arles au riz

Publié le par Cositas de toros

           GOYESQUES…
 

12 toros… 5 toreros…12 oreilles… 3 vueltas posthumes…

 

           

      C’est dans des arènes déguisées en bonbonnière par le fait de Diego Ramos que l’afición arlésienne s’est retrouvée au complet samedi 12 septembre pour la première des deux corridas goyesques du cycle auxquelles il convient d’ajouter la corrida de rejón du dimanche matin dont chacun trouvera le compte-rendu dans son magazine préféré.
     

     Côté toros, c’est un peu étrange de programmer trois élevages différents et très dissemblables pour le mano a mano Talavante Roca Rey. 3 Garcigrande, 2 Adolfo Martin et un Nuñez Del Cuvillo. Celui-ci restera le meilleur des 6, un bon fond de bravoure et une noblesse sans mièvrerie mais la vuelta posthume ne s’imposait pas. Tout comme celle octroyée au 5e de Garcigrande dont on a récompensé une noblesse fortement teintée de soseria. Les Garcigrande donc ont fait honneur à leur réputation, commodes de comportement, servant les toreros mais ne permettant pas toujours à la faena de décoller. Les Adolfo ont déçus comme bien souvent, leur faiblesse ne permettant pas à leur caste de se révéler, hormis par une défense sur place.  Bonne présentation d’ensemble, dans le type et 12 piques. Le lot de Jandilla du lendemain fut de bonne qualité, belle présentation, le 2 était une estampe, robes variées dont le 5, tostado salpicado, noblesse générale sauf le 5 et bravoure inégale. Là aussi la vuelta posthume au 6e était hors de propos.
Dans l’ensemble et sur les deux jours, les toros ont permis aux toreros d’exercer leur métier dans de bonnes conditions en permettant un jeu entretenu.
   

     Côté toreros, Andrès Roca Rey est le vainqueur des deux jours. Il coupera 1 oreille à son premier de Garcigrande dont la faiblesse latente ne permettra pas de triomphe plus grand. Son second de d’Adolfo Martín était compliqué et les chutes à répétition ont donné une faena heurtée. Final encimista, estocade metisaca, avis et silence. Ce fut à son dernier, de Nuñez Del Cuvillo, qu’Andrès ravit le public avec son toreo complet, puissant et dominateur qui fit se dresser les poils des bras. Une estocade delantera foudroyante fit basculer la seconde oreille. Olé maestro.


     C’est le lendemain qu’on verra le second de la liste en la personne de Miguel Ángel Perera qui a "pégué" le  faenon de la tarde face à son premier Jandilla dont la qualité n’était d’ailleurs pas exceptionnelle. Temple, élégance, ceinture et poignet, final dans les cornes pour une alternance ambidextre. Le toro mourra debout après entière en place et offrira ses deux oreilles en roulant dans la poussière. Le 5e a fait mentir l’adage. Ce fut le plus mauvais du lot. Perera n’a pas trouvé la clé et la faena s’est enlisée. Demi-épée, avis, descabello et salut au tiers.
     

     Antonio Ferrera a fait de l’Antonio Ferrera, au grand plaisir du conclave. Le premier Jandilla avait beaucoup de gaz et Antonio s’est arrimé. "Cité" à contre-toril, le toro est venu de dix mètres, pique savamment dosée et piquero applaudi. Bis repetita. La faena débuta difficilement, muleta accrochée. Il fallut plusieurs séries pour consentir le toro. Deux pinchazos a recibir avant ¾ à la rencontre ont fait s’envoler toute velléité de triomphe. Antonio est allé chercher ses trophées au 4e. Trois paires de banderilles : au quart, poder a poder et quiebro a sesgo por dendro. Les tendidos debout. Doblones de rodillas en début de faena puis séries classiques des deux côtés. Antonio fera taire la cantatrice qui attaquait  La Mama . "Cite" à cinq mètres pour l’estocade, ratée, retour du toro, entière foudroyante et deux oreilles dans la musette pour le spectacle, la vaillance et l’entrega.
   

      Alejandro Talavante a été égal à lui-même : élégant, technique mais trop souvent fuera de cacho. Le 1, Garcigrande, fade et de peu de caste s’est laissé faire. Entière delantera après pinchazo et avis. Oreille. Le 3 d’Adolfo Martin était faible. Talavante s’est croisé davantage pour consentir le toro mais la faena est devenue laborieuse et ennuyeuse. ¾ d’épée en place, descabello et salut. Le 5 de Garcigrande avait du jus et Alejandro a sorti le grand jeu devant un grand noble mais très soso. Final tremendiste. Bernardinas habituelles. Épée entière contraire et deux oreilles. La vuelta posthume est hors de propos.

 


     Emilio de Justo est un torero consciencieux, vaillant, avec beaucoup de recours technique et dominateur. C’est certainement un peu difficile de passer après Ferrera et Perera. Il n’a pas démérité devant deux toros nobles et qui ne manquaient pas de caste. Il a dominé le 3 mais la faena est allé a menos. Quasi entière en place et oreille. Le 6 était du même tonneau et Emilio a réduit les distances, ce qui a permis une fin de faena entretenu. Bajonazo a recibir, avis et mort longue. Division d’opinions et oreille. Vuelta posthume donc non méritée.

 


      A l’évidence, l’afición arlésienne a été ravie par ce week end taurin, sa présence aux arènes le prouve, quasi lleno le samedi et demi-arène dimanche, ce qui correspond à une Feria du riz habituelle. Le temps était estival et la musique omniprésente grâce à Chicuelo II, les chœurs de la région et une talentueuse cantatrice. Ce fut charmant mais n’oublions pas que c’est tout de même le toro qui est au centre de la tauromachie.
 
                                             Dominique Madera  

PS. 10 jours de vacances (presque) sans toros... et la Feria d'Arles a pris quelques retards dans nos colonnes...
 

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