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UNE HISTOIRE DE L’AFICIÓN EN ESPAGNE

Publié le par Cositas de toros

Première partie.

                                                   

 

                                                            

Le jour se lève

 

    Lorsque Philippe V monta sur le trône d’Espagne, il apporta avec lui dans la péninsule, les idées, les mœurs et les préjugés au milieu desquels le duc d’Anjou avait été élevé. Aussi, éprouva-t-il et manifesta-t-il une vive répulsion pour les combats de taureaux. Durant les quarante six années que dura son règne, sans le défendre officiellement, il fit tous ses efforts pour abolir ce spectacle. Il n’y assistait jamais volontairement et ne l’autorisait à la cour que lorsque l’usage ne lui permettait pas de faire autrement. Ses courtisans, pour la plupart étrangers comme lui, n’eurent pas beaucoup de peine à renoncer à cet exercice vers lequel ils étaient peu portés, et les représentants de la noblesse espagnole qui avaient déjà fort à faire pour rester bien en cour, furent obligés de faire au caprice de nouveau roi, le sacrifice de leur jeu favori.

 

                                                        

Philippe V le Brave (1683-1746) par Miguel Jacinto Meléndez. Musée du Prado. Madrid.

                                                             

En effet, Philippe de France, duc d’Anjou était né à Versailles en 1863 issu de la dynastie des Bourbon. Papa n’était autre que Louis de France dit Monseigneur ou le Grand Dauphin. Ainsi, à Madrid, il installa des Français aux postes importants, orientant de façon nouvelle la politique espagnole.

    Là où Isabelle la Catholique et le Saint-Siège avaient échoués, Philippe V ne pouvait réussir, et les faits ne tardèrent pas à confirmer une fois de plus la vérité de cet aphorisme ignoré des taurophobes : Combattre l’afición, c’est la développer. On aimerait aujourd’hui que la chose soit vraie !

    Comprimée chez la noblesse, l’afición déborda chez le peuple où il devait être impossible de l’atteindre et où elle acquit vite une vigueur extraordinaire.

    Par un heureux contraste, autant Philippe V s’était montré hostile aux courses de taureaux, autant son fils Ferdinand VI qui lui succéda, se prit à les aimer.

 

                                                                     

Ferdinand VI le Sage (1713-1759) par Louis-Michel van Loo. Détail.

 

Le prince fit pour la tauromachie ce que Philippe IV avait fait pour les beaux-arts et pour les lettres. Il favorisa l’organisation des courses de taureaux, fit bâtir des arènes, dota Madrid d’une plaza où se donnaient des funciones au bénéfice de l’hôpital général, et obtint enfin du Saint-Siège l’annulation de la bulle de Pie V, et la suppression des peines très graves que l’Église infligeait aux toreros.

    L’élan était donné et il n’était plus au pouvoir de personne de l’arrêter.

 

                                                                             

Charles III (1716-1788) par Raphaël Mengs (1774).

 

Charles III l’essaya en vain en 1785. Par un article de sa royale décision, il interdit les courses de taureaux. Le décret resta lettre morte et fut bientôt annulé.

C’est sous son règne que commença à émerger l’idée de l’Espagne comme nation, qui se dota de symboles identitaires : un hymne, un drapeau et une capitale digne de ce nom.

    Mal conseillé par Godoy, Charles IV en l’honneur de qui, - l’ingrat ! - avait été donnée lors de son mariage, l’une des plus belles courses qui se soient vues en Espagne, veut à son tour supprimer ce spectacle. Cette mesure impolitique ne fut pas de celles qui contribuèrent le moins à provoquer cette explosion de colère contre le roi et de haine contre le ministre qui fit trembler tout le pays et jeta sur le Prince de la Paix, les insurgés d’Aranjuez…

    … Le soulèvement d’Aranjuez, motín de Aranjuez, fut un soulèvement populaire qui s’est déroulé le 17 mars 1808. Sachez que les troupes françaises sont présentes en Espagne et que les opposants au roi Charles IV et à son ministre Godoy, sont favorables au Prince des Asturies, le futur Ferdinand VII.

 

                                                                       

Charles IV (1748-1819) par Goya (1789). Musée du Prado. Madrid.

 

Au mois de mars, craignant le pire, la famille royale se retira à Aranjuez pour pouvoir, en cas de nécessité, prendre le chemin vers le sud, vers Séville et embarquer pour l’Amérique.

Le 17 mars après que la rumeur sur le voyage de la famille royale se fut répandue, la foule se réunissant devant le palais royal d’Aranjuez, le prit d’assaut. Devant la crainte d’un véritable lynchage, le prince Ferdinand intervint en véritable maître de la situation ; son père abdiqua, et il devint le roi Ferdinand VII. Voici pour l’histoire.

Ces évènements furent les premiers râles de l’Ancien Régime en Espagne.

 

                                                                  

Ferdinand VII le Désiré ou le Roi Félon (1784-1833) par Vicente López Portaña. Détail.

   

    La longue acclamation d’amour et de joie qui accueillit le retour de Ferdinand VII, - il fut remplacé sur le trône en juin 1808, par Joseph, le frère de Napoléon - se changea vite en murmures de mécontentement quand on vit ce prince traiter l’Espagne en terre conquise, méprisant ses souffrances et restreignant ses libertés. Lui aussi tenta de supprimer les courses. Cette politique faillit lui coûter cher et il fallut rien moins que l’intervention de la France pour le maintenir sur son trône. La leçon cependant lui profita ; il comprit que "la petite promenade militaire" du duc d’Angoulême ne pouvait se renouveler indéfiniment et qu’il valait mieux gouverner l’Espagne par l’amour que par la crainte. Louis Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, Dauphin de France (de 1824 à 1830) , fils de Charles X, conduisit en 1823, la victorieuse expédition d’Espagne et gagna la bataille du fort du Trocadero et s’empara de Cadix.

 

                                                                     

Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulème de 1775 à 1824. Anonyme. Musée de la Légion d'honneur. Paris

  

    Il restaura, en monarque absolu, Ferdinand VII.

Celui-ci rendit donc ses libertés et accorda aux villes le droit d’organiser des courses. Il alla plus loin, fit du zèle en ordonnant la fondation d’une école officielle de tauromachie !

    Donc, soucieux de raviver une tradition populaire qui avait souffert de cette guerre avec la France, il créa l’école taurine de Séville. Il en confia, en 1830, la direction au matador Jerónimo José Candido, beau-frère de Pedro Romero qui avait alors soixante treize ans et qui finit par obtenir la direction tandis que Candido devenait son adjoint !

 

                                                        

Pedro Romero (1754-1839).

        

 L’école ferma quatre ans plus tard par décret le 15 mars 1834. Des figuras passèrent par cette école, tels Paquiro, Cúchares…   

    Il serait puéril et grotesque de prétendre que la suppression des corridas a été la cause efficiente des troubles qui agitèrent l’Espagne au commencement. Mais ce fut assurément une mesure maladroite, et la goutte de sangria fit déborder el jarro. On n’assagit pas un peuple en l’empêchant de se distraire comme il l’entend, et il vaut mieux qu’il dépense dans les "jeux du cirque", Panem et circenses, l’exubérance d’activité, de force et de courage qu’il pourrait employer à soutenir des luttes intestines. ¿ No ?

    Après Ferdinand VII, vinrent les Régences de Marie-Christine de Bourbon-Sicile et de Baldomero Espartero, puis les règnes d’Isabelle II, Amédée 1er , Alphonse XII, son fils Alphonse XIII.

En 1929, on célébrait environ 300 corridas. La Seconde République fut proclamée le 14 avril 1931, et juste avant la Guerre Civile, en 1935, la crise avait réduit le chiffre à une centaine.

 

                                                               

¡ Tres pesetas y nada mas !

 

 L’État espagnol de Francisco Franco suivra avec l’âge d’or de la corrida et la manipulation du peuple par le Caudillo, puis les différents gouvernements avec Juan Carlos 1er, roi le 22 novembre 1975, Philippe VI depuis 2014, perpétuant la dynastie… Rien de nouveau sous le soleil.

 

A suivre…

                                                                                   Gilbert LAMARQUE

 

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VUELTA AL RUEDO AL PERRO "ORTEGA"

Publié le par Cositas de toros

 

     Année 1958, le 12 juillet, Feria del Toro de Pamplona.

Ce jour-là, la vedette dans le ruedo pamplonais a été un chien, un chien de berger de ganado bravo. Il se nommait "Ortega", propriété d’Esteban Irisarri, lui aussi berger.

Pendant l’encierro de ce jour, celui de la ganaderia de Miura, un toro ne voulait pas entrer par la porte des areneros du coso de Pampelune. Ni les dobladores*, ni les cabestros, ni quelques capotes, ni toute l’expérience des bergers ne réussirent à faire rentrer l’animal dans les corrales. Mais apparut en scène "Ortega", et avec quelques aboiements et morsures, il parvint à faire rentrer le Miura aux corrales.

 

 

Les mozos présents prirent le chien comme un héros et firent avec lui, une vuelta al ruedo triomphale.

 

 

* Doblador (nom masculin). Doubleur. Vient de doblar qui veut dire doubler, plier, courber. Au figuré, se soumettre, céder, faire changer d’idée.

A l’encierro, désigne le torero professionnel qui intervient à l’entrée des toros dans les arènes, lorsqu’il soumet les cornus à sa cape, pour les amener au corral.

 

                                                                       Gilbert LAMARQUE (traduction).

 

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BOUGUE. 5 MAI.

Publié le par Cositas de toros

XXVBOLSIN

BOUGUE. 5 MAI.

    1O h. Soleil. 7°. Les premières hirondelles vues au-dessus du ruedo, souhaitaient nous convaincre que le printemps est bien là. Nous sommes septiques. 

Sur le sable, 10 jeunes, 1 torera et 9 toreros prêts à s’affronter pour enfin voler de leurs propres ailes.

 

Jean-Louis Darré a amené 10 vaches de présentation soignée, au jeu varié, souvent intéressantes au cheval monté par Gabin Rehabi. 10 vaches tientées par 10 oisillons. Dans l’ordre : honneur à la demoiselle, Anaïs Taillade (ET Béziers), Alejandro Contreras Tarín (ET Valencia), Miguel Uceda Vargas (ET Camas), Leonardo Dos Santos Passeira (ET Salamanca), David Martinez (ET Guadalajara), Christian Pajero (ET Chiclana), Borja Escudero Gosalbez (ET du pays d’Arles), Jésus Garcia Iglesias (Fundación El Juli), Tristan Espigue (ET Rhône Afición) et Niño Julian (CFT Nîmes).

Sortent de l’ ensemble, les vaches 4, 7 et 8. Chez les jeunes duveteux, dans l’ordre de sortie, Uceda Vargas+++, Christian Pajero++, Tristan Espigue+++ et Niño Julian++.

Intéressante phase qualificative, et sont retenus pour l’après-midi : Contreras Tarín (?), Uceda Vargas et Pajero. Le premier efficace certes, mais sans style, le deuxième très élégant, enchaînant de bonnes séries et le dernier, bien techniquement mais froid, un peu terne.

Tristan Espigue et Niño Julian hélas tombés du nid, desservis par les qualités moindres de leurs opposantes.

 

    17 h. Soleil et passages nuageux accompagnés de temps à autre, par de petites rafales perverses.

5 erales du fer de Santiago de Camino (J.-L. Darré) irréprochables de présentation, un peu faibles les 3 pour la demi-finale, les 2 suivants pour la finale, plus solides, plus nobles ayant plus de fond.

A. Contreras Tarín (salut) peu convaincant à la cape, se montre distant à la muleta, toréant avec le pico. Le Camino est juste de charge, de force, manquant de transmission et le toreo du Valencien est fade.

Dommage avec le deuxième faible qui fléchit souvent. Une zapopina avortée car l’eral tombe devant la cape. De beaux gestes aux fragrances andalouses à la flanelle, du temple. Le temple ne s’invente pas. La faena s’éternise, le Camino a de l’envie mais peut peu. Entière de côté, efficace, Uceda Vargas salue.

Le troisième, bizco, délivre un éventail d’ hachazos. La faena est précipitée, brouillonne. Pajero est peu aidé, il est vrai par l’eral mais le novillero sert divers derechazos, une paire de naturelles allurées et quelques redondos. Tout ceci sans grand art. Salut après entière.

 

Le match des finalistes oppose Uceda Vargas à Pajero.

 

                                                   Christian Pajero,

C’est ce dernier qui est déclaré vainqueur de ce XXVe Bolsin. Il fera montre de technique et de variété, nous bluffant, servi par le meilleur Camino, noble, de bon jeu. C’est un travail sans fioritures, classique, bien exécuté. Une épée basse mais d’effet rapide fait tomber un pavillon.

 

                                               Miguel Uceda Vargas

se fait désarmer par un eral abanto. L’écolier de Camas débute de muleta du centre, pieds joints sans broncher. Toujours élégant, il temple parfaitement et déroule de bons derechazos. L’apprenti a tendance à réciter et le Camino, lui, a tendance à s’approcher des tablas. L’élève allonge inutilement sa faena, erreur. Tout ceci se terminant aux planches, a menos. Une lame entière, plate. Oreille.

 

  Christian Pajero,le lauréat succède à Alejandro Talavante, Fernando Cruz, Álvaro Lorenzo et plus récemment à Manuel Diosleguarde (2017) et Solalito (2018). Il est assuré d’avoir au moins les cinq contrats que représentent Bayonne, Mont-de-Marsan, Dax, Plaisance et Vic au cours de cette temporada.

C. Pajero est à gratifier d’une belle attitude lorsqu’il vient, reconnaissant, remercier lors de la vuelta, le ganadero invité à saluer.

La journée a été suivie comme à chaque édition par ces quarterons d’aficionados fidèles à ce tremplin printanier, 250 personnes environ.

Présidence objective (Pascal Darquié).

 

                                                                                      Gilbert LAMARQUE

Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
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Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
Reportage photos Fred Martinez
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Reportage photos Fred Martinez
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Reportage photos Fred Martinez

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FÊTES DES ARSOUILLOS. AIRE. 1er MAI.

Publié le par Cositas de toros

FÊTES DES ARSOUILLOS. AIRE. 1er MAI.

      A ma droite, 6 magnifiques novillos noirs déclinant des robes bragado meano lista pecho ou bragado corrido ou bien algo entrepelado bragado corrido salpicado… C’est clair ? Non, c’est noir !… de belle présentation, bien coiffés. A ma gauche, le valeureux Juan Carlos Carballo de Cáceres, le gaucher de Martigues, Maxime Solera et le Béarnais Dorian Canton dans le doute.

Carballo et Solera se retrouveront le 14 juillet à Céret pour combattre les "patas blancas" de Monteviejo.

Au dessus du ring, un astre en mode « je lève le pied, c’est le 1er mai ! » et les tendidos à demi garnis en comptant les cinq bandas.

Point de « brise aux parfums caressants », point de calme, de silence. Desafío des bandas, joute musicale dans les arènes se traduisant pour certains grincheux par « beaucoup de bruit pour rien ».

Les Armagnacs d’Eauze en musique officielle, le "Se Canto" avant le paseo, le pasodoble "Ivan Fandiño" à la mort du 3e novillo, en hommage au torero d’Orduña et "la Jota de los Toros" à l’entrée du dernier cornu.

Voilà pour le tableau. Rajoutons bien sûr que les 6 novillos sont de Juan Luis Fraile y Martín (herederos), du Santa Coloma par Graciliano Pérez Tabernero. Les 3 premiers fort compliqués, les 3 suivants beaucoup plus "toréables". Les premiers violents, les seconds plus faibles mais plus nobles aussi. Et tous ne rechignant pas à s’élancer vers la pièce montée mais sortant sans sollicitations des  peones.

Du dur pour des novilleros encore tendres.

 

                                                  Juan Carlos Carballo

donne de la voix sans cesse. Les bandas aussi, bruyantes sur les tendidos semblant ne pas respecter le spectacle se déroulant plus bas. Le garçon est décidé mais "Jacosino" ne l’entend pas ainsi, répandant sa violence et chargeant peu. Faena courte, avis, entière et silence. C’est mieux avec "Garbancero", collaborateur, chargeant avec sincérité. Sincère aussi, la faena de J.-C. Le côté gauche manifestement plus délicat. Il tue d’une entière en s’engageant terriblement, il virevolte sur la corne, spectaculaire. Mort aux tablas du manso con casta. Oreille et arrastre applaudi. Carballo se dirige ensuite vers l’infirmerie pour ne plus réapparaître.

 

                                                   Maxime Solera

reçoit a porta gayola, "Rosero" peu intéressé dans un premier temps par l’homme à genoux. Celui-ci avance, Maxime et sa cape reculent. Le Fraile est mal piqué et peu. Brindis aux Arsouillos. Muleta éreintée, c’est une faillite.

"Espartillo" quant à lui, est trop châtié. Séries des deux mains, la corne gauche s’avère épineuse, retour à droite. La faena est longue sans aucune transmission.

Par deux fois, Maxime éprouvera de grosses difficultés à l’estoc. Silence et silence.

 

                                                         Dorian Canton

met beaucoup de douceur dans sa cape pour accueillir "Sortijillo". Mais le travail va a menos, court de charge, le Fraile est faible. Échec à l’épée, silence.

Le dernier, "Jaquetón", était prévu comme sobrero mais l’éleveur souhaitait le faire sortir. Le bizco sort seul des deux piques, il est noble, la charge est bonne et Dorian baisse la main. Mais cela ne plaît guère au bicho qui reluque les tablas et qui finit par s’y réfugier à la fin d’une série. Le novillero ne réussissant pas à le garder à sa main. Manoletinas de clôture, entière plate, un avis et oreille désirée.

 

    Manolito de los Reyes et Mathieu Guillon saluent au 3e , El Santo et Manolito au 6e.

17 piques/rencontres avec la cavalerie madrilène Garcia. Celle de Bonijol n’a pu se déplacer depuis Laas (Mirande) pour un problème sanitaire (?).

Présidence sobre de Pascal Darquié.

 

   … ¡ RIAÚ RIAÚ… !

                                                                                        Gilbert LAMARQUE

Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
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Reportage photos Laurent Bernede
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Reportage photos Laurent Bernede
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Reportage photos Laurent Bernede
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Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
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Reportage photos Laurent Bernede
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Reportage photos Laurent Bernede
Reportage photos Laurent Bernede
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ZARAGOZA Mardi 23 avril

Publié le par Cositas de toros

 

    Alléluia… La Plaza de la Misericordia m’ouvre enfin ses portes…

 

   En ce premier jour de la feria de la Saint-Georges était proposée une corrida concours suffisamment alléchante pour nous inciter à faire le pèlerinage.

Sur place, avec les billets, on nous distribue un dépliant sur lequel est précisé point par point le règlement de cette corrida. A la lecture de ce dernier, nous nous disons que l’affaire est sérieuse mais, un détail nous chiffonne : Au cartel, un illustre inconnu entouré par Domingo López-Chavez et David Galván.

Le but d’une corrida concours étant de mettre en valeur toutes les qualités des toros que les piétons affrontent, nous nous posons la question légitime de savoir si Daniel Cuevas va être à la hauteur de la tâche.

Daniel Cuevas est "un torero de la tierra", âgé de 34 ans, qui a pris l’alternative des mains de Manolo Sanchez pour la Feria del Pilar en 2008. En questionnant un autochtone voisin de tendido, j’apprends que l’an passé, il n’a fait qu’un seul paseo, dans son pueblo, mais l’empressa met un point d’honneur à rentrer "un de ses enfants" dans tous les cartels. Plus confidentiellement, il m’avoue que ça fait surtout baisser le prix du plateau…

Comment l’empresa d’une arène de première catégorie, peut monter un tel cartel, sachant parfaitement que ces toreros modestes n’auront pas la technique suffisante pour toréer, qui plus est,  pour mettre le toro en valeur ?

Ceci résume l’état d’esprit dans lequel nous avons rejoint les tendidos qui, au moment du paseo n’étaient remplis qu’au tiers de leur capacité, pour voir sortir un toro de Saltillo, un Miura, un Carriquiri, un Concha y Sierra, un Murteira Grave et un Pablo Mayoral. L’affiche est belle…

 

Domingo López chavez

 

Le Saltillo de 566 kg, bien dans le type sort discrètement du toril en premier, ne remate pas, se défend dans le capote de D.L.C. et prend trois piques moyennes sortant seul de la dernière. Pas grand chose à signaler au deuxième tiers. Avec le percale, il se "déplace" en demi-charges, la tête à mi-hauteur. Après un petit essai à gauche vite avorté, il revient  sur l’autre rive où en baissant la main le Maestro arrive enfin à lui mettre le museau au ras du sable. Faena en demi-teinte terminée par une grande estocade en place et efficace. Vuelta après pétition.

ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
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ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
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En quatre, "Bandolero", un Concha y Sierra de 538 kg, fait une bonne sortie "rématant" fort aux planches. Il se prend au jeu du capote de López-Chavez  en véroniques "templées". Au tercio de varas, malgré de bonnes arrancadas, il est un peu tardo et sortira seul des deux dernières rencontres. Aux bâtonnets, il accompagne les banderilleros jusqu’aux planches, mais, c’est avec la muleta que le lidiador qu’est López-Chavez va révéler (certains ont même dit qu’il l’avait fait) ce natif des Alpilles en lui servant une faena parfaitement adaptée, complète et maîtrisée de bout en bout des deux côtés. Il conclue le tout par une entière engagée et efficace quoique légèrement tombée.  Forte pétition, oreille accordée.

 

ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
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ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril

 

Daniel Cuevas

 

En deux sort un Miura de 587 kg, pas trop dans le type de la maison bien que haut et long, avacado, le piton droit éclaté, pour notre illustre inconnu. Les questions que nous nous posions en préambule  ont très vite trouvé une réponse. En effet, dès le premier contact avec le capote Cuevas recule… Le toro est faible, tombe avant l’entrée de la cavalerie avec laquelle il se confrontera quatre fois pour une dernière assassine plus dans l’esprit de sauvegarde que de celui du concours. Aux banderilles il coupe le terrain, s’en suit une faena de débâcle où, reculade après reculade, il donne des défauts au toro qu’il n’aurait peut être pas eu avec un travail adapté. Bajonazo au 4ème essai et bronca.

 

 

ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
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ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril

"Colibri", de Murteira Grave, affichant 581 kg sort en cinquième. Cuevas arrivera avec grande difficulté à lui "poser" trois véroniques. Face au groupe équestre, la première rencontre est légère, la deuxième itou, à la troisième et quatrième, il tarde, gratte, mais part avec une belle arrancada et reçoit deux mauvaises rations, le soin de la mise en suerte étant laissé à son peon. Deuxième tiers quelconque donné, il est vrai, par une cuadrilla qui n’est pas celle del arte, suivi d’un  trasteo de muleta sur les grandes bordures à droite et sur la M60 à gauche,  le toro reste inédit à la flanelle, et pourtant ! Il nous libère du supplice par une entière" très basse" et bronca bis.

ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril

 

David Galván

 

C’est en troisième que sort "Flamenco", le Carriquiri, le plus lourd de l’encierro qui accuse 606 kg sur la balance. Très réservé à sa sortie, il a des difficultés pour se fixer au capote mais, Galván, fini par  l’intéresser et lui sert une série de véroniques. Au cheval "Flamenco" est tardo en quatre rencontres, la dernière du centre oblige le picador à "manger" la ligne. Bon tercio de banderilles. A la flanelle ce toro distribue des hachazos en sortie de passe. En deux séries, le maestro règle le problème faisant preuve de détermination et de volonté, (nous sommes loin du Galván gamardais !!!). A gauche c’est plus accroché, moins lié et après avoir frôlé la correctionnelle, il revient à droite pour un final en "torchonnade" (chassez le naturel…).  2/3 de lame après pinchazo pour en finir et salut au centre.

ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
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ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
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"Bordador" de Pablo Mayoral, 578 kg, clôture cette corrida concours en nous gratifiant d’une bonne sortie, mettant bien la tête dans le capote. Au premier tiers, il prend deux premières piques très légères et quelconques et une troisième où il reste tardo, gratte le sable mais fini par partir avec une certaine alegria pour une… rencontre. Aux bâtonnets, Sergio Aguilar pose une grande troisième paire. Galván entame une faena dominatrice avec un toro qui a beaucoup de gaz mais qui s’arrête net. ?. Le maestro retombe dans ses travers gamardais en prolongeant inutilement sa faena. Quelques difficultés avec l’estoc pour une entière en place et engagée mais hélas suivie d’une série de descabellos . Le toro tombe en même temps que le deuxième avis.

ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril
ZARAGOZA  Mardi 23 avril

 

    Cette concours fut malgré tout intéressante, mis à part l’actuacion de Daniel Cuevas qui s’est noyé dans sa technique aussi facilement que s’il avait sauté dans l’Ebre voisin avec aux pieds des bottes de plomb. Son manque d’expérience nous aura laissé deux toros inédits, que l’on n’a pu ni voir, ni juger.

    Paradoxe supplémentaire de cette course, le prix du meilleur toro attribué à… "Colibri" de Murteira Grave. A l’annonce des résultats, il était déjà au paradis des taureaux et je l’imagine perché sur une branche sifflant d’orgueil.

Prix du meilleur lidiador à Domingo López-Chavez.

Prix du meilleur picador (le moins mauvais) à Jorge Torres pour son tercio aux ordres de David Galván sur le Pablo Mayoral.

    Comme l’écrivait Gilbert dans sa reseña mugronaise : "Autre lieu, autre course, autres absurdités et incohérences …"

 

Patrick SOUX

 

PS : Ci-dessous, deux images de notre retour délicat, passage du col de Portalet.

 

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