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Les défis de la tauromachie aujourd'hui

Publié le par Cositas de toros

 

                       EL FIN DE LA FIESTA

 

          Un bel essai controversé sur la réalité de la tauromachie et son avenir par Rubén Amón Delgado, écrivain et journaliste polyvalent de la presse écrite, radio et télévisée, auteur en tauromachie de : Pasa un torero : Curro Vázquez desde dentro et ¡Dejadme solo! : Jesulín de Ubrique, el trionfo de un seductor.

 

 

     En préambule, une citation de Jacques Cousteau : « Le royaume de l’utopie sera perdu et le dieu mythologique incarné en taureau de combat se renversera en vain dans le caniveau d’un abattoir miteux. »

Pour l’auteur, la corrida est victime d’un terrible malentendu. « Elle n’est pas moyenâgeuse mais transgressive, elle n’est pas de droite mais subversive, elle n’est pas cruelle envers les animaux mais garantit la sauvegarde d’une espèce unique. Il a partagé avec Carmen Calvo, vice-présidente du Gouvernement lors d’un hommage à Ignacio Sánchez Mejías organisé à Séville par M.Á. Perera. Il la entendue définir la tauromachie comme « un art transgressif et avant-gardiste. Un miroir de la modernité. » Il n’est pas facile pour Carmen Calvo de défendre un tel point de vue lors des sessions du Conseil des ministres. Comme chacun sait, le président Pedro Sánchez est anti-corrida ainsi que les vice-présidents Teresa Ribera et Pablo Iglesias. Ce dernier, après avoir assumé les responsabilités du bien-être animal et quitté sa vice-présidence en mars dernier, a choisi la porte de sortie mettant fin à toutes ses responsabilités politiques au sein de Podemos au soir des élections de la Communauté de Madrid, le 4 mai où son parti n’a recueilli que 7,25 % des votes. « Dans les années 1990, la tauromachie était connotée à gauche. Elle a cessé de l’être parce que la cause animale est devenue l’étendard des socialistes ».

L’auteur énumère les "scandales" que le taureau caractérise. Le taureau distingue le vrai héros du héros accidentel. « José Tomás est un personnage homérique au milieu de héros bon marché. » Le taureau fait scandale car il expose la souffrance d’un animal dans un contexte d’animalisme sectaire et dogmatique. Le taureau est un scandale car il identifie un évènement masculin. « Masculin ne veut pas dire sexiste. Le taureau célèbre la virilité, au sens de la testostérone, bien sûr, mais aussi dans la notion latine de vertu. » Le taureau est un scandale car il constitue l’art auquel tous les autres arts aspirent... »

Cet essai rassemble un inventaire de toutes les raisons qui menacent l’avenir de la Fiesta. La tauromachie faisant l’objet de tous les malentendus dans le monde politique comme dans le monde écologiste. Elle souffre d’un black-out médiatique. Et Amón de fustiger l’hypocrisie générale, en Espagne, 2,5 millions de bovins sont envoyés chaque année à l’abattoir quand ce ne sont que 2 200 taureaux que l’on sacrifie dans l’arène. Il va même jusqu’à plaider que la corrida joue en faveur de la biodiversité : sans elle, le taureau de combat, cette race ibérique, aurait probablement disparu.

Suit un chapitre sur les taureaux et la politique où la tauromachie représente une niche électorale aussi sensible que celle des chasseurs ou les pauvres de l’Espagne rurale. Et les taureaux sont politisés afin d’être manipulés.

« La tauromachie serait l’expression de l’Espagne héroïque, la quintessence de la virilité, le territoire pur dans lequel se tient le taureau Osborne, figure totémique qui garde nos valeurs, nos pâturages et notre épopée... »

La tauromachie, en Espagne, "Fiesta nacional" est devenue obsolète. Il s’agit d’une fête internationale – France, Portugal, Bolivie, Mexique, etc. Suivent des références sur la France, l’amphithéâtre d’Arles, « les enfants locaux » : Andy Younes, Tibo Garcia, Adrien Salenc, « l’irréductible » Simon Casas, Sébastien Castella, Lea Vicens sans oublier les professionnels de toutes les catégories. Références aussi à toutes les grandes arènes du Sud-Est et du Sud-Ouest.

 

 

     Pour Rubén Amón, la cause n’est pas perdue dans cette société inodore, la tauromachie est un espace de résistance la rendant plus attractive que jamais.

Voici exposées les clés des défis de la tauromachie d’aujourd’hui. Un livre courageux, érudit et très bien documenté, un livre essentiel et objectif qui rassérénera l’aficionado et surtout qui renseignera celui qui sait peu ou celui qui ne sait pas.

Une traduction française est instamment souhaitée.

                                                       Gilbert Lamarque

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El fin de la fiesta. Por qué la tauromaquia es un escándalo y hay que salvarla par Rubén Amón. Debate, mars 2021, 240 pages, 15 × 23 cm. 18,90 euros.

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CARTEL DE LA MADELEINE 2021

Publié le par Cositas de toros

 

 

    Le 19 févier 2021, la municipalité montoise présentait l’affiche de la possible Madeleine 2021.

Que reste-t-il de cette Madeleine ? Nous savons aujourd’hui qu’il n’y aura pas de feria et que seuls les spectacles taurins se tiendront dans les arènes du Plumaçon assujetties à une jauge pas encore tout à fait définie, 50% serait la plus plausible.

Ce vendredi midi, la présentation en était faite, en huit clos, en direct sur la radio régionale de France Bleu Gascogne.

En préambule à cette présentation, le président de la commission taurine montoise expliquait que c’est à force de volonté et d’opportunité qu’ils ont réussi à "monter"  cette affiche exceptionnelle.

Ce grand week-end  taurin se déroulera sur 3 jours, du vendredi 23 au dimanche 25 juillet et comprendra 4 corridas et une novillada non piquée.

Le programme a été établi comme suit.

 

Vendredi 23 juillet 18h :

6 toros  de Jandilla 

Ancienneté : 3 Mai 1951

Devise : Bleu    Signal : Horquilla à chaque oreille

Propriétaire : Agrícola Borja Domecq S.L.    Gérant : Francisco de Borja Domecq Noguera

Fincas : "Los Quintos"  Llerena - "Don Tello"  Merida -

Avec des origines du Conde De La Corte, le toro de Jandilla est un pur Juan Pedro Domecq y Diéz.Juan Pedro Domecq y Díez prône une nouvelle définition de la bravoure qui devient "la capacité à lutter jusqu'à la mort". En un mot, la bravoure ne se mesure plus lors du seul tiers des piques, mais tout au long du combat. Sa sélection est axée sur ce nouveau principe, tant au niveau du comportement que sur le plan morphologique où il tente d'affecter son toro d'un physique adéquat pour exprimer sa bravoure durant l'intégralité du combat.
Le fruit de ses travaux est un toro aux lignes fines, beaucoup moins agressif que le "La Corte". Noble et brave à la fois, il permet aux toreros d'exprimer toutes leurs qualités artistiques, d’où le terme de "toro artiste"

Pour,

 

     Enrique Ponce, né le 08 décembre 1971 à Chiva. Alternative à Valence le 16 mars 1990, Toros de Moura son toro d'alternative était un sobrero de Huerta Hermanos, Parrain : Joselito, Témoin :Litri. Confirmation le 30 octobre 1990 à Madrid, toros de Diego Garrido, Parrain: Rafael de Paula, témoin: Luís Fransisco Espla.

 

    Daniel Luque, né le 21 novembre 1989 à Gerena. Alternative à Nîmes le 24 mai 2007, toros de El Pilar, Parrain : El Juli, Témoin : Sébastien Castella. Confirmation à Madrid le 5 juin 2008, toros de Victoriano Del Rio, Parrain : Javier Conde, Témoin José Tomás.

 

    Thomas Dufau né le 3 janvier 1991 à Mont-de-Marsan. Alternative à Mont-de-Marsan le 15 juillet 2011, toros de Garcigrande, Parrain : El juli, Témoin : Daniel Luque.

 

Samedi 24 juillet 11h, dite la corrida madrilène.

6 toros d’Alcurrucén

Ancienneté : 18 Juin 1989

Devise : Bleu céleste et Noir    Signal : Hendido à chaque oreille

Propriétaire : Alcurrucén, S.L.    Gérant : Pablo Lozano Martín

Fincas : "La Mudiona"  Alcollarin - "Egido Grande"  Navalmoral de la Mata - "La Cristina"  Olivenza - "El Cortijillo"  Urda -

Les frères Lozano Martín sont des Taurinos très influents.  lls entreprirent leur première ganadería au milieu des années 1960. Après une période d’apprentissage, ils créèrent la devise de Alcurrucén en 1982 avec du bétail de Carlos Nuñez.
Leur fer va rapidement prendre de l’importance et jouir d’une belle renommée, pour devenir l'élevage phare de l’encaste Nuñez.

Pour,

 

    Diego Urdiales, né le 31 mai 0975 à Arnedo. Alternative le 15 août à Dax des mains de Paco Ojeda at El Cordobés comme témoin. Il confirme à Madrid le 8 juillet 2001, toros de Javier Guardiola, Parrain: Frascuelo, Témoin: El Madrileño.

 

    Paco Ureña, (Fransisco José Ureña Valero) né le 26 décembre à Lorca. Alternative en 2006 à Lorca, toros de Gavira, Parrain : Javier Conde, Témoin : Morante de la Puebla. Confirmation à Madrid le 25 août 2013, toros de Martn Lorca, Parrain : Iván Garcia, Témoin : Javier Solis.

 

    Emilio De Justo, né le 16 février 1983 à Torrejoncillo. Alternative le 26 mai 2007 à Cáceres, toros de Vegahermosa, Parrain : Alejandro Talavante, Témoin : Cayetano Rivera. Confirmation à Madrid le 29 mai 2008, toros de Juan Luis Fraile, Parrain : Anibal Ruiz, Témoin : Sergio Martínez.

 

Samedi 24 juillet 18h, encerrona

6 toros d’Adolfo Martin

Ancienneté : 31 Mai 1998

Devise : Vert et Rouge    Signal : Hendido à chaque oreille

Propriétaire : Adolfo Martín Escudero    Gérant : Adolfo Martín Escudero

Fincas : "Los Alijares" - "Caballerias de Piedras Laboradas"  Escurial - "Caballerias Chicas"  Villamesias -

Après avoir rassemblé les vestiges du troupeau du Marquis de Albaserrada et ravivé sa renommée, les frères Martín Andrès se séparent après une collaboration d'une trentaine d'années.
Dès 1990, Adolfo Martín Escudero prend la gouvernance du troupeau de son père. Celui-ci n'a que peu à envier à son oncle Victorino auquel il oppose une forte concurrence, maintenant toute la renommée de ses Albaserrada.

Pour,

El solo espada,

    Antonio Ferrera, né le 19 février 1978 à Bunyola (Iles Baléares). Alternative le 02 mars 1997 à Olivenza, toros de Victorino Martín, Parrain : Enrique Ponce, témoin : Pedrito de Portugal. Confirmation à Madrid le 28 mars 1999,toros de Carriquiri, Parrain : Miguel Rodríguez, Témoin : Javier Vázquez.

 

Dimanche 25 juillet 11h, traditionnelle novillada sans picadors avec 6 erales de 6 élevages du  Sud-Ouest.

 

Dimanche 25 juillet 18h

6 toros de Pedraza de Yeltes

Ancienneté : 30 Avril 2010

Devise : Blanc et Vert    Signal : Aucun

Propriétaire : PREZ 88, S.A    Gérant : José Ignacio Sánchez Santiago

Fincas : "Pedraza de Yeltes"  Castraz de Yeltes -

Luis et José Ignacio Uranga, originaires du Pays Basque, ont eu une carrière professionnelle brillante qui leur a permis en 2006 de lancer un des projets qui leur tenaient à cœur : le toro brave. Ils achètent alors le fer de Maria Teresa Calderón, veuve de Salustiano Galache et construisent un troupeau d'origine Domecq dans la rame Aldeanueva avec des bêtes de El Pilar et Tabernero de Vilvis. Dès l'année suivante, le bétail de Tabernero de Vilvis est éliminé et remplacé par d'autres El Pilar.
Les frères Uranga n'ont pas à attendre les fruits de leur sélection pour briller, les Pilar nés à "Pedraza" leur ramènent leurs premiers lauriers à Azpeitia, un choix qui ne doit rien au hasard car en plus d'être une des arènes de leur terre d’origine, elle attire le regard de la France. La France, qui va consacrer cette toute jeune ganadería, en particulier à Dax, où la corrida de 2014 fait l'unanimité et est considérée comme une référence en matière de bravo. Dès 2010 ils se présentent à Madrid.

Pour,

 

    Domingo López-Chaves, né le 01 août 1977 à Ledesma. Alternative à Salamanque le 15 septembre 1998, Toros de Guitiérrez Lorenzo, Parrain : Joselito, Témoin Enrique Ponce. Confirmation à Madrid le 27 juillet 2003, toros de Jaral de la Mira, Parrain : Alberto Ramírez, Témoin : Rafaelillo.

 

    Alberto Lamelas, né le 3 octobre 1984 à Cortijos Nuevos. Alternative à Valdemoro le 9 mai 2009, toros de Arauz de Robles, Parrain: Javier Valverde, Témoin! Eduardo Gallo. Confirmation à Madrid le 16 août 2013, toros de Montalvo, Parrain: Juan Del Alamo, Témoin: Alberto López Simon.

 

    Noe Gomez Del Pilar, né le 10 octobre 1988 à Madrid. Alternative à Añover de Tajo le 27 août 2013, toros de Luis Algarra, Parrain Juan José Padilla, Témoin : Eugenio de Mora. Confirmation à Madrid le 09 avril 2017, Toros de Victorino Martín, Parrain : Iván Fandiño, Témoin : Alberto Aguilar.

 

    Il semble que cette programmation soit assez bien équilibrée.

    Cependant, vu le contexte et le nombre de courses en baisse, on peut toutefois déplorer l’encerrona du samedi, même si elle n’est ni anodine, ni dépourvue d’intérêt, elle ferme malgré tout la porte à deux toreros.

    Les élevages retenus sont dignes d’intérêt avec du toro, Adolfo Martín et Alcurrucen à un moindre niveau et « du Domecq qui pique », Jandilla et Pedraza. Palmas également pour la NSP du dimanche matin, réservée aux élevages du  Sud-Ouest.

     Cette année, la plupart des lots seront composée de toros cinqueños, ils risquent de faire transpirer un peu plus les maestros sous leur montera et dans leurs zapatillas

    Le choix des piétons est somme toute trop classique. On peut reprocher un manque de renouvellement de ces toreros devenus "indispensables " dans les grandes arènes. La place faite aux jeunes est réduite à peau de chagrin hormis Gomez Del Pilar, c’est dommage. Quant a la corrida du vendredi soir, elle fêtera le dixième anniversaire de l’alternative de Thomas Dufau.  Espérons que la marche ne soit pas trop haute pour lui afin que ce cadeau qui lui est fait ne soit pas empoisonné.

    Les réservations débuteront, pour les abonnés le lundi 24 mai jusqu’au 21 juin, date à laquelle les locations seront ouverte à tout le monde.

 

    Qu’en sera-t-il de cette Madeleine qui se veut exceptionnelle ? L’avenir nous le dira.

 

    En attendant, suerte a todos

 

Patrick Soux

 

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Retour à Madrid

Publié le par Cositas de toros

                     Comme nous le savons, en Espagne, les régions décident.

 

          Les terrasses sont pleines, les commerces, restaurants, théâtres et musées sont ouverts. Avec masques et limitation d’affluence, certes, mais ouverts. Depuis des mois, les photos de Madrid comme une oasis de la vie d’avant ont fait le tour de l’Europe et les rumeurs de fêtes ont fait des envieux. L’image est inattendue et provocante, dans un pays particulièrement frappé par la première vague de la contagion. Il faut dire qu’en Espagne, la lutte contre la pandémie s’est transformée au fil des mois en un immense chaos politique et géographique.

 

   

      Durant le printemps 2020, chaque négociation pour faire voter au Parlement quinze jours ou trois semaines de prolongation de l’état d’alerte a provoqué de durs affrontements avec l’opposition, ainsi que les protestations des régions contre cette intrusion de l’État central sur leurs territoires. Faute d’appuis parlementaires solides, échaudé par des mois de tensions, le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez s’est résolu à jeter l’éponge. Il a passé le relais de la gestion de la crise sanitaire aux administrations régionales au moment de la montée de la deuxième vague de contagion.

Depuis l’automne, ce sont donc celles-ci qui sont aux commandes, avec pour cadre général un état d’alerte allégé qui fixe un couvre-feu à 23 heures et la possibilité de limiter des déplacements d’une région à l’autre. Le ministère de la Santé n’a plus qu’un rôle de coordinateur et chaque région, établit sa stratégie selon sa situation sanitaire et ses spécificités géographiques. Voire ses convictions idéologiques.

Pendant qu’à Barcelone, Bilbao ou Séville, bars et restaurants baissent le rideau à chaque remontée du virus, Madrid a fait le pari de la moindre intervention en laissant l’activité ouverte. L’économie passe avant tout, pour la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, nouvelle égérie de l’aile ultralibérale du Parti populaire. Elle n’a pas fléchi en dépit d’un taux de contamination qui est, depuis des mois, le double de la moyenne nationale. C’est "gonflé", pour certains c’est suicidaire. Mais la stratégie a payé jusqu’à présent, et le score attendu aux élections du 4 mai a été à la hauteur de ses prévisions. La voici avec un second mandat et un gain d’envergure au sein de l’opposition.

 

Le chant des partisans.

 

     Ione Belarra, ministre des Droits sociaux – ne pas confondre avec Belharra, la mythique vague du Pays Basque –, devient le successeur d’Iglesias à Podemos. Fera-t’elle quelques vagues ou seulement quelques clapotis ? « Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place... ». Le parti essaie de tourner la page rapidement et étudie l’avenir immédiat. Le leadership laissé vacant par le calamiteux Iglesias, va certainement se féminiser et se répartir entre Ione Belarra, mais aussi, dans un futur proche, Yolanda Díaz, troisième vice-présidente du gouvernement et ministre du Travail ainsi que la ministre de l’Égalité, Irene Montero, toutes les trois du parti Podemos.

Les dieux et divinités taurines sont tombés sur la personne de Pablo Iglesias. Lui qui proposait, il y a encore peu de temps, de retirer toute aide à la tauromachie et de fermer le Centre des affaires taurines de Madrid : « Un corps "fantôme" sans compétence ». L’ex torero Miguel Abellan, adhérent du Parti populaire et directeur du Centre, a certainement savouré. En pré-campagne, il souhaitait faire avancer la Communauté de Madrid au sujet de la protection des animaux, comme cela s’est produit au gouvernement avec la création de la première Direction générale pour les droits des animaux.

Isabel Díaz Ayuso annonçait, dans la foulée, un accord pour promouvoir 18 spectacles taurins dans les communes de moins de 8 000 habitants, dans la Communauté, lorsque la situation sanitaire le permettra.

Après avoir visité les arènes de Las Ventas où une nouvelle peinture murale en céramique en hommage à Victor Barrio, œuvre de l’artiste Luis Gordillo, elle a expliqué que le Conseil du gouvernement (la Junta) a donné le feu vert à la signature de l’accord de collaboration entre la Communauté de Madrid et la Fondation Toro de Lidia pour lancer la Fiesta del Toro 2021/2022, dotée de 900 000 euros. Ces célébrations commenceront avant le 31 décembre 2021 jusqu’au 1er juillet 2022.

 

AÏE !

 

     Pablo Iglesias jugeait inadmissible que la mort des taureaux dans les arènes soit de la culture et soit financée par l’argent de la culture… « les changements culturels doivent se faire de manière démocratique ». « Que le peuple décide, que le peuple vote », a-t’il souligné.

Voilà, le peuple a décidé, le peuple a voté ! Espérant que dans ces votes, l'engagement des aficionados a compté - un peu - dans le résultat.

 

Enrique Ruiz Escudero

       Dernière info : Enrique Ruiz Escudero, responsable de la Santé par intérim de la Communauté annonce qu'à partir de samedi 8 mai, il n'y aura plus de couvre-feu et la restauration ouvrira jusqu'à minuit dans toute la Communauté de Madrid.

Souriez, c'est vendredi ! Oui, 1er et 8 mai un samedi, j'entends les grincheux...

                                                   Gilbert Lamarque

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Terremoto esperado tanto en Madrid

Publié le par Cositas de toros

 

        Près de cinq millions d’habitants de la Communauté autonome de Madrid étaient appelés aux urnes pour renouveler le Parlement régional.

 

Résultats bruts :

 - Isabel Díaz Ayuso a hombros

 - Oreja para Mónica García y Más Madrid

 - Vox, vuelta

 - Batacazo del PSOE

 - Pablo Iglesias se corta la coleta

 

          La populaire présidente de la région, icône des bars et restaurants de la capitale, qu’elle a maintenus ouverts depuis la fin de la première vague de l’épidémie, était la favorite de ces élections. Cette femme de 42 ans, au discours décomplexé, revendique une gestion de la crise sanitaire moins restrictive qu’ailleurs et elle est devenue la principale opposante au gouvernement de gauche du socialiste Pedro Sánchez.

 

     

     Les électeurs sont venus voter en masse malgré l’élection en semaine, un mardi et la pandémie : 76,25 %, 64,29 % en 2019.

Le Parti populaire a balayé les élections régionales frisant la majorité absolue. Ayuso a obtenu 65 sièges à l’Assemblée de Madrid, soit 45,34 % (69 sièges pour obtenir la majorité absolue), elle pourra gouverner avec une relative tranquillité. L’autre vainqueur de la soirée a été Mónica García, Más Madrid qui a fait de sa formation politique, le leader de l’opposition après avoir devancé le PSOE avec 24 sièges.

Les grands perdants de ces élections ont été Ciudadanos qui disparaît carrément du Parlement régional, moins de 5 % des votes, et le PSOE, qui obtient un résultat bien en deçà de ses attentes, perdant également la deuxième place en tant que force politique. Vox, pour sa part, a réussi à éviter d’être englouti par le tsunami Ayuso, et gagne un siège (13).

 

 

     Enfin, Pablo Iglesias démissionne de tous ses postes après avoir, il y a un mois, quitté la vice-présidence du gouvernement, 7,25 % soit 10 sièges.

Voici un avertissement pour Pedro Sánchez, lui qui éructa tout au long de la campagne un discours haineux, basé aussi sur un interventionnisme autoritaire et teinté de vengeance idéologique. Cette débâcle du PSOE et de son représentant, Ángel Gabilondo, est par extension, une défaite pour Sánchez, l’érosion brutale qu’il connaît avec sa coalition avec Podemos. Les électeurs ont voté Ayuso mais aussi contre le PSOE et sa gestion de la pandémie, contre la peur de la récession… et pour certains contre les menaces envers la tauromachie, car le leader souhaitant ne lui apporter aucune aide, en un mot, l’éradication si le parti avait été élu. Sánchez l’avait clamé haut et fort. Il aurait commencé par la Communauté madrilène avant de s’étendre sur tout le territoire.

     C’est un gros soupir de soulagement pour les aficionados de la Communauté de Madrid, deuxième région espagnole en nombre de spectacles taurins organisés derrière l’Andalousie. Une victoire aussi pour tous les aficionados d’Espagne mais aussi pour nous, Français. La Communauté compte des municipalités à l’identité très taurine, à savoir, par exemple : Alcalá de Henares, Aranjuez, Arganda del Rey, Fuenlabrada, Leganés, San Sebastián de los Reyes, Colmenar Viejo, Galapagar…

Voilà donc une excellente nouvelle pour la tauromachie en général mais tout cela reste fragile, porté par les bons vouloirs politiques des uns et des autres. Aucun n’hésitera à jeter l’opprobre sur la tauromachie voyant ses voix s’éclaircir et son siège vacillé.

     Le signataire de ces lignes n’aurait jamais imaginé applaudir une candidate de droite… mais pour que la corrida brille toujours au firmament, alors oui, je l’avoue, surtout que ces résultats se déroulent chez nos voisins espagnols !

 

                                                            Gilbert Lamarque

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Le Corpus de Tolède, son histoire

Publié le par Cositas de toros

         La plaza de Tolède a été inaugurée en août 1866. Depuis, il s’y est déroulé 116 spectacles : 105 corridas, 8 novilladas, une corrida de rejón, un festival et un concours de recortadores.

 

    Photos du Corpus 1958, le 5 juin.      Le quatrième toro du Conde de la Corte, manso de catégorie, refusa de quitter le ruedo. Il fallut trouver une astuce pour le faire retourner aux corrals. S’y employèrent les cabestros, bien sûr, et un camion tel un bulldozer qui fut percuté à maintes reprises par le toro. Le maire de l’époque, José Conde, n’hésita pas, "prenant le toro par les cornes", à utiliser le camion d’arrosage.

 

     Le Corpus Christi ou Fête-Dieu a toujours été l’une des dates préférées du calendrier taurin de Tolède. Noté sur le calendrier le jeudi qui suit la Trinité, soit soixante jours après Pâques, cette année, le 3 juin. C’est un jour férié en Espagne, pas en France mais nous prenons notre revanche, à savoir, l’Ascension n’est pas férié en Espagne.

   

      Avant le coronavirus, el Sexenio Revolucionario (1868) – la révolution connue aussi sous le nom de La Gloriosa qui amena un gouvernement provisoire avant de proclamer la 1ere République – ou la Guerre civile (1936-1939) ont laissé les aficionados sans toros.

Curieusement, la première et la dernière des corridas organisées depuis plus de 150 ans partagent une date : le 20 juin. En 1867, Cayetano Sanz et Gonzalo Mora ont combattu des toros de Justo Hernández, tandis qu’en 2019, Morante de la Puebla, El Juli ; J.M. Manzanares et Álvaro Lorenzo ont défié un encierro d’Alcurrucén.

 

     Dans les deux premières décennies de l’histoire des arènes, il n’était pas tellement fréquent de voir des toros pour le Corpus. Jusqu’en 1885, seuls cinq spectacles ont été programmés, trois corridas et deux novilladas de faible niveau. À partir de 1886, cela changea et on convia deux espadas régulièrement. Mais toujours est-il que les principales figuras du dernier tiers du XIXe siècle n’ont guère fréquenté le coso toledano.

Frascuelo (1888) et Lagartijo (1891) ne l’ont fait qu’une seule fois, et Guerrita n’a jamais été vu. Le 28 mai 1891, lors d’une corrida d’Anastasio Linares pour Lagartijo et Mateíto, un toro a franchi le callejón et tué Francisco Verdo "Tato de Toledo", le seul décès enregistré dans l’arène de la Mendigorría. De plus, le 9 juin 1898, les toros de Miura y ont été combattus pour la seule et unique fois.

Joselito "El Gallo" et Juan Belmonte ne sont pas venus non plus. Par contre, les autres membres de la famille Gallo se sont présentés. Fernando, le père de Joselito, était présent en 1886 ; et les frères Fernando et Rafael en 1908 et 1927, respectivement.

Puis le Corpus est devenu une affaire de famille pendant deux ans. Le 15 juin 1922, Marcial Lalanda et son cousin Pablo participèrent lors d’un mano a mano combattant des toros de Celso Cruz del Castillo. Et le 20 juin 1946, les frères Pepe, Antonio et Ángel Luis Bienvenida se mesurèrent à un lot des Herederos de José de la Cova avec le rejoneador Álvaro Domecq en ouverture.

Le 4 juin 1941, le Mexicain Carmelo Pérez prit l’alternative, le premier des cinq doctorats made in Toledo. Les quatre autres : Pablo Lalanda (1950), Alfonso Merino (1955) Rafael Camino, le colombien, à ne pas confondre avec le fils de Paco (1986) et Julián Zamora (1993). Ces cinq alternatives dans le cadre du Corpus, sinon, Tolède compte 21 investitures en tout.

Après la Guerre civile, pour le Corpus de 1940 et 1941, deux novilladas ont été célébrées – les ganaderias avaient terriblement souffert durant le conflit – et lors de la première, la rejoneadora Beatriz Santullano fut invitée, la seule femme à combattre pour une date aussi illustre que celle du Corpus. Manolete ne vint qu’en 1945, faisant le paseo le 31 mai, avec les Mexicains Arruza et Parrita devant du bétail de Rogelio M. del Corral. Cette apparition n’a pas laissé seulement sa marque sur les rétines de ceux qui étaient présents, mais aussi sur l’encre de la chronique d’ABC, où l’on pouvait lire : « Hier, on a vu Manolete sourire. »

Depuis les années 50, toutes les figuras s’annoncent pour le Corpus. En 1963, 1964 et 1965, la liste ne connut que Jaime Ostos, Paco Camino et El Viti, la première année avec des toros de Francisco Galache, les deux suivantes avec des bêtes de Manuel Francisco Garzón. Puis Paco Camino, Ángel Terruel et Niño de la Capea ont été annoncés devant des élevages de Buendía, Torrestrella et Dionisio Rodriguez en 1975, 1976 et 1977. La corrida de 1976 fut suspendue, les toros présentés n’ont pas passé le reconocimiento et non remplacés.

À la fin des années 90, on créa la Feria du Corpus Christi et la fameuse procession fut déplacée au dimanche, deux corridas pour le jeudi et le dimanche. Ces bouleversements favorisés par l’arrivée du nouvel impresario, Diodoro Canorea.

Entre 1999 et 2009, il n’y a eu qu’une seule corrida, avec un cartel modeste en 2002 et un concours de recortadores en 2005. Enfin, depuis 2014, alors que la Feria a disparu, les figuras reviennent à Tolède pour cette date importante.

     Paco Camino est celui qui a le plus combattu lors du Corpus Christi (12), El Vti (8), Antoñete, Espartaco, El Juli (6), Antonio Ordoñez, Diego Puerta, Paquirri et Ortega Cano (5), toujours pour les seules corridas du Corpus.

Garcigrande/D. Hernández a été convié à 7 reprises, Veragua, Conde de la Corte et Buendía (5). El Cordobés (3) au cours de la décennie 60.

 

     Avant la construction des arènes de la Mendigorría (à la consonance basque, c’est aussi le nom d’un village de Navarre), les festivals se tenaient dans des enclos entourés de barrières en bois dans différents lieux et ces fêtes étaient organisées à l’occasion des deux fêtes les plus importantes à Tolède, le Corpus, bien sûr, et la Virgen del Sagrario en août. Il faut compter également la corrida du dimanche des Rameaux.

Tolède fut prisée des madrilènes grâce à la proximité des deux cités et l’apparition du chemin de fer. La célébration du Corpus le jeudi a marqué cette date dans le calendrier liturgique mais aussi taurin. Pour toutes ces bonnes raisons, la corrida du Corpus Christi est devenue tout au long de l’histoire de la tauromachie, un élément essentiel dans la commémoration de cette fête. Tolède "la ville aux trois cultures" en est la gardienne avec ses monuments, patios, romarin et traditions.

Tolède la musulmane, Tolède la juive, Tolède la chrétienne, la vieille cité baignée par le Tage vous enchantera, Corpus ou pas.

 

                                                           Gilbert Lamarque

 

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