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resenas

Week-end landais santacolomeño

Publié le par Cositas de toros

            Le week-end landais fut marqué par le sang Santa Coloma.

     La veille à Dax, les 6 adultes du fer de La Quinta, braves, donnèrent du jeu. Le 5e eut droit à une vuelta controversée sous la présidence « chaotique » d’une présidente.

     Le matin du 15 août, dans la "Monumental des Pins", sous une regrettable faible affluence, s’ébrouèrent 4 erales : 2 de Manu Turquay (1 et 2) et 2 de La Quinta (3 et 4), tous d’origine Santa Coloma, aux trastos, Victor Barroso et Marco Linares. Les Turquay déçurent receleurs de tant de faiblesse ; les La Quinta au rendez-vous de Roquefort, le 3e supérieur fut honoré de la vuelta al ruedo.

     L’après-midi, devant un nombreux public, et c’est heureux, défilèrent 6 novillos de La Quinta, le 3e, lui aussi eut droit à la vuelta.

     Résultat ganadero de La Quinta : une vuelta al ruedo à l’occasion de chaque course, 16 cornus "lidiés" lors de ce week-end landais du 15 août, 16 Santa Coloma : La Quinta, 2 Turquay.

     Pour ce jour de l’Assomption, les bichos n’ont pas été des "enfants de Marie" !

 

Photos Frédéric Martinez sauf mentions contraires (Laurent Bernède).

 

Roquefort 15 août. Novillada non piquée. 11h.

 

     Certains spectateurs furent surpris de voir Victor Barroso et non Tristan. Il faut bien lire les affiches ! Victor, lui, a été formé à l’école de tauromachie "La Gallosina" del Puerto de Santa María.

     Le premier Turquay sort en piste fin comme la pointe de ses cornes. Le tercio de banderilles est calamiteux. Le bicho montre quelques signes de faiblesse. Quelques séries de Victor Barroso données du centre, la dernière main basse et suivent les naturelles. Peu de transmission et de liaison, la faute au quadrupède. Entière, puntilla, le novillo se relève, descabello, palmas.

 

 

  Le second Turquay est plus enveloppé pour Marco Linares, mais plus faible que le précédent. Muleta à mi-hauteur, naturelles sans liaison, la charge se raccourcissant. Une demi-lame, descabello, applaudissements pour Victor.

 

     Le 3e, premier La Quinta est léger mais dans le type. De bonnes séries de la droite "templées". À gauche, plus heurté mais l’ensemble passe bien avec un novillo con casta, très noble.

     Barroso est relâché, confiant. Entière contraire, deux oreilles, vuelta avec le mayoral après celle méritée du bicho.

 

     Le dernier La Quinta n’a pas les qualités de son congénère mais il permet. Marco Linares très appliqué malgré tout dominé.

     Pinchazo, entière et une oreille. Ce jeune novillero a remporté le VIIe Alfarero de Plata de Villaseca de la Sagra en juillet dernier.

 

     Sortie a hombros de Victor Barroso.

 

 

Novillada piquée. 17h.

 

   

      Le lot brave, 15 piques, 2 batacazos contre les planches signés par le 5e, du bon jeu dans l’ensemble, vuelta al ruedo pour le 3e, "Revoltoso".

Mathieu Guillon "El Monteño". © Laurent Bernède

     Saluts des banderilleros Julien Merenciano et Mathieu Guillon "El Monteño", une habitude chez ce dernier.

     À l’issue du paseo, remise par l’ADAC de Céret, d’un azulejo, prix "Souvenir Jean-Louis Fourquet" à la meilleure novillada "lidiée" en France au cours de la temporada 2019… les La Quinta de Roquefort.

 

     Cristóbal Reyes avait déjà posé ses valises en terre andalouse en vue de son alternative du samedi 21 août à Sanlúcar de Barrameda. "Garabato" lui grignote déjà la percale avant d’être mal piqué à deux reprises. La faena démarre fort bien par des séries des deux mains puis le bicho raccourcit la charge et délivre quelques scuds. Gros échec à l’estoc, deux avis sonnent. Silence pour l’un, palmas pour l’autre.

     "Jinete", negro entrepelado, applaudi dès son entrée en piste, armé haut et fin va défier le Jerezano tout au cours de la lidia. "Brindis" à son mentor, le Roquefortois Christian Lamoulie. Le novillo prend deux rations sans pousser avant quelques passes de castigo. Rien n’y fera, "Jinete" gardera la tête haute et les séries des deux bords n’en viendront pas à bout. La conclusion sera une nouvelle fois un fiasco, l’épée caída au second essai. Silence.

 

     Avec Carlos Olsina, un large sourire est garanti tout au long de la tarde sans augmentation de tarif. "Buenvino", un peu léger est très mal piqué après un joli capote. La faena débuta au centre par des séries de derechazos, le tout bien conduit. Dès la prise de la main gauche, le tout ira a menos. Second coup d’épée caídita, la bête allant mourir à l’entrée du toril après un descabello. Un avis, silence et l’arrastre est applaudi.

Rompecapa

     Une belle ovation accueille "Rompecapa", negro, un magnifique prototype con hechuras y trapío. Il partira à quatre reprises sur le groupe équestre, auteur de deux chutes, le cheval poussé contre les planches. Plus spectaculaire que brave, il le soulèvera à la troisième rencontre en sortant seul et remis en suerte pour une ultime vara et non al regatón. Ce fut long et cette dernière affecta le bicho qui transmettait et après une belle et longue série de derechazos, la suite alla a menos avec des naturelles non liées, la muleta accrochée. Carlos porte une entière de côté, les pétitions s’élèvent pour l’oreille et la vuelta al ruedo. Bernard Sicet ne bronche pas, c’est mieux ainsi. Vuelta pour le piéton, le quadrupède ovationné et le président sifflé, ceci dans la tradition.

 

Revoltoso. © Laurent Bernède

     Yon Lamothe se révèle au cours d’une temporada famélique, vu à son avantage en tienta et le matin du 5 août au Plumaçon où lui avait été offert la lidia de deux des trois Bañuelos sobreros rescapés de la Madeleine en présence du ganadero. À Roquefort, le Landais a confirmé et le public a pu découvrir un garçon entreprenant, confiant, intelligent, poderoso.

     Le beau "Revoltoso", cárdeno et Alberto Sandoval nous ont conviés à un superbe tercio de varas. Le La Quinta partant par trois fois et de plus en plus loin, bien mis en suerte par Lamothe. Les piques administrées avec soin, en place et dosées, un pur bonheur. Belle ovation et le piquero salue. Les premières séries s’enchaînent patiemment en laissant la distance. Mais après quelques erreurs de placement, Yon est averti et dominé par la suite malgré de belles naturelles de face. Le novillo en avait encore sous les sabots. Entière caídita après un échec, l’oreille est coupée et novillero et piquero entame la vuelta après celle du bon "Revoltoso".

Jaquetón

     Le Landais aborde avec sérénité "Jaquetón" de noir vêtu et bien en "pointes". Après deux piques quelconques et un bon tercio de banderilles, il "brinde" à François Capdeville une faena bien construite, l’animal s’avérant noble, et réitère les bonnes actions de son premier combat.

     Séries templadas, respiration, terrain, le duo ne fait plus qu’un et le trasteo se termine sur une note plus encimista, le poignet sûr, l’ensemble maîtrisé.

© Laurent Bernède

     Un estoconazo en la cruz fait jaillir les deux mouchoirs, chavirer la « Monumental des Pins » et le vieux bois craque sous les vivas.

Yon et le mayoral sortent a hombros.

   

      Après 2019 et 2021, un autre succès à Roquefort pour La Quinta à l’occasion de la prochaine temporada et attester le « jamais deux sans trois » ?

 

                                                           Gilbert Lamarque

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Question d'objectivité

Publié le par Cositas de toros

 

Dax, novillada non piquée, samedi 14 août.11h.

 

 

              Rentrant au bercail après avoir musardé en Chalosse, pendant que les aficionados de la tarde se liquéfiaient sur les tendidos dacquois, je me suis mis à la reseña de la non piquée matinale, ma seule intrusion en terre "cul rouge", et jettant un œil sur les dernières news vomies par le net.

     sudouest.fr/landes/mont-de-marsan titrait : « Le bétail marque les esprits durant la novillada sans picador de samedi. », et la suite : « Marion (sic) Navas et Marco Linares remportent les prix de cette novillada sans picador. Mais, c’est la qualité du bétail, venu de deux élevages des Landes, qui est surtout à relever. »

Ah, j’ai dû rater quelques épisodes !

Résultats bruts : Mario Navas déclaré vainqueur empoche 500 € et 200 € (prix de l’ACOSO), Marco Linares, second, 250 €, a remporté le VIIe Alfarero de Plata de Villaseca de la Sagra en juillet dernier.

Pas de prix pour encourager les ganaderos locaux…

Deux erales sortant du lot, un bon et un très bon avec du piquant.

 

     J’ai un petit faible pour les novilladas non piquées et les jeunes qui s’y collent. Je privilégie l’animal, j’admire les jeunes pousses. Mes reseñas de ces spectacles dits "mineurs" sont aussi conséquentes que celles des corridas et novilladas piquées.

L’avenir de la corrida, s’il y en a encore un, est ici.

 

 

     À Dax en cette matinée, ce sont aussi les acteurs à deux pattes qui m’ont plu, et que vient faire ce titre incongru, voire mensonger dans ce quotidien régional ? Ce n’est pas le seul. Ceci me rappelle « À Dax et nulle part ailleurs ! » pour parodier le slogan de Bayonne !

     À l’issue de la course, les deux ganaderos saluèrent : solidarité ganadera, soit. À mon humble avis, les trois sociétaires d’Alma Serena, bien présentés, armures et robes dans le type de la maison, ne m’ont pas convaincus lors des trois lidias. Le premier n° 20, castaño claro bociblanco, sorti en 3e pour El Melli, n’est pas une eau de source. Le gamin exécute deux bonnes séries de la droite, la suite est à oublier, désarmé, faena longuette, des redondos par poignées… Le novillo plutôt désordonné dans la muleta était malgré tout supérieur au suivant du même fer, plutôt manso, ce n° 94, castaño claro, brochito, un peu violent, manquant de force malgré son moral, fléchissant des quatre sabots, auteur de demi-charges, par à-coups, hachazos à la sortie de la passe.

     Ismael Martin banderille, c’est à souligner, et superbement, c’est aussi à souligner, puis la suite est brouillonne ne donnant pas assez d’air à cette bête. On lui pardonnera. Une lame entière, deux descabellos et salut au tiers.

 

     Tristan Barroso hérita du plus lourd à Mont-de-Marsan, à Dax, itou. Ce n° 95, castaño claro, itou, est le mieux armé des six, belle présentation, le plus imposant donc, véritable novillo pour une piquée, jeune aussi, marqué à l’épaule du 9. Allez comprendre ! De jolis quites cape en mains entre Tristan et Eric Olivera. Un détail, la cape de l’élève de Badajoz est marquée à l’intérieur "José Tomás"… un peu fané, l’usure du temps. L’empreinte du maestro guidera t’elle le torerito jusqu’au zénith ? Pas de 3e paire de banderilles (?).

     Bicho exigeant, Tristan ne baisse pas suffisamment la main, très conseillé du callejón, il écoute et se replace aux quatre "coins" du rond. De belles naturelles. Entière, avis, puntilla, l’eral se relève, descabellos, mort longue, deuxième avis… oreille (!).

     Et ce n’est pas jeter la pierre au ganadero que d’écrire cela. Lui sait. Nous apprécions son bétail bien sorti maintes fois auparavant. Saluer, c’est un détail me direz-vous, des oreilles généreuses bien que l’on puisse rester équitables même à ce niveau de compétition, la musique qui joue encore après les multiples désarmés, encore des détails, tant que ce ne sont pas les détails qui tuent… et quelques subalternes qui devraient suivre les cours du soir… spécialité puntilla, bien que pour certains cela soit déjà trop tard !

     Pour ce desafio qui n’en est pas vraiment un, sont sortis trois exemplaires de La Espera, noirs les trois, bien fait, pas un pouce de gras, le noir amincie. Le premier n° 35 qui ouvre les débats est le plus svelte et le moins brillant de la terna. Il a tendance à serrer corne gauche, charge par à-coups, tête haute en fin de passe. La muleta est souvent accrochée, Eric Olivera est "mangé". Le bicho n’est pas mis à son avantage, convenons-en. Entière un peu contraire, descabellos (8), deux avis, silence pour Eric, palmas au novillo (!).

     Le second est le clou de la matinée, n° 56, mieux armé, veleto. Mario Navas le reçoit fort bien sous la capote. À la muleta, il l’amène au centre du ruedo par doblones. Le novillo charge buvant la flanelle. Le Salmantin nous offre trois superbes naturelles templadas puis d’autres séries des deux mains, confiant, relâché, main basse. Chacun est mis en valeur par l’autre. Quel aubaine, on assiste si souvent à de gros gâchis ! Manoletinas finales, un pinchazo, une entière de côté, puntillero désastreux. Une oreille et vuelta pour le bicho de La Espera, noblissime, débordant de caste.

     Le n° 19 sorti en 5e a du jus, exigeant et Marco Linares a des ressources mais au fil du trasteo, le novillo prend le dessus. C’est ce que l’on appelle aller a menos. Dommage, après les jolies naturelles, tirant le bras, Marco échoue devant la bête qui distribue quelques hachazos. Entière très contraire efficace. Oreille, opinions divisées.

 

     Tous les arrastres ont été applaudis. Averse d’avis. Du monde dans les gradins, le gentil public des matinées récréatives.

     Bravo à Jean-François Majesté (La Espera), notre constante sympathie à Philippe Bats (Alma Serena) en attendant les futures bonnes sorties auxquelles nous étions habitués, enfants gâtés que nous sommes !

 

PS. En parcourant quelques bribes éparses sur d’autres supports, je me dis que nos yeux ne voient pas les mêmes détails, que nous avons parfois des absences. Tant que ce n’est pas de la tromperie, niant la réalité, en souhaitant en retirer quelques piètres intérêts. Qui sait ? Et puis quand on sollicite une invitation, une accréditation, il est inconvenant de cracher dans la soupe.

Photos "mobiles", "Au petit bonheur, la chance" !

                                                              Gilbert Lamarque

 

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Entre Tarasque et Tartarin, le retour des Colombeau

Publié le par Cositas de toros

 

             Tant pis pour ceux qui sont partis vers Tarascon-sur-Ariège !

     Non, ce n’est pas la Tarascon occitane vers laquelle il fallait se diriger mais vers la Tarascon provençale. Confondre les rives de l’Ariège avec celles du Rhône puis chercher en vain les arènes, les autochtones en sont encore ahuris !

Les Tarasconnais eux, savent vous prendre pour des ravis – comme on dit au pays de Mistralpuisqu’ils vous font visiter la maison natale de Tartarin ! Plaisanterie, mais "La Maison" de Tartarin existe depuis… 1985 et ne se visite pas.

 

Ce samedi 7 août, il y a courses aux arènes Joseph-Durand.

Photos. Ch. Lafaye

                   Au campo, ganaderia Colombeau, le mardi 03 août.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Le matin à 11h, pour la VIe Feria de la Jouvènço, se déroule la novillada non piquée avec 4 erales de Colombeau pour le Biterrois Lenny Martin, le Nîmois Nino Julien, l’Arlésien Miguelín et l’"étranger" Jean-Baptiste Lucq, le Landais de Mugron.

L’après-midi à 17h30, la novillada avec picadors où seront combattus 6 novillos des frères Jalabert pour Adam Samira, Solal Calmet "Solalito" et Tristan Espigue "Tristan".

 

     Je ne vais vous conter que la matinée, les averses de l’après-midi ont eu raison de la novillada reportée au vendredi 20 août à 18h.

 

     Le 31 mars 2019, aux arènes du Sambuc (Arles), avait lieu la rencontre des écoles taurines françaises avec 5 novillos de Cyril Colombeau. Combattaient ce jour-là deux des protagonistes présents sur l’affiche : Lucas Brousse-Quentin (oreille) et J. B. Lucq (sa première oreille pour son premier novillo tué en public). Aujourd’hui sur l’affiche Lucas Brousse-Quentin s’est changé en Canten mais défile au paseo Nino Julien (?). Quant au Landais, il ne vient pas seul, amenant avec lui l’empreinte des points de suture ôtés la veille, souvenir douloureux de la Madeleine montoise.

 

 

     Aficionada de très longue date, ma voisine de gradin, m’avait avisée avant la course : « On a une présidence de "charlotade" ! » Hormis ce "détail" qui n’en fut pas un, car générant une grande injustice pour les jeunes acteurs et des incompréhensions sur la gestion de la novillada, la matinée s’est révélée intéressante.

 

     4 erales de Cyril Colombeau ont fait le chemin, le matin même, depuis Le Sambuc. Nés entre mars et juin 2019, leur physique et leur comportement n’avaient rien à envier à beaucoup de leurs collègues en novillada piquée. Le 17 fut le meilleur – voir plus bas la "récompense" –, le 5 plus faible avec un pointe de "bon" genio. Tous avec les caractéristiques de noblesse et caste que l’on connaît de cet élevage. Des bichos qui ne rechignent pas, qui "rematent" durement aux planches, qui suivent aux banderilles.

 

     Nino Julien (CFT) reçoit le negro n° 3. Bonne réception à la cape quoiqu’un peu accrochée. Beau quite de J.B. Lucq. Deux paires de palos administrées, il aurait certainement supporté la troisième – seul le dernier recevra les trois paires… allez savoir pourquoi ! Question que nous nous sommes souvent posée en regard des décisions du palco. Une farandole de séries main droite, certaines un peu décousues sur un eral prompt à se retourner.

     Vient enfin une série de naturelles de bonne facture, la suivante est brouillonne, le desplante mal venu mais l’envie est présente. Envoyé à terre sans mal, il est temps de conclure par une épée entière, en place, al encuentro provoqué autant par la bête que le garçon, l’animal plein de jus ne s’étant pas fait prier. Oreille, arrastre applaudi.

 

N°5, castaño bociblanco

     Jean-Baptiste Lucq (Adour Afición) très concentré, à peine remis d’une récente cornada, hérite du 5 cornicorto, le plus lourd, de charge courte, à "manier avec précaution". Bien au capote suivi d’un quite de L. Martin. Le bicho est amené au centre avec lenteur. Les séries de la dextre nécessitent des passes à mi-hauteur et concentration. Le bon goût est présent.

     Deux bonnes séries méritantes à senestre où le novillo semble plus abordable précédant une muleta basse en derechazos. Le Colombeau ne l’entend pas ainsi alors que J.B. se replace au près, il s’élève des deux antérieurs et envoie un puissant coup de tête… frayeur dans l’assemblée. Pour conclure, une série de la gauche autoritaire suivie d’un bel engagement se soldant par une demi-lame pasada, descabello. L’eral se relevant par deux fois après une puntilla foireuse prohibant l’oreille. Salut.

 

N°17, melocotón bociblanco, indulté

     Lenny Martin (ET Béziers) profite du 17 bien reçu à la cape.

     Quite de Miguelín. Séries de la droite bien maîtrisées. Une tentative à gauche à oublier, non réitérée, revenant à ce qu’il fait de mieux, main droite et faena prolongée inutilement dans la confusion.

     L’indulto est demandé par certains, Martin jette l’épée et simule la mise à mort.

Le simulacre et le palco arborant un mouchoir blanc à défaut du orange !

     Tout le monde est surpris, et la présidence (?!). On apprend par le speaker que l’éleveur a demandé la grâce du 17, chanceux, qui retournera avec ses congénères en Camargue. Pas de mouchoir orange... non prévu par le règlement en non piquée.

     L. Martin fait la vuelta au son d’un Vino griego à la sauce provençale… et personne ne sachant quels sont les trophées attribués ! On ne le saura qu’au terme de la course : deux oreilles symboliques.

 

N°9, oscuro bocidorado

     Miguelín (ET Arles) endosse son habit de lumières pour la première fois. Nino Julien fait le quite à ce n° 9, playero. Les séries sont brouillonnes et les bousculades nombreuses.

     Le staff est là pour taper aux planches pour distraire l’animal. L’Arlésien parvient à administrer une entière légèrement en arrière sur une charge du bicho et une attitude du garçon, bizarres, l’un partant en travers, l’autre sur les bords du Rhône. Six puntillas… une oreille… Je repense à ma voisine de tendido. Tant mieux pour l’un mais quelle injustice pour les autres !

 

     L'envie et l'engagement des jeunes toreros ont fait plaisir à voir confrontés au bétail  bien présenté et parfois exigeant de C. Colombeau.

Ces jeunes novilleros méritaient une présidence plus responsable et honnête et non pas cette "tartarinade" entre un dragon amphibie et le burlesque de Tartarin où le palco s'est complu, et la sortie des Colombeau doit rester un évènement d’intérêt.

                                                                    Chantal Lafaye

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Des jeunes pousses encore tendres

Publié le par Cositas de toros

 

RISCLE. Samedi 31 Juillet 2021. 18h.

 

            Malgré un ciel menaçant con azabaches, cette première corrida organisée avec courage et obstination par le Tendido Risclois a bien pu se dérouler. La pluie insistante depuis la matinée a obligé les prácticos nîmois à remiser les outils. Elle signa un pacte de non-agression pour lâcher quelques minutes avant la conclusion, un petit crachin mais de courte durée.

Le paseo débuta à 18h10, une longue file avait pris forme devant la taquilla et les bâches enlevées la piste retravaillée fut en bon état pour la suite.

Les tendidos se sont bien garnis, les Risclois avaient gagné leur pari et c’est par une température favorable aux ours polaires que se succédèrent les six toros de Jean-Louis Darré sous le fer de Camino de Santiago, six toros tous issus de la nouvelle rame Albarreal.

Les six pensionnaires de Bars formèrent un lot homogène, bien présentés, aux armures redoutables, veletas et astifinas dans l’ensemble, un peu faibles certains, tous allant au cheval, ne sortant jamais seul mais pour seulement 7 piques peu appuyées sauf exception, le 4e provocant un batacazo, seul le 2 n° 35 prit deux rations. Le 4e n° 92 plus "encasté", le 6e n° 90, le plus noble mais querencioso.

Nos tois jeunes toreros manquant d’expérience ont montré du sérieux et de l’envie pour Andy Younes et Tibo Garcia, El Adoureño un peu en dilettante, se ressentant peut-être de sa dernière cornada.

 

      Bonne réception à la cape du n° 78, applaudi à sa sortie qui pousse sur l’unique pique. Quite d’Andy par chicuelinas et brindis au public frigorifié. Les séries s’enchaînent mais la corne gauche est plus rugueuse. La faena se termine plus heurtée, la série de trop mais la demi-lame est efficace. Oreille.

 

Le quatrième n° 92

 

 

     Le 4e, applaudi, magnifiquement armé, l’auteur du batacazo permet au banderillero de saluer après un tercio risqué. Un seul représentant de la cuadra Bonijol, ce sont les picadors qui viennent à la rescousse. Brindis à la Paloise Marcelle Duvigneau. Il y a de l’alegría chez Andy Younes mais le toro baisse d’un ton, sur des passes aux charges plus courtes et le torero est accroché, suspendu aux cornes, secondes interminables : aucun mal… Le final faiblit et échec aux aciers, un avis, ne permettant qu’un salut aux tiers.

 

      Le 2e, n° 35, distrait est amené au cheval de Laurent Langlois par les peones où il prend deux piques, la première appuyée. El Adoureño, en habit de lumières plus sombre que le plafond, est très superficiel, jamais croisé, la faena est vaporeuse, rien, épée caídita, silence.

Le 5e part seul au cheval pour une pique trop longue. Le faiblard a du moral mais pas la force, sa noblesse est peu mise en valeur dans un travail court et vide de sens. ¾ en place au deuxième essai. Tentative de vuelta, vite conspué El Adoureño rejoint le callejón tout sourire, la bonne blague .

 

 

N° 46 sorti en 3e

   Belle réception par chicuelinas du n° 46, musculeux, au morrillo prononcé. Il prend une pique sans classe, collé au peto. Querencioso, il file après la passe, quelques coups de tête ne permettent aucune véritable série. Tibo Garcia mit la jambe sur quelques véroniques templées  mais jette l’éponge, désabusé. Un tiers de lame, descabello.

 

     Le dernier, le seul negro, n° 90, est un coureur qui "remate" quelque peu. La pluie s’invite à nouveau, la pique est bien portée. Brindis au public et suivent de belles séries malgré quelques hachazos ; c’est le meilleur moment de la tarde.

Ensuite, il faut aller le chercher après la passe, en querencia. Fin de la faena. Pinchazo, quasi entière, descabello, un avis. Tibo déçu ayant hérité du mauvais lot, salue aux tiers.

 

     Jean-Louis Darré aura pu observer quelques points positifs à utiliser pour la suite. Il y aura des éclaircies sur Bars.

 

     J’ai vu les deux alguaciles à la buvette pendant un tercio de piques ! Il est vrai que la chaleur était étouffante et toute cette poussière avalée !…

     Président Hervé Galtier, le président de l’Association Française des Aficionados Prácticos (AFAP), prácticos qui ne purent s’exprimer en matinée. Sale pluie !

     Le thon-pipérade dans la tradition, animation musicale Al Violin de Samadet.

 

                                                            Gilbert Lamarque

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Rigueur et mansuétude (1) - Taxi ! au Plumaçon... (2).

Publié le par Cositas de toros

                    RIGUEUR ET MANSUÉTUDE

MADELEINE

 

 

Photos Frédéric Martinez

 

Dimanche 25 juillet 2021. 11h. Novillada non piquée.

     Le – jeune – palco présidentiel et sa toute puissance.

            Encore une fois cela s’avère exact, encore un petit despote – pas très éclairé – à la présidence technique. Une oreille refusée après forte pétition du conclave, une autre octroyée sans pression selon les bons vouloirs du cravaté. Ce n’est certainement pas le plus important, Jean-Baptiste Lucq possède une tête bien faite et avec sa maturité sait faire la part des choses. Sait-il, cet avorton de président, que le novillero de Mugron nous a offert une de ses plus belles prestations, sérieuse et achevée ? Non, certainement pas. OK pour la jeunesse, mais laissons mûrir le fruit !

 

     Devant un nombreux public, se sont succédés les ganaderias La Espera (Virgen María), Casanueva (El Torreón), Alma Serena (Garcigrande) et Camino de Santiago (Albarreal ?) pour J.B. Lucq (E. T. Adour Afición), Fabien Castellani ( E.T. Arles), Lenny Martin (E. T. Béziers) et Tristan Barroso (E. T. Badajoz).

 

     Le premier (La Espera) dévolu à J. B. Lucq présente un bon gabarit mais des cornes ayant subies quelque dommage ; il répond bien aux capes de J. B. et de F. Castellani. Après "brindis" au public, l’eral parti de loin, riposte proprement aux sollicitations sur la rive droite après entame à l’estribo. Le torerito manie la muleta fort à propos, les muletazos s’enchaînant.

     Sur la rive opposée, le bicho se montre plus rugueux et Jean-Baptiste est projeté au sol et repris. Le visage tuméfié, le Mugronais repart à l’assaut, impavide et termine de belle manière. L’épée sincère comme la faena, en place après avis. Vous connaissez l’épilogue : vuelta bien fêtée, arrastre applaudi… sifflets au palco.

 

     Le bicho de Casanueva, un colorado "encasté", bien armé, au beau port de tête se montre mobile. Il répond aux capes de F. Castellani et de Lenny Martin sans difficulté. L’Arlésien le "cite" à bonne distance et nous livre de bons derechazos.

     Le novillero en progrès se présentera rigide dans sa plastique et le Casanueva lui sera supérieur, soutenant un rythme de coureur de demi-fond, les cartes changeant de mains. Fabien recule la jambe, frôlant à plusieurs reprises la voltereta. Entière légèrement de côté. La suite, ne vous est pas inconnue : oreille contestée, arrastre applaudi.

     L’Alma Serena, bien bâti, se lance dans le capote, c’est limpide. El Monteño salue aux banderilles.

     Le bicho, tout comme le précédent, demande à être toréé, la caste est présente. La faena ira a menos, Lenny Martin cède du terrain. ¾ de lame, silence.

 

     Le dernier, le Camino, foutu comme un novillocornibajo, va partager ses derniers instants avec Tristan Barroso, le chouchou du public. Surprise, ce jeune garçon que j’ai toujours vu plus théâtral que torero, m’a surpris. Excellent dès la réception à la cape, élégant, il se joue du "novillo".

     Hélas, le Camino rencontra un burladero qui lui laissa quelques séquelles.

     Tristan "brinda" en piste à Richard Milian, son premier professeur. Sa première série de derechazos est toute en douceur, on sent les qualités du gamin mais son opposant à des difficultés de collaboration et Tristan ne lui laisse pas la distance nécessaire. Manoletinas de clôture, la faena trop longue, le Camino sera difficile à fixer pour le coup d’épée, deux avis avec tous les obstacles rencontrés par un Tristan déçu.

     Vuelta pour le réconfort.

     Pour la plupart des philosophes grecs, il existe un « bonheur illusoire » : celui qui procure les biens qui flattent notre amour-propre, notre vanité. Tristan se rendra compte que le bonheur ne dépend pas de nous mais plutôt des circonstances. Ici, la chance, le destin voulu par les dieux de la tauromachie.

 

     Les quatre erales sous-exploités, notamment le Casanueva et l’Alma Serena qui en avaient encore sous le capot. Mais ce sont les aléas que nous rencontrons en non piquées.

     S’il y avait eu un prix à décerner, l’un des deux l’aurait sûrement remporté. Allez savoir lequel !

 

 

          TAXI ! AU PLUMAÇON…

                    … LE TRIOMPHE M’ATTEND.

MADELEINE

 

Dimanche 25 juillet. 18h. Corrida de Pedraza de Yeltes. 4e et dernière de feria.

 

             

             En ces temps amers de pandémie, sortez couverts. Après le masque, osez le parasol, le parapluie ou l’ombrelle. En effet, sombrilla dans la langue de Cervantes, se traduit par ces termes. Les frères Uranga, ganaderos prudents, avaient donc amené "Sombrilla", un magnifique colorado né en septembre 2015, détenteur d’un balcon XXL sur lequel plusieurs jardinières auraient trouvé leur place. Les éleveurs pouvaient donc tout aussi bien braver la pluie ou le soleil.

Sombrilla, colorado, le 2e d'A. Lamelas

     C’est le soleil qui s’imposa partageant le sable du Plumaçon avec un astre nommé "Sombrilla".

 

Campeador, colorado, ojo de perdiz à décliner en daube

     "Campeador" reçoit les palmas du public, un coureur un peu enrobé qui prendra deux piques quelconques, poussant de la seule corne gauche – ce que nous voyons majoritairement. Quite d’Alberto Lamelas précédant un tercio de banderilles anarchique.

     Que dire d’une faena qui ne démarra jamais, la faute à cette brute en querencia aux tablas. Domingo López Chaves s’en défait d’une entière de côté. Ça ne valait guère plus, silence et dépouille sifflée. Aïe ! Mauvais départ.

Les ingrédients pour une daube selon Ginette Mathiot : 700g de bourguignon de bœuf ou "Campeador" + 60g de petits oignons + 100g de champignons + 100g de lardons + 50g de beurre + 30g de farine + 60cl de vin rouge ou 70cl…

"Jacobo" pousse sur la première des deux piques. La faena débute aux barrières et à la conclusion d’un derechazo, le toro inflige une voltereta à D.L.C. qui administre après châtiment, deux séries supérieures. La gauche est plus délicate mais les naturelles s’enchaînent, le maître lidiador s’exprime. Mais c’est l’échec aux aciers, entière de côté au second essai, avis. Vuelta fêtée, arrastre applaudi.

 

     Voici un autre joli spécimen, "Burrecato", negro chorreado, sous la cape d’Alberto Lamelas après porta gayola con larga afarolada, sortant au pas. Deux très bonnes piques effectuées par David Prados ovationné, le toro mettant les reins. Le président abrège le tercio (?). Beau quite de Gómez del Pilar et Alberto "brinde" au public.

     Noble à la muleta, "Burrecato" répond aussi bien à droite qu’à gauche, permettant au "petit taxi" de s’exprimer comme il n’en a rarement l’occasion. Dommage qu’il termine en réduisant les distances. Épée engagée, un peu plate, oreille. Le mouchoir bleu s’étale au palco, ce toro n’a reçu que deux piques par la volonté du président ! Quelque chose cloche, non ?

 

Et s’en vint "Sombrilla".

   

© Chantal Lafaye

 Porta gayola bis pour réceptionner ce beau toro à l’armure large et astifina.

     Le brave est magnifiquement piqué par Antonio Prieto – grand moment – trois piques, bille pleine, en mettant les reins. On se lève pour le piquero. Les banderilleros eux aussi à l’unisson méritaient de saluer, Alberto absorbé par ce qui l’attend, se dirigeait déjà vers la banda Lous Faïences pour le "brindis". Alberto savoure un après-midi de tant de belles opportunités qui ne lui seront pas souvent proposées.

     L’envie, l’enthousiasme sont omniprésents, la faena débute au centre, muletazos sur les deux rives, le bicho "humilie" débordant de noblesse. Alberto ne sut pas garder "Sombrilla" au centre du rond, et celui-ci en avait encore sous les sabots. Voltereta sans dommages et terminaison par manoletinas osées. Mete y saca, entière caída en s’engageant. Oreille après avis. Le mouchoir bleu sans contestation.

 

   "Sombrilla", le plus âgé, septembre 2015, brave et noble, montra tout de même quelque rugosité.

     Gómez del Pilar hérite d’un colorado violent sous la cape, après avoir fortement "rématé" sur le burladero. Belles mises en suerte par le torero (2e) et D. López Chaves (3e), "Potrillo" auteur d’un joli galop. Juan Manuel Sanguesa ovationné, Rafael Gonzalez et Pedro Cebadera saluent aux bâtonnets. Débutée de rodillas, la faena va hélas a menos, le toro qui donnait un bon tempo et Noe de belles séries, tout cela se terminant en eau de boudin, le bicho cédant le pas. Le recibir est de côté suivi de trois descabellos. Arrastre applaudi, le torero méritait de saluer.

Gómez del Pilar et Huracan

     "Huracan", l’ultime, est reçu par véroniques et la demie. Sans classe sous le peto (deux rencontres), le toro s’avérera soso. Ça calme après "Sombrilla" ! Gómez del Pilar après quelques muletazos main basse, se mit au diapason du Pedraza. Fin de l’histoire. ¾ de lame légèrement contraire, deux avis et le descabello en délicatesse. Silence pour l’homme et la bête.

 

     Curro Sánchez, le mayoral a hombros accompagne Alberto Lamelas dans son triomphe, radieux.

     Le public à la hauteur de l'évènement, respect aux toreros.

     Cuadrillas au top, les picadors también.

     Le "petit taxi" remet notre afición à sa juste place. L’accolade de López Chaves au triomphateur.

     Quatre toros mobiles, braves et encastés, deux bons (3e et 4e), un excellent (2e), le 5e supérieur.

     Le curseur Pedraza remonte, nous avions quelques craintes depuis les dernières sorties.

     Président, Bernard Sicet.

 

                                                          Gilbert Lamarque

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