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Méjanes Festival "Un toro pour un rêve d'enfant"

Publié le par Cositas de toros

MÉJANES «  Un toro pour un rêve d’enfant ». 30 octobre

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               À un vol de flamand rose du Vaccarès si proche, l’été de type indien a prolongé son séjour pour assurer à cette journée, un franc succès. Méjanes l’orientale garantissait la réussite tant souhaitée de nos chers organisateurs.

       L’essentiel de cette journée caritative était assurée. Les aficionados répondirent présents : objection claire et nette à nos détracteurs.

 

 

     Le bolsín matinal vit défiler en piste, trois vaches de El Campo, la 1 et la 3 extrêmement faible offrirent de maigres options.

     Albin Filhol (AFAP) et AndoniVerdejo (Adour Aficion) débutèrent en douceur bien que cette illusion fougueuse de la vache avant la pique emporta, à la cape, Albin Filhol.

 

     Sur la deuxième, Clément Hargous (CFT) réalisa quelques séries des deux mains bien menées alors que l’élégant Hugo Casado (E.T. de Cataluña) nous montra sa plastique mais sans peser sur l’animal. Plus solide dans un premier temps, la vache rousse répondait vite mais afficha aussi son asthénie, bravita sous le cheval, elle permit quelques alternatives. Ce fut bien maigre.

     Lucas Torres (E.T. Béziers) ne savait où aller, allait-il vers les tablas ? Enfin conseillé par Tomas Cerqueira, il prit un peu de poids et d’assurance sur une vache  plus rugueuse, il termina sa promenade du ruedo rajouta quelques attitudes tremendistes du plus vilain effet. Fabien Castellani (E.T. Arles) manqua de fluidité. On en termina ici.

     Les urnes nous donnèrent l’élu de la matinée : Clément Hargous aura la satisfaction de toréer avec ses aînés en festival.

     Jean-Loup Aillet assura le tercio de varas avec la cavalerie de Philippe Heyral.

 

     Nous étions à la mi temps d’une belle journée où les délicates attentions ainsi que les petits détails comme un foulard, une carte de Stanislas Blohorn, un dessin , un texte en embellissaient ce dimanche (f)estival, ici en terres camarguaises au cœur du domaine si cher à Paul Ricard.

 

 

 

       Il y avait foule sur les gradins ouest des arènes. Les notes de l’Encantada, hymne à la Gascogne par excellence, paroles béarnaises donc occitanes furent suivies par la Coupo Santo autre hymne fameux de la Provence auquel se joignent les Catalans pour quelques paroles avant que l’air de Carmen ouvre le paseo. Excellente musique joué par six musicos imperturbables.

     Après la musique vint les paroles, le discours d’ouverture en un tour de mains du comédien Yannis Ezziadi, fervent défenseur de toutes les tauromachies fut conclu par une vibrante Marseillaise unificatrice ;

     Les liens furent renforcés !

 

    Bétail offert par les éleveurs du Sud-Est avec par ordre de sortie : Tardieu, Gallon, Cuillé, Blohorn, Margé et un eral d’El Campo pour :

     Cuauhtémoc Ayala, rejoneador mexicain qui, d’entrée, éclaboussa le public de son alegria et coupa la première oreille du Tardieu. Ambiance latino assurée !

     Le rare Uceda Leal, le madrilène José Ignacio reçut un beau Gallon armé manquant de transmission. Il le toréa avec son panache habituel, son élégance, son toreo soigné. Il coupa un pavillon après ¾ de lame et un descabello.

   

      Marc Serrano s’afficha avec la "bombe" Cuillé qui donna maintes fois de l’ouvrage au charpentier. Festival aux palos où le Nîmois les partagea avec Gomez del Pilar et le raseteur Belkacem Benhamou plus familier du crochet. D’une grande noblesse, le Cuillé colla à la flanelle, raccourcit sa charge sur les séries de la main gauche. Pinchazo al recibir puis entière caída.

Deux oreilles pour le torero organisateur qui invita la ganadera Dominique Cuillé à l’accompagner dans sa vuelta. Vuelta posthume au toro.

     Le castaño de Blohorn est reçu par un chapelet de véroniques de rodillas et la demie. Il met les reins sous le caparaçon et l’exalté Gomez del Pilar joue avec l’animal concluant une vibrante faena s’en allant a mas. Noe tue à son second essai . Deux oreilles et queue festivalière. Le toro se rajoute à la fête par une vuelta posthume.

     Le jeune Lalo de Maria reçoit par un carré savoureux de faroles de rodillas aux tablas. Le voisin des Saintes-Marie, appliqué, profite de la noblesse du bicho, nous offrant ses beaux gestes et son bon goût. Une entière légèrement de côté après pinchazo. Deux oreilles, c’est le tarif du jour.

     Clément Hargous, vaiqueur du bolsín hérite d’un eral de El Campo brouillon et faible. Peu collaborateur, la faena ira a menos. On s’offre les bâtonnets, on joue. Clément s’engage pour une demie après pinchazo. Une oreille pour être arrivé jusqu’ici.

     Au pays du raset, Marc Serrano offrit le réserve de Pagès-Mailhan et les trastos à joachim Cadenas autre as du raset qui, vêtu de blanc, légèrement souillé (il y avait course à Saint-Gilles), nous démontra les facilités d’un athlète practico ne manquant pas de recours. Aux palitroques, Belkacem Benhamou, le tourneur  Cedric Mirralès et Chico Leal. Final de festival, deux oreilles.

     Jean-Loup Aillet assura le tercio de varas toute la journée, cavalerie de Philippe Heyral.

     Des toreros motivés, inspirés. Pas une bédigue.

     Présidence technique Gilles Raoux.

 

     Les enfants malades des hôpitaux de Nîmes et d’Arles verront leur quotidien s’embellir, le "rêve"est enfin devenu réalité.

     Mission accomplie, Maestro.

                                                           Gilbert Lamarque                                               

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Bouillargues, la der des der

Publié le par Cositas de toros

         

Photos :Chantal Lafaye           

            Rendez-vous important ce jour à 16h30 pour l’afición du Sud-Est. En effet, qui dit Bouillargues dit le sérieux des organisateurs de peña la La Embestida pour la qualité des cartels au fil des ans. Déjà la dixième édition !

     Et dans ce cadre de la novillada concours se mesureront les pensionnaires de H. Yonnet, C. Yonnet (remplaçant celui du Scamandre), F. André, Tardieu, Malaga et Pagès-Mailhan. Devant cette brochette d’erales, combattront Miriam Cabas, vue au bolsin de Bougue, de l’école taurine El Campo de Gibraltar du maestro Ruiz Miguel, Miriam future vétérinaire à l’issue de ses études ; Nino Julian, le jeune nîmois, champion de France et d’Europe de qwan ki do (art martial sino-vietnamien) s’il vous plaît a abandonné les arts martiaux pour un autre art, n’en déplaise à nos détracteurs, la tauromachie ; et, Pedro Andrès qui côtoie N. Julian à l’école taurine de Salamanque, Nino effectuera son dernier paseo en non piquée.

     Dans le cadre et à l’issue de la novillada, seront remis les trophées Gard Cévennes Camargue de la coordination des clubs taurins pour la meilleure épée de la tarde. Finalement, le meilleur eral ayant combattu à Alès, Bellegarde et Bouillargues recevra son trophée post mortem.

 

     Après une minute de silence en souvenir des disparus de l’afición, le discours de la jeunesse aficionada de Bouillargues défendant ses traditions ainsi qu’à l’occasion des trente ans d’alternative de Juan Villanueva, un cadeau lui fut remis.

Juan Villanueva

     Miriam Cabas est telle que je l’ai vue à Bougue au printemps, déterminée, ne trouvant pas les bons recours, usant du pico et d’une distance convenue. C’était plus abouti avec son second, un Tardieu aux belles pointes.

     Bref, deux super costauds, dans la boîte à bijoux de la demoiselle, des novillos massifs, puissants et violents. La cape peu assurée, elle se fit désarmer. Un avis, une épée plate. Palmas, Miriam souriante, salut.

 

     Le tambour major, un Y. Yonnet, brocho, applaudi à son entrée, violent sous la cape et la muleta. Les patrons de la tarde étaient bien les cornus. Deux épées portées avec détermination où le hasard détermina les zones de tirs. Avis, vuelta et salut au centre, puis un avis, épée plate, palmas d’un public sachant percevoir les difficultés du jour.

     La der pour Nino Julian dans une faena amenée au galop d’un hyperactif, un F. André, né en avril 2020. L’eral en redemande et le Nîmois verra son travail aller a menos. Le becerro coopérait pourtant sur la corne gauche. Un beau tercio de banderilles au crédit du Nino. Le F. André, gueule fermée, plus léger, museau buvant le sable, semblait jouer avec le Nîmois. Fin de partie, pinchazo, épée basse, puntillero navrant. Vuelta, l’oreille s’échappant aux aciers.

   

 Son dernier eral, un Malaga "brindé" aux proches, le plus noble de la tarde en redemandait dans une faena accélérée. Une épée en arrière, une autre de côté, deux descabellos. Vuelta. Arrastre applaudi.

 

C.Yonnet

     Pedro Andrès,

l’inconnu de la tarde, frêle silhouette jouera deux actes, l’un à Pedro l’introverti , devant un C. Yonnet qui envoie des boulets, l’autre à Pedro l’extraverti face au Pagès-Mailhan. Avec lui, Pedro prend de l’assurance, délivre une belle série de naturelles, terminant par une paire de beaux derechazos. Il donne de la voix, muleta main basse, le public adhère. Entière légèrement de côté. Pétition, palco de glace ne sortant pas le mouchoir. La présidence jusqu’alors discrète perdit ses derniers amis. Palmas et vueltas (2) pour l’élève de Salamanque. Sifflets aux hommes en noir.

Pagès Mailhan

   

 

 

      Piste impeccable, areneros au féminin, public aficionado et nombreux.

     Six becerros bien présentés au moral comme à la morphologie ouvrent sans nul doute une onzième édition… à moins qu’un député (air connu)…

                                                                     Gilbert Lamarque

 

 

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DIX APPRENTIS, UNE PÉPITE

Publié le par Cositas de toros

 

          BOUGUE 26e BOLSIN

 

 

Reportage photos : Frédéric Martinez

 

Manuel Román Alvarez, le matin...

            

... et l'après-midi

 

            Ils étaient dix, ce dimanche 8 mai, à se mesurer afin de remporter le prestigieux Bolsin de Bougue, Bolsin qui vivait sa 26e édition. En 1995, un certain Sébastien Castella, tout frêle, y participa sans triompher. Plus tard, d’autres noms s’illustrèrent ; au hasard, Alejandro Talavante en 2003 ou Marco Leal en 2005.

     Cette opportunité, les Espagnols font des pieds et des mains pour y être présents. Six représentaient leur pays aux côtés des quatre Français.

     Le tentadero matinal débutant à 9h40, véritable marathon, a donc vu dix vaches de Camino de Santiago "tientées" par chacun des aspirants : l’apprenti sort de premier sur une vache et de second sur une autre.

     Les vaches de Jean-Louis Darré eurent des comportements différents, certaines peu ou mal piquées par Alain Bonijol, lequel, homme orchestre, fournit les chevaux du paseo, les jeunes chevaux de pique, eux aussi à l’apprentissage, et le train d’arrastre !

    Les cornues se comportèrent favorablement pour la moitié d’entre-elles environ, pour permettre aux jeunes de s’exprimer. Le sort comme de coutume en favorisa certains.

 

     Pedro Montaldo Corella (ET Guadalaraja) eut quelques difficultés avec la première, compliquée. Ce fut mieux avec la seconde.

 

     Fabien Castellani ne fut guère aidé par les deux vaches qui recherchaient plutôt la querencia des tablas.

 

     Bien sûr, Guillermo San José (Fondation El Juli) éprouva les mêmes difficultés avec la précédente. Par contre, il put négocier quelques séries "templées", montrant, avec quelques bagages, sa qualité de lidiador.

     Rafael Ponce de Leon (CFT Nîmes) multiplia les passes mais ses deux faenas restèrent heurtées.

 

     Miriam Cabas (ET Campo de Gibraltar) "apodérée" en France par Serge Almeras, montra beaucoup de volonté, s’appliquant lors de la mise en suerte. Face à la cinquième qui laissait des possibilités, sa faena ne décolla pas véritablement.

     Lenny Martin (ET Béziers), plus brouillon, fut plutôt discret.

     Iker Fernández Aliagas (ET Salamanque), plus froid, plus technique aussi fut malchanceux avec la mansa septième.

     Vache dont hérita Juanito (ET Adour Aficion)… me décevant avec la huitième où le jeune béarnais, emprunté, resta très en-dessous.

 

     Tristan Barroso (ET Badajoz), attendu par son fan club, toréa la huitième aux planches et se montra dominateur avec la suivante, une beccera au sacré caractère.

 

     Manuel Román Alvarez, un petit bout venu de l’ET de Cordoue, prit très vite l’ascendant. Il s’imposa sur le champ (et sur le sable) avec un naturel, une allure torera et templada. La faena de la dixième fut un régal, nous mettant l’eau à la bouche. Olé chiquito ! Il était plus de 13h…

     Sont qualifiés pour l’après-midi : G. San José, T. Barroso et M. Román Alvarez.

      17h. Cinq erales de Camino de Santiago, bien présentés, le lot armé en pointes, nobles, le premier montrant une certaine faiblesse.

 

 

     G. San José devant un eral de peu de charge qui multipliait les hachazos ne put imposer sa faena qui se délita bien vite.

     Le martyre vint aux aciers où le gamin écouta les trois avis… la bête mal "puntillée" depuis le burladero, un moment pénible qui peut donner du grain à moudre à nos "contradicteurs"… 

     T. Barroso accueille son Camino par un bon capote. Quite classieux du petit Manuel auquel répond Tristan.

     Le cornu est un peu retord, de charges courtes et la faena s’en ressent, saccadée mais toutefois bien menée. Entière contraire et en arrière… deux oreilles (!)

   

      M. Román Alvarez, d’un calme olympien, éclabousse le sable de sa classe. Et c’est parti avec de superbes véroniques.

     Avec la flanelle, les séries de muletazos s’enchaînent avec naturel, temple, élégance. Un travail riche, pas un mot, pas un cri, tout au poignet, superbe ! Il termine par des naturelles de face. Un pinchazo, une épée au 3/4 efficace. Deux mouchoirs apparaissent au palco, normal après les largesses au précédent.

     Tristan et Manuel face à face pour la grande finale avec un très bon bétail.

 

     Tristan livre une copie se montrant un peu distant, jouant avec le pico et force le trait. De bons derechazos s’enchaînent, le sitio pas véritablement trouvé, naturelles avant les bernadinas finales. Lame en place, entière positive. Deux oreilles, encore !

 

Le 5

     Le petit cordouan nous régale à la cape, véroniques et la demie, jambes ployées. Un bon Camino, le plus complet, un bon torero.

     Toujours pas un cri, calme, serein et la faena qui s’envole, templada, main basse, la graine de torero relâché, pas un geste de mauvais goût. Une demie basse au second envoi et les deux oreilles malgré ce, dans la logique de la présidence.

 

Non, Jean-Louis, tête haute !

     Les deux a hombros, Jean-Louis Darré saluera à l’issue de la tarde.

     Manuel Román Alvarez vainqueur de ce 26e Bolsin, à l’applaudimètre aussi lors de la remise des récompenses. Il truste tous les prix partageant seulement celui de l’ACOSO avec Tristan. Le troisième de l’étape recevra une muleta.

     Beau succès pour cette journée ensoleillée de printemps, journée aussi de printemps taurin avec ces jeunes pousses et cette révélation, cette découverte, cette pépite, Manuel Román Alvarez, 16 ans. Retenez son nom. Vous pourrez l’accompagner dans sa conquête du Sud-Ouest à Mont-de-Marsan, Dax, Bayonne et Plaisance-du-Gers… sachant que le second, Tristan, sera aussi à n’en pas douter, bien présent dans les plazas de notre région. Un beau duel à venir.

     Après Lagartijo, Guerrita, Machaquito, Manolete et El Cordobés, Manuel Román Alvarez, le futur sixième calife de Cordoue ?

                                                    Gilbert Lamarque

 

 

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MÉDIOCRE...

Publié le par Cositas de toros

 

                … autant s’embarquer sur le Titanic !

 

           1er mai, XXXIVe fête des Arsouillos, novillada.

 

Reportage photos : Laurent Bernède

 

            Hoyo, hoyo, braves gens, passez votre chemin ; au fond du trou la gitane !

 

Isaac Fonseca, une prière, en vain...

     Exceptionnellement, les absents ont eu raison. Nous attendions le TGV Hoyo de la Gitana, ce fut un tortillard !

     La locomotive, "Cabrero", le 4e, le plus lourd, prit trois piques, plus violent que brave ; les cinq wagons, "Distinguido", le 1er, d’armure courtoise, léger et faiblot ; "Guarimbero", le 2e, un clone du précédent ; "Parajito II", 3e, un peu plus remplumé ; le 5e, "Guarrero", le beau gosse, faible lui aussi et "Hospiciano", le wagon de queue, pas de force, pas de fond… rien.

 

"Guarrero", le beau gosse à son entrée...

   

... plus tard, renversant !

     

     Dur d’enflammer la tarde avec de telles allumettes !

Les trois garçons volontaires.

 

     José Rojo, lie de vin, torée le premier de la voix, tue mal.

Au quatrième, une série de derechazos puis de bonnes naturelles sur une corne gauche plus collaboratrice. Il termine mal mais a sorti le public de sa torpeur. Vuelta et arrastre applaudi, le seul.

 

     Manuel Diosleguarde, vert bouteille, est élégant, toréant finement mais ici, il fallait "rentrer dedans", avancer la jambe, provoquer la charge… Bref, il échoue aux aciers avec "Guarimbero".

     Avec son second, on retiendra quelques naturelles bien dessinées, une belle épée décisive, oreille.

 

     Isaac Fonseca, bleu lavande délavée, manquait de matériaux pour embraser les arènes. Que faire avec de tels pétards mouillés ? "Parajito II", les ailes brisées, s’affale dès les premiers muletazos après avoir effectué deux visites de courtoisie à "Daïda", le cheval de la cuadra Bonijol. Échec aux aciers.

     Avec le dernier, "Hospiciano", negro entrepelado bragado meano corrido axiblanco coletero – ça en jette sur le CV ! – , Isaac allume une mèche avec une série de cambiadas puis s’arrime provoquant des charges parcimonieuses, mais le cocktail est douceâtre, le public restant sur sa soif. Pétition après une entière muy delantera (pescuecera?). Oreille.

 

     « Où sont les femmes ? » chantait Patrick Juvet. Mais où étaient donc, la caste, la bravoure, la force ? Le cartel était des plus attractifs, immense déception. Le public avait boudé les arènes Maurice-Lauche, une demi-arène en comptant les bandas. Même le paso-doble "Iván Fandiño" joué après la mort du 3e novillo en hommage au torero d’Orduña, m’a semblé long.

     Pas de prix au meilleur tercio de varas, bien sûr, et merci aux bandas pour avoir répandu un peu d’alegría sur les tendidos. Les organisateurs pas récompensés de leur beau cartel.

 

     Le Mexicain, le bon élève de l’école taurine de Colmenar Viejo, faisait sa seconde apparition en France et dans le Sud-Ouest après Garlin. Cela aurait été un joli tremplin que cette novillada aturine de Hoyo de la Gitana pour la suite de sa temporada qui passera, toujours en ce joli mois de mai, par Valence, Séville et Madrid. Isaac y rencontrera un tout autre public pour de sérieuses confrontations avant le sacre au cœur de l’été dacquois. En ce jour du 11 août, il sera promu docteur en tauromachie des mains de José María Manzanares. Le bouillant petit aztèque, issu d’un milieu modeste, est à l’opposé de son indolent futur parrain, une plastique plus ingrate mais un toreo plus de proximité que celui saupoudré par le fils de . , consommateur d’une muleta démesurée.

 

     Le vainqueur du Bolsín de Bougue en 2017, Manuel Diosleguarde, a débuté en piquée en juin 2018 à Ledesma et cela semble une éternité, effet pandémie sans doute. À quand l’alternative pour le Salmantino débordant de classe ?

 

     José Rojo, fortement secoué par son second Sánchez Herrero, le 3 avril à Las Ventas, a débuté avec chevaux en septembre 2017. Excellent lidiador, lui aussi est aux portes de la consécration. Il sera à Vic pour défier les novillos de Raso de Portillo, ses compagnons du jour ayant décliné l’invitation.

                                                             Gilbert Lamarque

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ARLES FERIA PASCALE

Publié le par Cositas de toros


             ANDRÈS ROCA REY
 

Des toreros trop discrets
             

      Évacuons tout de suite la problématique Luque. D’abord, sans l’indulto dont nous reparlerons plus tard, il n’aurait jamais coupé la queue. La faena fut jolie, sans plus, et pas réellement dominatrice. Devant son premier, d’Alcurrucén, il resta profilé et coupa une oreille de pueblo après entière au second envoi. Son second, de Carmen Lorenzo était quasi invalide et Daniel écouta le silence…

 


     Andrès Roca Rey fut le grand vainqueur de cette Feria pascale tant sa classe a éclaboussé ces trois jours. Devant deux La Quinta médiocres et de peu de caste, il a inventé deux faenas d’une grande élégance sans rien lâcher du dominio indispensable car si le 3 était noble, le 6 s’avéra avisé. Deux estocades concluantes d’effet rapide et les quatre oreilles tombèrent sans discussion.
     Ses collègues ne connurent guère de bonne fortune surtout par la faute de toros indigents. On notera les deux oreilles bienveillantes du local Juan Leal, les progrès du nîmois El Rafi et le minimum syndical de Joselito Adame. Ferrera fut décevant. Quant à El Juli et José Mari Manzanares, rien à dire.
     Du côté des novilleros, nous étions venus pour Raquel Martín mais nous n’avons pas vu grand-chose. Desservie au sorteo, son premier de Gallon était manso et de peu de forces et Raquel tua mal. Le dernier, de Talavante ne valait pas tripette mais la Salmantina s’est arrimée, oreille.

 


     La surprise est venue de Tristan Espigue d’Arles à qui échut le meilleur toro de la matinée, des frères Gallon. Le garçon a démontré une belle palette technique, un bon dominio pour une faena des deux côtés et méritera d’être revu.
     Yon Lamothe coupe l’oreille de ses deux toros mais sans réellement convaincre. Il laisse l’impression d’un travail inabouti, restant souvent loin des cornes. Bon tueur.
     Dans la novillada non piquée, aucun garçon n’a passé la rampe. On continue à mélanger quantité et qualité. On a l’impression qu’ils ignorent tout de la science des terrains…
 
Des toros indignes d’une arène de première. 
     Empresa et ganaderos pourront toujours se refiler la patate chaude. Mais la qualité des toros a été absente de cette édition. D’abord, 8 toros sur 18 avaient 5 ans et plus.
     À l’évidence, on liquide encore les camadas du Covid. Trois fois deux toros pour le mano a mano, ça fait un peu beaucoup ; évidemment, le prix d’achat n’est pas le même. Mais c’est la qualité qui a vraiment laissé à désirer. 9 toros sur 18 vraiment faibles.

 


     "Aldeano", le toro gracié de Victoriano Del Rio, est un bon toro, brave en deux rencontres, de bonne caste mais sans plus, pas trop costaud puisqu’il chute deux fois. Daniel Luque l’entreprend sur le passage et comme le toro colle un peu, le torero se croise un petit peu et là, le toro fait preuve d’une noblesse confondante qui flirte avec la sosería ; comme il s’est refait la cerise et qu’on ne le contraint pas, il passe et repasse. C’est donc un bon toro pour le torero qui torée le public pour la suite que l’on sait. Toro ordinaire qui a bénéficié des sorties précédentes de toros sans caste, sans force, sans bravoure, ramassis de desecho de tienta malgré le prestige des noms comme Alcurrucén ou Carmen Lorenzo. J’ai ressenti une grande tristesse. Le président a tenté mais n’a pas réussi à éviter le mouchoir orange, poussé par un public dont certains éléments ont développé une forme d’hystérie avinée qui m’a saisi. Mon voisin du dessus était de ceux-là, enragé devant la résistance du président. Et dire que l’empresa y a mis son grain de sel. Lamentable.
     Cet indulto a fait oublier le reste de la course…
     Le lot de La Quinta fut décevant, faible, fade, manso. Deux vueltas injustifiées accordées aux deux toros inventés par Roca Rey.
     Les Jandilla sont sortis faibles et furent très peu piqués en deux rencontres. Leur noblesse molle a permis aux toreros de travailler mais sans plus. Peu de répondant et pas de transmission.
     À noter la sortie honorable des becerros de Tardieu, dont deux furent dotés de vueltas posthumes étranges pour du bétail non piqué.
     Trois Gallon en novillada piquée dont un bon et trois Talavante de peu de qualité.
 
     La première feria importante française est toujours instructive.
     D’abord, Emilio de Justo blessé à Madrid fut très regretté car à l’évidence, la relève n’était pas à Arles. Il ne faudra pas se précipiter pour la composition des cartels et attendre les résultats des grandes ferias espagnoles, notamment Madrid ; peut-être dénicherons-nous quelques perles. Andrès Roca Rey n’est pas prêt à être détrôné.
     Côté choix des toros, le nom des élevages ne suffira pas et les commissions taurines devront être attentives aux âges et aux conditions d’élevage. Il y a eu de la sécheresse et le bétail a maigri pendant l’hiver. Les bourrer de pienso trois semaines avant la course rend les toros lourds et mous. 
     Enfin les empresas doivent tenir compte de la désaffection du public. Le Covid est passé par là mais aussi le manque d’argent. A l’ignorer, la tauromachie est en péril.
Mais il est vrai que ce n’est pas d’hier
                                          Dominique Madera

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