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Au plus que parfait de l'objectif* : Francisco Cano

Publié le par Cositas de toros

 

                   Paco Cano "Canito", né Francisco Cano Lorenza le 18 décembre 1912 à Alicante, nous surprit par sa disparition, le 27 juillet 2016 à Llíria (Valence), tant nous l’avions cru éternel. Il n’avait que 103 ans !

     Le temps semblait s’être arrêté sur ce petit bonhomme à l’éternelle casquette blanche vissée sur le chef. Combien fit-il de photos ? Il sortit – cela semble crédible – plus de deux millions de photos qu’il développait lui-même, roi resté longtemps fidèle à l’argentique, photos d’Espagne, de France et d’Amérique du Sud. Photos publiées dans El Ruedo, ABC, Dígame, Aplausos ou la revue nîmoise Toros. Il disait : «  Si je ne fais pas de photo, je meurs ». Il a dû oublier, le 27 juillet 2016, d’appuyer sur le déclencheur, la mémoire nous joue des tours, parfois.

 

Bilbao © G. Lamarque

     Mais le légendaire photographe Cano naquit une seconde fois, le 28 août 1947 à Linares. Un photographe "naissait", un maestro mourrait. "Islero" envoya à jamais dans l’obscurité, semblable à celle de la chambre noire, Manolete.

 

 

     Canito témoin de ce drame qu’il fixa à travers les 135 millimètres du téléobjectif de son Leica modèle Contax. Il en résulta un reportage de quelques 200 photos qu’il négociera entre 1 000 et 3 000 pesetas chacune, mais le photographe ne sait plus très bien. Canito, seul et unique photographe en cette tarde néfaste, deviendra par la suite, le photographe aussi des "vivants" et quelles fringantes personnalités ! Seront à son tableau de chasse, les stars Rita Hayworth, Gary Cooper, Ava Gardner, Orson Welles, Hemingway, of course, présenté par Antonio Ordoñez… Dans les dernières années de sa vie, Francisco était passé au numérique. Il reçut en 2014, le Prix National de Tauromachie par le ministère de la culture après 75 ans de carrière, il était temps ! Cette reconnaissance était dotée de 30 000 euros pour avoir constitué une « véritable anthologie graphique de toutes les manifestations de la tauromachie, jusqu’à ce qu’elle soit considérée comme une source documentaire et historique », a souligné le jury. 30 000 euros, la valeur de quelques mètres carrés à Madrid, aujourd’hui !

 

El Pipo, son fidèle Guillermo et Teodoro Matilla

     Le photographe a reconnu en 1950 qu’on lui avait proposé 200 000 pesetas pour les clichés sur la mort de Manolete à Linares et le reportage complet. À Madrid, en 1950, 200 000 pesetas correspondaient au prix de deux appartements de 120 mètres carrés ! Mais Canito ne vendit rien, ni la série complète ni une seule photo pour laquelle on lui offrait 40 000 pesetas. «  Je ne voulais donner ni l’album ni la photo. Je ne vendrais ces souvenirs auxquels je suis attaché que par nécessité ».

     Dans une interview publiée par le magazine El Ruedo, Cano dit qu’il ne travaillait à cette époque dans la photographie que depuis 5 ans, qu’avant il était professeur de natation, footballeur, boxeur… mais plus que toute autre chose, il voulait être torero étant issu d’une famille de toreros. Son père, Vicente fut un novillero modeste sous l'apodo de "Rejillas". Sa famille est relativement aisée : ses parents exploitent les plages d'Alicante à une époque où la médecine préconise les bains de mer. Il a 14 ans lorsqu'il se jette comme espontáneo dans les arènes d'Alicante avant de débuter comme remplaçant des soeurs toreras Palmeno... La guerre civile finie, il va toréer une trentaine de novilladas, parfois avec la troupe des Bomberos Toreros, puis abandonne pour se consacrer à la photographie taurine, initié par son parrain Gonzalo Guerra.

     De toutes ces facettes, celle de photographe était celle qui avait été la meilleure financièrement. Et il argumente : « Et je pourrais obtenir plus d’argent si je voulais, car j’ai des collections importantes qui rapporteraient beaucoup », et ici, la référence aux 200 000 pesetas de l’époque qu’il laissa filer…

     Alors qu’il était depuis peu derrière l’objectif, 5 ans, il se souvenait déjà de ses meilleurs reportages, une corrida d’Antonio Bienvenida à Saragosse, une autre de Pepe Luis à Séville, et deux après-midi de Manolo Vázquez à Madrid. Une carrière prolifique s’annonçait, plus de 70 ans d’histoire de la tauromachie, à l’intérieur comme à l’extérieur des ruedos. Canito ironise sur les photos dans lesquelles sont rassemblés les pires moments des diestros devant le toro. « Je les leur envoie généralement avec une note dans laquelle je leur dis de ne pas récidiver », et il assure : « Ils rient beaucoup et certains me les rendent généralement dédicacées. J’ai l’intention de faire un album intime avec chacun d’eux ».

     L’a-t’il fait ? Il semble que non.

© G. Lamarque

     Le 25 août 2012, aux arènes de Vista Alegre de Bilbao, le sitio de Canito au callejón resta désespérément inoccupé. Le doyen des photographes taurins fut transporté à l’hôpital Basurto, victime d’une fracture de la hanche droite à la suite d’une chute en sortant de l’hôtel Ercilla. Nous n’avons plus jamais revu le petit homme à la casquette blanche aux Corridas Generales dans la capitale viscayenne. Ce 25 août, El Juli coupa les deux oreilles de son premier toro et sortit a hombros.

     L’histoire de Francisco Cano s’est fondue avec l’histoire de la tauromachie. Son ultime tour d’honneur, il le fera dans le ruedo des arènes de Valence, le jour des ses obsèques, son cercueil porté a hombros.

      « Qu’est-ce qu’un bon photographe ? C’est quelqu’un qui cherche ce qui est significatif dans un visage et qui réussit la tâche difficile de résumer dans une seule photo toute une personnalité. » Ce sont les mots de Gisèle Freund, photographe, sociologue et écrivaine résumant l’œuvre de celle qui a marqué le XXe siècle par ses clichés des plus grandes personnalités intellectuelles et littéraires de son époque. Elle signa nombre de reportages inspirés par sa formation de sociologue. Cano, lui, sans formation particulière, ce pionnier de l’image taurine dont le regard aiguisé a su saisir les bouleversements, les drames, les grands moments de la tauromachie ainsi qu’un échantillon luxueux de personnalités proches de la corrida, nous a offert un album empreint de sa sensibilité et de son audace.

 

© G. Lamarque

   

      Sur son inséparable casquette, il avait écrit en noir : « Cano, Alicante 1912 – al... », l’œil de la corrida s’est refermé à perpétuité à Llíria, le 27 juillet 2016 après un "temps d’exposition" exceptionnel de 103 ans ! La photographie, c'est le présent qui dure, des secondes volées à l'éternité. Pour Canito, ce fut des années dérobées, voilà son secret.

 

        « J’ai tenu Ava Gardner plusieurs fois dans mes bras ». Paroles de Francisco qui rajoute : « J’ai toujours affirmé que les deux plus belles femmes sont Ava et la Vierge Marie ».

     Que rajouter après cela ?

*Au plus que parfait de l'objectif, titre largement inspiré du titre du livre de Robert Doisneau, A l'imparfait de l'objectif, titre lui-même largement inspiré de cette citation de Jacques Prévert : " C'est toujours à l'imparfait de l'objectif que tu conjugues le verbe photographier".

                                                    Gilbert Lamarque

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Decepción grande

Publié le par Cositas de toros

 

MADELEINE

 

Photos Frédéric Martinez

    Samedi 24 juillet 2021. 11h, 2e de feria.

         Corrida d’Alcurrucén, le cartel de la feria.

         Première corrida présentée en matinée dans l’histoire du Plumaçon.

 

          La devise d’Alcurrucén associée au torero de la Rioja, Diego Urdiales, nous  promettaient de bons moments. Le diestro d’Arnedo nous rappelant les tardes bilbaínas où il triompha lors des encierros de la ganaderia d’El Cortijillo : 29 août 2015, 2 oreilles ; 24 août 2016, 2 oreilles et le 25 août 2018, 3 oreilles.

     "Rompe Charcos", "Tonadillo", "Limonero", "Afectisimo", "Corneta" et "Arestado" aux robes variées, du negro décliné en negro mulato, du castaño au colorado, furent l’ombre de leurs prestigieux ascendants. Bien que de belle présentation, l’émotion ne nous titilla à aucun instant, les Nuñez défilant sans race, sans charge, distribuant les derrotes. Où est passée l’alegría qui caractérisaient ce fer ?

 

D. Urdiales et Rompe Charcos

    Le premier inspecte le ruedo d’un œil inquisiteur et freine des quatre fers dans la cape de Diego Urdiales. Le tercio de varas est excessif, l’Alcurrucén prenant une grosse ration en poussant, plus trois autres en carioca, l’ultime sous le peto du réserve.

   

     Les séries de muletazos s’enchaînent avec sincérité, derechazos alternant avec les naturelles où l’animal abrège par des retours prompts. Demi-lame, descabello, salut.

 

Afectisimo, negro mulato

     Le quatrième, negro mulato, le plus léger, prend deux piques en bravito. Après brindis au public, il part dans la flanelle sans attendre le "toque", le Riojano distillant une lenteur de bon aloi, parfois distant mais juste, sans contraindre son opposant, les séries se succédant avec temple, le Nuñez, le regard vers les planches en fin de passes. La conclusion procède par naturelles templadas et le pecho mais la faena est longue et l’avis retentit. Pinchazo, entière caída, oreille.

     L’unique instant artistique de la matinée.

 

Tonadillo, negro gijón

     Paco Ureña rencontre les difficultés dès la sortie de "Tonadillo", distrait. Discret sous le peto, sortant seul de la deuxième rencontre, il est compliqué à banderiller.

Paco Ureña et Tonadillo

      Charges courtes, tête haute. Avis, ça ferraille dur, silence.

Le cinquième, n’est pas mieux, plus faible mais pousse quelque peu au cheval. Brindis au public (?), Paco est absent du ruedo, livrant une faena distante allant a menos comme l’Alcurrucén. Il est triste le Paco, nous aussi. Bajonazo, silence.

     Emilio de Justo voit son premier toro partir seul au cheval dès la sortie du patio. Suivront deux autres puyazos sans intérêt. Le bicho n’"humilie" pas à la muleta, relevant le chef généreusement, aucune liaison possible. Entière et descabello, palmas.

 

Arestado, le 6e negro mulato

     Le dernier est un faiblard, il sera piqué par deux fois avec cariocas. Morenito d’Arles est ovationné aux palos. "Brindis" au doux peuple décomposé comme le toro. L’envie ne suffit pas, Emilio se rend compte du désastre, la muleta malmenée par les violents coups de tête. Entière caída, silence. Il partit dare-dare chercher les trois oreilles qui l’attendaient à Santander, l’après-midi.

 

Martin et Chouan

 

     Chers amis, le fond manqua et le ciel avait tiré à lui sa couverture. L’ennui est facteur de créativité, paraît-il, alors, tous les espoirs nous sont permis !

 

PS. Pas de reseñas du vendredi et samedi por la tarde, absent des tendidos par choix. Demain, une chronique différente. Vous retrouverez les impressions de la non piquée et de la corrida des Pedraza, mercredi.

 

                                                                 Gilbert Lamarque

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Seul et désespéré (1) - Final, a menos ( 2)

Publié le par Cositas de toros

                                              SEUL ET DÉSESPÉRÉ

 

Céret, diumenge 18 de juliol del 2021.

 

     11h. Novillada. Francisco Montero, único espada.

Photos Ch. Lafaye

      6 novillos de :

Medico

"Medico" de C. Yonnet, sobrero remplaçant "Sandiero" de Saltillo, invalide et pauvre de présentation.

 

Gitanito

"Gitanito" de Concha y Sierra, magnifique castaño chorreado bociderado bragado.

 

Cantinillo

"Cantinillo" de Dolores Aguirre.

 

Marinero

"Marinero" de C. Yonnet.

 

Batanerito

"Batanerito" de Barcial, le plus charpenté.

 

Peinador

"Peinador" de Los Maños, le plus léger dans le type de la ganaderia.

Sobresalientes : Alberto Pozo et Rafael Reyes.

 

                                      Maître Gaspi a de nouveau frappé.

 

 

     Francisco Montero nous a prouvé une nouvelle fois son manque évident de technique, un physique ne résistant pas à une encerrona devant de tels novillos, une main gauche peu usitée et au cinquième, le Barcial, un manque de lucidité, étant fortement désemparé. Bravo pour son courage mais cela est bien peu devant d’excellents novillos exigeants demandant chacun une lidia adaptée à leur origine, ce que le novillero ne sut pas déceler. Navrant.

 

Le sobrero de Yonnet est plaisant mais vient le point fort de la novillada avec le Concha y Sierra à la jolie robe et au beau galop. 3 piques dans la règle, salut du picador Santiago Pérez. Francisco bien en dessous, les fortes rafales n’excusant pas sa piètre prestation. Il manquait une muleta ferme pour le soumettre. Une bonne série de la gauche, c’est peu.

 

Cantinillo

     Le Dolores Aguirre méritait mieux lui aussi. Nous n’avons rien vu, seulement un novillero pratiquant une tauromachie de pueblo. Jamais croisé, usant du pico et s’économisant pour les joutes à venir. Le bicho resta inédit.

Le Yonnet est piqué lamentablement, il n’en sortira rien ni de l’animal ni du torero.

Le Barcial, le plus athlétique, dans le type de la maison, est amené quatre fois face à la cavalerie, il ira en manso sortant seul. L’Andalou perd les papiers. Échec aux aciers. La présidence sort le mouchoir bleu contesté par une partie du public. Ne confondons pas la quantité avec la qualité. Le Concha y Sierra méritait, lui, la vuelta al ruedo !

 

Peinador

     Jusqu’ici sobre, le novillero de Chiclana de la Frontera usa de ses dernières ressources, une porta gayola de rodillas, suivie de deux autres génuflexions à divers endroits. Le tremendisme revenu ne lui apporta rien de plus, sinon quelques railleries et invectives de la part d’un public patient et accorte. Ce petit "Peinador", noble, ne présentait pas de difficultés insurmontables, pas de faena.

 

(?)

          La baudruche est dégonflée : salut, avis et silence, silence, avis et silence, avis et division et salut.

     Chaque arrastre applaudi.

     Meilleure faena, la Tramontane.

 

 

                                                    FINAL, A MENOS

 

Céret, diumenge 18 de juliol del 2021.

 

     18 h. Corrida de Raso de Portillo.

 

     Un encierro hétérogène, fortement armé, de la bravoure sans plus, manquant de transmission par la suite.

 

                                                                      De l’ennui.

 

 

   Fernando Robleño est en fin de carrière ; l’usure du temps et surtout les combats qu’il a menés durant toutes ces temporadas ont eu raison de lui. Sa prestation fut transparente.

 

Ultramar

     Son premier toro, "Ultramar" n’est pas assez piqué, deux rencontres, un seul puyazo. La présidence met fin au tercio (?).

F. Robleño et Ultramar

     Après brindis au public, Fernando va errer sans autorité. Pinchazo, entière et salut.

"Afamado" est plus violent, se défend. Robleño sera en échec, auteur d’une faena des plus ennuyeuses.

 

"Tejon" remate copieusement contre les burladeros.

Gómez del Pilar et Tejon

     Gómez del Pilar termine son capeo par une demi véronique et le bicho se montrera manso face à la cavalerie. Il en ressortira une faena sans aucune saveur, l’animal de peu de charge et marchant sans cesse.

"Albardado" n’est guère convaincant prenant deux piques, en dessous la seconde. Changement de tercio : le président n’aime pas les piques ? Le toro ne veut rien savoir à gauche, nous avons droit à quelques derechazos supplémentaires. Entière et descabello, arrastre sifflé.

 

Jean-Loup Aillet et Quiromante

Maxime Solera a le soutien du public. "Quiromante" est bien mis en suerte et bien piqué par Jean-Loup Aillet – le meilleur moment de la course – mais le bicho ne met pas les reins. Ovation au picador.

 

M. Solera et Quiromante

     Brindis à Robleño et faena distante, lassante. Maxime recule sans cesse, le toro ne l’aidant pas.

L’ultime, "Paganito" présente un véritable "balcon sur les Pyrénées", très, très veleto. Il reçoit trois piques sans véritablement pousser.

Paganito

     Brindis au public et faena de peu d’intérêt, Maxime n’allant pas au bout de la passe et jamais dans le bon sitio. Très long à la mort avec l’usage du descabello. Avis et silence. Seulement la deuxième corrida de Maxime.

 

     Jean-Loup Aillet a reçu le prix au meilleur picador, sans concurrence.

     Président, Bernard Sicet, allergique au tercio de varas, sembla-t’il.

     On rendit hommage à la fin du paseo, au banderillero Rafael Gonzalez qui prit l’alternative ici-même, il y a 25 ans. Joli geste.

 

 

     Petite feria mais bon public, la curiosité envers les Reta, d’excellents novillos sont à retenir. La Cobla Mil Lenària de Perpignan, bien sûr avec la Santa Espina et la ténacité de la Tramontane.

 

                                                                        Gilbert Lamarque

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Les veuves invitées

Publié le par Cositas de toros

 

Céret, samedi 17 juillet, 18h.

 

           Le ciel était aussi bleu que les toros de Casta Navarra étaient mansos, mansos perdidos.

 

                     Envols de capes, volées de muletas et mouchoirs rouges

 

Photos Ch. Lafaye

 

 

          C’est à croire que la plupart du temps nous assistons à des corridas où les toros sont très souvent des couillons. Cet après-midi, une fois les épées et muletas rangées, nous avons compris après trois heures de grosses suées que ces toros navarrais étaient… intelligents. Oui, le Navarrais est lucide et perspicace. Peu importe l’âge, les quatre premiers étaient nés en janvier 2015, le cinquième en juin 2015, l’ultime en avril 2016, même plus jeunes, le cours des choses n’aurait subit aucune révolution. Intoréables ! Aucune lidia possible, le danger à chaque tercio sur toute la surface du ruedo. Arrêts brusques devant la cape, refus des piques mais doués pour la feinte et l’esquive. Tous avisés et chacun trouvant querencia devant la sortie du toril, à deux pas du jeune mayoral.

 

Les banderilleros eux aussi invités à la fête, à la peine ; Vicente Valera et Alberto Cacero, les poseurs de bâtonnets d’Octavio Chacón ont salué, un miracle.

 

F. J. Navarrete et Rabioso

Rabioso, le second de Francisco Javier Sánchez Vara "se met en valeur" sur un bon puyazo et provoque le batacazo, mais la suite fut moins glorieuse sortant seul lors des deux rencontres suivantes. Le piquero F. J. Navarrete reçoit les palmas. Le torero réussit quelques courtes séries, un hold up.

Octavio Chacón et Contendo ne s’accordent pas – le contraire aurait été étonnant – le toro hésite à la pique, s’élançant avec violence, dénué de la moindre bravoure, sortant seul des deux rencontres. Le piquero se lance à la poursuite du bicho, celui-ci passe entre les deux chevaux, puis fonce sur l’un d’eux et arrivé au niveau de l’épaule, exécute un magnifique quiebro. Les banderilles noires s’invitent au spectacle. Chacón renonce, lâche par deux fois sa muleta pour mieux sauter dans le callejón. Ce fut quasiment le même scénario avec chacun des Navarrais.

 

Catalino

   

Tendero

 

     Ils se nommaient, "Catalino", 490 kg (01/15), Avinagrado, 490 kg (01/15), Tendero, 540 kg (01/15), Rabioso, 510 kg (01/15), Contento, 590 kg (06/15) et Grandioso, 550 kg (04/16), tous veletos et astifinos, du trapío et la robe châtain des Navarrais.

 

F. J. Sánchez Vara et Contento

     Sánchez Vara, salut et vuelta

 

O. Chacón et Avinagrado

     Octavio Chacón, silence bis

 

M. Á. Pacheco et Tendero

     Miguel Ángel Pacheco, silence et salut, fortement secoué par Grandioso

Catalino, Tendero et Contento reçurent les fameuses banderilles noires, les veuves.

Nous avons eu chaud, les belluaires aussi, beaucoup de vent par rafales sous un ciel bleu.

Le public est à féliciter, compréhensif, pas de huées, très peu de sifflets. L’aficionado présent savait, le résultat ne surprit pas mais l’après-midi fut intéressant et ce fut, dans un sens, une corrida historique, convenons en.

 

     Miguel Reta Azcona et son mayoral, tout sourire, se prêtèrent volontiers aux sollicitations des photographes, et ça, c’était quelques minutes avant le paseo.

Le ganadero continuera t-il le jeu des éprouvettes ? Toujours est-il qu’il maintiendra la vente de ses toros pour les spectacles de rue, les festejos populares de Navarre, de Tafalla à Estella, de Tudela à Peralta. Nous l’avons vérifié, ses toros ont toutes les qualités pour courir dans la rue : mobilité, poursuite de l’homme et cette frappante "intelligence". Point de noblesse, de bravoures recherchées dans un ruedo.

Il est certain que nous ne reverrons pas de Casta Navarra avant des lustres et des lustres.

 

Rabioso

Nous nous inclinons devant de tels toreros, acclamés à leur départ.

Notons que Sánchez Vara rencontra en mai 2016 à Las Ventas pour la San Isidro, un toro de Saltillo, "Cazarrata", condamné aux banderilles noires. Encore un toro épouvantable !

 

                                                                        Gilbert Lamarque

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APODOS

Publié le par Cositas de toros

 

                            L’origine parfois curieuse des surnoms taurins

 

            Cela fait des siècles que les surnoms des toreros sont empreints de bizarrerie, souvent uniques, parfois étranges, du simple diminutif du nom ou du lieu de naissance, à d’autres aussi variés que des émanations zoologiques, alimentaires, et même de quelques défauts physiques. De El Gallo à Cuatrodedos, de Cara-Ancha à Lagartijo jusqu’à nos jours avec El Fandi ou Finito.

 

Lagartijo
Cara Ancha

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

                                                                         Et c’est ainsi depuis les premiers toreros, et cela continue d’être ainsi comme le journaliste et écrivain Leopoldo Vázquez y Rodríguez l’a déjà collecté, qui, à la fin du XIXe siècle, en 1896, écrivait dans El Arte de la lidia un article où avec esprit et ironie, il démêla l’origine des apodos que certains coletudos transportaient.

 

Le monde animal ou les lieux d’origine. 

     Coq, Lézard, Loup, Puce, Lapin, Petit Lézard, Petite Puce, Rat, Sauterelle, Coucou, traduction dans l’ordre : Gallo, Lagartijo, Lobo, Pulga, Conejo, Lagartijillo, Pulguita, Rata, Cigarrón, Cuco, sont les premiers surnoms relatifs aux animaux. La liste se poursuit avec les diestros qui ont emprunté le nom de la ville où ils sont nés. Des toreros qui s’appelaient Murcia, Soria, Cervera, Valencia, Miranda, Sevilla, Melilla, Pastrana, Villanueva, Valdemoro, León, Guadalajara ou Peñalver

La liste continuait soit avec la couleur de la peau : Moreno, Rubio, Blanquito, Jaro, soit avec quelques productions agricoles : Lechuga, Melones, Centeno, Trigo traduits par Laitue, Melon, Seigle, Blé, ou bien alors avec les étrangers : Inglés, Portugués, Ginebrino (Suisse), Americano.

Le vent venant de la mer, nous trouvons Marinero ; les plus fatigués, Fatigas, sans oublier les défauts physiques comme Agudamientos (dans le sens d’aiguë), Agujetas (courbatures), Cara-Ancha, Cuatrodedos, Pelao (sec), Sordo, Chato (nez aplati), Ronco (enroué), Gordito, Mellado (édenté), Mudo (muet), Cano (cheveux blancs) ou Calvo (chauve). Il y eut aussi Cantares et parmi les arbres, Almendro et Pino, sans oublier les oiseaux : Loro, Canario et Jilguero, c’est à dire : Perroquet, Canari et Chardonneret. Il y avait encore, la gourmandise avec Mazapán et l’explosion avec Bombita. Et pour la fête : El Pipo (le sifflet) et Guitarra. On trouve également les plus belliqueux : Guerra, Guerrita, Guerrero mais aussi les métiers, Sastre, Naranjero, Albañil, Pavero, Pintor, Cucharero, Pastor, Tallista, Guitarrero, Tortero, Barberillo, Arriero, Vaquero, Calesero, Patatero ou Cocherito : Tailleur, Vendeur d’oranges, Maçon, Paveur, Peintre, Métallurgiste, Berger, Menuisier, Guitariste, Vendeur de gâteaux, Petit barbier, Muletier, Vacher, Charretier, Cultivateur de pommes de terre ou Petit cocher.

On n’oublie pas El Estudiante ni El Chispa, l’Étincelle pour la bonne humeur ni Carcelerito, Petit gardien de prison ni Conde ni Marqués… Les diminutifs sont d’autres classiques où l’on rencontre : Frascuelo, Joseíto, Pepín, Cayetanito, Mateito, Dominguín, Gonzalito, Bernalillo, Manolín et Villita. Et aussi en raison de l’origine, il ne manque pas de Mancheguito, Valenciano, Granadino, Cordobés, Ecijano, Malagueño, Salamanquino, Antequerano, Sevillano, Cartagena, Navarro, Montañes, Algabeño et Gallego.

Cependant, le méticuleux Leopoldo Vázquez y Rodríguez n’a trouvé que deux surnoms qui définissent ce qu’ils exercent : Torero et Torerito, et il est surpris car certains apodos ne disent rien sur leur origine : Manene, Libri, Lavinia ou Rolo ?

     Aujourd’hui dans la liste raccourcie des matadors en exercice, nous pouvons trouver, en vrac : Morante de la Puebla, El Juli, Calita (Ernesto Javier), El Fandi, Finito de Córdoba (Juan Serrano Pineda), Rafaelillo (Rafael Rubio), El Cuqui (Joaquín Ribeiro), Cayetano (Antonio Rivera Ordoñez), David de Miranda (David Pérez Sánchez), Morenito de Aranda (Jesús Martínez Barrios), Micheleto et El Galo (les frères Lagravère)...

Chez les novilleros : Manuel Diosleguarde (Manuel Francisco Sánchez García né à Dios le Guarde, région de Salamanque), Parrita (Manuel Vilches), El Chorlo (Jesús Diez), Calerito (Juan Pedro García Vizcaíno), Quinito ( Rafael López, colombien de Medellín), Villita (Juan José Villa) , El Niño de las Monjas (Jordi Pérez)…

 

      Chez les Français, le premier torero d’alternative ne fut autre que Pierre Cazenabe, né à Meilhan, le fameux Félix Robert. Nous trouvons dans le désordre et la liste est non exhaustive : le Nîmois Amor Antunez, El Andaluz ; Étienne Boudin, Pouly, Ambroise, son fils Pouly II et Pierre, le petit-fils Pouly III ; Jacques Brunet, Jaquito ; Bernard Domb alias Simon Casas ; tous les Arlésiens Goita à l’état civil, les Romero ; Richard Milian, ex Niño de Saint-Cyprien, les frères Montcouquiol Alain et Christian, Nimeño I et II ; Lucien Tien Orlewski dit Chinito ;

Chinito de Francia

 

André Viard qui répondait au tout début au surnom de El Dibujante, le Dessinateur, discipline où il excelle ; Marc Christol n’est autre que Marc Serrano ; J.B. Jalabert, Juan Bautista ; Yannis Djeniba, El Adoureño ; Raphael Raucoule, El Rafi, le dernier en date.

À tous ces toreros d’alternative, rajoutons ceux qui s’habillèrent ensuite d’argent, Philippe Delapeyre, El San Gilen ; Lionel Rouff, Morenito de Nîmes et Rachid Ouramdane, Morenito d’Arles.

Solal Calmet, Solalito chez les novilleros…

En Biscaye, dans la liste des anciens toreros, il était plus aisé d’en appeler certains par leur apodo.

Cocherito de Bilbao

     Quelques noms : Cástor Jaureguibeita Ibarra, Cocherito de Bilbao ; Rufino San Vicente Navarro, Chiquito de Begoña ou Sarafín Vigiola del Torco, Torquito I.

Les toreros de la province voisine de Guipuzcoa ne sont pas en reste, la preuve : Juanito Aldabaldetrecu, Aldaba ; Martín Barkaiztegi, litographié par Goya, Martintxo ; Luis López Irala Goitia, Txikito de Rentería.

 

Paquiro

     Nous pourrions continuer indéfiniment en prenant les toreros "romantiques" comme Francisco Montes, Paquiro ; José Redondo y Domínguez, El Chiclanero… les "post-romantiques", José Rodríguez y Rodríguez, Pepete ; Manuel Domínguez, Desperdicios ou Antonio Sánchez, El Tato né en 1831 à Séville, autre El Tato, José Raúl Gracia Hernández, lui né à Saragosse en 1972, triomphateur à Mont-de-Marsan en 1998 et 2000 face aux victorinos.

Rajouter les matadors de l’âge d’or, des années 50 à 70, etc.

     En voici quelques uns pour le plaisir :

- Antonio Chenel Albaladejo, Antoñete.

- Juan Belmonte García, plus communément appelé Juan Belmonte, est un des toreros avec Manolete et El Cordobés qui a collectionné le plus de surnoms : Terremoto (tremblement de terre), Coloso de la Emoción, San Juan Belmonte, El Cataclismo, Pasmo de Triana. On l’appela aussi Trianero (natif du quartier de Triana de Séville), il est pourtant né dans le quartier de la Macarena !

 

Cagancho

- Joaquín Rodríguez, Cagancho, un surnom malodorant venant du verbe cagar (qui se passe de traduction) et de ancho qui signifie large ou épais. Mais il existe une explication plus plaisante : en Andalousie, on donnerait le nom de cagancho à un oiseau chanteur.

- Antonio Borrero Morano, Chamaco, né à Huelva en 1935.

- Juan Antonio Ruiz, Espartaco.

- Miguel Baez Espuny, El Litri.

- José Maria Dols Abellan connu sous le pseudonyme de Manzanares, utilisé par son père, banderillero.

 

Minuto

- Enrique Vargas, Minuto, réduction de diminuto signifiant "très petit".

- Cayetano Ordoñez Aguilera, Niño de la Palma, le père d’Antonio.

- Francisco Rivera Pérez, Paquirri.

 

El Viti

- Santiago Martín Sánchez, El Viti, du nom de son village natal, Vitigudino à 70 km de Salamanque.

- José Ulloa, Tragabuches, mange-panse, pseudonyme de son père à la voracité légendaire.

 

El Yiyo

     … et José Cubero, Yiyo, sa mère l’appelait Joselillo et dans son quartier de Bordeaux, on le connut très vite comme Yiyo.

     Et l’on pourrait compléter avec les apodos des picadors, banderilleros et autres peones, les apoderados, les écarteurs, raseteurs, revisteros… indéfiniment !

 

                                                                  Gilbert Lamarque

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